Dans l’actualité de ce 31 mars: fin de la trêve hivernale



« On va punir les ménages » au lieu d’être « dans une logique de prévention », déplore la Fondation pour le logement des défavorisés.

Les expulsions vont reprendre avec la fin de la trêve hivernale. Les mères seules avec un enfant, sont de plus en plus touchées, observe la Fondation.



 

Mais aussi


Allô l’Arcom ? C’est encore pour CNews

La chaîne TNT, vaisseau amiral des médias Bolloré, a une spécialité : lancer des campagnes de haine contre telle ou telle personnalité. Depuis son élection à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI) subit un déluge d’insanités racistes. Dans « Le Procès Bolloré », le livre du FPL publié le 19 mars, d’autres personnes expliquaient parfaitement cette mécanique infernale.




 

Payés moins de 6 euros de l’heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des livreurs


Un livreur sur deux a des symptômes dépressifs, les accidents du travail sont courants mais ignorés… Une nouvelle étude inédite par son ampleur détaille les dégâts sur la santé du monde ubérisé des plateformes de livraison. Témoignages.



 

Crise de l’énergie : le retour en grâce de l’E85, le «carburant malin» au bilan environnemental controversé


Carburant l’argent. Face à la flambée des prix à la pompe, le superéthanol E85 attire les automobilistes en quête d’économies. Un mauvais pari, tant pour leur portefeuille que pour l’environnement et notre souveraineté alimentaire. Explications.



 

Le renforcement des contrôles policiers rend la traversée de la Manche plus mortelle, selon des chercheurs


Dans une étude publiée la semaine dernière, des chercheurs britanniques et l’organisation Border Forensics ont disséqué la politique migratoire menée à la frontière entre le Royaume-Uni et la France ces dernières années. Selon eux, l’augmentation des décès est directement liée au renforcement des contrôles.



 

Les dangers des réseaux sociaux enfin reconnus par la justice

Les 24 et 25 mars deux décisions de justice (Nouveau Mexique, Californie) marquent un tournant dans la reconnaissance des dangers des réseaux sociaux. Meta et Instagram ont été condamnés pour des contenus addictifs avec des conséquences psychologiques.

L’accusation a porté sur la façon dont les plateformes captent l’attention des jeunes pour augmenter le temps passé afin de générer davantage de profits publicitaires au détriment de leur santé mentale. Même si les montants des condamnations restent symboliques, les décisions pourraient enclencher une dynamique capable de fragiliser la défense des géants de l’Internet, fondée jusqu’ici sur l’irresponsabilité et la neutralité technologique. Uniquement en Californie, plus de 3000 procédures sont en cours d’instruction.

Ces jugements font résonance avec des décisions prises en Australie, bientôt suivies par le Royaume-Uni, la Malaisie. La France prend des initiatives pour encadrer l’usage des smartphones. Partout les alertes sanitaires se multiplient poussant les réseaux sociaux à ne plus ignorer les dommages de leur modèle économique.

Signal utile pour les adultes, médecins, enseignants, parents souvent démunis face aux usages intensifs des réseaux.

Rapport de force inversé, les géants de l’Internet savent désormais qu’ils ne peuvent plus se dispenser d ‘une éthique de la responsabilité.

Tiré du Monde du samedi 28 mars 2026

JC


L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans débattue ce mardi au Sénat

Le Sénat, qui penche à droite, ne remet pas en cause l’objectif général du texte adopté à l’Assemblée nationale. Mais il subsiste un différend quant à la rédaction de cette loi.



 

Moyen-Orient

 

Israël légalise la peine de mort pour les Palestiniens


Les députés israéliens ont adopté une loi instaurant la peine de mort pour les « terroristes » palestiniens. Est visée toute personne reconnue coupable de meurtre commis « dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël ». Car « il n’y a pas de terroriste juif », justifie l’auteure de la proposition de loi.



« Zone tampon et de sécurité », ressource en eau… Que cherche à conquérir Israël au sud du Liban?

Le ministre israélien de la Défense Israel Katz a annoncé ce mardi 31 mars « le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu’au Litani », au Liban. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait ordonné ce dimanche 29 mars l’extension de sa « zone de sécurité » au sud du pays. La région, déjà occupée par Israël entre 1978 et 2000, revêt une importance stratégique et religieuse pour certains. 



 

Dans l’audiovisuel, un tapis rouge pour l’ambassadeur d’Israël


Au lendemain de l’agression israélo-américaine contre l’Iran, le 28 février 2026, l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, débute une intense tournée médiatique. Propagande à foison, invisibilisation des victimes, contradiction atone : on pensait avoir tout vu, tout entendu. C’était sans compter une séquence inédite, qui se répétera sur trois plateaux différents en dix jours…




 

Iran : L’armée intensifie l’enrôlement d’enfants



Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran mène actuellement une campagne visant à recruter des enfants dès l’âge de 12 ans pour qu’ils s’engagent volontairement en tant que « combattants pour la défense de la patrie », a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Le recrutement et l’utilisation d’enfants à des fins militaires constituent une violation grave des droits des enfants, et un crime de guerre lorsque les enfants ont moins de 15 ans.

Stop au massacre en Palestine !

Manifestation ce matin à Troyes à l’appel du collectif aubois pour la Paix

MBK



Depuis pratiquement 2 ans et demi des Palestiniennes et Palestiniens meurent sous les bombes.

En janvier 2026, le ministère de la Santé de Gaza estime qu’au moins 71395 personnes ont perdu la vie dans la bande de Gaza, soit une personne sur 31. Ces chiffres rapportés et sont tenus pour sûrspar les Nations Unies, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et différentes organisations internationales. La grande majorité des victimes sont des civils et comparé à ceux d’autres conflits mondiaux récents, le nombre de décès de journalistes, de travailleurs humanitaires et de santé, ainsi que d’enfants, est parmi les plus élevé. Selon les Nations Unies, la bande de Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, dès décembre 2024. On estime que des milliers d’autres corps restent très probablement ensevelis sous les décombres des bâtiments détruits.

À ces morts viennent s’additionner des dizaines de milliers de victimes de l’insoutenable situation sanitaire et alimentaire de Gaza. Plus de 85 % de la population de Gaza a été victime de déplacements forcés.

Depuis l’accord de cessez-le-feu, signé le 10 octobre entre Israël et le Hamas, le plan Trump se met en marche, les otages israéliens ont été libérés. Mais comme il fallait s’y attendre, le cessez le feu n’est pas effectif. Israël ne cesse de le violer. “Dès que le Hamas aura libéré les otages, la guerre s’arrêtera” nous a-t-on répété inlassablement dans les médias. Aujourd’hui, toute la fausseté de cet argument éclate au grand jour.

Aujourd’hui encore, la propagande israélo-trumpienne ne doit pas nous leurrer. La situation à Gaza reste celle d’un génocide fait de la combinaison du blocus, du refus d’entrée des biens essentiels et d’une malnutrition orchestrée. Nous assistons à un étranglement du peuple palestinien, un génocide organisé froidement et méthodiquement sur fond de l’annonce d’un cessez-le-feu qui n’est en aucune manière effectif.

MBK



En seulement 3 mois, le nombre total de morts sous la mitraille s’élève à plus de 529 dont plus de cent enfants selon l’UNICEF. A ces morts directes, il faut additionner tous ces malades, qui ne sont pas soignés, en raison de la destruction des infrastructures de soin ; pas soignés parce qu’Israël empêche leur exfiltration de l’enclave.

Les médicaments ne rentrent toujours pas, laissant à l’abandon, entre autres, des centaines de milliers de malades chroniques. Nous assistons à une politique délibérée d’organisation de la famine : seule une centaine de camions pénètrent dans l’enclave, là où il en faudrait 600 pour respecter le prétendu plan de paix trumpien.

En janvier 2026, l’UNICEF rapportait que le froid hivernal causait des décès par hypothermie chez les enfants déplacés.

Les faits sont là : la « pax americana » n’est que la couverture de la poursuite méthodique, froide et implacable de l’extermination du peuple palestinien et de l’expulsion de ses terres.

Les images de tentes noyées sous la pluie, sous la boue ne cessent de nous parvenir.

Il faut se rendre à l’évidence : le génocide est toujours en cours avec son cortège de souffrances et de morts.

À ce constat sur la situation à Gaza, nous ajoutons la situation en Cisjordanie. C’est par dizaines qu’on compte les Palestinien nes tués sous les raids israéliens et sous les tirs des colons juifs israéliens. Sur la seule journée du 3 février, 30 civils palestiniens ont été interpellés. Ils rejoignent ainsi les plus de 210 000 cas d’arrestations enregistrés depuis octobre 2023. S’y ajoute une politique systématique de destruction des terres agricoles ainsi que des maisons des familles palestiniennes. Les déplacements forcés de la population se poursuivent.

Le plan américain n’attaque en rien la racine du problème : l’expulsion des Palestinien nes de leur terre. Il ne s’attaque en rien à la cause profonde de la violence : le siège, l’occupation et le nettoyage ethnique perpétrés par Israël.

Le plan de Trump, Netanyaou et de leur complices n’a que pour objectif l’accaparement des ressources vitales (eau, terres agricoles) et d’intérêts énergétiques et financiers.

Son plan de mise sous tutelle de la bande de Gaza et de ses habitants, empreint d’une logique coloniale, piétine le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

MBK



Nous lançons un cri d’alarme : le génocide est toujours en cours. Ce qui est en jeu, c’est l’extermination d’un peuple massacré et expulsé de ses terres. D’ores et déjà, c’est par dizaines de milliers que nous comptons les morts. Le plan Trump ne fait qu’organiser la poursuite du génocide et s’il n’y est pas mis obstacle, c’est en centaines de milliers que le sinistre décompte devra se faire.

Chaque silence, chaque renoncement contribue à l’affaiblissement du droit et ouvre plus grande la porte à la barbarie.

En n’appliquant pas fermement le droit international et en ne sanctionnant pas ses violations, la communauté internationale cède à la loi du plus fort et entérine la barbarie qui s’exerce depuis plus de deux ans à Gaza et dans un certain nombre de pays dans le monde.

Nous affirmons qu’une paix durable ne pourra se réaliser qu’en garantissant le droit au retour des Palestiniens et la reconnaissance effective de leur droit à l’autodétermination.

Nous affirmons que l’avenir des Palestiniens doit être décidé et construit par eux même, que seules l’égalité des droits et la justice apporteront une paix juste et durable.

Nous affirmons que le plan Trump n’ayant qu’une perspective pro-israélienne ne fournit rien d’autre qu’un horizon de guerre permanente à tous les peuples de la région.

Nous affirmons que l’urgence de l’heure est de faire cesser le massacre !

