Le dernier espoir de la droite : se radicaliser





Celui qui s’est de tout temps prétendu l’héritier du chiraquisme est en train de virer très très à droite. Ses 5 conseillers RN sont-ils contagieux ?

Rappelons que Chirac fut Premier ministre de 1974 à 1976, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, d’un gouvernement fort peu conservateur non seulement sur les questions « sociétales » (IVG, majorité à 18 ans, divorce par consentement mutuel) mais aussi dans sa politique sociale (relèvement des retraites, indemnisation généreuse des chômeurs, etc…)

En septembre 2019, Les Echos faisaient du chiraquisme une vertu.

  •  Après la crise des « gilets jaunes », le chiraquisme a changé de page au dictionnaire des synonymes. Il est plus souvent accolé à « proximité » et « écoute » qu’à « immobilisme ». Les Echos — Quand le chiraquisme devient vertu



Inutile de revenir trop longuement sur le virage à 90 degrés pris depuis peu par François Baroin. Il viserait la présidentielle qu’il ne s’y prendrait pas autrement. La campagne électorale s’annonce déjà particulièrement droitière, voire extrême droitière.

Il n’est pas difficile de s’en convaincre en se rappelant ses arrêtés municipaux récents qui s’en prenaient aux libertés publiques comme individuelles (interdiction du drapeau palestinien sur la voie publique, dans un premier temps, puis sur les seuls bâtiments du domaine public suite à la bronca des syndicats et organisations des forces progressistes troyennes – un référé liberté déposé par la LDH et le MRAP est toujours en cours d’examen), puis le fameux arrêté « couvre-feu » pour les mineurs, cet été, auquel  a mis fin le tribunal administratif en réponse au référé liberté déposé par la LDH.

La démocratie en apnée, la droite radicalisée.

La droite traditionnelle, dite « classique », s’est dangereusement rapprochée de l’extrême droite à l’occasion des élections municipales de mars 2026.



Porosité entre les électorats de droite et d’extrême droite.

Au lendemain des élections municipales, l’état-major du parti Les Républicains (LR) ne s’abaissera certainement pas à remercier le Rassemblement national (RN) ; mais il peut au moins remercier son électorat. C’est sans doute grâce à lui qu’il a obtenu ses plus belles victoires, à Clermont-Ferrand et à Limoges. Dans ces deux grandes villes, comme à Brest (Finistère), le maintien du candidat d’extrême droite au second tour n’a pas empêché la droite de s’imposer face à la gauche dans une triangulaire, en raison d’une désertion des voix du RN entre les deux tours.



Quand l’extrême droite s’invitait sur les listes de droite… et inversement.

La porosité entre LR et le RN s’expose de plus en plus au grand jour. Dans des dizaines de communes, on a constaté de troubles jeux d’appareil…



La droite en quête d’un nouveau souffle.

Dans la capitale, où la gauche plurielle esp[érait] bien reconquérir la mairie, la droite classique [était] en pleine déroute stratégique. Le candidat LR, un ancien ministre controversé, a dû faire face à une fronde interne après avoir laissé entendre qu’une collaboration avec l’extrême droite pourrait être envisagée en cas de score insuffisant. Mais sous la pression de la base militante et des élus locaux, il a finalement jeté l’éponge : « Nous ne pactiserons pas avec les ennemis de la République », a-t-il déclaré lors d’une réunion houleuse en présence de figures du parti.

Cette fermeté, bien que tardive, s’inscri[vai]t dans un contexte où l’électorat parisien se montr[ait] de plus en plus réticent aux compromis. Les sondages récents indiqu[ai]ent un glissement des intentions de vote vers les écologistes et la NUPES, tandis que le RN stagn[ait] autour de 15 %. Une configuration qui pouss[ait] les stratèges de LR à reconsidérer leur doctrine, au risque de perdre une partie de leur base historique.



Les municipales 2026 à peine finies, la droite se projette déjà sur la présidentielle.

Que ce soit dans les discours qui ont suivi les résultats du second tour des municipales ou dans les interviews matinales, la droite tente de tirer les leçons de ces élections pour se projeter sur l’ère post-Macron.

Le patron des LR ne manque pas de rivaux, de Laurent Wauquiez à David Lisnard en passant par Michel Barnier. Xavier Bertrand, aux rêves d’Élysée brisés par la primaire des Républicains en 2021, se verrait bien porter l’étendard de la droite.


Et pourtant, il est loin d’être exclu de voir sortir du chapeau de Retaillau un sixième ou septième lapin… De Cazeneuve à Ciotti, en passant par Dupond-Moretti : tout le monde se lève pour François Baroin.



RD

Les heur(t)s et malheurs des polices municipales




Vidéo. Le RN dans la tourmente après les propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne, membre de son service d’ordre.



Après la révélation par « Midi libre » des images de la caméra-piéton d’un policier municipal de Carcassonne, membre du Rassemblement national et de son service d’ordre, le parti a annoncé son exclusion et le maire sa suspension. Une enquête judiciaire avait été ouverte en début d’année.





