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VENEZ REJOINDRE LE COMBAT POUR LES LIBERTES, LA DEMOCRATIE, LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS


 « Ce gouvernement, je le caractérise d’un mot : la police partout, la justice nulle part. »

Victor Hugo, Assemblée législative, avril 1851  Louis Napoléon Bonaparte est le prince-Président depuis décembre 1848 jusqu’à son coup d’état en décembre 1851. C’est un régime policier qui s’est installé après la répression de l’insurrection sociale de juin 1848.


fleche2 CAMILLE HALUT, OBSERVATRICE DE LA LDH DE MONTPELLIER, COMPARAÎTRA DE NOUVEAU DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE MONTPELLIER LE 12 DÉCEMBRE POUR  » DISSIMULATION DE VISAGE ET RÉBELLION « . ELLE A ÉTÉ INTERPELLÉE LE SAMEDI 21 SEPTEMBRE LORS DE LA MANIFESTATION DES GILETS JAUNES – SIGNEZ LA PETITION « Mettez fin au harcèlement de Camille Halut et des observateurs »

Jeudi 12 décembre à 14 h : procès des faucheurs volontaires au Tribunal de Perpignan (communiqué de la LDH-66)

Voici le communiqué de a LDH-66 qui est partie prenante du collectif de soutien au faucheurs volontaires en procès le 1er décembre au Tribunal de Perpignan à 14h.

La Ligue des droits de l’Homme communique :

Le jeudi 12 Décembre se tiendra au Tribunal de Grande Instance de Perpignan le procès de Faucheurs Volontaires d’OGM, pour destruction de semences de tournesols génétiquement modifiée, et rendus tolérantes aux herbicides, en 2016 sur la commune d’Elne.

Sachant que le Collectif anti ogm 66 a alerté depuis plusieurs années les industriels semenciers, la chambre d’Agriculture et les institutions de la dangerosité de ces semences, qu’il classe comme organismes mutés.

En juillet 2018, la Cour de Justice Européenne a rendu un verdict sans appel : les variétés mutées sont des OGM comme les variétés transgéniques. Cette décision est d’application immédiate dans tous les pays européens, mais en France, tout est encore suspendu à la décision du Conseil d’Etat attendue depuis lors…

La Ligue des droits de l’Homme 66 s’associe à d’autres organisations et syndicats agricoles pour dénoncer cette situation, car nous refusons une agriculture et des sols soumis à une intense dégradation du fait de ces semences tolérantes aux herbicides, pour au final le profit financier des industriels de l’agrochimie.

Elle sera présente devant le Tribunal pour soutenir les comparant.e.s à ce procès, et appelle toutes les personnes soucieuses de la préservation de notre environnement et de la sauvegarde du vivant à venir les rejoindre à partir de 14h.

ldh66@laposte.net – http://site.ldh-france.org/ldh66

TRIBUNE COLLECTIVE « 60 ONG S’ENGAGENT POUR LES MUNICIPALES » PUBLIÉE SUR MEDIAPART

Tribune collective publiée sur Mediapart et signée par la Ligue des droits de l’Homme (LDH)

A l’approche des élections municipales de mars 2020, 60 organisations engagées dans la transition écologique et sociale, dont la LDH, ont rédigé le Pacte pour la transition, un programme de mesures concrètes pour les communes.

Les dérèglements climatiques, l’érosion de la biodiversité, l’explosion des inégalités, vont transformer nos modes de vie dans une mesure que nous avons encore du mal à imaginer. Des centaines de scientifiques du monde entier nous répètent le même message : il faut agir sans attendre. Pourtant, les engagements des États sont encore insuffisants pour limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C, et ils tardent à se mettre d’accord pour prendre des mesures ambitieuses. Pour pallier la progression des inégalités qui a poussé des milliers de français et de françaises à protester dans la rue et sur les ronds-points depuis un an, le gouvernement peine à proposer des solutions satisfaisantes.

Que faire ? Déjà, des millions d’entre nous changent leurs habitudes quotidiennes, ne prennent plus l’avion, accueillent des personnes réfugiées sous leur toit ou luttent pour leurs droits sociaux. La prise de conscience se fait, lentement mais sûrement, et ce mouvement doit être encouragé. Pour autant, au regard de l’urgence, changer nos pratiques individuelles ne suffit plus. Pour relever les défis majeurs qui nous font face, il nous faut agir collectivement, faire œuvre de société pour transformer nos politiques publiques.

32 mesures pour l’avenir

Nous, habitantes et habitants des communes de France, organisations, élues et élus locaux, pensons qu’une multitude d’actions locales, à l’échelle des territoires, peut encore infléchir la tendance. Nous pensons que si la transition doit avoir lieu à toutes les échelles, les communes peuvent être le fer de lance de ce mouvement. L’échelle locale est essentielle pour expérimenter, structurer et diffuser les solutions qui feront le monde de demain.

En mars 2020 se tiendront les élections municipales en France. Nous avons identifié des mesures concrètes permettant de construire des communes plus écologiques, plus solidaires et plus démocratiques. Ces 32 mesures constituent le Pacte pour la Transition.

Elles sont issues du travail commun de 60 organisations et d’une large consultation ayant réuni 1135 citoyennes et citoyens de toute la France. Elles ont ensuite été consolidées par un comité réunissant scientifiques, représentants d’organisations, élus et citoyens tirés au sort. Elles proposent notamment des pistes pour rester sous la barre de réchauffement de +1,5°C, bâtir des villes respectant les droits et la dignité de tous, préserver la biodiversité et permettre la co-construction des politiques publiques locales.

Déjà 1400 communes

Depuis mai dernier, plus de 1400 communes ont déjà répondu à l’appel. Nous appelons les habitants et les élus de nos communes à définir leurs priorités et travailler ensemble pour mettre en œuvre ces mesures sur leur territoire. Rejoignez-nous !

Nous, citoyennes et citoyens, organisations, élues et élus locaux, devons faire face aux plus grands défis de notre temps. En agissant ensemble dans nos communes, au plus près du terrain, nous choisissons de montrer l’exemple.

Lisez les 32 mesures sur PACTE-TRANSITION.ORG.

RETROUVEZ LA CARTE DES INITIATIVES !

TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ AU FORMAT PDF

Le Pacte pour la transition est une initiative impulsée par le Collectif Transition citoyenne et portée par 60 organisations engagées dans la transition.

Signataires : Alternatiba-ANV COP21 ; Archipel citoyen « Osons les jours heureux » ; Archipel des sans-voix ; Artisans du monde ; Association l’âge de faire ; Attac ; Bigre ; Bio consom’acteurs ; Citoyennes.ens Lobbyistes d’intérêts communs ; CLER Réseau pour la transition énergétique ; Coalition eau ; Commerce équitable France ; Commown ; Coordination Eeau Île-de-France ; Crid ; Démocratie Ouverte ; e-graine ; Emmaüs France ; Enercoop ; Energie partagée ; FAIR[e] un monde équitable ; Festival des solidarités ; Fondation Danielle Mitterrand ; France nature environnement ; Générations cobayes ; Gilets verts ; I-buycott ; La Bascule ; la Nef ; Le Labo de l’ESS ; le Stuck ; Les Amis de la Terre France ; MFRB ; Miramap ; Mobicoop ; Mouvement pour l’économie solidaire ; Mouvement Colibris ; Mouvement pour une alternative non-violente ; Mouvement SOL ; Mouvement Utopia ; MyTroc ; Noé ; Notre affaire à tous ; On est prêt ! ; Oxalis – Manufacture coopérative ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Labo de l’ESS ; Réseau Action climat France ; Réseau Cocagne ; Réseau national des ressourceries ; Résistance à l’agression publicitaire ; Secours catholique – Caritas France ; Terre et humanisme ; Villes & territoires en Transition ; Zero waste France

Répression au Chili : un rapport accablant d’Amnesty international

Depuis plus de 50 jours le mouvement social continue au Chili contre les hausses de prix et les inégalités, malgré une terrible répression qui a déjà fait plus des dizaines de morts et plus de 2000 blessés. L’armée occupe les villes comme lors de la sinistre dictature de Pinochet dont la constitution anti-démocratique est toujours en vigueur. Tirs tendu des forces armées sur le visage et les yeux, tortures, violences sexuelles contre les manifestants, le rapport d’Amnesty est accablant.

Violences policières: le Chili rejette des accusations d’Amnesty

  • afp, le 22/11/2019

Le gouvernement chilien a rejeté jeudi des accusations contre les forces de l’ordre de la part d’Amnesty International, qui dénonce des violations généralisées des droits de l’Homme lors des protestations antigouvernementales de ces dernières semaines.