Pour ces raisons, nous appelons à rejeter ce plan et nous exigeons :

  • un cessez-le-feu total et définitif et la fin du génocide,
  • l’entrée sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza
  • la reconstruction sous direction palestinienne
  • l’entière auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin
  •  le droit au retour des réfugiés palestiniens et la fin de l’occupation et de l’apartheid, conformément à la résolution de l’ONU.

Nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :

L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.

L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants utilisés pour le montage d’armes

L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports

L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.

La suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.


La LDH de l’Aube tient à préciser qu’elle reste fidèle à ses engagements pour défendre le peuple palestinien au sein du collectif, ainsi qu’à sa volonté de dénoncer toutes les violations des droits humains et des crimes contre l’humanité. La LDH ne tient pas à remettre en cause le collectif. Etant en relation avec des réfugiés d’Iran, elle sait combien ceux-ci ont besoin de soutien. Elle s’associe au MRAP pour déclarer:


Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !

Soutenons tous les peuples victimes de la guerre et de l’arbitraire !

Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.

À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.

Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.

Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.

La répression aurait fait plus de 30 000 morts.

Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.

Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.

Les Iraniens et les Iraniennes sont seul-es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.

Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.

Nous exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.

Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté.

Solidarité avec tous les peuples victimes de la guerre, de la tyrannie, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, partout dans le monde.

Nous dénonçons toutes les atteintes aux droits humains et aux violations du droit international.

À bas les dictateurs !

Femmes, vie, liberté vit et vaincra !



Prochaine manifestation à Troyes pour la Paix partout dans le monde vendredi 20 février.


Azadeh* l’Iranienne, rebelle et résignée

Propos recueillis par Rémy Dufaut




On entend souvent dire qu’il ne faut pas écouter les exilé(e)(e)s iranien(ne)s qui ne sont pas sur place et ont donc une vision de la réalité plutôt faussée, ne vivant pas dans leur chair la répression des mollahs et du fait de l’absence d’informations leur parvenant.

Toutefois, celles et ceux-ci font preuve d’un ressenti où la douleur et l’angoisse sont omniprésents.

Une jeune femme iranienne, que nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer durant nos différentes activités, a accepté de nous confier la réalité de ce qu’elle a vécu, de son adolescence à maintenant, ainsi que l’angoisse qui l’étreint aujourd’hui pour sa famille et ses ami.e.s demeurés en Iran, à la lumière de ce qu’elle sait de leur vie dans un pays dont les dirigeants ont déclaré la guerre à son propre peuple.

Elle tient à garder l’anonymat pour d’évidentes questions de sécurité et pour préserver son fils, grand adolescent qui vit avec elle. Nous l’appellerons Azadeh*.

Elle a obtenu la protection subsidiaire de la France à la fin de l’année 2013, faute d’un statut de réfugiée politique et n’envisage pas le moins du monde de retourner dans son pays. Elle exerce une profession artistique depuis la fin de ses études. Elle a trouvé à Troyes la possibilité de la poursuivre sans entrave.

Nous nous efforçons de restituer la parole dAzadeh telle qu’elle nous l’a délivrée. Nous nous abstiendrons d’analyser le discours et d’essayer de l’interpréter. Ses mots se suffisent à eux-mêmes.

***

Azadeh, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis née juste après la révolution islamiste. Je n’ai jamais été faite pour vivre dans cette société. C’étaient des complications, des problèmes liés à mes pensées, mes activités. J’avais interdiction d’exercer mon activité artistique. J’ai donc quitté l’Iran avec mon fils.

Les membres de la famille de mon ex-mari étaient policiers. J’étais en direct là-dedans. C’était très difficile. En Iran, quand on est une fille, on est éduquée pour être soumise, que ce soit à l’école ou dans la famille, on doit écouter tout d’abord le père, le frère, puis le mari. Parfois, certaines, comme moi, sortent du lot et posent la question : pourquoi ? Or en Iran le « pourquoi ? » ne passe pas. On n’a pas le droit de poser des questions, qu’elles soient religieuses ou autres. Les cours de religion sont obligatoires pour pouvoir continuer des études. Poser des questions, c’est aller contre la volonté de Dieu.

C’est-à-dire qu’une adolescente qui commence à découvrir le monde avec mille points d’interrogation, doit enterrer tout. On n’a pas le droit de poser la moindre question.

J’étais déjà une rebelle dès l‘adolescence dans ma famille. Je suis différente de ma mère et mes sœurs. Je suis née comme ça. Le sens du féminisme m’échappait. Je ne connaissais pas la signification du mot. Je ne pouvais donc pas dire que j’étais féministe mais j’étais pour l’égalité femmes-hommes, sans le savoir vraiment, dans cette société. Je suis née juste après la Révolution islamiste, donc fermeture totale du pays. Quand une fille commence à poser des questions : « pourquoi c’est mon père qui doit m’autoriser » et puis « pourquoi c’est mon mari. » Tout ça, ça ne passait pas.

Ma mère me disait : « Toi, je ne sais pas ce que j’ai fait au bon Dieu, tu vas poser beaucoup de problèmes. » Elle était inquiète pour moi. Pour mes pensées. Et comme j’ai été élevée par mes frères, je ne leur demandais jamais l’autorisation, je faisais beaucoup de choses en cachette.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, c’est mon devoir de parler. Alors pourquoi pas aujourd’hui dans un pays libre ? Pourquoi je ne m’exprimerais pas ? De quoi aurais-je peur ? Il y beaucoup de pourquoi. Pourquoi je ne profiterais pas de l’occasion. En Iran je ne le pouvais pas mais j’ai toujours voulu faire quelque chose, surtout pour les femmes.

Jusqu’où pouviez-vous aller en Iran dans votre rébellion contre cette situation du statut des femmes ? Quelles étaient les possibilités pour vous de vous exprimer ?

C’est une bonne question. Je ne me la suis jamais posée. De toute façon, je continuerai autant que je peux. Quand je serai sûre que mon fils sera autonome, qu’il pourra se débrouiller seul ça sera différent. Il a 17 ans, j’ai envie de le protéger, il n’a pas demandé tout ça. En Iran beaucoup de jeunes moins âgés que lui ont été tués. Je pourrais crier ma révolte. Mais je suis une mère. Comme toutes les mamans en Iran je veux protéger mon enfant.

Y a-t-il à Troyes une communauté iranienne avec laquelle vous êtes en contact ?

Oui, il y a une communauté mais malheureusement je n’ai pas de contact. Encore une fois, on revient à ma personnalité rebelle, femme libre iranienne qui n’accepte pas cette société iranienne. Mais je ne pense pas qu’ils acceptent cette situation. Quand on quitte l’Iran, c’est nécessairement parce qu’il y a un problème. Je ne sais rien d’eux mais cela reste malgré tout une tradition. Une femme célibataire, moderne, ouverte, c’est mal vu. C’est un peu compliqué. C’est pour ça que je me suis mise à l’écart. C’est pour cela que mon fils et moi avons une vie assez calme, tranquille. Nous pouvons vivre tranquilles, en en liberté. C’est pour cela que je n’ai pas de contacts avec les autres Iraniens mais j’ai quand même beaucoup d’amis français, adorables, qui sont là pour moi. Je n’ai jamais eu besoin de chercher davantage.

Avez-vous encore de la famille, des amis en Iran ?

Oui, j’ai deux frères aînés avec leur famille. J’ai aussi des amis encore là-bas. Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers temps, surtout depuis que l’internet est coupé. Hier soir, pour la première fois, j’ai reçu un appel de ma nièce. L’internet commence à être rétabli dans certaines villes. Pour ma ville natale, ça a été un peu plus tardif. Ma nièce seule a pu m’appeler, personne d’autre. Elle était en pleurs, elle criait. C’est seulement maintenant que l’on sait ce qui s’est passé en Iran. Il s’agit d’un génocide. Mais eux-mêmes ne savaient rien de la réalité. Ils savaient qu’il y avait des tortures, mais rien de la gravité de la situation. Ils ont vécu des moments très compliqués. Elle m’a raconté qu’avec sa sœur, elles étaient sur leur balcon et les policiers leur ont tiré dessus, les ont insultées grossièrement. Il s’agit d’une armée. Ce ne sont plus des policiers, c’est l’armée qui est dans la rue. Ils tirent sur tout le monde. Elles ne se seraient pas jetées à terre, ne sachant pas qui les tirs visaient… Ils tirent sur les immeubles. C’est comme la torture, c’est pour faire peur. Pour eux tout le monde est coupable. Si vous sortez regarder les manifestants, vous êtes coupable. Dans leur immeuble, un des voisins a ouvert la porte aux manifestants pour les abriter. Il a été dénoncé. L’armée est entrée en cassant les portes pour arrêter les gens.

Il n’est pas prudent de rester dans les pièces avec des fenêtres. Ils tirent sur les façades.

Mais ils veulent éliminer leur peuple ? Qu’est-ce qui motive cela ?

Je ne sais pas. Mes deux nièces, avec un enfant de 6 ans se sont serrées l’une contre l’autre en hurlant. Dans la rue, il faut déjà se justifier pour aller faire les courses. Alors, imaginez pour manifester… L’armée a pris les rues. Si vous sortez, vous voyez la guerre. Ça rappelle les images que j’ai vues de la deuxième guerre mondiale. C’est une guerre du gouvernement contre le peuple. Le peuple ne veut pourtant que la liberté. Il ne souhaite qu’une vie paisible comme tout le monde. On ne mérite pas ça.

On parle aujourd’hui de 12000 morts mais il s’agit en fait de beaucoup plus que ça. On est incapable de donner des chiffres précis. Ça pourrait aller jusqu’à 30000 ou 40000… Un jour, on saura mais pas bientôt. Toutes les communications étaient coupées. Quand tout va revenir on va voir l’ampleur de ces crimes de guerre, de ce génocide, je n’ai pas peur de le dire. Ça n’est pas une surprise. On n’arrête pas de crier à l’aide. Cela fait des années que le peuple iranien appelle de l’aide au niveau international. On savait que ça devait arriver. Mais on ne savait pas jusqu’où ils peuvent aller. Ils sont capables de mettre une bombe dans la rue. L’armée est capable de tout aujourd’hui.


Le peuple iranien appelle les nations à l’aide. Hormis Trump qui avait menacé d’attaquer les mollahs mais s’intéresse maintenant à autre chose, qui peut vous venir en aide ?