UNE IMAGE QUI DIT TOUT

A gauche, César R, le chef de la police municipale RN et chef de la sécurité RN qui n’aime pas les « bougnoules », « bicots », « nègres », « singes », comme il le dit dans un enregistrement.

A droite, le maire (RN) de Carcassonne, son patron, Christophe Barthès (déjà condamné pour harcèlement), celui qui arrose au jet les syndicalistes qui défendent la Bourse du travail.

Au centre, le chef : Jordan Bardella (poursuivi dans plusieurs enquêtes judiciaires).

Dans le fameux enregistrement, on les entend défendre Marcel Bigeard contre les accusations de torture dont ils menacent l’auteur de l’accusation et de rendre visite à leurs copains paras du 3e RPIma, ancien régiment de Bigeard, basé à Carcassonne.

Et puis sur le Linkedin du policier raciste en question, ses idoles : assassins et tortionnaires en Algérie, barbouzes en Afrique, Paul Aussaresses (condamné pour apologie de la torture), Bob Denard (condamné pour coups d’Etats), Pierre Chateau Jobert (condamné à mort par contumace pour avoir été un responsable de l’organisation terroriste OAS), Jean Sassi (condamné à deux ans de prison et rayé des cadres de l’armée), Bob Maloubier (agent secret)….

Le terreau du FN/RN !




En 2019, Louis Alliot, alors député RN des Pyrénées-Orientales déposait à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à étendre les pouvoirs de la police municipale


En 2022, Marine Le Pen Marine souhaitait rendre obligatoire la création de polices municipales dans les villes de plus de 10 000 habitants.



En mars 2026, 62% des policiers municipaux étaient équipés d’une arme à feu.



Cela ne facilite pas pour autant la réforme promise par l’Etat.

Né du feuilleton à rebondissements du « Beauvau des polices municipales », le projet de loi sur l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres connaît un parcours parlementaire tumultueux. Présenté en conseil des ministres le 29 octobre 2025, il a été adopté au Sénat le 10 février 2026. Mais les chances d’un examen à l’Assemblée avant les élections présidentielles s’amoindrissent après le refus du chef du gouvernement de convoquer une session extraordinaire en septembre. 



Il y a pourtant urgence. Les municipalités RN nouvellement élues, suivies par d’autres de la droite traditionnelle, embauchent à tout va des policiers municipaux.



Bien qu’elles peinent à recruter, alors que ce fut l’un des chevaux de bataille du RN lors de la campagne des municipales de 2026. Et les offres d’emploi sont encore pléthoriques.


Pour devenir gardien-brigadier de la police municipale (catégorie C), il faut au minimum le brevet des collèges, un CAP, un BEP ou un diplôme équivalent (niveau 3 ou niveau V). 



Allant jusqu’à utiliser l’argument de l’armement pour attirer les amateurs de sensations fortes.



Alors que d’autres cherchent à les désarmer.




Petite étude des effectifs des polices municipales :

  • Effectifs totaux : La France compte environ 28 000 à 28 500 agents de police municipale.
  • Communes concernées : Environ 4 600 communes sur les 36 000 que compte le pays possèdent une police municipale.
  • Répartition géographique : Le phénomène est très urbain ; l’Île-de-France concentre 17 % des agents et l’arc méditerranéen en regroupe 26 %. 



Les plus grandes polices municipales

Dans ces grandes villes, on observe de fortes disparités.

  • Paris intra muros: Plus de 2 000 agents (créée en 2021) pour 2.05 millions d’habitants  (soit 1/1025)
  • Marseille intra muros: environ 540 à 660 agents pour 895000 habitants (soit 1/1356)
  • Nice intra muros: environ 410 à 450 agents pour 357 737 (soit 1/794)
  • Toulouse intra muros: environ 390 agents pour  514 819 (soit 1/1320)
  • Lyon intra muros : environ 280 à 350 agents pour 527 000 (soit 1/1505)



Exemple local dans des communes périphériques du Grand Troyes

La Police Municipale mutualisée de Rosières, Saint-Julien-les-Villas, Saint-Parres-aux-Tertres, Pont-Sainte-Marie et Bréviandes est composée de 10 agents dont un chef de service, 8 policiers municipaux et une secrétaire.

Le bureau de la police municipale est situé dans les locaux de la mairie de Saint-Julien-les-Villas. 



Rosières-Près-Troyes : nombre d’habitants de la commune : 4414 – Superficie : 6 km2
Nombre d’agents de police municipale : 1

Saint-Julien-Les-Villas : nombre d’habitants de la commune : 6801 – Superficie : 5 km 2
Nombre d’agents de police municipale : 3

Saint-Parres-Aux-Tertres : nombre d’habitants de la commune : 3136 – Superficie : 12 km2
Nombre d’agents de police municipale : 1 + 1 ASVP

Pont-Sainte-Marie : nombre d’habitants de la commune : 5161 – Superficie : 4 km2
Nombre d’agents de police municipale : 2

Bréviandes : nombre d’habitants de la commune :  3 219 – superficie : 6 km2

Nombre d’agents de police municipale : 1



Si on se livre à quelques calculs, on s’aperçoit que la zone couverte par cette police mutualisée concerne 22731 habitants sur 33 km2. Soit 1 policier pour 2841 habitants (on ne compte que 8 policiers, le chef de service et la secrétaire n’étant pas a priori sur le terrain).

