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VENEZ REJOINDRE LE COMBAT POUR LES LIBERTES, LA DEMOCRATIE, LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS

Lettre de Mona et Kim Benjamin, petites filles et héritières de Walter Benjamin, à l’association Prix Européen Walter Benjamin

“La pensée que le nom de notre grand-père puisse être utilisé pour promouvoir l’idéologie de l’extrême-droite nous remplit d’horreur. Monsieur Aliot et le Rassemblement national représentent tout ce contre quoi notre grand-père, ainsi que notre grand-mère Dora Benjamin, et notre père Stefan, se sont opposés émotionnellement, politiquement et intellectuellement. Le simple fait que le nom de Walter Benjamin puisse être utilisé pour célébrer ou propager les convictions de l’extrême-droite est un affront à l’histoire de notre famille, et à l’histoire collective de toutes celles et tous ceux qui ont combattu et qui continuent de se battre pour un monde meilleur, pour l’équité et les droits de tous.”

STOP LOI GLOBALE
Signons massivement la pétition en ligne

Appel pour une MARCHE DES LIBERTÉS – JEUDI 3 Décembre à Perpignan à 18h Place de la Victoire

L’Observatoire pour le respect des droits et libertés 66 (ORDL) dénonce avec fermeté le vote de la loi dite « de Sécurité globale » et ses articles liberticides, ainsi que les violences et menaces commises par les forces de police la semaine dernière à l’encontre :

• des journalistes qui ne font que leur travail lors des manifestations,

• des citoyen.ne.s pris pour cible dans les mêmes circonstances,

• des migrant.e.s expulsés violemment de leur campement pacifique place de la République à Paris, ainsi que des élu.e.s, des représentant.e.s d’ONG ou de simples citoyen.ne.s qui tentaient de leur porter secours.

Samedi 21 novembre encore, et révélés par une vidéo (confirmant combien le droit de prendre et diffuser des images est une garantie démocratique), le passage à tabac et les insultes racistes à l’encontre de Michel Zecler, un producteur de musique noir, par trois policiers parisiens montrent bien à quel point toutes ces lois liberticides, en guise de sécurité, renforcent le sentiment d’impunité de la police, encourageant les violences policières.

Ces dérives renforcent notre détermination à combattre cette nouvelle loi antidémocratique et la volonté du gouvernement de cultiver la peur et d’étouffer notre droit à la liberté d’opinion et d’expression.

Organisations politiques, syndicales et citoyennes, tous et toutes,

Manifestons notre refus de ces atteintes intolérables à tous nos droits démocratiques

LORS D’UNE MARCHE POUR LES LIBERTÉS

le jeudi 3 décembre – 18h

Place de la Victoire (au pied du Castillet) Perpignan

Contre les violences faites aux femmes et les féminicides des centaines de manifestant.e.s à Perpignan le 25 novembre 2020

Le rassemblement organisé mercredi soir place de la Victoire, devant le Castillet, à Perpignan,par le Collectif Droits des Femmes 66 dont la LDH-66 est membre. 300 personnes se sont rassemblées devant le Castillet.  Plusieurs interventions sur les violences faites aux femmes, particulièrement nombreuses dans les Pyrénées orientales où elles sont en 1ère place dans la région Occitanie, tragique palmarès. Après avoir rebaptiser la place de la Victoire, « Place des 145 victimes des féminicides 2019 », la manifestation poursuit jusqu’à la place Arago. Des femmes syndicalistes de la FSU et de la CGT, membres du Collectif, sont intervenues. Chants et chorale ont rythmé la manifestation.

Perpignan : « face aux violences faites aux femmes, nous ne baisserons jamais les bras »

Publié sur lindépendant.fr le 25/11/2020

Le temps d’une soirée, la place de la Victoire a été rebaptisée place des 145 victimes de féminicides en 2019.

Près de 300 personnes se sont rassemblées, ce mercredi 25 novembre, place de la Victoire à Perpignan, à l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes, pour afficher leur colère et leur détermination face à une situation, encore aujourd’hui, particulièrement préoccupante. 

Malgré les restrictions liées à la crise sanitaire, la mobilisation a été forte, à Perpignan, ce mercredi. Collectifs, associations, syndicats, partis politiques, s’étaient donné rendez-vous sur la place de la Victoire en cette journée dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes. 

En tête de cortège, Katia Mingo, du collectif des droits des femmes, a rappelé le sinistre contexte dans lequel la France se trouve en cette fin d’année 2020. « Nous sommes en colère, car le bilan est difficile et récurrent. Il y a encore 150 féminicides, chaque année, 93 000 tentatives ou viols, et un agresseur sur trois fait partie de l’environnement immédiat. Alors que le président Emmanuel Macron avait inscrit la lutte contre ces violences comme une grande cause nationale, rien n’arrive vraiment à inverser cette tendance »

Pour ces militantes féministes, certaines mesures tardent à être mises en application, comme celle du bracelet électronique permettant de localiser le conjoint violent. « Alors que l’Espagne a obtenu de très bons résultats sur ce point, on a l’impression, ici, qu’il faudra attendre 2030 pour que cela soit véritablement efficient. On regrette aussi que les financements des associations ne sont toujours pas à la hauteur du travail qu’elles fournissent. Car, pour l’heure, c’est encore elles qui remédient aux carences des institutions, notamment concernant les hébergements d’urgence« . 

Marie-Pierre Delattre de LGBT 66 vise, quant à elle, « une société toujours patriarcale qui ne permet pas de faire évoluer les stéréotypes de genre rendant le mal très profond. Des dispositifs existent, mais les chiffres montrent bien qu’ils sont insuffisants »

Pour Monique, responsable syndicale à la FSU, le travail à l’école doit être encore davantage développé. « Pourquoi, aujourd’hui encore, on laisse plus de place aux garçons dans les cours d’école que pour les filles. Si on ne travaille pas contre tous ces stéréotypes genrés, on ne pourra pas lutter efficacement contre ce fléau. Certes, ce n’est pas des choses simples, notamment car elles peuvent entrer en contradiction avec le cercle familial, mais on ne pourra pas faire l’économie de travailler cela »

Symbole de ces engagements et de la volonté de mettre ces problématiques au cœur des discussions, les manifestants ont profité de cette mobilisation pour rebaptiser, le temps d’une soirée, la place de la Victoire « place des 145 victimes de féminicides en 2019 ». 

Julien Marion

DÉCLARATION DU 27 NOVEMBRE 2020 OBSERVATOIRE POUR LE RESPECT DES DROITS ET LIBERTÉS 66

Les difficultés rencontrées pendant cette période de pandémie ne doivent pas permettre que soient sacrifiés les principes fondamentaux d’un état de droit.

Cette loi sur la Sécurité Globale, bien loin de protéger, mettra toute la population sous surveillance. Des journalistes ou tout simplement des citoyens qui veulent témoigner sur des violences policières sont menacés de fortes amendes ou de peines de prison. Ce qui entrainera des risques d’autocensure. Une réforme profonde des missions des polices municipales et des entreprises de sécurité privées et le recours aux drones et aux caméras couronnent le tout. C’est une menace pour la libre circulation de l’information, qui constitue pourtant l’une des piliers de la démocratie.

Plus récemment c’est une ordonnance pénale du 18 novembre 2020 qui ne permettra pas à la justice d’être rendue sereinement et équitablement par le non-respect du contradictoire, par le recours au juge unique, par la visioconférence imposée.

Enfin, la loi de programmation de la Recherche, votée aussi la semaine dernière, contient un amendement qui a été conservé et voté : il introduit dans le code pénal une disposition propre aux établissements d’enseignement supérieur, sanctionnant d’un an de prison et de 7500€ d’amende « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’une faculté dans le but de troubler la tranquilité ou le bon ordre de l’établissement ».

L’inquiétude est grande de voir un jour tomber toutes ces mesures liberticides dans le droit commun, et nous n’avons aucune certitude sur leur utilisation future.

Ce gouvernement ne sait plus gouverner autrement qu’en remettant toujours plus haut la barre de la répression policière et judiciaire.

Si nous sommes tous demandeurs de sécurité, cela ne peut être au détriment de notre sûreté et de nos droits sociaux et politiques.

ORDL – contact : observatoireslibertes66@laposte.net Composition de l’Ordl : AFPS – ASTI66 – ATTAC66 – UD CGT66 – CNT 66 – Collectif anti-ogm – EELV – « En commun » 66 – Femmes Solidaires – FSU – Génération.s – Groupes d’action de la Fr.Insoumise – Legal Team 66 – Liaison P. Ruff F.A – Ligue des Droits de l’Homme – MJCF – MRAP – NPA66 – PCF – PG66 – Syndicat national des Journalistes 66 – Syndicats SOLIDAIRES 66

Un producteur de musique passé à tabac à Paris: une police raciste qui réprime les citoyens? (vidéos)

Cet évènement grave s’est passé samedi dernier. Il est une preuve supplémentaire du racisme qui gangrène la police parisienne comme pendant la longue séquence de la guerre d’Algérie. Des syndicalistes policiers proche de l’extrême-droite en influencent certaines franges. La police instrumentalisée par le président Macron pour le protéger contre le mouvement des Gilets jaunes depuis fin 2017, serait-elle en train de s’autonomiser sous la protection d’un préfet particulièrement autoritaire dont la politique répressive rappelle celle du préfet Papon pendant la guerre d’Algérie…LDH combat cette dérive raciste comme elle l’a fait dans le passé et dans l’unité la plus large.

Passage à tabac d’un producteur à Paris : quatre policiers suspendus, une enquête ouverte

Publié sur lemonde.fr le 25/11/2020 avec AFP

Samedi 21 novembre, des policiers ont été filmés par une caméra de vidéosurveillance en train de rouer de coup un homme noir, et lançant une grenade lacrymogène dans son studio de musique, sans motif apparent. L’IGPN est saisie.

Un déchaînement de violence inexplicable. C’est le sentiment laissé par l’enquête du média Loopsider mise en ligne jeudi 26 novembre qui révèle le passage à tabac d’un homme dans la soirée du samedi 21 novembre par trois policiers, à Paris. Dans cette enquête, le journaliste David Perrotin revient sur des événements qui se sont déroulés dans le 17e arrondissement de la capitale et révèle les conditions d’une interpellation plus que violente d’un producteur de musique dans l’entrée de son propre studio.

Les images publiées montrent un homme appelé Michel qui subit une volée de coups assénés par des policiers alors qu’il se trouve à l’entrée d’un studio de musique. Selon leur procès-verbal consulté par l’Agence France-Presse (AFP), les policiers ont tenté de l’interpeller pour défaut de port du masque. « Alors que nous tentons de l’intercepter, il nous entraîne de force dans le bâtiment », écrivent-ils.

Photographies de Michel faites par son avocate afin de constater les blessures dans la nuit du samedi 21 novembre. Hafida El Ali

Mais les images de vidéosurveillance de ce studio ne montrent pas cela. On y voit les trois fonctionnaires de police entrer dans le studio en agrippant l’homme puis le frapper à coups de poing, de pied ou de matraque. Dans leur rapport, les policiers ont écrit à plusieurs reprises que l’homme les avait frappés. Or, selon ces mêmes images, Michel résiste en refusant de se laisser embarquer, puis tente de se protéger le visage et le corps mais ne semble pas porter de coups. Loopsider a publié l’intégralité de la scène d’une durée de 13 minutes.Par ailleurs, l’homme, noir, affirme avoir fait l’objet d’insultes racistes de la part des agents, déclarant avoir été traité de « sale nègre » auprès de nos confrères.

Dans un second temps, des personnes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio parviennent à rejoindre l’entrée, provoquant le repli des policiers à l’extérieur et la fermeture de la porte du studio. Les policiers tentent ensuite de forcer la porte et jettent à l’intérieur du studio une grenade lacrymogène qui enfume la pièce. D’autres images dévoilées par Loopsider et tournées par des riverains montrent les policiers pointer leurs armes dans la rue et intimer à Michel l’ordre de sortir du studio.

« Violences par personnes dépositaires de l’autorité publique »

A la suite de son interpellation violente, le producteur avait, dans un premier temps, été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Paris pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « rébellion ». Mais le parquet de Paris a, finalement, classé cette enquête et ouvert, mardi, une nouvelle procédure pour « violences par personnes dépositaires de l’autorité publique » et « faux en écriture publique », confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN).

Moins de deux heures après la publication de cette enquête, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a réagi et fait savoir qu’il avait demandé au préfet de police de « suspendre à titre conservatoire » ces policiers. « Je me félicite que l’IGPN ait été saisie par la justice dès mardi. (…) Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais », a écrit Gérald Darmanin dans un message publié sur Twitter.

Ça s’est passé samedi à Paris. 15 minutes de coups et d’insultes racistes. La folle scène de violences policières… https://t.co/uZqrA5IbZh— Loopsidernews (@Loopsider)

« Afin d’établir précisément les circonstances de l’interpellation de [cet homme], le préfet de police a saisi l’IGPN sur le plan administratif et a demandé au directeur général de la police nationale de suspendre à titre conservatoire les policiers impliqués », a précisé, dans la foulée, la Préfecture de police.

Quatre policiers suspendus

A la mi-journée, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a déclaré qu’il demandait à la « police des polices » d’enquêter « le plus rapidement possible » sur cette affaire. « C’est une affaire extrêmement importante à mes yeux et que je suis personnellement depuis samedi », a déclaré le procureur de la République.

Un quatrième policier a été suspendu de ses fonctions jeudi après le passage à tabac du producteur, a appris l’AFP jeudi de source proche du dossier. Ce policier, arrivé en renfort, est accusé d’avoir lancé une grenade lacrymogène dans le studio de musique où a eu lieu la violente interpellation. Les trois policiers ayant procédé à l’interpellation ont, eux aussi, été suspendus de leurs fonctions par le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux.

Gérald Darmanin était invité du « 20 heures » de France 2, jeudi. « Ces images sont inqualifiables, choquantes, j’ai demandé la suspension de ces policiers », a annoncé le ministre de l’intérieur, ajoutant : « Si la justice conclut à une faute, je demanderai la révocation des trois policiers, ils ont sali l’image de la République. Lorsque des gens déconnent, ils doivent quitter l’uniforme de la République. »

« Ces images sont insoutenables »

« Mon client a fait quarante-huit heures de garde à vue de manière injustifiée sur des propos mensongers des services de police qui l’ont outrageusement violenté », a dénoncé son avocate, Me Hafida El Ali. Si nous n’avions pas les vidéos, mon client serait peut-être actuellement en prison. » Michel bénéficie d’une incapacité totale de travail (ITT) de six jours.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, s’est dite sur Twitter « profondément choquée par cet acte intolérable », tandis que son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, a jugé « ces images insoutenables »« Terribles et injustifiables images », a commenté de son côté le député écologiste ex-LRM Matthieu Orphelin.

L’Assemblée nationale a voté cette semaine la proposition de loi sécurité globale, dont l’article 24 punit d’un an de prison et 45 000 euros d’amende la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » de membres des forces de l’ordre en intervention, quand elle porte « atteinte » à leur « intégrité physique ou psychique ». Ce texte, qui doit être examiné au Sénat, a suscité de vives critiques de la part des journalistes et des défenseurs des libertés.

Evacuation d’un camp de migrants à Paris: coups de matraque, gazage et chasse à l’homme… (vidéos)

Le point sur l’évacuation du camp de migrants à Paris : coups de matraque et « chasse à l’homme », indignation politique et enquêtes de l’IGPN

Publié sur lemonde.fr le 24 novembre 2020 avec AFP

Près de 500 migrants, majoritairement afghans, ont été expulsés en pleine nuit de la place de République. L’opposition a dénoncé, à l’image de Jean-Luc Mélenchon, des « moyens d’une sauvagerie exceptionnelle ».

Plusieurs centaines de migrants, en errance depuis l’évacuation d’un important camp d’exilés la semaine dernière, ont monté, lundi 23 novembre, un nouveau campement dans le centre de Paris, que les forces de l’ordre ont aussitôt démantelé sans ménagement, provoquant un tollé dans une partie de la classe politique.

Lundi soir, environ 500 tentes bleues s’étaient déployées place de la République, vite investie par des centaines d’exilés, en grande majorité originaires d’Afghanistan. A peine une heure après l’installation, les forces de l’ordre ont commencé à enlever une partie des tentes, parfois avec des personnes encore à l’intérieur, sous les cris et huées de militants et de migrants.

Et c’est finalement sous les tirs de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement que quelques centaines d’exilés et leurs soutiens ont été dispersés par les forces de l’ordre dans les rues adjacentes. Très vite, des images de violences ont été relayées sur les réseaux sociaux. On y a vu des migrants sortis de leur tente par la force, des coups de matraque infligés.

Deux enquêtes ouvertes pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique »

Gérald Darmanin a annoncé mardi avoir « demandé à l’IGPN [inspection générale de la police nationale] de remettre ses conclusions sous quarante-huit heures » sur les violences intervenues lors de l’évacuation du campement par les forces de l’ordre. La veille au soir, le ministre de l’intérieur s’était ému sur Twitter d’images « choquantes » et avait dit avoir demandé un « rapport circonstancié » au préfet de police de Paris.

Le rapport du Préfet de police sur l’évacuation du campement illicite place de la République m’a été remis ce matin… https://t.co/9rihJf9IDw— GDarmanin (@Gérald DARMANIN)

La défenseure des droits, Claire Hédon, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) qu’elle se saisissait des faits. Plusieurs associations, parmi lesquelles Médecins du monde et le Secours catholique, ont fait part en outre de leur intention de saisir cette instance.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » à la suite d’un croche-pied fait sur un migrant par un policier. L’IGPN est chargée d’enquêter sur ces faits visibles dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Dans ces vidéos, tournées dans les rues du quartier Beaubourg à Paris par plusieurs journalistes, un homme vêtu de blanc est encerclé par un groupe de policiers, puis parvient à s’enfuir. Un policier en uniforme tend sa jambe sur son passage, ce qui provoque la chute de cet homme, qui se relève rapidement pour repartir en courant.

allo @Interieur_Gouv – c’est pour un signalement – 971 Croche pied d’un manifestant. 23/11/20, Paris, Manifestat… https://t.co/a7zBO7GPuW— davduf (@David Dufresne)

David Dufresne est journaliste.

