Manifestations du 24 octobre

MAD



En Champagne-Ardenne, « agitation » et « tensions à Reims avec mille manifestant.e.s et des blessés, « calme » à Troyes avec un demi-millier et deux arrestations dont une musclée.


La deuxième grande journée de mobilisation lycéenne et contre la vie chère a eu lieu ce samedi 24 octobre 2026. Les manifestations se sont déroulées à Reims (Marne), Troyes (Aube), et Charleville-Mézières (Ardennes).




A Troyes, les journalistes « papier » en ont vu 100 de moins que leurs consoeurs et confrères de la TV régionale, « d’après un dernier décompte ». Ils ont assisté, à la toute fin de la manifestation, à l’interpellation musclée d’un manifestant qu’ils ont désigné comme « coordinateur » pour avoir emporté un drapeau tricolore.



Les forces de l’ordre accusées de protéger l’ultradroite en marge des manifs, Nuñez conteste.



Des violences impliquant des groupuscules d’extrême droite ont été signalées dans plusieurs villes de France samedi 24 octobre, en marge de manifestations. À Rouen, un homme a été violemment agressé. À Clermont-Ferrand, des individus ont fait des saluts nazis sur la terrasse d’un café. À Nice, onze militants d’ultra-droite ont été interpellés.



En marge des mobilisations du 24 octobre, plusieurs milices d’ultradroite sont sorties dans les rues de plusieurs villes en France pour frapper des manifestants. Parmi les 59 personnes placées en garde à vue à la suite des manifestations, 11 font partie de cette mouvance et cinq sont connues des services de police. Plusieurs élus de gauche ont dénoncé ces attaques.

« Pour que le destin partagé puisse encore s’écrire » : lettre sur la lutte de la jeunesse



En dépit du tapage réac quotidien, du magma d’idées confuses, hargneuses, les énergies du mouvement de la jeunesse font crépiter la vie. Elles attisent le désir de vivre avec les autres, d’agir ensemble, de rêver de concert, de vouloir que le destin partagé puisse encore s’écrire. L’heure est à la lutte pour le droit de cette jeunesse, qui nous prolonge, de ne pas être accablée. Grâce à elles et eux, la France reste la France. Lettre de Cayenne, par Christiane Taubira. 


Troyes: retour sur le 17 octobre



Alors que la majorité des médias ont décrit une France à feu et à sang ce samedi 17 octobre, il nous semble utile de ramener les choses à leur juste proportion.

Le pays traverse une crise qui ne devrait surprendre personne, tant, ces derniers mois, les signaux d’alarme ont été nombreux mais sans les effets escomptés, en direction du gouvernement, qui s’est montré particulièrement dépassé par les événements, en cette journée particulière, à tel point qu’a été évoquée puis écartée la possibilité de l’état d’urgence.

Les médias ont, chacun à sa façon, tenté de rendre compte de ce qui importait à leurs yeux en matière d’informations. Les chaînes d’info continue n’ont pas manqué de stimuler leur audience en étalant ce qu’on trouve généralement au fond du tonneau quand il n’y a plus rien à en soutirer.

Et pourtant, dans de nombreuses villes françaises, les mobilisations du 17 octobre, qui ont rassemblé un nombre inattendu par le gouvernement, en particulier, de participants de tous âges et d’horizons divers, se sont déroulées dans le calme, la bonne humeur, la joie et le plaisir sans doute, pour beaucoup d’entre eux, de se retrouver autour de revendications partagées : celles des lycéennes et des lycéens qui n’en peuvent plus de crever de froid l’hiver, de chaud l’été dans leurs établissements construits au siècle dernier, voire au précédent, sans que les travaux de maintenance nécessaires n’aient été entrepris et encore moins ceux d’amélioration; le manque de personnel enseignant et d’encadrement; l’obligation de mettre en jeu leur avenir par le biais de Parcoursup dont on sait qu’il s’agit de la pire des solutions.

Celles des étudiants qui voient les financements de leurs universités réduire régulièrement et leur frais d’inscription augmenter, leurs conditions pour étudier et vivre régresser et leur avenir s’assombrir.

Celles de leurs parents qui peinent à boucler les fins de mois, se retrouvant à découvert le 10 et se demandant comment ils vont passer l’hiver si celui-ci est aussi froid qu’a été chaud l’été…

Celles de toutes les citoyennes et tous les citoyens attendant depuis des années un peu plus de justice sociale mais constatant le démantèlement des services publics, l’arrogance d’un président préférant la veille aller écouter Céline Dion et partant dès le lendemain en visite diplomatique à l’étranger, pour négocier quelques tonnes de diesel au meilleur prix à, l’image de Donald Trump, l’incurie de son gouvernement et le recours systématique à la violence sous prétexte du maintien de l’ordre.

A Troyes, notamment, la manifestation ne connut aucun incident notable, hormis quelques poubelles renversées et aussitôt ramassées. « Au total, les policiers ont interpellé deux personnes sur l’ensemble de l’après-midi : un homme majeur pour un feu de poubelle devant la cathédrale et une femme mineure pour un tag sur le commissariat. »


Le lendemain, 18 octobre, la presse écrite locale dénombrait près de 3000 personnes pendant que la TV locale en comptait plus de 2000 dans les rues de Troyes.



FR3 Champagne-Ardenne, de son côté, signalait dans son JT du 19/20 des tensions et des dégradations à Reims, le calme à Troyes, Charleville-Mézières et partout ailleurs dans la région.

Sur les chaînes nationales, privées comme publiques, il ne fut question que de Reims et des violences extrêmes qui y ont été perpétrées, ville dans laquelle se résume pour elles sans doute la Champagne-Ardenne.


Ce 18 octobre, FR3 Champagne-Ardenne ouvrait son 19/20 sur les pillages et dégradations en marge des manifestations à Reims. A Troyes, on ne parlait déjà plus que des Nuits de Champagne.


Le 19 octobre, L’Est-Eclair titrait sur les raisons du calme observé à Troyes lors des manifestations du 17 octobre, tout en dénonçant néanmoins, comme pour signifier une certaine déception, un feu de poubelle éteint, des poubelles renversées et ramassées, le hall de L’Est-Eclair et de Libération-Champagne investi par des dizaines de manifestants « qui souhaitaient faire entendre leurs revendications aux médias », une présence discrète des forces de l’ordre, quelques pétards et mortiers, deux interpellations.

Sur la même page, était précisé que « Choqués, les maires de l’Aube appellent à une réponse rapide et ferme. » en concluant, citant François Baroin, que « l’impunité ne peut être une réponse ».