Le président chilien Sebastian Piñera a toutefois admis le même jour qu’il était possible que «dans certains cas» les procédures régissant l’activité des forces de l’ordre n’aient pas été respectées. Il a promis que d’éventuelles infractions feraient l’objet de poursuites en justice.

Le mouvement de protestation sociale, qui a débuté le 18 octobre, se poursuit. Des manifestations accompagnées de pillages et d’incendies ont eu lieu jeudi à Santiago et dans d’autres villes.

Dans son rapport publié jeudi, Amnesty International déclare que les forces de l’ordre chiliennes ont adopté une politique de brutalité délibérée contre les manifestants.

«L’intention des forces de l’ordre chiliennes est claire: blesser ceux qui manifestent pour décourager le mouvement de protestation, y compris en arrivant à des extrêmes, en utilisant la torture et la violence sexuelle contre les manifestants», estime l’ONG dans ses conclusions préliminaires à l’issue d’une visite au Chili.

– «Punir» les contestataires –

Le gouvernement du président Piñera a soutenu cette «politique pour punir» les contestataires, a déclaré Erika Guevara, directrice pour les Amériques d’Amnesty International.

L’ONG assure qu’«il ne s’agit pas de faits isolés» et que les violations qu’elle a répertoriées «répondent à un modèle».

Amnesty critique également la décision du gouvernement de faire appel à l’armée au cours des neuf premiers jours de la crise, ce qui a eu selon elle des conséquences «catastrophiques».

Le gouvernement chilien a immédiatement rejeté les conclusions de l’ONG.

«Le gouvernement rejette catégoriquement le dernier rapport d’Amnesty International qui prétend avoir identifié une politique délibérée visant à blesser les manifestants», a déclaré lors d’une conférence de presse la sous-secrétaire chilienne aux Droits de l’Homme, Lorena Recabarren.

La police chilienne a affirmé pour sa part qu’elle n’avait pas eu «l’intention de blesser» des manifestants.

Et les forces armées se sont elles aussi inscrites en faux. «Il n’a existé et il n’existe aucune politique des forces armées pour mener des attaques généralisées ou systématiques contre la population civile», déclare un communiqué conjoint de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air.

– 22 morts, 2.000 blessés –

Au cours de ce mouvement social, le plus important au Chili en trois décennies, 22 personnes ont été tuées, dont cinq après l’intervention des forces de sécurité, et plus de 2.000 blessés, dont plus de 200 grièvement touchés aux yeux.

L’Institut national des droits humains (INDH), organisme public, a déposé 384 plaintes pour des violations commises par les forces de l’ordre contre les manifestants.

Quelque 1.100 plaintes pour torture et mauvais traitements ont été déposées au parquet, et 70 dossiers d’agressions sexuelles commises par des représentants des forces de l’ordre sont en cours d’instruction.

Les carabineros (police chilienne) ont fait état pour leur part de 1.600 agents blessés durant les protestations.

Au cours d’une rencontre jeudi avec des journalistes de médias étrangers, le président Piñera a déclaré, comme il l’avait fait pour la première fois dimanche dernier, que si des violences policières étaient avérées, elles seraient sanctionnées.

– Promesse de sanctions –

Il a reconnu qu’il avait pu arriver que les procédures d’intervention ne soient pas observées.

«Si ces procédures n’ont pas été respectées, et je crois qu’il est possible que dans certains cas elles ne l’aient pas été, cela fera l’objet d’une enquête du parquet et cela sera sanctionné par les tribunaux», a assuré M. Piñera.

La police chilienne a annoncé mardi qu’elle suspendait l’utilisation de munitions controversées qui ont provoqué de graves lésions oculaires chez plus de 200 manifestants.

La police affirme que ces munitions sont en caoutchouc mais, selon une étude de l’Université du Chili, elles sont constituées à 20% de caoutchouc et à 80% de silice, de sulfate de baryum et de plomb, ce qui les rend très dangereuses.

Les protestations sociales se sont poursuivies jeudi à Santiago et dans d’autres villes.

– Tortures et incendies –

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté devant le centre commercial Arauco à Quilicura, dans le nord de Santiago, pour protester contre des tortures que des policiers auraient infligées à de jeunes manifestants. Le rassemblement a débouché sur le pillage et l’incendie de plusieurs boutiques.

Des manifestations ont aussi eu lieu sur la plaza Italia, dans le centre de la capitale. Des dizaines de manifestants encagoulés ont affronté la police, qui a utilisé gaz lacrymogène et camions lanceurs d’eau.

Des incidents et pillages ont aussi eu lieu à Antofagasta (nord), Valparaiso (centre) et Concepcion (sud).

Des manifestants affrontent la police anti-émeute lors d’une manifestation contre le gouvernement, à Santiago, le 19 novembre 2019. Le président Sebastian Pinera a condamné dimanche pour la première fois ce qu’il a qualifié d’abus commis par la police dans le cadre de quatre semaines de troubles violents qui ont secoué le Chili et qui a fait 22 morts et plus de 2 000 blessés. Les Chiliens protestent contre les inégalités sociales et économiques, et contre une élite politique bien enracinée, issue notamment d’un petit nombre des familles les plus riches du pays.

COP-25 à Madrid : « « Les dirigeants actuels nous trahissent et nous ne laisserons plus cela se produire » lors de la Marche vendredi 6/12/2019

La lutte contre le réchauffement climatique et pour des mesures d’urgence au niveaux des gouvernements est un combat partagé par les organisations de défense des Droits de l’homme (humains) comme la LDH. Elle impacte l’ensemble des activités humaines (emplois, migrations, libertés, démocratie…) dont les droits qui leurs sont liés, individuels et collectifs.

Publié sur AFP

A Madrid, une marche pour le climat pour mettre la pression sur la COP25

Avec la jeune Suédoise Greta Thunberg en tête, des milliers de personnes manifestaient vendredi à Madrid pour pousser les pays réunis à la COP25 dans la capitale espagnole à agir contre le réchauffement climatique.

Sous le mot d’ordre « le monde s’est réveillé face à l’urgence climatique », cette marche pour le climat partait de la gare d’Atocha.

« Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps » car « des gens souffrent ou meurent en raison de l’urgence climatique », a martelé Greta Thunberg devant la presse avant le début de la manifestation.

Devenue l’égérie de la défense de la planète depuis qu’elle a lancé en août 2018 des « grèves de l’école pour le climat », Greta Thunberg a indiqué espérer que la COP25, la réunion annuelle de l’ONU sur le climat, aboutisse à « des choses concrètes ».

« La crise climatique est toujours ignorée par les gens au pouvoir. Ce n’est pas une solution durable que des enfants manquent l’école » pour protester, « nous aimerions des actions de la part des gens au pouvoir », a-t-elle insisté.

Dans la manifestation, à laquelle doit aussi participer l’acteur espagnol Javier Bardem, des pancartes clamaient « Sans planète, pas de futur » ou « Politiques, la Terre se meurt ».

« Le changement climatique nous touche tous, nous mais aussi les générations futures. Il faut en prendre conscience, le monde va vers sa fin », a déclaré à l’AFP Paula Sánchez, Madrilène de 16 ans.

Une autre marche est prévue simultanément à Santiago du Chili où devait se tenir la COP25 avant que le pays ne renonce à l’accueillir en raison d’un mouvement social sans précédent et ne soit remplacé au pied levé par l’Espagne.

Partie en voilier vers le continent américain pour assister au sommet de l’Onu sur le climat à New York en septembre et à la COP prévue au Chili, Greta Thunberg, qui ne prend pas l’avion, a dû faire le chemin inverse en catamaran pour revenir en Europe. A Lisbonne depuis mardi après trois semaines en mer, elle est arrivée à Madrid vendredi matin en train de nuit.

Dans la matinée, la jeune fille de 16 ans s’était rendue par surprise sur le site de la COP25 pour rejoindre, entourée d’une horde de journalistes et de curieux et protégée par le service d’ordre des Nations unies, quelques dizaines de jeunes de son mouvement Fridays for Future.

– « 2019, l’année du réveil climatique » –

« 2019 a été sans aucun doute l’année du réveil climatique », selon Pablo Chamorro, porte-parole de la manifestation, en référence aux manifestations monstres des jeunes pour le climat ou à l’émergence du mouvement de désobéissance civile non-violente Extinction Rebellion.

