Thomas Piketty : « Il est urgent de changer d’approche sur les sanctions contre les autocraties »


L’économiste juge que les sanctions actuelles, qui vont toucher l’ensemble de la population russe, n’atteindront pas leur but : frapper les fortunes qui sont au cœur du régime poutinien, afin d’infléchir ce dernier. L’Occident, dit-il, a pourtant les moyens d’agir.

Par Pascal Riché, l’OBS


Thomas Piketty, le plus célèbre des économistes français depuis son best-seller « Le Capital au XXIe siècle », plaide depuis quelques années pour un « cadastre financier international », qui permettrait de savoir qui possède quoi en Europe et aux Etats-Unis, et de lutter plus efficacement contre la fraude fiscale. Aujourd’hui, il estime qu’un tel cadastre permettrait également d’infliger des sanctions financières efficaces contre la Russie, tout en épargnant leurs peuples. Entretien.

L’OBS. La déconnexion des banques russes du système financier international vise à « asphyxier » l’économie russe, a déclaré Bruno Le Maire. De telles sanctions peuvent-elles être efficaces ?

Thomas Piketty. Débrancher la Russie du réseau financier Swift peut contribuer à asphyxier la Russie, mais au final c’est une mesure très mal ciblée. Elle va frapper les banques, mais aussi toutes les entreprises et les ménages russes, ainsi que les entreprises et ménages occidentaux commerçant avec la Russie, alors que c’est le pouvoir poutinien qu’il faut atteindre, et en particulier la petite classe des oligarques les plus fortunés qui a bénéficié de ce régime depuis 1999. Or ces derniers peuvent contourner Swift, en passant par d’autres intermédiaires financiers.


La population russe, si elle est durement touchée, ne peut-elle pas se retourner contre Poutine ?

On a vu ce qu’il est advenu lorsque des sanctions commerciales ont été instaurées après l’annexion de la Crimée en 2014 : le pouvoir les a instrumentalisées pour attiser le sentiment nationaliste et renforcer son emprise. Pour gagner la bataille politique et morale contre les autocraties, il est urgent de changer d’approche.

Entretien exclusif – Thomas Piketty : « Historiquement, c’est le combat pour l’égalité qui a permis la prospérité »


Les pays occidentaux ont également décidé de geler les actifs de l’élite russe -yachts, villas et compte bancaires. Cela vous semble-t-il une voie plus légitime, puisqu’elle n’affecte pas le reste de la population ?

Oui, à condition qu’on aille jusqu’au bout de cette logique, ce qui n’est pas le cas. Il faudrait imaginer des sanctions ciblant tous ceux qui peuvent avoir une influence sur Poutine, c’est-à-dire l’ensemble de la classe fortunée qui a profité du régime. Pour l’instant, on ne touche que quelques dizaines ou au maximum quelques centaines de Russes. En outre ces sanctions sont faciles à contourner, par la multiplication des sociétés-écrans et des prête-noms, car l’on ne se donne pas les moyens de les appliquer réellement. Pour être efficace, il faudrait viser quelques dizaines de milliers de personnes, les multimillionnaires sur lesquels s’appuie le régime, et le faire de façon beaucoup plus systématique.


Comment faire concrètement ?

La seule façon d’agir efficacement serait de mettre en place un cadastre financier international des patrimoines, et de croiser les données sur les portefeuilles immobiliers et financiers des uns et des autres. On a commencé à développer, depuis la crise de 2008, des échanges automatiques d’informations bancaires dans le cadre de l’OCDE, mais cela reste très insuffisant. Jusque-là, les pays riches, sous pression de leurs propres grandes fortunes, refusaient d’aller plus loin et de mettre en place une véritable transparence financière internationale. Mais cette fois, l’enjeu est gigantesque : il s’agit de stopper une guerre en Europe. Ce serait aussi l’occasion de démontrer aux opinions publiques que les grands discours sur la démocratie et la justice ne sont pas que du vent.