La moyenne en France est de 4 à 5 policiers municipaux pour 10000 habitants soit 1 pour 2000 à 2500.

Contrairement à ce qui est annoncé, les effectifs y sont donc un peu plus réduits dans ce secteur de la périphérie troyenne que dans la moyenne des villes françaises.





La police utlise de plus en plus les technologies et tout particulièrement les caméras de surveillance, qui se multiplient à une telle vitesse qu’il est impossible d’en faire le décompte. Estimation 1.5 à 2 millions (publiques et privées dont 850000 professionnelles) pour la France entière.

On note là encore de grosses disparités, Nice battant, là également, des records avec 5000 caméras publiques (soit 1/71 habitants) alors que Paris n’en compte que 4000 à 5000 (1/410 à 512 habitants).

 


Les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale sur leur téléphone professionnel depuis 2022. Relié au TAJ, le fichier d’antécédents judiciaires, l’outil permet d’obtenir des informations personnelles sur 9 millions de personnes grâce à une photo prise sur le vif. Des fonctionnaires ont recours à cette pratique hors de tout cadre légal, en particulier lors de contrôles d’identité, révèle Disclose, témoignages et documents à l’appui. Jusqu’à présent, le ministère de l’Intérieur laisse faire.



Les agents de police municipale ne disposent pas des habilitations judiciaires ni des accès aux fichiers nationaux d’antécédents de la même manière que les forces de la police nationale. Les polices municipales n’ont donc aucun cadre légal pour pratiquer la reconnaissance faciale sur le terrain. Ce qui n’empêche pas l’utilisation parfois excessive par ceux-ci de leurs téléphones professionnels lors des contrôles d’identité.




Au constat du niveau des conversations des policiers municipaux s’étant eux-mêmes piégés par cette vidéo décomplexée mais très compromettante, on imagine que toute cette technologie renforcée par l’intelligence artificielle pourra sans mal relever le degré d’analyse de certains d’entre eux.

Toutefois, celle-ci n’ ayant jusqu’alors pas toujours fait ses preuves en la matière, on peut aussi redouter le pire…

Mais, ce qu’il nous faut craindre le plus, dans l’immédiat, c’est ce racisme qui devient systémique dans la police.


RD

La bête immonde n’est pas morte




Pourquoi la victoire de l’AfD lors des élections en Saxe-Anhalt est un séisme politique en Allemagne.

Le parti d’extrême droite, qui s’est radicalisé ces dernières années, a récolté près de 44% des voix dans le petit Land de l’est de l’Allemagne. De quoi inquiéter les autres formations politiques.



En Saxe-Anhalt, le piège de l’alternative.

44 % des voix pour l’AfD en Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne. Ce séisme électoral raconte plus que la progression de l’extrême droite : immigration, séquelles de la réunification et désir de changement se mêlent dans un Land vieillissant qui doit se transformer à nouveau. Mais vouloir une alternative ne signifie pas qu’on en ait une.



Victoire de l’AFD : quand BFMTV fait mine de s’étonner.

Après des années de dédiabolisation de l’extrême droite en France, les médias s’emparent du « séisme » de la victoire allemande, semblant oublier le principe des conséquences de tout acte.






En France, la Justice républicaine parviendra-t-elle à résister longtemps à la vague ?



Meurtre de Federico Aramburú : deux militants d’ultradroite jugés, quatre ans après la mort de l’ex-rugbyman.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux anciens militants du GUD, sont jugés à partir de lundi. Le premier est poursuivi pour avoir assassiné l’ancien rugbyman Federico Aramburú, le deuxième est jugé pour tentative d’assassinat.



Extrême droite : une violence de plus en plus décomplexée.

Les agressions de la part de groupuscules identitaires et néofascistes augmentent en France. Touchant des militants ou des citoyens ordinaires, elles sont le reflet d’une idéologie radicale et mortifère qui gagne en visibilité. Inquiétant.



A Londres, les déçus du Brexit se tournent vers l’extrême droite.


L’extrême-droite anglaise n’est pas en reste en matière de violence. Les anti-immigration se lâchent sans vergogne et s’en prennent même à la police.

Le RN se surpasse en matière de discrimination




Interdiction du voile : les femmes musulmanes, oubliées du débat.

À l’aune de l’élection présidentielle, le Rassemblement national n’a, une nouvelle fois, pas manqué de reprendre en main le débat public en relançant son obsession : le voile.







On se demande bien où Pierre Brochet a vu que « les meurtres sur fond (soupçonné) de trafic de drogue font désormais régulièrement « la une » à Troyes ».

Cette hypothèse a pu être émise un certain nombre de fois ces dernières années dans la presse que lit Pierre Brochet (on épargnera au lecteur le palmarès de la honte de la presse française) mais pas plus d’une ou deux dans la presse locale. Pierre Brochet prend d’ailleurs la précaution de préciser la mention « (soupçonné) ».