AFP / OSCAR DEL POZOUne activiste du mouvement Extinction Rebellion sur la place de Cibeles à Madrid, le 3 décembre 2019

« Les discours ne suffisent plus, il faut des actions concrètes », a martelé pour sa part Estefania Gonzalez, militante chilienne et porte-parole de Société Civile pour l’Action Climatique (SCAC), plateforme regroupant plus de 150 associations chiliennes et internationales.

Le dalaï Lama a apporté son soutien aux manifestants dans un tweet: « nous ne pouvons plus exploiter les ressources de la terre (…) sans nous soucier des générations futures. Je soutiens les manifestations des jeunes contre l’inaction des gouvernements face à la crise climatique ».

– « Ambition insuffisante » –

Les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C, voire +1,5°C, sont réunis depuis lundi pour deux semaines à Madrid, pressés de toutes parts pour fixer des objectifs plus ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Mais alors que le mercure a gagné +1°C depuis l’ère pré-industrielle, amplifiant déjà les catastrophes climatiques, cette réunion, dont le slogan est « time for action », risque de décevoir les attentes.

Dans un manifeste, les associations organisant la marche leur ont adressé un message clair: « Nous retournons dans la rue (…) pour demander des mesures réelles et ambitieuses aux responsables politiques du monde entier réunis à la COP » et pour qu’ils reconnaissent « que l’ambition insuffisante de leurs accords va mener la planète à un scénario désastreux de réchauffement climatique ».

Menacés par le réchauffement climatique, les océans souffrent d’une perte dramatique en oxygène

Publié sur afp.com

Déjà menacés, les océans en manque d’oxygène

7 décembre 2019

Déjà menacés par le réchauffement climatique, l’acidification et la surpêche, les océans souffrent aussi d’une perte en oxygène, selon une étude publiée samedi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Le rapport, basé sur les travaux de 67 experts et présenté comme le plus important à ce jour sur ce sujet, se penche sur ce phénomène mal connu. Il en ressort que cette perte d’oxygène « constitue une menace croissante pour la pêche et certains groupes d’espèces comme les thons, les marlins et les requins », avertit l’UICN, qui fait référence pour les espèces menacées avec sa « liste rouge ».
« Au fur et à mesure que les océans perdent leur oxygène, en se réchauffant, l’équilibre délicat de la vie marine se fragilise », avertit Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l’UICN.
« Pour limiter la perte d’oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets dramatiques des changements climatiques, les dirigeants mondiaux doivent s’engager à réduire immédiatement et de manière substantielle leurs émissions », exhorte-t-elle, alors que se tient la COP25 sur le climat à Madrid.
Le Chili, qui préside cette réunion délocalisée en Espagne, a promis de mettre l’accent sur les océans.
La désoxygénation s’explique principalement par deux phénomènes: l’eutrophisation (prolifération de certains végétaux, en général des algues) « due au ruissellement des nutriments provenant des continents et aux dépôts d’azote provenant de l’utilisation de combustibles fossiles, et le réchauffement des eaux océaniques dû au changement climatique », alors que les océans absorbent en partie les émissions de gaz à effet de serre générées par les humains.
A l’échelle mondiale, le taux d’oxygène dans les océans a diminué d’environ 2% entre 1960 et 2010, selon le rapport.
Ils pourraient encore perdre 3 à 4% de leurs stocks d’oxygène d’ici à 2100 si les émissions continuent à croître au rythme actuel, « la majeure partie de cette perte se concentrant dans les premiers 1.000 mètres de la colonne d’eau, où la richesse et l’abondance des espèces sont les plus élevées », avertit le rapport.

Équilibre modifié

Environ 700 sites à travers le globe, souvent sur des côtes et dans des mers semi-fermées, souffrent de faible teneur en oxygène, contre 45 dans les années 1960. « Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques dans les océans mondiaux, c’est-à-dire des zones complètement vides d’oxygène, a quadruplé », selon le rapport.
Cette diminution de la teneur en oxygène des océans « a déjà commencé à modifier l’équilibre de la vie marine, favorisant les espèces tolérantes à l’hypoxie (les microbes, les méduses et certains calmars) au détriment d’espèces sensibles à l’hypoxie (comme de nombreuses espèces marines, dont la plupart des poissons) », constate l’UICN.
Certaines zones océaniques très riches en poissons consommés par l’homme doivent leur existence à des courants océaniques riches en nutriments mais sont pour autant pauvres en oxygène, ce qui les rend « particulièrement vulnérables aux changements, même minimes », selon les auteurs.
Certaines espèces cruciales pour la pêche, comme les thons, les marlins et les requins, sont également « particulièrement sensibles à une faible teneur en oxygène en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques élevés ». Elles risquent de se retrouver « acculées dans des couches de surface de plus en plus fines d’eau riche en oxygène » et être ainsi encore plus exposées à la surpêche.
D’autres espèces, comme celles vivant au fond des eaux, les varechs, les macroalgues, les coraux, les herbiers marins, les mangroves, les poissons, le plancton, les mammifères marins sont aussi concernées, énumère l’UICN, même s’il est parfois difficile de mesurer les impacts.
Si les conséquences de la désoxygénation des océans pour les humains sont encore mal connues, l’UICN relève toutefois la dépendance de populations côtières, en particulier dans des pays en développement, à l’océan et plus généralement des hommes à la pêche.
  • Par Laure FILLON (AFP)

Après le 5 décembre, déterminé-es pour gagner ! Appel intersyndical au mardi 10 décembre jour de grève générale

La LDH-66 participe aux actions et mouvements intersyndicaux pour défendre les droits sociaux (dont le droit à une retraite digne pour tou(te)s), un des droits collectifs fondamentaux, partie intégrante des Droits de l’homme (humains). Elle était présente lors de la journée nationale de grèves et de manifestations contre le projet de réforme des retraites du 5 décembre 2019 à Perpignan.

Appel départemental de CGT-FO-FSU-Solidaires-CFE-CGC
« Après les succès des mobilisations intersyndicales depuis le 5 décembre, 
continuons pour obtenir le retrait du projet gouvernemental sur les retraites »

             Appel national

CGT-FO-FSU-Solidaires-UNL-MNL-UNEF

Après le 5 décembre, déterminé-es pour gagner !

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNL et UNEF se félicitent de l’ampleur des mobilisations par la grève lancée ce 5 décembre et par la participation massive aux manifestations organisées partout dans le pays.
D’ores et déjà de nombreuses reconductions de la grève sont lancées et d’autres sont prévues dès ce vendredi, dans le privé et dans le public.
Nos organisations syndicales appellent en conséquence le gouvernement à entendre le message envoyé par les salarié-es et la jeunesse et à prendre ses responsabilités en ouvrant de réelles négociations sans préalable avec toutes les organisations syndicales.
Elles revendiquent le renforcement et l’amélioration du système actuel de retraite solidaire et intergénérationnel.
Elles réaffirment leur refus d’un système par points dit universel qui immanquablement conduirait à une baisse des pensions et à devoir reculer encore l’âge de départ. C’est par l’amélioration de l’emploi, par la fin du chômage massif et de la précarité tout au long de la vie, par l’augmentation des salaires et l’égalité entre les femmes et les hommes, que la pérennité des retraites sera garantie.
C’est pourquoi les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNL et UNEF appellent à renforcer et élargir encore la mobilisation par la grève et la reconduction de celle-ci là où les salarié-es le décident dès ce vendredi, ce week-end et lundi. Dans ce cadre, elles donnent rendez-vous le mardi 10 décembre pour une journée massive de grève et de manifestations interprofessionnelles et intergénérationnelles. Les Organisations Syndicales se revoient le 10 décembre au soir pour les suites rapides à donner au mouvement.
A Paris, le 6 décembre 2019

Toulouse – Un nouveau blessé parmi les membres de l’Observatoire toulousain des Pratiques Policières !

OBSERVATOIRE DES PRATIQUES POLICIERES – OPP

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Toulouse, le 5 décembre 2019

 

Toulouse – Un nouveau blessé parmi les membres de l’Observatoire toulousain des Pratiques Policières – OPP

Un observateur de l’OPP, membre de la Ligue des droits de l’Homme a reçu une balle de LBD (lanceur de balles de défense), il a été conduit à l’hôpital.

Alors qu’il se situait au milieu d’un carrefour avec un autre observateur, qu’ils observaient des manifestants crier contre les forces de l’Ordre (un groupe de Brigade Anti Criminalité, rue des remparts et un groupe de Gardes Mobiles sur le toit du Centre Saint Georges), Claude B. a reçu une balle de LBD dans l’abdomen. Immédiatement pris en charge par les secouristes volontaires et par des pompiers présents (en grève et manifestants), il a été conduit aux urgences pour des examens complémentaires.