Sur le site internet de L’Est-Eclair était publiée une vidéo des élus locaux rassemblés, à l’instar d’élus d’autre communes, sur le parvis de la mairie de Troyes à l’appel de l’association des maires de France, suite aux dégradations commises sur des bâtiments publics dans plusieurs villes françaises lors des manifestations du samedi 17 octobre. Face à eux, 150 citoyens et commerçants venus communier avec eux ne pouvaient qu’opiner à l’insistance du premier adjoint Marc Sebeyran pour rappeler l’état de « délitement de la société ».

Décidément, on se demande si tout ce beau monde n’aurait pas apprécié qu’aient eu lieu à Troyes quelques petits pillages et dégradations, pour avoir à les condamner fermement et justifier la mise en place d’un cessez-le feu et de l’état d’urgence en France ?

En fin d’après-midi, L’Est-Eclair informait ses fidèles lecteurs que la ville de Troyes serait épargnée d’un couvre-feu et de l’interdiction de manifester, au grand dam de Marc Sebeyran, qui tenait à préciser que « Pour l’instant, à Troyes, nous sommes épargnés par cette violence, nous en sommes très contents. Mais bien sûr, nous sommes très vigilants. »

Pour sa part, FR3 Champagne-Ardenne présentait le sommaire de son 19/20: « Unité des élus et citoyens ; rassemblements devant les mairies ; commerces pillés en France ; reportage dans un village de Haute-Marne (Dommartin-le Franc, situé sur la « diagonale du vide », 250 habitants) sur les impressions des habitants…

On se demande de quelles exactions ils ont bien pu être victimes, à Dommartin-le-Franc.

Et on se pose vraiment la même question en ce qui concerne Troyes, tout comme les 34800 et quelques autres communes françaises où il ne s’est rien passé de grave ce 17 octobre et où on a au contraire pu voir souvent de très belles choses et partager de très beaux instants…




RD

17 octobre : le lexique limité de l’AFP



Nous avons relevé, parmi les dépêches publiées par l’AFP, qui font référence pour l’ensemble de la presse hexagonale, une certaine singularité. Il semblerait que le vocabulaire dont disposent les rédacteurs de notre agence nationale d’information, qui « couvre et vérifie l’actualité avec indépendance et rigueur », soit limité à un nombre de plus en plus restreint de mots de la langue française. On pourra bien sûr mettre en cause l’usage excessif de l’IA…



En effet, en ne considérant que les seuls titres des 104 dites dépêches publiées entre le vendredi 16 octobre à 9h35 et le 19 octobre à 12h10, relatant les mouvements sociaux initiés par celui des lycéens, un mois plus tôt, on relève l’usage exclusif d’un vingtaine de mots, à une fréquence impressionnante pour certains. Jugeons-en:

  • Manifest(ation) (ants) : 68
  • Violence(s) : 64 – Violences urbaines : 8 (dont 6 dans la bouche de Lecornu)
  • Pillage, pilleurs : 35
  • Polic (e) (iers) : 28
  • Ordre : 25
  • Chaos : 24
  • Macron : 17
  • Lecornu : 17
  • Saccag(é)es : 16
  • Incendie(é) : 15
  • Vie chère : 15
  • Gauche (ultra)  (extrême) : 12
  • Jeunes : 10
  • Affrontements : 9
  • Lycéen(s) : 9
  • Casseurs : 8
  • Lycéens : 5
  • LFI : 4
  • Mélenchon : 4
  • Nuñez : 4 (à propos de sa démission refusée : 0)
  • Heurts : 2
  • France insoumise : 2

La phrase du Premier ministre  » Le mouvement s’est transformé en « un mouvement de violences urbaines » y trouve une place de choix, puisqu’elle y est répétée ad nauseam.

« La probabilité que l’ultragauche fasse dégénérer les cortèges de l’après-midi (de samedi) est très forte », phrase fétiche de l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, tout autant.

La gauche, qu’elle soit ultra ou extrême est nommée 12 fois. Il ne vient donc à l’esprit de personne que les groupuscules d’ultra droite pourraient très bien n’être pas restés à la maison…

La palme revient au terme « violences » (64) , comme s’il était le seul à devoir être retenu, avec « pillage-pilleurs » (35), « chaos » (24), « saccage.ées » (16).

Le mot « revendication » est le grand absent, alors qu’il semblait pourtant qu’il fut à l’origine de l’ensemble du mouvement.

On notera toutefois que le terme de « vie chère » est cité 15 fois, à égalité avec « incendie.é », alors que celui de « lycéens » ne l’est que 9 fois.


Sur les chaînes TV d’info en continu, les caméras et envoyé.e.s spéciaux.ales ont apparemment, toute la journée du 17 jusque très tard dans la nuit, traqué les « casseurs » et autres « black blocs », « pilleurs », « saccageurs »… On a même vu des filles parmi ceux-ci !…




Mais quid des manifestant.e.s déterminée.e.s mais calmes et respectueux de leurs semblables, des institutions et du mobilier urbain, protégeant les passants en les aidant à traverser le cortège et les mettant à l’abri des gaz lacrymogènes ?



Quid des cortèges s’écartant à l’approche de véhicules de secours ou déblayant les chaussées des divers obstacles et barrages laissés par les manifestants pour leur faciliter le passage ?


#CommuniquéDePresse | 🗞️ d’Émilie Abrantes, procureur de la République à #Limoges

Une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux, filmant deux policiers du commissariat de Limoges devant le magasin Lacoste, prétendument en train de dérober des chaussures provenant de ce commerce préalablement dégradé et pillé. Le parquet de Limoges entendant fermement démentir ces allégations mensongères. Les deux policiers filmés agissaient alors dans le cadre d’une intervention judiciaire, ayant reçu l’ordre de l’officier de police judiciaire d’appréhender les effets immédiatement accessibles depuis la vitrine pour être exploités dans l’enquête initiée pour vol aggravé. Ces effets, saisis dans ce cadre strict, ont d’ailleurs pu depuis être restitués au gérant du commerce. Une enquête judiciaire va être initiée contre le ou les auteurs de cette vidéo, du chef de dénonciation calomnieuse, faits punis et réprimés d’une peine de 5 ans d’emprisonnement. Le parquet de Limoges tient à apporter son soutien à ces deux policiers illégitimement mis en cause dans l’exercice de leur mission au service de l’autorité judiciaire.

Les images peuvent être trompeuses. Toutefois, de nombreux internautes émettent des doutes quand à cette intervention du procureur, de la police et du commerçant qui a afirmé que tout lui avait été restitué. La confiance en la police est sérieusement compromise.




