Les histoires d’amour avec l’extrême droite finissent mal, en général

Berlin 1945



La jeunesse française serait de plus en plus encline à estimer qu’un pouvoir politique autoritaire serait souhaitable. Seul un jeune sur deux préfère sans réserve la démocratie aux autres systèmes politiques.

Quatre d’entre eux ont confié leurs motivations dans une enquête intitulée « Il nous faudrait un Poutine » : ces jeunes Français qui rêvent d’un pouvoir autoritaire.



Cette jeunesse semble ignorer que l’histoire, qu’ils connaissent trop mal, est têtue.

Quand les Allemands ont confié leur sort au nazisme et à Hitler, son leader, le 30 janvier 1933, ils ignoraient que, 12 ans et 3 mois plus tard, celui-ci se donnerait la mort avec sa compagne Eva Braun, qu’il venait d’épouser pour l’occasion.

Deux jours plus tôt, Intercepté le 26 avril par des partisans communistes près du village de Dongo (Italie), Mussolini était jugé et exécuté le 28 avril en compagnie de sa maîtresse Clara Petacci. 

Au procès de Nuremberg, Intenté par les forces alliées contre vingt-quatre hauts responsables nazis qui s’est tenu du 20 novembre 1945 au 1er octobre, douze des accusés, dont Hermann Göring, Wilhelm Keitel, Joachim von Ribbentrop et Ernst Kaltenbrunner, furent condamnés à mort. Les autres furent condamnés à des peines de prison allant de dix ans à la perpétuité.

On ne compte plus les dictateurs dont le sort ne fut pas plus enviable : Staline, Mao, Ceausescu, Saddam Hussein, Kadhafi ainsi que d’autres moins connus : Trujillo, Diem, Papa Doc et Baby Doc, Tito, Marcos, Stroessner… Bachar al-Assad, le “Boucher de Damas“ s’est réfugié à Moscou.



L’agonie mise en scène de Franco se voulut le feuilleton christique d’un Caudillo faisant don de sa personne à l’Espagne mais ne fut pas pour autant très ragoûtante, quoique largement saluée par ses victimes et leurs descendants.

Peu de dictateurs sont morts dans leur lit et la liste interminable de ceux-ci et de leur fin souvent tragique ou pour le moins mouvementée devrait être davantage enseignée dans les écoles.



On entend aujourd’hui toutes sortes de commentaires sur la paranoïa de Poutine qui ne daterait pas d’hier mais qui se sentirait suffisamment en danger pour avoir renforcé les protocoles de sécurité autour de sa personne.

Trump, qui joue son fier-à-bras, n’a-t-il pas déjà été victime de 5 tentatives d’assassinat en 10 ans ? Mais est-il le symptôme d’une époque violente ou en est-il aussi l’une des causes ?

Et qu’en est-il du sort des populations durant ces périodes funestes et celles qui s’ensuivent ? Combien de victimes ?  Quel prix doivent-elles payer pour retrouver un niveau de vie correct et pendant combien d’années vont-elles devoir endurer les conséquences de la folie des tyrans et despotes qu’elles ont portés au pouvoir ?

Malgré le vernis de ses candidats, de plus en plus craquelé cependant, l’extrême droite ne cache plus son projet : remise en cause de la démocratie et des droits fondamentaux, imposition de sa vision autoritaire de notre société. De plus en plus décomplexée, elle confirme chaque jour ses idées traditionnalistes et réactionnaires, son antiparlementarisme, son racisme, son islamophobie, son antisémitisme, son nationalisme son homophobie et son sexisme.

Avant même les élections municipales de 2026, on connaissait le bilan de la gestion des municipalités par l’extrême droite.