A cette heure, on ne peut se prononcer sur l’évolution de son état.

Le tir de LBD a t-il volontairement ciblé l’observateur facilement repérable et bien distinct des manifestant-e-s qui interpellaient la police ? Nous ne le savons pas à cette heure.

Mais rien ne justifiait l’usage de LBD alors que la police était simplement vilipendée de manière bruyante.

Rappelons que nous demandions dans notre rapport publié en avril 2019 :

« …  l’interdiction définitive dans la dotation des policiers destinés à assurer le maintien de l’ordre des grenades GMD et GLI- F4, ainsi que des LBD simples ou multi-coups. Nous sommes, en plus, littéralement, scandalisé-e-s (le mot n’est pas trop fort) par l’utilisation offensive qui est, quasi systématiquement, faite de ces armes dites de défense comme leur dénomination l’indique d’ailleurs (lanceurs de balles de défense, grenades manuelles de désencerclement). Celles-ci sont conçues pour aider les policiers et gendarmes à se sortir de situations délicates (encerclement par des manifestant-e-s hostiles, danger d’atteinte avéré, et non supposé, à leur intégrité physique). Elles ne devraient jamais être utilisées comme armes d’attaque ».

Pour tout contact

opp.toulouse @gmail.com

Près de 15 000 manifestants le 5 décembre 2019 à Perpignan (vidéo)

260 manifestations,  1,5 million personnes, d’après la CGT, ont manifesté aujourd’hui en France et 806 000 selon le ministère de l’Intérieur. A Perpignan c’est près de 15 000 personnes qui ont défilé: syndicalistes, jeunes, retraités et Gilets jaunes. Des 10 heures du matin plusieurs cortèges ont convergé vers la place de Catalogne.

Vers 9 heures la police a arrêté le secrétaire CGT de FAPT-66 (la Poste) en raison d’un tag sur un conteneur d’ordures ménagères. Inacceptable! En fin de manifestation le cortège s’est rendu devant le commissariat de police de Perpignan (protégée par 9 cars de gendarmes mobiles et 10 BAC) pour exiger sa libération immédiate- dont acte vers 14H30.  La LDH-66 était présente.

Manifestation du 5 décembre 2019 à Perpignan

Vidéo de Banyulsinfo

Publié sur lasemaineduroussillon

Manifestation à Perpignan : par milliers contre la réforme des retraites

Jeudi 5 décembre. Les prévisions n’ont pas menti, la mobilisation est au rendez-vous. Des milliers de manifestants convergent sur la place Catalogne avant de former un énorme cortège après 10h, qui part en direction du pont Arago. Après une pause discours au milieu du pont, la mobilisation se poursuit en direction du Moyen-Vernet pour redescendre ensuite vers le Castillet via l’avenue Joffre. Ils seraient 9600 selon la police, 15 000 selon les manifestants. Tous les syndicats sont présents : CGT, FO, Unsa, Solidaires, FSU… Les agents des services publics sont très présents : pompiers, hospitalier, agents du Conseil départemental, éducation nationale, retraités de la fonction publique. On compte aussi quelques salariés du privé comme Cémoi. Sur les banderoles et pancartes on pouvait lire « On a choisi ce métier pour vous soigner pas pour vous faire indécemment patienter ». « Urgences saturées = patients en danger » « Pour un droit à la retraite, pas un retrait du droit ». « Pour la dignité des retraités » « Démocratie directe, Votez pour nos lois pas pour nos maîtres ».

« La manifestation est multicolore »

Voici quelques ressentis, concernant la retraite mais pas que, pris au fil du cortège :

Christian et Dominique, retraités d’EDF : « La réforme des retraites est impossible à faire, la transposition au point n’est pas compatible chez nous. On dit qu’on a des avantages, alors qu’on a une obligation de service public, on est dispo en permanence, les heures sup ne sont pas payées… Et on est imposés sur les avantages, on nous les donne d’une main, on nous les reprend de l’autre. La retraite n’est plus indexée… »

Daniel, facteur et du syndicat Sud : « Le métier de facteur est en train de disparaître. On fait tout sauf distribuer les colis, on fait tout et n’importe quoi, les courses pour les gens… Ceux qui obtiennent un CDI sont ceux qui acceptent tout. Les tournées sont plus longues, les collègues qui ne finissent pas à temps ont un sentiment d’échec, il y a des burn out. Entre le travail prescrit et le travail réel il y a une grosse disparité. »

Vincent, pompier à Perpignan et à la CGT : « La manifestation est multicolore, les bleus sont rejoints par les blancs, par les gilets jaunes… Les pompiers ont eu des revendications au niveau départemental, la présidente du département y a répondu favorablement, maintenant c’est à l’Etat de faire quelque chose. L’argent du Département va combler des départs à la retraite mais ne pallie pas l’augmentation des interventions. Il faut du matériel digne et surtout des moyens humains. On est là pour les retraites aussi et pour soutenir nos autres collègues en service qui ne peuvent pas manifester. »

Manifestation jeudi à Paris: le leader de la CGT Cheminots craint une « volonté de l’État de faire régner la terreur dans les manifestations »

A la veille de la manifestation parisienne dans la cadre de la journée nationale de grève et de manifestations contre la réforme des retraites, entre autres, le secrétaire CGT-cheminots craint que le gouvernement, avec le préfet de Paris, ait la « volonté de faire régner la terreur dans les manifestations » en faisant charger les CRS face aux casseurs. Cela rappelle la stratégie de tension mise en place à Paris lors des manifestations contre la loi travail sous le gouvernement de Hollande. Le préfet de police Lallement s’est illustré par une répression féroce des manifestations des Gilets jaunes à Bordeaux lorsqu’il était préfet de la région Nouvelle Aquitaine.

Publié sur lepoint.fr avec i’AFP   – Publié le 04/12/2019 à 19:16 | AFP

Manifestation jeudi à Paris: le leader de la CGT Cheminots craint des violences policières

Le parcours de la manifestation parisienne de jeudi contre la réforme des retraites est « très compliqué » à sécuriser, s’est inquiété mercredi le numéro un de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, qui craint une « volonté de l’État de faire régner la terreur dans les manifestations », en faisant charger les CRS pour lutter contre les casseurs.

« Le départ qui a été imposé à Paris, de Gare de l’Est, il est très compliqué pour la sécurisation de la manifestation », a souligné M. Brun sur franceinfo.

« Les casseurs ne sont pas dans (les) rangs » de la CGT, mais le lieu de départ du cortège, « dans une zone très étroite, avec énormément de rues perpendiculaires qui permettent beaucoup d’accès hors manif », peut laisser penser que le préfet de police a choisi ce parcours « à dessein », et qu’il « n’a pas fait tout ce qu’il fallait pour que cette manifestation ait lieu dans les meilleures conditions », a encore dénoncé le leader syndical.

Comme on lui demandait si, selon lui, le préfet de police « cherche des affrontements et des violences », M. Brun a répondu: « c’est ce que nous craignons« .

Selon lui, l’État « justifie » par avance « le fait qu’il va y avoir des charges contre les manifestants, et ça c’est inacceptable ». « Les forces de police sont là pour garantir la sécurité publique (…) mais s’il y a des charges contre les manifestants, s’il y a des gazages (…), ça sera une volonté de l’État de faire régner la terreur dans les manifestations pour dissuader les gens de manifester », selon M. Brun.

Sur le fond du conflit, les militants de la CGT-cheminots sont prêts à prolonger la grève « aussi longtemps que le gouvernement maintiendra son projet ». « La détermination est très très forte » à la SNCF, a-t-il noté.

« Je suis d’une génération qui n’a pas connu (le conflit de) 1995 en tant que salarié, nous n’avons pas eu de grande victoire depuis 1995, on espère construire notre grande victoire, de notre génération », a dit M. Brun.

La préfecture de Police de Paris a décidé de fermer tous les commerces présents sur le parcours de la manifestation de jeudi, pour éviter « violences et dégradations ».

De leur côté, la CGT et FO ont indiqué avoir « renforcé » leurs services d’ordre syndicaux.

04/12/2019 19:14:05 –          Paris (AFP) –          © 2019 AFP

TRIBUNE COLLECTIVE « LA PRÉCARITÉ TUE, JUSTICE SOCIALE MAINTENANT » PUBLIÉE SUR BASTAMAG

20 NOVEMBRE 2019 – TRIBUNE COLLECTIVE « LA PRÉCARITÉ TUE, JUSTICE SOCIALE MAINTENANT » PUBLIÉE SUR BASTAMAG

Tribune collective signée par la Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Les inégalités et la pauvreté continuent d’augmenter et se matérialisent de façon violente dans la vie de millions de personnes, en priorité les femmes. Comme le démontre le geste de désespoir d’un étudiant à Lyon, qui dénonce la précarité étudiante. Ce n’est pas un fait divers, mais une vraie question sociale.