Quid des policiers grimés en black blocs, ceux qu’on nomme « appariteurs », lancant des projectiles sur les forces de police ?



Et surtout, quid des manifestant.e.s défilant dans la bonne humeur et la joie ?

Quid des 2 morts à Paris, l’un d’un « probable malaise cardiaque », aux abords du cortège parisien dans le quartier de Château d’eau, situé dans le 10e arrondissement de la capitale, l’autre retrouvé au sol, dans le quartier de Châtelet, probablement victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ? Le parquet de Paris a dit qu’il vérifierait.

« Il n’y a pas eu de personne tuée et c’est un miracle » a affirmé Sébastien Lecornu.

Qui a ajouté : « les préfets pourront mettre en place des couvre-feux qui pourront être partiels et très localisés. »

Certains maires n’ont pas attendu et les décisions de couvre-feu fleurissent en métropole (Denain…) et outre-mer (Ile Maurice, Guadeloupe…)

Quand Emmanuel Macron, dans son discours de 8 minutes d’hier soir, a prudemment et à plusieurs reprises parlé de « délinquants » en évoquant les pillages, les journalistes des chaînes publiques autant que privées l’ont commenté en traduisant par « membres d’ultra ou d’extrême gauche ».

De son côté, l’extrême droite réclame l’état d’urgence (Marion Maréchal) en se frottant les mains et prétend incarner « le parti de l’ordre ». Marine Le Pen dénonce « une crise profonde de confiance et d’autorité ». Bardella reprend le slogan nazi de l’affiche rouge en dénonçant « l’armée du crime »…


Demain, nous reviendrons sur la manifestation troyenne qui semble avoir étonnamment détonné par rapport à celles des autres villes.



RD

Observatoire des expulsions des lieux de vie informels

Rapport 2025 de l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels : retour sur 7 ans de politique d’expulsion systématique.

L’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels publie son 7ème rapport annuel. En 2025, il a recensé 1 240 expulsions sur le territoire national : 632 sur le littoral nord et 608 sur les autres départements. Derrière ces chiffres, ce sont 77 099 personnes qui ont été concernées par ces expulsions aux conséquences désastreuses sur les personnes : violations de droits, violences, détérioration des conditions de vie, dégradation de l’état de santé, rupture de scolarité.

Constat alarmant des pratiques publiques relatives aux expulsions de lieux de vie informels. La situation, déjà délétère, continue de se dégrader:

  • La part d’expulsions sans fondement légal n’a jamais été aussi élevée et a presque triplé en sept ans, passant de 19 % en 2019 à 53 % en 2025 ;
  • 93 % des expulsions ne sont précédées d’aucun diagnostic social ;
  • Dans 88 % des cas, les biens des habitantes et habitants sont saisis et/ou détruits ;
  • Les remises à la rue restent écrasantes après une expulsion : dans 92 % des expulsions, une partie ou l’ensemble des personnes ne se voient proposer aucune solution d’hébergement ou de logement ;
  • Un tiers des expulsions a eu lieu pendant la période de trêve hivernale. 

Enfin, ce rapport met également l’accent sur des bonnes pratiques et alternatives qui existent sur le territoire national ainsi que sur les leviers actionnables par les pouvoirs publics afin d’œuvrer en faveur des droits et de la dignité des habitants de lieux de vie informels, comme l’ouverture de lieux d’hébergement provisoires ou la mobilisation du foncier vacant. 

NF

Violences en mer


SOS Méditerranée alerte sur la hausse des violences en mer contre les migrants et les navires de sauvetage.

Secourus en haute mer par l’ONG française, des rescapés témoignent d’un cycle de violences sans fin depuis leurs pays d’origine jusqu’à la Méditerranée.

« Des bateaux ont été observés procédant à des interceptions violentes, notamment en percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger ».

En août, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait que le nombre de décès de migrants en Méditerranée centrale avait fortement augmenté, alors que le nombre de migrants est en baisse en raison de politiques européennes plus strictes.





NF

La mécanique du terrorisme d’extrême-droite


La résistance de la démocratie face aux assauts de ses ennemis est faible. L’accession au pouvoir, à nouveau, de Donald Trump en est l’illustration la plus criante. Dans l’ombre, le terrorisme d’extrême-droite se développe, recrute et se coordonne pour parvenir à ses fins.

Tandis que l’extrême-droite parlementaire joue le jeu de la démocratie, sa fraction la plus radicale porte la violence dans la rue et explore le terrorisme comme moyen d’accélérer son ascension vers le pouvoir.


La Bretagne semble particulièrement touchée par ce phénomène, notamment à Brest où, sous couvert de hooliganisme, un groupuscule a particulièrement fait parler de lui, il y a trois mois, puis plus récemment.

« L’intention de taper du gauchiste était là » : neuf gardes à vue, trois mois après l’agression devant un bar de Brest.

Les forces de l’ordre de Brest ont interpellé huit personnes dans les milieux d’extrême-droite, mardi 16 décembre 2025. Une neuvième s’est rendue d’elle-même. Des gardes à vue qui interviennent trois mois après l’agression de clients d’un bar de la place Guérin, à Brest (Finistère).



Cette bande d’extrême-droite ultra-violente, mêlant supporters de l’équipe de foot et militaires, a clairement été identifiée par les journalistes de Splann et de StreetPress depuis déjà un certain temps.



Les mêmes ont suscité une question écrite du député LFI Arnaud Saint-Martin au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace au sujet des agressions violentes commises par ces groupuscules d’extrême-droite à l’Université Bretagne Sud de Lorient. 



Nous ignorons si une réponse y a été donnée par le ministre Philippe Baptiste, sans doute plus préoccupé par le financement par leurs propres moyens des universités françaises, qu’il a qualifiées de « bande de nuls » « à la ramasse », au prétexte qu’elles ne remportent pas assez d’appels à projets européens pour financer leur recherche. 



Plus au sud, les mêmes, ou leurs semblables, qui n’en étaient pas à leur coup d’essai, n’ont pas hésité à mener une véritable « vendetta » en direction d’un militant antifasciste, en avril dernier, dans un bar du centre-ville d’Albi, où plusieurs clients ont été frappés ou « gazés ».

Ils ont été jugés ce jeudi 18 décembre par le tribunal correctionnel d’Albi pour violences aggravées et/ou participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations.