Le Parquet de Paris a également ouvert mardi une autre enquête pour des « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » qui auraient été commises lundi soir par un policier sur le journaliste Rémy Buisine, du média en ligne Brut, lors de l’évacuation du camp de migrants.Lire aussi  Le journaliste Rémy Buisine de Brut « molesté » par un policier, le parquet ouvre une enquête

Toujours selon le parquet de Paris, deux gardes à vue étaient par ailleurs en cours mardi en début d’après-midi pour des faits de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, lors de cette évacuation.

Des sources policières ont regretté auprès de l’AFP que cette intervention ait été menée par des policiers non spécialistes du maintien de l’ordre. C’est la DSPAP, direction de la sécurité publique de l’agglomération parisienne, qui a dirigé l’opération. Un escadron de gendarmes mobiles a été engagé pour l’intervention, ainsi que des effectifs des brigades anti-criminalité (BAC) nuit et des compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI). « Alors qu’ils sont vraiment très bons sur l’anti-crim’, notamment en cités, ils ne sont pas les meilleurs techniquement pour le maintien de l’ordre », a souligné un responsable policier.

Vague de consternation à gauche

Les images de l’évacuation ont déclenché un tollé dans une partie de la classe politique, à gauche et parmi les écologistes. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a écrit mardi au ministre de l’intérieur « pour lui demander des explications », dénonçant notamment dans cette lettre « un usage de la force disproportionné et brutal »« L’Etat donne de lui-même un spectacle lamentable » en apportant « une réponse policière à une situation sociale », a réagi son adjoint chargé de l’accueil des réfugiés, Ian Brossat (Parti communiste).

Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a dénoncé sur Twitter « une chasse à la misère à coups de matraque », tandis que le porte-parole du PS, Boris Vallaud, a fait part, sur Twitter également, de sa « consternation » et de sa « tristesse » « Ce gouvernement manque à tous ses devoirs, à commencer par celui d’humanité. » L’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Yannick Jadot s’est, lui, inquiété sur Europe 1 d’une « dérive liberticide ».

Invité de la matinale de RMC, le député Eric Coquerel (La France insoumise), qui était sur place au moment de l’évacuation, a dénoncé une répression « choquante », face à une « foule [qui] était pacifique ».

Comme d’autres personnalités politiques, l’élu se félicite que des images aient révélé ces agissements, alors que la proposition de loi de sécurité globale, qui doit être votée mardi après-midi à l’Assemblée nationale, prévoit de pénaliser la diffusion malveillante de l’image des policiers. « Elles servent ces images, vous qui avez voulu leur interdiction », a ironisé la députée LFI Clémentine Autain à l’adresse du ministre de l’intérieur.

Le président des députés « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, a demandé, lors d’un point presse au Palais-Bourbon, de « suspendre » le vote à l’Assemblée de la proposition de loi desécurité globale, estimant que les images des « moyens d’une sauvagerie exceptionnelle » déployés selon lui par les forces de l’ordre lundi soir montraient qu’elle est mauvaise. Le député des Bouches-du-Rhône a demandé la démission du préfet de Paris, Didier Lallement.

Soutien de la droite et de l’extrême droite aux forces de l’ordre

Droite et extrême droite ont apporté, au contraire, leur soutien aux forces de l’ordre et au préfet. Le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti a estimé sur Twitter que la réaction de M. Darmanin était « lâche ». Son collègue Julien Aubert a jugé « choquant » que le ministre « n’assume pas que la police n’a fait qu’appliquer ses ordres et rétablir l’ordre ». La maire LR du 7e arrondissement, Rachida Dati, a jugé « choquantes » les images, tout en estimant que le préfet de police « a fait son travail avec les moyens qu’on lui donne ».

Evoquant la proposition de loi de sécurité globale, la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, s’est demandé : « A quoi sert de faire voter une loi pour protéger les policiers, si c’est pour les désavouer collectivement au moindre incident ou à la moindre provocation d’extrême gauche ? » Dans un deuxième Tweet, elle a jugé que « l’argent des Français doit en priorité être réservé à la solidarité avec les Français », s’offusquant des places d’hébergement pour les migrants quand « nos compatriotes plongent dans la pauvreté ».

1 000 places d’hébergement à trouver, selon les associations

De leur côté, la Préfecture de police de Paris et celle de la région Ile-de-France (PRIF), qui gère les opérations de mise à l’abri, ont affirmé, dans un communiqué conjoint, que « la constitution de tels campements, organisée par certaines associations, n’[était] pas acceptable »« Toutes les personnes en besoin d’hébergement sont invitées à se présenter dans les accueils de jour où des orientations vers des solutions d’hébergement adaptées à leur situation sont proposées très régulièrement aux migrants », ont-elles ajouté.

Un important camp d’exilés près du Stade de France avait été évacué, mardi dernier, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Plus de 3 000 personnes, principalement des hommes afghans, avaient alors bénéficié d’une mise à l’abri dans des centres d’accueil ou des gymnases en Ile-de-France mardi dernier.Mais selon les associations, entre 500 et un millier d’exilés ont été « laissés sur le carreau » après cette évacuation et se trouvaient depuis en errance en lisière de Paris et de la Seine-Saint-Denis.

Mardi, Marlène Schiappa et Emmanuelle Wargon ont assuré que 240 places avaient été identifiées par le préfet de la région Ile-de-France, en centre d’accueil et d’examen des situations administratives et dans les structures de l’hébergement d’urgence. Les deux ministres ont également assuré que « 10 000 places [avaient] été créées depuis le 17 octobre » et que « 4 500 places supplémentaires pour les demandeurs d’asile ser[aie]nt financées par le gouvernement en 2021 ». Mais pour l’association Utopia56, qui a aidé les exilés à monter leur campement lundi, il faudrait « la création de 1 000 places d’hébergement immédiat et inconditionnel afin de pouvoir mettre » ces personnes « à l’abri ».

L’errance de ces centaines de migrants se poursuivait mardi. Dans plusieurs vidéos postées sur les réseaux sociaux par des militants associatifs et des journalistes, on voit les forces de l’ordre escorter des groupes d’exilés jusqu’aux portes nord de Paris, où des distributions alimentaires ont été organisées en pleine nuit.

« Cette nuit, après la violente expulsion de [la place de la] République, les personnes exilées ont erré dans les rues, repoussées par la police jusqu’à Aubervilliers et Saint-Denis. Nous leur avons donné nos dernières tentes et couvertures », écrit Utopia56. Sur la vidéo postée avec ce texte, on voit des grappes de jeunes hommes marcher dans la nuit en tirant un chariot à roulettes, portant des affaires dans des baluchons ou des sacs à dos.

Le Monde avec AFP

STOP aux violences faites aux femmes ! Rassemblement mercredi 25 novembre à 18h place de la Victoire à Perpignan

STOP aux violences faites aux femmes ! Communiqué du Collectif Droits des Femmes 66

En France en 2020 les femmes subissent des violences sexuelles, psychologiques, économiques, administratives, domestiques, physiques, gynécologiques, des viols (notamment conjugaux), des mariages forcés, des mutilations, des agressions sexuelles, du harcèlement sexuel, des coups, des viols, des meurtres. Rien n’est épargné à la moitié de la population dans le silence assourdissant des portes closes des instances gouvernementales.

Lannée dernière, en Occitanie 17 de nos habitantes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint dont 5 dans notre seul département. 17 femmes qui étaient nos amies, nos sœurs, nos mères, nos filles, nos voisines, nos collègues. 17 femmes que nous croisions chaque jour et que nous ne croiserons plus. Nous ne les oublierons pas.

Qui sera la suivante?
Elles ont rejoint les autres femmes tuées en France en 2019 : les 145 femmes  tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.

 Combien d’entre nous, combien de nos proches doivent mourir pour que le gouvernement se dresse contre les violences faites aux femmes allouant de vrais budgets, accompagnant réellement les professionnel·le·s de terrain et offrant enfin des solutions concrètes pour les femmes et enfants victimes ? Combien de corps devons-nous compter parmi les 230 000 femmes victimes chaque année pour être protégées dans notre foyer où les violences ont augmenté de près de 30 % cette année et sur notre lieu de travail où 10 viols ou tentatives de viols se produisent chaque jour ? Quelle réponse va apporter l’État aux 30% de femmes victimes de harcèlement sexuel au travail et aux 80 % victimes de sexisme presque quotidiennement ?

Aujourd’hui nous comptons nos mortes alors que le gouvernement compte l’argent qu’il va épargner en ouvrant à la concurrence le 3919, le numéro pour les femmes victimes de violences. Combien d’économies réalisées aux dépens de celles qui souffrent ? Combien d’euros mis de côté au détriment des enfants victimes ? Nous dénonçons cette soumission de cette mission d’intérêt général à la concurrence et à l’argent. Nous dénonçons la vente à perte de celles qui nous écoutent.


Mercredi 25 novembre à 18h, le Collectif Droits des Femmes 66 organise un rassemblement Place de la Victoire où nous crierons STOP aux violences!

LOI SÉCURITÉ GLOBALE : LA FRANCE RAPPELÉE À L’ORDRE PAR L’ONU

Communiqué de la LDH

L’Organisation des Nations unies (ONU), saisie par la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a adressé, le 12 novembre 2020, à monsieur le président de la République des recommandations concernant la proposition de loi « Sécurité globale ».

Les termes utilisés sont particulièrement sévères « L’information du public et la publication d’images et d’enregistrements relatifs à des interventions de police sont non seulement essentiels pour le respect du droit à l’information, mais elles sont en outre légitimes dans le cadre du contrôle démocratique des institutions publiques ».

Elle considère ainsi de manière claire et sans ambiguïté que l’infraction de diffusion malveillante d’images des forces de l’ordre n’est pas conforme aux principes de légalité, nécessité et proportionnalité. Par ailleurs, les rapporteurs spéciaux considèrent que l’instauration de la surveillance par drone et celle de la centralisation des images de cameras-piéton avec accès direct par les autorités policières, soulèvent d’innombrables problématiques quant aux garanties du public et à leurs libertés fondamentales.

La LDH demande instamment aux parlementaires de ne pas voter ces dispositions sauf à porter une atteinte sans précédent à l’Etat de droit ainsi que les rapporteurs spéciaux de l’ONU le rappellent.

La France s’inscrit dans une communauté internationale. Le respect des traités internationaux et des recommandations de l’ONU est le seul moyen pour garantir sa crédibilité et sa stature aux yeux des autres nations.

Paris, le 16 novembre 2020

TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ AU FORMAT PDF

LIRE LE RAPPORT

Des journalistes interpellés et en garde à vue, canons à eau et gaz lacrymogènes utilisés pour disperser les manifestants…

« Sécurité globale » : comment des journalistes ont été interpellés à Paris en marge de la manifestation contre la proposition de loi

La proposition de loi liberticide « Sécurité globale » est d’une extrême gravité pour nos droits et libertés. La répression du rassemblement pacifique du 17 novembre a fait au total 33 interpellations dont plusieurs reporters et journalistes. La LDH dénonce cette politique et appelle les citoyens à manifester et à alerter les députés avant le vote de la loi.

Publié sur francetvinfo.fr le 19 novembre 2020

Mardi soir, près de l’Assemblée nationale, les policiers ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, sans distinguer les médias présents sur place.


Des personnes filment devant les canons à eau de la police, lors de la manifestation contre la proposition de loi sur « la sécurité globale », le 17 novembre 2020 à Paris. (ADNAN FARZAT / NURPHOTO VIA AFP)

Il régnait au départ une « ambiance bon enfant ». Des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place du Président-Edouard-Herriot, derrière l’Assemblée nationale à Paris, mardi 17 novembre, à partir de 16 heures. Elles ont répondu à l’appel notamment de syndicats de journalistes et d’associations de défense des droits de l’homme, pour protester contre la proposition de loi sur la « sécurité globale ». Elles s’opposaient en particulier à l’article 24 du texte porté par LREM et Agir, qui encadre la diffusion de l’image des policiers et des gendarmes.

Tandis que, dans l’Hémicycle, le débat est vif entre les députés qui commencent l’examen de la proposition de loi, à l’extérieur, les prises de parole des organisateurs s’enchaînent au micro pour dénoncer les « dangers », selon eux, du texte.

#LoiSecuriteGlobale #PPLSecuriteGlobale Beaucoup de monde sur la petite place Edouard Herriot, à Paris, à l’appel de syndicats de journalistes, de réalisateurs et d’ONG de défense des droits de l’Homme. Les gestes barrières vont être compliqués (même si le masque est très porté) pic.twitter.com/nnD4Jk0z4M— Mathilde Goupil (@mathilde_goupil) November 17, 2020

Des « gilets jaunes », qui fêtent les deux ans de leur mouvement, se joignent à la foule. Des enseignants-chercheurs et des étudiants manifestent, non loin de là, contre le projet de loi de programmation de la recherche, et s’ajoutent aussi à ce « melting-pot », résume à franceinfo Louis Witter, manifestant et photojournaliste indépendant.

« Ping-pong » entre manifestants et policiers

La nuit tombe et le rassemblement grossit, jusqu’au boulevard Saint-Germain. Les premières tensions apparaissent vers 18h45. « Les manifestants ont brandi des pancartes devant la police. Certains criaient le slogan ‘tout le monde déteste la police’, transformé ensuite en ‘tout le monde veut filmer la police' », décrit Louis Witter.

Les forces de l’ordre forment un cordon entre les deux stations du métro parisien à proximité, Assemblée nationale et Solférino. « Un jeu de ping-pong se met en place : quand les manifestants se font gazer d’un côté, ils vont de l’autre », constate le photojournaliste. « Il y a des allers-retours sur le boulevard, devenu une grande nasse », confirme à franceinfo son confrère Simon Louvet, qui travaille pour le site Actu Paris. Selon lui, une manifestation sauvage se crée, mais les CRS parviennent à la contrer.

Cortège massif, au moins 2000 manifestants. #PPLSécuritéGlobale pic.twitter.com/PKPPkb1JSo— actu Paris (@actufrparis) November 17, 2020

La situation reste tendue. Simon Louvet raconte avoir vu des gendarmes pris à partie par des manifestants, alors qu’ils tentaient de laisser un accès à des pompiers pour éteindre un feu de poubelles. « Puis le canon à eau de la police arrive, il est utilisé contre les manifestants pour les disperser », poursuit-il. Les gaz lacrymogènes fusent. Lors de ces heurts, dix personnes ont été blessées légèrement, dont neuf forces de l’ordre, selon la préfecture de police de Paris.

Gendarmes coincés dans une entrée d’immeuble. #PPLSécuritéGlobale pic.twitter.com/C4dIEk7otG— actu Paris (@actufrparis) November 17, 2020

« Il y a des rassemblements statiques qui avaient été autorisés. Ces autorisations s’arrêtent à partir d’une certaine heure. Des personnes sont restées sur place une fois cette heure dépassée », justifie le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mercredi, lors du compte rendu du Conseil des ministres. Et d’ajouter : « Dans ces conditions il se passe toujours la même chose : les forces de l’ordre font des appels à la dispersion avec des mégaphones. Ensuite, il y a des sommations et enfin une évacuation (…) Cela a été fait dans un cadre classique du maintien de l’ordre », insiste-t-il.

« Etre journaliste n’a pas changé grand-chose »

Malgré l’évacuation en cours, les échauffourées se poursuivent. Aux alentours de 20h30, alors que des CRS repoussent des manifestants encerclés, un policier assène à Simon Louvet un coup de matraque dans le dos, selon lui. « Il se dirige vers moi, je me tourne pour montrer ma carte de presse. Je dis que je suis journaliste. Des confrères, comme Remy Buisine, crient : ‘C’est la presse !' », rapporte Simon Louvet. « Le fait que je sois journaliste n’a pas changé grand-chose », soupire ce reporter qui couvre régulièrement les mouvements sociaux.

Le journaliste @simonlouvet_ se fait repousser à la matraque et au bouclier par plusieurs CRS malgré son brassard et sa carte de presse apparente. #Paris #PPLSecuriteGlobale #StopLoiSecuriteGlobale #17novembre #LoiSecuriteGlobale #AssembleeNationale pic.twitter.com/S3dDOJOWkT— Yazid Bouziar (@ybouziar) November 17, 2020

Malgré tout, il décide de rester jusqu’à la fin de la manifestation. « Premières sommations pour les journalistes ! », hurle un policier un peu avant 21 heures. « C’est très inquiétant de travailler dans ces conditions. On a la sensation d’être perçus comme ceux qui provoquent des violences, mais ce n’est absolument pas le cas. Je filme autant des manifestants qui détruisent un kiosque à journaux que des policiers qui les traînent au sol », développe le journaliste. Mardi soir, quand il voit des CRS tirer une jeune femme par les cheveux, il enregistre la scène. Simon Louvet ne le sait pas encore, mais elle s’appelle Hannah Nelson-Gabin, a 18 ans, et travaille pour le site Taranis News, fondé par Gaspard Glanz. Depuis, les images de son interpellation ont été abondamment relayées sur les réseaux sociaux.