Oui, une fois de plus on est déçu. Les Etats Unis avec Obama ont tourné le dos alors qu’il avait les moyens d’intervenir. C’était alors le Mouvement Vert [1]. Il y a 16 ans déjà, on interpelait Obama. Trump a dit : « une personne est morte c’est déjà beaucoup ». Mais as-tu entendu quelque chose ? Il y a des milliers de morts. Qu’attend ce gouvernement qui dit que les limites sont dépassées ? Dans un autre pays, cela se serait-il passé comme ça ? Des intérêts sont en jeu. En Iran les ayatollahs doivent rester encore. Parce que ce sont nos intérêts avant tout. C’est le pétrole, le gaz. Si je change le gouvernement iranien, qu’est-ce que ça change ?  Rien du tout. Tout le monde sait ce qui se passe en Iran mais il vaut mieux que les ayatollahs restent. Beaucoup de pays y ont des intérêts, du Moyen-Orient comme les pays occidentaux. C’est pour cela qu’ils ne réagissent pas. Ce n’est pas parce qu’ils les aiment qu’ils tolèrent les ayatollahs. Je ne comprends pas pourquoi les Etats-Unis pourraient intervenir en Irak, en Afghanistan… Mais en Iran, on néglige quand même les peuples qui devraient décider. Je suis désolée, le peuple devrait décider. Mais vous voyez qu’il y a une armée. Le peuple ne peut rien faire, il n’a aucun pouvoir.


Les Etats Unis sont intervenus au Venezuela, pour en réalité récupérer les ressources pétrolières. S’ils intervenaient en Iran, n’y a-t-il pas un risque qu’ils y fassent la même chose ? Récupérer les ressources iraniennes, ce n’est peut-être pas ce que souhaite le peuple.

Vous savez, il faut toujours payer pour avoir quelque chose. Vous savez, si je reviens à moi, pour ma liberté, j’ai payé cher. Vous voyez la vie dure que j’ai vécue. Mais ça le méritait parce que c’était pour ma liberté. Ça n’est que ma petite personne, moi, juste une personne. Aujourd’hui, si on parle d’un pays, d’un peuple, malheureusement, on doit payer, on le sait. Parce que vous croyez qu’aujourd’hui on ne paie rien ? Savez-vous combien de milliers, de milliards nous doivent les Etats-Unis, l’Angleterre ? Le gouvernement iranien leur dit : « OK tu peux le garder mais tu nous protèges. » Savez-vous combien d’armes, à l’époque du Shah, à la fin, ont été achetées par le Shah d’Iran ? Ce qui a constitué aussitôt une révolution ou plutôt un coup d’état et du coup, car les armes n’ont jamais été livrées à l’Iran. Et ça fait 47 ans. On n’a vu ni l’argent ni les armes. Vous voyez tout cet argent qu’on a payé pour juste protéger ce gouvernement. Aujourd’hui, on veut bien payer mais pour être un peu plus libre. Aujourd’hui, on paie pour le Liban pour la Palestine, pour protéger le Hamas, Daech en Irak…

La plupart de l’armée qui contrôle les rues en Iran ce sont des soldats du Hamas, d’Afghanistan, d’Irak… Ce n’est pas vraiment les Iraniens. Un soldat iranien risque la pendaison parce qu’il n’a pas respecté les ordres. Il a refusé de tirer sur ses compatriotes et risque la mort. Ceux qui tirent, ceux d’Irak, d’Afghanistan, sont payés avec cet argent. Si on doit payer pour notre liberté… il faut payer malheureusement.

Il y a un prix à payer mais vous seriez prête à tout donner ? A tout sacrifier ?

Bien sûr, ce ne sera pas à mettre… comment dire ? en charité…non, je ne retrouve plus le mot… C’est juste pour vous dire que oui, on sait que c’est un prix à payer.

Vous voulez parler d’un sacrifice ?

Non, oui, le sacrifice, c’est déjà le cas. Il y a des milliers de morts aujourd’hui. Le peuple se sacrifie.

Que souhaiteriez-vous aujourd’hui pour l’Iran ? que quelque chose se passe ?  Qu’un régime démocratique s’installe ?

Mais bien sûr, c’est le rêve de tout le monde.

Il s’agirait alors d’une nouvelle révolution, menée par le peuple ?

Menée par le peuple, oui. Mais contre une dictature, on ne peut pas. Les gens, ça fait des années qu’ils manifestent dans la rue. Mais cette fois-ci ça ne s’était jamais vu. Cette fois-ci ça n’était pas une manifestation, c’était une révolution. C’était vraiment pour renverser le régime. Les autres fois, on se battait pour la liberté, pour l’économie, mais on n’avait jamais vu ça depuis 47 ans.

Le mouvement Femme, Vie, Liberté a été très fort. On en parle encore. Mais cette fois, ce sont les commerçants du bazar qui ont initié le mouvement et qui ont été rejoints par les étudiants et le peuple s’est rallié. Maintenant c’est tout le monde qui lutte. Ce ne sont plus les femmes et ceux qui les soutenaient. Aujourd’hui, le mouvement est très étendu. Il y a donc un espoir en route.

C’est ça. On ne peut plus reculer aujourd’hui. Avec tout le sang versé dans la rue. Même si tous les gens sont rentrés à la maison, parce que dans la rue, maintenant, c’est l’armée. On ne peut plus reculer. Je suis certaine qu’il y aura une autre occasion. Les gens vont sortir.

Mais il y a eu tellement de sacrifices, les gens sont morts pour rien. Cette fois-ci le monde entier a vu qu’il s’agit d’une dictature qui n’a pas de limite pour rester au pouvoir. Ils ont tué un enfant de 3 ans. Ils ne regardent même pas qui ils tuent. C’est tellement facile avec les fusils. Un enfant de 3 ans, une femme de 70 ans. On ne sait pas. Ils ferment les yeux. Tu es là. Même si tu ne fais pas partie de la manifestation, si tu sors d’un magasin, ils tirent sur toi. Tu es mort. Le monde entier a vu la gravité de ce qui s’est passé. On sait que les gens ne peuvent pas seuls, ils ne peuvent pas. Ils ont vraiment besoin d’aide de l’extérieur.

Il faudrait une aide extérieure pour que les mollahs soient chassés.

Il faut qu’ils paient pour ce qu’ils ont fait. Mais comme malheureusement je n’y crois plus. Les Nations Unies, les droits de l’Homme franchement, je n’y crois plus. Les droits de l’Homme, ça existe quand on a envie. Quand on n’a pas envie, on ferme les yeux et ça n’existe pas. On a fermé les yeux et les oreilles sur le peuple iranien.

Mais il existe de nombreuses organisations de défense des droits humains qui s’en préoccupent.

Oui. Mais quand je parle de ça, je veux parler des grands pouvoirs, des Nations Unies… Bien sûr, si aujourd’hui je suis là c’est parce que vous voulez aider, vous voulez faire quelque chose, bien sûr. Mais je vise les grands pouvoirs.

Mes amis français depuis le début sont de mon côté. Ils m’appellent tout le temps, m’envoient des messages de soutien au peuple iranien. Moi je vise les grands pouvoirs. On se sent abandonné.

Une seule petite lueur d’espoir quand même ?

Mais on avait l’espoir. Les gens ont réclamé. Trump a dit : « Écoutez-moi, je suis prêt pour vous aider. » C’était de l’espoir pour nous. Tout le monde à ce moment-là s’est senti protégé cette fois-ci. On savait qu’il y aurait des morts. Mais pas des massacres, un génocide. Il a joué tellement avec le moral des gens. Ça fait 3 semaines. On a oublié l’Iran parce qu’il n’y a plus de manifestations. Les gens ne sont pas dans la rue. Parce qu’il y a l’armée dans la rue. Le service militaire est obligatoire 2 ans en Iran, de 18 à 21 ans. Un soldat mais… Mon fils va voir 18 ans. C’est un gamin ! Il ne peut pas tuer les gens. Donc il risque la mort. S’il refuse de tirer il risque la mort.

On a oublié aujourd’hui. Il n’y a personne dans la rue. On passe à Gaza, on passe en Palestine. Je suis un peu jalouse. On a tellement parlé de Gaza, on en parle toujours. Pourquoi ? Oui, c’est les Juifs contre Gaza. Donc il faut aussi détruire les Juifs en même temps. Vous comprenez ? Alors que l’Iran…

De toute façon, il faut quand même que ça devienne plus stable au Moyen-Orient. C’est l’Iran qui est au centre de cette déstabilisation. Donc, si tout va bien en Iran, s’il est ami avec Israël, ben non, il n’y a plus d’intérêt.

Donc, les pays occidentaux profitent de cette déstabilisation ?

Bien sûr. Regardez les pays occidentaux. Que font les Américains au Qatar ? L’Iran est un pays dangereux, donc on doit rester là pour protéger les pays arabes. Il y a des milliers d’excuses. L’Iran est l’ennemi d’Israël. Donc on doit être là pour les protéger. L’Iran fait ci ou fait ça. Il y a toujours une excuse.

Le droit international interdit de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays. L’ingérence étrangère ne peut s’appliquer à aucun pays, à l’exception d’interventions humanitaires.

Mais on sait aussi qu’existe la loi R2P [2]. L’Iran est une civilisation assez cultivée, on sait qu’un pays ne peut se mêler des affaires d’un autre pays, mais on sait aussi que ce cadre existe. Le peuple iranien est éloigné du gouvernement. La culture perse est toujours là, malgré les efforts du gouvernement pour effacer cette culture pour la remplacer par la culture musulmane, arabe. Mais les gens restent des Perses. Ils essaient d’imposer l’Islam alors que ce n’est pas l’Islam… Au nom de l’Islam on interdit tout.

L’islamisme n’est pas l’Islam…

Non, bien sûr. Donc on sait que dans le cas de l’Iran, les autres pays pouvaient aider le peuple avec cette loi R2P. Malheureusement, ils ne l’ont pas fait. Ils ont laissé faire. Bon, ben tout va bien. Nous étions très inquiets pour les Iraniens mais bon… Aujourd’hui, les Iraniens sont à la maison, parce qu’il y a l’armée dans la rue. Il ne faut pas sortir.

On se trouve dans une espèce d’impasse.

Voilà, c’est ça. On vit dans une situation de guerre. Ma nièce me disait : « tout est limité, pour les courses, on essaie de faire le maximum pour ne pas sortir. » C’est compliqué. Tout le monde est visé. Que l’on soit médecin, femme au foyer, étudiant, il n’y a pas d’exception.

Mais qu’attendent du peuple iranien ces ayatollahs, qu’il meure chez lui d’inanition de faim ? que veulent-ils ?

Ils veulent rester au pouvoir à tout prix. S’il faut massacrer tout le monde, ils massacrent tout le monde. S’il ne reste un jour pas un Iranien, ben tant pis. On va les remplacer par les Arabes. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Si vous allez au sud de l’Iran, vous ne savez pas si vous croisez un Iranien ou un Arabe. Vers la frontière afghane, vous ne savez pas qui est Iranien qui est Afghan. Tous ces gens qui ne sont pas des Iraniens s’en foutent.