Si l’on ciblait, par exemple, les personnes détenant plus de 10 millions d’euros en patrimoine immobilier et financier, cela représenterait environ 20 000 personnes, soit 0,02 % de la population adulte russe. On resterait sur une toute petite minorité de la population, mais une minorité beaucoup plus substantielle que quelques centaines de personnes. Or plus de la moitié du patrimoine de ces gens-là est à l’étranger, essentiellement dans les pays occidentaux, avec biens immobiliers et des actifs financiers à Paris, Londres, New York, au Luxembourg, à Courchevel ou sur la Côte d’Azur. Bloquées dans leur pays, avec leur fortune gelée voire amputée par un prélèvement (mettons de 10 à 20 %, pour commencer), ces 20 000 personnes ne manqueraient pas de se faire entendre au Kremlin. On pourrait aussi se focaliser sur tous ceux qui possèdent plus de 2 millions d’euros de patrimoine, ou bien sur ceux détenant plus de 1 million d’euros à l’étranger, soit environ 100 000 personnes (0,1 % de la population).


La mise en place d’un tel cadastre financier ne mettrait-elle pas beaucoup de temps ?

Le projet existe, c’est le « global financial registry » ou GFR : nous avons montré dans le Rapport sur les inégalités mondiales 2018, qu’il était techniquement possible. Il s’appuierait sur les registres existant déjà, où sont consignées les traces des possessions des uns et des autres, dans différents pays. Il faut systématiser les accords OCDE sur les transmissions bancaires internationales, qui ont plein de trous, et il faut enfin que chaque pays applique la directive européenne sur les « registres des bénéficiaires effectifs » (beneficial ownership registries), qui oblige chaque pays à rendre public les détenteurs ultimes des sociétés installées sur son territoire. Certains pays comme le Luxembourg ont commencé à mettre en ligne ces informations, mais comme l’a montré l’an dernier l’enquête OpenLux [menée par le journal Le Monde, NDLR], il existe là encore de nombreux trous. Quant à la France, elle n’a toujours rien mis en ligne…

Pour connecter toutes ces données, il faudrait également décider de prendre le contrôle des dépositaires centraux privés (Clearstream, Euroclear, Depository Trust Company, etc.) qui assurent l’enregistrement des titres financiers et de leurs propriétaires. Ce registre général permettrait au passage de lutter contre la fraude internationale, l’argent de la drogue, la corruption. C’est sûr que cela dérangerait pas mal de monde, à commencer par les grandes fortunes occidentales, qui aiment la discrétion quand il s’agit d’argent. Tout comme les oligarques chinois ou russes… Ils ont tous en commun d’avoir profité, ces trente ou quarante dernières années, des mêmes privilèges générés par un capitalisme devenu débridé.


Est-il réaliste d’envisager l’arrêt de l’approvisionnement en gaz et en pétrole russe ?

C’est l’autre aspect de cette crise : il faut décréter fermement et concrètement la fin de ces importations, en commençant par importer, d’urgence, d’avantage d’hydrocarbures et de gaz liquide d’autres pays. Et surtout en prenant enfin des décisions fortes et concrètes sur les investissements dans les énergies renouvelables. La France est certes moins dépendante au gaz que l’Allemagne, mais elle l’est beaucoup plus que des pays comme la Suède par exemple, qui au lieu de se reposer uniquement sur le nucléaire, a fait bien davantage que nous dans l’éolien, le solaire et l’hydraulique.

« L’Europe est très vulnérable : elle a besoin du gaz russe »

Il est temps de débattre concrètement des surfaces à consacrer au renouvelable. Ces sources d’énergie comportent elles aussi des inconvénients, en particulier pour les paysages, mais par comparaison aux conséquences climatiques et géopolitiques qu’entraîne l’exploitation des hydrocarbures il n’y a pas photo. Tous ces hydrocarbures russes auraient dû rester dans le sol. Au lieu de cela, nous avons contribué à les brûler, tout en enrichissant au passage une minorité d’oligarques russes et en contribuant à voler ces ressources à la population du pays. Il est temps de reconnaître cette complicité et d’y mettre fin.