Des interpellations. #Paris #PPLSécuritéGlobale #LoiSecuriteGlobale #StopLoiSecuriteGlobale pic.twitter.com/HvrP8hMotB— actu Paris (@actufrparis) November 17, 2020

« Ce n’était pas ciblé contre Hannah, mais elle était en première ligne quand les policiers ont chargé. Ils l’ont attrapée par la capuche pour l’interpeller, rapporte à franceinfo Ulysse Logéat, collègue et ami qui a assisté à la scène. J’ai hurlé au flic de la lâcher, j’ai été violent avec lui, je ne le cache pas. D’autres policiers m’ont donné trois coups de matraque. On m’a mis sur le côté. Je ne me souviens pas de la suite. » Il apprend plus tard qu’elle est en garde à vue au commissariat du 10e arrondissement de Paris. Elle a été relâchée mercredi, à 15 heures, devant le bâtiment, avec un rappel à la loi et la confiscation de son masque à gaz.

Au total, 33 interpellations ont eu lieu mardi soir, a appris franceinfo de la préfecture de police de Paris, qui n’a pas donné suite à nos questions supplémentaires. Parmi les personnes arrêtées, plusieurs reporters, déplore le Syndicat national des journalistes. Un reporter de France Télévisions est resté 12 heures en garde à vue sans « aucun motif », a dénoncé le groupe qui parle d’une « arrestation arbitraire ». Il a écopé d’un rappel à la loi, selon la préfecture.

2/ Il a fait son métier de journaliste. Il a filmé ce qu’il voyait et notamment plusieurs interpellations. Il avait son téléphone dans une main, sa carte de presse de l’autre qu’il exhibait aux policiers. Un commandant lui a dit d’arrêter. Il a expliqué qu’il faisait son métier..— Aude Blacher (@audeblacher) November 18, 2020

« Des violences inacceptables »

Cette attitude des forces de l’ordre, Clément Lanot, journaliste freelance, notamment pour l’agence Line Press, la critique également. Il était à la manifestation de mardi pour travailler. Alors qu’elle touche à sa fin, il suit un groupe de « gilets jaunes » qui part en direction de Matignon. « Je voulais voir ce qui allait se passer. Je n’ai pas pu les suivre : ils ont été stoppés par des gaz lacrymogènes. Et on m’a demandé de me disperser. C’est la première fois depuis 2016 », s’étonne auprès de franceinfo Clément Lanot, qui assure n’avoir jamais connu d’incident ni d’interpellation en quatre ans.

Un policer menace de m’interpeller.

Malgré ma carte de presse, caméra : un policier me demande d’arrêter de travailler et quitter la zone sous peine de garde à vue.

J’étais en dehors des tensions à ce moment et identifiable.

Ce n’est pas normal. pic.twitter.com/COK6IvX9Gj— Clément Lanot (@ClementLanot) November 17, 2020

Son tweet a fait réagir le ministre de l’Intérieur, qui a désigné Clément Lanot sans le nommer. « Ce journaliste ne s’est pas rapproché de la préfecture de police de Paris, contrairement à certains de ses collègues (…) Je rappelle donc que, si des journalistes couvrent des manifestations conformément au schéma du maintien de l’ordre, ils doivent se rapprocher des autorités », affirme Gérald Darmanin.

Ecoutez bien cette courte déclaration de @GDarmanin qui parle de @ClementLanot journaliste menacé hier d’être interpellé en faisant son travail de journaliste sur la #Manifestation anti #PPLSecuriteGlobale avec caméra et carte de presse. 1/4 pic.twitter.com/CJpjT7jhM3— LINE PRESS (@LinePress) November 18, 2020

Cible de vives critiques après ses propos, le ministre de l’Intérieur s’est repris mercredi soir, affirmant dans un tweet que le schéma national du maintien de l’ordre, qu’il a présenté en septembre, « prévoit que les journalistes peuvent, sans en avoir l’obligation, prendre contact avec les préfectures en amont des manifestations ».

L’objectif ? Que chacun puisse faire son travail dans les meilleures conditions possibles. Cela vaut particulièrement en fin de manifestation. Quoi de plus normal ? 2/2— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) November 18, 2020

Puis, peu après, à l’Assemblée, où il s’est rendu pour l’examen de la proposition de loi sur la « sécurité globale », Gérald Darmanin a fustigé « des violences inacceptables » « Alors que des représentants du peuple allaient légitimement discuter d’un texte de loi, il y avait une pression sur les représentants de la Nation pour ne pas discuter librement. » Il n’est pas le seul : le député LR Marc Le Fur a dénoncé une manifestation d’« une extrême violence », et demandé qu’il soit mis fin aux fonctions du préfet de police Didier Lallement. Et ce, alors qu’une nouvelle mobilisation contre la proposition de loi se profile samedi.

Maryse Martinez, présidente du MRAP-66 convoquée au commissariat de Perpignan jeudi 19 novembre 2020

Maryse Martinez, présidente du MRAP, a été convoquée jeudi 19 novembre à 11h au commissariat de Perpignan à propos d’une action contre le mal logement rue Emile Zola, dans des bâtiments appartenant à la mairie de Perpignan.

La nouvelle municipalité RN de Mr Aliot ne ménage pas ses efforts pour réprimer les militants et militantes engagé.e.s dans cette lutte citoyenne.

La Ligue des droits de l’Homme apporte tout son soutien à Maryse Martinez et aux autres personnes qui sont mises en cause dans cette affaire.

Une trentaines de personnes, militant.e.s d’associations, sont arrivé.e.s rapidement devant le commissariat de Perpignan pour soutenir Maryse Martinez. La contrariété et la tension étaient palpables dans la police : on appelle les RG. Face aux militants présents en soutien, un des policiers de l’accueil ne se contrôle plus : il déclare « on va les gazer! » . Sa collègue lui répond sèchement « on ne gaze pas les gens comme ça! » Au bout d’un moment, un agent de police est venu dire à Maryse que la personne qui devait l’auditionner avait dû partir sur une urgence, et qu’elle reprendrait contact avec elle pour un autre rendez-vous…

« Stopper Amazon avant qu’il ne soit trop tard » : l’appel de plus d’une centaine d’ONG, de syndicalistes, de citoyens et d’élus

Publié sur francetvinfo.fr le 16/11/2020

Les 120 signataires de la tribune que publie franceinfo font le constat d’une « crise sans précédent qui a une nouvelle fois révélé les profondes inégalités de notre société ». Ils demandent l’instauration d’une taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaires d’Amazon.

Pour eux, Amazon apparaît comme « le grand gagnant de la crise » du Covid-19 et du confinement. Pendant que « les premiers de corvées risquent leurs vies au quotidien » et alors que « des dizaines de milliers de personnes ont perdu ou vont perdre leur emploi, et qu’un million de personnes supplémentaires sont passées sous le seuil de pauvreté en France », le géant du e-commerce a vu ses ventes « exploser » en 2020, et la fortune de son PDG Jeff Bezos dépasser les 200 milliards de dollars. Les premiers signataires de la tribune publiée par franceinfo, lundi 16 novembre, sont des responsables de la CGT, FSU, Attac, Greenpeace, Agir pour l’environnement, Confédération paysanne, Amis de la Terre, mais aussi des libraires ou des éditeurs, des maires, députés, sénateurs ou conseillers municipaux FI, PCF, EELV, PS. Ils appellent à « stopper Amazon ». « La crise du Covid devrait nous servir à repenser en profondeur nos modes de consommation et de vie sociale, pas à nous enfoncer dans un monde de surconsommation prédateur », écrivent-ils.



Nous affrontons une crise sans précédent qui a une nouvelle fois révélé les profondes inégalités de notre société. Les « premiers de corvées », très majoritairement des femmes, risquent leurs vies au quotidien, des dizaines de milliers de personnes ont perdu ou vont perdre leur emploi et un million de personnes supplémentaires sont passées sous le seuil de pauvreté en France.

Mais tout le monde n’est pas affecté de la même manière. Amazon, le géant du e-commerce, apparaît comme le grand gagnant de la crise. Depuis le début de l’année 2020, ses ventes ont explosé et la fortune de Jeff Bezos a dépassé les 200 milliards de dollars.

« Des gens cloîtrés chez eux, qui commandent nourriture, vêtements ou produits électroniques sur le site d’Amazon, regardent Amazon Video ou écoutent Amazon Music, c’est la situation rêvée pour Jeff Bezos. »

Les signataires de la tribune à franceinfo

Et tant pis si cela se fait au prix de 20 000 salariés contaminés par le Covid, d’une explosion du nombre de produits importés, du recours à des modes de transports polluants qui se conjuguent à des dérogations au temps de conduite des chauffeurs routiers prises par décret, de la destruction de milliers d’emplois dans les commerces de proximité, d’une évasion fiscale massive, ou de l’artificialisation des terres pour construire 19 nouveaux entrepôts en France.

Ce développement accéléré se fait aux dépens des engagements climatiques de notre pays. En permettant de tout acheter « en un clic », Amazon favorise en réalité la multiplication d’achats superflus et suremballés, consommateurs de ressources et émetteurs de CO2.

Dans le même temps chez Amazon, les revendications salariales sont balayées d’un revers de main, les demandes de primes exceptionnelles liées à l’augmentation de l’activité sont refusées (alors qu’elles existaient lors du premier confinement), tout comme le maintien du salaire pour celles et ceux qui doivent être confinés.

« Un monde d’après pire qu’avant »

Avec le second confinement et la fermeture de nombreux petits commerces, Amazon se frotte une nouvelle fois les mains. Pire, Emmanuel Macron lui déroule le tapis rouge ! Non seulement il se refuse à stopper les projets en cours d’entrepôts, centres de tri et agences de livraison, mais il a décidé d’interdire à tout le monde de vendre des produits non essentiels sauf… aux géants de la vente en ligne !

En faisant ce choix, le président dessine un monde d’après pire qu’avant. Celui d’un capitalisme sécuritaire dominé par les GAFA, ces géants du e-commerce et de la vie numérique. Celui d’une multinationale en train d’asseoir son monopole dans la vente de milliards de produits en détruisant la vie sociale locale, une multinationale qui détruit 4,5 emplois lorsqu’elle en crée un, qui remplace progressivement ses salariés par des robots et qui a recours à des milliers de travailleurs précaires pour livrer ses produits. Conscients de ces dangers, les membres de la Convention citoyenne pour le climat ont proposé un moratoire sur la construction de nouvelles surfaces commerciales, mais Emmanuel Macron et son gouvernement font tout pour que les entrepôts de e-commerce en soient exclus.

Les faveurs accordées par le Président au géant de Seattle ne sont pas nouvelles mais, avec la crise et le confinement, Amazon menace la survie même de l’ensemble du secteur du commerce. 

« Si elle n’est pas stoppée, l’expansion d’Amazon pourrait conduire au doublement de sa part de marché et provoquer la destruction de 100 000 emplois partout en France. »

Elle se traduirait également par la distribution de 2 milliards de produits supplémentaires par an et nous enfoncerait encore plus dans le chaos climatique.

La crise du Covid devrait nous servir à repenser en profondeur nos modes de consommation et de vie sociale, pas à nous enfoncer dans un monde de surconsommation prédateur. D’où l’importance d’un moratoire pour nous permettre de réfléchir à des alternatives en matière d’emploi et de développement de la vie locale compatibles avec les enjeux climatiques et sanitaires. Le vote de la « loi CCC » (Convention citoyenne pour le climat) est la dernière opportunité pour stopper cette expansion avant que les dégâts ne soient irréversibles.

Pour faire face à l’urgence, une taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaires d’Amazon et des autres profiteurs de la crise est également indispensable. Elle permettrait dans l’immédiat de financer les mesures de préservation de l’emploi et le fonds de solidarité pour les commerces de proximité.

La fronde qui monte partout en France doit encore s’amplifier, car le monde rêvé par Amazon est en totale contradiction avec la profonde aspiration à des vies décentes sur une planète vivable. C’est la raison pour laquelle nous nous mobiliserons d’ici au 27 novembre prochain, date du “Black Friday”, pour montrer l’urgence de stopper l’expansion du géant du e-commerce avant qu’il ne soit trop tard.


Les signataires

Angaut Jean-Christophe, philosophe et traducteur, Aubry Manon, députée européenne, Autain Clémentine, députée LFI de Seine-Saint-Denis, Azam Geneviève, essayiste, Baujard Jacques et Giacomoni Fred, librairie Quilombo à Paris, Bayou Julien, secrétaire national d’EELV, Benbassa Esther, sénatrice écologiste de Paris, Benguigui Pia, présidente du Réseau français des étudiants pour le développement durable (Refedd), Bernalicis Ugo, député LFI du Nord, Blanchard Luc, adjoint à la mairie du Meux (60), trésorier régionale d’EELV Picardie , Bompard Manuel, député européen (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Bruneel Alain, député Gauche démocrate et républicaine du Nord, Bossuyt Arnaud, documentaliste, Snac-FSU, Bousquet Alain, économiste, Caillaud Mathieu, conseiller municipale délégué LFI Saint-André-de-Cubzac (33), Bénéteau Chloë, librairie Floury Frères, Toulouse, Camboulives Bernard, collectif En commun pour Belfort, Cervantes Descubes Evelyne, Conseillère municipale à la mairie de Bordeaux, Casenave-Camgaston Alexandra, librairie des Editeurs associés, Cassen Bernard, ancien directeur général du « Monde diplomatique », Chaibi Leïla, députée européenne (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Chamoux Émilie, conseillère municipale d’opposition, Nevers (58), Chaineaud Christel, ingénieur d’études et docteur en histoire du droit, Chassaigne André, président du groupe Gauche démocrate et républicaine, député du Puy-de-Dôme, Chauche Florian, conseiller municipal à Belfort, Clinckemaillie Dominique, conseillère municipale EELV à Beauvais (60), Chauvin-Degenne Vanessa, scénariste et réalisatrice, De Poorter Jacqueline, conseillère municipale à Gentelles (80), Coubard Etienne, porte-parole d’ANV-COP21, Damasio Alain, écrivain, Dharréville Pierre, député Gauche démocrate et républicaine des Bouches-du-Rhône, de Ronne Luc, président d’ActionAid France, Deltombe Camille, éditrice aux Editions de l’Atelier, Deltour Antoine, lanceur d’alerte LuxLeaks, Dossus Thomas, sénateur EELV du Rhône, Dubois Clémence, responsable France pour 350.org, Dufrègne Jean-Paul, député Gauche démocrate et républicaine de l’Allier, Duteil Simon, co-délégué de l’Union syndicale Solidaires, Etcheverria Magali, Bizi !, Faburel Guillaume, géographe, université Lyon 2, Ferrari Sylvie, maître de conférences en économie, Fiat Caroline, députée LFI de Meurthe-et-Moselle, Flandin Maya, directrice Librairie Vivement dimanche (Lyon), Flipo Fabrice, philosophe, Fournié-Turquin Brigitte, conseillère départementale EELV de l’Aisne , Gaïji Khaled, président des Amis de la Terre, George Susan, présidente du Transnational Institute, Girod Nicolas, porte-parole de la Confédération paysanne, Godard Stéphane, conseiller municipal de Montataire (60), Goodall Glyn, adjoint au maire, Saint-Ciers-sur-Gironde (33), Guignard Nicoline, En commun pour Belfort, Hamard Juliette, En commun pour Belfort, Harribey Jean-Marie, économiste, Henneguelle Anaïs, maîtresse de conférences en économie, université de Rennes 2, Heren Élodie, conseillère municipale EELV, Molliens-au-Bois (80), Hermann Marie, éditrice, Éditions Hors d’atteinte, Julliard Jean-François, directeur général de Greenpeace France, Jumel Sébastien, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Maritime, Kerckhove Stéphen, délégué général d’Agir pour l’Environnement, Lachaud Bastien, député LFI de Seine-Saint-Denis, Larive Michel, député LFI de l’Ariège, Larrère Mathilde, historienne, Latrille Guillaume, élu d’opposition à Villenave-d’Ornon (33), Lecoq Jean-Paul, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Maritime, Marinopoulos Sophie, cofondatrice des éditions Les Liens qui libèrent, Marolleau Jean-Louis, secrétaire exécutif réseau Foi & Justice Afrique-Europe, antenne France., Martinez Philippe, secrétaire général de la CGT, Massiah Gustave, militant altermondialiste, Menanteau Cécile et Schiano de Colella Géraldine, cogérantes de la librairie Les Bien-Aimés, Nantes, Mettai Gil, secrétaire régional EELV Picardie, Michaud Fabrice, secrétaire général de la fédération CGT Transports, Michel Stephanie, conseillère municipale de Fontenay-sous-Bois (94), Moroni Tatiana et Guichon Amandine, libraires, Mélenchon Jean-Luc, député LFI de Marseille, Ngo Philippe, éditions Moltogone, Obono Danièle, députée LFI de Paris, Olivier Maneiro, conseiller municipal LFI à Saint-Estèphe, Omarjee Younous, député européen (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Panot Mathilde, députée LFI du Val-de-Marne, Pelletier Anne-Sophie, députée européenne (groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique), Perrin Emmanuel, conseiller municipal de Creil (Oise), Peu Stéphane, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Saint-Denis, Piolle Eric, maire EELV de Grenoble, Pires-Beaune Christine, députée PS du Puy-de-Dôme , Pochon Marie, secrétaire générale Notre Affaire à Tous, Poncet Monge Raymonde, sénatrice EÉLV, Potier Dominique, député PS de Meurthe-et-Moselle, Potier Julie, directrice générale de Bio Consom’acteurs, Poulain Paul, Emancipation collective, Prud’homme Loïc, député LFI de la Gironde, Quatennens Adrien, député LFI du Nord, Quintin Guillaume, secrétaire national du Parti de Gauche, conseiller municipal de Guerville, Regnaud-Nassar Mathilde, conseillère municipale En commun pour Belfort, Ressiguier Muriel, LFI députée de l’Hérault, Ribeiro Alexandre, conseiller municipal du collectif citoyen Cenon en commun à Cenon (33), Roby Agathe, conseillère municipale Archipel Citoyen à Toulouse, Romaggi Magali, co-animatrice du groupe Annecy Insoumise, La France insoumise, Roussel Fabien, député Gauche démocrate et républicaine du Nord, Roy Carine, conseillère municipale à Arnos (64), Rubin Sabine, députée LFI de Seine-Saint-Denis, Ruffin François, député LFI de la Somme, Salmon Daniel, sénateur EELV d’Ille-et-Vilaine, Schmitt René, conseiller municipal En commun pour Belfort, Seron Nina, conseillère municipale de Vitry-sur-Seine (94), Sterdyniak Henri, économiste, Les Economistes atterrés, Taurine Bénédicte, députée LFI de l’Ariège, Testart Jacques, biologiste, essayiste, Teste Benoit, secrétaire général de la FSU, Therouin Emilie, conseillère municipale d’opposition à Amiens, Thomas Pierre, président du Modef, Toussaint Marie, députée européenne (group des Verts-Alliance libre européenne), Trapp Karel, conseiller municipal En commun pour Belfort, Troadec Pascal, maire-adjoint de Grigny (91), Trouvé Aurélie, Pradeau Raphaël et Combes Maxime, porte-paroles d’Attac France, Trubert Henri, cofondateur des éditions Les Liens qui libèrent, Vernier Jean-Jacques, président du collectif En commun pour Belfort, Verret François, ingénieur agronome, Vignot Anne, maire EELV de Besançon, Wulfranc Hubert, député Gauche démocrate et républicaine de Seine-Maritime, Zafari Sophie, syndicaliste FSU

Enquêtes sur des soupçons de violences policières dans un commissariat du 19e arrondissement de Paris

Publié sur lemonde.fr le 13 novembre 2020

Dans le sillage de la parution du livre « Flic », « Streetpress » et « Mediapart » publient des témoignages mettant en lumière des violences policières. L’IGPN a été saisie.