Ce n’est pas le peuple, ces gens, qui sont à l’origine de tous ces problèmes. Ce sont les mollahs.

Bien sûr. Ce sont les ayatollahs, c’est le gouvernement.

Je sentais une petite pointe d’animosité quand vous disiez qu’on ne sait pas qui est Iranien et qui est Arabe.

Non, quand je dis ça, les Iraniens, ce sont des Perses, vous voyez ? C’est une culture différente et c’est une race différente aussi. Ce ne sont pas des Arabes. Je ne veux pas dire que les uns sont mieux que les autres. Ce sont deux peuples complètement différents, avec deux cultures totalement différentes. Nous, nous sommes limités par la loi iranienne, mais le peuple est très moderne, très ouvert d’esprit. Alors que quand vous allez dans un pays arabe, la loi leur autorise beaucoup de choses mais dans leur mentalité, c’est fermé. C’est ça la différence. Eux, ils ne sont pas limités par le gouvernement mais c’est leur mentalité. Nous, nous sommes limités mais…

On n’est pas là pour parler des autres pays. C’est pour vous dire que nous sommes un peuple assez ouvert d’esprit et moderne. C’est ça que le gouvernement ne veut pas. C’est ça que j’essaie de vous dire.

C’est vrai qu’il peut y avoir des mélanges, pas des purs Iraniens, beaucoup de mélanges, beaucoup d’étrangers, pour vraiment apporter beaucoup de choses.

Quand un étranger n’est pas content, le gouvernement lui dit : « tu rentres chez toi ». C’est comme ça partout.

C’est pour ça qu’ils ramènent beaucoup d’étrangers. Mais ça n’est pas ça qui nous dérange. Ce qui nous dérange, c’est le régime qu’on ne peut plus supporter. On veut absolument changer. L’espoir, c’est le changement.

Un référendum, la démocratie, avec les ayatollahs, c’est impossible. On a tout essayé.

Aujourd’hui, c’est le changement de régime que nous voulons.

Même si la démocratie est en crise dans le monde entier, il existe des pays où elle encore présente. Il y a des gens qui sont prêts à interpeller leurs gouvernements pour qu’ils interviennent auprès des instances internationales en prenant leurs responsabilités.

Depuis le début je ne suis pas seule. J’ai toujours eu tous mes amis à côté de moi, à me soutenir, ça me réchauffe le cœur. Quand la LDH m’a contactée, j’avais les larmes aux yeux. Il y a des gens qui soutiennent le peuple iranien. Je n’ai pas de pouvoir mais rien que ça, le soutien, un message, une pensée pour le peuple iranien, rien que ça, c’est important. Quand on me demande « Azadeh, qu’est-ce qu’on peut faire pour toi ? ». On ne peut rien faire mais on peut parler. Ne pas laisser les gens dans l’oubli…

Aujourd’hui, les rues sont calmes, mais c’est parce qu’il y a une armée qui, dès que les gens sortent, ils les tuent. C’est notre devoir de ne pas oublier les gens qui sont morts depuis le début.

Dans les médias, on n’en pas parlé comme il fallait. L’interview que j’ai faite avec le journal local, j’ai subi une petite censure. Ce n’est pas grand-chose. Quand on m’a demandé « Pour qui êtes-vous si le régime tombe ? » quand j’ai dit « pour le Prince » [3], ça n’a pas été écrit. Je ne l’ai pas lu. Elle m’a demandé si je pensais qu’il fallait faire la guerre en Iran, comment on peut aider… J’ai répondu que je ne suis pas politicienne, je suis une artiste iranienne, qui a vécu en Iran des choses horribles. Aujourd’hui, c’est mon devoir de parler.

La seule chose que je peux vous dire c’est qu’à l’époque en 1979, comment ont-ils pu aider Khomeini sans faire la guerre ? Ce n’était pas la France ? Dans les médias, parfois, il ne faut pas que les gens sachent un certain nombre de choses.

Vous pensez que ce serait le Prince Reza Pahlavi qui pourrait apporter la solution ?

Oui. Nous n’avons plus confiance dans les gens qui sont au pouvoir aujourd’hui. Il y a un autre parti politique qui s’appelle Moudjahiddines Khalq [4] mais c’est la République islamique qui a gagné la bataille. Aujourd’hui ils sont encore en activité mais personne ne veut d’eux. C’est la même chose que la République islamique. On appelle ça une République. Mais qu’est-ce une république ? On a un guide suprême qu’on ne peut pas changer. N’est-ce pas un roi ? N’est-ce pas l’empire perse ? En fait, seul le nom a été changé en « république ». On a remplacé le Chah d’Iran par le guide suprême.

Vous ne souhaitez pas une république laïque, qui ne soit pas religieuse, comme en France et dans les pays démocratiques ?

Oui, bien sûr. Le Chah n’a pas été renversé par le peuple iranien. Il a été renversé par quelques pays sur un coup d’état. C’était l’Angleterre, les Etats Unis, la France notamment. Quelques gens du peuple aussi, aveuglément, ont suivi Khomeini. Les pouvoirs occidentaux ont mis Khomeini au pouvoir donc forcément… Ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui, quand on voit le nombre de gens qu’il y a eu dans la rue. Comment ont-ils pu renverser un Chah d’Iran qui était fort ? Tous les pays sont venus…

Le peuple était libre sous le Chah ?

De quoi ? Je n’étais pas née à cette époque. Mais c’est quelque chose que les pays occidentaux ont mis dans la tête des Iraniens pour qu’ils manifestent. Je me fie à ce que j’ai vécu en Iran. Quand on parle de dictature à propos du Chah, je mets un point d’interrogation. On a dit qu’il était un dictateur. Et qu’il fallait pour cela le renverser. Mais quand j’y réfléchis, quand je compare avec les filles qui sont nées à l’époque du Chah avec mon époque, il y avait plus de liberté. Les filles ont eu le droit de conduire, le droit de voter. Tous les droits des femmes ont été acquis grâce à lui.

Le Chah a accordé des droits aux femmes parce que le peuple les a demandés.

Le Chah a accepté. Sous son père, Reza Pahlavi, les femmes sortaient comme aujourd’hui les femmes sortent en Afghanistan, avec la burka. C’est lui qui a rendu les femmes libres. Quand j’entends parler de dictature ! son père était un … patriarche, qui ne plaisait pas aux pays occidentaux. Un vrai soldat iranien dont ils ne pouvaient rien obtenir. Il n’est pas capable, on fait des coups d’état. Toi tu dois partir, c’est ton fils qui va prendre ta place.

Il vrai que son fils était un peu dépendant des pays occidentaux par rapport à son père. A la fin il commence à devenir comme son père, en même temps, il devient très fort, il devient comme son père, le pétrole est nationalisé, 70% du pétrole iranien partait en Angleterre. Ah non, ça n’est pas possible que ce soit nationalisé. Le peuple iranien le savait. Les Iraniens ne sont pas des gens bêtes. On connaît la trahison. Une fois que vous avez trahi l’Iran, au moins après 47 ans, vous pouvez penser aux dégâts que vous avez faits.  

Parce que ce gouvernement, la guerre des 12 jours l’a renforcé [5]. Aujourd’hui ils n’ont plus peur.  Israël aurait pu renverser le régime. Ils ne l’ont pas fait. C’est le ressenti de tous les Iraniens. Ils ont compris qu’Israël a frappé un par un alors qu’il aurait fallu qu’ils finissent le travail. C’est malheureux de vous dire ça. C’était la guerre contre mon pays mais c’était aussi la guerre contre ce gouvernement, pas contre le peuple. Le peuple avait l’espoir qu’Israël change le régime, qu’il y mette fin. Malheureusement les pays occidentaux n’ont rien changé.


Le Prince héritier souhaite revenir, mais pour assurer une transition pour un régime démocratique ?

Il veut organiser un référendum. Il a promis, il guide les gens. Il est le seul à pouvoir le faire. Comme les gens regrettent énormément son père, ils souhaitent qu’il revienne, qu’il soit le Shah, comme son père. Beaucoup de gens le réclament, je ne peux pas vous dire le pourcentage aujourd’hui mais dans la rue, les gens réclament le royaume. Ça pourrait être comme en Angleterre. Les gens le réclament comme roi pas seulement comme un leader. Ils veulent un roi.

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* Le prénom Azadeh est d’origine persane et possède une riche signification ainsi qu’une histoire. En persan, « Azadeh » signifie littéralement « libre » ou « indépendante ». Ce prénom reflète une idée de liberté et d’autonomie, des valeurs profondément enracinées dans la culture iranienne.

L’origine du prénom Azadeh remonte à l’Antiquité perse, où le concept de liberté était particulièrement valorisé. Le terme « Azad » (qui signifie « libre ») était utilisé pour désigner les personnes de haut rang ou celles qui jouissaient d’une grande liberté dans la société. Au fil des siècles, ce terme a évolué pour donner naissance à des prénoms comme Azadeh, qui incarne toujours cette notion de liberté.

En plus de son lien avec la liberté, Azadeh est également associé à la noblesse et à l’élégance. Dans la littérature persane, ce prénom a été utilisé pour décrire des personnages féminins forts et indépendants, symbolisant la résistance et la détermination. Aujourd’hui, Azadeh reste un prénom populaire en Iran et parmi les communautés persanophones, continuant à porter l’héritage de ses racines historiques et culturelles.

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Notes:

[1] Mobilisation sans précédent à la suite de l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, réprimée avec une violence extrême par les milices Basij. Malgré cette répression féroce la jeunesse a continué à crier sa colère dans la rue, coordonnant ses actions grâce à une technologie en plein essor, celle des réseaux sociaux, au point d’être surnommée la « révolution Twitter ».

[2] « Responsabilité de Protéger », norme du droit international public énoncée dans un document en anglais de 178 articles adopté par tous les états-membres de l’Organisation des Nations unies, lors du Sommet mondial de 2005.

[3] Reza Pahlavi, prince héritier de la dernière dynastie royale d’Iran, en exil aux USA depuis la chute de son père le Shah d’Iran en 1979, souhaite initier une démocratie monarchique de transition, sous le nom de Reza II.

[4] Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien, mouvement islamiste chiite d’opposition au Chah, à la tête de l’Armée de Libération Nationale.

[5] Du 13 au 24 juin 2025, Israël et l’Iran se sont livrés à une guerre-éclair d’une intensité inédite, faisant 1054 morts en Iran, 28 en Israël. Loin de déstabiliser l’Iran, cette guerre a consolidé le pouvoir iranien.

