Au moment où le livre « Le cours de Monsieur Paty » de Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, et le film « L’abandon » de Vincent Garenq, présenté au festival de Cannes, ravivent le sort tragique de ce professeur assassiné en octobre 2020, deux positionnements s’opposent au sujet de son éventuelle panthéonisation.
D’une part, un comité, composé d’enseignants, d’universitaires, d’historiens, de journalistes, de personnalités politiques, et de membres de sa famille, a lancé une requête pour demander l’entrée au Panthéon de Samuel Paty. Projet qui a l’appui du « Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République », et de l’ »Association des professeurs d’Histoire-Géographie-EMC ».
L’argumentation : « Panthéoniser Samuel Paty serait bien plus qu’un hommage à un homme. Ce serait reconnaître le courage discret des professeurs qui, chaque jour et sans protection, font tenir la promesse républicaine dont la laïcité est l’un des ciments ».
Adressée au Président de la République, cette demande vise à honorer celui que Robert Badinter avait qualifié, au lendemain de l’assassinat, de « héros de la laïcité ».
Un héros du quotidien, un héros discret de la nation.
Un héros ordinaire, un héros malgré lui.
Victime de la barbarie, Samuel Paty a exercé au péril de sa vie. Malgré les menaces, il a choisi de défendre et d’expliquer à de jeunes élèves le droit à la critique et à la liberté d’expression. Former à l’esprit critique, c’est une des missions du programme d’enseignement moral et civique.
L’entrée de Samuel Paty au Panthéon serait une manière pour l’État français d’affirmer son attachement à la liberté d’expression et à la laïcité.
Une entrée non pas à cause de ce qu’il a subi, mais à cause des valeurs qu’il incarnait et qu’il avait à cœur de transmettre.
Un geste fort pour rappeler à ceux qui sont encore tentés de dire « il n’aurait pas dû » que le blasphème n’existe pas en France, pays laïque (la loi concernant le délit de blasphème a été abolie en 1791) et pour répéter aussi, inlassablement, pas seulement aux jeunes, que dans l’école de la République, c’est la loi de la République qui s’applique, et non pas celle d’une religion quelle qu’elle soit, principe essentiel de la laïcité !
« Il faut réfléchir à la question », a prudemment répondu Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale.
Certains espèrent, le cas échéant, que la panthéonisation de Samuel Paty se tienne dans l’établissement où il enseignait, le collège du Bois-d’Aulne rebaptisé « collège Samuel-Paty ». « Car il a beau avoir été un homme comme un autre, c’est bien d’un professeur qu’il s’agit et, à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. »
D’autres historiens et professeurs d’histoire en désaccord avec ce projet estiment qu’il faudrait, dans ce cas, proposer la même chose pour les professeurs Agnès Lasalle et Dominique Bernard, assassinés eux aussi lors de leur mission d’enseignement, même si les circonstances sont différentes. Ils éprouvent un certain malaise face à « l’héroïsation » et préféreraient une prise de distance avec l’émotion suscitée par l’assassinat de leur collègue, en octobre 2020.
Plutôt que de faire du Panthéon un lieu d’hommage à Samuel Paty, ils attendent plutôt un signal clair de la République quant à la place d’une profession « de plus en plus maltraitée » par l’institution scolaire, notamment à travers les atteintes à la liberté pédagogique.
La pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et ouverte le 21 mai 2026 comptait alors 28 signatures (plus de 59000 à ce jour), avec un seuil de 100 000 signatures requis pour être mise en ligne sur le site de l’Assemblée. Mais elle est pour eux porteuse d’ambiguïté, lui reprochant notamment de « faire remonter dans la liste des signataires de la pétition des noms qui ne se sont jamais illustrés dans la défense d’une école émancipatrice ni même plus banalement des libertés publiques (Chevènement, E. Badinter, E. Philippe, A. Genetet, toute une brochette de « Sages » de la laïcité, etc). »
Ils font remarquer le risque de récupération politique de l’image de Samuel Paty par l’extrême droite notamment. Idée mise en avant par l’autre sœur de Samuel Paty, Gaëlle Paty, libraire à Marciac, qui refuse de vendre le livre « Le cours de Monsieur Paty » et est résolument contre la médiatisation de cet évènement si douloureux.
«Un jour, ces moyens de surveillance seront utilisés par un dictateur» prévient Marc Trévidic
L’ancien juge antiterroriste s’inquiète, dans une interview pour «l’Humanité», des dangers d’une proposition de loi aux contours encore flous. Le texte, porté par la députée Renaissance, est sous le feu des critiques avant son arrivée jeudi 16 avril dans l’hémicycle.
« Avec la loi Yadan, il s’agit de rendre illégale la discussion sur ce qu’est l’État d’Israël et ce qu’il est devenu » Étienne Balibar
Contestée par 700 000 citoyens, la loi Yadan, qui affirme lutter contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme », sera examinée à l’Assemblée jeudi 16 avril. Pour le philosophe Étienne Balibar, ce texte conduirait à « interdire l’usage de mots » tels que « génocide », « apartheid » et « résistance ».
La loi Yadan ou la criminalisation de la pensée critique
Présentée comme une loi contre l’antisémitisme, la PPL 575 de la députée Caroline Yadan est en réalité un instrument de censure : elle criminalise la critique d’Israël, assimile l’antisionisme à la haine raciale et menace quiconque ose nommer l’oppression. Derrière le vernis républicain, c’est l’ordre des puissants qui légifère et la Palestine qui en paye le prix.
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Les élections municipales des 15 et 22 mars approchent et les extrêmes-droites font du plat quand ce n’est pas du forcing, à la droite, pour constituer des listes d’union, ce qu’hélas la gauche n’est pas toujours prête à seulement envisager.
Ces élections vont non seulement servir de test pour l’élection présidentielle de l’année prochaine, mais elles interviennent dans un contexte d’usure démocratique après les prouesses de la Macronie autour de son leader aujourd’hui adulé par certains en chef de guerre, autant que détesté il y a encore peu pour la centralisation du pouvoir sur sa propre personne.
L’extrême-droite, qui est un poison pour l’Etat de droit autant que pour la démocratie, représente un véritable danger pour les victimes de la pauvreté, pour l’environnement, pour la culture, pour la cohésion sociale, pour la santé autant physique qu’intellectuelle, pour l’égalité, les libertés, l’éducation…
Portée par les milliardaires Bolloré, Stérin et consorts, autant que par une population excédée par les injustices et alimentée des contre-vérités des chaînes d’information continues, l’implantation des extrêmes-droites dans nos villes et nos campagnes, impensable encore il y a quelques années, s’est faite au nez et à la barbe des combattants contre le racisme, la xénophobie, la haine de l’autre et le repli sur soi.
La mondialisation et ses promesses intenables sont passées par là.
« L’idée qu’il était dangereux pour la démocratie s’est amenuisée entre 2015 et 2024 tout comme celle qu’il était extrémiste ou xénophobe alors que sa proximité aux préoccupations des électeurs était de plus en plus reconnue par divers groupes sociaux tout comme sa capacité à gouverner le pays. Cette intégration dans le champ de la politique légitime a précédé ses victoires électorales. Ces dernières sont alors venues confirmer une banalisation déjà accomplie qui le sortait de la périphérie où il était cantonné depuis la création du Front national par Jean-Marie Le Pen au début des années 1970. »
« Le vote RN n’est plus le vote FN et ne se réduit ni à un vote de pauvres, ni à un vote populiste, ni à un vote fasciste, ni à un vote de racistes systémiques. Son implantation dans la vie politique française s’est sensiblement accélérée après la fin de la crise de la Covid-19 lorsque les enjeux sociaux mis en avant par la crise des Gilets jaunes, comme la mobilité sociale et la volonté d’émancipation économique, qui n’ont pas trouvé de réponse dans le macronisme qui les avait pourtant bien diagnostiqués en 2016, ont ressurgi et mobilisé au-delà du monde ouvrier, touchant les cadres comme les retraités. »
Le RN est devenu fréquentable dans les urnes pour 34% des Françaises et des Français (législatives de 2024), si l’on ne tient pas compte des sondages d’opinion qui n’ont pas de valeur absolue.