Deux mois après la sortie du livre Flic, un journaliste a infiltré la police (éditions Goutte d’Or), le commissariat du 19e arrondissement de Paris fait à nouveau parler de lui pour des soupçons de violences en son sein. Des enquêtes ont été ouvertes en juillet en raison de soupçons de violences de la part de policiers sur des gardés à vue dans ce commissariat parisien, a appris l’Agence France-Presse (AFP), auprès du parquet de Paris, après la publication jeudi 12 novembre de témoignages par Streetpress et Mediapart.

Parmi les récits publiés par Streetpress, celui d’un dénommé Moha, 37 ans. Interpellé dans la nuit du 7 au 8 juillet à la suite d’une altercation dans la rue alors qu’il avait bu, il dit avoir été roué de coups par des policiers dans la voiture des forces de l’ordre et au commissariat.

Cet homme, incarcéré jusqu’à la mi-août pour l’altercation, a déposé plainte contre les agents. « Une enquête a été ouverte le 22 juillet du chef de violences par personne dépositaire de l’autorité publique », a fait savoir le parquet de Paris à l’AFP, précisant que les investigations avaient été confiées au service de déontologie de la préfecture de police de Paris (SDSE).

Plusieurs affaires, l’IGPN saisie

Le site reprend le témoignage d’un autre homme, également placé en garde à vue dans ce commissariat en juillet 2020 avec d’autres jeunes qui participaient à une soirée privée dans un appartement. Les policiers, intervenus pour tapage, avaient interpellé plusieurs fêtards, les accusant de « violences » envers eux. Plusieurs interpellés, affirmant de leur côté avoir été victimes de coups et d’insultes au commissariat, avaient ensuite déposé plainte.

Sur cette affaire, déjà révélée dans la presse, une enquête a été ouverte le 13 juillet et confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé le parquet à l’AFP. Le même jour, une enquête a également été ouverte pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et outrages ».

Streetpress évoque aussi le cas de deux hommes placés en garde à vue dans la même cellule qui racontent au site avoir assisté à des violences et des insultes de la part de policiers.

Ce commissariat, situé dans le nord-est de Paris, est déjà visé par d’autres enquêtes. Début septembre, le parquet avait notamment ouvert une enquête après la parution du livre Flic, dans lequel Valentin Gendrot raconte deux années d’immersion au sein de ce commissariat, évoquant des « tabassages » et des pratiques « racistes ».

Interrogée par l’AFP, la préfecture de police a rappelé avoir signalé les faits rapportés dans le livre Flic au procureur de la République et avoir saisi l’IGPN à titre administratif. « Toute personne peut signaler les faits dont elle s’estime victime auprès des services de police ou de l’institution judiciaire », a ajouté la préfecture.

Pour sa part, Mounir Mahjoubi, député La République en marche (LRM) du 19e arrondissement de Paris, a interpellé le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, « pour que toute la lumière soit faite sur ces agissements ».

Je condamne fermement les faits rapportés par plusieurs médias concernant des policiers de #Paris19. J’ai écrit à… https://t.co/SmduCjZBkA— mounir (@Mounir Mahjoubi)

TRIBUNE «Police partout, images nulle part»

Cette tribune initiée par la Société des réalisateurs de films (SRF), soutenue par 40 organisations (dont la LDH) et collectifs et signée par plus de 800 cinéastes et professionnel·le·s du cinéma et de l’image.

Publié dans liberation.fr le 11 novembre 2020

Par la Société des réalisateurs de films (SRF), des cinéastes, organisations et collectifs


Lors d’une manifestation des gilets jaunes, dans le quartier de La Défense, le 8 avril 2019. Photo Emilie Royer

Face à la proposition de loi, de nombreux cinéastes revendiquent le droit des citoyens d’opposer leurs images à celles de l’Etat.

Le 14 septembre, les cinéastes de la Société des réalisateurs de films, à travers un texte intitulé «l’Œil et la main de Darmanin», dénonçaient la volonté du ministre de l’Intérieur d’exiger que les médias et les réseaux sociaux floutent les visages des policiers en opération. Cette volonté s’est transformée en une proposition de loi au titre glaçant : «Sécurité globale.» Passée en commission des lois la semaine dernière, elle sera débattue à l’Assemblée le 17 novembre. En trois articles (21, 22, 24), le gouvernement se propose de déréguler l’utilisation des caméras mobiles portées par les forces de l’ordre, de permettre la reconnaissance faciale en temps réel, d’étendre la surveillance par drone, d’interdire au public de diffuser l’image de policiers. Cette loi, dont le rédacteur principal est l’ancien chef du Raid, préfigure une société gouvernée par la peur où les citoyen·ne·s, privé·e·s du droit de porter un regard sur les agissements de la police, verraient en retour leurs corps exposés sans limite à la surveillance des forces de l’ordre. Elle dessine un paysage asymétrique, sorte de panoptique géant, où nos libertés fondamentales sont gravement menacées, en premier lieu le droit à la vie privée et la liberté d’information.

Après avoir progressivement entravé les manifestations de rue et grièvement blessé ou mutilé des dizaines de personnes, il s’agit désormais de systématiser l’identification, la surveillance, le fichage des individus souhaitant exercer ce droit fondamental. Après avoir nié et invariablement refusé de sanctionner les violences policières, il s’agit d’en effacer toute preuve, dans la mesure où seules les images tournées par des filmeurs anonymes permettent aujourd’hui d’en témoigner. Pour nombre de cinéastes, cette loi constituerait une censure pure et simple. Un film tel que le récent  Un pays qui se tient sage  de David Dufresne ne pourrait voir le jour, la majorité des sources d’images qu’il utilise tombant sous le coup de la loi. A l’hégémonie grandissante des images du pouvoir, les cinéastes, les photographes, les journalistes, ainsi que tou·te·s les habitant·e·s de ce pays doivent être en mesure d’opposer leurs propres images. Rappelons que l’Etat de droit tire avant tout sa légitimité du droit de porter un regard sur ce que fait l’Etat.

Mesdames et messieurs les député·e·s, nous ne voulons pas d’un monde de surveillance généralisée, régi par un œil tout puissant sur lequel aucun regard ne pourrait se porter. Ne votez pas pour une loi qui rendrait les contre-pouvoirs aveugles, ils sont les garants de notre démocratie.

Les signataires

Antoine Abdo-Hanna, Sandra Ach, Julie Aguttes, Lise Akoka, Hala Alabdalla, Fleur Albert, Marie Alberto Jeanjacques, Anne Alix, Patricia Allio, Christine Almeida, Siegrid Alnoy, Carlos Alvarez, Jérôme Amimer, Shirel Amitay, Viviana Andriani, Michel Andrieu, Claire Angelini, Lionel Vania Arazi, Sarah Arnold, Nicolas Aubry, Jacques Audiard Sophie Audier, Emma Augier, Joris Avodo, Myriam Aziza, Olivier Babinet, Sandrine Bagarry, Lionel Baier, Christine Balas, Pierre Balas, Jeanne Balibar, Sylvie Ballyot, Jean Marie Barbe, Aurelia Barbet, Matthieu Bareyre, Alain Barlatier, Antoine Barraud, Natalie Barsacq, Marc-Antoine Bartoli, Moise Batola, Luc Battiston, Viviane Baubry-gautier, Christophe Baumard, Carine Baxerres, Philippe Bazin, Antoine Beauchamp, Simon Beaufils, Marie Beaune, Frank Beauvais, Yann Beauvais, Mehdi Belhaj Kacem, Marie Belin, Lucas Belvaux, Safia Benhaim, Sarah Benillouche, Martin Benoist, Carole Benoliel, Ghislain Benrais, Malek Bensmail, Amal Bentounsi, Jacob Berger, Frederic Bernard, Donatienne Berthereau, Fanny Bertrand, Julie Bertucelli, Thomas Bidegain, Jean-Jacques Birgé, Arnaud Bitschy, Simone BItton, Catherine Bizern, Bernard Blancan, Lise Blanchet, Manon Blanfumet, Claire-Emmanuelle Blot, Baptiste Bogaert, Bertrand Bonello, Damien Bonduel ; Isabelle Boni-Claverie, Jérôme Bonnell, Isabelle Bony, Corinne Bopp, Aurélie Bordier, Claudine Bories, Lucie Borleteau, Julie Borvon, Olivier Bosson, Sigrid Bouaziz, Mosco Boucault, Riad Bouchoucha, Géraldine Boudot, Taha Bouhafs, Laurent Bouhnik, Gilles Bour, William Bourdon, Aude Boursin, Thomas Bousquet, Antoine Boutet, Xanaé Bove, Serge Bozon, Guillaume Brac, Rémi Brachet, Samia Brahimi, Fiona Braillon, Guillaume Bréaud, Sophie Bredier, Julien Brel, Nicole Brenez, Vincent Brengarth, Elsa Brès, Jean Breschand, Catherine Briault, Stéphane Brizé, Jean-Stéphane Bron, Rosalie Brun, Hugo Brune, Anne Bruneau, Raphaëlle Bruyas, Mikael Buch, Erik Bullot, Mael Cabaret, Dominique Cabrera, François Caillat, Nicolas Cailleret, Barbara Canale, David Caner, Adrien Cannepin, Laurent Cantet, Angelo Caperna, Barbara Carlotti, Émilie Carpentier, Pierre Carrasco, Anne Carrasco, Matthieu Carrasco, Françoise Carrasse, Valentin Carré, Edmond Carrère, Yannick Casanova, Jean-Philippe Cazier, Olivier Cazin, Pascal Cervo, Jean Luc Cesco, Daniel Chabannes, Patrice Chagnard, François Chaignaud, Étienne Chaillou, Alain Chaix, Philippe Chapuis, Benjamin Charbit, Matthieu Chatellier, Sarah Chaumette, Jean-Sébastien Chauvin, Vanessa Chauvin-Degenne, Laurent Chevallier, Brigitte Chevet, Malik Chibane, Carine Chichkowsky, Benoît Chieux, Patric Chiha, Dominique Choisy, Pierre Chosson, Davy Chou, Jihane Chouaib, Laurent Cibien, Helier Cisterne, Jean-Paul Civeyrac, Nara Cladera, Vanessa Codaccioni, Romain Cogitore, Christophe Cognet, Grégory Cohen, Denis Cointe, Pascal Collin, Étienne Comar, Jean-Louis Comolli, Anne Consigny, Nicolas Contant, Richard Copans, Anthony Cordier, Catherine Corsini, Philippe Costantini, Sebastien Coupy, Victor Courgeon, Françoise Cousin, Cloé Coutel, Lola Creton, Gabrielle Culand, Sandra da Fonseca, Fred Dabo, Michaël Dacheux, Aubépine Dahan, Antoine Danis, Sylvain Daulin, Judith Davis, Geneviève de Kermabon, Félix de Givry, Yves De Peretti, Agnès de Sacy, Marina Déak, Luc Decaster, Cyril Dechampd, Lucie Dèche, Etienne Decle, Yann Dedt, Ladane Dehdar, Francis Del Rio, Jeanne Delafosse, Benjamin Delattre, Emilie Deleuze, Christophe Deloire, Sophie Delvallée, Emmanuelle Demoris, Stéphane Demoustier, Valérie Denesle, Raymond Depardon, David Depesseville, Raphaël Depret, Agathe Dercourt, Caroline Deruas, Arnaud des Pallières, Fabianny Deschamps, Aurélien Deschamps, Sylvain Desclous, Arnaud Deshayes, Jonathan Desoindre, Hélène Desplanques, Marion Desseigne Ravel, Lucie Detrain, Martine Deyres, Rokhaya Diallo, Fatou Dieng, Alice Diop, Mati Diop, Elsa Diringer, Marie Dolez, Valérie Donzelli, Clément Dorival, Christine Dory, Fanny Douarche, Ariane Doublet, Maïmouna Doucouré, Claire Doyon, Martin Drouot, Émérance Dubas, Antoine Dubois, Isaac Dubourg, Hélène Duchateau, Natalia Ducrey, Alain Dufau, Eric Dufour, Pierre Dufour, Martine Dufour-Forest, David Dufresne, Pierre Dugowson, Claire Dujardin, Karine Durance, Pierre-Nicolas Durand, Jean-Pierre Duret, Marion Durin, Laure Duthilleul, Chloé Duval, Aminatou Echard, Eric Egé, Laëtitia Eïdo, Bernard Eisenschitz, Nadia El Fani, Malaury Éloi, Licia Eminenti, Liam Engle, Amalia Escriva, Corinne Espagno Elisa Estebanez, Wilfrid Esteve, Audrey Estrougo, Abbas Fahdel, François Farellacci, Frédéric Farrucci, Philippe Faucon, Cyrielle Faure, Leslie Fauvel, Lea Fehner, Anna Feillou, Pascale Ferran, Anaïs Feuillette, Agnès Feuvre, Louise Filippi, Sophie Fillières, Emmanuel Finkiel, Fabien Fischer, Aline Fischer, Giulia Fittante, Marie Flageul, Gahité Fofana, Marina Foïs, Fanny Fontan, Laïs Foulc, Isabelle Fremeaux, Manuela Fresil, Daniel Friedmann, Brahim Fritah, Damien Froidevaux, Laurent Froidevaux, Jean-Luc Gaget, Valéry Gaillard, Anne Galland, Aurélie Garand, Edgard Garcia, Jean-Raymond Garcia, Laure Gardner, Philippe Garrel, Marielle Gautier, Patrice Gautier, Alexandre Gavras, Laurence Gavron, Dyana Gaye, Julie Gayet, Michael Gence, Camille Geoffray, Sylvain George, Vincent Gérard, Denis Gheerbrant, Raphaël Gianelli-Meriano, Jean-Marie Gigon, Pauline Ginot, Elise Girard, Raphaël Girardot, Catherine Giraud, Nicolas Giuliani, Gaspard Glanz, Delphine Gleize, Boris Gobin, Fabienne Godet, Pierre Goetschel, Mathias Gokalp, Jacky Goldberg, Frédéric Goldbronn, Jacques Goldstein, Yann Gonzalez, Bertrand Gore, Stéphane Goudet, Cathie Gouttefange, Olivia Grandville, Arnaud Gransac, Emmanuel Gras, Alexandra Grau de Sola, Juliane Gregori, Guillaume Grélardon, Benoît Grimalt, Chloé Guerber Cahuzac, Romane Gueret, Patrick Gufflet, Alain Guiraudie, Hervé Guyader, Charles Habib-Drouot, Joana Hadjithomas, Erika Haglund, Nicola Hahn, Thomas Hakenholz, Pascal Hamant, Olivier Hamant, Claire Hamant, Philippe Hamant, Rachid Hami, Tom Harari, Ted Hardy-Carnac, Gabriel Harel, Laurent Hasse, Michel Hazanavicius, Aubin Hellot, Charles Hembert, Liv Henneguier, Noël Herpe, Cédric Herrou, Clotilde Hesme, Esther Hoffenberg, Aurelia Hollart, Robin Hunzinger, Maurice Huvelin, Mehdi Idir, Henri-François Imbert, Catherine Jabot, Alexis Jacquand, Sarah Jacquet, Danielle Jaeggi, Bérangère Jannelle, Nicolas Jaoul, Audrey Jean-Baptiste, Thomas Jenkoe, Rémi Jennequin, Yves Jeuland, Elisabeth Jonniaux, Baptiste Jopeck, John Jordan, Khalil Joreige, Jérémie Jorrand, Joséphine Jouannais, Chrystel Jubien, Naruna Kaplan de Macedo, Baya Kasmi, Nina Kawakami, Vergine Keaton, Jacques Kebadian, Raphaël Kempf, Anna Kendall, Yannick Kergoat, Gustave Kervern, Souad Kettani, Mathieu Kiefer, Cédric Klapisch, James Kleinfeld, Helena Klotz, Baudouin Koenig, Béatrice Kordon, Ella Kowalska, Julia Kowalski, Michel Kowalski, Nathalie Kowalski Blanc, Jane Kozlowski, Daniel Kupferstein, Maxime Kurvers, Hadrien La Vapeur, Joris Lachaise, Robin Lachenal, Raphaël Laforgue, Magali Lafourcade, Lauriane Lagarde, Leslie Lagier, Rémi Lainé, Anne-Marie Lallement, Laura Lamanda, Nadine Lamari, Yaël Lamglait, Emilie Lamoine, Alexandre Lança, Thierry Lanfranchi, Yannis Lantheaume, Daniela Lanzuisi, Clara Laperrousaz, Jérôme Laperrousaz, Laura Laperrousaz, Vincent Lapize, Laurent Larivière, Éric Lartigau, Marion Lary, Laurie Lassalle, Cédric Laty, Sébastien Laudenbach, Christine Laurent, Esther Laurent-Baroux, Razerka Lavant, Ginette Lavigne, Georgi Lazarevski, Emma Le Bail, Erwan Le Duc, Pierre Le Gall, Jeanne Le Gall, Alain Le Gouguec, Pierre-Yves Le Guen, Marie-Francine Le Jalu, Serge Le Péron, Christiane Lebel, Guillaume Lebel, Pierre-François Lebrun, Julien Lecat, Éric Leclerc, Luc Leclerc du Sablon, Michèle Leclerc-Olive, Simon Leclère, Olivier Lecot, Jérôme Lefdup, Raphaël Lefèvre, Néhémie Lemal, Pierre Lénel, Blandine Lenoir, JP Lenoir, Vladimir Leon, Christophe Leroy, Valerie Leroy, Quentin Lestienne, Christelle Lheureux, Fanny Liatard, Catherine Libert, Philippe Liégeois, Zoé Liénard, Sébastien Lifshitz, Almut Lindner, Virginie Linhart, Carl Lionnet, Ken Loach, Pierre-Alain Lods, Christophe Loizillon, Jacques Lombard, Frédéric Lombard, Olivier Lorelle, Anne Lorho, Emilie Losange, Marie Losier, Camille Louis, Olivier Loustau, Elina Lowensohn, Eleonore Lubna Secondi, Irina Lubtchansky, Nicolas Lugli, Noémie Lvovsky, Benoit Maestre, Juliette Maillard, Sabrina Malek, Léa Malgouyres, Chiara Malta, Bertrand Mandico, Marie Mandy, Florent Mangeot, Sylviane Manuel, Naël Marandin, Dominique Marchais, Gilles Marchand, François Margolin, Eduardo Mariotti, Anna Marmiesse, Eric Marque, Benjamin Marquet, Thitia Marquez, Fabien Marsaud, Philip Martin Lacroix, Gaetan Mas, Michael Masschek, Valérie Massadian, Sabine Massenet, Jean-François Masson, Hugo Masson, Séverine Mathieu, Louis Matton, Stéphane Maugendre, Sophie Mazas, Patricia Mazuy, Callisto Mc Nulty, Pierre Medurio, Odile Méndez-Bonito, Delphine Ménoret, Stéphane Mercurio, Agnes Merlet, Nicolas Mesdom, Nathalie Mesuret, Perrine Michel, Mathilde Michel, Radu Mihaileanu, Laetitia Mikles, Jonathan Millet, Valérie Minetto, Joseph Minster, Stefano Miraglia, Marié José Mondzain, Phane Montet, Magali Montoya, Céline Morales, Gérard Mordillat, Laëtitia Moreau, Frédérique Moreau, Olivier Morel, Manuela Morgaine, Lucas Morlot, Nicolas Mourgère, Ricardo Munoz, Julien Naveau, François Nemeta, Catherine Nguyen, Nathan Nicholovitch, Didier Nion, Claudine Nougaret, Valentina Novati, Anna Novion, Romain O., Agnès O’Martins, Jean Odoutan, Valérie Osouf, Marianna Otero, Manon Ott, Catherine Paillé, Karel Pairemaure, Bojina Panayotova, Enrika Panero, Rithy Panh, Bonita Papastathi, Daniel Paris, Agnès Patron, Rachel Paul, Karine Pedurand, Marguerite Pellerin, Héloïse Pelloquet, Maïté Peltier, Charlotte Penchenier, Pauline Penichout, Vivianne Perelmuter, Antonin Peretjatko, Elisabeth Perez, François Perlier, Jean-Francois Perrier, Fanny Perrier Rochas, Sophie Perrin Kamurasi, Laurence Petit-Jouvet, Pascal Petitmengin, Boris Perrin, Florence Pezon, Nicolas Philibert, Jules Philippe, Alexandra Pianelli, Raphaël Pillosio, Victor Pinault, Lila Pinell, Sylvain Pioutaz, Camille Plagnet, Loïc Ploteau, Lucie Plumet, Bruno Podalydès, Martin Poncet, Christophe Postic, Jean-Baptiste Pouilloux, Florian Pourchi, Alicia Pratx, Séverine Préhembaud, Françoise Prenant, Frédérique Pressmann, Jérôme Prieur, Primitivi, Lucile Prin, Pascal Privet, Mathilde Profit, Martin Provost, Emmanuelle Pujol, Linda Qibaa, Matthieu Quillet, Katell Quillevere, Lola Quivoron, Stéphane Ragot, Charlotte Ramette, Clotilde Ramondou, Alain Raoust, Aude Léa Rapin, Alban Ravassard, Anne Raveau, Touatia Razali, Laurence Rebouillon, Jean-Jacques Reboux, Lorenzo Recio, Eric Recordier, Maria Reggiani, Alexandre Regol, Franck Renaud, Lionel Retornaz, Noé Reutenauer, Aurélie Ricard, Chantal Richard, Pauline Rigal, Giovanna Rincon, Marie-Noël Rio, Cécile Riou-Batista, Raphaël Rivière, Denis Robert, Mona Robert, Vincent Robert, Mathieu Robin, Emilie Rodiere, Stéphane Roland, Francoise Romand, Axelle Ropert, Benoît Rossel, Marie Rosselet-Ruiz, Camille Rosset, Gabriele Rossi, Brigitte Roüan, Christian Rouaud, Denoal Rouaud, Céline Rouzet, Emmanuel Roy, Sophie Roze, Gaelle Ruffier, Olivier Sagette, Hamich Saïd, Malik Salemkour, Emmanuel Salinger, Julien Sallé, Matthieu Salmon, Martial Salomon, Thomas Salvador, Pierre Salvadori, Anna Salzberg, Srinath Christopher Samarasinghe, Rima Samman, Natacha Samuel, Lucia Sanchez, Régis Sauder, Geoffrey Sautreau, Giuseppe Schillaci, Noémie Schmidt, Delphine Schmit, Clément Schneider, Niels Schneider, Pierre Schoeller, Dorothée Sebbagh, Julien Selleron, Pierre Selvini, Idir Serghine, Reza Serkanian, Olivier Séror, Louis Albert Serrut, Magalie Shiva, Iro Siafliaki, Vivien Sica, Marion Siéfert, Claire Simon, Morgan Simon, Xavier Sirven, Eyal Sivan, Omar Slaouti, Patrick Sobelman, Frédéric Sojcher, Carlos Solano, Michèle Soulignac, Joffrey Speno, Wanda Sportes, Antoine Stehlé, Léo Stritt, Marc Syrigas, Katia T, Mehran Tamadon, Carine Tardieu, Coco Tassel, Bertrand Tavernier, Marie Tavernier, Sophie Tavert Macian, Drass Tecles, Nathalie Tehio, Lidia Terki, Sylvie Texier, Anne Théron, Mathias Thery, Jenna Thiam, Pacôme Thiellement, Antoine Thirion, Jean-Pierre Thorn, Catherine Tissier,Frédéric Touchard, Anne Toussaint, Marie-Claude Treilhou, Annie Tresgot, Vincent Tricon, Gilles Trinques, Stéphane Trouille, Damien Truchot, Jacky Tujague, Laetitia Tura, Gabriel Turkieh, Corto Vaclav, Lawrence Valin, Charles Van De Vyver, Naïs Van Laer, Camille Varenne, Cécile Vargaftig, Cécile Vaudey, Sylvain Verdet, Florent Verdet, Laure Vermeersch, Marie Vermillard, Aurélien Vernhes-Lermusiaux, Marion Vernoux, Cyprien Vial, Christian Vialaret, Jean-Christophe Victor, Frédéric Videau, Vanina Vignal, Leslie Villiaume, Pierre Vinour, Elisabeth Vogler, Maxence Voiseux, Christiane Vollaire, Gilles Volta, Nicolas Vrignaud, Samuel Wahl, Elodie Wahl, Elie Wajeman, Denis Walgenwitz, Benjamin Walter, Eléonore Weber, Stanley Weber, Patricia Welinski, Fabienne Winne, Zoé Wittock, Derek Woolfenden, Luc Wouters, Louise Ylla Somers, Myriam Yven, Annarita Zambrano, Yolande Zauberman, Caroline Zéau, Valérie Zenatti, Anne Zinn-Justin, Catherine Zins, Rebecca Zlotowski, Ruth Zylberman.

