CAF: l’algorithme qui cible les pauvres



La CAF est la première administration a avoir développé un algorithme de notation généralisé de la population. Véritable outil dystopique chargé d’analyser nos comportements en quasi-temps réel à la recherche de « comportements suspects », cet algorithme attribue un « score de suspicion » à chaque allocataire. Lorsque ce score se dégrade trop, un contrôle est alors déclenché.

A ceci s’ajoute le fait que cet algorithme vise délibérément les plus précaires. Être pauvre, bénéficier des minima sociaux, être au chômage ou vivre dans un quartier défavorisé : autant de paramètres dégradant la note d’un·e allocataire et augmentant d’autant la probabilité d’être contrôlé·e. Alertés dès 2022 sur cet algorithme par les collectifs Stop Contrôles et Changer de Cap, nous nous attachons depuis à le dénoncer tout en faisant la lumière sur son fonctionnement inique.




Une quinzaine d’associations ont annoncé, mercredi 16 octobre 2024, saisir le Conseil d’Etat pour lui demander de mettre fin au système mis en place par la CNAF pour orienter ses contrôles.

Ce recours demande que la Caisse nationale des allocations familiales abandonne son système interne de notation des allocataires, jugé « discriminatoire ».




Ce sont désormais 25 organisations et syndicats dont la CGT, Solidaires, le Mouvement des mères isolées, Amnesty International France, la Ligue des droits de l’homme, le collectif Changer de cap ou le Syndicat des avocats de France qui attaquent en justice la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), à l’initiative de la Quadrature du Net, pour demander à la branche familiale du système français de protection sociale de cesser le traitement algorithmique des données des allocataires des CAF en vue de cibler ses contrôles.




Depuis janvier, la caisse d’allocations familiales dispose d’un nouvel algorithme de contrôle des allocataires, le DMDE 2026. Son code est open source et la Cnaf revendique transparence et éthique dans sa conception.



La CAF se justifie en insistant sur l’éthique de sa démarche et publie une charte garantissant l’égalité, la non-discrimination et la transparence en proposant « Des solutions garantes de l’égalité et de la non-discrimination ».

« Le comité d’éthique des usages des données, des algorithmes et de l’intelligence artificielle a été installé en mars 2025. “Il appuie la Cnaf pour identifier les risques éthiques, formuler des points de vigilance et proposer des moyens de les atténuer”, précise-t-elle.

Outre l’ouverture du code source, la Cnaf indique avoir appliqué des “choix concrets” pour réduire les risques, en particulier de biais. Cela commence par l’utilisation de données “fiables” et d’un échantillon de contrôles aléatoires.

L’administration précise aussi avoir écarté certaines variables pour limiter les risques de discrimination directe. C’est le cas, par exemple, de la nationalité, du genre, de l’adresse, et du lieu de résidence. En outre, “la démarche exclut également des données de « comportement » (connexions à l’espace « Mon compte », contacts, échanges de pièces…) ainsi que les informations relatives à des contrôles ou contentieux. »




Bien lui en prit car cela a entraîné le ralliement de 10 nouvelles organisations au recours porté à l’origine par les 15 premières devant le Conseil d’Etat.

« Le recours a été porté devant le Conseil d’Etat au nom du droit de la protection des données personnelles et du principe de non-discrimination. Cet algorithme attribue à chaque allocataire un score de suspicion dont la valeur est utilisée pour sélectionner celles et ceux faisant l’objet d’un contrôle. Chaque mois, l’algorithme analyse les données personnelles de plus de 32 millions de personnes et calcule plus de 13 millions de scores. Parmi les facteurs venant augmenter un score de suspicion on trouve notamment le fait d’avoir de faibles revenus, d’être au chômage, de bénéficier du revenu de solidarité active (RSA) ou de l’allocation adulte handicapé (AAH). »

« Alimenté par les données personnelles de millions de personnes, il cible délibérément les personnes les plus défavorisées. La grave discrimination inhérente à l’algorithme a été confirmée par la Défenseure des droits dans des observations transmises à la justice en octobre dernier. »

« Notre nouvelle coalition élargie rassemble diverses organisations européennes et françaises issues de domaines variés. Cela montre que le Conseil d’État devrait renvoyer l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne afin que celle-ci puisse rendre une décision applicable à l’ensemble de l’Europe », déclare Bastien Le Querrec, juriste à La Quadrature du Net.



RD

« Opération Retailleau » : des vies brisées pour une stratégie de com’




Ils étaient pères de famille, travailleurs et pour certains en attente de régularisation.

Près de 700 personnes sans-papiers ont été interpellées lors de l’opération nationale de contrôle migratoire, menée par le ministère de l’Intérieur les 18 et 19 juin dernier. Peu ont été conduits en CRA, mais pour ces derniers, la vie s’est figée.