Et la LDH dans tout ça ?
« La LDH est une association politique : les principes qu’elle défend et les propositions qu’elle avance l’amènent à prendre position sur les causes et les remèdes à apporter aux dysfonctionnement qu’elle combat. »
« N’ayant aucune vocation à l’exercice du pouvoir, elle n’est pas un parti politique et elle est indépendante des partis. Pour autant, la LDH considère que les partis politiques sont un des éléments essentiels du fonctionnement de la démocratie et elle entretient avec eux les rapports nécessaires aux combats qu’elle mène.
La LDH n’intervient pas dans les élections, sauf si elle estime que ses principes fondamentaux y sont mis en jeu. »
C’est pourquoi nous ouvrons dans ces colonnes un espace d’expression ouvert. Notre objectif n’est pas de soutenir l’une ou l’autre liste où que ce soit. Nous voulons contribuer à éviter que les extrêmes-droites ne gagnent les mairies et tenons à leur barrer la route avec tous les moyens dont nous disposons. Ce blog en est un.
Vous trouverez à la page VOS TEMOIGNAGES ET COMMENTAIRES ceux qui nous sont parvenus et dont nous espérons qu’ils vont désormais affluer.
Tous les messages ne présentant pas un intérêt avéré pour le sujet qui nous occupe, à savoir les élections municipales, sera rejeté. C’est pourquoi il seront bien évidemment soumis à modération avant leur publication.
RD
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Cette proposition de loi a été déposée par Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France, le 19 novembre 2024, soutenue par une centaine de parlementaires, en majorité membres du groupe Ensemble pour la République, aussi que quelques socialistes tels Emmanuel Grégoire, Jérôme Guedj ou encore l’ancien président François Hollande.
Caroline Yadan défend sa proposition avec l’objectif de lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme » et notamment « trois axes essentiels » qui seraient « l’apologie du terrorisme, la négation de l’État d’Israël et la comparaison avec la Shoah ».
Cette dernière formulation en particulier suscite de sérieuses interrogations car susceptible de vouloir interdire toute mention de génocide à Gaza.
N’ayant pas à l’origine été portée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, elle n’avait jusqu’alors pas vraiment attiré l’attention des médias.
L’examen de celle-ci en commission ayant enfin été fixé au 14 janvier prochain, puis en séance plénière le 19, les réactions inquiètes se multiplient aujourd’hui pour les menaces qu’elle ferait peser sur le droit de soutenir la Palestine et la liberté d’expression ainsi que pour le risque de répression contre les militants.
L’avis du Conseil d’Etat a été rendu public par l’Assemblée Nationale en mai 2025.
Pour le très controversé mouvement « Free Palestine », cette proposition de loi ne protège pas contre le racisme. Elle organise une criminalisation politique et vise directement la solidarité avec le peuple palestinien. Avec la loi « Yadan », la plupart des slogans cités ci-dessous pourront représenter une infraction pénale passible de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende :
“From the river to the sea, Palestine will be free”
“Soutien à la résistance palestinienne”
“La résistance est un droit inaliénable”
“Pour la libération totale de la Palestine”
“Désarmons Israël”
et même
« Free Palestine »
La Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient, désormais CAPJPO-EuroPalestine y voit le moyen de réprimer « tous ceux qui osent la comparaison entre le régime génocidaire israélien et le régime nazi d’Adolf Hitler ».
L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) s’inquiète également d’une nouvelle étape dans la répression du mouvement de solidarité envers la Palestine.
Ces associations s’appuient sur l’analyse de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine*, à l’initiative de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) enrichie par de nombreux échanges avec la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et l’Union des Juifs Français pour la Paix (UJFP).
L’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC) déclare : « Alors que la lutte contre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme est un sujet grave et sérieux qui devrait mobiliser dans l’unité l’ensemble de la population de notre pays, la PPL Yadan l’instrumentalise et la détourne pour en faire une arme contre notre liberté d’expression. Nous en demandons le retrait immédiat. »
Elle appelle à une manifestation le 11 janvier à Paris et à un rassemblement le mardi 20 janvier à proximité de l’Assemblée nationale.
Pour François Dubuisson, chercheur au Centre de droit international et directeur du Master spécialisé en droit international à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), il s’agit d’un texte inutile et contraire à la liberté d’expression.
* La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine regroupe 38 associations, dont 22 sont membres signataires et 16 sont membres observateurs. Ces organisations visent, entre autres, à participer au développement des Territoires palestiniens et à sensibiliser l’opinion publique française aux droits légitimes du peuple palestinien.
Charlie Hebdo caricature Rokhaya Diallo en Joséphine Baker avec sa ceinture de bananes, l’essayiste dénonce un dessin « raciste ».
« Ce dessin hideux vise à me rappeler ma place dans la hiérarchie raciale et sexiste » et s’inscrit « dans le droit fil de l’imagerie coloniale », a-t-elle dénoncé sur les réseaux sociaux, en vilipendant une caricature « raciste ».
L’hebdomadaire satirique se défend et a fait valoir que ce dessin, signé de son directeur Riss, illustrait un article d’un hors-série « sur les fossoyeurs de la laïcité », intitulé « Rokhaya Diallo, la petite fiancée de l’Amérique ».
La machine est lancée. Les réseaux sociaux résonnent de toutes parts.
« Chacun pourra ainsi lire que nous y dénonçons les positions de l’essayiste contre la loi de 1905, qu’elle a toujours condamnée en lui préférant la culture communautariste américaine. C’est elle qui assigne chacun à son origine ethnique et religieuse, contre l’universalisme républicain. » Charlie Hebdo
« Au lieu de présenter des excuses, Charlie Hebdo noie le poisson et m’incrimine en prétendant que j’ai «toujours condamné » la loi de 1905. Mensonge évidemment. Voici quelques extraits du livre « comment parler de la laïcité aux enfants » que j’ai publié en 2015 avec Jean Baubérot. » Rokhaya Diallo
Sur Instagram, Charlie répond dans la foulée être « un journal anti-raciste, féministe et universaliste – ce que nous reproche Rokhaya Diallo – qui combat l’essentialisation et l’assignation identitaire des personnes en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion. »
Mediapart défend naturellement son éditorialiste : « Que la justice se saisisse de l’outrage raciste de Rokhaya Diallo par Charlie Hebdo ».
« L’histoire nous a tellement habitués à des images outrageantes instrumentalisant des femmes noires pour servir de prétendues guerres idéologiques, qu’on pourrait se dire que finalement rien de nouveau dans l’ignoble caricature que Charlie Hebdo dessinant Rokhaya Diallo sous les traits de Joséphine Baker.«
Pascal Blanchard, pourtant pas en manque d’exposition médiatique, y va de son chapitre sans omettre de faire valoir ses travaux précédents et plus récents…« Un dessin dans Charlie Hebdo qui réduit une femme noire (Rokhaya Diallo) à une série de stéréotypes et au temps des colonies. Violent… terrible… stéréotypé… Sous prétexte de référence à la « grande Joséphine Baker » c’est clairement une manière de la fixer dans les préjugés visuels et colonialistes : danse « sauvage », un rappel à la Revue nègre, accessoires, régime de bananes … réduire une femme à sa corporalité, réduire un individu dans sa pensée en l’associant à la sauvagerie, réduire un personnage noir à un régime de banane donc à une forme d’animalité simiesque… c’est cela les stéréotypes… des images qui vont perpétuer le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes d’exclusion de « l’autre » à travers le temps… »
Les claviers se déchaînent et la question du colonialisme prend toute sa place dans le débat: « Ce que révèle cette affaire, c’est moins un affrontement entre liberté d’expression et antiracisme qu’une incapacité persistante à penser ensemble les deux. La satire ne s’appauvrit pas lorsqu’elle est interrogée ; elle s’appauvrit lorsqu’elle refuse toute réflexivité. »
Médiapart se déchaîne et monte au front contre les « relents colonialistes » de Charlie Hebdo.