Associations

3 Films 14, 45 RDLC, Act Up – Paris, Altomedia, Association des auteurs réalisateurs du sud-est, Association des cinéastes documentaristes (Addoc), Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid), Automedia de la ZAD NDDL, Brigade d’actions cinématographiques, Canal marches, Cerveaux non disponibles (CND), Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), Collectif de défense des jeunes du Mantois, Collectif justice pour Angelo, Collectif pour une dépénalisation du délit d’outrage (Codedo), Collectif pour une nation refuge (CNR), Collectif régional pour la coopération Nord-Sud Hauts de France (Corens), Collectif régional pour la coopération Nord-Sud Ile-de-France (Cibele), Collectif urgence notre police assassine, Collectif vies volées, Comité justice et vérité pour Wissam, Comité vérité et justice pour Lamine Dieng, Droits ici et là-bas (Diel), Forensic Architecture, Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), Histoire de voir, Justicepouribo, la Clef revival (Association home cinema), Là-bas si j’y suis (Média), le Laboratoire d’imagination insurrectionnelle, les Cinéastes de l’Etna, les Films de Nemo, les Monteurs associés, les Mutilés pour l’exemple, les Scénaristes de cinéma associés (SCA), les Sons fédérés – Assemblée des artisan·es radiophoniques et sonores, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Minimum moderne, Nantes révoltée, Paris d’exil, SaNoSi productions, Surveillons-les, Union juive française pour la paix (UJFP), Voies libres Drôme.

Blocages des lycées à Paris et en province pour protester contre l’absence de mesures sanitaires strictes dans leurs établissements.

Plusieurs blocages de lycées pour protester contre le non-respect des mesures sanitaires

Publié sur le site lemonde.fr mardi 3 novembre 2020

Par Violaine Morin et Luc Chatel

Une dizaine de blocages ou tentatives ont eu lieu à Paris, ainsi qu’à Saint-Etienne, Saint-Nazaire, Toulouse, Nantes ou encore Besançon. Dans certains lycées bloqués, des heurts ont eu lieu avec les policiers.

Le ton monte dans les lycées sur l’application des consignes sanitaires. Le lendemain de la rentrée, alors qu’un protocole « renforcé » est désormais censé s’appliquer dans les établissements scolaires, « une dizaine » de blocages ou tentatives de blocage ont eu lieu dans la capitale, selon le décompte du rectorat de Paris.

Des lycées ont également été bloqués à Saint-Etienne, Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Toulouse, Nantes ou encore Besançon. Le ministère de l’éducation nationale ne disposait pas, mardi soir, de « remontées précises ». Alors que la France s’est reconfinée, les lycéens protestent contre l’absence de mesures strictes dans leurs établissements.

« C’est exactement pareil qu’avant les vacances, rien n’a changé, déplore Déborah, élève de terminale au lycée Hélène-Boucher (Paris 20e), qui a participé au blocus mardi matin. Le président nous dit que c’est la crise et qu’on doit se confiner et, en fait, on retourne au lycée. » Et d’énumérer la somme des petites incohérences qui font que le protocole sanitaire, renforcé au cours des vacances par l’éducation nationale, n’est finalement pas respecté.

« On est censés aérer les salles, sauf qu’il fait 7 degrés le matin, explique-t-elle. On est agglutinés dans le couloir ou la cantine, qui est toute petite. Les seuls gestes barrières, au final, c’est le port du masque et le gel hydroalcoolique. » Déborah souhaite la mise en place d’un protocole plus strict, avec la formation de demi-groupes dans les lycées, comme le réclament aussi les syndicats – une solution tolérée par le ministère, sans être encouragée.

« S’il y a un virus dans le lycée, il se propagera forcément »

Clara, dans le même lycée, souhaite aussi la mise en place d’un protocole plus strict. « On a organisé ce blocus pour pouvoir continuer à étudier dans le respect des règles sanitaires, annonce-t-elle. Si ça n’est pas possible, il faut fermer les établissements, jusqu’à ce que cela le devienne. » Au lycée Colbert (Paris 10e), où la situation s’est tendue mardi matin, Jean, lui aussi élève de terminale, ne dit pas autre chose. « On est 30 dans les classes, serrés dans les couloirs, sans masque à la cantine ni en cours de sport, énumère-t-il. S’il y a un virus dans le lycée, il se propagera forcément. »

Ailleurs aussi, les lycéens se mobilisent. Dès le 2 novembre, des élèves du lycée Honoré-d’Urfé, à Saint-Etienne, ont voulu organiser un blocus symbolique – mais une voiture de police stationnée devant le portail les en a empêchés. Ils ont alors déployé une banderole « Honoré révolté » et se sont mis en grève. « Depuis lundi, on se retrouve entassés par dizaines sans masque dans la cantine à midi ou dans la cour pour fumer », explique Gabriel, 15 ans, élève de première.

S’ils n’étaient guère plus d’une dizaine de grévistes, mardi 3 novembre, leur initiative ne rencontre pas de résistance. « Nous avons beaucoup parlé avec le proviseur qui a donné un de nos tracts aux policiers, lundi matin, pour leur expliquer ce que nous faisions, raconte Maë, 15 ans, élève de seconde. Et il nous a laissés organiser une assemblée générale dans le lycée mercredi matin. » Leur principale appréhension serait de voir le lycée fermer ses portes : « Je suis en terminale et je ne veux pas d’un bac au rabais », s’inquiète Yanis, 17 ans.

« Les élèves ont de grosses restrictions dans leur vie sociale, mais une fois au lycée, il n’y a plus rien »

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) rejoint les positions des lycéens, en réclamant, elle aussi, l’instauration de demi-groupes au lycée pour permettre un meilleur respect des consignes sanitaires. « Il y a un fort sentiment d’incompréhension des lycéens et des parents sur le protocole sanitaire, rapporte Ghislaine Morvan-Dubois, responsable de la FCPE Paris. Les élèves ont de grosses restrictions dans leur vie sociale, mais une fois au lycée, il n’y a plus rien. » Les parents élus FCPE souhaitent que les établissements restent ouverts et accueillent les élèves en classe dédoublée, tout en accueillant les autres dans d’autres lieux « où ils pourraient suivre la classe en parallèle », pour éviter que les jeunes soient « dans la nature ».

Heurts et verbalisations

Si la plupart des lycées ont levé rapidement le blocus de mardi matin, la FCPE dénonce des verbalisations aux abords du lycée Colbert, où des heurts ont éclaté entre policiers et lycéens, ce dont témoignent plusieurs vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

Blocage au lycée Colbert dans le 10e arrondissement de Paris en protestation à l’ouverture de l’établissement duran… https://t.co/t0jdEXVY5V— tremblay_p (@Pierre Tremblay)

Les élèves verbalisés ont reçu des amendes de 135 euros, pour « rassemblement interdit », selon leurs témoignages – en application du décret nº 2020-1310 du 29 octobre 2020 interdisant les réunions de plus de six personnes sur la voie publique. « Ces verbalisations n’ont pas été comprises par les élèves et leurs parents », insiste Ghislaine Morvan-Dubois.

Fatima, mère d’une élève de terminale au lycée Colbert, a récupéré sa fille lestée d’une de ces amendes. « Ma fille n’a même pas participé au blocus, elle voulait juste se rendre en cours ! s’agace-t-elle. Sauf qu’au bout d’un moment, ça ressemble forcément à un rassemblement… puisque les élèves ne pouvaient pas entrer. » La FCPE, de son côté, se félicite d’une mobilisation organisée globalement « dans le calme », en dépit des heurts à Colbert, citant notamment le sit-in « pacifique » du lycée Balzac (Paris 17e).

Les élèves de Colbert refusent de dire s’ils se mobiliseront de nouveau dans les jours à venir. A Hélène-Boucher, on a décidé de faire les choses différemment. « Si c’est pour qu’on parle de guerre des poubelles dans la presse sans écouter nos revendications, on va s’y prendre autrement, annonce Déborah. On va faire des tracts et discuter avec l’administration, et il y a aussi des pétitions qui circulent », ajoute-t-elle.

Mobilisation massive en Pologne pour dénoncer la loi anti-IVG

Près de 100 000 personnes ont manifesté le 30 octobre à Varsovie pour le droit à l’avortement face à la délégalisation de ce droit décidée par le Tribunal Constitutionnel.

Manifestations sans précédent en Pologne pour dénoncer la loi anti-IVG

Publié sur franceculture.fr 31/10/2020 Par Nathalie Hernandez

Depuis le 22 octobre, le Tribunal constitutionnel polonais a durci radicalement l’accès à l’avortement. Seules les femmes en danger de mort ou victimes de viol ou d’inceste pourront désormais avoir recours à l’IVG. Depuis, des dizaines de milliers de Polonais manifestent leur colère.