Le magazine Basta dresse un inventaire exhaustif depuis septembre 2017 de ces violences d’extrême-droite en France et ailleurs. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le tableau est plutôt sombre: « Les violences des groupes ou milices néo-fascistes s’intensifient à mesure que les idées xénophobes pénètrent dans la société. Et plus encore lorsque l’extrême-droite parvient au pouvoir.« 


On peut s’interroger quant au choix, par la Coordination rurale, de certaines cibles bien particulières, lors de ses actions liées au conflit provoqué par l’abattage des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire bovine. Ces pratiques ne semblent pas vraiment étrangères à celles des ces groupes ou milices néo-fascistes, qui n’ont pour tout langage que la violence. Ces dégradations s’inscrivent dans la continuité des déclarations de Bernard Venteau, nouveau président de la Coordination rurale, syndicat proche de l’extrême-droite, qui avait appelé à «faire la peau aux écolos» lors du congrès du syndicat en novembre.

Soudan, la guerre oubliée


Civils abattus, appel aux viols, fosses communes à el-Fasher: comment ont été documentées ces exactions au Soudan.

Des images édifiantes attestent de l’ampleur des massacres commis au Soudan lors de la prise d’el-Fasher par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), opposés depuis le 15 avril 2023 à l’armée soudanaise. Des chercheurs publient les résultats de leur enquête sur la base de vidéos et d’images satellites documentant les violences dans cette ville de l’ouest du pays.



Soudan : “Le sang est visible depuis l’espace” à El-Fasher, après la prise de la ville par les FSR.

La population de la grande ville du Darfour du Nord, occupée par les forces paramilitaires du général “Hemeti” après un siège de dix-huit mois, vit un supplice qui semble peu émouvoir l’opinion publique occidentale, contrairement aux massacres d’il y a vingt ans.



Soudan : derrière les massacres, la guerre de l’or des Émirats arabes unis.

Deux généraux, des armées rivales, des puissances étrangères impliquées… Au milieu de ce chaos, la population soudanaise est une nouvelle fois prise dans la tourmente.



Au Soudan, le ministre de la défense affirme que la guerre va continuer.


Hassan Kabroun a fait savoir, le 4 novembre, que les préparatifs militaires sont « en cours ». Après la prise d’El-Fasher le 26 octobre, les combats entre soldats soudanais et paramilitaires se concentrent désormais sur la région du Nord-Kordofan.



Guerre au Soudan : « On n’a rien fait. On a laissé faire ».

Les paramilitaires des Forces de soutien de rapide ont commis des massacres dans la ville d’El-Fasher au Soudan dans le silence assourdissant de la communauté internationale.




Gaza : un futur encore bien incertain



Comment va se dérouler la deuxième phase du plan de paix à Gaza, concocté en partie par le président américain Donald Trump ? Le groupe palestinien Hamas et Israël ont entamé des discussions préliminaires, alors que les négociations étaient suspendues depuis la semaine dernière pour laisser la première phase s’appliquer plus sereinement. Car cette deuxième phase s’annonce encore plus compliquée, abordant la gouvernance de Gaza, le « Conseil de paix » présidé par Donald Trump et Tony Blair, le désarmement du Hamas.



A peine une semaine après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, la situation reste extrêmement instable. Le régime génocidaire israélien continue de mener des opérations militaires sporadiques dans l’enclave palestinienne, en violation totale de l’accord. Dans le même temps, l’aide humanitaire reste extrêmement limitée, d’après des organisations et le personnel de santé sur place. 



Les termes de l’accord entre le mouvement islamiste et l’Etat hébreu prévoyaient que tous les otages, vivants ou morts, seraient remis dans les soixante-douze heures suivant la mise en application du cessez-le-feu. Dix-neuf dépouilles manquent encore.



« On ne sait pas qui est encore en prison et qui est mort »

Et voilà. Les captifs israéliens ont été libérés après deux ans passés entre les mains du Hamas. Parmi eux, il y a des soldats qui étaient stationnées dans les postes militaires de la périphérie de Gaza. Tout le monde est content. Leurs familles sont contentes, les Israéliens sont contents, Trump est content, l’Occident est content. Tout le monde est content parce que vingt personnes ont été libérées. Les captifs israéliens ont raconté comment ils ont été déplacés plusieurs fois, dans des tunnels, dans des conditions de détention terribles d’après eux. Les discours et les commentaires, en Israël et en Occident, se félicitent de la libération des otages, qui était une priorité. Les dirigeants politiques parlent de la grande fête du retour des captifs à la maison. Mais on les entend moins se réjouir de la fin de la guerre. On ne parle plus du génocide que nous avons vécu. On fait mine d’oublier que sur les près de 2 000 Palestiniens libérés par Israël en échange de ces vingt Israéliens, 1 718 ont été enlevés pendant les deux ans d’invasion de Gaza.

Le Journal de Rami Abou Jamous.



Pendant que Trump vante son plan de paix pour Gaza, en Cisjordanie, les attaques de colons contre des Palestiniens se poursuivent. Face aux violences, des volontaires internationaux et israéliens tentent de soutenir villageois et cultivateurs.



Répression féroce en Serbie : l’Europe ferme les yeux



En Serbie, s’opposent plusieurs visions de la démocratie selon qu’on fasse partie de la famille royale et de ses soutiens, du pouvoir en place, nationaliste, pro-russe et corrompu ou du peuple qui aspire à la vérité et la liberté, d’expression en particulier… Depuis 9 mois, les étudiants sont entrés en rébellion, entraînant avec eux de plus en plus de citoyennes et citoyens qui demandent des élections anticipées. Malgré le remplacement du Premier ministre, le remaniement du gouvernement, l’arrestation et l’inculpation de plusieurs anciens ministres, la pression de la rue ne redescend pas.



En Serbie, cinquième soirée de heurts entre manifestants anticorruption et police

Pour le cinquième soir de suite, des heurts ont éclaté entre manifestants et police en Serbie, samedi 16 août, les deux camps se rejetant la responsabilité de ces violences qui interviennent après plusieurs mois de mouvement anticorruption.

 

Les prémices d’une démocratie instaurée en Serbie par un roi, Pierre 1er

En effet, pendant ce temps, la famille royale serbe rend hommage au roi Pierre 1er, « défenseur des libertés et de la démocratie » qui mit en place en 1894 une monarchie constitutionnelle de type britannique, élargissant un peu le droit de vote. Il permit la création d’une école publique, instaura la liberté de la presse, d’opinion et d’association et garantit les libertés syndicales, facilitant en Serbie l’instauration de lois sociales avancées.


« Les valeurs défendues par le roi Pierre 1er inspirent dans le contexte politique actuel en Serbie.»


