SOS Méditerranée alerte sur la hausse des violences en mer contre les migrants et les navires de sauvetage.
Secourus en haute mer par l’ONG française, des rescapés témoignent d’un cycle de violences sans fin depuis leurs pays d’origine jusqu’à la Méditerranée.
« Des bateaux ont été observés procédant à des interceptions violentes, notamment en percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger ».
En août, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait que le nombre de décès de migrants en Méditerranée centrale avait fortement augmenté, alors que le nombre de migrants est en baisse en raison de politiques européennes plus strictes.
Environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta en 24 heures.
Pour la seule journée de jeudi, environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta, selon les autorités de l’enclave espagnole, soit « 70% de la population locale ». Du jamais vu. Dans le même temps, au moins 43 personnes sont mortes en tentant d’entrer sur ce petit bout de terre espagnol. Le Premier ministre espagnol était attendu sur place dans la journée.
Plus de 37 500 personnes sont déjà rentrées au Maroc, selon le gouvernement espagnol.
Selon le président de Ceuta, plus de 60 000 personnes avaient franchi la frontière entre l’enclave espagnole et le Maroc en quelques heures. Au moins 34 personnes sont mortes en tentant de rejoindre le territoire de 80 000 habitants.
L’émigration marocaine n’est pas un phénomène nouveau.
Sur 32 millions de Marocains, 10 % vivent aujourd’hui à l’étranger. Le taux d’émigration annuel est d’environ 3,77 pour mille habitants.
85 % des Marocains qui résident à l’étranger habitent en Europe (chiffres variables selon les sources) : 1,2 million en France, 550 000 en Espagne, 380 000 en Italie, 280 000 aux Pays-Bas, 130 000 en Allemagne. Loin derrière, avec 9 %, viennent les pays du Golfe Persique, dont les forts besoins en main-d’œuvre drainent des travailleurs de tout le monde arabe, puis le continent américain, avec 6 %.
L’émigration permet également de soulager une économie encore assez fortement affectée par le chômage et le sous-emploi (9 %, mais plus de 20 % chez les jeunes de 15-24 ans). Toutefois, elle prélève également du capital humain de plus en plus qualifié. Dans les années 1960, les émigrants marocains diplômés du supérieur représentaient 1 % des départs ; dans les années 1990, c’était presque 16 %.
Enfin, les migrations marocaines ne sont pas équivalentes dans l’espace. La région du Rif, au nord du pays, a fourni près du tiers de l’ensemble des émigrés. On estime que 40 % de la population rifaine a quitté le pays pour l’Europe, surtout septentrionale (de la Belgique aux pays scandinaves).
Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’externalisation de la gestion des frontières.
Ceuta : plus de 37 500 migrants déjà rentrés au Maroc, l’UE ne constate pas de flux de migrants «vers le continent européen».
Alors que des dizaines de milliers de ressortissants marocains traversent depuis plusieurs jours la frontière qui mène à l’enclave espagnole, dans le nord du Maroc, ils sont presque 40 000 à avoir déjà fait le chemin en sens inverse. Il s’agit de l’arrivée de migrants la plus importante depuis 2021.
Cela devrait contribuer à calmer un peu les ardeurs xénophobes des extrêmes droites européennes.
Marine Le Pen, Jordan Bardella et Éric Zemmour se sont empressés de parler d’« invasion », de « tsunami » ou de « submersion sans remède » dans les médias. Bruno Retailleau a enchaîné en incriminant la responsabilité du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. De son côté, Giorgia Meloni et d’autres leaders nationalistes européens exigent l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen. Le ministère de l’Intérieur français a annoncé avoir « donné des instructions pour renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole ».
La haine qui leur ferme les yeux les empêche de percevoir l’urgence humanitaire qui découle de cet événement et la nécessité d’une aide solidaire et coordonnée au niveau européen, plutôt que cet éternel repli nationaliste. Elles et eux ne parviennent pas à se défaire de l’instrumentalisation des souffrances et des amalgames xénophobes visant à exploiter les flux migratoires à des fins bassement électorales.
Plus de 30 000 décès ou disparitions ont été recensés en Méditerranée depuis 2014 par le projet Migrants disparus de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre ne cesse de croître.
Au moins 27 migrants sont décédés dans deux naufrages distincts près des îles Kerkennah, à l’est de la Tunisie, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2025. Parmi les victimes figurent des femmes et des enfants, ont fait savoir les autorités.
Naufrage dans la Manche : un 5e corps retrouvé à Calais en moins de 24h
Un cinquième corps a été retrouvé en mer mercredi après-midi, au large de Calais, quelques heures après la découverte de quatre autres corps. En une semaine, neuf cadavres ont été retrouvés dans la zone de Calais, au large ou sur le littoral. Les dépouilles « difficilement identifiables », vont maintenant être autopsiées.