« Face à la caricature de sa collaboratrice parue dans Charlie Hebdo, la rédaction dénonce une attaque « haineuse ». Rejetant la défense de l’hebdomadaire satirique, le site d’Edwy Plenel rappelle que le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. »
Rokhaya Diallo caricaturée : ce que Charlie Hebdo recycle.
« Ce dessin est le frottement de trop. Il réveille les blessures de l’enfance, de la télé des années 80 au zoo humain de Nantes. L’humour ne peut être une « lessive symbolique » effaçant l’archive coloniale. Je dénonce ici une « paresse graphique » qui réduit la pensée au corps. Pour Rokhaya et pour nous toutes : la mémoire des images ne s’efface pas d’un trait de crayon. »
« Quand Charlie-Hebdo se dévoile en caricaturant Rokhaya Diallo « L’universalisme républicain », voilà le maître mot de l’article accompagnant la caricature et attaquant Rokhaya Diallo. Mais ce dessin constitue précisément l’exemple type de ce racisme se cachant sous le masque de « l’universalisme » et d’une « laïcité » totalement dévoyée. »
Des politiques s’empressent d’apporter leur soutien à l’essayiste, semblant avoir oublié que Rokhaya Diallo et Charlie Hebdo, en la personne de Riss ont ouvert les hostilités il y a déjà fort longtemps.
Dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 novembre 2011, un incendie criminel, provoqué par le jet de cocktails Molotov, ravage les locaux de Charlie Hebdo qui doit publier le mercredi un numéro surtitré « Charia hebdo » avec une caricature de « Mahomet, rédacteur en chef ».
Le 5 novembre, les Indigènes de la République, parmi lesquels Rokhaya Diallo, publient une pétition:
« La liberté d’expression n’est pas à défendre, elle est à conquérir.Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo ! » affirmant » qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman. »
Les 7,8 et 9 janvier 2015, une série d’attentats a lieu à Paris et en périphérie:
Le 7 janvier, 12 morts à Charlie Hebdo, 11 blessés dont 4 grièvement.
Le 8 janvier, une policière abattue à Montrouge.
Le 9 janvier, quatre morts dans l’Hypercacher de la porte de Vincennes.
Les 10 et 11 janvier, quatre millions de personnes dans la rue en France.
Le 8 janvier, sur la radio RTL, Yvan Roufiol, « plus stupide que jamais » selon Politis, demande à Rokhaya Diallo de se désolidariser de l’attentat, en tant que musulmane. Celle-ci fond en larmes.
Le vendredi 13 Novembre 2015, une nouvelle série d’attentats à Paris et dans sa périphérie terrifient la France . Aux abords du Stade de France à Saint-Denis, sur des terrasses de café et de restaurants des 10e et 11e arrondissements, dans la salle de spectacle du Bataclan… ces attaques terroristes provoquent la mort de 130 personnes et font 413 blessés.
Le 21 octobre 2020, sur le plateau de 28 minutes sur Arte, Pascal Bruckner accuse Rokhaya Diallo « d’avoir entraîné la mort des douze de Charlie, d’avoir armé le bras des tueurs ». Personne ne viendra sur le plateau à l’aide de Rokhaya Diallo qui devra se débrouiller seule.
Pascal Boniface, venant à la défense des militants antiracistes sur qui on fait peser des accusations de connivence avec l’islamisme, considère qu’ « Il ne faudrait surtout pas que ce terrorisme physique suscite une autre forme de terrorisme, le terrorisme intellectuel.«
Le 30 novembre 2021, avec l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, Rokhaya Diallo dénonce « les ambiguïtés d’une panthéonisation » : « Admirative de la résistante héroïque, la femme noire que je suis a toujours été embarrassée par l’image de son corps présenté comme exotique. Et ces bananes qui ornaient ses hanches me rappellent celles jetées à la figure des footballeurs ou à celle de Christiane Taubira – tous assignés, à travers ce fruit, à une humanité inexorablement primitive. »
« À mes yeux, la reconnaissance élogieuse de son patriotisme va de pair avec les soupçons qui pèsent aujourd’hui sur tout.e Français.e non blanc.he osant se montrer un tant soit peu critique vis-à-vis de notre sacro-sainte République. » ajoute-t-elle.
On en arrive à se demander qui, de Rokhaya Diallo ou de Riss, prend le plus de plaisir à tendre le bâton pour se faire battre.
La LDH prend naturellement position dans cette guerre pourtant pichrocoline et considère qu’il s’agit ici d’une caricature qui n’illustre que des préjugés coloniaux.
La LDH ne peut pas ne pas prendre position quand le sujet qui défraie l’actualité concerne à la fois la laïcité, le racisme et la liberté de création.
Toutefois, une caricature doit-elle répondre à un impératif de signification ? Une caricature illustre-t-elle quelque chose ?
La caricature n’est prévue par aucun texte général relatif à la protection des droits fondamentaux, bien qu’énoncée dans certaines dispositions législatives (par. ex., CPI, art. L. 122-5 et L. 211-3). Toutefois, lorsque les humoristes s’expriment, le droit veille à les protéger des actions intempestives, des dérives contentieuses qui menacent la démocratie. Tant à l’échelle nationale qu’européenne, la caricature est une liberté qui relève de la liberté d’expression, laquelle comporte une double dimension : la liberté d’opinion et la liberté d’information. Il est commun de considérer que la caricature joue le rôle d’un « bouffon » qui « remplit une fonction sociale éminente et salutaire et participe à sa manière à la défense des libertés » (TGI Paris, 16 févr. 1993).
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH 7 déc. 1976, Handyside c/Royaume Uni), quant à elle, considère que « la liberté journalistique comprend aussi le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire même de provocation ». Une telle conception extensive permet d’envisager que la liberté de caricaturer, même si elle peut déranger voire choquer, soit incluse dans une conception aussi large de la notion de liberté d’expression.
Gardons-nous donc de tomber dans le panneau de la censure.
J’ai personnellement bien du mal à mettre en balance le combat pour la laïcité et celui contre le racisme, tels qu’ils sont ici opposés. Faut-il soutenir le combat contre le racisme avec Rokhaya Diallo ou bien la défense de la laïcité avec Riss ? Faut-il choisir entre l’une et l’autre ?
Bientôt viendra le moment de formuler des vœux. Alors, ne nous privons pas :
Ne gagneraient-elle et il pas, l’une comme l’autre (et nous aussi par la même occasion) à écrire ensemble un livre – ils en ont largement les moyens et la matière – dont les ventes pourraient dépasser les scores de ceux de Bardella (230 000 exemplaire pour « Ce que je cherche »), Sarkozy (92 000 pour « Journal d’un prisonnier »), De Villiers (230 000 pour « Mémoricide »), Zemmour (45 000 pour « La Messe n’est pas dite », 300 000 exemplaires pour « La France n’a pas dit son dernier mot » )... ?