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Nous ne pouvons que prendre conscience à travers ces mots que le peuple iranien traverse sans doute actuellement la pire de ses tragédies. Comment peut-il supporter cette situation où règnent la torture, la terreur, la mort et l’absence de lendemain pour soi-même et ses proches.

En Iran aujourd’hui, la violence d’État ne s’arrête pas à la mort. Elle poursuit les vivants, à travers les pratiques de terreur du régime qui entrave la tenue de funérailles, confisque les corps, les mutile ou les fait disparaître.


Le désespoir est tel que les le peuple iranien compte sur le premier qui pourra les sauver, que ce soit Reza Pahlavi, le fils de l’ancien Chah, qui vit aux Etats Unis depuis 47 ans ou Donald Trump qui le leur avait promis et les a oubliés avant d’envoyer ses armadas en espérant s’approprier leur pétrole.




Iran: les disparitions forcées, une autre arme redoutable de la République islamique



« Où sont-ils ? » Alors que le nombre de morts, victimes de la répression de janvier 2026, est aujourd’hui estimé par certaines ONG à plus de 30 000, de nombreux Iraniens continuent de chercher leurs proches arrêtés et/ou disparus et s’inquiètent de leur sort. Outil de répression de la République islamique, le recours à la disparition forcée, reconnu comme un crime contre l’humanité par l’ONU, rappelle la répression massive des années 1980.



« Nous parlons d’une tuerie de masse sans équivalent » : en Iran, la répression des manifestants aurait fait plus de 30 000 morts, selon certaines ONG.

Malgré la coupure internet imposée par le régime, des témoignages se multiplient sur le nombre de victimes de la répression depuis début janvier.



Internet en grande partie rétabli après près d’un mois de coupure.

Est-ce la fin d’un interminable silence ? Un mois jour pour jour après le début de la contestation en Iran et la coupure générale d’internet imposée depuis le 8 janvier sur fond de répression meurtrière, le black-out pourrait toucher à sa fin. Ce mercredi 28 janvier, la connexion internet semble rétablie dans le pays, alors que le bilan de la répression pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers de morts.



Téhéran a maté le soulèvement, mais le risque de désintégration économique demeure.

Alors que la crise monétaire a atteint son paroxysme fin décembre, la suspension des communications et d’Internet pour mater la révolte de début janvier a porté un coup supplémentaire à une économie iranienne déjà aux abois. Résultat : le pays est quasiment à l’arrêt, tandis que l’inflation poursuit son envolée sans aucune solution à l’horizon, explique cette journaliste dans “Iran International”, un média d’opposition en exil.



L’Iran meilleur ennemi d’Israël.

Longtemps, Téhéran a été le grand allié de Tel-Aviv dans la région. Avec les crises à répétition qui fragilisent le régime d’Ali Khamenei, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou oscille entre « changement de régime » et tentation du chaos, sous l’œil attentif de Washington qui dépêche une armada dans la région. Et il mise – sans trop d’illusions – sur Reza Pahlavi, le fils du dernier Chah.



Washington accroît la pression sur l’Iran en annonçant un exercice militaire au Moyen-Orient.

Les États-Unis ont de nouveau laissé planer mardi la menace d’une action militaire contre l’Iran en affirmant qu’ils allaient mener un exercice aérien de plusieurs jours dans la région. Dans le même temps, les efforts diplomatiques “s’intensifient pour parvenir à un accord qui empêcherait un embrasement régional”, rapporte la presse internationale.



« S’il y a une guerre, ce sera encore pire » : à Téhéran, des Iraniens redoutent les conséquences d’une intervention américaine.

Les États-Unis enchaînent les manœuvres militaires au large de l’Iran, ce qui fait craindre une possible intervention dans les prochains jours ou les prochaines semaines, alors que de nombreux Iraniens déplorent leurs conditions de vie.


La lettre du prisonnier politique iranien Saeed Masouri au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

Le prisonnier politique iranien Saeed Masouri écrivait dès décembre 2025 à la session actuelle du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève pour dénoncer de nouvelles agressions du régime des mollahs contre les prisonniers politiques en Iran, un message qui fait suite à la publication d’une lettre conjointe de prisonniers politiques insistant pour que le Conseil prolonge la mission de ses enquêteurs sur les violations des droits de l’homme en Iran.





« Ils tuent tout le monde, ils sont sans pitié ».



Des mots déchirants répétés inlassablement par Meraj Tehrani dune voix emplie de larmes. Cet artiste iranien, rappeur entre autres, a publié sur ses réseaux sociaux, ce mercredi 14 janvier, une vidéo pour raconter l’horreur de ce qu’il a vu.


Internet est coupé depuis une semaine en Iran.  

«Il y a exactement une semaine, l’Iran a sombré dans l’obscurité numérique quand ses autorités ont bloqué internet dans tout le pays», a écrit l’ONG Netblocks sur ses réseaux sociaux. Selon les groupes de défense de droits humains, la coupure d’internet vise à cacher l’ampleur réelle de la répression. Malgré ce blocus total, quelques informations filtrent grâce au peu de contacts que réussissent à maintenir les Iraniennes et Iraniens exilé(e)s et surtout aux témoignages de celles et ceux qui ont réussi à fuir par la Turquie, notamment. C’est pourquoi nous nous efforçons de partager tous ces témoignages qui nous parviennent pour que la vérité sorte de l’ombre dans laquelle les mollahs plongent l’Iran depuis 47 ans. Cette vérité est crue mais elle doit être sue. C’est la seule chose que nous puissions faire aujourd’hui.



« Ils tiraient directement dans les yeux des gens » : le récit glaçant d’Iraniens qui fuient les violences du régime des mollahs après les manifestations.

Face à la violente répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979, ils sont nombreux à passer par le poste frontière avec la Turquie.



« J’ai vu les forces de sécurité tirer », raconte un manifestant.

Un manifestant iranien, aujourd’hui réfugié en Europe, livre à France 24 un témoignage exclusif sur la répression à Téhéran et la mort de plusieurs protestataires. Ce ressortissant iranien, qui préfère garder l’anonymat, est arrivé en Europe après avoir participé à des manifestations. Il affirme avoir vu des manifestants se faire tuer par les « forces de sécurité ». Après 24 heures d’attente à l’aéroport de Téhéran, il a pu quitter le pays. Voici l’intégralité de ce témoignage exclusif.



Un rescapé de Téhéran, témoin direct des exactions, brise le silence.

Les voix qui nous parviennent d’Iran aujourd’hui sont très rares. Les autorités privent depuis plusieurs jours la population d’accès à Internet. Les ONG dénoncent un « massacre à huis clos » et dénombrent déjà plusieurs milliers de morts parmi les manifestants, tués par les forces armées. C’est donc un témoignage précieux que nous vous proposons, celui d’un Iranien qui a réussi à fuir le pays avant-hier soir, témoin direct de la répression sanglante du régime.



« Il est au pied de la potence » : en Iran, le manifestant Erfan Soltani échappe (pour l’instant) à l’exécution.

L’Iranien Erfan Soltani, arrêté lors d’une manifestation contre le régime, devait être exécuté mercredi. La mise à mort de cet homme de 26 ans, devenu un symbole de résistance, a finalement été repoussée, mais son sort reste encore incertain.



Manifestations en Iran : les ONG dénoncent un massacre



En Iran, la répression continue face à la mobilisation qui prend de l’ampleur. Plusieurs organisations humanitaires dénoncent un massacre contre le peuple iranien et font état de centaines de morts. Le régime se dit prêt à négocier après les menaces de Donald Trump.



Iran : l’avocate Chirinne Ardakani dénonce des « scènes de massacre » et appelle la communauté internationale à qualifier « les crimes contre l’humanité qui sont en cours ».



Manifestations en Iran : les images d’une morgue débordée par l’afflux de cadavres.

Des vidéos, vérifiées par « Le Monde », montrent des dizaines de corps acheminés dans le centre médico-légal de Kahrizak. Plusieurs témoignages, recueillis par « Le Monde » corroborent ces images.



Diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran.

Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères.



L’inévitable transition en Iran.

Malgré la répression, les manifestations s’étendent en Iran. Mais les scénarios de sortie de crise restent incertains et multiples : une intervention militaire étasunienne, le retour du chah souhaité par Israël, l’effondrement interne qui déboucherait sur un chaos ou l’émergence d’un homme fort à l’intérieur du régime.


Troyes: le Collectif aubois pour la Paix ne baisse pas les bras

D’après une vidéo de Pascal Dufoulon


D’après une vidéo de Pascal Dufoulon


D’après une vidéo de Pascal Dufoulon



A Gaza le génocide se déroule sous nos yeux – Exigeons des sanctions contre Israël pour que cela cesse – Exigeons des actes, immédiatement !

A Gaza, depuis la rupture unilatérale du cessez-le-feu par Israël, la famine est clairement assumée par Israël comme arme de guerre au mépris de toutes les règles du droit international. Les États-Unis et l’armée israélienne ont mis en place un simulacre d’aide alimentaire qui ne répond en rien aux besoins de la population et se traduit par de véritables guet-apens : c’est une instrumentalisation révoltante de l’aide humanitaire au service du déplacement forcé de la population et du nettoyage ethnique en cours. La faim, la soif, le manque de médicaments font des ravages. Des milliers d’enfants voient leur développement compromis pour la vie.

Depuis la reprise des bombardements et des opérations terrestres par Israël le 18 mars, visant toute la population, femmes, enfants, secouristes, journalistes, plus de 4.000 morts se sont ajoutés au 50.000 déjà comptabilisés ; les estimations dépassent les 100.000 morts.

C’est un génocide, pointé comme plausible par la Cour Internationale de Justice et confirmé par les plus grandes organisations de défense des droits humains, qui se déroule sous les yeux du monde entier qui laisse faire. 

En Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, la population est assiégée, déplacée de force, menacée par les colons et l’armée israélienne.

Le Collectif Aubois pour la Paix à Gaza dénonce la guerre génocidaire menée par l’État israélien contre le peuple palestinien. Ce sont des décennies d’une impunité totale de l’État d’Israël, alors qu’il viole en permanence le droit international, qui nous ont menés à cette situation. Une situation qui concerne plus largement la région, avec les violations répétées par Israël du cessez-le-feu avec le Liban, et les attaques israéliennes contre la Syrie ainsi que l’occupation d’une partie de son territoire. Nous demandons qu’il soit mis fin à cette impunité et que des sanctions soient prises tant que l’État d’Israël ne se conforme pas au droit international.

Dans une déclaration conjointe du 19 mai, les dirigeants de la France, du Royaume-Uni et du Canada qualifient la situation comme « inacceptable » et affirment qu’ils « ne resteront pas les bras croisés ». Mais qu’ont-ils fait ? 