La précarité est la situation vécue par de très nombreux étudiants et étudiantes : les petits boulots qui freinent leurs études, les logements trop chers, la suppression des bourses, les allocations dérisoires, les difficultés d’accès à la santé, les fins de mois qui commencent dès la première quinzaine.

La précarité étudiante est loin d’être la seule, elle touche une partie grandissante de la population participant de l’augmentation de la pauvreté.

Aujourd’hui, faire des études, avoir un travail ne protègent en rien de la précarité. D’ailleurs la réforme de l’assurance chômage voulue par le gouvernement va aggraver cette précarité pour 1,2 millions de personnes, principalement les moins de 25 ans.

« Nous affirmons notre volonté de faire progresser la justice sociale »

Nous pensons que notre société a les moyens de faire en sorte que chacune et chacun puisse vivre dignement, et non survivre. Cela passe notamment par un accès gratuit pour toutes et tous à des services publics de qualité (éducation, santé, transports, culture…)

De façon immédiate, nous revendiquons pour les étudiantes et les étudiants la hausse du nombre et du montant des bourses, à la mise en place effective de la trêve hivernale dans les logements universitaires ainsi qu’un accès à un logement décent et abordable en Cité Universitaire.

Il est urgent de mettre en place une rémunération permettant de se consacrer pleinement aux études.

Nous contestons le développement et la mise en place de mesures, comme les stages qui remplace des emplois, le service civique, et le tri social organisé par la plate-forme Parcoursup qui condamnent à la précarité et à l’inégalité des droits. Dans ce contexte la « clause du grand-père » qui acterait la dégradation des droits à la retraite pour les personnes entrant aujourd’hui sur le marché du travail, est inacceptable.

Nos organisations affirment leur soutien aux revendications étudiantes et à leurs mobilisations en cours et à venir. Elles appellent à rejoindre toutes les initiatives contre la précarité, le chômage et la défense des services publics.

Elles invitent à construire et faire converger les mobilisations pour la justice sociale dans les semaines qui viennent avec un moment particulier le 5 décembre.

Signataires : Alternative ESR, APEIS, Attac, CGT, Collectif national pour les droits des femmes, DAL, FIDL, FSE, FSU, Jeudi noir, LDH, Solidaires Etudiant-e-s, Unef, UNL, Union syndicale Solidaires.

LIRE LA TRIBUNE SUR BASTAMAG

L’Assemblée nationale vote un texte qui assimile l’antisionisme à l’antisémitisme

Publié sur francetvinfo.fr

L’Assemblée vote un texte élargissant la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme

Le texte, sans valeur contraignante, a été adopté par seulement 154 voix pour, 72 contre, et 43 abstentions.

Comment définir l’antisémitisme ? L’Assemblée nationale a adopté mardi 3 décembre une proposition de résolution LREM soutenue par le gouvernement, mais qui a entraîné un record d’oppositions au sein de la majorité, certains craignant qu’elle empêche toute critique de la politique d’Israël ou « hiérarchise les haines ».

Le texte, sans valeur contraignante, a été adopté par seulement 154 voix pour (LREM et LR principalement), 72 contre (à gauche), et 43 abstentions. Vingt-six députés LREM se sont prononcés contre –du jamais vu dans le groupe majoritaire depuis l’accord de libre échange Ceta (9 contre)–, 22 se sont abstenus, tandis que 84 l’ont validé.

Une définition décriée par des intellectuels juifs

« La haine n’a pas sa place en République, l’intolérance n’a pas sa place en France », a déclaré dans l’hémicycle le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, faisant notamment référence à la profanation le même jour de tombes juives dans un cimetière du Bas-Rhin. « Cette proposition de résolution est une avancée dans notre lutte contre l’intolérance », a ajouté le ministre, qui a aussi dénoncé dans son propos « les atteintes anti-chrétiennes » et « anti-musulmanes ».

Ce texte reprend la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (Ihra), validée par plusieurs pays et appuyée par Emmanuel Macron en février devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Le président de la République avait alors affirmé vouloir élargir la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme.

Une définition « hautement problématique », a estimé pour sa part un collectif de 127 intellectuels juifs du monde entier. « Nos opinions sur le sionisme peuvent être diverses, mais nous pensons tous, y compris ceux qui se considèrent comme sionistes, que cet amalgame est fondamentalement faux. Pour les nombreux juifs se considérant antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux », ont-il écrit dans une tribune publiée dans Le Monde (édition abonnés).


« Nous vous prions de ne pas signer et de ne pas soutenir une résolution qui assimile à tort l’antisionisme à l’antisémitisme.

Appel de 125 universitaires juifs à l’Assemblée Nationale

Le 3 décembre sera présenté à l’Assemblée nationale une résolution LREM visant à assimiler la critique du sionisme à un acte antisémite. La Commission nationale des droits de l’homme a écrit à chaque député pour les enjoindre de ne pas le voter. Et un « appel de 125 universitaires juifs » s’est également adressé aux députés pour demander de ne signer ni voter ce texte

27 novembre 2019

Mesdames, Messieurs les députés,

Nous, universitaires et intellectuels juifs, d’Israël et d’ailleurs, dont beaucoup spécialistes de l’antisémitisme et de l’histoire du judaïsme et l’Holocauste, vous écrivons dans la perspective de la proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme que l’Assemblée Nationale a mise à l’ordre du jour des discussions pour débat et vote les 3 et 4 décembre prochains.

Nous souhaitons exprimer notre vive préoccupation concernant la montée de l’antisémitisme dans le monde, y compris en France. Nous considérons l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme et de xénophobie comme une menace réelle contre laquelle il convient de lutter avec la plus grande fermeté, et nous exhortons le gouvernement et le parlement français à le faire.

Tout en soulignant fermement cette préoccupation, nous nous opposons à la proposition de résolution sur l’antisémitisme pour deux raisons principales, et nous vous invitons à ne pas apposer votre signature et à ne pas lui accorder votre soutien.

Premièrement, l’exposé des motifs de la proposition de résolution associe l’antisionisme à l’antisémitisme. Il assimile même l’antisionisme à l’antisémitisme en précisant que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté́ juive dans son ensemble ».

Avant de poursuivre notre argumentation, nous déplorons que l’exposé des motifs désigne Israël comme “une collectivité composée de citoyens juifs ». Environ 20 pour cent de la population d’Israël sont des citoyens palestiniens, dont la plupart sont musulmans et chrétiens. La désignation choisie occulte et nie leur existence. Nous considérons cette approche comme hautement problématique, compte tenu également de l’engagement de votre pays en faveur d’une définition de la citoyenneté française qui n’est pas basée sur l’ethnicité.

Nos opinions sur le sionisme peuvent être diverses, mais nous pensons tous, y compris ceux qui se considèrent comme sionistes, que l’association de l’antisionisme et de l’antisémitisme est fondamentalement faux. Pour les nombreux juifs se considérant antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux.

L’antisionisme est un point de vue légitime dans l’histoire juive, et il a une longue tradition, y compris en Israël. Certains Juifs s’opposent au sionisme pour des raisons religieuses, d’autres pour des raisons politiques ou culturelles. De nombreuses victimes de l’Holocauste étaient antisionistes. Le projet de résolution les déshonore et offense leur mémoire, en les considérant rétroactivement comme antisémites.

Pour les Palestiniens, le sionisme représente la dépossession, le déplacement, l’occupation et les inégalités structurelles. Il est cynique de les stigmatiser comme antisémites parce qu’ils s’opposent au sionisme. Ils s’opposent au sionisme non par haine des Juifs, mais parce qu’ils vivent le sionisme comme un mouvement politique oppressif. Agir ainsi témoigne d’une grande insensibilité et d’une politique de deux poids, deux mesures, sachant qu’Israël nie le droit de la Palestine à exister et mine son existence même.

Il n’y a aucun doute qu’il existe des antisémites parmi les gens qui s’opposent au sionisme. Mais il y a également beaucoup d’antisémites qui soutiennent le sionisme. Il est donc inapproprié et totalement inexact d’identifier de manière générale antisémitisme et antisionisme. En confondant ces deux phénomènes, l’Assemblée nationale compromettrait les efforts vitaux de lutte contre le véritable antisémitisme, qui est multidimensionnel et provient de différents secteurs de la société française.