RD
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Le naufrage du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) interroge. Qui a sabordé le navire ? Pourquoi la société organisatrice 9eArt + et l’association qui lui a donné délégation en 2007 sont-elles autant critiquées ? Comment ont-elles provoqué le boycott des artistes, la défection des éditeurs et la défiance des financeurs ? Comment expliquer un tel gâchis ?
Alors que le festival est en danger de mort, Charente Libre n’a cessé depuis 18 ans de multiplier les mises en garde. En particulier sur l’opacité de son fonctionnement et la confiance aveugle accordée à Franck Bondoux par l’association.
Festival d’Angoulême : Rachida Dati a une carotte pour que l’édition 2026 soit maintenue malgré les polémiques.
La ministre de la Culture a indiqué dans « Ouest-France » que des subventions qu’elle avait sucrées au festival pourraient être « rétablies » si « les conditions sont réunies ».
« Dans la bataille autour du Festival de la BD d’Angoulême, ce sont des autrices, souvent jeunes, qui portent la colère »
Pourquoi les auteurs se sacrifient-ils en appelant au boycott de la manifestation en janvier ? En toile de fond figurent la paupérisation du métier (dont les autrices sont les premières victimes), une surproduction d’albums et un affrontement entre art et commerce, observe dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
Violée et licenciée : la double peine pour une salariée du festival d’Angoulême.
Chloé, une ancienne responsable de la communication, a saisi les prud’hommes pour contester son licenciement pour faute grave. Son tort : avoir signalé un viol dont elle aurait été victime lors de la précédente édition du Festival d’Angoulême.
Quand la BD dérange : PETITE CHRONIQUE D’UNE EXPULSION
Ce week-end (21-23 novembre 2025), j’aurais dû assister au festival de bande dessinée BD COLOMIERS (https://www.bdcolomiers.com/), auquel j’ai été invitée suite à la publication en traduction française de mon livre « Sindrome Italia » par les éditions PresqueLune (https://www.presquelune.com/syndrome-italie).
La maison d’édition avait organisé mon voyage, mon hébergement ainsi que deux jours de dédicaces pour la sortie du livre. Inutile de dire que j’étais impatiente : c’est un très beau festival, où j’aurais pu rencontrer de nombreux collègues, une occasion importante pour mon travail.
Vendredi soir. Le vol Francfort-Toulouse atterrit à 18 heures et, dès que je descends de l’avion, je trouve trois agents de la Police nationale (la police française) qui m’attendent. Ils m’arrêtent et me mettent au courant du fait que je ne peux pas mettre les pieds en France, qu’ils ne savent pas exactement pourquoi, mais qu’il existe un signalement du ministère de l’Intérieur concernant le danger que je représenterais. Je reste interdite, mais après un premier moment de surprise mêlée de panique, j’explique tout d’abord que je n’ai jamais eu de problèmes avec la justice française et je montre la lettre d’invitation du festival, en précisant que je suis là pour mon travail. Ils ne m’écoutent pas, ils sont inflexibles.
On me dit que je dois immédiatement remonter dans l’avion et retourner à Milan : ils ont reçu l’ordre de me rapatrier et si je refuse, « ce sera pire pour moi », ils seront obligés de m’arrêter et, probablement, de me transférer dans un CRA (Centre de rétention administrative pour migrants). Tout cela dure 15 minutes, je me sens acculée et je décide de remonter dans l’avion.
Dans l’avion, on me remet une sorte de procès-verbal de rapatriement dans lequel il est précisé que je n’ai pas pu entrer en France car je constituerais « une menace grave pour l’ordre public français » et qu’en conséquence, je fais l’objet d’une « mesure d’interdiction d’entrée ». En cherchant une explication à cela, je me souviens du mois de juin 2023, lorsque j’ai participé aux journées d’assemblées, de concerts et de manifestations publiques organisées à Paris à l’occasion du dixième anniversaire du meurtre de Clément Méric, un jeune antifasciste tué en 2013 à Paris à l’âge de 18 ans par trois extrémistes de droite. Bien que ces initiatives se soient déroulées sans aucune tension, en présence de milliers de personnes venues à Paris de toute l’Europe, j’ai appris que certains de mes compagnons de voyage italiens avaient eu des problèmes aux frontières dans les mois qui ont suivi, avec quelques questions supplémentaires de la part de la police sur les raisons de leurs déplacements, mais personne n’a jamais été bloqué ou refoulé.
Il y a donc encore quelque chose qui m’échappe et je vais certainement devoir me faire aider par des personnes plus compétentes en matière de jurisprudence française pour clarifier les aspects juridiques de cette affaire.
Cela dit, je tiens à partager quelques brèves réflexions.
Mon travail de dessinatrice de bandes dessinées m’amène souvent à voyager : découvrir le monde, parler aux gens, m’informer pour écrire et dessiner ce qui se passe autour de moi, tout cela fait partie de ma vie. Tout comme être active politiquement, participer à des initiatives, des manifestations et des assemblées : tout cela se mélange et se reflète également dans ce que je dessine. Face à tout cela, je ne suis donc pas surprise de pouvoir faire l’objet d’une « attention » particulière de la part des forces de police, étant donné que désormais, l’activisme politique, même modéré et au grand jour, constitue un motif de profilage de la part de l’État. C’est pourquoi j’ai toujours pris en compte les responsabilités et les conséquences que cela implique, tout comme je suis consciente que ce que j’écris peut ne pas plaire à tout le monde.
Mais être rapatriée de force avec ce genre de justification a vraiment dépassé mon imagination et m’oblige à écrire ces lignes pour donner une explication au festival, à la maison d’édition et aux personnes qui seraient venues me rendre visite au stand, à la fois pour les remercier de leur compréhension et pour m’excuser de la situation dans laquelle je les ai mises.
Mais surtout, je tiens à souligner la gravité de ce qui s’est passé : si, d’une part, je pense que la dérive autoritaire et répressive des États européens à l’encontre des militants et des activistes politiques est désormais évidente pour tous, d’autre part, je constate une dérive arbitraire croissante de la part des forces de police, qui peuvent décider sans explication de vous renvoyer chez vous simplement parce que vous êtes « indésirable », créant ainsi un système de contrôle et de surveillance basé non pas sur des faits, mais sur les opinions et les fréquentations des personnes.
J’ai pensé que cela ne pouvait pas rester une simple « mauvaise expérience » personnelle, mais qu’il était judicieux de la partager, afin de contribuer, dans la mesure du possible, à démanteler des mécanismes destinés à empirer s’ils ne sont pas combattus de toute urgence.
Une nouvelle manifestation a eu lieu ce vendredi 7 novembre à Troyes
MJ
La manifestation initialement prévue ce samedi 8 novembre à 10h30 a été avancée à la demande des autorités de police (qui proposaient de la décaler d’une semaine) en raison du match ESTAC/SAINT-ETIENNE qui aura lieu samedi à 20h.
Cela n’a pas empêché les fidèles soutiens du Collectif aubois pour la Paix de se mobiliser avec la même détermination.
MJMJMJMJMJ
Rassemblement à Paris le 29 novembre
Mercredi 18 octobre 2023, le Conseil d’État s’est prononcé contre l’interdiction systématique des rassemblements et manifestations en solidarité avec la Palestine. Mais, en même temps, il n’a pas désavoué le courrier envoyé aux préfets le 12 octobre par Gérald Darmanin leur demandant de les interdire. Il a donc choisi de laisser aux préfets la responsabilité d’interdire ou pas nos rassemblements et manifestations. Dans les faits les arrêtés d’interdiction continuent de pleuvoir obligeant les associations (dont l’AFPS) à utiliser les recours en référé-liberté devant les tribunaux administratifs. C’est une démarche juridique énergivore et coûteuse mais qui peut permettre de reprendre l’initiative politique tout à fait légalement après une tentative de nous faire taire.