De là à pondre un peu plus de 400 mots pour faire une affaire d’État d’un sordide fait divers, il n’y a qu’un pas pour Pierre Brochet.

Ces quelque 400 mots ne sont hélas pas anodins, car tout y est :  des poncifs discriminatoires, xénophobes, racistes, islamophobes, au mépris et à l’accusation gratuite et totalement infondée des petits commerçants étrangers qui sont parfaitement en règle avec l’administration, paient leurs loyers, leurs charges, leurs impôts, sont particulièrement attentifs aux règles commerciales, d’hygiène, aux normes sanitaires, de  sécurité, d’accessibilité,  de traçabilité, de l’affichage des mentions obligatoires, des horaires d’ouverture, de diffusion musicale et de l’absence de toute nuisance pour le voisinage, du fait des contrôles répétés et poussés dont ils sont régulièrement  l’objet, sur dénonciation calomnieuse, la plupart du temps, et des risques de fermeture immédiate au moindre manquement.

Iraient-ils dans ces conditions fourguer de la drogue, sachant parfaitement que le client potentiel est susceptible d’appartenir aux forces de police ou des douanes grimées en civil ?

Pierre Brochet prend-il un minimum de temps pour réfléchir avant d’énoncer de telles énormités ?

Ce n’est pas ce que dit soupçonner Pierre Brochet qui « détruit aussi le commerce, fausse la concurrence et contribue à l’infiltration des réseaux criminels au cœur de notre ville.»  C’est l’extrême-droite qui est déjà infiltrée dans la ville, celle dont la délinquante favorite, plus seulement soupçonnée mais condamnée deux fois pour détournement de fonds publics, compte faire campagne avec un bracelet électronique à la cheville.

Comment un organe se réclamant de la presse municipale d’information et son directeur de la publication, le maire de Troyes, peuvent-ils accepter de laisser paraître, sous couvert d’expression libre, de telles contrevérités, qui vont conduire les Troyens et les touristes à déserter les rues de la cité pour en faire ce que prisent tout particulièrement les membres des partis d’extrême droite : une ville gentrifiée, sans commerce, sans badaud, sans chaland, sans vie : une ville morte ?

Organisons la peur pour dresser les uns contre les autres. On aura beau jeu, alors, d’instaurer des couvre-feux.

RD

Vers la fin des festivals ?




Le festival d’Uzeste devait se tenir du 17 au 22 août et a été annulé en raison du risque d’incendie. La mairie et les organisateurs travaillent avec d’autres communes pour tenter de déplacer une partie de la programmation.

« Alors que les camarades d’Uzeste Musical préparent depuis des mois une fête de résistance et de solidarité, malgré les nombreuses coupes budgétaires qui ont déjà imposé de nombreuses contraintes, à quelques jours du début de l’hestajada de las arts, la préfecture de Gironde a décidé d’arrêter toute vie sur les 159 communes dites « forestières » (le mot d’ordre du mois d’août : « il faut aller sauver le commerce des plages».

L’arrêté préfectoral a été suivi d’un arrêté municipal, détaillant les mesures qui rendent impossible la tenue de la rencontre. À ce jour, la 49e hestajada de las arts d’Uzeste musical est, de fait, impossible sur la commune d’Uzeste. La seule vie sociale autorisée sur la commune ? Les cérémonies religieuses… Sous la protection de Dieu, vous pouvez venir brûler un cierge dans la collégiale d’Uzeste pour que les foudres de l’enfer arrêtent de s’abattre sur la terre !

L’équipe d’Uzeste Musical travaille jour et nuit à une solution de déplacement vers une commune voisine et voir ce qui peut être sauvé du programme, pour ne pas s’avouer vaincus et parce que la lutte ne fait que commencer. Nous serons là pour les soutenir et improviser avec eux, une nouvelle version de l’hestajada. Si vous aviez prévu de venir, le nouveau programme et lieux de retrouvailles sont à suivre sur uzeste.org

Cette situation met encore à l’épreuve nos capacités d’adaptation, d’imagination et de résistance à ce qui nous tombe dessus subitement, à chaque crise, depuis la pandémie Covid, qui a été le premier grand choc de cette nouvelle ère, faite d’incertitudes et de peurs, où la restriction des libertés est la réponse systématique aux choix politiques antérieurs, dont ceux de ne rien anticiper dans le domaine de la vie humaine ici-bas.

L’état d’urgence est de maintenir ce qui peut l’être. 

Plus que jamais, résister, c’est créer.  

Résister, c’est aussi savoir improviser… »  

Les Mutins de Pangée



Dès la première vague de canicule de juin, Solidays, Chambord Live, Garorock mais aussi des plus petits festivals de musique comme Just for you, dans l’Orne, ou encore Perche en rock ont été annulés pour des raisons climatiques. Le Son continu, qui devait se tenir du 10 au 14 juillet au château d’Ars, à Lourouer-Saint-Laurent (Indre), et le concert de clôture du festival de Chambord de musique classique ont subi le même sort. Un coup dur pour les organisateurs, les artistes, les techniciens, les prestataires, les bénévoles tout comme pour les festivaliers privés de ces rendez-vous.