Notre seconde objection est que la résolution approuve la « définition opérationnelle » de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Cette définition est hautement problématique. La résolution prétend que la définition « permet de désigner le plus précisément possible ce qu’est l’antisémitisme contemporain ». En réalité cependant, la définition est peu claire et imprécise et, par conséquent, n’est pas un instrument efficace de lutte contre l’antisémitisme. D’autre part, une législation visant à lutter efficacement contre l’antisémitisme et à le poursuivre existe déjà en France.

L’exposé des motifs de la proposition de résolution indique que la définition de l’IHRA « ne reconnaît pas comme antisémite la critique des politiques de l’État d’Israël ». En réalité cependant, plusieurs « exemples contemporains d’antisémitisme » ont été joints à la définition, qui assimilent intentionnellement la critique et l’opposition aux politiques de l’État d’Israël à l’antisémitisme. Ces exemples sont présentés et considérés comme partie intégrante de la définition.

D’après les exemples et la manière dont ils sont appliqués, il suffit de critiquer Israël d’une manière perçue comme différente de ce qui se fait pour d’autres pays, pour être considéré antisémite. Il suffit d’être en faveur d’une solution binationale ou démocratique au conflit israélo-palestinien, pour être considéré comme antisémite. Il en va de même, quand on blâme Israël pour son racisme institutionnalisé. On peut certainement ne pas être d’accord avec ces énoncés. Mais ces opinions sont considérées comme légitimes et protégées par la liberté d’expression dans tout autre contexte politique. Ainsi, la résolution crée un double standard injustifiable en faveur d’Israël et contre les Palestiniens.

La définition de l’IHRA est déjà utilisée pour stigmatiser et réduire au silence les critiques de l’État d’Israël, notamment les organisations de défense des droits humains et des experts respectés. Cette situation a été condamnée par d’éminents spécialistes de l’antisémitisme. Kenneth Stern, l’un des rédacteurs originaux de la définition de l’IHRA, a également mis en garde contre l’utilisation de cette définition pour saper la liberté d’expression.

La question clé est la suivante: pourquoi tout cela se produit-il ? Nous ne pouvons pas considérer cela comme déconnecté de l’agenda politique principal du gouvernement israélien visant à enraciner son occupation et son annexion de la Palestine et à faire taire toute critique à l’égard de cet agenda.

Depuis des années, le gouvernement israélien du Premier ministre Benjamin Netanyahu dénonce comme antisémite toute opposition à sa politique. Netanyahu lui-même a défendu avec force l’équivalence de l’antisionisme et de l’antisémitisme, ainsi que la définition de l’IHRA. Cela illustre la manière dont la lutte contre l’antisémitisme a été instrumentalisée pour protéger le gouvernement israélien.

C’est avec inquiétude que nous constatons que ces efforts du gouvernement israélien trouvent un soutien politique, jusqu’en France. Le 28 mai 2019, le député Sylvain Maillard avait participé à une conférence aux côtés de Yossi Dagan, un leader militant des colons, qui préside une autorité de l’État Israélien en charge des colonies en Cisjordanie occupée. Comme vous le savez, le député Maillard a initié la résolution en présence sur l’antisémitisme, quelques jours avant cet événement.

Nous vous demandons donc de lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme, mais sans aider le gouvernement israélien dans son programme d’occupation et d’annexion.

Cette proposition de résolution n’est pas un moyen crédible et efficace d’y parvenir. L’antisémitisme doit être combattu sur des bases universelles, au même titre que d’autres formes de racisme et de xénophobie, pour lutter contre la haine. L’abandon de cette approche universaliste conduira à une polarisation accrue en France, ce qui nuirait également à la lutte contre l’antisémitisme.

Dans ce contexte, nous notons que la proposition de résolution est également en contradiction avec la position de la CNCDH, la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Dans son rapport de 2018 sur la lutte contre le racisme, la CNCDH a averti que la définition de l’IHRA risque d’affaiblir l’approche universelle française de la lutte contre le racisme et a insisté « sur la vigilance pour ne pas confondre racisme et critique légitime d’un État et de sa politique ».

Nous vous prions de ne pas signer et de ne pas soutenir une résolution qui assimile à tort l’antisionisme à l’antisémitisme. Ne signez pas et ne soutenez pas une résolution qui approuve la définition politisé de l’antisémitisme de l’IHRA, d’autant plus si elle le fait sans se distancier des exemples problématiques de la définition qui concernent Israël.
Nous vous prions d’accepter, Mesdames, Messieurs les députés, l’expression de nos sentiments distingués.