« Le roi Pierre Ier était non seulement un souverain, mais aussi un fervent défenseur des idéaux de liberté et de dignité humaine », explique la famille royale. Avant même de monter sur le trône, il avait même traduit dans sa langue l’essai « De la Liberté » de John Stuart Mill, souhaitant que l’esprit des droits civiques et de la démocratie devienne un héritage durable de la société serbe.



L’œuvre de John Stuart Mill (1806-1873) est généralement réduite à quelques textes pour lesquels il est aujourd’hui célébré comme l’un des pères fondateurs du libéralisme. Pourtant, la philosophe Camille Dejardin dévoile dans son dernier ouvrage une pensée plus riche et exhume ses engagements moins connus. Féministe, précurseur de l’écologie politique et profondément humaniste, ce John Stuart Mill là serait certainement plus proche des décroissants que des néolibéraux auxquels on continue de le rattacher.


Le président Vučić, ne baisse pas la garde et promet davantage de répression.

« Tous les participants aux émeutes seront arrêtés dans les dix jours » promet-il.


« En recourant à des voyous payés, Aleksandar Vučić veut montrer à ses électeurs qu’il a encore du pouvoir », analyse le journaliste Filip Švarm, qui dirige la rédaction de l’hebdomadaire de référence Vreme. Ces violences ont en tout cas fini par provoquer le début de l’amorce d’un léger frémissement de la part de l’Union européenne, étrangement silencieuse depuis le début de cette mobilisation historique.



Aleksandar Vučić est issu du Parti radical serbe (SRS), mouvement ultra-nationaliste affilié à une milice coupable de nombreux crimes durant les guerres en ex-Yougoslavie.   

Il accède en 1998 au poste de ministre de l’Information sous le régime du dictateur Slobodan Milošević et fait passer une loi très restrictive sur « l’accès du public à l’information » qui interdit toute référence aux médias étrangers et impose que tout soit approuvé par le gouvernement avant diffusion. Il est président du gouvernement de la Serbie de 2014 à 2017 et président de la République depuis 2017.

Aleksandar Vučić est réputé comme spécialiste du jeu sur plusieurs tableaux, semant le trouble et la confusion dans son pays pour se maintenir au pouvoir. Reçu par Emmanuel Macron en avril 2025, pour discuter de l’intégration européenne de la Serbie, il ne cache pas trouver son modèle politique chez Poutine, se rendant le 9 mai à Moscou à l’occasion du 80e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale et s’appuyant sans réserve sur le système quasi-mafieux qui dirige le pays.


Les autorités américaines révélaient en 2021 des liens entre des organisations mafieuses et le président Vučić. Les frères Veselinović, mafieux notoires, « avaient des accords avec des politiciens pour aider leur parti à remporter les élections, assurer des victoires politiques à leurs candidats et verser d’importantes sommes d’argent aux candidats ».


Le peuple serbe veut une révolution

« Il y a un immense moment de gauche actuellement sur le continent européen et hélas un moment qui n’intéresse pas du tout les démocraties européennes, ni chez nos dirigeants qui reçoivent le président nationaliste, pro-russe et corrompu Aleksandar Vučić, comme l’a fait Emmanuel Macron, ni même et c’est presque plus grave, dans les partis de gauche.

Car oui, une révolution a lieu en Serbie depuis des mois, tellement féconde en leçons d’organisation autonome, menée par les étudiants, mais riche du soutien d’une grande partie de la population, et la répression s’intensifie aujourd’hui, car le pouvoir se sent pousser des ailes en raison de toutes nos lâchetés qui se comptent en argent des mines de lithium et en contrats d’armement.

Les fascistes flairent toujours le moment propice pour eux. Comme Netanyahou a annoncé son intention d’envahir Gaza juste avant le sommet Trump-Poutine, afin que son action soit au moins tacitement reconnue par les deux fascismes voraces qui se partagent leur sphère d’influence en Alaska sous couvert de discuter de la paix en Ukraine (l’Europe pour Poutine, le Moyen-Orient pour Trump), ainsi Vučić a aussi compris qu’il avait les mains libres.

Le scénario est limpide, sauf pour notre gauche qui s’aveugle. Répression en Serbie et déstabilisation de la Bosnie qui bouillonne. Les Serbes de Bosnie alignent les provocations, aiguillonnés et soutenus par Orban, dont le patron moscovite lui a donné pour mission de semer le chaos chez ses voisins. Le risque de reprise d’une guerre dans les Balkans est réel, ce qui entraînerait immanquablement les voisins serbes et croates dans le conflit et renforcerait les tendances réactionnaires qui pourrissent les deux pays, dont les nationalismes sont toujours vivaces.

Donc rien de la part de la gauche européenne : pas un soutien, pas une alerte. Même pour les chantres de la lutte contre la haine anti-musulmane, qui devraient pourtant s’intéresser de très près à cette question, alors que la Bosnie contient la seule communauté musulmane autonome avec une représentation politique en Europe (l’Albanie a accepté la vassalisation à Meloni et le Kosovo est tenu par les États-Unis), dont l’équilibre est crucial, car le pays fait partie, comme la Syrie, des terres de djihad dans l’imaginaire takfiriste.

Un embrasement des Balkans serait l’événement rêvé pour les chantres de la suprématie chrétienne, afin de justifier et d’intensifier des politiques islamophobes. Mais encore une fois, rien : l’hypocrisie totale, la bêtise et l’aveuglement volontaire devant l’effet domino qui menace de se mettre en branle avec le démembrement de l’Ukraine. »

Veronika Zorn

Cisjordanie: les épisodes de violences perpétrés par des colons se succèdent



Alors que les regards étaient braqués sur la guerre entre Israël et l’Iran, c’est le tout dernier épisode de violence perpétrée par des colons : il s’est déroulé à Kafr Malik, un village palestinien de Cisjordanie situé au nord de Jérusalem où les affrontements en série se succèdent. Ceux-ci ont provoqué ces derniers jours la mort de trois Palestiniens tués par l’armée israélienne.



Cisjordanie : comment tous les palestiniens deviennent des prisonniers


Arrestations arbitraires, tortures, mise à mort : l’incarcération massive des Palestiniens constitue un des instruments des représailles d’Israël depuis le 7 octobre. Au cœur de la logique coloniale, la prison est omniprésente dans les trajectoires de vie palestinienne et représente un instrument de répression et d’asservissement total. Explication et témoignages.