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Et pourtant, celle-ci ne cesse de progresser, multipliant par 3 le nombre de ses édiles en France et mettant en application ses sinistres promesses phares: le maire de Liévin supprime l’hommage du 1er Mai aux victimes de la catastrophe minière de 1974 ; à Carpentras, lors des commémorations du 8 Mai 1945, c’est l’hymne pétainiste « Maréchal nous voilà » qui résonne dans la ville ; la subvention au Planning familial est supprimée ; à La Flèche, le maire décroche le drapeau européen de la mairie ; à Vierzon, la municipalité annule la commémoration de l’abolition de l’esclavage du 10 mai ; à Carcassonne, le maire s’empresse de supprimer le drapeau européen, prendre un arrêté anti-mendicité, supprimer la subvention et le local de la LDH, couper le budget publicité et communication municipale dédié à trois journaux de presse locale accusés de « salir la ville et de manquer de neutralité » ; à Sainte-Savine, le chef de file de l’opposition RN au conseil municipal remet en cause les subventions à deux associations parce qu’elles « combattent les idées de certains d’entre eux » : la LDH pour son positionnement politique et ses appels à manifester contre le parti de Marine le Pen ainsi que le tiers lieu associatif Aux Adelphes qui « fait la promotion (sic) sur ses réseaux sociaux de la Palestine » et « organise dans ses locaux des réunions non mixtes, interdites aux hommes. » (Libération-Champagne jeudi 23 avril 2026)

Plus cette évolution ira en s’amplifiant, plus la France s’enfoncera dans une dérive mortifère que je ne veux vraiment pas pour mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Jeunesse, ressaisis-toi avant qu’il ne soit trop tard !

RD

Samuel Paty au Panthéon ? Débat.

Par Nicole François et Rémy Dufaut





Au moment où le livre « Le cours de Monsieur Paty » de Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, et le film « L’abandon » de Vincent Garenq, présenté au festival de Cannes, ravivent le sort tragique de ce professeur assassiné en octobre 2020, deux positionnements s’opposent au sujet de son éventuelle panthéonisation.

D’une part, un comité, composé d’enseignants, d’universitaires, d’historiens, de journalistes, de personnalités politiques, et de membres de sa famille, a lancé une requête pour demander l’entrée au Panthéon de Samuel Paty. Projet qui a l’appui du « Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République », et de l’ »Association des professeurs d’Histoire-Géographie-EMC ».

L’argumentation : « Panthéoniser Samuel Paty serait bien plus qu’un hommage à un homme. Ce serait reconnaître le courage discret des professeurs qui, chaque jour et sans protection, font tenir la promesse républicaine dont la laïcité est l’un des ciments ».

Adressée au Président de la République, cette demande vise à honorer celui que Robert Badinter avait qualifié, au lendemain de l’assassinat, de « héros de la laïcité ».

Un héros du quotidien, un héros discret de la nation.

Un héros ordinaire, un héros malgré lui.

Victime de la barbarie, Samuel Paty a exercé au péril de sa vie. Malgré les menaces, il a choisi de défendre et d’expliquer à de jeunes élèves le droit à la critique et à la liberté d’expression. Former à l’esprit critique, c’est une des missions du programme d’enseignement moral et civique.

L’entrée de Samuel Paty au Panthéon serait une manière pour l’État français d’affirmer son attachement à la liberté d’expression et à la laïcité.

Une entrée non pas à cause de ce qu’il a subi, mais à cause des valeurs qu’il incarnait et qu’il avait à cœur de transmettre.

Un geste fort pour rappeler à ceux qui sont encore tentés de dire « il n’aurait pas dû » que le blasphème n’existe pas en France, pays laïque (la loi concernant le délit de blasphème a été abolie en 1791) et pour répéter aussi, inlassablement, pas seulement aux jeunes, que dans l’école de la République, c’est la loi de la République qui s’applique, et non pas celle d’une religion quelle qu’elle soit, principe essentiel de la laïcité !



Le livre de Mickaëlle Paty (programme détaillé jour par jour)


 

« Il faut réfléchir à la question », a prudemment répondu Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale.

Certains espèrent, le cas échéant, que la panthéonisation de Samuel Paty se tienne dans l’établissement où il enseignait, le collège du Bois-d’Aulne rebaptisé « collège Samuel-Paty ». « Car il a beau avoir été un homme comme un autre, c’est bien d’un professeur qu’il s’agit et, à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. » 


D’autres historiens et professeurs d’histoire en désaccord avec ce projet estiment qu’il faudrait, dans ce cas, proposer la même chose pour les professeurs Agnès Lasalle et Dominique Bernard, assassinés eux aussi lors de leur mission d’enseignement, même si les circonstances sont différentes. Ils éprouvent un certain malaise face à « l’héroïsation » et préféreraient une prise de distance avec l’émotion suscitée par l’assassinat de leur collègue, en octobre 2020.