Ce fut le cas dans plusieurs villes de France où les Tribunaux administratifs ont renvoyé dans les cordes la décision préfectorale d’interdiction et permis le bon déroulement des initiatives prévues. Lorsque les déclarations de manifestations en préfecture se voient rejeter par un arrêté d’interdiction, il convient d’abord de dénoncer publiquement ce déni de démocratie et ensuite de reprendre l’initiative en en déposant une autre. Manifester notre solidarité avec la Palestine, n’est pas un délit et nous continuerons d’utiliser toutes les procédures à disposition pour défendre notre liberté d’expression et d’action. Ils ne nous feront pas taire !
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La Mairie de Troyes a promulgué le 19 septembre un arrêté interdisant la pose et l’affichage de drapeaux palestiniens et toute manifestation politique relative à un Etat étranger sur le domaine public et les bâtiments publics de la commune.
La légalité d’un tel arrêté est contestable et les organisations troyennes qui défendent le droit de manifester et la liberté d’expression n’ont pas l’intention de laisser cette nouvelle atteinte aux droits et aux libertés sans réponse. La section LDH de l’Aube s’associe pleinement à toute mesure engagée pour dénoncer cette interdiction excessive et cette atteinte grave à la liberté d’expression.
Alors que près d’une centaine de communes ont hissé lundi le drapeau palestinien pour marquer la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France, la question de la légalité de ce geste reste débattue.
Si certaines juridictions ont ordonné le retrait des drapeaux palestiniens, d’autres juges ont déjà validé le pavoisement de drapeaux étrangers, lorsqu’il s’agissait d’un élan national de solidarité, comme cela a été le cas avec le drapeau israélien après les attaques du 7-Octobre, ou le drapeau ukrainien en 2022.
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En Serbie, s’opposent plusieurs visions de la démocratie selon qu’on fasse partie de la famille royale et de ses soutiens, du pouvoir en place, nationaliste, pro-russe et corrompu ou du peuple qui aspire à la vérité et la liberté, d’expression en particulier… Depuis 9 mois, les étudiants sont entrés en rébellion, entraînant avec eux de plus en plus de citoyennes et citoyens qui demandent des élections anticipées. Malgré le remplacement du Premier ministre, le remaniement du gouvernement, l’arrestation et l’inculpation de plusieurs anciens ministres, la pression de la rue ne redescend pas.
En Serbie, cinquième soirée de heurts entre manifestants anticorruption et police
Pour le cinquième soir de suite, des heurts ont éclaté entre manifestants et police en Serbie, samedi 16 août, les deux camps se rejetant la responsabilité de ces violences qui interviennent après plusieurs mois de mouvement anticorruption.
Les prémices d’une démocratie instaurée en Serbie par un roi, Pierre 1er
En effet, pendant ce temps, la famille royale serbe rend hommage au roi Pierre 1er, « défenseur des libertés et de la démocratie » qui mit en place en 1894 une monarchie constitutionnelle de type britannique, élargissant un peu le droit de vote. Il permit la création d’une école publique, instaura la liberté de la presse, d’opinion et d’association et garantit les libertés syndicales, facilitant en Serbie l’instauration de lois sociales avancées.
« Les valeurs défendues par le roi Pierre 1er inspirent dans le contexte politique actuel en Serbie.»
« Le roi Pierre Ier était non seulement un souverain, mais aussi un fervent défenseur des idéaux de liberté et de dignité humaine », explique la famille royale. Avant même de monter sur le trône, il avait même traduit dans sa langue l’essai « De la Liberté » de John Stuart Mill, souhaitant que l’esprit des droits civiques et de la démocratie devienne un héritage durable de la société serbe.
L’œuvre de John Stuart Mill (1806-1873) est généralement réduite à quelques textes pour lesquels il est aujourd’hui célébré comme l’un des pères fondateurs du libéralisme. Pourtant, la philosophe Camille Dejardin dévoile dans son dernier ouvrage une pensée plus riche et exhume ses engagements moins connus. Féministe, précurseur de l’écologie politique et profondément humaniste, ce John Stuart Mill là serait certainement plus proche des décroissants que des néolibéraux auxquels on continue de le rattacher.
« En recourant à des voyous payés, Aleksandar Vučić veut montrer à ses électeurs qu’il a encore du pouvoir », analyse le journaliste Filip Švarm, qui dirige la rédaction de l’hebdomadaire de référence Vreme. Ces violences ont en tout cas fini par provoquer le début de l’amorce d’un léger frémissement de la part de l’Union européenne, étrangement silencieuse depuis le début de cette mobilisation historique.
Aleksandar Vučić est issu du Parti radical serbe (SRS), mouvement ultra-nationaliste affilié à une milice coupable de nombreux crimes durant les guerres en ex-Yougoslavie.
Il accède en 1998 au poste de ministre de l’Information sous le régime du dictateur Slobodan Milošević et fait passer une loi très restrictive sur « l’accès du public à l’information » qui interdit toute référence aux médias étrangers et impose que tout soit approuvé par le gouvernement avant diffusion. Il est président du gouvernement de la Serbie de 2014 à 2017 et président de la République depuis 2017.
Aleksandar Vučić est réputé comme spécialiste du jeu sur plusieurs tableaux, semant le trouble et la confusion dans son pays pour se maintenir au pouvoir. Reçu par Emmanuel Macron en avril 2025, pour discuter de l’intégration européenne de la Serbie, il ne cache pas trouver son modèle politique chez Poutine, se rendant le 9 mai à Moscou à l’occasion du 80e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale et s’appuyant sans réserve sur le système quasi-mafieux qui dirige le pays.
Les autorités américaines révélaient en 2021 des liens entre des organisations mafieuses et le président Vučić. Les frères Veselinović, mafieux notoires, « avaient des accords avec des politiciens pour aider leur parti à remporter les élections, assurer des victoires politiques à leurs candidats et verser d’importantes sommes d’argent aux candidats ».
« Il y a un immense moment de gauche actuellement sur le continent européen et hélas un moment qui n’intéresse pas du tout les démocraties européennes, ni chez nos dirigeants qui reçoivent le président nationaliste, pro-russe et corrompu Aleksandar Vučić, comme l’a fait Emmanuel Macron, ni même et c’est presque plus grave, dans les partis de gauche.
Car oui, une révolution a lieu en Serbie depuis des mois, tellement féconde en leçons d’organisation autonome, menée par les étudiants, mais riche du soutien d’une grande partie de la population, et la répression s’intensifie aujourd’hui, car le pouvoir se sent pousser des ailes en raison de toutes nos lâchetés qui se comptent en argent des mines de lithium et en contrats d’armement.
Les fascistes flairent toujours le moment propice pour eux. Comme Netanyahou a annoncé son intention d’envahir Gaza juste avant le sommet Trump-Poutine, afin que son action soit au moins tacitement reconnue par les deux fascismes voraces qui se partagent leur sphère d’influence en Alaska sous couvert de discuter de la paix en Ukraine (l’Europe pour Poutine, le Moyen-Orient pour Trump), ainsi Vučić a aussi compris qu’il avait les mains libres.
Le scénario est limpide, sauf pour notre gauche qui s’aveugle. Répression en Serbie et déstabilisation de la Bosnie qui bouillonne. Les Serbes de Bosnie alignent les provocations, aiguillonnés et soutenus par Orban, dont le patron moscovite lui a donné pour mission de semer le chaos chez ses voisins. Le risque de reprise d’une guerre dans les Balkans est réel, ce qui entraînerait immanquablement les voisins serbes et croates dans le conflit et renforcerait les tendances réactionnaires qui pourrissent les deux pays, dont les nationalismes sont toujours vivaces.