Manifestation contre la loi anti IVG à Varsovie en Pologne le 26 octobre 2020
Manifestation contre la loi anti IVG à Varsovie en Pologne le 26 octobre 2020• Crédits : Wojtek RADWANSKI – AFP

Une jeune femme torse nu s’est hissée sur une voiture. Masque noir sur le visage, elle brandit dans chaque main un fumigène jaune dans un ciel bleu cobalt. Autour d’elle, des voitures à l’arrêt et des dizaines de manifestants bloqués sur une avenue du centre de Varsovie, la capitale polonaise, le 26 octobre dernier.

Comme des dizaines de milliers de Polonais, elle manifeste contre une décision du Tribunal Constitutionnel. Celui-ci estime que la malformation grave d’un fœtus ne peut plus constituer un motif légal d’avortement, cela étant « incompatible » avec la Constitution polonaise. Une disposition qui réduit à peau de chagrin le droit à l’IVG en Pologne, dont la législation en matière d’avortement est déjà l’une des plus restrictives d’Europe. Jusque-là, les femmes ne pouvaient avorter que dans trois cas : celui de malformation du fœtus (désormais interdit), celui de danger de mort pour la mère et en cas de grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

Un cliché spontané

Spontanéité, c’est le premier mot qui vient au photographe de presse Patrick Gherdoussi en regardant ce cliché pris par son confrère Wojtek Radwanski pour l’Agence France Presse. 

« Cette jeune femme est certainement montée sur cette voiture sur un coup de colère. Elle a d’ailleurs laissé ses vêtements sur le toit du véhicule. Les gens autour semblent assez calmes, note aussi Patrick Gherdoussi. C’est un grand angle, je pense que Wojtek Radwanski a peut-être pris ce cliché à bout de bras. Il a dû être attiré par ce fumigène. C’est toujours très esthétique un fumigène dans une foule, puis il y a une lumière très intéressante, ajoute le photographe de presse. On est entre chien et loup, le ciel devient très dense. Derrière, les lumières de la ville commencent à s’allumer, ce qui fait que toutes les conditions sont réunies« , pour que le sujet du photographe ressorte sur l’image, estime Patrick Gherdoussi. 

« Cela me rappelle bien sûr les Femen, poursuit le photographe, ce mouvement de militantes féministes né en Ukraine (ndlr: l’une d’entre elles s’est d’ailleurs dénudée le 26 octobre dernier devant l’ambassade de Pologne à Kiev pour protester contre cette interdiction quasi-totale de l’avortement dans ce pays voisin de l’Ukraine). Mais ici cette jeune femme n’a pas de message, il n’y a pas de slogan inscrit sur sa poitrine, comme le font les Femen, ajoute Patrick Gherdoussi. » 

"La Liberté guidant le peuple" d'Eugène Delacroix
« La Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix • Crédits : Alfredo Dagli Orti / Photo12 – AFP

Pour moi, en tant que Français, ça me renvoie aussi au tableau d’Eugène Delacroix « La Liberté guidant le peuple » : c’est un symbole républicain.

Patrick Gherdoussi y voit une double référence. 

« D’une part, aux photos de Femen prises par mes confrères au cours des dix dernières années, mais aussi à l’histoire de l’art avec la peinture de Delacroix.« 

Ôter un vêtement : un symbole de protestation 

« C‘est réellement redevenu aujourd’hui un symbole de contestation que d’avoir les seins nus, estime le photographe Patrick Gherdoussi, pour protester contre toutes les lois liberticides, notamment envers les femmes. On le constate sur les réseaux sociaux, si une femme affiche un peu trop son décolleté, c’est aussitôt censuré. Alors qu’un homme torse nu ne serait pas inquiété ! Est-ce à dire que la poitrine des femmes est presque devenue une image subversive ? C’est en tout cas à mes yeux comme ici sur cette photo un message de liberté.« 

_ »C’est peut-être un marqueur de notre époque, de voir des femmes qui, pour revendiquer leur liberté, enlève un vêtemen_t, conclut Patrick Gherdoussi. Comme en 1968, elles jetaient leur soutien-gorge, ici en Pologne cette jeune femme a retiré son haut et est torse nu ou encore en Iran, où des femmes ont ôté leur voile en signe de protestation pour affirmer leur liberté.« 

L’avortement, éternelle cible des conservateurs polonais

Depuis 2015, et l’arrivée au pouvoir en Pologne du parti conservateur Droit et Justice (PIS) réputé proche de l’Église catholique, la réforme du droit à l’avortement avait dû être repoussée en raison de la forte mobilisation de ses opposants. Mais cette fois le Tribunal constitutionnel polonais, saisi en 2019 par un groupe de 119 députés du parti PIS et deux groupes de l’opposition, juge que « le législateur a le devoir d’assurer la protection de chaque vie humaine« .

Dans ce pays de 38 millions d’habitants, un peu plus d’un millier d’IVG ont été pratiquées l’an dernier selon les données du gouvernement. La plus grande majorité de ces opérations avaient été autorisées en raison de malformation irréversible du fœtus. Selon des ONG, chaque année,  près de 200 000 femmes avorteraient, soit à l’étranger soit clandestinement, avec tous les risques que cela implique.

► ALLER PLUS LOIN | 

– Le site d’Amnesty International sur l’avortement en Pologne

Article de Libération : « 32 Etats se liguent contre le droit à l’avortement dans le monde »

L’avortement pratiquement supprimé en Pologne

Depuis 5 ans un gouvernement de droite extrême détruit tous les acquis sociaux et démocratiques : augmentation du pouvoir exécutif au détriment du législatif, mainmise sur les médias, encadrement de la justice, durcissement de la loi anti-avortement, refus du mariage homosexuel comme de l’euthanasie, promesse d’un référendum sur la peine de mort. Là encore on constate une attaque progressive des droits humains comme en Hongrie, en République tchèque ou en Slovaquie.

Le droit à l’IVG pratiquement supprimé en Pologne

Publié le 23/10/2020 sur http www.courrierinternational.com

Déjà très limité, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse ne sera plus possible en cas de malformation grave du fœtus, a décidé la Cour constitutionnelle polonaise. Pour ce journal libéral, le parti au pouvoir utilise ce sujet pour détourner l’attention d’une situation sanitaire déplorable.

“La guerre aux femmes”, titre le quotidien libéral polonais Gazeta Wyborcza dans son édition du vendredi 23 octobre, au lendemain de la décision de la Cour constitutionnelle de limiter encore davantage l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Soumise à l’influence d’une puissante Église catholique, la Pologne disposait déjà, depuis 1993, d’une législation très restrictive puisque l’IVG y était par principe interdite en dehors de trois situations : grossesses résultant d’un viol ou d’un inceste, grossesses présentant un risque pour la vie ou la santé de la femme, et malformations graves du fœtus.

C’est cette dernière exception, à l’origine de 98 % des IVG légalement pratiquées dans le pays mais qualifiée par ses détracteurs d’“avortement eugénique”, qui a été délégalisée par les juges constitutionnels au motif qu’elle porterait atteinte à la “dignité humaine des enfants non encore nés”. La validité de la décision est cependant contestée par l’opposition en raison du manque d’indépendance de la juridiction.

“Au milieu de la crise la plus grave des dernières années, le parti au pouvoir [le PiS, national-conservateur] utilise le sujet de l’avortement pour embraser l’opinion publique et détourner l’attention de la situation catastrophique du système de santé et de l’incapacité de l’État à maîtriser l’épidémie, estime Gazeta WyborczaCe geste n’est pas seulement indigne des dirigeants du cinquième plus grand pays de l’Union européenne, il est aussi impardonnable et répugnant.”

Répression du pouvoir au Nigéria: au moins 18 morts et des centaines de blessés par la police qui tire à balles réelles

Au Nigéria un vaste mouvement de contestation traverse le pays depuis plusieurs semaines. La jeunesse (60% de la population) réclame la justice et la fin de la corruption et des violences policières. Un régime autoritaire a été mis en place depuis longtemps dans le cadre d’une politique néolibérale. La LDH dénonce la répression sanguinaire du pouvoir.

Publié sur lemonde.fr le 22 octobre 2020

Nigeria : une juste révolte contre l’impunité

Editorial. Des manifestations agitent le pays depuis deux semaines. Déclenché par des violences policières, ce mouvement est une devenu une contestation plus globale d’un pouvoir abusif et discrédité.

Editorial du « Monde ». 

Première puissance économique du continent africain, pays connu pour son dynamisme et sa créativité, mais aussi pour sa corruption et ses inégalités abyssales, le Nigeria est en proie à une révolte inédite de sa jeunesse. Depuis deux semaines, des manifestations secouent le pays non seulement à Lagos, mégalopole de vingt millions d’habitants et capitale économique du pays, mais dans plusieurs autres villes, dont Abuja, sa capitale fédérale. Déclenchée par une vidéo montrant des policiers abattant un homme de sang-froid, la révolte contre les violences policières s’est muée en une contestation globale du régime revendiquant la démission du président, Muhammadu Buhari. Le soulèvement de la jeunesse urbaine se nourrit aussi de l’exaspération après un confinement anti-Covid-19 levé cet été, mais qui a asphyxié l’économie.

Au moins dix-huit personnes sont mortes dans ces affrontements avec la police avant même le « mardi sanglant », ce 20 octobre, au cours duquel un millier de manifestants rassemblés à un péage de Lagos ont été dispersés par des tirs à balles réelles. La police et l’armée sont mises en cause, mais aussi des voyous stipendiés pour jeter le discrédit sur le mouvement. Depuis lors, des jeunes continuent de braver le couvre-feu instauré pour tenter de stopper leur révolte. La promesse du président de dissoudre la brigade spéciale de la police nigériane, accusée de tortures et d’exécutions sommaires par Amnesty international, convainc d’autant moins les manifestants qu’elle a déjà été formulée, en vain, par le passé.

Vieux militaires brutaux

La jeunesse du Nigeria – 60 % de ses 200 millions d’habitants ont moins de 24 ans – ne supporte plus d’être exclue par un système politique incapable de réduire l’extrême pauvreté et dont la violence est couverte par une totale impunité. Le président Buhari, 77 ans, ancien général putschiste finalement élu en 2015, focalise le mécontentement : taiseux, claquemuré à Abuja, impuissant à vaincre l’insurrection islamiste de Boko Haram au nord-est, tout comme le grand banditisme, qui met en coupe réglée la région pétrolière du delta du Niger, il personnifie un pouvoir de vieux militaires du Nord, brutaux et incapables d’écouter la population. Son armée se caractérise par sa propension à commettre des exactions sur des civils réduits au silence – y compris numérique – loin des grandes villes. En dépit de la manne pétrolière, le revenu moyen nigérien ne dépasse pas 5 dollars (4,20 €) par jour, et l’espérance de vie plafonne à 52 ans.

L’impunité qui protège les responsables des violences au Nigeria est inacceptable. L’Union européenne et l’ONU réclament, à juste titre, qu’ils soient « traduits en justice » et que les abus policiers cessent. Locomotive de l’Afrique de l’Ouest, ce pays qui fait rêver tant d’Africains devrait se montrer exemplaire. Cela passe en tout premier lieu par la nécessité d’écouter les revendications d’une jeunesse qui réclame la justice, la fin de l’arbitraire des forces armées et la redistribution des richesses. Un programme ambitieux, qui, soixante ans après les indépendances, pourrait être celui de bien des pays du continent.

Le Monde

Municipalité Aliot : Communiqué de l’association Prix Européen Walter Benjamin

Alors que la nouvelle municipalité de Perpignan vient d’être élue, sera inaugurée ce samedi 11 juillet une exposition consacrée au peintre Michel Bertrand dans les locaux du Centre d’art Walter Benjamin ; l’association Prix Européen Walter Benjamin rappelle qu’une lettre ouverte parue dans le Monde daté du 30 juin 2020 demande à ce que le nom de Walter Benjamin ne figure plus au fronton de cet établissement municipal, après la victoire électorale d’un candidat qui a été depuis le début des années 90 l’un des principaux leaders du Front national, dont Walter Benjamin eut à coup sûr totalement désapprouvé l’idéologie. Et qui, aujourd’hui, en tant que migrant persécuté par la guerre, n’aurait sans doute pas grâce à ses yeux.

L’association Prix Européen Walter Benjamin vient de recevoir un courrier des deux petites filles et héritières de Walter Benjamin, Mona et Kim Benjamin, qui conforte absolument cette position. Elles écrivent notamment :

“La pensée que le nom de notre grand-père puisse être utilisé pour promouvoir l’idéologie de l’extrême-droite nous remplit d’horreur. Monsieur Aliot et le Rassemblement national représentent tout ce contre quoi notre grand-père, ainsi que notre grand-mère Dora Benjamin, et notre père Stefan, se sont opposés émotionnellement, politiquement et intellectuellement. Le simple fait que le nom de Walter Benjamin puisse être utilisé pour célébrer ou propager les convictions de l’extrême-droite est un affront à l’histoire de notre famille, et à l’histoire collective de toutes celles et tous ceux qui ont combattu et qui continuent de se battre pour un monde meilleur, pour l’équité et les droits de tous.”

L’association Prix Européen Walter Benjamin s’associe tout naturellement à la vive émotion de Mona et Kim Benjamin et entend les accompagner dans leur combat.

Le département des Pyrénées-Orientales dépose plainte contre Eric Zemmour, ami d’Aliot

Le sinistre Eric Zemmour, ami d’Aliot, ne manque aucune occasion pour déverser ses déclarations racistes à l’encontre des migrants qui rappellent celles de la peste brune dans les années 30. Plusieurs départements ont décidé de porter plainte pour provocation à la haine raciale. La LDH-66 soutien cette initiative.

Publié sur francebleu.fr Vendredi 2 octobre 2020 à 15:22 – Par Xavier PonroyFrance Bleu Roussillon Perpignan

Après les déclarations d’Eric Zemmour sur les mineurs isolés, le conseil départemental des P-O a décidé ce vendredi, comme d’autres départements, de déposer plainte. La gestion de ses jeunes est du ressort du département.

Mercredi soir, sur le plateau de CNEWS, Eric Zemmour a tenu des propos extrêmes, expliquant que « tous » les mineurs migrants étaient des « des voleurs, des assassins et des violeurs ». 

« Nous ne pouvons tolérer de telles paroles dans notre République qui vont à l’encontre du devoir de protection vis-à-vis des jeunes fragilisés par des situations dramatiques » a expliqué dans un communiqué la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, Hermeline Malherbe.

D’autres départements déposent plainte aussi

La prise en charge des mineurs isolés relève des départements, au titre de la protection de l’enfance. D’autres présidents de conseils départementaux ont décidé de déposer plainte également, notamment dans le Gers et les Landes

Eric Zemmour a déjà été condamné pour provocation à la haine. Pour ses propos cette semaine, le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête à l’encontre d’Éric Zemmour pour « provocation à la haine raciale ». Le polémiste avait été condamné, la semaine dernière, par le tribunal de Paris, pour les mêmes motifs, à 10 000€ d’amende. 

« Ce n’est pas la première fois que M. Zemmour tient des propos racistes et xénophobes » ajoute Hermeline Malherbe. « Ceux qui lui offrent des tribunes, comme lors de sa venue à Perpignan à l’invitation de M. Aliot, alors candidat aux municipales, sont responsables de la dérive de ce triste personnage déjà condamné pour incitation à la haine raciale. » 

En septembre 2019, Louis Aliot, alors candidat à la mairie de Perpignan, avait invité Eric Zemmour au palais des congrès pour une conférence. La plainte du département vise également le directeur de la chaîne CNews. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel sera également saisi. 

Béziers – chroniques de juillet d’une ville tenue par l’extrême droite

Communiqué de VISA-34 du 30 juillet 2020

Robert Ménard, le nouveau président de l’Agglo Béziers-Méditerranée, vient d’annoncer le lancement d’une mutuelle municipale à l’échelle des 17 communes « La mutuelle communale ». Pour l’instant 8 communes plus celle de Béziers sur les 17 ont adhéré à ce dispositif. Voici le communiqué de VISA 34 à ce propos.

Comment l’extrême droite avance masquée…

L’histoire de « la mutuelle communale » commence à Béziers, le 19 septembre 2014, le jour où Robert Ménard inaugure les locaux de Mon Béziers, ma santé, une mutuelle sociale réservée aux Biterrois, qui propose soi-disant des contrats avantageux. Mais le maire comme aujourd’hui, n’a pas trop communiqué sur la société qui pilote ce projet : Traditia.

En fait, cette entreprise spécialisée dans le courtage en assurances compte parmi ses principaux actionnaires, depuis le mois d’août 2014, un certain Robert Ottaviani. Ce dernier n’est pas un inconnu dans la faschosphère. C’est un ancien cadre du FN mais aussi un ancien chanteur de rock d’un groupe skinhead Ultime Assaut qui vantait les faits d’armes de la Légion des Volontaires Français, qui, durant la Seconde Guerre mondiale, se sont engagés sous l’uniforme allemand au sein de la division SS Charlemagne.

Mais pour Robert Ménard « Ce qui compte, ce ne sont pas les liens, c’est que l’on est la première ville à mettre en place ici une Mutuelle pour les plus pauvres. » En réalité, Robert Ménard a sollicité un ami personnel, Philippe le Gouz de Saint-Seine, connu pour être un proche de la droite nationale catholique et directeur d’une société commerciale Traditia (domiciliée à Bordeaux) et d’une filiale Traditia Medica et c’est cette dernière qui a créé cette mutuelle. Robert Ottaviani, lui est « seulement » actionnaire minoritaire de Traditia, mais également gérant de deux autres branches de la société : Traditia Immobilier et Traditia Entreprises et Professionnels.