Plutôt que de faire du Panthéon un lieu d’hommage à Samuel Paty, ils attendent plutôt un signal clair de la République quant à la place d’une profession « de plus en plus maltraitée » par l’institution scolaire, notamment à travers les atteintes à la liberté pédagogique.


La pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et ouverte le 21 mai 2026 comptait alors 28 signatures (plus de 59000 à ce jour), avec un seuil de 100 000 signatures requis pour être mise en ligne sur le site de l’Assemblée. Mais elle est pour eux porteuse d’ambiguïté, lui reprochant notamment de « faire remonter dans la liste des signataires de la pétition des noms qui ne se sont jamais illustrés dans la défense d’une école émancipatrice ni même plus banalement des libertés publiques (Chevènement, E. Badinter, E. Philippe, A. Genetet, toute une brochette de « Sages » de la laïcité, etc). »


Ils font remarquer le risque de récupération politique de l’image de Samuel Paty par l’extrême droite notamment. Idée mise en avant par l’autre sœur de Samuel Paty, Gaëlle Paty, libraire à Marciac, qui refuse de vendre le livre « Le cours de Monsieur Paty » et est résolument contre la médiatisation de cet évènement si douloureux.

France-Algérie



« Pour la première fois de son histoire, le parti de Marine Le Pen a fait adopter un de ses textes à l’Assemblée. Une proposition de résolution pour dénoncer l’accord de 1968 avec l’Algérie, votée avec les voix de la droite Les Républicains et Horizons, mais aussi grâce à l’absentéisme de la plupart des députés macronistes. » (Médiapart 30 octobre 2025)



À une voix près, les députés français ont adopté une proposition de résolution soumise par l’extrême droite pour dénoncer l’accord franco-algérien de 1968.

Coup de tonnerre à l’Assemblée nationale française : les députés ont adopté, par 185 voix contre 184, une proposition de résolution du Rassemblement national (extrême droite) visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968, avec l’appui du parti de droite Les Républicains (LR) mais aussi Horizons, mouvement fondé par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe qui, en 2023, avait déjà surpris en se prononçant pour une abrogation de l’accord.



La résolution votée ce jeudi 30 octobre, qui n’est pas une loi, demande aux «autorités en ayant la compétence» de dénoncer l’accord de 1968 qui prévoit un régime spécial pour les Algériens en matière d’immigration et de séjour en France.

Un texte sans valeur normative, mais hautement symbolique. L’Assemblée nationale a adopté ce jeudi 30 octobre une résolution visant l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui prévoit un régime spécial pour les Algériens en matière d’immigration et de séjour en France. Le texte déposé par le Rassemblement national, et examiné à l’occasion de sa niche parlementaire, demande aux «autorités en ayant la compétence» de «dénoncer les accords franco‑algériens du 27 décembre 1968», c’est-à-dire d’y mettre un terme unilatéralement.



L’adoption par l’Assemblée nationale, mais sans effet immédiat, de la résolution déposée par le Rassemblement national demandant la dénonciation des accords franco-algériens de 1968 met-elle en danger ce texte historique ? Comment ces accords régissant le statut spécifique des ressortissants algériens pourront-t-ils être renégociés ?



« Nous sommes face à un argument idéologique brandi par une partie de la classe politique française ».

L’accord franco-algérien sur l’immigration de 1968 a été dénoncé jeudi 30 octobre par les députés de l’Assemblée nationale française. L’argument du Rassemblement national (RN), qui a introduit la proposition de résolution, et de tous ceux qui l’ont votée, est que cet accord est “avantageux” pour l’immigration algérienne.

Faux, répond l’historien Benjamin Stora, faits documentés à l’appui. Dans un entretien au média français La Voix du Nord, le grand spécialiste de l’histoire de l’Algérie explique que cet accord a été vidé de sa substance et n’est plus aussi avantageux pour les Algériens comme on le présente. 



Bruno Retailleau, héritier d’une tradition algérophobe.

Les observateurs de la vie politique française qui ont cru discerner dans le discours de Bruno Retailleau à l’égard de l’Algérie une nouveauté se sont trompés,  explique l’historien Alain Ruscio : l’ex-ministre de l’Intérieur entretient  de fait une tradition « Algérie française » bien ancrée, qui a survécu aux années.



Quel pari fait Donald Trump en bombardant directement l’Iran ?



