Les heur(t)s et malheurs des polices municipales




Vidéo. Le RN dans la tourmente après les propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne, membre de son service d’ordre.



Après la révélation par « Midi libre » des images de la caméra-piéton d’un policier municipal de Carcassonne, membre du Rassemblement national et de son service d’ordre, le parti a annoncé son exclusion et le maire sa suspension. Une enquête judiciaire avait été ouverte en début d’année.





UNE IMAGE QUI DIT TOUT

A gauche, César R, le chef de la police municipale RN et chef de la sécurité RN qui n’aime pas les « bougnoules », « bicots », « nègres », « singes », comme il le dit dans un enregistrement.

A droite, le maire (RN) de Carcassonne, son patron, Christophe Barthès (déjà condamné pour harcèlement), celui qui arrose au jet les syndicalistes qui défendent la Bourse du travail.

Au centre, le chef : Jordan Bardella (poursuivi dans plusieurs enquêtes judiciaires).

Dans le fameux enregistrement, on les entend défendre Marcel Bigeard contre les accusations de torture dont ils menacent l’auteur de l’accusation et de rendre visite à leurs copains paras du 3e RPIma, ancien régiment de Bigeard, basé à Carcassonne.

Et puis sur le Linkedin du policier raciste en question, ses idoles : assassins et tortionnaires en Algérie, barbouzes en Afrique, Paul Aussaresses (condamné pour apologie de la torture), Bob Denard (condamné pour coups d’Etats), Pierre Chateau Jobert (condamné à mort par contumace pour avoir été un responsable de l’organisation terroriste OAS), Jean Sassi (condamné à deux ans de prison et rayé des cadres de l’armée), Bob Maloubier (agent secret)….

Le terreau du FN/RN !




En 2019, Louis Alliot, alors député RN des Pyrénées-Orientales déposait à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à étendre les pouvoirs de la police municipale


En 2022, Marine Le Pen Marine souhaitait rendre obligatoire la création de polices municipales dans les villes de plus de 10 000 habitants.



En mars 2026, 62% des policiers municipaux étaient équipés d’une arme à feu.



Cela ne facilite pas pour autant la réforme promise par l’Etat.

Né du feuilleton à rebondissements du « Beauvau des polices municipales », le projet de loi sur l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres connaît un parcours parlementaire tumultueux. Présenté en conseil des ministres le 29 octobre 2025, il a été adopté au Sénat le 10 février 2026. Mais les chances d’un examen à l’Assemblée avant les élections présidentielles s’amoindrissent après le refus du chef du gouvernement de convoquer une session extraordinaire en septembre. 



Il y a pourtant urgence. Les municipalités RN nouvellement élues, suivies par d’autres de la droite traditionnelle, embauchent à tout va des policiers municipaux.



Bien qu’elles peinent à recruter, alors que ce fut l’un des chevaux de bataille du RN lors de la campagne des municipales de 2026. Et les offres d’emploi sont encore pléthoriques.


Pour devenir gardien-brigadier de la police municipale (catégorie C), il faut au minimum le brevet des collèges, un CAP, un BEP ou un diplôme équivalent (niveau 3 ou niveau V). 



Allant jusqu’à utiliser l’argument de l’armement pour attirer les amateurs de sensations fortes.



Alors que d’autres cherchent à les désarmer.




Petite étude des effectifs des polices municipales :

  • Effectifs totaux : La France compte environ 28 000 à 28 500 agents de police municipale.
  • Communes concernées : Environ 4 600 communes sur les 36 000 que compte le pays possèdent une police municipale.
  • Répartition géographique : Le phénomène est très urbain ; l’Île-de-France concentre 17 % des agents et l’arc méditerranéen en regroupe 26 %. 



Les plus grandes polices municipales

Dans ces grandes villes, on observe de fortes disparités.

  • Paris intra muros: Plus de 2 000 agents (créée en 2021) pour 2.05 millions d’habitants  (soit 1/1025)
  • Marseille intra muros: environ 540 à 660 agents pour 895000 habitants (soit 1/1356)
  • Nice intra muros: environ 410 à 450 agents pour 357 737 (soit 1/794)
  • Toulouse intra muros: environ 390 agents pour  514 819 (soit 1/1320)
  • Lyon intra muros : environ 280 à 350 agents pour 527 000 (soit 1/1505)



Exemple local dans des communes périphériques du Grand Troyes

La Police Municipale mutualisée de Rosières, Saint-Julien-les-Villas, Saint-Parres-aux-Tertres, Pont-Sainte-Marie et Bréviandes est composée de 10 agents dont un chef de service, 8 policiers municipaux et une secrétaire.