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Les brèves de Jean

L’actu sous la loupe de Jean Camus


La France condamnée à l’ONU

Le Comité des droits de l’enfant a estimé que la France violait le « droit à la vie ».

Alors que la France se veut l’avant-garde en matière de normes sur le droit des enfants, la décision du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies sonne comme un désaveu cinglant.

Des familles françaises, des mineurs sont détenus arbitrairement en Syrie.

Le Comité estime que Paris viole particulièrement l’article l' »l’intérêt supérieur de l’enfant », le 2ème « son droit à la vie », le 3ème « de la protection des enfants contre des traitements inhumains et dégradants ».

« c ‘est la 1ère fois qu’une instance de si haut niveau dit aussi clairement que la France a manqué à ses obligations à l’égard de ces enfants qui ne sont accusés de rien et qui, en raison de leur âge, n ‘ont commis aucune espèce d’infraction ». Une ONG internationale.

La Cour européenne des droits de l’homme doit aussi statuer dans les prochains mois.

L’impéritie des pouvoirs publics, la gestion des crises sanitaires « à la française »

  • Le Médiator, un livre, Médiator, 150mg. Combien de mort ? (Dialogue 2010 d’Irène Frachon, médecin): ce médicament vendu comme antidiabétique, mais prescrit comme coupe-faim, sans intérêt démontré, responsable d’une centaine de morts, maintenu pendant 30 ans, remboursé par la Sécurité Sociale au taux de 65%, celui réservé aux médicaments « majeurs ou importants ».
  • La maltraitance des personnes âgées dépendantes dans des organismes privé, et le système d’optimisation des coûts, un livre Les Fossoyeurs (Fayard 2021, Victor Castanet, journaliste indépendant).

A priori, 2 affaires différentes mais, dans les 2 cas, cela démarre par la médiatisation d’un livre qui contraint le politique à se saisir de l’affaire ou, du moins en tout cas, à communiquer pour en donner l’impression. La communication ministérielle vise à faire oublier que le ministère a été pris de court.

Pourtant, pendant des années, les paroles, les témoignages de soignants, des familles, n’ont pas manqué. Aucun signal n’a été entendu. Dans l’Hexagone, il existe un tissu sans équivalent de surveillants sanitaires. Où sont les responsables ?

Comme pour le Médiator va-t-on en rester à la surface du récit, ne pas toucher au fond ? un travail d’esquive va se mettre en place de nouveau ?

La gestion de la sécurité sanitaire se fait au gré des scandales et des crises sanitaires.

Des soldats russes trahissent leur position en draguant des Ukrainiennes sur Tinder !

Illustration. © Fabian Sommer/dpa


Quelques jours avant l’invasion en Ukraine, des soldats russes ont dragué des Ukrainiennes sur Tinder, révélant ainsi leur position. Ce qui a mis la puce à l’oreille des forces militaires ukrainiennes quant à une possible attaque.

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L’extrême droite française se fracture sur le front ukrainien

À CHACUN SES NÉONAZIS


Les poutiniens Le Pen et Zemmour tentent de se rhabiller en non-alignés. Du côté de l’extrême droite extra-parlementaire, les positions sont plus contrastées, pour ne pas dire franchement opposées.

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Russie : censure des médias


Russie: l’étau se resserre encore sur les médias et la liberté d’expression

Kiosque à journaux, Moscou (novembre 2020): à la faveur de la guerre en Ukraine, le Kremlin contrôle plus étroitement encore les médias, y compris les rares journaux encore indépendants comme Novaya Gazeta. AFP – ALEXANDER NEMENOV


Au 6ème jour de la guerre, Moscou rassemble ses troupes et la bataille pour Kiev se profile. En Russie, l’étau sur une liberté d’expression déjà minimale se resserre. Haro sur les « traîtres » qui critiquent la guerre et les dispositions légales de plus en plus étouffantes.