En donnant l’ordre de bombarder des sites nucléaires iraniens, Donald Trump a fait le pari de la force plutôt que celui de la diplomatie. Ce virage stratégique de Washington face à Téhéran a des conséquences difficiles à mesurer pour les experts.



Frappes américaines en Iran : Guterres tire la sonnette d’alarme et dénonce « un tournant périlleux »


« Le régime de non-prolifération nucléaire, qui sous-tend la sécurité internationale depuis plus d’un demi-siècle, est en jeu », met en garde le chef de l’AIEA.

Le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence dimanche à New York pour une session extraordinaire consacrée aux « menaces contre la paix et la sécurité internationales », alors que le Moyen-Orient sombre dans une escalade militaire sans précédent entre Israël, l’Iran et désormais les États-Unis.



De Gaza à l’Iran. Quand les démocraties poussent à la guerre


Le dernier round du prétendument inéluctable « choc des civilisations », entre la « civilisation judéo-chrétienne » et le monde islamique, se jouerait avec l’entrée en lice des États-Unis pour soutenir l’attaque israélienne contre l’Iran. Certes, nous explique-t-on, Tel-Aviv dispose également de la bombe atomique et d’un programme nucléaire qui n’a jamais été contrôlé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Mais, voyez-vous, contrairement à la République islamique, Israël est une démocratie, qui plus est occidentale – que l’on excuse le pléonasme. 



Pourquoi tout ce que les Israéliens pensent savoir sur l’Iran est faux


Pour Lior Sternfeld, historien de l’Iran moderne, les fantasmes israéliens de changement de régime ignorent les réalités de la République islamique et risquent de répéter des erreurs historiques. L’entretien a été réalisé le 20 juin 2025 par Orly Noy, du magazine Local Call (dont la version en anglais est +972), deux jours avant l’attaque des États-Unis contre l’Iran.



La « rhinocérite », ou comment le pouvoir banalise l’inacceptable


En revenant sur une multitude de faits accumulés ces derniers mois, une logique se dégage : celle de l’abandon des principes fondamentaux de notre République, des droits humains, du droit international. Sans fracas, l’affreuse contagion gagne.

France: les députés unanimes pour élever Alfred Dreyfus au rang de général de brigade



L’Assemblée nationale a approuvé à l’unanimité, ce lundi 2 juin, une proposition de loi de Gabriel Attal « élevant Alfred Dreyfus au rang de général de brigade ». Cet « acte de réparation » vise à parachever sa réhabilitation, 130 ans après sa condamnation.

Seule dissonance : le groupe MoDem était absent lundi, n’entendant pas « permettre à certains d’acheter à peu de frais, et sur la mémoire d’Alfred Dreyfus (…), un brevet d’honorabilité », comme il l’a expliqué dans une tribune au Figaro la semaine dernière.



Alfred Dreyfus : réhabilitation ou réparation ?

L’Assemblée a adopté la loi portée par Gabriel Attal pour élever Alfred Dreyfus au rang de général de brigade à titre posthume. Voté à l’unanimité, ce texte marque une nouvelle étape dans la réhabilitation de l’officier, mais aussi et surtout une réparation pour le préjudice subi dans sa carrière.



L’islamophobie aujourd’hui en France



Le meurtre d’Aboubakar Cissé le vendredi 25 avril 2025, à la mosquée de la Grand-Combe (Gard) a remis au premier plan de l’actualité la question de l’islamophobie. La LDH a appelé dès le dimanche 27 avril 2025 avec la Fage, la Mrap, le Raar, SOS Racisme et l’Unef à un rassemblement silencieux le jour-même à Paris pour lui rendre hommage.

Durant celui-ci, auquel se sont jointes plus de 1000 personnes de la société civile et des partis politiques, certaines tensions se sont cristallisées autour de ce sujet.

Par la suite, Le Comité National de la LDH a déclaré:

« Les membres de la LDH sont appelés à la vigilance sur la volonté qui s’exprime de disqualifier la notion d’islamophobie, par exemple en lui prêtant faussement une origine fondamentaliste iranienne, dans l’objectif politique de revendiquer la stigmatisation des musulmans. Le combat contre l’islamophobie est à relier à la défense de la laïcité ; il ne doit pas devenir un enjeu partisan, raison pour laquelle la LDH n’appellera pas à manifester le 11 mai, mais tentera de mobiliser avec ses partenaires de la société civile contre l’islamophobie, l’antisémitisme et le racisme. ».