Donc rien de la part de la gauche européenne : pas un soutien, pas une alerte. Même pour les chantres de la lutte contre la haine anti-musulmane, qui devraient pourtant s’intéresser de très près à cette question, alors que la Bosnie contient la seule communauté musulmane autonome avec une représentation politique en Europe (l’Albanie a accepté la vassalisation à Meloni et le Kosovo est tenu par les États-Unis), dont l’équilibre est crucial, car le pays fait partie, comme la Syrie, des terres de djihad dans l’imaginaire takfiriste.
Un embrasement des Balkans serait l’événement rêvé pour les chantres de la suprématie chrétienne, afin de justifier et d’intensifier des politiques islamophobes. Mais encore une fois, rien : l’hypocrisie totale, la bêtise et l’aveuglement volontaire devant l’effet domino qui menace de se mettre en branle avec le démembrement de l’Ukraine. »
Veronika Zorn
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« Splann ! » et ses journalistes Inès Léraud et Kristen Falc’hon sont poursuivis par l’ex-président du comité régional porcin de Bretagne, pour diffamation. En cause, l’article « Copains comme cochon », publié sur notre site, le 6 mai 2024. Le verdict sera rendu le 6 juin, à Rennes.
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Lettre ouverte dont la LDH est signataire, adressée au président de la République
Monsieur le Président,
Dans un contexte d’instabilité géopolitique et économique croissante, votre action en faveur de l’État de droit est reconnue par de nombreux citoyens, notamment en raison de votre position vis-à-vis de la guerre en Ukraine. À l’occasion de votre visite au Vietnam, prévue les 26 et 27 mai 2025, les organisations signataires de cette lettre vous demandent respectueusement de placer les droits humains sur un pied d’égalité avec les intérêts commerciaux, et de défendre la liberté de la presse et d’expression autant que la liberté d’entreprendre. À ce jour, les autorités vietnamiennes détiennent près de 200 militants pro-démocratie et blogueurs dont le seul tort est d’avoir exprimé, de manière pacifique, leurs opinions jugées critiques envers le gouvernement et le Parti communiste. La situation des droits humains au Vietnam s’est nettement dégradée après l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam, faute d’avoir obtenu de véritables garanties de la part de Hanoï avant sa ratification. Nous redoutons que cette situation ne se reproduise dans le cadre de la ratification à venir par la France de l’accord de protection des investissements entre l’UE et le Vietnam. Le général To Lam, que vous avez accueilli en France en octobre dernier, est responsable de nombreuses arrestations et condamnations d’opposants politiques — certains ayant même été enlevés sur le territoire européen. Il a récemment appelé à une politique de réconciliation nationale. Afin de parvenir à une mise en œuvre sérieuse et crédible, nous vous demandons respectueusement d’user de votre influence pour plaider en faveur de la libération des défenseurs des droits de l’Homme et des blogueurs suivants : Bui Tuan Lam, Can Thi Theu, Dang Dinh Bach, Le Dinh Luong, Nguyen Chi Thien, Nguyen Lan Thang, Nguyen Nang Tinh, Nguyen Trung Ton, Pham Chi Dung, Pham Doan Trang, Tran Duc Thach, Trinh Ba Phuong, Trinh Ba Tu, Truong Van Dung, Y Krec Bya.
Certains d’entre eux subissent des mauvais traitements en détention, en violation de la Convention contre la torture, à laquelle le Vietnam est partie depuis 2015. Fin avril 2025, Bùi Tuấn Lâm a été soumis à 10 jours d’isolement avec des chaînes aux jambes, sans explication. Actuellement, Le Dinh Luong qui purge une peine de 20 ans de prison, est en grève de la faim pour demander un accès aux soins médicaux. Nous comprenons l’importance stratégique que revêt le Vietnam pour la France. Mais ce pays ne pourra être un partenaire fiable et durable que s’il devient un État démocratique, respectueux des droits fondamentaux et des valeurs humaines universelles que la France défend. Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.
Signataires :
112WATCH ; ACAT-Allemagne ; ACAT-France ; Brotherhood for the Democracy ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Transitional Justice Working Group (TJWG) ; Viet Tan
Paris, le 21 mai 2025
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« Elle est en train de mourir sous mes yeux » : Les enfants de Gaza affamés par le siège israélien
Avec plus de 70 000 enfants hospitalisés pour malnutrition, le blocus israélien sur la bande de Gaza laisse les parents impuissants face à l’agonie de leurs enfants.
Rahaf Ayad, 12 ans, est si mal nourrie qu’elle peut à peine parler. Ses cheveux tombent. Ses côtes sont saillantes. Elle peut à peine bouger ses membres. Elle cligne lentement des yeux, les paupières lourdes.
Procédure de dissolution d’Urgence Palestine : Un signal alarmant envoyé aux défenseurs des droits des Palestiniens, en plein génocide à Gaza
Suite à la procédure engagée fin avril 2025 par le ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau, le collectif Urgence Palestine pourrait être dissous dès demain, empêchant cette organisation de poursuivre ses actions de mobilisation contre le génocide en cours dans la bande de Gaza.
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Faire barrage à l’extrême-droite, c’est éviter que les Lumières s’éteignent. Il est l’heure de rassembler ceux qui défendent un projet commun qui combat à la fois injustices et privilèges. L’opinion de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Extrait du quotidien Libération.
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En décembre 1971, Maurice Clavel, écrivain, journaliste et philosophe français, fondateur de l’agence de presse Libération (APL), quittait brusquement sur cette phrase devenue célèbre le plateau de l’émission télévisée A Armes égales, diffusée sur la Première chaîne de l’ORTF, à la suite de la censure d’un reportage concernant « les sentiments ambigus » du président Georges Pompidou envers les résistants et la Résistance intérieure française, dont le terme « aversion » fut effacé.
L’émission en question avait pour thème « Les mœurs : la société française est-elle coupable ? » et était consacrée à un débat qui n’aura jamais lieu entre lui et Jean Royer, alors ministre du commerce , dont ceux qui l’ont connu se souviennent encore, notoirement comme maire de Tours durant 36 ans, gaulliste ultra-conservateur, dénommé « père la pudeur », grand défenseur de la morale, que les dessins de presse présentaient avec un préservatif sur la tête, entré dès les années 70 dans une hallucinante croisade qu’il mena toute sa vie contre la pornographie, qu’il voyait partout. Dans ces années 1970, flottait à Tours un vent de liberté insufflé par la jeunesse de mai 68. Un mouvement étudiant peu compris à l’époque mais qui conduisit à de multiples révolutions, qu’elles soient féministes, homosexuelles ou tournées vers la liberté à disposer de son corps. Il défendit plus tard corps et âme l’encyclique Humanæ vitæ – condamnant l’avortement et la contraception – et proclama « Révolution sexuelle piège à cons ! » en février 1972.
Maurice Clavel eut pour sa part un intinéraire beaucoup moins rectiligne puisqu’il débuta sa carrière dans les rangs de l’extrême-droite, grossissant les rangs du Parti populaire français. Il entra dans l’administration vichyste en 1940 mais finit par rejoindre la Résistance en 1942 dans la lutte armée contre les nazis sous le pseudonyme de Sinclair, avant de s’engager dans la carrière littéraire et journalistique (Combat et Le Nouvel Observateur notamment) qu’il a menée jusqu’à la fin de sa vie.