Le bureau de la police municipale est situé dans les locaux de la mairie de Saint-Julien-les-Villas. 



Rosières-Près-Troyes : nombre d’habitants de la commune : 4414 – Superficie : 6 km2
Nombre d’agents de police municipale : 1

Saint-Julien-Les-Villas : nombre d’habitants de la commune : 6801 – Superficie : 5 km 2
Nombre d’agents de police municipale : 3

Saint-Parres-Aux-Tertres : nombre d’habitants de la commune : 3136 – Superficie : 12 km2
Nombre d’agents de police municipale : 1 + 1 ASVP

Pont-Sainte-Marie : nombre d’habitants de la commune : 5161 – Superficie : 4 km2
Nombre d’agents de police municipale : 2

Bréviandes : nombre d’habitants de la commune :  3 219 – superficie : 6 km2

Nombre d’agents de police municipale : 1



Si on se livre à quelques calculs, on s’aperçoit que la zone couverte par cette police mutualisée concerne 22731 habitants sur 33 km2. Soit 1 policier pour 2841 habitants (on ne compte que 8 policiers, le chef de service et la secrétaire n’étant pas a priori sur le terrain).

La moyenne en France est de 4 à 5 policiers municipaux pour 10000 habitants soit 1 pour 2000 à 2500.

Contrairement à ce qui est annoncé, les effectifs y sont donc un peu plus réduits dans ce secteur de la périphérie troyenne que dans la moyenne des villes françaises.





La police utlise de plus en plus les technologies et tout particulièrement les caméras de surveillance, qui se multiplient à une telle vitesse qu’il est impossible d’en faire le décompte. Estimation 1.5 à 2 millions (publiques et privées dont 850000 professionnelles) pour la France entière.

On note là encore de grosses disparités, Nice battant, là également, des records avec 5000 caméras publiques (soit 1/71 habitants) alors que Paris n’en compte que 4000 à 5000 (1/410 à 512 habitants).

 


Les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale sur leur téléphone professionnel depuis 2022. Relié au TAJ, le fichier d’antécédents judiciaires, l’outil permet d’obtenir des informations personnelles sur 9 millions de personnes grâce à une photo prise sur le vif. Des fonctionnaires ont recours à cette pratique hors de tout cadre légal, en particulier lors de contrôles d’identité, révèle Disclose, témoignages et documents à l’appui. Jusqu’à présent, le ministère de l’Intérieur laisse faire.



Les agents de police municipale ne disposent pas des habilitations judiciaires ni des accès aux fichiers nationaux d’antécédents de la même manière que les forces de la police nationale. Les polices municipales n’ont donc aucun cadre légal pour pratiquer la reconnaissance faciale sur le terrain. Ce qui n’empêche pas l’utilisation parfois excessive par ceux-ci de leurs téléphones professionnels lors des contrôles d’identité.




Au constat du niveau des conversations des policiers municipaux s’étant eux-mêmes piégés par cette vidéo décomplexée mais très compromettante, on imagine que toute cette technologie renforcée par l’intelligence artificielle pourra sans mal relever le degré d’analyse de certains d’entre eux.

Toutefois, celle-ci n’ ayant jusqu’alors pas toujours fait ses preuves en la matière, on peut aussi redouter le pire…

Mais, ce qu’il nous faut craindre le plus, dans l’immédiat, c’est ce racisme qui devient systémique dans la police.


RD

États-Unis : la grande purge de Donald Trump



Depuis son investiture le 20 janvier dernier, Donald Trump ébranle la démocratie américaine en gouvernant à coups de décrets présidentiels. Coupes drastiques dans les budgets, retrait d’accords internationaux, licenciements massifs d’employés fédéraux… Il va si vite que les tribunaux sont saturés par les procès en contestation, dont les décisions pourraient prendre des années à être rendues. L’objectif affiché de l’administration Trump est de tailler dans les dépenses publiques, mais il existe aussi une volonté sous-jacente de remodeler les institutions selon une idéologie de droite identitaire et religieuse. Reportage de notre correspondante aux États-Unis, Fanny Allard.