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Guerre en Ukraine : le régulateur russe des médias censure les journalistes, sommés de suivre la ligne du Kremlin

Crédit : AFP


Une chape de plomb s’abat sur les journalistes et médias indépendants en Russie. La guerre menée par les autorités sur le territoire ukrainien rend leur travail, auparavant déjà entravé, de plus en plus difficile. Reporters sans frontières (RSF) soutient leurs efforts pour relayer une information fiable dans ce contexte dramatique.

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Ukraine: l’exode des populations


Fuir la guerre en Ukraine

Les personnes cherchant à traverser la frontière ont besoin d’une aide humanitaire

Des Ukrainiens regroupés à Rava-Ruska, dans l’ouest de l’Ukraine, attendaient avant de pouvoir franchir la frontière avec la Pologne, dans la nuit du 25 février 2022. Les lueurs rougeâtres provenaient d’un feu de camp qui avait été allumé pour réchauffer le groupe. © 2022 Jonathan Pedneault / Human Rights Watch


« Dans la nuit du 24 février, je me trouvais avec un collègue à Rava-Ruska, un point de passage frontalier entre l’Ukraine et la Pologne ; en début de journée, Vladimir Poutine avait annoncé le lancement d’une invasion russe à grande échelle de l’Ukraine. À Rava-Ruska, il était peu après 22 heures, et le temps était glacial.« 


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Guerre en Ukraine : « J’espère que nous pourrons bientôt rentrer chez nous », témoignent des réfugiés

Près de 500 000 Ukrainiens ont fuit le conflit depuis le 24 février et se sont réfugiés dans les pays voisins. / AFP


A la frontière entre la Pologne et l’Ukraine, c’est un flot incessant de réfugiés qui fuient les zones de combat. Reportage à Hrebenne, un des principaux points de passage de ces milliers de déplacés.

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Exode à la frontière Ukraine-Pologne : « Ils nous refoulent juste parce qu’on est Noirs ! »

Moustapha Bagui Sylla vivait depuis un an à Kharkiv (Ukraine), où il étudie la médecine à l’université. Crédit : Mehdi Chebil


De nombreux Africains fuyant la guerre en Ukraine ont affirmé sur les réseaux sociaux avoir été recalés à la frontière polonaise en raison de leur couleur de peau. À la gare de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, France 24 a rencontré plusieurs étudiants africains ayant été refoulés sans raison au poste-frontière de Medyka. Des discriminations démenties par Kiev et Varsovie.

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Salomé Zourabichvili : « Vladimir Poutine est en train de provoquer tout ce qu’il voulait éviter »

La guerre dure depuis maintenant cinq jours en Ukraine suite à l’offensive lancée par la Russie. Salomé Zourabichvili, Présidente de la République de Géorgie est l’invitée du Grand entretien. Son pays a lui même été en guerre contre la Russie, en 2008.


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L’Ukraine lance un site pour aider les Russes à retrouver les soldats tués ou capturés

Des militaires ukrainiens après un combat avec un groupe de raids russe dans la capitale ukrainienne de Kiev dans la matinée du 26 février 2022. AFP – SERGEI SUPINSKY


Pour faire face à la propagande russe qui ne diffuse que très peu d’informations à ses citoyens sur l’offensive militaire qui a lieu en Ukraine, les autorités ukrainiennes ont lancé un site recensant les soldats russes présumés tués ou capturés dans leur pays pour aider les Russes à identifier leurs soldats.

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EN RUSSIE, MANIFESTER EST DEVENU QUASI IMPOSSIBLE

Des policiers anti-émeutes russes bloquent une rue lors d’un rassemblement de soutien à Alexeï Navalny, à Saint-Pétersbourg le 21 avril 2021 / © Olga Maltseva -AFP via Getty Images


Depuis 15 ans, les autorités russes utilisent des lois de plus en plus restrictives et des stratégies policières brutales pour réduire au silence toute dissidence. La stratégie : saper le droit de manifester.