A cette époque, il était encore possible de condamner la censure. Et il semblerait que le préservatif n’ait pu empêcher que Jean Royer ou ses descendants ne fassent, dans un registre beaucoup plus large et sur tous les fronts, des petits dans le monde entier, et pas seulement Outre-Atlantique ou dans les pays de l’Est, en passant par Gaza, Bétharram, Paris…
Suppression de photos historiques, liste de mots interdits… les États-Unis face à la censure de Donald Trump
Victimes de la censure woke de Donald Trump, les images du bombardier d’Hiroshima « Enola Gay » effacées des archives de l’armée
Suite aux mesures prises par Donald Trump pour éradiquer les politiques d’inclusion, de diversité et d’équité, de nombreuses archives militaires ont été supprimées des sites gouvernementaux.
Le 6 août 1945, le Boeing B-29 baptisé « Enola Gay » larguait une bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima. Un épisode tristement célèbre de l’histoire américaine qui a été largement documenté. L’avion a en effet été photographié sous tous les angles et les clichés ont été répertoriés dans les archives de la Défense américaine.
Meta face à un scandale explosif après les révélations d’une ex-employée
L’affaire prend une ampleur inattendue. Meta, ex-Facebook, tente de faire interdire la publication d’un mémoire explosif signé Sarah Wynn-Williams, ex-employée de la firme. Son livre, intitulé Une histoire édifiante de pouvoir, de cupidité et d’idéalisme perdu, décrit un climat interne toxique et des pratiques discutables, notamment des cas de harcèlement sexuel impliquant des cadres dirigeants.
Cybercensure : Elon Musk veut « faire croire que le journalisme est une forme de censure », alerte le directeur général de RSF
La journée mondiale contre la cybercensure a eu lieu le 12 mars. « On voit de plus en plus de pratiques qui vont permettre de restreindre l’espace digital, de contrôler l’information », explique Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières, invité de franceinfo vendredi 14 mars. Il cite ainsi la Russie ou la Chine « devenues expertes dans le contrôle de leur espace informationnel ».
« Sections Armes Spéciales », un film sur l’usage d’armes chimiques par la France
Le film de Claire Billet « Algérie, Sections Armes Spéciales » qui devait être diffusé le dimanche 16 mars sur France 5 dans l’émission « La case de l’histoire » a été déprogrammé par France télévision. Diffusé en Suisse par la RTS le 9 mars, il est visible depuis la Suisse sur son site. Et il sera projeté à Paris le 13 mars à 20h au cinéma Les Trois Luxembourg.
Réponse de l’humoriste Blanche GARDIN au rabbin Delphine HORVILLEUR
Le 12 mars 2025
Bonjour Madame Horvilleur,
Je me permets de vous écrire après avoir vu que vous aviez partagé une vidéo diffamante à mon sujet.
Je dois vous dire que cette nouvelle m’a profondément blessée.
Je vous ai découverte à travers des émissions de radio il y a 6 ans. Vous m’avez enchantée, inspirée, et rassurée sur l’humanité à de nombreuses reprises lorsque vous parliez religion, judaïsme et exégèse.
Je suis issue d’une famille très complexe à l’égard de la spiritualité. Mère normande catho de gauche, père marxiste-léniniste issu de la paysannerie du nord de la France.
Mon père a participé à la création de la sociolinguistique avec le frère de ma mère, qui a épousé une femme juive, fille de résistants, membres éminents du Parti communiste français. Ma cousine et mon cousin avec qui mon frère et ma sœur avons grandi, sont juifs, non religieux, de gauche, et, comme leur mère et leurs grands-parents, très critiques à l’égard de la politique israélienne…parce que de gauche.
Malgré les défauts inhérents aux milieux militants, nous avons tous baigné gaiement dans le bain magique de l’ouverture à l’autre et du rejet viscéral de toute discrimination, oppression, domination. Et comme tous les français de gauche de ma génération, j’ose le croire, la connaissance historique de l’enfer que les nazis avaient infligé aux juifs, aux tsiganes, aux homosexuels et aux handicapés à participé à construire la colonne vertébrale de notre rejet sans appel de toute hiérarchie établie entre les vies humaines.
Dans les années 90, nous avons peu à peu désespéré ensemble sur la possibilité des lendemains qui chantent. La société se droitisait, les richesses se concentraient de plus en plus, le nombre de personnes basculant dans la précarité et le stress augmentait, et le racisme, qui s’instrumentalisait, devenait une façon parmi d’autre de conserver son intégrité psychique dans un monde de plus en plus violent socialement.
Aujourd’hui nous sentons notre monde basculer dans la possibilité de la fin d’une humanité digne. Le narcissisme, dommage collatéral de l’individualisme poussé à son terme dans l’occident capitaliste, a largement entamé notre capacité à faire société, et même… espèce. Le sens historique ne se manifestant plus qu’à travers des névroses individuelles, où chacun semble hurler qu’on ne l’écoute pas.
Je suis humoriste, auteure et actrice. J’ai fait un sketch pour pointer du doigt qu’on m’avait, comme tant d’autres, accusé d’antisémitisme en raison du fait que je postais des appels à manifester pour le cessez le feu sur la population palestinienne de Gaza. En creux dans ce sketch, il y avait également l’idée que faire passer la critique des agissements du gouvernement israélien pour de l’antisémitisme, en dehors d’être profondément malhonnête, vidait de son sens le mot même d’antisémitisme.
En tant qu’artiste, il me semble que j’ai souvent fait des mises au point du style « pavé dans la mare ».
C’est mon style. Je ne l’ai pas choisi, ça vient de loin. On peut ne pas aimer, un style est par définition cette part de l’expression artistique qui la rend reconnaissable parmi d’autres. Je suis sûre que pleins de gens déteste mon style, le trouve violent, vulgaire. Ça me va. Moi-même mon style me saoule bien souvent.
Mais jusqu’ici mon style, que certains qualifient de « clivant », ne m’avait pas valu de ne plus recevoir de propositions de rôles, ni des menaces de mort, ni des agressions dans la rue, ni de harcèlement téléphonique, et encore moins des menaces nominatives à l’encontre de ma famille.
Madame Horvilleur…. Vous êtes rabbin. Il se trouve que récemment je me suis fait la réflexion que les seules personnes qui avaient eu le courage de dire à Trump leur dégoût de ses déclarations avaient été des leaders religieux.
Et je me suis dit que dans l’ambiance de chaos et de capitulation morale ou nous nous trouvons, il se pouvait que le salut nous vienne de leaders religieux ! Idée paradoxale puisque je pense aussi que ce sont les religions qui foutent la merde : tuent, violent, torturent, colonisent, enferment, interdisent de penser… Mais c’est la compassion qui est à l’origine de toutes les religions.
Eh bien moi, si j’étais leader religieux, je partirais de là, de ce fantasme morbide à l’œuvre dans l’esprit de nombre de nos contemporains : le présupposé de la non compassion de l’autre pour soi. Parce que c’est bien ce fantasme-là, qui, en évacuant la possibilité de discuter, est en train de nous détruire. Personne sur terre ne souhaite des 7 oct., ni des 8, ni des 9, ni des 10, des 11 etc….
Faut-il rappeler que l’antisémitisme à travers des actes ou des propos constitue un délit, et que par conséquent si j’avais eu des propos antisémites comme tant de gens semblent le désirer si fort, il suffirait de porter plainte contre moi et je devrais me rendre au tribunal.
« L’extrême gauche » ne s’empare pas du thème de l’antisémitisme. Vous dites en être blessée. Je le comprends tout à fait. L’antisémitisme hélas est bien de chez nous et on observe son augmentation.
Mais plutôt que d’en déduire que la gauche nie l’existence de l’antisémitisme, voire en conclure que cette gauche serait, elle-même, antisémite, pouvez-vous m’accorder que les médias mainstream et le pouvoir ne relaient pas ad nauseam des discours antisémites, comme ils ne se privent pas s’agissant du racisme à l’égard des noirs, des arabes, des musulmans et des migrants non européens ?