Les questions relatives à l’islamophobie sont loin d’être nouvelles et suscitent depuis fort longtemps un débat passionné.

Il y a 10 ans, le journal Le Monde, constatant que les actes antimusulmans avaient doublé en janvier par rapport à l’année précédente, demandait: « L’islamophobie est-elle punie par la loi ? »

En 2016, le journal Orient XXI écrivait, sous le titre « Islamophobie », un mot, un mal plus que centenaires:

« L’hostilité systématique à l’égard de l’islam est très anciennement ancrée dans la pensée occidentale. D’essence chrétienne, elle prend sa source dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale et, après un temps de latence, reprend vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Le mot « islamophobie » qui l’illustre a, quant à lui, une centaine d’années. Si désormais, au nom de la défense de la laïcité, certains intellectuels français très médiatiques ne craignent pas d’assumer la bêtise haineuse qu’il recouvre, d’autres, heureusement, s’emploient à la dénoncer. »

L’année d’après, le journal Libération posait la question de ce qu’est l’islamisme. En conclusion, Myriam Benraad, qui se qualifie de «déconstructiviste», interrogeait: «Quand on parle d’islamisme, est-ce qu’on parle de mouvement, de doctrine, d’idéologie ? Est-ce qu’on peut considérer qu’un mouvement puritain comme le salafisme quiétiste est islamiste ? Jusqu’où la définition est-elle politique ?» et estimait que, si l’on veut aujourd’hui lutter efficacement contre le terrorisme, il faut dépasser les querelles entre des analyses «pas si contradictoires, et même complémentaires».

En 2018, Alain Policar, chercheur associé en science politique (Cevipof) à Sciences Po publiait dans The Conversation, journal fondé par un panel universitaire français, un article intitulé « De la mauvaise défense de l’« islamophobie » dans, lequel il s’inquiétait que la « France autorise, voire valorise, l’expression d’un inquiétant malaise face à l’altérité que les oripeaux « républicains » ne parviennent plus à dissimuler. »

Libération demandait sous la plume d’Henri Peña-Ruiz : « A-t-on vraiment le droit d’être islamophobe ? »

Un an plus tard, toujours dans Libération, le philosophe Pierre-André Taguieff revenait « sur les origines d’un concept qu’il a[vait] contribué à forger. Selon lui, les usages polémiques discutables du terme ne doivent pas empêcher de reconnaître qu’il désigne un véritable problème : la collusion entre des groupes d’extrême gauche et des mouvances islamistes de diverses orientations. »

En 2020 Chloé Leprince sur France Culture tentait de retracer « la vraie histoire du mot ».

Le CCIE (Le Collectif Contre l’Islamophobie en Europe) publie chaque année son Rapport annuel sur l’islamophobie en Europe. En 2024, il constate la persistance de l’islamophobie et propose 12 recommandations pour la combattre.

Libération signale 173 actes antimusulmans signalés aux autorités et constate qu’ « après une hausse en 2023, les faits racistes envers les musulmans recensés par le ministère de l’Intérieur ont diminué de près d’un tiers en 2024.« 

Au total, 79 actes antimusulmans ont été recensés en France entre janvier et mars 2025, selon la Direction nationale du renseignement territorial, soit une hausse de 72 % par rapport au premier trimestre de 2024. Le ministère de l’Intérieur lui-même reconnaît que ces chiffres sont largement sous-évalués.

RD

« Murmuration » de Jean Lefèvre

A ne pas manquer la semaine prochaine


Sous fond de guerre d’Algérie, le 17 octobre 1961, la police française massacrait les Algériens manifestant à Paris contre le couvre-feu. 

Au lendemain de ce massacre l’annonce officielle est de « 3 morts et 64 blessés »… la réalité ? des centaines de morts, de blessés, plus de 12000 personnes raflées, parquées pendant plusieurs jours dans des camps improvisés…

N’eut été le travail acharné d’enfants de manifestants du 17-Octobre, de collectifs et de figures comme Jean-Luc Einaudi, la vérité serait restée étouffée par le pouvoir français.

Plus de 60 ans après, la reconnaissance de ce massacre ne semble pas encore pleinement actée. 