«Gaza, une guerre coloniale»


Entretien avec Stéphanie Latte Abdallah et Véronique Bontemps conduit par Ryan Tfaily

Parmi la littérature prolifique qui tente d’analyser la guerre génocidaire en cours à Gaza, l’ouvrage co-dirigé par Stéphanie Latte Abdallah, historienne et politiste, directrice de recherche au CNRS, et Véronique Bontemps, anthropologue, chargée de recherche au CNRS, intitulé Gaza, une guerre coloniale (Actes Sud, 2025) se distingue par la profondeur historique et politique qu’il donne aux événements, et la place de choix qu’il accorde aux auteurs palestiniens et originaires du Moyen-Orient. La somme décrypte les multiples facettes de la guerre en cours, à partir du paradigme du colonialisme de peuplement qui structure désormais les études palestiniennes. En mobilisant diverses disciplines, et en croisant les regards – anthropologique, géopolitique, juridique, économique et politique -, le livre parvient à saisir les ruptures mais surtout les continuités à l’œuvre dans l’écrasement de Gaza. Dans cet entretien, les deux coordinatrices de l’ouvrage reviennent sur les concepts en jeu, les défis méthodologiques et l’état de la recherche sur la Palestine à l’heure du génocide à Gaza.

Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine



Une violence inouïe se déchaîne sur les discussions Telegram liées au groupe armé Wagner. Des journalistes de l’Associated Press ont eu accès à un rapport confidentiel transmis à la Cour pénale internationale qui détaille les exactions commises par les mercenaires. Il pointe l’utilisation des réseaux sociaux comme un outil de communication pour exposer leur brutalité. 

«Un crime de guerre» : l’ONU accuse Israël d’utiliser la nourriture à des fins militaires à Gaza




Les Nations unies ont appelé ce mardi 24 juin Israël à «cesser de tirer sur les personnes qui tentent d’obtenir de la nourriture» dans la bande de Gaza, alors que les frappes meurtrières contre des centres de distribution d’aide s’accumulent.

«Les personnes désespérées et affamées de Gaza continuent d’être confrontées au choix inhumain de mourir de faim ou de risquer d’être tuées en essayant d’obtenir de la nourriture.» Dans des notes transmises aux journalistes en amont d’une conférence de presse, ce mardi 24 juin, le bureau des droits de l’Homme de l’Organisation des nations unies (ONU) a réitéré ses critiques virulentes contre le mécanisme de distribution d’aide alimentaire introduit par Israël dans la bande de Gaza le 26 mai.



« Nous sommes devenus des monstres » : la famine et le génocide transforment la société à Gaza

Ahmad Mosabih, 16 ans, a emporté ce qu’il jugeait nécessaire pour un voyage que personne de son âge ne devrait avoir à faire. Il a pris un marteau en fer de cinquante centimètres de long, a glissé un couteau utilitaire dans sa poche et a quitté son domicile à 3 heures du matin avec un seul objectif : se procurer un sac de farine.

Ahmad s’était préparé pour ce voyage depuis la veille au soir. Une fois prêt à l’aube, il est parti de la partie ouest de la ville de Gaza, du quartier de Tal al-Hawa, en direction du sud-ouest vers le rond-point al-Nabulsi. Cet endroit est la porte d’entrée vers le nord de Gaza par laquelle passent les camions d’aide humanitaire. Ces camions appartiennent à des commerçants, des entreprises commerciales ou des organisations humanitaires opérant à Gaza. Peu importe qui les exploite, ils constituent le seul espoir d’Ahmad pour survivre temporairement.



Cisjordanie. Journées ordinaires à Massafer Yatta


Dans les territoires occupés, la violence des colons et de l’armée s’abat quotidiennement sur les habitants. Dans cette lettre que nous publions ici, l’autrice – militante israélienne du Villages Group, une association venant en aide aux villageois palestiniens – témoigne de cette brutalité banale, qui a redoublé d’intensité – et d’impunité – depuis le 7 octobre 2023.

Belgique: une autre forme de justice


Un mardi matin par mois, des hommes violents sont convoqués par le tribunal de première instance du Hainaut (division Charleroi) dans la « chambre à résolution de problème » dédiée à la violence conjugale. Ils doivent répondre de faits qui datent de 2023, parfois 2022 : des coups, des blessures, de l’intimidation, une atteinte quelconque à leur partenaire de l’époque, avec laquelle ils sont souvent encore en couple.

Comment fonctionne cette nouvelle formule de Justice ?

Plus rapide que la Justice pénale classique et, surtout, volontairement restaurative (le « trajet restauratif » vise la réparation plutôt que la punition), pour éviter la récidive .

Depuis janvier 2024, une trentaine de dossiers ont déjà intégré la nouvelle chambre spécialisée en matière de violences conjugales (CVC) du tribunal de première instance du Hainaut. Les cas varient évidemment, un couple n’étant pas l’autre. Une série d’ingrédients sont tenaces : le récit masculin, la force physique, les femmes qui restent au sein du couple, l’alcool.

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En finir avec les violences des Maisons Départementales des Personnes Handicapées



Suite à des constats et témoignages, nous, Les Dévalideuses, avons décidé de dénoncer et de combattre les violences systémiques et quotidiennes envers les personnes handicapées commises par les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH). Ces structures qui doivent nous permettre d’accéder à nos droits produisent de la violence.

Guerre en Ukraine : quand Trump qualifie Poutine de « fou »

Par Rémy Dufaut



Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Ce poème d’Aragon évoque « l’Allemagne vaincue, brimée et affamée, [qui] puise dans son humiliation les raisons d’une vengeance », selon Bernard Scheil

Récemment , c’est Trump qui humilait Zelensky dans le bureau ovale. La revue Cerveau & Psycho considère l’humiliation comme la statégie du pire en politique.

Que cherche Trump en qualifant Poutine de « fou » ? Est-ce ainsi, en haussant le ton, que l’on s’approche de la Paix ? Pour Carole Grimaud, spécialiste de la géopolitique russe, « c’est une manière de justifier un échec diplomatique ». Selon elle, « le Kremlin n’a toujours pas transmis sa proposition pour un cessez-le-feu. Les frappes se poursuivent, les attaques de drones ukrainiens aussi, y compris sur le sol russe. Rien ne montre que la situation s’apaise. Au contraire, l’intensité a augmenté. »

Jean-Dominique Merchet évoque un tournant dans la guerre sans aucune garantie du résultat. Le « pompier » semble bien loin de garantir le cessez-le-feu et la paix.