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Une mère de famille fuit Kiev et trouve refuge en Pologne après un périple de plusieurs jours

Des familles transportant leurs effets personnels franchissent le poste-frontière de Zosin en Pologne après avoir fui l’Ukraine.   © HCR/Chris Melzer

Après un voyage épuisant de trois jours en voiture, Olga et ses enfants font partie des centaines de milliers de personnes qui ont fui l’Ukraine en quête de sécurité dans les pays voisins.

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Guerre en Ukraine : une nuit aux côtés des civils sur la route de l’exode

Guerre en Ukraine : une nuit aux côtés des civils sur la route de l’exode. Crédit : Mehdi Chebil


Des milliers de civils ukrainiens fuient depuis jeudi l’invasion russe et tentent de rejoindre la Pologne voisine. Une évacuation chaotique, avec des dizaines de kilomètres d’embouteillages côté ukrainien, qui préfigure une crise humanitaire de grande ampleur. Reportage de notre envoyé spécial.

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Troyes – Retour en images sur le rassemblement de ce matin pour la Paix en Ukraine


Rassemblement pour la Paix

Rappel


A TROYES

Aujourd’hui

11 H PLACE DE L’HÔTEL DE VILLE

Guerre en Ukraine : six vidéos détournées qui circulent sur les réseaux sociaux

Fact-checking

La première phase de l’offensive russe a donné lieu à des bombardements ciblant les bases et aéroports ukrainiens. De nombreuses vidéos de combats aériens circulent donc sur la toile. (Illustration) AFP/SERGEI SUPINSKY


Au premier jour de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, des dizaines d’images de combats antérieures au conflit ou issues de jeux vidéo ont été massivement partagées sur les réseaux sociaux.

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Fuir l’Ukraine de toute urgence : ces hommes et ces femmes qui laissent leur vie derrière eux

Des personnes venues d’Ukraine attendent de pouvoir passer en Pologne, près de la ville de Medyka, jeudi 24 février. Crédit : Reuters


Face à l’invasion russe en Ukraine, des habitants en proie au doute et à la panique indiquent à InfoMigrants chercher désespérément des moyens de quitter le pays. Mais la fuite vers les frontières est semée d’embûches.

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Les brèves de Jean sont de retour

L’actu sous la loupe de Jean Camus


L’Union Européenne un modèle ?

L’UE veut continuer à exporter des ampoules fluorescentes toxiques, bientôt interdites sur le vieux continent.

Trop énergivores (2 fois plus que les LED). Les LED réduiraient la consommation mondiale de 3% soit une baisse de 883 milliards d’euros sur la facture de consommateurs. Un impact sur le réchauffement climatique avec une économie de 3,5 milliards de tonnes de dioxyde de carbone entre 2025 et 2050, l’équivalent des émissions de toutes les voitures individuelles sur une année.

Trop dangereuses (mercure). Leur disparition en Europe permettrait d’éviter l’usage de 3 tonnes de mercure. Une évaluation à l’échelle mondiale: 325 tonnes de mercure d’ici à 2050.

36 pays africains ont déposé une interdiction totale de toutes ces lampes.

« Avec les interdictions en place en Europe, il existe un risque réel que les entreprises ciblent leurs exportations vers les pays en développement qui sont les moins capables de faire face à ces pollutions », une ONG internationale, CLASP.

HONTE A NOS DIRIGEANTS EUROPEENS ! Un vieux relent de ……..

Les inégalités colorent la vaccination 

Une enquête de l’INSERM (personnes vaccinées de + de 18 ans, en France métropolitaine, hors Ehpad, maisons de retraite, prisons)

Prévisibles, les écarts sociaux surprennent par leur ampleur:

Selon les catégories socio prof   en %

  •             Cadres et prof sup            83%
  •             Artisans                            77,3%
  •             Prof. intermédiaires         74,9%
  •             Ouvriers                           64,8%

Selon le niveau de vie     en %

  •             10è décile (les 10% les plus riches)       87,8%
  •             6 et 7è déciles                                        75,3%
  •             1er décile (les 10% les plus pauvres)     54,8%

Le manque de confiance envers le pouvoir politique et les scientifiques renforce les disparités sociales d’accès à la prévention.