Historien, chercheur associé à l’Institut d’histoire du temps présent et auteur de l’ouvrage, Fabrice Riceputi apporte son éclairage sur ce qu’il qualifie d’un « crime d’État ».

L’extrême droite, c’est quoi ? Réponse par l’histoire



Le Rassemblement national a raté son pari de rafler la majorité absolue à l’Assemblée nationale lors des élections législatives de 2024. Ce parti n’en est pas moins, désormais, le plus puissant de France… Retour sur ses origines avec notre journaliste François Reynaert, aussi connu sous le nom d’ « Oncle Obs ».



Le NAZISME est-il au cœur de notre MODERNITÉ?


Le mythe du policier guerrier



Héroïsation de la figure policière, glorification de l’action violente, occultation des principes élémentaires de l’état de Droit, le phénomène dépasse le folklore. Pour Au Poste, historiens et chercheurs sur la police le décortiquent.

Faut-il en rire ou en pleurer ?


Donald Trump nage en plein délire sur Kamala Harris «devenue noire»


Dans un entretien accordé à des journalistes afro-américaines, le candidat à la Maison Blanche a pointé du doigt mercredi 31 juillet le prétendu changement d’identité de sa rivale. Cette dernière lui a répondu avec calme quelques heures plus tard.

Kamala Harris serait-elle «devenue noire» pour des raisons électoralistes ? Pour le candidat républicain Donald Trump, cela ne fait aucun doute. Lors d’un entretien accordé à l’Association nationale des journalistes noirs à Chicago, mercredi 31 juillet, l’ancien président a remis en cause l’identité raciale de sa nouvelle rivale démocrate. «Elle était indienne à fond et tout d’un coup, elle a changé et elle est devenue une personne noire», a-t-il déclaré.



Cérémonie d’ouverture des JO : Louise Michel était-elle une terroriste, comme l’affirme le sénateur LR Stéphane Le Rudulier ?


La statue de Louise Michel, érigée sur la Seine lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, n’a pas manqué de faire réagir Stéphane Le Rudulier qui avance qu’elle était une «terroriste de la pire espèce». Un qualificatif à rebours de l’analyse des historiens et historiennes.



Méprise sur le dangereux saboteur


Le dangereux saboteur d’ultra-gauche en possession d’un livre émeutier était un étudiant qui voulait faire du graffiti.

«Attaques contre le réseau SNCF : un militant d’ultragauche arrêté sur un site ferroviaire en Normandie» ont titré les médias dominants à l’unisson il y a deux jours. Les autorités avait fait fuiter cette info sensationnaliste : la police tenait enfin un saboteur d’ultra-gauche, après les incendies de câbles de la SNCF le jour de la cérémonie d’ouverture des JO. Des actes largement instrumentalisés par le gouvernement.



Les évêques gardiens de leurs bonnes mœurs


Philippe Katerine/Dionysos s’est fait crucifier par des évêques pourfendeurs de l’hédonisme, qui ont confondu bacchanale et eucharistie. Absence de culture ou volonté de se victimiser, l’un d’entre eux a même commandé à tous les prêtres de son diocèse la tenue de « messes de réparation ». Il pourra en ajouter 216 000 pour les victimes directes de ses collègues ecclésiastiques.

Le nouvel impérialisme colonialiste




Ukraine: Russification forcée de l’enseignement dans les zones occupées


Imposition d’un programme scolaire russe et propagande anti-ukrainienne.

  • Les autorités russes imposent le programme scolaire russe et font la propagande du Kremlin dans les écoles ukrainiennes des zones occupées, et ont exercé des représailles contre les enseignants s’ils refusent d’appliquer le programme russe imposé.
  • La Russie devrait mettre un terme à toutes les mesures visant à russifier le système éducatif ukrainien ; les autorités ukrainiennes et les bailleurs de fonds étrangers devraient travailler avec la société civile pour maintenir les enfants connectés à l’apprentissage sous occupation ou pendant les déplacements.
  • Les lois de la guerre exigent d’une puissance occupante qu’elle rétablisse les services dans le territoire occupé mais lui interdisent d’imposer ses propres lois, notamment en matière d’éducation.

Dans les écoles des régions d’Ukraine occupées par la Russie, les autorités russes imposent des programmes scolaires russes enseignés dans cette langue et ont supprimé tout curriculum enseigné en ukrainien, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui



« Effacer l’identité même de ce peuple » : en Chine, des centaines de villages ouïghours renommés de force


D’après l’ONG Human Rights Watch, des centaines de noms de villages ont été changés dans la région où vivent les Ouïghours.