Prof. Howard Tzvi Adelman, Associate Professor of History and of Jewish History,
Queen’s University, Kingston, Ontario
Dr. Karin Adelman, physician
Prof. Ofer Aharony, Faculty of Physics, Weizmann Institute of Science
Prof. (emeritus) Mateo Alaluf, Institute of Sociology, Université Libre de Bruxelles
Prof. Gadi Algazi, Professor of Medieval History, Department of History, Tel Aviv University; associate fellow at Re:Work: International Research Center Work and Human Lifecycle in Global History at Humboldt University, Berlin
Dr. Hila Amit, writer, researcher
Prof. Gil Anidjar, Middle Eastern, South Asian, and African Studies Department, Columbia University
Dr. Seth Anziska, Department of Hebrew and Jewish Studies, University College London
Prof. Yonathan Anson, Department of Social Work, Ben-Gurion University of the Negev
Prof. Jean-Christophe Attias, Professor and Chair of Medieval Jewish Thought, École pratique des hautes études, Université PSL, Paris
Prof. (emerita) Elsa Auerbach, English Department, University of Massachusetts Boston (daughter of German Holocaust refugees)
Prof. (emeritus) Joel Beinin, Donald J. McLachlan Professor of History and Professor of Middle East History, Stanford University,
Prof. Avner Ben-Amos, Department of History, Tel Aviv University
Dr. Ayelet Ben-Yishai, Department of English Language, University of Haifa
Prof. Andrew Stuart Bergerson, History Department, University of Missouri-Kansas City
Prof. Michael Berkowitz, Professor of Modern Jewish History, Department of Hebrew and
Jewish Studies, University College London
Prof. Louise Bethlehem, English and Cultural Studies, Hebrew University of Jerusalem
Prof. David Blanc, Department of Mathematics, University of Haifa
Prof. Daniel D. Blatman, Head of Avraham Harman Research Institute of Contemporary Jewry, Max and Rita Haber Chair in Contemporary Jewry and Holocaust Studies, The Hebrew University Jerusalem
Prof. Hagit Borer, Fellow of the British Academy; Fellow of the Linguistics Society of America; Chair in Linguistics, SLLF, Queen Mary University of London
Prof. Daniel Boyarin, Taubman Professor of Talmudic Culture, University of California at Berkeley, Fellow American Academy of Arts and Sciences, Von Humboldt Senior Laureate
Dr. Rony Brauman, physician, Professor at University of Manchester
Prof. (emeritus) Jose Brunner, Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas and Buchmann Faculty of Law, Director, Eva & Marc Besen Institute for the Study
of Historical Consciousness, co-founder of Israel’s first legal clinic for the rights of Holocaust survivors, Tel Aviv University
Prof. Judith Butler, Maxine Elliot Professor of Comparative Literature and Critical Theory,
University of California, Berkeley
Prof. (emerita) Jane Caplan, Professor of Modern European History, University of Oxford; Emeritus Fellow, St Antony’s College, Oxford; Marjorie Walter Goodhart Professor
Emeritus of European History, Bryn Mawr College; Visiting Professor, Birkbeck, University of London
Dr. Nina Caputo, Associate Professor, Department of History, University of Florida
Prof. Michael Chanan, Professor of Film and Video, University of Roehampton, London
Prof. Stephen Clingman, Distinguished University Professor, Department of English, University of Massachusetts, Amherst
Dr. Eyal Clyne, unaffiliated
Prof. James Cohen, Institut du monde anglophone, University of Sorbonne Nouvelle Paris 3
Prof. Alon Confino, Pen Tishkach Chair of Holocaust Studies, Director of The Institute for Holocaust, Genocide and Memory Studies, Department of History, University of Massachusetts
Mike Cushman, research fellow, London School of Economics and Political Science
Dr. Hilla Dayan, Department of Sociology, Amsterdam University College
Prof. (emerita) Sonia Dayan-Herzbrun, Faculty of Social Sciences, University Paris Diderot Paris 7
Prof. Sidra DeKoven Ezrahi, Professor of Comparative Literature, Hebrew University of
Jerusalem
Dr. Tal Dor, adjunct researcher, Experice, Université Paris 8
Prof. (emeritus) Tommy Dreyfus, Mathematics Education, School of Education, Tel Aviv University, Awardee of the Felix Klein Medal
Prof. David Enoch, Faculty of Law and Department of Philosophy, Hebrew University of
Jerusalem
Prof. (emerita) Judith Ferster, English Department, North Carolina State University
Dr. Cynthia Franklin, Department of English, University of Hawaii
Prof. (emeritus) Gideon Freudenthal, The Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas, Tel Aviv University
Prof. (emeritus) Chaim Gans, Faculty of Law, Tel Aviv University
Prof. Amos Goldberg, Department of Jewish History and Contemporary Jewry, Hebrew University of Jerusalem
Katharina Galor, Hirschfeld Visiting Associate Professor, Program in Judaic Studies, Brown University
Prof. Shai Ginsburg, Department of Asian and Middle Eastern Studies, Duke University
Prof. Rachel Giora, Department of Linguistics, Tel Aviv University
Prof. (emeritus) Steve Golin, History Department, Bloomfield College
Prof. Neve Gordon, Department of Politics and Government, Ben-Gurion University of the Negev
Prof. Joel Gordon, The Department of History, University of Arkansas Fayetteville
Prof. Nir Gov, Department of Chemical and Biological Physics, Weizmann Institute of Science
Dr. Yann Guillaud, lecturer at Sciences Po and the Catholic University of Paris
Dr. Gérard Haddad, psychiatrist, psychoanalyst, writer
Dr. Ilana Hammerman, writer, winner of the Yeshayahu Leibowitz Prize (2015)
Prof. David Harel, Department of Computer Science and Applied Mathematics, The Weizmann Institute of Science; winner of the Israel Prize (2004) and of the EMET prize
Prof. Elizabeth Heineman, Department of History, University of Iowa
Dr. Shir Hever, Political Science, Free University of Berlin
Prof. Eva Jablonka, Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas, Tel Aviv University
Michal Kaiser-Livne, psychoanalyst, Berlin Institute for Group Analysis
Dr. Brian Klug, senior research fellow and tutor in Philosophy, University of Oxford, honorary fellow of the Parkes Institute for the Study of Jewish/non-Jewish Relations, University of Southampton
Prof. (emeritus) Yehoshua Kolodny, Institute of Earth Sciences, Hebrew University of
Jerusalem, winner of the Israel Prize (2009)
Dr. Hubert Krivine, physician
Pascal Lederer, physician, honorary research director at the French National Centre for Scientific Research (CNRS)
Prof. (emeritus) Micah Leshem, Department of Psychology, University of Haifa
Dr. Les Levidow, Faculty of Arts and Social Sciences, The Open University, United Kingdom
Dr. Mark Levene, emeritus fellow, Department of History, University of Southampton UK; Parkes Centre for Jewish/non-Jewish Relations; winner of the Institute for the Study of Genocide, New York; Lemkin prize (2015)
Prof. Joseph Levine, Professor of Philosophy, University of Massachusetts, Amherst
Dr. R. Ruth Linden, President Tree of Life Health Advocates, San Francisco; founder of the Holocaust Media Project
Adi Liraz, interdisciplinary artist, instructor relating to the history of Jews in Greece and in
Germany
Dr. Rachel Livne-Freudenthal, Leo Baeck Institute, Jerusalem
Prof. (emeritus) Moshé Machover, Professor of Philosophy, University of London
Joëlle Marelli, independent scholar, former program director at the College International de Philosophie, Paris
Dr. Anat Matar, Philosophy Department, Tel Aviv University
Dr. Yehoshua Mathias, senior lecturer, School of Education, Hebrew University of Jerusalem
Prof. David Mednicoff, Associate Professor of Middle Eastern Studies and Public Policy,
University of Massachusetts, Amherst
Dr. Oded Na’aman, The Martin Buber Society of Fellows, Hebrew University of Jerusalem
Dr. Sheryl Nestel, independent scholar
Prof. Isaac Nevo, Associate Professor, Philosophy
Prof. (emerita) Benita Parry, English and Comparative Literary Studies, Warwick
University
Hadas Pe’ery, lecturer at the The Buchmann Mehta School of Music, Tel Aviv University;
laureate of the Israeli Prime Minister’s Award for Composers
Prof. Nurit Peled-Elhanan, School of Education, Hebrew University of Jerusalem; The
David Yellin Academic College of Education; co-winner of the Sakharov Prize (2001)
Prof. (emeritus) Roland Pfefferkorn, Professor of Sociology, University of Strasbourg
Dr. Yael Politi, Center for Molecular and Cellular Bioengineering, Technische Universität Dresden
Dr. David Ranan, Birkbeck University, London
Prof. (emerita) Ada Rapoport-Albert, Professor of Hebrew and Jewish Studies, University College London
Ben Ratskoff, University of California, Los Angeles
Prof. (emerita) Shlomith Rimmon-Kenan, Departments of English Literature and Comparative Literature, Hebrew University of Jerusalem; member of the Israel Academy of
Sciences and Humanities
Dr. Noa Roei, Assistant Professor, Literary and Cultural Analysis, University of Amsterdam
Prof. (emerita) Lisa Rofel, University of California, Santa Cruz
Prof. Dana Ron, Faculty of Engineering, Tel Aviv University
Prof. (emeritus) Steven Rose, Professor of Biology and Neurobiology, The Open University, United Kingdom
Prof. (emeritus) Jonathan Rosenhead, Professor of Operational Research, Department of
Management, London School of Economics and Political Science
Prof. David M. Rosenthal, Cognitive Science Concentration Graduate Center, City
University of New York
Prof. Michael Rothberg, 1939 Society Samuel Goetz Chair in Holocaust Studies, Department of Comparative Literature, University of California; specializes in Holocaust studies
Dr. E. Natalie Rothman, Department of Historical and Cultural Studies, University of Toronto Scarborough
Prof. Catherine Rottenberg, Department of American and Canadian Studies, University of Nottingham
Dr. Sara Roy, Senior Research Scholar, Center for Middle Eastern Studies, Harvard University
Dr. Hannah Safran, Haifa Feminist Research Center
Dr. Ariel Salzmann, Department of History, Queen’s University, Ontario
Catherine Samary, economist (ret.), Paris Dauphine University
Prof. (emeritus) Donald Sassoon, Professor of Comparative European History, Queen Mary, University of London
Prof. (emerita) Naomi Scheman, Philosophy and Gender, Women, & Sexuality Studies,
University of Minnesota
Sir Stephen Sedley, former Lord Justice of Appeal, England and Wales; former UK Judge
ad hoc at European Court of Human Rights; former visiting professor of law, Oxford University
Prof. (emeritus) Graeme Segal, Mathematics, All Souls College
Prof. Gershon Shafir, Department of Sociology, University of California, San Diego
Prof. (emerita) Alice Shalvi, English Departments, Hebrew University Jerusalem and Ben- Gurion University of the Negev; former Rector Schechter Institute of Jewish Studies; winner of the Israel Prize (2007), co-winner of the Leibowitz Prize (2009), winner of the Bonei Zion Prize (2017)
Dr. Dimitry Shevchenko, Postdoctoral Research Fellow, Department of Asian Studies, The
Hebrew University, Jerusalem
Prof. (emeritus) Avi Shlaim, Department of Politics and International Relations, St.
Antony’s College and University of Oxford; Fellow of the British Academy
Prof. David Shulman, Department of Asian Studies, Hebrew University of Jerusalem, member Israel Academy of Sciences and Humanities, winner of the EMET Prize (2010) and of the Israel Prize (2016)
Dr. Dmitry Shumsky, Department of Jewish history and Head of the Cherrick Center for the Study of Zionism, The Hebrew University of Jerusalem
Robert Yerachmiel Sniderman, Simon Fraser University
Dr. Lisa Stampnitzky, lecturer in Politics, Department of Politics and International Relations, University of Sheffield
Prof. Marc Steinling, physician, biophysicist, honorary Professor of Universities (son of French resistants FTP-MOI)
Prof. Sacha Stern, Head of Department, Hebrew and Jewish Studies, University College London
Prof. (emeritus) Zeev Sternhell, Léon Blum Professor emeritus, Hebrew University of Jerusalem; Israel Prize Laureate in Political Science; Member of the Israel Academy of Sciences and Letters; International Honorary member American Academy of Arts and Sciences
Howard Rechavia Taylor, Columbia University
Prof. Barry Trachtenberg, Michael R. and Deborah K. Rubin Presidential Chair of Jewish History, Department of History, Wake Forest University
Prof. (emeritus) Rolf Verleger, psychologist, member of the Central Council of Jews in
Germany 2005-2009
Dominique Vidal, historian and journalists
Prof. Roy Wagner, Department of Humanities, Social and Political Sciences, ETH Zürich
Dr. Yair Wallach, Head of the Centre for Jewish Studies, Department of the Languages and Cultures of the Near and Middle East, SOAS, University of London
Daphna Westerman, MA Fine Arts Bauhaus-University, Weimar
Prof. Diane L. Wolf, Department of Sociology, University of California, Davis
Prof. (emeritus) Niza Yanay, Department of Sociology and Anthropology, Ben-Gurion University of the Negev,
Prof. (emeritus) Moshe Zimmermann, former director of the Richard Koebner Minerva Center for German History, Hebrew University of Jerusalem, Prof. (emeritus) Moshe Zuckermann, The Cohn Institute for the History and Philosophy of Science and Ideas, Tel Aviv University

Crise climatique : quels sont les enjeux de la COP25 ?