Le Royaume-Uni va installer des caméras en France pour surveiller les traversées de migrants

Des policiers patrouillent sur la plage à la recherche de migrants à Wimereux, dans le Pas-de-Calais, le 17 novembre 2021.


Ce projet baptisé “Terminus” concerne “l’ensemble des communes du littoral”.

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Ukraine-Médias

La chaîne RT France, ce miroir déformant de la guerre en Ukraine

Par Natacha Tatu, L’Obs

RT a obtenu l’autorisation de diffusion en France en décembre 2017. (HUGO PASSARELLO LUNA / Hans Lucas via AFP)


La chaîne créée par Moscou se fait largement l’écho de la rhétorique du Kremlin. Mais pas seulement. Elle laisse aussi entendre des voix discordantes. Une propagande habile.

Faut-il interdire la diffusion de RT France, ce bras médiatique du Kremlin ? Depuis le début de la crise ukrainienne, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer la fermeture de la chaîne, considérée comme une pièce maîtresse du « soft power » russe. Au moins sa suspension.

Dans ce contexte de guerre, où l’information est évidemment stratégique, la question est brûlante. Le présentateur Frédéric Taddeï, qui avait rejoint la chaîne en 2018, vient d’ailleurs de décider d’arrêter son talk-show quotidien « Interdit d’interdire ». « Par loyauté envers la France, je ne peux pas continuer une émission de débat contradictoire à partir du moment où mon pays se retrouve en conflit ouvert avec la Russie », a-t-il expliqué dans l’émission « Buzz TV » sur le site du « Figaro ».

Guerre en Ukraine : notre dossier spécial

De son côté, Laurent Lafon, sénateur (UDI) du Val-de-Marne et président de la commission de la Culture, de l’Education et de la Communication de la chambre haute du Parlement, écrivait jeudi 24 février au matin, alors que le Kremlin venait de déclencher son offensive contre l’Ukraine, à l’Autorité de Régulation de la Communication audiovisuelle et numérique (Arcom, ex-CSA) en lui demandant de suspendre « sans délai » l’autorisation d’émettre accordée à RT France, qualifiée d’« organisme officiel en France de propagande de régime russe ». L’Arcom a réagi dans la journée, indiquant veiller « avec une particulière vigilance au respect par la chaîne RT France de ses obligations légales et conventionnelles » et ne pas exclure, en cas de manquements, « à demander la suspension de sa diffusion ». 

La France n’est pas la seule à s’inquiéter de l’influence de ce média, financé par Moscou et lancé en 2005 sous le nom de Russia Today, qui s’est développé un peu partout dans le monde, avec des sites en anglais, français, espagnol, allemand et arabe. En Grande-Bretagne, le Parlement a aussi saisi le régulateur. L’Allemagne, elle, a interdit la diffusion de RT-DE dès le 2 février, sur fond de tension entre les Occidentaux et Moscou. Officiellement pour d’obscures raisons juridiques.

Distorsion subtile de la réalité

En France, RT, accessible sur le câble, le satellite et le bouquet Free, est sous la loupe du régulateur de l’audiovisuel quasiment depuis qu’elle a obtenu l’autorisation de diffusion, en décembre 2017. En 2018, la chaîne a ainsi été mise en cause par le CSA pour des « manquements à l’honnêteté, à la rigueur de l’information et à la diversité des points de vue » pour son traitement de la guerre en Syrie, et notamment pour une traduction qui déformait les propos d’un témoin. En février, l’Arcom a lancé une enquête après la plainte d’une association, Médias Démocraties Europe, qui rassemble des citoyens inquiets « de l’honnêteté et de l’indépendance de l’information et des programmes de RT ». Sur Twitter, la chaîne est désormais affublée du bandeau « média affilié à un Etat ». « RT France n’a jamais été sanctionnée en quatre ans d’existence, a souligné un porte-parole de la chaîne. RT continue de couvrir l’actualité, notamment la Russie, de manière professionnelle et équilibrée. »