Mer Méditerranée : l’Ocean Viking et le Sea-Eye 5 secourent 288 migrants
L’ONG Sea-Eye, qui a enchaîné mardi cinq sauvetages de bateaux de migrants au large des côtes italiennes, alerte sur un « état d’urgence » en mer Méditerranée.
Des hommes cagoulés et armés sèment la panique pendant un sauvetage de l’Ocean Viking
Lors d’une opération de secours de l’ONG SOS Méditerranée, mardi, deux hommes armés, cagoulés, arrivés sur les lieux à bord de deux vedettes, sont montés sur l’embarcation des exilés, créant un vent de panique. Plusieurs personnes se sont jetées à l’eau.
UE : Les nouveaux dirigeants devraient défendre le droit d’asile en Europe
Les États membres de l’Union européenne devraient renoncer aux systèmes d’externalisation du traitement des demandes d’asile.
L’Union européenne (UE) et ses États membres devraient garantir le droit d’asile territorial en Europe, ont affirmé Human Rights Watch et 94 autres organisations dans une déclaration conjointement publiée aujourd’hui. Les tentatives récentes et croissantes de plusieurs États membres de l’UE d’externaliser le traitement des demandes d’asile et de protection des réfugiés dans le cadre de contrats avec des pays non membres de l’UE – comme l’accord entre l’Italie et l’Albanie portant sur les migrations – contreviennent à leurs responsabilités légales envers les personnes ayant besoin de protection.
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La route migratoire vers les Îles Canaries (Espagne) est désormais l’une des principales voies d’entrée en Europe, malgré sa dangerosité. Le nombre de décès et de disparitions ne cesse de s’accroître, aggravant un bilan humain déjà très lourd. L’utilisation croissante de cette route mortelle s’explique notamment par la militarisation des frontières et l’externalisation de la politique migratoire de l’Union européenne.
L’année 2023 a été l’année la plusmeurtrière le long des routes migratoires à travers le monde au cours des dix dernières années, avec 8 565 décès comptabilisés en mer, selon l’Organisation Internationale de la Migration (OIM). Près de 60% des décès sont liés aux noyades.
La route vers les Îles Canaries, ou « route Atlantique », ne fait pas exception. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 6 000 personnes migrantes ont perdu la vie ou sont portées disparues sur cette route vers l’archipel espagnol rien qu’en 2023. De nombreux « naufrages invisibles » se produisent, au cours desquels les bateaux partant des côtes ouest-africaines disparaissent avec leurs passagers sans laisser de trace. En 2023, 84 bateaux ont ainsi disparu corps et biens, ce qui rend difficile la comptabilisation du nombre réel de victimes.
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Une soixantaine d’hommes, de femmes et d’enfants sont morts en Méditerranée, en tentant de rejoindre l’Europe depuis la Libye, selon les témoignages de 25 rescapés secourus par le navire-ambulance Ocean Viking. Ces migrants avaient lancé plusieurs appels de détresse, indique SOS Méditerranée.
Les personnes disparues en mer voyageaient à bord d’une embarcation partie de Libye. Le navire ambulance de l’Ocean Viking, avec 224 rescapés à son bord recueillis lors de trois sauvetages successifs, fait route ce jeudi 14 mars vers un port sûr, sur la côte italienne.
Données à l’appui, l’association de sauvetage SOS Humanity révèle qu’au cours de l’année passée, les navires de secours en Méditerranée ont perdu 374 jours à effectuer des longs trajets pour rejoindre des ports de débarquement italiens au lieu de rester en mer pour porter assistance aux canots en détresse. En cause, les obstacles que le gouvernement italien leur impose, déplorent les ONG.
Après une dangereuse traversée de la Méditerranée, et parfois des mois voire des années difficiles en Libye ou en Tunisie, c’est le début d’une nouvelle vie pour les migrants débarqués en Italie. Que se passe-t-il pour ces exilés ? InfoMigrants fait le point.
Plusieurs associations dénoncent le durcissement du projet de loi immigration par la chambre haute. Le texte devrait être examiné par l’Assemblée en décembre.
La traversée de la Méditerranée coûte chaque année la vie à plusieurs milliers de personnes. Contrairement à l’idée reçue, de nombreuses femmes se lancent aussi dans ce dangereux voyage pour espérer se (re)construire en Europe.
Dans une tribune à « l’Obs », deux sociologues rappellent que le recours au référendum ne se réduit pas à une simple technique institutionnelle : il mobilise et constitue le peuple-souverain qui peut tomber dans le piège de sa toute-puissance.
Depuis mardi, les images de Lampedusa montrant des files de canots attendant au port de l’île et une foule de migrants dans le centre d’accueil affluent sur les réseaux sociaux. Mais au fur et à mesure que la pression retombe, d’autres images, plus positives, fleurissent sur Internet : notamment celle d’un militaire italien tenant dans ses bras une fillette ou encore de migrants dansant sur du Bob Marley lors d’un concert dans les rues de Lampedusa. InfoMigrants revient sur ses scènes vécues sur l’île italienne ces derniers jours.