Des noms de villages ont été effacés dans le Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, la région où vivent les Ouïghours. Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch, publié mardi 18 juin, des changements seraient intervenus dans 3 600 localités sur les 25 000 que compte la région, avec des évolutions à la marge qui passent par la ponctuation ou l’orthographe. Mais au moins 630 de ces villages auraient totalement changé de nom, notamment ceux qui se référaient directement à la culture et à l’histoire ouïghoure

Le Front populaire a-t-il donné les pleins pouvoirs à Pétain, comme l’affirment des comptes d’extrême droite ?



La coalition de gauche élue en 1936 a pris fin en 1938. Si des anciens élus de ce mouvement ont pu participer au vote du 10 juillet 1940, la plupart d’entre eux se trouvaient à droite de l’échiquier politique.

Près d’un siècle après le Front populaire de Léon Blum, les principaux partis de gauche se sont alliés au sein d’un Nouveau Front populaire afin de faire barrage à l’extrême droite aux élections législatives anticipées convoquées par Emmanuel Macron. Mais déjà, certains internautes raillent l’intitulé de cette alliance, invoquant l’histoire : « Quel nom funeste ! C’est le Front populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain », assure une utilisatrice sur le réseau social X. Une théorie aussi avancée par Pierre Sautarel, fondateur du site identitaire Fdesouche.

C’est « une formulation injuste historiquement et politiquement », résume Serge Wolikow

Premier mai, jour de fête jour de lutte

1er mai : les origines de la Fête du travail

Traditionnellement, chaque 1er mai, les syndicats défilent partout en France. Mais cette tradition, qui remonte à 1890, n’est pas française mais américaine.

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/1er-mai-les-origines-de-la-fete-du-travail

Le défilé des travailleurs du 1er mai est né aux États-Unis avant de s’établir en France à la fin du XIXe siècle.

Chaque 1er mai aux États-Unis, c’était la tradition, on renouvelait les contrats de travail, mais ce n’est qu’en 1886 que les premiers syndicats ouvriers eurent l’idée d’organiser des manifestations. Malheureusement, ces premiers défilés tournèrent au drame. A Milwaukee, la police tira sur le cortège provoquant plusieurs morts. Le 4 mai suivant, à Chicago, en protestation à ces violences, une manifestation allait de nouveau être organisée, et être également violemment réprimée. Cette fois-ci, c’est une bombe qui explosa tuant onze ouvriers et blessant des centaines d’autres manifestants. Un drame qui allait stigmatiser le monde du travail pour de longues années. En 1897, avant d’être pendu, le leader du mouvement de Chicago, August Spies, ouvrier anarchiste, s’écriera : « Un jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui. »

Le 1er mai en France

En 1889, à Paris, au congrès de la deuxième Internationale socialiste, on suggère, en hommage aux victimes américaines, de faire du 1er mai une journée de lutte pour la défense des droits des travailleurs. Les premiers défilés sont organisés l’année suivante. Comme aux États-Unis, ces premières manifestations allaient dégénérer place de la Concorde à Paris. L’année suivante à Fourmies, dans le Nord, on allait dénombrer neuf morts dans la manifestation ouvrière, dont deux enfants et plusieurs dizaines de blessés. Le 1er mai serait désormais associé à l’idée de lutte des classes.

Il faudra attendre 1947 pour qu’une loi décrète ce jour férié et chômé en France. Le premier 1er mai chômé aura lieu l’année suivante.

La France condamnée par la CEDH pour les mauvaises conditions de vie des harkis dans les camps d’accueil dans les années 1960 et 1970


Les juridictions administratives françaises avaient déjà estimé que la responsabilité pour faute de l’Etat était engagée et la France a déjà versé 15 000 euros en réparation des préjudices matériel et moral subis.

Lire ICI

L’Assemblée vote une résolution condamnant le massacre d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961


L’Assemblée nationale a approuvé jeudi une proposition de résolution qui « condamne la répression sanglante et meurtrière des Algériens commise sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon le 17 octobre 1961 », au cours de laquelle entre une trentaine et plus de 200 manifestants pacifiques sont morts, selon les historiens.

