Deux femmes étudient chez elles avec leur frère, à Kaboul (Afghanistan), le 23 décembre 2022, après que l’accès à l’université a été banni aux femmes.(AHMAD SAHEL ARMAN / AFP)
Le régime multiplie les mesures liberticides depuis août 2021. Parmi les restrictions, figurent notamment l’encadrement des apparitions publiques et l’éloignement des sphères éducatives et politiques.
Plusieurs centaines de jeunes femmes rassemblées ce mercredi à l’entrée de campus universitaires en Afghanistan ont été empêchées d’entrer par des gardes armés, notamment devant les grilles de l’entrée de l’université à Kaboul, indique l’AFP.
Cette mobilisation intervient au lendemain de la décision des autorités d’interdire désormais les études supérieures aux jeunes femmes.
Mais les manifestations de femmes contre ces mesures sont devenues risquées, les talibans n’hésitant pas à ouvrir le feu.
Tandis qu’un premier pas a été franchi jeudi avec l’adoption de la proposition de loi prévoyant de constitutionnaliser l’IVG, le chemin parlementaire à parcourir demeure long et tortueux : le Sénat, majoritairement à droite et qui y est a priori opposé, doit encore adopter le texte dans les mêmes termes, et un référendum doit être organisé sur cette question. Seule possibilité de s’épargner cette dernière étape (mais qui pourrait réveiller les anti-avortement) : que le gouvernement présente un projet de loi constitutionnelle. Questionné vendredi sur ce point lors d’un déplacement à Dijon (Côte-d’Or), Emmanuel Macron dit souhaiter «respecter le chemin parlementaire».
Au cri de «Femme, vie, liberté», slogan de la révolution iranienne, et à 200 mètres de l’Assemblée nationale, une trentaine de militants ont orchestré une «mise en scène macabre» de la répression, qui a déjà fait plus de 320 morts, tout en dénonçant l’inaction des Occidentaux.
De la peinture rouge sang étalée sur la paume des mains, projetée en éclaboussures sur les tee-shirts affichant le nom des anonymes disparus ou enfermés, tracée en lettres capitales sur des pancartes brandies à bout de bras : «viols, tortures, peine de mort, tirs à balles réelles contre des manifestants, arrestations arbitraires, absence de justice : réagissez». Le long de l’esplanade des Invalides, ce mardi à Paris, une trentaine d’activistes – dont une majorité de femmes – ont mis en scène les exactions imputées au régime iranien.
Alors que résonne le slogan phare de la contestation – «Femme, vie, liberté» –, une femme s’allonge sur le sol, dans une incarnation des manifestants tués en pleine rue, avec des armes de guerre.
Les talibans ont désormais interdit les parcs et jardins de Kaboul aux femmes afghanes, avec les sévères restrictions imposées par le régime islamiste fondamentaliste.
Depuis leur retour au pouvoir en août 2021 après 20 ans de guerre et le retrait des troupes américaines, les talibans ont imposé une interprétation ultra-rigoriste de l’islam. Ils n’ont eu de cesse de restreindre les libertés de femmes à qui ils ont interdit les écoles secondaires et ordonné de porter le voile intégral. Exclues de la plupart des emplois publics, les femmes sont aussi empêchées de voyager seules en dehors de leur ville. Les parcs étaient l’un des derniers espaces de liberté qui leur était encore octroyé.
Le 5 août à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis. (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)
La psychiatre Marie-France Hirigoyen revient sur les ressorts de la violence conjugale et la difficile prise en compte de l’emprise psychologique au sein du couple.
En Italie, les féministes et défenseurs du droit à l’avortement inquiets depuis la victoire de la cheffe de l’extrême droite Giorgia Meloni. Car son parti extrêmement conservateur, Fratelli d’Italia, ne cache pas son opposition à la liberté d’avorter. Un droit inscrit dans la loi, depuis 1978, mais qui pourrait se voir bientôt restreint, alors qu’avorter est déjà particulièrement compliqué dans la très catholique Italie. Le reportage de Blandine Hugonnet.
Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis (à g.), et son opposant démocrate, Charlie Crist (à dr.). AP – Rebecca Blackwell
À moins de deux semaines du vote des élections de mi-mandat aux États-Unis, les démocrates veulent faire du droit à l’avortement l’un des principaux axes de campagne après son annulation par la Cour suprême. Un sujet sur lequel les républicains font plutôt profil bas. Illustration lors du débat télévisé entre le gouverneur de Floride Ron DeSantis, souvent présenté comme le successeur de Donald Trump, et son rival démocrate.
Salvador: Beatriz voulait vivre, peut-on lire sur le foulard, qui réclame justice pour cette jeune femme condamnée pour avortement. Manifestation à San Salvador, le 18 octobre 2022. REUTERS – JESSICA ORELLANA
Poursuivie pour homicide pour avoir accouché d’un bébé mort peu après la naissance, une Salvadorienne a obtenu l’abandon de l’action judiciaire par un juge. Le Salvador a une loi anti-avortement extrêmement répressive, soutenue par la puissante Église catholique.
Discours de Laurence Rossignol à l’occasion de la Journée internationale des Femmes, le 8 mars 2017. (ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA / SIPA)
Le rejet d’un amendement de la sénatrice PS, qui proposait d’offrir une protection aux victimes de violences conjugales dès la présence de menaces, a suscité sa colère dans l’ambiance feutrée du palais du Luxembourg.
Des femmes crient des slogans de soutien aux femmes iraniennes, à Barcelone, le 4 octobre 2022. REUTERS – NACHO DOCE
Depuis presque trois semaines, malgré la répression, des Iraniennes et Iraniens contestent le régime, faisant du port du voile obligatoire pour les femmes un symbole de l’oppression. À l’étranger, des Iraniens expatriés ou en exil se mobilisent aussi : manifestations, présence sur les réseaux sociaux. Entre engagement en faveur d’un changement et obstacles liés à la distance.
Une manifestante défend le droit à l’avortement dans une manifestation lors de la Journée internationale pour les droits des femes, à Rio de Janeiro (Brésil), le 8 mars 2022. (MAURO PIMENTEL / AFP)
À deux jours du scrutin, Lula, candidat de gauche et ancien président, tentait de ramener à lui les électeurs évangéliques qui avaient massivement voté Bolsonaro en 2019. Mais en évoquant la question de l’IVG, il a pris un risque politique comme l’a constaté notre envoyée spéciale à Rio.
Des manifestants à Tokyo brandissent des photos de Mahsa Amini lors du « Rassemblement de la liberté pour l’Iran » Philip FONG AFP
Des Iraniens basés à l’étranger et leurs partisans se sont rassemblés samedi dans des villes du monde entier en solidarité avec les manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini sous la garde de la célèbre police des mœurs du pays.
Giorgia Meloni la cheffe de file du parti d’extrême droite ratelli d’Italia lors d’un meeting à Ancône le 23 août 2022. AP – Domenico Stinellis
Alors que le parti post-fasciste italien Fratelli d’Italia est donné en tête aux législatives de dimanche prochain en Italie, l’inquiétude grandit, notamment au sujet quant à la vision de l’extrême droite sur la place des femmes dans la société. Reportage à Bologne.