Face à un génocide, il faut des actes, tout de suite !!

La France continue de livrer des armes et des composants militaires à Israël, cela doit cesser immédiatement, et nous saluons l’action des dockers de Fos-sur-Mer qui refusent que ces équipements soient chargés dans un port français.

Le président de la République, par ses déclarations et celles de ses conseillers, multiplie les conditions pour la reconnaissance de la Palestine, ce qui est insupportable dans les conditions actuelles.

Nous saluons les initiatives d’organisations de la société civile israélienne qui refusent clairement le génocide en cours, et organisent des marches de solidarité à proximité de la bande de Gaza.

Nous condamnons aussi l’escalade de la violence avec La guerre déclenchée par Israël contre l’Iran le 13 juin, dans un conflit qui risque d’embraser toute la région et au-delà menace la paix mondiale. Cette guerre dite « des douze jours » a fait au moins 610 morts et plus de 4 700 blessés en Iran, et 28 morts et des milliers de blessés en Israël.

Le Collectif exige :

  • Arrêt de la guerre contre le peuple palestinien !
  • la reprise immédiate et inconditionnelle de l’aide humanitaire à Gaza
  • la libération de toutes les personnes détenues
  • Levée durable du blocus de Gaza !
  • Protection du peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie !
  • Arrêt des livraisons d’armes à Israël !
  • Arrêt de toute coopération militaire et sécuritaire !
  • Sanctions contre Israël !
  • Reconnaissance d’un État Palestinien !
  • Arrêt de l’occupation/colonisation expansives par Israël des territoires palestiniens et voisins.
  •  la construction d’un avenir de paix entre Palestiniens et Israéliens fondé sur l’égalité des droits,
  • Une paix juste et durable dans toute la région

OUI A LA PAIX


TROYES, le 27 juin 2025



Tout le monde a gagné, à part le grand perdant: le peuple



Conflit Israël-Iran : le cessez-le-feu proposé par Donald Trump accepté, la « guerre des 12 jours » prend fin


Le Moyen-Orient aura tremblé pendant douze jours, et le monde avec lui. Un fragile cessez-le-feu est entré en vigueur mardi 24 juin entre l’Iran et Israël, après l’annonce d’une trêve par Donald Trump quelques heures plus tôt.

Dans la soirée, le président iranien Massoud Pezeshkian a annoncé « la fin de la guerre de 12 jours imposée à son pays« . « Après la résistance héroïque de notre grande nation, qui écrit l’histoire par sa grande détermination, nous sommes témoins de l’instauration d’une trêve et de la fin de cette guerre, imposée par l’aventurisme et la provocation« , a-t-il précisé. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a pour sa part déclaré avoir « obtenu une victoire historique« . L’armée israélienne a indiqué qu’elle allait de nouveau se concentrer sur Gaza, où des frappes ont fait plusieurs dizaines de morts la veille de ces annonces, d’après la Défense civile de l’enclave palestinienne.



La guerre Israël / Iran : J+12

Par Bahareh Akrami, illustratrice


Aujourd’hui ce peuple est plus seul que jamais. Dans un pays déjà en crise économique, aux infrastructures détruites… Et le pire c’est que le plus dur commence maintenant.



Majd Kayyal : à Haïfa, « tout ce qui songe à prononcer le mot Palestine est aussitôt rappelé à l’ordre »


« Le calme est revenu aujourd’hui », soupire Majd Kayyal, « après deux semaines très, très compliquées. Cette nuit encore, avant le cessez-le-feu… C’était comme si ils voulaient utiliser toutes leur dernières munitions ! »

Haïfa se remet en effet ce matin des frappes iraniennes qui l’ont secouée cette nuit. Les magasins sont encore pour la plupart fermés, mais la vie semble reprendre sont cours, tant bien que mal. « C’est une situation très paradoxale pour nous, Palestinien-nes de Haïfa, de devoir craindre des frappes iraniennes tout en pleurant chaque jour le génocide israélien à Gaza. On se sent piégés, doublement piégés par le régime israélien, qui affame et tue nos frères et sœurs là-bas, et nous met en danger ici. »



Les médias français et la CIJ : quand l’absence devient un choix éditorial


Amina Kalache est journaliste indépendante. Pour Le Média, elle couvre régulièrement les mobilisations en soutien du peuple palestinien et anime des entretiens. Tout récemment, elle a par exemple organisé la table ronde « 500 morts en 72h : Gaza massacrée et affamée, la France silencieuse » (20/05), qui réunissait Jean-Francois Corty, président de Médecins du Monde, Christophe Oberlin, chirurgien français, Khadija Toufik, reporter en Cisjordanie et Rafaëlle Maison, professeure en droit international. Elle nous livre ici un témoignage sur la désertion médiatique des audiences de la Cour internationale de justice consacrées à la question palestinienne.

Quel pari fait Donald Trump en bombardant directement l’Iran ?



En donnant l’ordre de bombarder des sites nucléaires iraniens, Donald Trump a fait le pari de la force plutôt que celui de la diplomatie. Ce virage stratégique de Washington face à Téhéran a des conséquences difficiles à mesurer pour les experts.



Frappes américaines en Iran : Guterres tire la sonnette d’alarme et dénonce « un tournant périlleux »


« Le régime de non-prolifération nucléaire, qui sous-tend la sécurité internationale depuis plus d’un demi-siècle, est en jeu », met en garde le chef de l’AIEA.

Le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence dimanche à New York pour une session extraordinaire consacrée aux « menaces contre la paix et la sécurité internationales », alors que le Moyen-Orient sombre dans une escalade militaire sans précédent entre Israël, l’Iran et désormais les États-Unis.



De Gaza à l’Iran. Quand les démocraties poussent à la guerre


Le dernier round du prétendument inéluctable « choc des civilisations », entre la « civilisation judéo-chrétienne » et le monde islamique, se jouerait avec l’entrée en lice des États-Unis pour soutenir l’attaque israélienne contre l’Iran. Certes, nous explique-t-on, Tel-Aviv dispose également de la bombe atomique et d’un programme nucléaire qui n’a jamais été contrôlé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Mais, voyez-vous, contrairement à la République islamique, Israël est une démocratie, qui plus est occidentale – que l’on excuse le pléonasme. 



Pourquoi tout ce que les Israéliens pensent savoir sur l’Iran est faux


Pour Lior Sternfeld, historien de l’Iran moderne, les fantasmes israéliens de changement de régime ignorent les réalités de la République islamique et risquent de répéter des erreurs historiques. L’entretien a été réalisé le 20 juin 2025 par Orly Noy, du magazine Local Call (dont la version en anglais est +972), deux jours avant l’attaque des États-Unis contre l’Iran.



La « rhinocérite », ou comment le pouvoir banalise l’inacceptable


En revenant sur une multitude de faits accumulés ces derniers mois, une logique se dégage : celle de l’abandon des principes fondamentaux de notre République, des droits humains, du droit international. Sans fracas, l’affreuse contagion gagne.

Guerre Israël-Iran: «L’Iran apparaît comme un moyen de faire oublier Gaza et les crimes qui ont été commis»


Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a prévenu que son armée allait frapper « tous les sites du régime » en Iran. De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian avertit d’une riposte « plus forte » en cas de poursuite des frappes israéliennes. Pour Bernard Hourcade, directeur au CNRS du centre de recherche sur le monde iranien, la guerre qui se déroule entre Israël et l’Iran est une guerre « asymétrique ».



Offensive contre l’Iran. Israël plonge le Proche-Orient dans le chaos


Comme le président américain Georges W. Bush, lançant son armée à l’assaut de l’Irak en 2003, Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crime de guerre et crime contre l’humanité, vise, bien au-delà de l’Iran, à « redessiner la carte du Proche-Orient ». Si les néoconservateurs pensaient que la prise de Bagdad ouvrirait une ère démocratique dans toute la région, les dirigeants de Tel-Aviv se voient dans une lutte d’apocalypse contre « le Mal », avec pour alibi la défense de la soi-disant « civilisation judéo-chrétienne ». Mais cette nouvelle agression israélienne alimente les flammes des conflits qui vont rendre la région et les pays invivables. Israël se vante de mener une guerre sur « sept fronts » : Gaza, le Liban, la Cisjordanie, l’Irak, l’Iran, le Yémen et la Syrie ; il aurait pu ajouter Jérusalem-Est où l’expansion des colonies et la confiscation de propriétés palestiniennes s’intensifient.



Iran : le géopolitologue Dominique Moïsi se demande si « vu d’Israël, il ne paraît pas plus facile de changer le régime plutôt que de détruire le potentiel nucléaire »


Israël a lancé, depuis vendredi, une offensive aérienne d’une ampleur inédite sur le territoire iranien. Dominique Moïsi, géopolitologue, conseiller spécial à l’institut Montaigne indique que « l’Iran n’a jamais été aussi faible à l’extérieur. »

Quatre jours après les premières frappes israéliennes sur l’Iran, « vu d’Israël, on se demande s’il ne paraît pas plus facile, en réalité, de changer le régime plutôt que de détruire le potentiel nucléaire iranien », estime lundi 16 juin sur franceinfo, Dominique Moïsi, géopolitologue et conseiller spécial de l’institut Montaigne. L’armée israélienne mène depuis vendredi une série de frappes sans précédent sur l’Iran avec l’objectif affiché d’empêcher la République islamique d’obtenir la bombe atomique. L’Iran réplique avec des salves de missiles balistiques et de drones.  



Israël: sous la pression de la guerre, l’État hébreu connaît une fuite des cerveaux


Entre la guerre à Gaza et le nouveau conflit entre Israël et l’Iran, de plus en plus de familles israéliennes quittent le pays. Un choix difficile au sein d’une nation où le patriotisme est de mise.



Un Palestinien dans les médias français


Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune [1] et avec son accord, un texte de l’écrivain franco-libano-palestinien Jadd Hilal, paru initialement le 14 juin sur son blog Mediapart. (Acrimed)

J’entends souvent dire que les choses ont changé. C’est « incomparable » aujourd’hui. La Palestine a sa place dans les médias français, l’opinion a basculé du tout au tout. Un tel revirement a de quoi étonner et pour cause, il n’en est pas un. La façon dont la Palestine est racontée aujourd’hui n’est pas méliorative, elle est normale. Il n’y a aucune compensation, aucun favoritisme envers la Palestine qui viendrait équilibrer un passif discriminatoire dans le traitement médiatique.



Le fou de guerre: qui arrêtera Netanyahu ?