Lire ICI


17 octobre 1961 : l’Assemblée ne reconnaît toujours pas le crime d’Etat

Un première réussite pour le collectif aubois de veille « lutte contre les extrêmes-droites »

Une salle comble/photo MB


En guise d’introduction à la conférence de ce vendredi 22 mars, sur laquelle nous reviendrons prochainement, Hubert Bruneel, membre du collectif et secrétaire de la section de l’Aube de la LDH a tenu à rappeler nos objectifs en ces termes:

Bienvenue à toutes et à tous et merci d’avoir répondu à l’invitation de notre collectif.

Depuis plusieurs années nous sommes confrontés à un contexte grave, attentatoire aux libertés,qui appelle à la vigilance, à l’alerte et à l’action.

Les extrêmes-droites en France, comme dans d’autres pays, ont toujours assimilé la défense des libertés publiques, la lutte contre les injustices et les discriminations et la défense des droits humains à une forme de subversion antinationale qu’il convenait d’éradiquer, n’hésitant pas à recourir à la violence dans le discours et dans les actes.

L’histoire a montré que les extrêmes-droites avaient pu accéder au pouvoir, soit par la voie des urnes, soit par celle de la force, mais qu’elles l’avaient toujours pris en s’affranchissant de la démocratie et des libertés publiques.

Depuis plusieurs années le FN, transformé en RN, s’est engagé dans une stratégie de respectabilité, qui favorise sa reconnaissance par le public et contribue à la banalisation d’opinions contraires à l’Etat de droit et au respect des droits fondamentaux. Dans le même temps, des groupes, des associations, des partis et des groupements d’extrêmes-droites agissent.

Dans une démocratie digne de ce nom, l’Etat se doit d’agir contre la montée du fascisme et pour défendre les libertés de tous les citoyens.

Le département de l’Aube n’échappe hélas plus aux marches des néo-nazis et aux concerts de groupes se revendiquant « aryens ». Chacun sait qu’aucun territoire n’est à l’abri de ces très dangereuses dérives qui annoncent la perspective d’un avenir extrêmement sombre.

Autant de raisons pour s’unir et agir ensemble.

Ce constat incite à la plus grande vigilance et à l’alerte. C’est pourquoi la LDH a mis en place des cellules de veille au niveau national dans chacune de ses sections.

La cellule de veille de la section LDH de l’Aube a proposé de constituer un collectif sur le département. Elle a sollicité toutes les organisations qui défendent les libertés, associations, syndicats, partis politiques, collectifs et les citoyens désireux de se joindre à eux.

Ensemble, nous avons décidé de constituer le Collectif aubois de veille pour lutter contre les extrêmes-droites, dans une approche transpartisane, pour agir, réagir de façon concertée et faire face aux extrêmes-droites, à leur propagande, à leurs intimidations et à leurs exactions.

Ensemble nous avons défini les objectifs, l’organisation du collectif ainsi que ses modalités de fonctionnement et mettons en place des relais dans les quartiers et les territoires pour élargir le réseau des veilleurs.

Ensemble, nous nous organisons et nous donnons les moyens pour :

  • documenter la totalité des faits et des actions concernant les agissements des extrêmes-droites, leurs actions contraires aux droits fondamentaux, leur posture et leur communication visant à faire l’apologie du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie et de toutes les formes de discriminations et à les banaliser, à travers une action de veille partagée et coordonnée.          
  • mettre en place des relais dans les quartiers et les territoires pour élargir le réseau des veilleurs.
  • partager l’information au sein du collectif.
  • agir concrètement pour en finir avec les idées fausses des extrêmes-droites, pour dénoncer leur duplicité, leurs agressions verbales et physiques, leurs actes répréhensifs et contraires à la loi, leurs atteintes aux droits et aux libertés
  • communiquer auprès des publics.

Ce sont les raisons pour lesquelles nous avons invité Jonathan Preda, enseignant et historien, qui est actuellement doctorant à l’Institut Français de Géopolitique. Il consacre ses travaux à l’étude de l’extrême-droite en France. Nous le remercions d’avoir accepté de nous présenter ses recherches et ses connaissances. Nous lui laissons le soin de se présenter.


Le conférencier, Jonathan Preda, enseignant agrégé en histoire-géographie et doctorant à l’Institut Français de Géopolitique/photo MB

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