Publié sur le site de  Reporterre.net

La COP25 débute ce lundi 2 décembre en Espagne. Alors que les États ne respectent pas leurs engagements et que les pays en développement pâtissent déjà des dégâts irréversibles dus au changement climatique, Reporterre détaille les enjeux de ce sommet international.

1. La COP25 amorcera-t-elle une dynamique ambitieuse, poussant les États à respecter leurs engagements ?

Les gouvernements du monde sont quasiment tous en retard sur leurs engagements pris dans l’Accord de Paris. Cet accord, adopté en 2015, fixait un objectif commun : contenir le réchauffement climatique « bien en-dessous » de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, afin de limiter les perturbations du système Terre. Or, les promesses actuelles des États suivent une trajectoire conduisant à un réchauffement supérieur à 3 °C. Et elles ne sont même pas tenues.

Le cycle de renouvellement de ces promesses est prévu tous les cinq ans. La prochaine échéance ? La COP26 à Glasgow, en 2020. Un an avant cet événement, la COP25 est censée amorcer une dynamique ambitieuse et collective.

« Cette COP25 est la dernière marche avant l’année 2020, qui sera décisive pour le climat, dit Lucile Dufour, du Réseau action climatIl ne faudra surtout pas la rater, il faut à tout prix poser les bons jalons et notamment de la part des pays les plus émetteurs : les pays du G20 représentent 80 % des émissions de gaz à effet serre mondiales et, pourtant, aucun ne respecte les objectifs qu’il s’est fixé en 2015. Nous avons besoin que ces pays prennent leurs responsabilités, respectent leurs engagements et les renforcent. »

La présidence de la COP25 a initié une alliance internationale visant à rassembler les acteurs, étatiques ou non, ayant annoncé leur engagement pour atteindre la neutralité carbone en 2050 : l’Alliance pour l’ambition climatique. 67 pays ont adhéré à l’Alliance mais ils représentent seulement 10 % des émissions de CO2 du monde. Et, pour le moment, seules les îles Marshall — en voie de submersion à cause de la montée du niveau des océans — ont réellement relevé leur ambition.

2. Sans les États-Unis et loin du Chili, l’Union européenne comme élément moteur ?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a publié deux rapports en 2019, l’un sur les interactions entre le climat et les terres, l’autre sur les océans et la cryosphère. Une conclusion de ces rapports, qui expriment le consensus scientifique global, est que le monde doit réduire de moitié ses émissions entre 2020 et 2030 pour avoir des chances de contenir le réchauffement climatique sous les 1,5 °C d’augmentation par rapport à l’ère préindustrielle. Un tel effort permettrait de réduire les conséquences du changement climatique, déjà palpables et innombrables : catastrophes climatiques, records de température, montée des eaux, érosion…

Les enjeux sont énormes, mais le contexte géopolitique n’augure pas une COP facile. « Elle a vraiment du plomb dans l’aile » déclarait à Reporterre l’historienne Amy Dahan au lendemain de l’annonce du retrait officiel des États-Unis de l’Accord de Paris, début novembre. Une semaine plus tôt le Chili, théâtre de mobilisations populaires pour plus de justice sociale, avait renoncé à accueillir la COP, qui sera finalement organisée à Madrid. Le président chilien Sebastián Piñera a annoncé qu’il ne s’y rendrait même pas, tout comme Emmanuel Macron, alors que la France s’apprête a entrer dans un mouvement social massif.

En l’absence des États-Unis, l’attitude de la Chine et de l’Inde sera attentivement observée. L’Union européenne devra les convaincre d’agir. Le Vieux continent est attendu comme un élément moteur des négociations, d’autant que la Commission européenne s’est donnée cent jours pour mettre en place un nouveau Green Deal, attendu pour mars 2020. Le Parlement européen et la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen — elle sera présente lors la COP —, ont proposé une augmentation de l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 de 40 % à 55 % par rapport à 1990. Tous les États membres ne sont pas encore sur cette ligne, mais l’idée fait son chemin. L’Allemagne a notamment dévoilé un plan pour y parvenir sur son territoire.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé soutenir cet objectif lors du Sommet de l’ONU en septembre, sans préciser comment il comptait y parvenir. « Le président affiche des positions volontaristes sur la scène internationale, mais nous avons besoin qu’il les transforme en actes sur la scène nationale, dit Clément Sénéchal, chargé de campagne climat à Greenpeace. Lors de cette COP, la France doit faire entendre une voix vigoureuse, exigeante et cohérente. Pour ça on a besoin qu’Emmanuel Macron se rende sur place. On ne peut pas à la fois dire aux jeunes d’aller nettoyer les plages corses ou d’aller manifester en Pologne et soi-même ne pas faire le boulot. »

3. La solidarité entre pays développés et pays en développement se renforcera-t-elle ?

« Le contexte géopolitique autour de ce sommet rappelle la nécessité de lier la justice sociale et la justice climatique, y compris à l’échelle internationale », dit Sara Lickel, chargée de plaidoyer au Secours catholique.

Les pays en développement considèrent, à juste titre, que les pays développés ont une responsabilité historique dans le dérèglement climatique. Dès 1992 et l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le principe des « responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives » avait été adopté dans l’idée que tout le monde doit agir sur le climat mais que le niveau d’engagement dépend du niveau de responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre et des capacités économiques.

Au nom de l’équité, les pays les plus exposés aux effets du dérèglement climatique demandent des indemnités aux pays historiquement responsables du réchauffement de la planète. En 2009, durant la Conférence de Copenhague, les pays développés s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an, jusqu’en 2020, pour l’adaptation des pays en développement au changement climatique.

Or, cette promesse n’est pour le moment pas tenue. Le dernier rapport de l’OCDE révèle que les financements accordés et mobilisés par les pays développés en faveur des pays en développement ont atteint 71,2 milliards de dollars en 2017, contre 58,6 milliards en 2016. Les nouvelles contributions annoncées en septembre pour le Fonds vert pour le climat ont totalisé 9,8 milliards de dollars.

4. Les pays en développement, premiers touchés par le changement climatique, seront-ils aidés ?

À l’initiative des pays en développement, la COP25 devrait également porter sur les conséquences causées par le changement climatique.

« Ce sont les conséquences désormais irréversibles des dérèglements climatiques : par exemple l’élévation du niveau des mers qui engloutit des terres cultivables, des habitations, qui in fine oblige les populations à partir, dit Armelle Le Comte, d’Oxfam. Les pays en développement sont les premiers touchés et veulent que cette spécificité leur soit reconnue, que des financements plus importants soient mobilisés pour les aider à faire face à ces dégâts irréversibles. »

Or, pour le moment, « les pays développés ferment les yeux à ce sujet », déplore-t-elle. On estime que pour répondre à ces dégâts, les besoins se situent entre 300 et 700 milliards de dollars d’ici à 2030. D’où le manque de volonté politique… »

5. Les marchés du carbone seront-ils fermement réglementés ?

Parmi les points chauds des négociations : les conditions de mise en œuvre de l’article 6 de l’Accord de Paris, portant sur les marchés du carbone. Ces marchés du carbone sont des systèmes d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays qui en émettent trop, et des pays qui en émettent moins.

« Concrètement, l’article 6 de l’Accord de Paris prévoit que des réductions d’émissions faites par un État puissent être rachetées par un autre État, explique Sara Lickel. Mais il faut sortir des jeux comptables, vu la situation il est grave de perdre autant de temps sur ce type de jeux de dupes. Ce n’est pas en achetant une réduction d’émissions que l’on agit réellement contre le changement climatique ! Les États se dédouanent. Ces marchés carbone doivent être strictement réglementés. »

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