Vraiment ? Ce jeudi 24 février, quelques heures après la déclaration de guerre de Vladimir Poutine, « l’Obs » s’est plongé dans le traitement de l’offensive de Moscou sur la chaîne. Le résultat ? Ambigu. RT France accorde, c’est vrai, une place prépondérante au point de vue russe dans cette crise. Sur le plateau ou en duplex, des « experts » répètent en boucle les éléments de langage du Kremlin : « Tout est de la faute de l’Ukraine »« seules des cibles militaires ont été frappées, jamais les villes ni les populations civiles »« ce n’est pas une agression, la Russie n’a fait que se défendre »« les sanctions internationales ne changeront rien », « les militaires russes seront accueillis avec des colliers de fleurs ».

Parmi eux, Xavier Moreau, créateur du site d’information Stratpol.com, un ancien officier parachutiste reconverti dans le conseil en sûreté des affaires, proche de l’extrême droite et des milieux traditionalistes, selon le site Conspiracy Watch. Ou encore Morgan Palmer, un journaliste « consultant en intelligence stratégique », qui a touché à la politique au Cameroun et qui explique que « si les chars russes sont entrés en Ukraine, c’est à la demande des populations russophones du Donbass ». On a aussi droit à un micro-trottoir réalisé à Moscou qui donne sans réserve raison au maître du Kremlin.

Mais d’autres voix se font aussi entendre. Cet après-midi-là, Pierre Guerlain, professeur émérite d’études américaines, défend l’Ukraine et les positions du président américain Joe Biden. Gérard Vespierre, conférencier en géopolitique, dénonce sans ambages une agression inacceptable « vis-à-vis de l’ensemble de l’Ukraine par la Russie, dont les dirigeants n’ont pas compris que le monde de 2022 n’est pas celui des années 1930 ou 1940 ».

L’entretien avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui expose les positions françaises sur TF1, est largement rediffusé, tout comme l’intervention d’Emmanuel Macron. Sur le terrain, des journalistes donnent la parole à des Ukrainiens, qui protestent contre les manœuvres de Poutine et jurent qu’ils n’accepteront jamais de devenir russes. Mieux, la journaliste à Moscou évoque, brièvement c’est vrai, les manifestants qui se sont rassemblés dans la capitale russe pour protester contre l’invasion de l’Ukraine et leur dispersion par la police.

« RT France continue de couvrir l’actualité, les actualités internationales, notamment sur la Russie, de manière professionnelle et équilibrée et où tous les points de vue peuvent s’exprimer », a affirmé la direction de la chaîne dans un communiqué. Ce n’est pas totalement faux non plus. Dans ce un miroir légèrement biseauté, c’est une distorsion subtile, pas si évidente à démontrer, de la réalité.

Au service d’une « vérité alternative »

On est en tout cas loin de la propagande grossière de chaînes nationales russes comme « Pervii Kanal ». Pour cette « première chaîne » la plus regardée par les Russes, Kiev est carrément aux mains des fascistes. Le régime serait responsable d’un « génocide », des exactions insensées, jamais prouvées, sont évoquées, ainsi que des « purifications ethniques ». On y évoque des frappes chirurgicales, des combats dans le Donbass. Bref, un tissu de désinformations et de « fake news », répondant à une vieille vision fantasmatique russe, qui sont balancées sans preuves ni remise en question, dans une vision paranoïaque du monde.

Rien de tel sur RT. D’ailleurs, pour les dirigeants de la chaîne, oui, Moscou finance RT, tout comme Londres finance la BBC et Paris subventionne France 24. « Est-ce qu’on dit que France 24 est la voix de l’Elysée ? »,demandait ingénument Xenia Fedorova, qui dirige RT France, dans une interview au « Parisien » en 2019. La rhétorique est connue, elle est mise en avant par les dirigeants à chaque fois que la ligne éditoriale de la chaîne est questionnée.