En 2016, le journal Le monde publiait un article sur les mutuelles communales, et on apprenait encore que Robert Ottaviani était aussi un intime de Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, et de son épouse, Marie-Caroline Le Pen et que Philippe le Gouz de Saint-Seine est le gendre de l’actuel conseiller politique de Marine Le Pen pour le logement, Jean-Marc de LacosteLareymondie.

On apprenait également que c’est Christophe Pacotte, ancien dirigeant du Bloc identitaire, et premier chef de cabinet de Ménard qui a permis à Traditia de s’installer à Béziers. Et pour finir le journaliste confirmait aussi que depuis les élections municipales de 2014, ces mutuelles communales, se sont développées à une vitesse impressionnante dans les municipalités FN. Et on les retrouve au Luc-en-Provence, à Fréjus, au Pontet, à Camaret-sur-Aigues, ou encore à Hénin-Beaumont.

Aujourd’hui, Robert Ottaviani est directeur général associé de Traditia. Une belle promotion ! Mais l’aspect opaque de cette société se poursuit encore aujourd’hui car le nom de la mutuelle présentée par le maire de Béziers au Conseil de l’agglo, s’appelle « La mutuelle communale ». En fait, il s’agit bel et bien d’une branche du groupe Traditia car ils ont la même adresse et un des deux responsables, Raphaël Huré, est lui même le dirigeant du pole santé et associatif de… Traditia… Au final, il serait intéressant de savoir si les maires des 8 autres villes de l’agglomération, qui ont signé la mise en place de ce dispositif, pour une mutuelle communale privée « très particulière » et très « traditionaliste » sont au courant de l’origine de cette mutuelle.

Visa 34

Retour sur les diverses agressions de l’extrême-droite le dimanche 17 mai à Montpellier

mardi 26/05/2020 – 17:20

1 – Communiqué du local associatif Le Barricade

Alors que la manifestation des Gilets Jaunes du samedi 16 mai a été durement réprimée par les forces de l’ordre, les militants d’extrême droite de La Ligue du Midi, de l’Action française et de la Ligue des Volontaires ont complété le travail de la police.

Acte 1 : Une douzaine de fascistes croisent un journaliste indépendant montpelliérain près de la gare. A douze contre un, ils déclenchent une bagarre avant de prendre la fuite.
Acte 2 : Les même fascistes se rendent ensuite au local associatif le Barricade, lieu au service des luttes sociales où se tiennent divers ateliers gratuits et ouverts. Ils brisent la vitrine avant de repartir en direction du centre ville.
Acte 3 : Les mêmes individus se rendent à la manifestation des groupes d’extrême droite « interdite » par le préfet. La manifestation se tient pourtant sous le regard bienveillant des forces de l’ordre. Un traitement très différent de la violence déployée la veille contre les Gilets Jaunes.
Acte 4 : Des manifestants d’extrême droite menacent une journaliste de l’AFP et lui volent son téléphone. Les fascistes prouvent encore une fois leur rôle d’auxiliaires de police au service de la classe dominante.

Enhardis, les fascistes multiplient leurs minables agressions sur Montpellier, en se pensant hors de toute atteinte. Ils se trompent. Les initiatives de solidarité, les manifestations et les lieux de résistance se multiplient. Les violences de la police et de l’extrême droite ne parviendront pas à stopper les luttes sociales.

2 – Lettre au préfet de la Ligue des droits de l’Homme de Montpellier

3- Article publié sur France bleu Hérault

Manifestations à Montpellier : la police plus souple avec la Ligue du Midi qu’avec les gilets jaunes ?

GLOBAL NUTRITION REPORT SUR LE COVID-19 : SELON LES PRÉVISIONS LE NOMBRE DE PERSONNES SOUFFRANT DE LA FAIM VA DOUBLER CETTE ANNÉE

Les droits à l’alimentation et à la santé pour tou.te.s devraient être une obligation prioritaire pour tous les états et les institutions internationales. C’est pourquoi la communauté internationale et ses états devraient renforcer les systèmes sanitaires et de santé publique et transformer les systèmes alimentaires industriels injustes au profit de l’agroécologie…

Communiqués de presse du 12 mai 2020, par actioncontrelafaim.org

Le COVID-19 doit provoquer une action mondiale accrue pour mettre fin à la sous-nutrition, selon les prévisions le nombre de personnes souffrant de la faim va doubler cette année.

SELON LE RAPPORT MONDIAL SUR LA NUTRITION 2020 (GNR) LA LUTTE CONTRE LA MALNUTRITION SOUS TOUTES SES FORMES PROGRESSE TROP LENTEMENT ET DE MANIÈRE INÉGALE À TRAVERS LE MONDE.

Ce rapport tire la sonnette d’alarme alors que le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans le monde va doubler. Action contre la Faim met en garde contre le fait que COVID-19 ne doit pas détourner l’attention du traitement et de la prévention de la malnutrition, si l’on veut éviter qu’un plus grand nombre de personnes ne meure des conséquences de la faim que du COVID-19 lui-même. Plus que jamais, dans ce contexte de pandémie, la communauté internationale doit renforcer les systèmes de santé et promouvoir des systèmes alimentaires plus équitables au cœur de la réponse face au virus.

Mais aujourd’hui, le GNR révèle qu’aucun pays n’est en voie d’atteindre les objectifs de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) concernant la réduction de toutes les formes de malnutrition. Pire encore, le GNR avertit que les progrès en matière de malnutrition sont profondément inégaux et lents – en 2018, seul un enfant de moins de cinq ans sur trois souffrant de malnutrition aiguë sévère a reçu un traitement.

Les systèmes de santé déjà fragiles sont surchargés à cause du COVID-19 et risquent d’interrompre les services essentiels de nutrition. C’est déjà une réalité dans les pays où Action contre la Faim intervient, comme au Myanmar et en Inde.

Afin de réagir efficacement et de prévenir de nouvelles crises, la communauté internationale doit renforcer et protéger les services de santé et de nutrition existants et supprimer les obstacles financiers à leur accès. Les familles ne doivent pas être obligées de se sur-endetter pour avoir accès au traitement, car leurs moyens de subsistance sont déjà affectés par COVID-19. Il est urgent de redoubler d’efforts pour parvenir à la couverture maladie universelle (CSU). La nutrition doit être un élément central pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre. Les agents de santé communautaires ont un rôle crucial à jouer à cet égard et toute formation ou soutien doivent les inclure en tant que membres clés du personnel de santé.

Le GNR a raison de se concentrer sur les limites des systèmes alimentaires qui ne permettent pas aux pays d’assurer la continuité d’une alimentation accessible, sûre, abordable, nutritive et saine. Action contre la Faim exhorte la communauté internationale à utiliser la crise de COVID-19 comme une opportunité de transformer les systèmes alimentaires industriels et injustes et de placer l’agroécologie au cœur de ce changement. Une alimentation variée et riche en nutriments doit être accessible à tous, afin d’accroître la résilience au climat et de limiter les dommages causés à la biodiversité. Nous ne devons pas attendre plus longtemps pour nous attaquer aux inégalités en matière de santé et d’alimentation, qui sont principalement le résultat de décisions politiques.

Le financement d’urgence pour lutter contre le COVID-19 ne doit pas se faire au détriment du financement de la nutrition, d’autant plus que les engagements actuels en matière de dépenses de nutrition prennent fin en 2020 – de nouveaux engagements financiers et politiques des donateurs sont nécessaires. De même, les progrès réalisés pour inclure les dépenses en matière de nutrition dans les budgets nationaux ne doivent pas être perdus.

La tenue du Sommet Nutrition 4 Growth prévue au mois de décembre à Tokyo, devra être un moment fort de mobilisation internationale autour de la lutte contre la faim – des millions de vie en dépendent.


*265 millions de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire grave en 2020, contre 135 millions en 2019
https://www.wfp.org/news/covid-19-will-double-number-people-facing-food-crises-unless-swift-action-taken

PROROGATION DE L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE : DES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉPOSENT UNE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE POUR ALERTER LES NEUF SAGES

Communiqué commun

L’Association pour la défense des libertés constitutionnelles (Adelico – qui rassemble des juristes éminent-e-s), la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature ont adressé dimanche 10 mai au Conseil constitutionnel une contribution extérieure. Pour la loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, approuvée samedi soir par le Sénat et l’Assemblée nationale, le Conseil constitutionnel a fait l’objet de deux saisines, d’une part par le Président de la République lui-même, et d’autres part, par 63 député-e-s membres des groupes La France insoumise, socialiste, Gauche démocratique et Libertés et territoires.

Dans cette « PORTE ÉTROITE » (expression consacrée pour désigner ce type de contribution), les organisations relèvent toute une série de dispositions de la loi votée samedi 9 mai, qu’elles considèrent contraires à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision dans la journée de lundi 11 mai.

Ce travail collectif a été mené dans des délais records, grâce à une collaboration entre les membres de l’Adelico et plusieurs membres du RÉSEAU DE VEILLE SUR L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE (LDHSAFSM, avocats, universitaires).

Paris, le 11 mai 2020

TÉLÉCHARGER CETTE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE AU FORMAT PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre – Communiqué du Syndicat de la Médecine Générale

Pour le communiqué au format PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre

En préparation du post-confinement, l’Assurance maladie demande aux médecins généralistes de collecter des données personnelles sur leurs patient·e·s atteint·e·s du coronavirus, mais également sur leurs proches et les personnes avec lesquelles ils et elles sont en contact1. Contrairement à ce qui est avancé, ce n’est pas de la santé publique et si les médecins suivent, ils.elles trahiront leur éthique professionnelle.

Les médecins devront transmettre ces données (coordonnées complètes, résultats des tests) sur des plateformes numériques dénommées « contact Covid ». Le projet de « loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire » qui doit être adopté cette semaine2 prévoit que ces données pourront « être partagées, le cas échéant sans le consentement des personnes intéressées ». 

Les contours juridiques restent flous, un décret et des ordonnances sont annoncés dans le projet de loi. Les premiers éléments connus dessinent un système portant atteinte aux libertés et au secret médical. Et les questions restent nombreuses et inquiétantes :

– Qui aura accès à ces informations très sensibles ? La Caisse nationale d’Assurance maladie mentionne des plateformes départementales formées de personnels médicaux et administratifs des Caisses primaires d’Assurance maladie pouvant être appuyées par des « structures extérieures volontaires ».

– Quelle utilisation sera faite de ces informations ? Le but est d’identifier toutes les personnes potentiellement en contact d’une personne malade et de les confiner chez elles, donc de les priver de liberté. Le gouvernement semble toutefois, vu le tollé suscité, avoir renoncé à faire appliquer cet isolement par la contrainte.

– Comment seront conservées ces données sensibles ? Le projet prévoit une conservation des données a priori de un an, ce qui est déjà extrêmement long pour une maladie évoluant sur quelques semaines. De plus, ces données pourraient venir alimenter le Health Data Hub dont la mise en œuvre pose des problèmes de sécurisation des données3.

Nulle part, il n’est fait mention de la question du secret médical qui est donc allègrement bafoué. 

Comment considérer qu’une politique de santé publique puisse être efficace sans respecter l’éthique ? Sans le secret médical et la confiance qui en découle entre la personne soignée et le/la soignant·e ? Comment imaginer que les personnes concernées feront confiance aux professionnel·le·s de santé si elles savent que les informations qu’elles donnent seront divulguées, sans savoir à qui ?

Mépriser et infantiliser, contraindre et sanctionner n’améliorent par les conditions sanitaires. Au contraire, l’efficacité de la réduction des risques a été prouvée grâce à des pratiques d’information, de dépistage, de mise à disposition de matériel et d’autonomisation des personnes (cf. par exemple l’histoire des luttes contre le VIH ou le VHC).

Soigner n’est pas ficher, soigner n’est pas contraindre ! « contact Covid » serait un précédent très dangereux de contrôle sanitaire des populations exercé par l’intermédiaire des soignant·e·s. Les médecins ne sont pas des enquêteur·trice·s, des contrôleur·euse·s. 

L’éthique des soignant·e·s n’est pas à vendre ! Pourtant l’Assurance maladie promet, pour s’assurer de la participation des médecins, une rémunération supplémentaire en échange de ces données : majoration de 30 € de la (télé)consultation auxquels s’ajouteront 2 €, voire 4 € pour tout cas contact supplémentaire renseigné ! 

Nous, Syndicat de la médecine générale, appelons, les professionnel·le·s mais aussi les patient·e·s, et tous les citoyen·ne·s, 

– à refuser cette pratique de fichage indigne qui porte atteinte à l’éthique professionnelle et qui, en dégradant la confiance qui existe entre les soigné·e·s et les soignant·e·s, risque d’aggraver la situation sanitaire au lieu de l’améliorer.

– à promouvoir, dans le cadre de cette épidémie de Covid, une véritable politique de santé publique respectueuse de l’éthique professionnelle et s’appuyant sur la capacité des citoyen·ne·s à prendre en charge leur santé. Cela signifie la mise en place d’actions de prévention efficaces car adaptées aux territoires et fondées sur la coopération entre toutes les personnes et structures concernées, mais aussi et surtout sur les compétences et les savoirs des usager·ère·s, des professionnel·le·s et des nombreuses structures associatives et/ou militantes de terrain.

Contacts : 

Mathilde Boursier : 06.74.21.60.57

Camille Gendry : 06.76.71.39.08

Catherine Schmitt : 06.03.56.32.24

1. https://stats.info.ameli.fr/m//MDEwMDk1OTU2MzMyOTswMVAxMjY1NzM5NzU1O3N0ZXBoYW5lLmFuZHJpZXVAaWNsb3VkLmNvbTswOzIwMjAtMDQtMzBUMTc6NTI6MjQrMDI6MDA_a63HLvTUB9HPjL52nMmBTIHr98

2. https://fr.scribd.com/document/459488341/Projet-de-loi-prorogeant-l-etat-d-urgence-sanitaire-et-completant-ses-dispositions#from_embed

3. https://www.april.org/tribune-pour-des-donnees-de-sante-au-service-des-patients

Syndicat de la Médecine Général

52 rue Gallieni, 92240 Malakoff

Tél/Fax: 01 46 57 85 85

syndmedgen@free.fr – www.smg-pratiques.info

Le coronavirus menace de « génocide » les Indiens d’Amazonie : un appel urgent adressé aux autorités du Brésil

Publié sur France-Inter  (Cliquer sur le lien pour écouter l’émission))

Un appel aux autorités brésiliennes demande la protection des populations indigènes d’Amazonie contre le coronavirus, « menace extrême pour leur survie ». Leur sécurité s’est affaiblie avec la pandémie.

Le covid-19 peut-il provoquer un génocide ? Cette question grave est posée dans un appel de personnalités internationales concernant le risque que fait courir la pandémie pour une des populations les plus fragiles au monde : les derniers Indiens d’Amazonie, au Brésil.

C’est la crainte exprimée dans un appel publié hier dans la presse mondiale, et adressé aux autorités brésiliennes. Il leur demande d’agir « de toute urgence » pour protéger les indiens d’Amazonie de l’arrivée du virus, qualifié de « menace extrême pour leur survie ».

C’est le photographe franco-brésilien Sebastiao Salgado qui est à l’initiative de cet appel avec son épouse Lélia, lui qui a abondamment documenté, depuis des années, la destruction de la forêt amazonienne, habitat naturel de quelque 300.000 personnes, issues de plus de 200 peuples indigènes du Brésil.

On pense immédiatement -et l’appel de Salgado y fait explicitement référence- à ce qui s’est passé il y a cinq siècles, lorsque les colonisateurs européens sont arrivés sur le continent américain, emmenant avec eux des maladies contre lesquelles les populations indigènes n’avaient aucune immunité. Au nord et au sud de l’Amérique, elles ont été décimées par la variole, la grippe, ou encore le typhus.

Au Mexique, au XVI° siècle, la variole fut un facteur-clé dans la chute de la ville de Tenochtitlàn, la capitale des Aztèques, assiégée par les colons espagnols conduits par Hermàn Cortès. Près de la moitié de la population fut décimée par l’épidémie, et les conquistadors firent le reste.

La pandémie est bien présente au Brésil où elle a déjà fait plus de six mille morts. La position du Président Jaïr Bolsonaro fait polémique car il est dans le déni, et s’oppose à l’action des gouverneurs qui ont décrété le confinement dans les principales régions.

Le cas de l’Amazonie est particulier. Ces territoires sont en principe réservés par la loi aux peuples indigènes. Mais ils sont aussi l’enjeu, depuis des années, de la poussée incessante des lobbies économiques, orpailleurs, exploitants forestiers, ou éleveurs de bétail. Selon l’appel lancé hier, les activités illicites de ces groupes se sont accélérées ces dernières semaines parce que les autorités chargées de protéger ces territoires ont été immobilisées par la pandémie.

Résultat, selon Salgado, privée de bouclier protecteur contre le virus, la population indienne fait désormais face à un vrai risque de « génocide causé par la contamination apportée par des intrus sur leur sol ».

L’an dernier, le monde entier s’était ému des incendies géants qui s’étaient déclarés en Amazonie. Le président Bolsonaro s’était offusqué de ce qu’il qualifiait d’ingérence. Depuis, il n’a eu de cesse de défaire l’arsenal législatif qui protège l’Amazonie et ses habitants indigènes.

Cette menace sur ces populations en danger concerne, comme l’an dernier, le monde entier ; car, comme le soulignent les signataires de l’appel, « leur disparition serait une tragédie colossale pour le Brésil, et une immense perte pour l’humanité ».