Le phénomène est mondial. On annonçait la couleur dès janvier de cette année.



L’IA et les plateformes de streaming jouent un rôle considérable dans les modications du paysage musical et ça n’est pas le retour en force nostalgique des CD, lecteurs MP3, vinyles et supports non numériques qui vont enrayer cette véritable mutation technologique de l’industrie musicale. Toutefois, ceci n’explique pas tout.



En février 2026, des annulations étaient déjà annoncées en France alors que rien ne laissait encore présager ces canicules à répétition que connaît la France depuis juin, avec leurs conséquences. On s’attendait alors à un été très chaud, comme tous ceux à venir mais pas à un tel emballement du climat et pourtant, les annonces de reports à l’année suivante ou d’annulation pure et simple pour des raisons essentiellement financières ou de mise à disposition d’emplacements adéquats, faute de soutien des collectivités, se multipliaient.



Si le changement climatique était déjà largement en marche, au cours de la décennie précédente, ça n’est pas pour ces seules raisons que l’hécatombe était déjà engagée.

Plus d’une centaine de festivals ont été supprimés ou annulés en France en 2015, conséquence principalement des baisses de subventions à la culture, cible privilégiée des mesures d’austérité. Mais certains festivals, notamment dans le milieu des musiques électroniques, ont été annulés par décision purement arbitraire de la part d’élus qui voient les cultures alternatives d’un mauvais œil.


Cette année-là, à Troyes, l’association Aube Musiques Actuelles célébrait son 20ème anniversaire par 2 ultimes concerts avant de rendre les armes, faute de moyens humains et surtout financiers. Les amateurs de jazz et de musiques improvisées en sont encore terriblement désappointés.

En 2020, ce fut la pandémie qui justifia l’annulation de tous les festivals estivaux.


En juin 2025, Sigma Mag, magazine dédié à l’évènementiel dans les secteurs des jeux et des technologies, écrivait :

Le secteur événementiel en crise ? Plus de 40 festivals déjà annulés cette année.

La scène musicale internationale est sous pression :
44 festivals de musique ont déjà été annulés cette année. Les raisons sont principalement liées aux difficultés financières face la hausse des coûts de production, l’inflation des cachets d’artistes et un marché de plus en plus saturé.

C’est en effet le terrible constat que présente Music Festival Wizard dans son dernier rapport, mis à jour quotidiennement.

Dans son communiqué, MFW partage également les déclarations d’annulation officielles des organisateur.ices, dans lesquels on retrouve toujours un point commun : des ventes de billets imprévisibles, une concurrence plus rude et pour beaucoup, l’incapacité à surmonter les défis auxquels sont confrontés les festivals indépendants.

Parmi ces 44 festival annulés, on retrouve I Love Techno en France, Balaton Sound en Hongrie, Full Force en Allemagne, Sundown festival et MADE festival en Angleterre, Sudoeste au Portugal ou encore ION Festival en Albanie.

Aujourd’hui, on incrimine la canicule, et on en arrive à se demander si celle-ci ne serait pas en fait une véritable aubaine pour les subventionneurs traditionnels, ou leurs successeurs, pour attribuer ces fonds à d’autres priorités plus matérielles ou plus populistes (caméras de surveillance, police municipale, spectacles plus consensuels…) en vue d’attirer des voix à leur parti dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.



Il y a effectivement de quoi s’inquiéter.

Face au risque d’annulation de festivals en raison de la canicule, « notre syndicat a alerté le ministère de la Culture », déclare le directeur des Eurockéennes de Belfort.

Invité de France Inter, Jean-Paul Roland dit redouter « l’automatisation des annulations » « par principe de précaution » et les conséquences sur les politiques d’assurance.


A plus forte raison quand les annulations interviennent dans les jours qui précèdent l’événement.


Et en particulier quand elles ne sont pas vraiment justifiées ou quand les organisateurs proposaient un protocole de sécurité renforcé en consentant à un raccourcissement de l’événement, comme à Uzeste, précisément, où le festival aura finalement lieu dans deux communes proches…

On met en cause le climat du point de vue météorologique, mais il faut également regarder du côté du climat politique.

Des bars aux petites salles de concert, les acteurs des musiques actuelles alertent sur les difficultés croissantes pour maintenir une scène culturelle vivante au centre-ville de Toulouse. Entre contraintes acoustiques, normes de sécurité, plaintes de riverains et pression administrative, plusieurs lieux emblématiques ont dû réduire leurs activités ou renoncer à certains événements.


Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de l’hexagone, les rave parties, à quoi l’on prête toutes les mauvaises intentions du monde, ne recueillent pas l’unanimité dans les campagnes, c’est le moins que l’on puisse dire.


Free parties, protoxyde d’azote, permis de conduire: le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la loi Ripost.


Depuis les dernières élections municipales, les décisions polémiques des nouvelles mairies Rassemblement national se multiplient. En deux mois, les nouveaux maires RN ont ciblé les drapeaux européens, les syndicats et la culture, notamment dans le sud de la France.