Trump a-t-il manipulé les marchés ? L’image qui alimente les soupçons


Après sa volte-face surprise sur les tarifs douaniers, le président américain est sous le feu des critiques.

Avec son revirement sur les droits de douane, Donald Trump s’est-il rendu coupable de manipulation boursière ? Ce sont les accusations portées par l’opposition en cette fin de folle semaine pour les marchés financiers.



L’administration Trump prive des milliers d’immigrés de la sécurité sociale en les déclarant morts


L’administration Trump a ajouté plus de 6 000 immigrés à une base de données de bénéficiaires de la sécurité sociale décédés, coupant de fait les prestations et leur capacité à travailler, ont rapporté, jeudi 10 avril, des médias américains.

Guinée : Les droits humains en péril alors que la transition promise se fait attendre



L’opposition, la dissidence et les médias sont réprimés ; le retour à l’ordre constitutionnel est reporté.

Les autorités militaires en Guinée ont réprimé l’opposition, les médias et la dissidence pacifique depuis qu’elles ont pris le pouvoir lors d’un coup d’État en septembre 2021, et n’ont pas tenu leur promesse de rétablir un régime civil d’ici décembre 2024, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

«Tirer à vue» : des pro-A69 appellent au meurtre sur les réseaux sociaux


Menaces de mort, création de leur « propre milice » contre les zadistes… Les pro-autoroute A69 s’organisent sur Facebook et TikTok. Derrière ces comptes, des hommes pour beaucoup, dont des élus et ouvriers, affiliés à l’extrême-droite.




Malgré ses propos racistes, Julie Gahinet est de retour à l’Assemblée


L’ancienne collab du député RN Julien Odoul est visée par trois plaintes pour injures racistes

 

En juillet dernier, StreetPress et Mediapart révélaient que l’ex-collaboratrice de Julien Odoul (RN) était visée par trois plaintes pour injures racistes. Après avoir été écartée, elle est réembauchée par le député Julien Rancoule, révèle Mediapart.

« Le RN voit dans les policiers des militants pour sa cause et non les agents d’une administration impartiale »


Notre tradition et l’organisation de notre police la rendent particulièrement vulnérable à des pratiques illibérales, prévient le politiste Sebastian Roché, coauteur de « la Police contre la rue ».

Toutes les nations ont des forces de l’ordre, le plus souvent armées, disposant de pouvoirs de limitation des droits des citoyens. Leur caractère plus ou moins démocratique dépend à la fois du type d’ordres qu’elles reçoivent de leurs gouvernements respectifs et des lois qui encadrent l’action de leurs agents. Et sur ces deux aspects, notre police est particulièrement exposée au risque d’une orientation illibérale. Là où nombre de pays ont choisi de multiplier les niveaux de commandement – aux Etats-Unis, on compte 18 000 agences de police, en Allemagne 16 Länder et autant de ministres de l’Intérieur, au Royaume-Uni, 43 forces –, la France, elle, a choisi une architecture ultracentralisée.




Pour étouffer ses casseroles, le Mr sécurité du RN s’imagine ministre de l’Intérieur


Gabegie financière, management brutal, harcèlement, violation des lois, mépris des droits de l’homme et poursuites pour crime contre l’humanité : en 7 ans à la tête de Frontex, l’agence européenne qui contrôle nos frontières, Fabrice Leggeri a montré l’étendue de ses (in)compétences. Le galop d’essai pourrait virer à la cavalcade : l’eurodéputé Rassemblement national postule désormais à l’Intérieur au sein d’un gouvernement d’extrême-droite.

Des munitions en vente dans les bureaux de tabac : « c’est comme si les buralistes vendaient des médicaments à la place des pharmaciens »


Pour faciliter l’accès aux munitions de chasse à l’heure où certains chasseurs doivent faire des dizaines de kilomètres pour trouver un armurier, les bureaux de tabac pourront vendre des munitions à compter du 1er janvier 2024. Une mesure qui divise, tant chez les buralistes que chez les chasseurs.

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Non , nous ne sommes pas le 1er avril !

USAGE DES ARMES PAR LA POLICE : POUR UN CADRE LÉGAL QUI NE SOIT PAS UN PERMIS DE TUER

Communiqué national

Face aux drames qui se multiplient dans le cadre de contrôles routiers, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) saisit le ministre de l’Intérieur d’une demande d’abrogation des instructions du directeur général de la police nationale (DGPN) et du directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) relatives à l’application de l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure (CSI) encadrant l’usage des armes par la police.