Publié sur Le Journal du Dimanche  (Cliquer sur le lien pour lire l’article en entier)

L’appel urgent pour sauver les peuples indigènes du Brésil

Le photographe Sebastião Salgado et une cinquantaine de signataires dont Paul McCartney, Madonna, Naomi Campbell ou encore Meryl Streep demandent dans cette tribune que le président brésilien Jair Bolsonaro prenne des mesures pour venir en aide aux peuples indigènes face à la menace du Covid-19.

UN PROCUREUR RIDICULE MAIS DANGEREUX

Le 27.04.2020

Communiqué LDH

Le procureur de la République de Toulouse a demandé aux services de police d’intervenir au domicile de personnes ayant affiché à leurs balcons des banderoles portant l’inscription « Macronavirus, à quand la fin ? ».

Des policiers se sont donc rendus aux domiciles de ces dangereux délinquants et ont procédé à au moins une garde à vue sur le fondement juridique d’un « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ».

Outre le ridicule qui atteint le procureur et dont il ne semble pas avoir conscience, c’est sa volonté délibérée de s’en prendre à la liberté d’expression, même utilisée en termes ironiques, qui inquiète.

Chargé, aux termes de son statut, de faire respecter la liberté de tous, le procureur de la République de Toulouse use d’une incrimination pénale détournée de ses fins dans le but d’intimider et de faire taire des opposants politiques.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) attend avec impatience de savoir quelle sera la réaction du Conseil supérieur de la magistrature face à un tel zèle, mais aussi face à l’absence de suites connues données aux nombreuses plaintes déposées contre les violences commises par les forces de l’ordre au cours des manifestations de ces derniers mois.

En laissant le procureur de la République agir de manière aussi partisane, c’est l’institution judiciaire elle-même qui perd sa crédibilité.

Paris, le 27 avril 2020

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Bas les masques! Un appel de soignant·e·s pour construire un mouvement populaire

Pour information un appel de soignant.e.s

Publié sur Mediapart

  • 30 AVR. 2020

«Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un grand mouvement populaire», exhorte un large collectif de soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers, invitant tous les «premier·e·s de corvée» à les rejoindre. Elles et ils appellent à faire de «chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste». 

Nous sommes des soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers. Bouleversé·e·s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnelle·s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentielles », aux « premier·e·s de corvée », qui sont exposé·e·s pour faire tourner la machine.

Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en oeuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.

Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur.
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnelle·s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs·euses « essentiel·le·s », aux « premier·e·s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps). Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

Signataires :

L’appel est encore ouvert à signature :

> Pour les individus, signez l’appel ici.

> Pour les collectifs/organisations, signez l’appel ici.

Toulouse : une jeune femme placée en garde à vue pour une banderole sur sa maison (france3-regions)

Publié sur france3-regions

Par Laurence BoffetPublié le 24/04/2020


A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pendant plusieurs heures pour avoir mis une banderole « Macronavirus, à quand la fin ? » sur sa maison. Associations, Ligue des droits de l’homme, partis poilitiques ou syndicats dénoncent ce vendredi une « police politique »

est une manifestation silencieuse qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde. A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat. On lui reproche d’avoir placé sur sa maison une banderole où était écrit « Macronavirus, à quand la fin ? »

Une banderole pour interroger les passants

Avec ses six colocataires, Raphaëlle (prénom d’emprunt) voulait « dénoncer et questionner la population sur la gestion de la crise sanitaire due au Covid-19« . Alors, il y a environ un mois, ils ont affiché une banderole sur le mur extérieur de leur maison, dans le quartier de la Roseraie à Toulouse. « Macronavirus, à quand la fin ? » interroge le drap tendu.
Quelques jours plus tard, une commerçante installée en face de chez eux leur signale avoir été interrogée par la police à leur sujet. Sont-ils des squatteurs ? Des « gilets jaunes » ? A partir de là, ils notent le passage régulier de voitures de police devant chez eux.

Jusqu’au 21 avril 2020, où une patrouille de 5 policiers se présente à leur domicile. « Ils nous ont fait signe de sortir de chez nous et nous ont indiqué que notre banderole constituait une infraction » témoigne Raphaëlle. « Ils nous ont dit que c’était un message offensant envers le chef de l’Etat et nous ont demandé de retirer la banderole, ce qu’on a fait. » Ensuite, poursuit-elle, « les policiers ont exigé que l’un d’entre nous au moins donne son identité, ils ont dit qu’il n’y aurait pas de suite, que c’était simplement la procédure après une intervention policière. J’ai donné la mienne et ils sont repartis. »

Une convocation au commissariat central

Pour revenir le lendemain, avec une capitaine de police. « Là, on a refusé de sortir, alors les policiers sont rentrés dans notre jardin » explique Raphaëlle. La jeune femme se voit alors remettre une convocation pour audition l’après-midi même, au commissariat central. Elle parvient à décaler le rendez-vous au lendemain matin et contacte une avocate.

Lorsqu’elle se présente au commissariat à 11h00, le 23 avril 2020, la jeune femme apprend qu’elle est en garde à vue. « La capitaine m’a directement notifié que j’étais placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat et on m’a immédiatement placée dans une cellule. » Elle y restera 2 heures, avant de voir son avocate et d’être interrogée. « J’ai vraiment été interpellée par les conditions d’hygiène, en pleine crise sanitaire » dit-elle ce vendredi. « Les distances ne sont pas respectées, il n’y a pas de gants, pas de masques, pas de savon, pas de gel hydroalcoolique, une couverture pas nettoyée sur le matelas… »

Raphaëlle est interrogée sur l’affichage, ses opinions politiques, l’identité de ses colocataires. Et on lui signifie qu’eux aussi vont être convoqués. Elle est finalement relâchée. Sa garde à vue aura duré 4 heures. Et aura fait d’elle une citoyenne en colère.

Je suis scandalisée et écoeurée. Je voudrais juste pouvoir exercer mon droit à la liberté d’expression, surtout quand on n’a pas le droit de manifester à cause du confinement. Je suis en colère contre le système.

Une procédure disproportionnée

Pour l’avocate de la jeune femme, Claire Dujardin, « cette garde à vue est totalement disproportionnée. Elle a donné spontanément son identité, s’est présentée spontanément au commisssariat, elle aurait très bien pu être entendue en audition libre. Là, on l’a placée sous la contrainte et elle est restée 4 heures. »

C’est un abus de procédure. On détourne la procédure pour faire du renseignement ». Claire Dujardin

Une action policière disproportionnée et un délit qui n’est pas caractérisé pour l’avocate. « Ce n’est pas un outrage. C’est une banderole à caractère politique sur la façade d’une maison. Ce n’est que de la liberté d’expression, d’autant que la banderole reprend un terme publié en Une de Charlie Hebdo en janvier 2020. L’outrage ce n’est pas ça. On exprime seulement une opinion politique« . Et l’avocate de rappeler qu’en France, il n’existe plus de délit d’offense au chef de l’Etat. Il a en effet été abrogé après plusieurs condamnations de la France, notamment celle de la Cour européenne des droits de l’Homme dans l’affaire de l’affichette « Casse toi pov’con » brandie à l’intention de Nicolas Sarkozy lors d’une visite à Laval en 2008.

Emoi unanime

Ce vendredi, de nombreuses voix s’élèvent à Toulouse pour dénoncer « ces méthodes d’intimidation« . Dans un communiqué commun, la CGT 31, la FSU 31, Solidaires 31, l’Union des Etudiants Toulousains, le CNT 31, Act Up Sud Ouest, ATTAC, Copernic 31, la Ligue de droits de l’homme, le Parti de Gauche 31, Ensemble 31, GDS 31, le NPA 31, LO 31, La France Insoumise 31, le PCF 31et EELV Toulouse dénoncent d’une seule voix « un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature« .

Ils rappellent que le 29 janvier dernier, Charlie hebdo avait fait sa Une avec une caricature d’Emmanuel Macron ayant pour légende « Macronavirus ». Et s’interrogent : « Nous sommes dans cette affaire confrontés à un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature. Et pour faire respecter cela, serions-nous face à la mise en place d’une police politique qui viendra jusque dans nos logements pour nous faire retirer nos panneaux des balcons ? »

Les signataires soulignent que « depuis le début du confinement des milliers de personnes accrochent banderoles et pancartes à leurs fenêtres pour dire ce qu’elles pensent de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. C’est l’un des rares moyens que nous avons pour exprimer nos revendications, le droit de manifestation ayant été suspendu dans le cadre du confinement. »

Nous, organisations progressistes et démocratiques toulousaines, appelons à ce que ces pratiques répressives cessent immédiatement et soient condamnées par le gouvernement ou ses représentants. Le dossier doit être refermé sans aucune poursuite.

Une enquête en cours

Joint par France 3 Occitanie, le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, confirme qu’une enquête a été ouverte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et confiée à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP). « Les investigations vont se poursuivre » avec des auditions et des éléments de police technique indique-t-il, tout en précisant qu’il n’y a « pas de poursuites engagées contre quiconque à ce stade, puisque l’enquête est en cours« .
De son côté, Raphaëlle s’interroge sur tous les moyens mis en oeuvre dans cette affaire. « Mobiliser autant de personnes, plusieurs équipages de police, la capitaine qui se déplace en personne, pour une simple banderole sur une maison, ça paraît fou ! » dit-elle. « J‘aurais pensé qu’on avait plus besoin des policiers ailleurs, surtout en cette période de confinement. »
On peut s’étonner en effet, de ce « déploiement » de forces pour une simple banderole. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, qui réclame régulièrement des moyens policiers supplémentaires pour la ville rose appréciera sans doute…

Le virus, la peur et l’étranger – Communiqué de la LDH-66

Avec la peur liée à l’épidémie revient partout dans le monde, avec force, cette barbarie, le besoin d’un bouc émissaire. Dans nos provinces, c’est le parisien qui est mis à cette place. A Perpignan, c’est le gitan, ce concitoyen présent depuis le XVe siècle, épinglé comme étranger de l’intérieur, qui remplit ce rôle de repoussoir ultime. Pourtant les gitans de Perpignan, malgré les rudes périodes de xénophobie, sont aussi les représentants de la culture catalane, avec une identité propre qu’il serait bon de reconnaître, comme reconnaître que le virus ne choisit pas ses cibles et va là où bon lui semble, allant de préférence dans des quartiers vétustes, là où la promiscuité règne, tels le quartier saint Jacques et certains immeubles du Vernet.

La Ligue des Droits de l’Homme s’élève et proteste vigoureusement contre cette recherche d’un bouc émissaire, celui-ci portant toujours la figure de l’étranger. Elle refuse cette xénophobie ambiante qui ne peut être l’émanation de l’hospitalité catalane. Elle refuse toute forme de discrimination, que nous soyons pauvre, vieux, obèse, femme, étranger, la Ligue des Droits de l’Homme sera toujours présente pour défendre la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, ceci constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Section des Pyrénées Orientales

ldh66@laposte.net

      

Samedi 7 mars : à 16h place de la République à Perpignan – Manifestation pur les Droits des Femmes – Concert au Casal à 18h30

À l’occasion de la journée internationale de lutte des femmes pour leurs droits, le CDF66 organise une série d’animations tout au long de la journée du samedi 7 mars dont voici le programme:
–> À11h, Agora féministe, Place de la République de Perpignan sur le thème “Les femmes et la chose publique”. Débat sur la politique et les problématiques de la ville… d’un point de vue féministe! Les quatre femmes têtes de liste sont invitées, ainsi que des spécialistes sur 4 thèmes: femme et lesbienne, double discrimination; santé; précarité féminine; femme SDF en danger permanent, la place des femmes dans le mouvement des gilets jaunes, urbanisme féministe. Emmenez votre chaise !
–> À 14h: Rifle féministe au Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombreux lots féministes à gagner!!

–> À 16h: Toutes et tous à la Manifestation, place de la République !! Flash mob avec les Femmes en lutte 66

–> À 18h30: Concert au Casal avec les Tata, duo électro-chanson!
https://www.facebook.com/tataduoelectrochanson/

Amb motiu del Dia Internacional dels drets de les Dones, el CDF66 organitza una sèrie d’activitats el dissabte 7 de Març. Veieu aquí el programa:

– A les 11h, Àgora feminista, Plaça de la República de Perpinyà, sota el títol « Les dones i els afers públics ». Debat sobre política i les problemàtiques de la ciutat sota una mirada feminista! Les quatre dones cap de llista estan invitades, així com especialistes en quatre temes: dona lesbiana, doble discriminació; salut; precarietat femenina; dones sense sostre en perill permanet; urbanisme feminista. Emporteu-vos una cadira!!

–> A les 14h: Rifla feminista al Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombrosos lots feministes a guanyar!

–> A les 16h: Anem totes a la Manifestació, Plaça República de Perpinyà!! Flashmob amb Femmes en lutte 66

–> A les 18h30: Apero-concert al Casal amb el grup Les Tata, duo electro-cançó! TaTa – Duo électro-chanson

Organisé par : Collectif Droits des Femmes-66 – c’est un Collectif féministe d’associations : (APEX/ASTI/ATTAC/Femmes Solidaires/LDH/MRAP/MFPF/LGBT/Idemgenre/Jove Moviment feminista), partis (EELV/NPA/PCF/PG) et syndicats (FSU/Solidaires/CFDT/CGT/CNT)

L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »…

Voici un nouvel appel de scientifiques qui dénoncent l’inaction des gouvernements et appellent à la désobéissance civique face à l’urgence climatique. La LDH ne peut que soutenir cet appel. Tous ceux qui nient la réalité du changement climatique et qui mènent une contre-offensive à l’heure actuelle ne devraient pas être dénommés des « climato-sceptiques » mais plutôt des climato-négationnistes. Car les données scientifiques ne sont pas contestables comme le génocide nazi des juifs dans les années 40 du siècle dernier.

Publié sur francetvinfo.fr

Dans une tribune, mille scientifiques appellent à la désobéissance civile face à l’urgence climatique

Dans « Le Monde« , les scientifiques, issus de diverses disciplines, dénoncent l’inaction des gouvernements.

Ils sont océanographes, biologistes, climatologues, sociologues, astrophysiciens, agronomes, économistes, psychologues… Jeudi 20 février, mille scientifiques issues de diverses disciplines ont signé une tribune, publiée dans Le Monde, pour dénoncer « l’inertie » des gouvernements face à l’urgence climatique.

« Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée », écrivent-ils, pointant que « les catastrophes [environnementales] se déroulent sous nos yeux. » Une situation alarmante, d’autant plus que « l’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5 °C est désormais hors d’atteinte, à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. »

Une croissance « en contradiction » avec la lutte contre le changement climatique

« Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse », poursuivent les signataires. Ces objectifs de croissance sont, estiment-ils, en « contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. » Et de dénoncer, « l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. »

Ainsi, les signataires appellent « à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes », citant les Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace, Action non-violente COP21, Extinction Rebellion ou encore Youth for Climate. Et d’inviter « tous les citoyens (…) à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui », de façon à dégager « des marges de manœuvre (…) pour faire sauter les verrous et développer des alternatives. »

Interpellant les dirigeants politiques, la tribune exhorte « l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre. »

Perpignan : mobilisation générale contre le projet de loi « liberticide » sur la sécurité globale

L’ORDL (L’Observatoire départemental pour le Respect des Droits et Libertés) a organisé une conférence de presse suivie d’un rassemblement devant la préfecture de Perpignan le vendredi 27 novembre 2020 dès 11h, où deux barnums étaient dressés. L’Indépendant a couvert la conférence de presse. D’après le quotidien une centaine de personnes était présente. Plusieurs interventions de l’ORDL (regroupant une vingtaine d’organisations, syndicats et partis). La référente locale du Club de la presse ainsi que le syndicat de journalistes SNJ s’associent à l’appel de l’Observatoire à manifester le jeudi 3 décembre à Perpignan.

Publié le 27/11/2020

L’Observatoire départemental pour le respect des droits et libertés, composé d’une vingtaine d’associations, syndicats et partis politiques, appelle à manifester ce jeudi 3 décembre 2020 à Perpignan contre le projet de loi sur la sécurité globale, dont il fustige la « dérive autoritaire ». 

Un avant-goût de la manifestation de jeudi prochain. Ce vendredi 27 novembre, une centaine de personnes se sont réunies devant la préfecture pour protester contre le projet de loi sur la sécurité globale en cours de ratification. « Cette loi, bien loin de protéger, mettra toute la population sous surveillance », résume Anne Gaudron, l’une des porte-parole de l’Observatoire départemental pour le respect des droits et libertés.

Tous concernés

L’article 24 du texte, qui interdit la diffusion d’images permettant d’identifier un policier ou un gendarme en intervention, est celui qui suscite le plus de défiance. « Ce projet vient restreindre notre capacité à exercer nos métiers et à informer nos concitoyens, alerte Maïté Torres, la référente locale du Club de la presse, qui s’associe à l’appel de l’Observatoire, au même titre que le syndicat de journalistes SNJ. Nous sommes tous concernés. La libre circulation de l’information est garante du bon fonctionnement d’une société démocratique. »

Un flicage de la population

Le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, fustige pour sa part « une réforme libérale qui vise à donner plus de pouvoir aux polices municipales et aux sociétés de sécurité privée » doublée d’un « flicage de la population pour l’empêcher de contester ».

Pour toutes ces raisons, l’Observatoire appelle à se rassembler ce jeudi 3 décembre, à 18 heures, sur la place de la Victoire. Afin de s’opposer à un texte que de nombreux militants assimilent à une « dérive autoritaire ».  À noter : un autre appel à la mobilisation contre le projet de loi sur la sécurité globale, notamment relayé par la France insoumise et des groupes de Gilets jaunes, circule pour ce samedi 28 novembre, 11 heures, également au pied du Castillet. 

 Arnaud Andreu

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