Bruno Retailleau lance 48 heures de contrôle renforcé dans les transports « pour interpeller les clandestins »



Depuis ce mercredi matin et jusqu’à demain soir, les contrôles sont renforcés dans les gares, à bord des trains et des bus, en particulier ceux à destination ou à l’arrivée de pays voisins. Cette opération nationale de lutte contre « l’immigration irrégulière » lancée par l’Intérieur fait suite à une précédente, mi-mai, qui avait donné lieu à des centaines d’interpellations.

Pour les allocataires du RSA, un inquiétant « compte à rebours » a commencé



A partir de janvier, la réforme de France Travail entrera en vigueur, et avec elle les 15h d’activités obligatoires pour les allocataires du RSA ainsi que l’intensification des contrôles. Agents de l’ex-Pôle emploi comme usagers s’inquiètent.

Contrôles d’identité : que dit le droit et comment mettre fin aux contrôles discriminatoires ?


Le Défenseur des droits a été saisi à plusieurs reprises par des personnes ayant rencontré des difficultés lors de contrôles d’identité. Constatant des pratiques attentatoires aux droits et libertés des personnes contrôlées et au regard des études qu’il a menées ou demandées, il formule des propositions pour un meilleur respect des droits et libertés lors de ces contrôles.

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Les 303 passagers indiens bloqués dans un aéroport de la Marne pourrait être réacheminés


Les autorités espèrent obtenir « lundi matin au plus tard » les autorisations pour réacheminer en avion les passagers indiens confinés depuis jeudi soir dans un aéroport de la Marne.

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RSA : le flou règne toujours sur les 15 heures d’activité obligatoires


À partir du 1er janvier, les deux millions d’allocataires du RSA seront soumis à au moins 15 heures d’activité obligatoires par semaine. Sur le terrain, personne ne sait encore quelles seront ces activités, qui va les contrôler et comment.

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Mettre fin aux pratiques policières discriminatoires, une urgence pour la France


Plus d’un mois après la décision du Conseil d’État reconnaissant un manquement de l’État dans la pratique avérée des contrôles au faciès, le gouvernement français n’a donné aucun signe indiquant qu’il comptait enfin prendre au sérieux le problème et tout mettre en œuvre pour le faire cesser.

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47 millions de contrôles d’identité par an, pas évalués et peu encadrés


Le rapport de la Cour des comptes pointe une pratique « massive » qui pose de nombreux problèmes. Il formule huit recommandations et étrille notamment la police nationale pour sa pratique du tutoiement et de la palpation de sécurité.

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Loi justice : le Conseil constitutionnel censure l’activation à distance des téléphones portables dans certaines enquêtes


La mesure porte « une atteinte » au « droit au respect de la vie privée » qui « ne peut être regardée comme proportionnée au but poursuivi », ont tranché les Sages jeudi.

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Vidéosurveillance algorithmique : la CNIL va contrôler le ministère de l’intérieur


Le gendarme des données personnelles va se pencher sur l’usage par la police, révélé par le site « Disclose », d’un logiciel de vidéosurveillance dite « intelligente ». Certaines de ses fonctionnalités pourraient être illégales.

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LA POLICE NATIONALE UTILISE ILLÉGALEMENT UN LOGICIEL ISRAÉLIEN DE RECONNAISSANCE FACIALE

Mouvements sociaux : fichage de masse et permis de tuer

contre-attaque.net



Ce jeudi 5 octobre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin intervenait devant la «Commission d’enquête sur les groupuscules violents de l’Assemblée Nationale». Une commission chargée de criminaliser le militantisme de gauche, suite à la manifestation de Sainte-Soline. Le ministre, issu de l’extrême-droite*, a exposé les choses avec une clarté foudroyante :

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*Gérald Darmanin aurait été adhérent de l’Action française: voir ICI

Généralisation de la violence



Un jeune homme s’est fait violemment frapper par un agent de sécurité de la RATP lors d’une interpellation dans les couloirs du métro parisien, comme le révèlent des images diffusées sur X (ex-Twitter). Selon la régie de transports, qui a annoncé l’ouverture d’une enquête interne, la scène s’est déroulée mardi 19 septembre vers 21 heures, dans la station Gare de l’Est. Le jeune homme a ensuite été remis à la police.

LA FRANCE : PAYS LE PLUS FICHÉ D’EUROPE

Contre Attaque


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Refus d’obtempérer: « Il faut revoir ces méthodes de contrôle », affirme Patrick Baudoin, avocat et président de la LDH

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USAGE DES ARMES PAR LA POLICE : POUR UN CADRE LÉGAL QUI NE SOIT PAS UN PERMIS DE TUER

Communiqué national

Face aux drames qui se multiplient dans le cadre de contrôles routiers, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) saisit le ministre de l’Intérieur d’une demande d’abrogation des instructions du directeur général de la police nationale (DGPN) et du directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) relatives à l’application de l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure (CSI) encadrant l’usage des armes par la police.

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