Salles de cinéma sans chauffage, retrait d’œuvres artistiques qui dérangent, suppression ou baisses de subventions aux associations culturelles, aux radios locales, aux MJC, suppression d’accréditations, annulations pures de festivals, d’événements et de spectacles ou réduction de leur durée, fermetures de lieux d’échanges et de rencontres culturelles, interventions dans les programmations d’actions culturelles et l’affichage relatifs à celles-ci, mise en place de « romans locaux » réécrivant l’histoire, promotions d’événements religieux, augmentation des tarifs des programmations culturelles, arrêt de projets éducatifs et culturels, évictions d’associations lors d’événements culturels, accueil de concerts d’artistes multi condamnés ou mis en examen, dotations de bibliothèques et médiathèques diminuées, déprogrammations de spectacles, opposition de « culture populaire » et « culture de gauche élitiste », convocations de gérants de cinéma diffusant des films « trop politiques », arrêt des travaux de reconstruction de salles de spectacles en rénovation pour mises aux normes ou incendiées…



Il faut dire que la culture n’est pas la priorité du RN.



C’est plutôt son problème.



RD

Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes




Environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta en 24 heures.

Pour la seule journée de jeudi, environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta, selon les autorités de l’enclave espagnole, soit « 70% de la population locale ». Du jamais vu. Dans le même temps, au moins 43 personnes sont mortes en tentant d’entrer sur ce petit bout de terre espagnol. Le Premier ministre espagnol était attendu sur place dans la journée.



Plus de 37 500 personnes sont déjà rentrées au Maroc, selon le gouvernement espagnol.

Selon le président de Ceuta, plus de 60 000 personnes avaient franchi la frontière entre l’enclave espagnole et le Maroc en quelques heures. Au moins 34 personnes sont mortes en tentant de rejoindre le territoire de 80 000 habitants.




L’émigration marocaine n’est pas un phénomène nouveau.

Sur 32 millions de Marocains, 10 % vivent aujourd’hui à l’étranger. Le taux d’émigration annuel est d’environ 3,77 pour mille habitants.

85 % des Marocains qui résident à l’étranger habitent en Europe (chiffres variables selon les sources) : 1,2 million en France, 550 000 en Espagne, 380 000 en Italie, 280 000 aux Pays-Bas, 130 000 en Allemagne. Loin derrière, avec 9 %, viennent les pays du Golfe Persique, dont les forts besoins en main-d’œuvre drainent des travailleurs de tout le monde arabe, puis le continent américain, avec 6 %.

L’émigration permet également de soulager une économie encore assez fortement affectée par le chômage et le sous-emploi (9 %, mais plus de 20 % chez les jeunes de 15-24 ans). Toutefois, elle prélève également du capital humain de plus en plus qualifié. Dans les années 1960, les émigrants marocains diplômés du supérieur représentaient 1 % des départs ; dans les années 1990, c’était presque 16 %.

Enfin, les migrations marocaines ne sont pas équivalentes dans l’espace. La région du Rif, au nord du pays, a fourni près du tiers de l’ensemble des émigrés. On estime que 40 % de la population rifaine a quitté le pays pour l’Europe, surtout septentrionale (de la Belgique aux pays scandinaves).




Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’externalisation de la gestion des frontières.



Ceuta : plus de 37 500 migrants déjà rentrés au Maroc, l’UE ne constate pas de flux de migrants «vers le continent européen».

Alors que des dizaines de milliers de ressortissants marocains traversent depuis plusieurs jours la frontière qui mène à l’enclave espagnole, dans le nord du Maroc, ils sont presque 40 000 à avoir déjà fait le chemin en sens inverse. Il s’agit de l’arrivée de migrants la plus importante depuis 2021.



Cela devrait contribuer à calmer un peu les ardeurs xénophobes des extrêmes droites européennes.

Marine Le Pen, Jordan Bardella et Éric Zemmour se sont empressés de parler d’« invasion », de « tsunami » ou de « submersion sans remède » dans les médias. Bruno Retailleau a enchaîné en incriminant la responsabilité du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. De son côté, Giorgia Meloni et d’autres leaders nationalistes européens exigent l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen. Le ministère de l’Intérieur français a annoncé avoir « donné des instructions pour renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole ».

La haine qui leur ferme les yeux les empêche de percevoir l’urgence humanitaire qui découle de cet événement et la nécessité d’une aide solidaire et coordonnée au niveau européen, plutôt que cet éternel repli nationaliste. Elles et eux ne parviennent pas à se défaire de l’instrumentalisation des souffrances et des amalgames xénophobes visant à exploiter les flux migratoires à des fins bassement électorales.

Plus de 30 000 décès ou disparitions ont été recensés en Méditerranée depuis 2014 par le projet Migrants disparus de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre ne cesse de croître.

Démocratie, que ne ferait-on pas en ton nom ?




Présidentielle 2027 : le RN sans solution de prêt, le gouvernement et les banques planchent sur le financement de la campagne.

Soucieux d’éviter tout recours à des solutions de financement venues de l’étranger, Matignon veut encourager un secteur bancaire frileux face aux risques représentés par des prêts de plusieurs millions d’euros.