D’autres s’interrogent sur la santé mentale de Trump lui-même,  constatant « une dégradation des facultés de l’actuel président américain depuis 2017, évoquant des discours incohérents, des troubles du langage et des signes de confusion. Malgré un test cognitif réussi, les doutes persistent. » On observe une baisse de la cohérence de ses discours, qu’on trouve plus décousus et confus, l’invention de mots lorsqu’il ne se souvient pas de ceux qu’il voulait prononcer.

Dans le livre, La Santé psychique de ceux qui ont fait le monde (éditions Odile Jacob), Patrick Lemoine interroge : « pourquoi les peuples sont-ils dirigés par des personnalités sinon déséquilibrées, tout du moins fragiles ? Ou bien, à l’inverse, serait-ce parce que ces hommes et ces femmes ont été capables de maîtriser, d’utiliser, voire de surmonter leurs fragilités qu’ils ont conquis le pouvoir ? »

Il évoque « le syndrome de l’hubris, une sorte d’intoxication au pouvoir caractérisé par un orgueil démesuré. Mais au fil des pages, d’autres troubles sont débusqués : paranoïa, délire de persécution, bipolarité, addiction, dépression, anorexie, alcoolisme, délires, stress post-traumatique… » Il mentionne « un « animal politique » contemporain, Emmanuel Macron, à qui l’auteur attribue le totem du loup…« 

Revenant sur le syndrome d’hubris, le Dr Clément Guillet estimait l’année dernière à l’occasion du « second tour des élections législatives …/… dimanche 7 juillet, [que] la question de la santé mentale de ces hommes et de ces femmes peut se poser. » Il demandait: « Mais est-ce le pouvoir qui rend fou ou bien faut-il être fou pour réussir en politique ? »

Dans la revue Les Généralistes CSMF, le même Dr Guillet pense que “La folie chez les politiques, c’est une maladie professionnelle difficilement évitable”. Il évoque « Dépression, dépendance à l’alcool, bipolarité… » et, avant de conclure par cette sentence: “On nous parle du nez de Cléopâtre, mais on ne nous parle pas des hémorroïdes de Richelieu. » et il envisage une véritable maladie professionnelle.

En 2019, le magazine Alternative santé, sous le titre »Des hommes et femmes politiques en piètre santé mentale » constatait que « l’équilibre psychologique de nos représentants – des types de personnalité aspirant à ces postes aux conséquences de l’exercice du pouvoir sur leur santé mentale – est rarement abordé. » Il proposait cependant de « rester prudent face à la tendance contemporaine à tout pathologiser par la multiplication de critères diagnostics parfois douteux. »

Jean-Marie Charron analyse cet article et cite de Sutter : “le plus cocasse, c’est que si les fous sont au pouvoir, c’est parce que nous les y avons mis justement parce qu’ils sont fous”. Parce que les électeurs cherchent des leaders séducteurs, menteurs ou manipulateurs. Nous recherchons à travers ces défauts, des hommes politiques qui nous ressemblent ou nous rassurent sur nous-mêmes. C’est peut-être cela le secret du populisme. Pour conclure il dresse une liste exhaustive des critères du syndrome d’hubris.

Ciara Boulman, établit un bilan inquiétant sur la perception qu’auraient les politiques de leur santé mentale. Constatant une libération de la parole à ce sujet, elle incrimine, outre la pression qui pèse sur les épaules des responsables politiques, un véritable harcèlement, sur les réseaux sociaux essentiellement, en particulier envers les femmes et les personnes non blanches. Les leaders politiques semblent davantage concernés que le commun des mortels mais il en est tout autant des autres professions considérées comme à haut risque (41% des responsables politiques considèrent avoir une mauvaise santé mentale, plus que dans la police (32%) ou chez les urgentistes (37%). Cette dégradation est attribuée à une multitude de facteurs, mais surtout aux fortes responsabilités qu’implique leur fonction.

Il semble que ce que l’on rencontre dans la vie des simples citoyens soit exacerbé en ce qui concerne celles et ceux qui acceptent des charges. Il suffit de se pencher sur le sort réservé aux maires: « des métropoles aux petites communautés, aucun territoire n’est épargné écrit  Benoît Floc’h dans Le Monde. La parole des édiles se libère progressivement et on s’aperçoit qu’un tiers des maires se trouvent face à l’épuisement.

Force est de constater que la prise de responsabilités en général entraîne des désagréments qui peuvent aller du harcèlement ordinaire à la violence exacerbée. Les policiers sont en butte à des violences urbaines associées aux « émeutes » des jeunes des « cités ». Les forces de l’ordre ne sont pas en reste de leur côté envers des militants manifestant pacifiquement, ou de simples observateurs pourtant clairement identifiés, avec des « bavures » associées parfaitement évitables. Les pompiers, sans doute parce que porteurs d’un uniforme sont régulièrement agressés. Ils demandent la protection de la police pour intervenir, ce qui relance les hostilités. Des insultes aux tirs de mortiers : les violences contre les sapeurs-pompiers accentuent la « perte de sens ». Il est ici question d’un contexte de « crise de l’engagement ».

Les dirigeants d’entreprise ne sont pas épargnés face aux pressions accrues, attentes multiples, sentiment d’isolement. Les dirigeants peinent à répondre aux exigences internes et externes. Épuisement, instabilité, isolement : les dirigeants français se retrouvent en « alerte rouge ».

Personne n’est épargné lorsqu’il s’agit de prendre des responsabilités. Le baromètre de France Bénévolat dresse un état inquiétant de l’engagement associatif. Les dirigeants d’associations, outre les difficultés financières croissantes du fait du désengagement de l’Etat, face aux difficultés de recrutement devant l’hémorragie constante du bénévolat (les citoyens n’hésitent pas à adhérer aux causes les plus justes mais ce n’est pas pour autant qu’ils s’y investissent réellement) peuvent voir leur responsabilité engagée et force est de constater qu’ils ne sont pas souvent enclins à déléguer, alors qu’ils ont en l’occurrence toute latitude, en fonction des statuts de l’association. Et La majorité des dirigeants ayant peur de déléguer une tâche aux adhérents, s’ensuit alors généralement pour eux une surcharge de travail et les mêmes risques d’épuisement que Président d’une nation, ministre, député, maire, responsable d’entreprise…

D’un bout à l’autre de l’échelle des responsabilités, les « pétages de plombs » sont inéluctables quand le pouvoir finit par devenir trop pesant. Mais il est indiscutable que la palme en revient aux politiques.