Sites nucléaires visés, hauts gradés tués, réplique de Téhéran… Ce que l’on sait des frappes menées par Israël en Iran


L’attaque sur l’Iran a mobilisé « 200 avions de combats », a affirmé vendredi le gouvernement israélien. Pour justifier ses raids, l’armée israélienne affirme disposer de renseignements prouvant que Téhéran s’approchait du « point de non-retour » vers la bombe atomique.



Frappes israéliennes contre l’Iran: onde de choc diplomatique en Europe


Les frappes israéliennes contre l’Iran et ses installations militaires et nucléaires provoquent une vague de réactions à travers le monde, sur fond d’inquiétudes militaires et économiques. Le président des États-Unis, Donald Trump, y voit le moment pour l’Iran de conclure au plus vite un accord sur le nucléaire civil. Les réactions s’accumulent aussi en Europe où ces frappes provoquent une onde de choc diplomatique.



« La France réaffirme le droit d’Israël à se protéger et à assurer sa sécurité », réagit Emmanuel Macron après les frappes israéliennes en Iran


Le président de la République rappelle que Paris a « plusieurs fois condamné » le programme nucléaire iranien, comme avant lui le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

« La France réaffirme le droit d’Israël à se protéger et à assurer sa sécurité », a déclaré Emmanuel Macron, vendredi 13 juin, après les frappes israéliennes en Iran. Le président de la République rappelle avoir « plusieurs fois condamné » le programme nucléaire iranien, dans son message posté sur la plateforme X(Nouvelle fenêtre). « Pour ne pas mettre en péril la stabilité de toute la région », ajoute-t-il, j’appelle les parties à la plus grande retenue et à la désescalade », a-t-il ajouté.



Le programme nucléaire iranien, une obsession de 20 ans pour Netanyahu


L’attaque israélienne de vendredi contre l’Iran marque l’aboutissement de menaces agitées depuis près de vingt ans par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, quitte à froisser les Etats-Unis, premier allié d’Israël, mais peut-être seulement en apparence.

Ces frappes surviennent alors qu’une rencontre avait été annoncée pour dimanche entre Etats-Unis et Iran à Oman, pour tenter de parvenir à un accord sur la question nucléaire iranienne.


Israël vient de modifier le droit foncier en Cisjordanie. Voici ce que cela signifie.


Le gouvernement israélien a légalisé l’annexion de plus de 60 % de la Cisjordanie, mais personne n’en parle. Voici ce que cela signifie pour les Palestiniens.













Gaza. La poésie contre l’apocalypse


Gaza, y a-t-il une vie avant la mort ? C’est la question que posent Abdellatif Laâbi et Yassin Adnan en titre de leur Anthologie de la poésie gazaouie d’aujourd’hui aux éditions Points. Vingt-six voix d’autrices et d’auteurs disent l’enfer du génocide et l’indifférence du monde mais aussi la détermination des Palestiniens à rester sur leur terre.





Et ailleurs…



Rapport accablant du procureur spécial contre Trump qui le qualifie de « dérangé »


Le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, aurait été condamné pour sa tentative présumée de renverser le résultat du scrutin en 2020 s’il n’avait pas été réélu quatre ans plus tard, affirme le procureur spécial Jack Smith dans un rapport accablant qui a provoqué mardi la fureur du futur locataire de la Maison Blanche.



Syrie: les enfants des camps, une honte française.


Ils ont 5 ou 6 ans, prisonniers dans des camps en Syrie. Leur tort: être né de parents (souvent pères) accusés de terrorisme ou d’avoir servi Daesh. Avocate du collectif Familles unies, Marie Dosé se bat pour leur raptriement. Elle a fait condamner la France par la Cour Européenne, par le Comité International des Droits de l’Enfant, par le Comité contre la Torture des États-Unis. Aujourd’hui, elle estime que la chute d’Assad offre une occasion inespérée de faire revenir ces gamins, et leurs mères. Elle nous a dit comment.



Marjane Satrapi refuse la Légion d’honneur contre l’« hypocrisie » de la France vis-à-vis de l’Iran


Dans une vidéo postée sur Instagram, l’artiste évoque une « marque de solidarité avec les Iraniens, surtout avec les femmes et avec la jeunesse iranienne, mais aussi avec [ses] compatriotes français retenus en otage en Iran ».

L’artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, qui s’est fait mondialement connaître avec la bande dessinée et le film « Persepolis », a annoncé lundi 13 janvier refuser la Légion d’honneur, dénonçant « une attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l’Iran » notamment dans l’attribution de visas.



Royaume-Uni: des associations réclament une réforme du droit à l’IVG en Angleterre et au pays de Galles


Au Royaume-Uni, une trentaine d’associations médicales et familiales réclament une réforme du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en Angleterre et au pays de Galles. L’Irlande du Nord et l’Écosse sont souveraines sur ces questions. On estime qu’une Britannique sur trois a avorté ou avortera au cours de sa vie.



Vingt ans après la loi sur le handicap : «On ne peut pas attendre encore trois générations pour qu’une personne handicapée ait les mêmes droits qu’une personne valide»


Le Collectif Handicaps appelle aux sanctions contre les établissements non accessibles et à la mobilisation le 10 février, veille du vingtième anniversaire de la loi la plus importante dans le champ du handicap.

Le Collectif Handicaps ouvre le bal des bilans. Un mois avant le vingtième anniversaire de la loi du 11 février 2005, qui a marqué un tournant en matière de droits des personnes handicapées, le collectif de 54 associations en a dressé son inventaire, ce mardi 14 janvier, lors d’une conférence de presse.



Gouvernement Bayrou : le Premier ministre doit-il demander la confiance des députés ?


Si le texte de la Constitution semble imposer une déclaration de politique générale avec engagement de la responsabilité du gouvernement, depuis Georges Pompidou, des Premiers ministres se sont affranchis de cette obligation, qui d’ailleurs est bien imprécise.



« L’opinion est bien plus nuancée et complexe que ce que les médias donnent à voir »


Qu’en est-il vraiment des tensions et divisions au sein de la société française ? Quelles sont les politiques qui pourraient faire consensus ? Entretien avec Laurence de Nervaux, du think tank Destin commun.

L’embrasement gagne le Moyen-Orient



« À l’Est, quel nouveau ? », titre en Une ce matin Libération. « Le Moyen-Orient en chantier, la Turquie enchantée », résume le journal français qui explique à quel point Ankara « a gagné le gros lot » avec la chute de Bachar el-Assad en Syrie. Cette chute est « l’une des répliques de ce tremblement de terre qu’ont été les attaques terroristes du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023 ».

L’effondrement du régime pourrait aussi faire vaciller « le pouvoir des mollahs » en Iran, explique Libération. Et cela arrangerait bien sûr Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien. Le quotidien israélien Haaretz estime d’ailleurs qu’Israël pourrait prendre les devants et pourrait « lance[r] d’ici février ou mars une attaque préventive contre les installations nucléaires iraniennes ». Selon l’éditorial, le pays vise plus ou moins l’Iran en répliquant aux frappes des rebelles Houthi du Yémen.

Quand la pression du voile pousse des lycéennes au suicide en Iran



En Iran, la pression exercée sur les jeunes filles pour se conformer au voile obligatoire a des conséquences tragiques. Une lycéenne de 16 ans s’est suicidée début novembre après des humiliations répétées dans son établissement pour des comportements jugés « inappropriés. » Un geste qui s’ajoute à celui d’autres jeunes femmes.

Iran : une étudiante se déshabille devant son université pour protester contre la police des mœurs, avant d’être arrêtée


La vidéo d’une étudiante iranienne en sous-vêtements devant la prestigieuse université islamique Azad a fait le tour du monde. « Les autorités iraniennes doivent relâcher immédiatement » la jeune femme, a exhorté Amnesty Iran.



Appel à action en solidarité féministe avec l’étudiante agressée par la « police des mœurs » en Iran


En moins de 24 heures, la vidéo d’une étudiante de Téhéran qui s’est déshabillée en signe de protestation dans le campus est devenue une image de résistance virale. En solidarité avec cette étudiante et « face aux abjectes tentatives de récupération politique de la lutte des Iraniennes et des Afghanes en France », un ensemble de féministes, syndicalistes, artistes, citoyen·nes engagé·es, élu·es appellent à un rassemblement en soutien ce mardi 5 novembre 2024.

Guerre au Proche-Orient: deux frappes meurtrières dans le centre de Beyrouth



L’armée israélienne poursuit ses bombardements intenses sur la banlieue sud de Beyrouth, comme sur le sud du Liban où elle dit viser des positions du Hezbollah. Elle a en parallèle étendu ses opérations au sol dans le sud-est. Un incident a suscité ce jeudi 10 octobre d’importantes réactions dans le monde, puisque deux soldats de la force onusienne dans le pays, la Finul, ont été blessés dans une opération israélienne dans la région de Naqoura. Mais en soirée, c’est surtout la capitale du pays qui était meurtrie, avec une double frappe cette fois-ci au cœur de Beyrouth.



Tollé international après de nouveaux tirs israéliens visant la Finul au Liban


L’armée israélienne poursuit ses bombardements intenses sur la banlieue sud de Beyrouth, comme sur le sud du Liban où elle dit viser des positions du Hezbollah. Jeudi soir, la capitale du pays a été la cible d’une double frappe, cette fois-ci au cœur de Beyrouth, qui a fait au moins 22 morts.



Israël, Liban, Iran : vers une multiplication des conflits armés ?


Depuis l’attaque terroriste du Hamas il y a un an quasiment jour pour jour et la riposte israélienne qui a ravagé Gaza, la création de nouveaux fronts, spécialement au Liban et avec l’Iran, menace d’embraser la région. Le droit international fournit-il ici un éclairage utile ?

Pour reculer le moment où il devra affronter la justice, Netanyahu étend sa guerre au Moyen-Orient, avec son cortège de victimes civiles.



Les frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait 182 morts et 700 blessés, selon le ministère de la santé


Israël affirme avoir bombardé plus de trois cents sites du Hezbollah, lundi à l’aube, dans le sud du Liban. Selon l’Agence nationale d’information libanaise, les régions de Zahrani et de la plaine de la Bekaa ont été ciblées. Le gouvernement libanais appelle les hôpitaux des zones bombardées à cesser les opérations non urgentes.



Le Moyen-Orient s’enflamme, des groupes armés irakiens rentrent dans le conflit et revendiquent des tirs vers Israël


Les groupes armés pro-iraniens qui forment « la Résistance islamique en Irak » ont revendiqué dimanche dans un communiqué des tirs de drone vers Israël, qui avait de son côté annoncé avoir intercepté « plusieurs objets volants suspects » venus d’Irak.