Outre une pétition adressée à Roland Lescure (Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique), à Monsieur le Gouverneur de la Banque de France , Les dirigeants des principaux établissements bancaires français (BNP Paribas, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel, Crédit Agricole et La Banque Postale), les messages de soutien se multiplient, y compris de la part de banquiers qui n’ont vraiment peur de rien…

Financement de la présidentielle : le patron du Crédit Mutuel juge problématiques les refus de prêts au RN

Le débat sur le financement de la prochaine élection présidentielle s’est invité au cœur de la campagne, après la prise de position du président du Crédit Mutuel, Daniel Baal, sur les difficultés rencontrées par le Rassemblement national pour obtenir un prêt bancaire.



De leur côté, les réseaux sociaux trouvent là une belle occasion de rappeler certaines réalités.



RD

Colonies, Auberges de jeunesse… Est-ce la fin des vacances populaires ?




Colos, villages vacances, Auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?



Les congés payés


Elles ne se seraient pas développées autant sans les congés payés, conquête sociale majeure obtenue sous le gouvernement du Front populaire.



Les jolies colonies de vacances


« Il s’agissait de prendre dans les écoles primaires […] un certain nombre d’enfants pauvres, choisis parmi les plus malingres et les plus souffreteux, et les emmener pendant les vacances loin de Paris, en montagne ou en forêt, pour y faire une cure d’air. » Edmond Cottinet, journaliste, 1885

Au début, les colos, ce n’était pas vraiment dans du dur, mais à la dure, dans des hébergements sans confort. Avec le temps, le concept a évolué et gagné en popularité. En 1912, plus de 80 000 enfants français sont partis en colo. 


Hélas, elles n’ont plus vraiment la cote, prises entre 2 feux, celui de leurs coûts et la question réactivée récemment des violences sexuelles faites aux enfants dont Darmanin voudrait bien se défausser sur la magistrature. Hors, on sait que, si des cas ont bien été signalés dans le cadre de collectivités, la majorité d’entre elles sont perpétrées dans l’entourage direct des enfants.

On annonce leur fin, constatant que de nombreuses associations de colonies de vacances et d’éducation populaire ferment leurs portes en raison de difficultés financières croissantes, exacerbées par la réduction des financements publics et l’inflation.


On trouve pourtant des offres très alléchantes pour des colonies dans des contrées lointaines (Tokyo, Osaka, Los Angeles, Louisiane, New-York, Norvège…)


Mais on peut se permettre de  douter que celles-ci soient accessibles aux enfants de familles aux revenus moyens et à plus forte raison modestes.

Les séjours abordables (cela reste encore à prouver) ne durent que quelques jours ou au maximum une petite semaine et souvent hors saison estivale. Les aides de la CAF sont plafonnées en fonction du quotient familial à 500 ou 700 €, qui ne couvrent pas toujours les frais du séjour.




Les Auberges de jeunesse



En 1936 arrive la victoire du Front populaire et ainsi commence l’âge d’or des Auberges de jeunesse. Sous l’impulsion de Léo Lagrange, alors Ministre des sports et des loisirs, tout est mis en œuvre pour que les congés payés deviennent une réalité dans la vie des Français (développement des Auberges et campements, billets de train à prix réduits, subventions etc…). 

En 1956, la FUAJ, Fédération Unie des Auberges de Jeunesse est créée, issue du rassemblement de toutes les associations françaises animant et gérant des Auberges de jeunesse.

Les années quatre-vingt seront synonymes de renouvellement et d’adaptation à un environnement économique de plus en plus difficile. Edith Arnoult-Brill, élue Secrétaire Générale de la FUAJ en 1988 a pour mission de moderniser le mouvement, en s’adaptant aux nouvelles réalités sociales. La FUAJ reste impliquée dans la politique de soutien aux jeunes demandeurs d’emploi, elle poursuit sa « diversification » au travers d’évènements internationaux comme les Chantiers-Rencontres internationales, elle crée sa carte famille etc.

Les années deux mille seront guidées par une réforme de la gouvernance de la FUAJ dont l’objectif opérationnel est bien de permettre l’épanouissement personnel de chacun lors de son séjour en Auberge de jeunesse « gérer l’idéal et l’économie ».


Fragilisée depuis la crise sanitaire, la Fédération unie des Auberges de jeunesse (FUAJ) a été placée en redressement judiciaire en 2025 et a été reprise en 2026 par l’Office national des Auberges de jeunesse (ONAJ). L’essentiel du réseau et des emplois ont été préservés.


Le secteur multiplie les tentatives pour réhabiliter les Auberges de jeunesse.


Pour résister à la vogue très lucrative des hostels, les auberges de jeunesse se modernisent en recentrant leur projet associatif sur l’accueil de tous et l’ouverture à l’autre.





L’ Auberge de jeunesse de Rosières-près-Troyes



Créée le 1er janvier 1938, elle est le siège social de l’association ASS DEPT DES AUBERGES DE JEUNESSE et son unique établissement.

Elle fait partie du secteur de l’économie sociale et solidaire.