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Rassemblement le 8 juillet à 11h00 devant la Préfecture à Troyes

Notre pays est en deuil et en colère.

Le meurtre de Nahel tué par un policier à bout portant à Nanterre, a mis à nu les effets de décennies de politiques publiques discriminatoires et sécuritaires ciblant notamment les quartiers populaires et la jeunesse qui y grandit et particulièrement les personnes racisées et précarisées. L’escalade des violences est une impasse et doit cesser. La conception essentiellement répressive de la police, et l’évolution législative de 2017 sur l’usage des armes de service, aggravent ce que la population vit et subit que ce soit en termes de discriminations et de pratiques racistes.
Les tensions entre population et police viennent de loin et s’inscrivent dans une histoire marquée d’injustices, de préjugés, de violences, de discriminations, de sexisme… et d’un racisme systémique qui traverse l’ensemble de la société et qui n’est toujours pas éradiqué.
Les habitant·es des quartiers concernés et notamment les femmes pallient bien souvent seul·es les carences en termes de services publics. C’est bien la régression de ceux-ci, l’école, les lieux de partage et de culture, sportifs, la poste, les administrations etc. et le recul du soutien de l’État au tissu associatif qui ont largement contribué à marginaliser ces quartiers et des territoires entiers bien au-delà, particulièrement dans les Outre- mer.
L’abandon de ces populations de quartier est aggravé par le contexte économique d’appauvrissement, d’inflation, de hausse des loyers, des prix l’énergie et la réforme de l’assurance chômage. Les inégalités sociales touchent particulièrement les enfants et les mères isolées. C’est ce que montrent les révoltes qui ont secoué les quartiers populaires depuis quelques jours en réaction à la tragédie de Nanterre.
En plus de décennies de dérives d’une politique du maintien de l’ordre, de lois sécuritaires (loi sécurité globale, loi séparatisme…) et de mesures d’exception, nous assistons depuis quelques jours à des pressions du gouvernement pour mettre en place une justice expéditive. Le prononcé de mises en détention préventives systématiques avec des peines de plus en plus lourdes n’est pas acceptable !
L’urgence n’est pas celle de la répression qui ne fera que renforcer l’extrême-droite et fera reculer une fois de plus les droits et libertés.
L’apaisement durable n’est possible que si le gouvernement prend les mesures nécessaires pour répondre à l’urgence de la situation et aux exigences des populations concernées.
L’ONU a critiqué à plusieurs reprises les politiques sécuritaires et les problèmes institutionnels de racisme en France, en particulier dans les forces de l’ordre.
Ce sont les discriminations qui sont un poison toxique qui décrédibilise l’idée même d’égalité et sème le désespoir.
L’extrême droite en fait son lit pour diviser toujours davantage la société. Nous dénonçons l’appel à la guerre civile contre les quartiers populaires et la qualification des personnes qui en sont issues de « nuisibles » par des syndicats de policiers.
Nous condamnons la constitution d’une cagnotte de soutien au policier qui a tué Nahel à l’initiative d’un membre de l’extrême droite et l’absence de toute action du gouvernement, mettant ainsi de l’huile sur le feu.

RASSEMBLEMENT à TROYES
samedi 8 juillet – 11h – devant la préfecture


La situation nécessite que le gouvernement prenne ses responsabilités et apporte des réponses immédiates pour sortir de l’affrontement :
– abrogation de la loi de 2017 sur l’assouplissement des règles en matière d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre ;
– une réforme en profondeur de la police, de ses techniques d’intervention et de son armement ;
– le remplacement de l’IGPN par un organisme indépendant de la hiérarchie policière et du pouvoir politique ;
– la création d’un service dédié aux discriminations touchant la jeunesse au sein de l’autorité
administrative présidée par le Défenseur des droits et le renforcement des moyens de lutte contre le racisme, y compris dans la police.
Rien ne peut cependant se faire sans un autre partage des richesses, sans lutter contre les inégalités sociales. Rien ne peut se faire sans la lutte contre la pauvreté et la précarité, aggravées par le dérèglement climatique, la hausse des loyers et des charges, et sans le renforcement des services publics et de l’éducation populaire. C’est à ces chantiers que le gouvernement devrait s’attaquer au lieu de mener des politiques publiques régressives qui font le lit de l’extrême droite.