Paroles d’Iran: deux ans après la mort de Mahsa Amini, la lutte continue… en sourdine



L’annonce de la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre 2022, trois jours après avoir été arrêtée par la police des mœurs, marquait le début du mouvement « Femme, vie, liberté ». Plus de 500 manifestants ont été tués lors de ces contestations, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées. Certains des contestataires ont même été condamnées à mort par les tribunaux révolutionnaires d’Iran. Deux ans après, le régime iranien continue à menacer la population, laquelle bien qu’éprouvée, ne s’avoue pas vaincue.



Les femmes aux premières lignes



En Iran, la syndicaliste kurde Sharifeh Mohammadi condamnée à mort


À la veille de l’élection du président réformateur Massoud Pezeshkian, le pouvoir judiciaire iranien a condamné à mort Sharifeh Mohammadi, accusée d’être membre d’un parti séparatiste kurde interdit et d’appartenir à un groupe de militants syndicaux. L’engagement syndical en dehors des organisations autorisées et contrôlées par l’État est interdit en Iran. Pour les ONG de défense des droits humains, ce cas illustre à nouveau la répression qui cible les « objecteurs de conscience ».



La Russie émet un mandat d’arrêt contre Ioulia Navalnaya, l’opposante et veuve d’Alexeï Navalny


La Russie a annoncé mardi 9 juillet avoir émis un mandat d’arrêt contre l’opposante en exil Ioulia Navalnaya, également veuve de l’opposant Alexeï Navalny, mort en prison en février dernier. Cette dernière est accusée de « participation à un groupe extrémiste ». Le tribunal Basmanny de Moscou a aussi ordonné par contumace le placement en détention provisoire de l’opposante.



En France aussi ce sont les femmes qui paient: Carla Bruni-Sarkozy mise en examen et placée sous contrôle judiciaire


Carla Bruni-Sarkozy a été mise en examen mardi dans les investigations à Paris sur la rétractation en 2020 de l’intermédiaire Ziad Takieddine, qui accusait Nicolas Sarkozy d’avoir financé sa campagne présidentielle 2007 avec des fonds libyens.

Nouvelles du monde



Après cette quinzaine mouvementée, presque exclusivement consacrée à la France, et en attendant le verdict de demain soir, les doigts croisés, voici quelques nouvelles du monde.

Pour lire les articles entiers, cliquez sur les liens rouges.



Iran: la fin des pendaisons en séries et la liberté pour les femmes ?


Le candidat réformateur Massoud Pezeshkian a gagné le deuxième tour de la présidentielle en Iran, devant l’ultraconservateur Saïd Jalili, selon les médias d’État ce samedi 6 juillet 2024. Dans sa première prise de parole, il assure vouloir tendre « la main de l’amitié à tout le monde ».



La traversée du Sahara plus mortelle pour les migrants que celle de la Méditerranée, selon l’ONU



En six mois, plus de 1 000 personnes sont mortes en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe. Mais combien d’autres périssent bien avant d’atteindre les côtes ? L’ONU estime que deux fois plus de migrants meurent dans le Sahara qu’en mer.



Bénin-Niger, Mauritanie, Joe Biden, Royaume-Uni… L’actualité vue par les éditorialistes africains


Au sommaire : Le dialogue a repris entre le Bénin et le Niger. Va-t-on vers une normalisation des relations entre les deux pays ? En Mauritanie, retour sur la réélection du président sortant Mohamed Ould Ghazouani. Aux États-Unis, après la prestation ratée de Joe Biden face à son concurrent Donald Trump, ils sont de plus en plus nombreux à demander un retrait du président de la course à la Maison Blanche. Un remplacement est-il réellement envisageable ?

Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l’actualité africaine et internationale. 



Éthiopie : L’armée attaque le système de santé lors du conflit dans l’Amhara


Les autorités devraient protéger les personnels soignants et les patients, et s’assurer que les forces ayant commis des abus soient tenues responsables.

Les forces de sécurité éthiopiennes ont commis des attaques généralisées constituant des crimes de guerre contre des personnels soignants, des patients et des établissements de santé dans la région d’Amhara, dans le nord-ouest du pays, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport rendu public aujourd’hui.



Rwanda, à la poursuite des génocidaires


Au printemps 1994, plus de 800 000 Tutsis ont été massacrés au Rwanda. La France le savait et a laissé faire… Elle a aussi accueilli de nombreux responsables du génocide. Depuis plus de 20 ans, le couple franco-rwandais formé par Alain et Dafroza Gauthier lutte pour faire juger les responsables et reconnaître le rôle de la France dans ce génocide. À l’occasion de la commémoration des 30 ans du génocide, Alain Gauthier dresse le bilan de plus de vingt ans d’action pour la justice. Le combat des Gauthier est le sujet d’une bande dessinée parue aux éditions Steinkis et d’un documentaire télévisé et tous deux intitulés : « Rwanda, à la poursuite des génocidaires ». Rencontre avec Alain Gauthier afin d’évoquer avec lui le combat d’une vie.



En Tunisie, Kaïs Saïed organise sa présidentielle sans opposant


Même s’il n’a pas encore annoncé sa candidature, le chef de l’Etat multiplie les arrestations et les poursuites judiciaires contre les leaders des partis politiques d’opposition.

En fixant la date de l’élection présidentielle au 6 octobre, le président tunisien Kaïs Saïed a mis un terme à des mois d’incertitudes et de spéculations quant à la tenue d’une échéance très attendue, après un mandat de cinq ans marqué par de nombreux bouleversements.



« C’est le prix de nos vies » : après neuf mois de guerre dans la bande de Gaza, les cagnottes en ligne comme « ultime échappatoire » pour fuir


Pour les civils palestiniens qui ne sont pas en mesure de s’acquitter des montants exorbitants demandés pour traverser la frontière avec l’Egypte, le financement participatif s’impose comme la seule alternative pour un exil forcé.

eaucoup de gens disent que nous ne pouvons rien faire pour soutenir les Palestiniens.(…) Pourquoi ne pas faire un don à une campagne participative certifiée ? » Dans la nuit sombre de Gaza, Ahmed, 21 ans, se filme avec son téléphoneDepuis quelques semaines, cet étudiant en médecine à l’université al-Azhar de Gaza multiplie avec sa sœur les courtes vidéos en anglais sur son compte TikTokSes appels à la générosité ne visent pas à soutenir des ONG humanitaires présentes dans l’enclave, mais à financer son évacuation en famille vers l’Egypte.



Ami Ayalon, ex-chef du Shin Bet israélien : « Netanyahu doit quitter son poste immédiatement »


Dans un entretien accordé à France 24, Ami Ayalon, ancien chef du service de renseignement intérieur d’Israël, le Shin Bet, appelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu à quitter son poste « le plus vite possible », et à mettre un terme à la guerre à Gaza. Selon lui, seule « une solution politique et diplomatique » permettra de vaincre définitivement le Hamas.



Ukraine : les soldats russes paient cher la stratégie de la « chair à canon » du Kremlin


Si l’armée russe réussit actuellement à progresser en l’Ukraine, c’est au prix de pertes sans précédent depuis le début du déclenchement de la grande offensive en 2022. La raison : Moscou a intensifié son recours à la stratégie « de la chair à canon », qui consiste à mettre constamment sous pression les défenses ukrainiennes en envoyant à l’assaut des vagues successives de soldats peu entraînés.

Ils ont avancé de quelques centaines de mètres au nord d’Avdiïvka ces derniers jours. Pareil dans les environs de Bakhmout. Les forces russes ont même pris une partie du village de Tchassiv Yar, à quelques kilomètres à l’est de Bakhmout, actuellement considéré comme l’un des points les plus chauds du front en Ukraine.



Ukraine : Poutine ferme sur ses exigences avec Orban à Moscou, vives critiques de l’UE


Viktor Orban, qui occupe actuellement la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, a rencontré vendredi à Moscou le président russe Vladimir Poutine. Une visite « dans le cadre de sa mission de paix », selon un porte-parole du gouvernement à Budapest, mais qui suscite la colère des dirigeants de l’UE. Le dirigeant russe estime quant à lui que le président hongrois est en Russie en tant que représentant de l’UE.



Élections au Royaume-Uni: Keir Starmer, le bien aimé de la presse conservatrice


Jeudi 4 juillet, le Labour, le Parti travailliste, emmené par Keir Starmer, a largement remporté les élections législatives au Royaume-Uni, gagnant 410 circonscriptions sur 650, au détriment des conservateurs de Rishi Sunak. Le nouvel homme fort du pays a pu bénéficier pendant sa campagne du soutien massif des médias. 



Victoire du Labour au Royaume-Uni : ce que prévoit le nouveau Premier ministre sur l’immigration


Après 14 ans à la tête du pays, le parti conservateur britannique laisse sa place aux travaillistes, menés par Keir Strarmer. Si l’ancien avocat spécialiste des droits humains a d’ores et déjà assuré que son gouvernement supprimerait le Plan Rwanda, il défend en revanche une position ferme sur l’immigration irrégulière.



Présidentielle américaine: Joe Biden persiste à défendre sa candidature en interview


Le président américain Joe Biden a continué à défendre son acuité mentale et sa capacité à gouverner le pays pour un second mandat, lors d’une interview vendredi sur la chaîne ABC.

« Personne n’est plus qualifié que moi » pour « gagner » l’élection, a affirmé le dirigeant de 81 ans lors de cet entretien d’une vingtaine de minutes, niant la réalité des sondages qui le placent en nette difficulté face à Donald Trump. Lors de son échange avec le journaliste George Stephanopoulos, crucial pour le maintien de sa candidature, le président a esquivé à plusieurs reprises la question de savoir si son état physique et mental s’était dégradé durant son mandat.



Le président américain Joe Biden toujours sur la corde raide


« C’est un président dans le déni », accuse d’entrée le Wall Street Journal, après l’interview de Joe Biden sur la chaîne ABC, sa première interview télévisée depuis son débat raté contre Donald Trump, la semaine dernière. « Il a minimisé, nié, rejeté les faits », renchérit le New York Times. Interrogé sur sa capacité à mené à bien la course à la Maison Blanche, le président américain a passé une grande partie de l’interview, qui dure 22 minutes, à « résister à une série de questions (…) sur ses compétences, sur l’éventualité de passer un test cognitif, sur sa position dans les sondages », poursuit le New York Times. Mais il n’a pas changé son discours : « Je suis la personne la plus qualifiée pour battre Trump, et je sais comment faire avancer les choses », a-t-il dit, propos repris par le Wall Street Journal qui ajoute : « Bien que son discours ait été pour l’essentiel convaincant, le président a semblé nier la crise qui s’est abattue sur son parti et s’est fermement engagé à rester dans la course. S’il doit quitter le ticket démocrate, il ne le fera apparemment pas de bon gré ».