Affaire Bétharram : François Bayrou publie des documents présentés comme les « preuves factuelles de l’inanité » des accusations le visant



Promesse tenue. Le Premier ministre François Bayrou a publié, vendredi 22 mai, sur son site internet, les documents prouvant selon lui la véracité de ses déclarations sur ce qu’il savait des violences commises à Notre-Dame de Betharram. « Nous avons pu, par chance retrouver les preuves factuelles, indiscutables, de l’inanité de ces accusations », explique-t-il.



« Il était obligatoirement au courant, au point qu’il est venu me voir » : quand François Bayrou rendait visite au juge d’instruction en marge d’une enquête pour viol à Bétharram, en 1998


Deux ans après une plainte pour « coups et blessures volontaires » par un surveillant, c’est un scandale plus grave encore qui secoue Notre-Dame de Bétharram : en 1998, un ancien directeur est accusé de viol… et rapidement remis en liberté sous contrôle judiciaire. François Bayrou serait-il intervenu dans cette affaire, comme l’évoque un ancien gendarme ? Un extrait de « Complément d’enquête » sur le scandale Bétharram.

Affaire Bétharram : François Bayrou « a menti à l’Assemblée nationale » et son « audition sous serment permet de le constater », estime le corapporteur Paul Vannier



Le Premier ministre a été entendu pendant plus de cinq heures par la commission d’enquête parlementaire sur les violences scolaires.

Au lendemain de la longue audition de François Bayrou par la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Bétharram, les réactions sont partagées. Selon le député insoumis Paul Vannier, corapporteur de la commission, cette audition sous serment « permet de constater » que le Premier ministre « a menti avant », devant « l’Assemblée nationale », car il a reconnu « enfin être informé ».



François Bayrou dénonce une tentative de « l’obliger à démissionner »


Entendu mercredi à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’affaire Bétharram, un établissement catholique béarnais accusé d’avoir été le théâtre de violences, y compris d’agressions sexuelles, sur des élèves, François Bayrou a considéré que son audition avait pour but de le « coincer » pour l' »obliger à démissionner ».



Bayrou, l’indignité politique au service du déni


Au cours de son audition, mercredi 14 mai, le premier ministre a caricaturé la commission d’enquête en « tribunal » et ses membres en juges. Une posture indigne alors que les victimes de violences sexuelles, elles, réclament des politiques publiques concrètes, des moyens et des réparations.

En Syrie, la transition menacée



Trois mois après la chute de Bachar Al-Assad, les violences survenues dans les bastions alaouites de l’ouest du pays, puis, quelques jours plus tard, la signature d’un accord prometteur avec les forces kurdes syriennes, ont montré combien la réconciliation de la Syrie avec elle-même serait une opération longue et délicate pour le président par intérim, Ahmed Al-Charaa.

La Syrie a offert deux visages au cours des derniers jours, celui du pire, puis celui de l’espoir. Tout a commencé jeudi 6 mars avec une attaque contre les forces du nouvel homme fort du pays, le président de transition Ahmed Al-Charaa. Elle a été menée par des miliciens restés fidèles au dictateur Bachar Al-Assad, chassé en décembre 2024, dans le bastion côtier de la minorité alaouite dont il est issu.



« Des atrocités ont été commises au nom des forces de sécurité » : en Syrie, les minorités ethniques et religieuses craignent pour leur avenir

En Syrie, les autorités annoncent la fin des combats dans la région du nord-est. La quasi-totalité des 1 068 civils tués, majoritairement issus de la minorité alaouite, ont été victimes d’exécutions sommaires menées par les forces de sécurité ou des groupes alliés, selon un bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Une semaine, la plus sanglante depuis la chute de Bachar al-Assad, qui fait craindre pour la stabilité de la Syrie et inquiète les autres minorités qui composent le pays.



La Syrie peut-elle se mettre en marche vers l’unité ?


Un accord visant à intégrer les FDS prokurdes? et le tiers environ du territoire syrien qu’elles contrôlent? intervient après un week-end sanglant dans l’ouest de la Syrie, marqué par le massacre de près d’un millier de membres de la minorité alaouite et les menaces contre les chrétiens, accusés de proximité envers l’ancien pouvoir d’Assad. La Syrie peut-elle parvenir à s’unir et à éviter un cycle de vengeance à l’irakienne ?… On va plus loin avec Niagalé Bagayoko, Bruno Daroux et Marie-Charlotte Roupie à Hassaké.



Trois mois après la prise de pouvoir des islamistes, les femmes syriennes s’interrogent sur leur avenir


Dans les rues d’Alep, des jeunes Syriennes décrivent une réalité marquée par l’influence croissante des normes islamiques. Les autorités assurent que la restriction des libertés des femmes n’est pas leur priorité.

Six personnes issues de l’ultradroite interpellées après une violente agression près d’une association de travailleurs immigrés à Paris



Six personnes ont été interpellées, dimanche 16 février, après une violente agression près d’une association de travailleurs immigrés dans le 10e arrondissement de Paris, a appris l’Agence Radio France auprès de la préfecture de police.

Le parquet annonce qu’une enquête pour « tentative d’homicide volontaire » a été ouverte. Les gardes à vue des six suspects ont été prolongées lundi soir, toujours selon le parquet.

PARIS. Attaque fasciste contre une soirée de projection organisée par des Kurdes


Une attaque armée a ciblé ce soir une projection de cinéma antifasciste organisée par des jeunes Kurdes dans le Xe arrondissement de Paris. On signale qu’un militant syndicaliste de la CGT a été poignardé lors de l’attaque. Les fascistes ont été filmés en train de courir dans la rue en criant « Paris est nazi ! » et un autre slogan dont la première partie est incompréhensible mais on comprend aisément le mot « Turquie » prononcé à la fin. Il s’agit plus probablement des jeunes Turcs membres des Loups Gris (Bozkurtlar), organisation fasciste turque interdite en France depuis plusieurs années… 



Les néonazis attaquent à Paris

Une agression qui aurait pu faire plus de victimes

 

Ce dimanche 16 février, alors que la section parisienne de Young Struggle – organisation de jeunes socialistes et internationalistes implantée à travers l’Europe – organisait la projection d’un film antifasciste à Paris, dans les locaux de l’ACTIT, elle a subi une attaque ultra-violente menée par une vingtaine de néonazis. Ces derniers étaient armés de bâtons et de couteaux. Un blessé finit à l’hôpital.




Dernière minute:

Le parquet de Paris a déclaré hier que les gardes à vue des six militants d’ultradroite avaient été prolongées et que les investigations se poursuivaient, avec notamment de nouvelles auditions des mis en cause, de témoins, et l’exploitation d’éléments de téléphonie. Les garde à vue peuvent en théorie être prolongées jusqu’à mercredi soir.