Sur le papier, cela peut se défendre ; dans les faits, beaucoup moins. C’est vrai, France 24 a été conçue par Jacques Chirac pour « porter les valeurs de la France » dans le monde, contre la concurrence américaine… Mais sa ligne est beaucoup moins dans l’« éditorialisation » que celle de RT, délibérément créée comme un outil au service d’une « vérité alternative ». « Osez questionner » est le mot d’ordre de la chaîne. Convaincue que les « médias mainstream » ne prennent pas suffisamment en compte le point de vue russe, incompris et méconnu, RT France veut imposer une « autre vision du monde ». Hautement politique.

« Le coût d’une interdiction supérieur aux bénéfices »

Faut-il pour autant bloquer la chaîne ? L’efficacité d’une telle mesure reste à prouver. En Allemagne, RT a rétorqué qu’elle n’avait que faire de la décision de la suspension par les autorités, facilement contournable grâce à une licence serbe. En revanche, les représailles de Moscou n’ont pas tardé. La Russie a immédiatement fermé Deutsche Welle, la radio-télévision internationale allemande, qui diffuse des émissions de radio par ondes courtes, internet et satellite en trente langues ainsi que des programmes de télévision en quatre langues.

« Le coût d’une interdiction me parait à ce stade supérieur aux bénéfices à court et moyen terme », résume Maxime Audinet, un des meilleurs connaisseurs du sujet, auteur de « Russia Today, (RT), un média d’influence au service de l’Etat russe » (INA, 2021). Pour le chercheur, « c’est sans doute donner trop d’importance à la chaîne que de la présenter comme une menace pour notre système démocratique, notamment au regard de ses faibles audiences ».

Fermer RT, en revanche, c’est priver, à coup sûr, les Russes de ces voix alternatives que sont RFI, qui diffuse des programmes en langue russe, et France 24. Et risquer de voir se développer un canal d’information direct depuis Moscou, soumis, cette fois, à aucune régulation et nettement plus débridé… Pas sûr que la démocratie y trouve son compte.



Invasion de l’Ukraine par la Russie, le rôle crucial de la désinformation russe

Le président russe Vladimir Poutine s’adresse à la nation à Moscou, en Russie, le jeudi 24 février 2022. Les troupes russes ont lancé, jeudi 24 février 2022, leur attaque contre l’Ukraine. © Russian Presidential Press Service via AP



Alors que l’invasion russe se poursuit en Ukraine, la désinformation joue un rôle majeur dans le conflit. Moscou a utilisé cette arme de guerre hybride en amont de son offensive militaire. Une stratégie informationnelle mise en place par Vladimir Poutine pour appuyer son narratif et justifier cette entrée en guerre.

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Invasion de l’Ukraine par la Russie : les journalistes ne sont pas des cibles

Crédit : ARIS MESSINIS / AFP – Bombardement près de Kharkiv, 24 février 2022


Alors que les chars russes sont entrés sur le territoire ukrainien, les journalistes, premiers témoins, risquent d’être pris pour cibles. Reporters sans frontières (RSF) appelle les belligérants et les organisations internationales à assurer la protection des journalistes.

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États-Unis : l’exemple de Truth Social démontre la nécessité d’imposer aux réseaux sociaux une neutralité politique et idéologique

Crédit AFP


L’ancien président des États-Unis Donald Trump a lancé “Truth Social”, une plateforme qui affiche sa volonté de fédérer autour des valeurs chères à son fondateur. S’il est parfaitement légitime que les médias soient orientés, les plateformes numériques et les réseaux sociaux, qui structurent l’espace civique, doivent être astreints à une neutralité politique, idéologique et religieuse.

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À l’hôpital Américain, une infirmière victime de racisme tente de se suicider

ELLE EST QUALIFIÉE DE SINGE ET COMPARÉE À UNE ESCLAVE


Pendant des mois, Aïssata est harcelée, moquée et insultée par une collègue qui la traite de singe ou la compare à une esclave. Son supérieur, alerté, n’aurait rien fait. Un soir la jeune femme tente de mettre fin à ses jours.