L’antisémitisme me dégoute et m’effraie comme tous les racismes et toutes les discriminations. Et je crois que la seule façon de lutter contre l’antisémitisme est de lutter contre tous les suprémacismes ethnoreligieux, et donc de s’opposer aujourd’hui au régime israélien.
J’ai dit mon indignation à propos de Gaza car le gouvernement de mon pays a donné son consentement et apporté son soutien actif à Israël pour le massacre de la population palestinienne. Il s’agit d’une opinion politique. Est-ce la place d’un rabbin d’attiser la haine à l’égard d’une artiste n’épousant peut-être pas les mêmes opinions qu’elle ?
Madame Horvilleur, s’il vous plaît, retirez cette vidéo, qui relaie une analyse mensongère et diffamatoire de ce que je suis, et de ce que je dis.
Merci
Blanche Gardin
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Aidants connect : un nouveau dispositif pour vous accompagner dans vos démarches numériques
Depuis le début de l’année, l’espace multimédia (situé à la médiathèque É. Chartier) est habilité par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) au titre des « Aidants Connect ».
Ce dispositif permet aux particuliers de bénéficier d’un accompagnement personnalisé et totalement gratuit afin d’effectuer des démarches administratives* sur Internet en tout sécurité avec l’aide d’un agent municipal, accrédité « Aidant Connect ». Cette accréditations lui donne également la possibilité de « faire pour le compte de », c’est à dire de réaliser les démarches pour vous, sur place ou même à distance, avec votre accord donné par la signature d’un mandat. « Aidants Connect », c’est la garantie d’un accompagnement humain, sécurisé et confidentiel pour toutes les personnes qui le souhaitent.
RENDEZ-VOUS À L’ESPACE MULTIMÉDIA (MÉDIATHÈQUE ÉLIANE CHARTIER) DE 14H À 17H LES MARDIS, MERCREDIS, JEUDIS ET VENDREDIS. SERVICE GRATUIT & SANS RENDEZ-VOUS PLUS D’INFOS AU 03 25 71 63 45.
DESARMER l’empire BOLLORE – APPEL à ACTIONS décentralisées du 29 janvier au 2 février et autres initiatives !
Au lendemain des élections législatives, une centaine d’organisations ont lancé un appel à désarmer l’empire Bolloré ( https://desarmerbollore.net/appel ). Elles y pointaient la menace grave que représente une telle omnipotence financière et médiatique. Elles appelaient à agir contre un ensemble de dispositifs et infastructures dédiés à la conquête du pouvoir par l’extrême droite. L’exemple d’Elon Musk, et désormais de ses confères patrons de la tech, montre à quel point quelques milliardaires peuvent peser de tout leur poids, aux Etats-Unis et jusqu’en Rurope, dans l’avènement d’un ordre mondial réactionnaire et fascisant. L’actualité offre ainsi un sinistre miroir et la campagne pour désarmer l’empire Bolloré relève ici chaque jour un peu plus de l’urgence.
Du 29 janvier au 2 février 2025, cette coalition d’organisations appelle dans tout le pays à des journées d’actions contre l’empire Bolloré et ses infrastructures : énergies fossiles avec Bolloré Energy, agro-industrie coloniale et écocidaire avec la Socfin socapalm, conseil et publicité avec Havas, extractivisme avec Blue Systems, surveillance et contrôle avec EASIER, IER ou Automatic systems, et de plus en plus de médias et maisons d’éditions à travers le groupe Hachette. L’appel à ces journées d’actions met ainsi en avant le caractère aussi glaçant qu’absolument cohérent du projet industriel, financier et politique du groupe Bolloré. Pendant des mois nous avons analyser comment son empire se déploie sous diverses formes et firmes qui se nourrissent d’un renforcement autoritaire de l’ordre économique mondial autant qu’elles l’appuient.
Ces journées d’actions font suite à une première série de mobilisation en décembre à l’initiative d’une centaine de libraires dénonçant l’emprise du groupe Bolloré dans le monde de l’édition (https://desarmerbollore.net/news/actions-decentralisees-du-29-janvier-au-3-fevrier-2025#user-content-fn-1 ) ainsi qu’à l’intrusion de centaines de milliers de marque-pages invitant à boycotter Hachette/Bolloré dans les livres du groupe (https://desarmerbollore.net/news/operation-marque-pages. ) Du 29 janvier au 2 février 2025, des mobilisations publiques sont d’ores et déjà annoncées à Grenoble, Reims, Lyon, Poitiers, Clermont-Ferrand, Oyonnax, Marseille, Paris dans le Finistère ou en Aragon (détails ci-dessous). D’autres rendez-vous nous parviennent chaque jour, sans compter les actions surprises. Les journalistes qui souhaitent avoir plus d’infos sur certaines mobilisations et les couvrir peuvent nous joindre sur le tel presse.
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LISTES DES ACTIONS PUBLIQUES :
Grenoble : mercredi 29 janvier à 17h30 à Grenoble (UGA BU Droit-Lettres) Aragon : mercredi 29 janvier 2025 à Aragon (devant le centre culturel) Reims : jeudi 30 janvier à midi (devant la fac de lettre) Lyon : samedi 1er février à 15h30 (Place Guichard) Chasseneuil-du-Poitou : samedi 1er février à 14h30 (Zone commerciale du Futuroscope – 86) Besançon : samedi 1 février à 14h30 (Place Pasteur) Reims : samedi 1er février après-midi (au centre démocratique kurde) Clermont-Ferrand : samedi 1 février de 14 à 19h Oyonnax : samedi 1er février 2025 (devant le local du Progrès, rue Anatole France Marseille : dimanche 2 février de 12h à 18h (La Plaine) Finistère : dimanche 2 février 14h en Bretagne (lieu communiqué au dernier moment)
SITE – L’ensemble des appels à ces mobilisations, la carte des infrastructures de l’empire Bolloré, des analyses et retours d’enquêtes, ainsi que des comptes-rendus texte photos, vidéos des mobilisations sont disponibles sur le site de la campagne : https://desarmerbollore.net
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Contact presse Soulèvements de la terre : 06 29 98 45 22 (téléphone ou signal)
Compte insta de la campagne : @campagnebollore
Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris VIII, spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux aux XX et XXIèmes siècles, Danielle Tartakowsky fait paraître en 2024 Les syndicats en leurs murs : Bourses du Travail, maisons du peuple, maisons des syndicats. De 1887 à nos jours, ces bâtiments, dont une quarantaine sont classés monuments historiques ou répertoriés à l’Inventaire du patrimoine, sont à la confluence de l’histoire sociale, politique, architecturale et urbanistique, et souvent remis en cause. C’est sur cette histoire toujours sensible que portera la conférence de Danielle Tartakowsky.
Nous vous rappelons que nous avons créé récemment sur ce site une page intitulée VOS TEMOIGNAGES ET COMMENTAIRES qui vous est dédiée et sur laquelle vous pouvez vous exprimer librement à tout propos et en toute occasion.
Nedjib Sidi Moussa dénonce les campagnes haineuses des croisés de l’ordre moral sur les réseaux sociaux et certains médias. Et invite à combattre cette dérive du débat d’idée, dangereuse pour les libertés démocratiques.
« Les valeurs que sont la diversité, la liberté et la science ne sont plus présentes sur la plateforme », estiment ces institutions dans un communiqué commun ce vendredi.
Sous Elon Musk, X est devenu une machine à manipulation de l’opinion. A 11 jours de l’investiture de Trump, et de Musk dans ses bagages, refusons d’en être complices.