Malgré les turbulences connues par le secteur de Auberges de jeunesse, elle continue d’être le lieu d’accueil que recommandent les voyageurs du monde entier, qui découvrent et apprécient ce lieu lors de leur passage dans l’Aube. Ils se refilent le tuyau sur les réseaux sociaux et dans les guides pour globe-trotters.

Elle fêtera ses 90 ans l’année prochaine.



L’ouverture à tous, la diversification des activités et le besoin de rentabilité connaissent déjà leurs limites.



Tout récemment, nous avons été alertés après coup pour la tenue d’une réunion du RN à l’Auberge de jeunesse de Rosières le 10 juillet dernier. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur un tel mélange des genres et sur la pertinence d’une telle réunion politique au sein d’un espace réservé à l’hébergement de loisir dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

Le RN n’a effectivement pas sa place dans ce lieu qui accueille dans un esprit universaliste et sans distinction les personnes de tous âges, de toutes cultures, de toutes origines et de tous horizons ; ceux qui voyagent pour la première fois, ceux pour qui voyager n’a plus de secrets, les voyageurs solitaires, les groupes d’amoureux des voyages, etc.

Le RN développe des théories et des propos racistes, xénophobes, homophobes, haineux à l’égard des étrangers et de toute personne différente et s’inscrit totalement en faux avec les valeurs universalistes et tolérantes des Auberges de jeunesse. Le RN ne voyage pas. Il prône l’immobilisme et reste englué dans ses discours d’un autre temps dans un monde qui connut sa gloire au cours des plus sombres années du XXème siècle.

Renseignements pris, nous avons été informés du fait que la direction reconnaît avoir commis une erreur et qu’elle regrette profondément de n’avoir pas appréhendé l’incompatibilité manifeste entre les valeurs de son établissement et celles de ces hôtes occasionnels. Elle reçoit par ailleurs au même titre syndicats et organisations populaires, ce qui semble ne pas plaire à certains élus municipaux troyens, qui menaceraient de saisir le Conseil départemental…

Nous considérons pour notre part cette affaire comme une provocation, de la part de ce parti politique aux relents néonazis, envers les forces et organisations progressistes qui partagent les valeurs des Auberges de jeunesse.

Nous appelons les responsables de ces établissements à la plus grande vigilance face à ces incursions détestables de l’extrême droite qui cherche à propager la haine partout où elle passe.

Les Auberges de jeunesse doivent demeurer les havres de paix, de bien-être, de tolérance, d’ouverture et du vivre ensemble qu’elles ont toujours été. Et nous sommes déterminés à les défendre.


RD

L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État est toujours une bascule




La démocratie, les droits et l’État de droit sont confrontés en France à une menace existentielle, celle de la bascule vers le fascisme-illibéralisme qui a infailliblement lieu lorsque les extrêmes droites arrivent au pouvoir d’État.

Des pays considérés comme démocratiques ont connu cette bascule systémique : Hongrie, Pologne, Italie, États-Unis.

Avec des différences propres à chaque pays, l’offensive des extrêmes droites se déploie selon trois dimensions essentielles – sociétale, idéologique et politique. Elle remet partout en cause la légitimité de la démocratie et de l’État de droit et l’universalité des droits.

Les histoires d’amour avec l’extrême droite finissent mal, en général

Berlin 1945



La jeunesse française serait de plus en plus encline à estimer qu’un pouvoir politique autoritaire serait souhaitable. Seul un jeune sur deux préfère sans réserve la démocratie aux autres systèmes politiques.

Quatre d’entre eux ont confié leurs motivations dans une enquête intitulée « Il nous faudrait un Poutine » : ces jeunes Français qui rêvent d’un pouvoir autoritaire.



Cette jeunesse semble ignorer que l’histoire, qu’ils connaissent trop mal, est têtue.

Quand les Allemands ont confié leur sort au nazisme et à Hitler, son leader, le 30 janvier 1933, ils ignoraient que, 12 ans et 3 mois plus tard, celui-ci se donnerait la mort avec sa compagne Eva Braun, qu’il venait d’épouser pour l’occasion.

Deux jours plus tôt, Intercepté le 26 avril par des partisans communistes près du village de Dongo (Italie), Mussolini était jugé et exécuté le 28 avril en compagnie de sa maîtresse Clara Petacci. 

Au procès de Nuremberg, Intenté par les forces alliées contre vingt-quatre hauts responsables nazis qui s’est tenu du 20 novembre 1945 au 1er octobre, douze des accusés, dont Hermann Göring, Wilhelm Keitel, Joachim von Ribbentrop et Ernst Kaltenbrunner, furent condamnés à mort. Les autres furent condamnés à des peines de prison allant de dix ans à la perpétuité.

On ne compte plus les dictateurs dont le sort ne fut pas plus enviable : Staline, Mao, Ceausescu, Saddam Hussein, Kadhafi ainsi que d’autres moins connus : Trujillo, Diem, Papa Doc et Baby Doc, Tito, Marcos, Stroessner… Bachar al-Assad, le “Boucher de Damas“ s’est réfugié à Moscou.



L’agonie mise en scène de Franco se voulut le feuilleton christique d’un Caudillo faisant don de sa personne à l’Espagne mais ne fut pas pour autant très ragoûtante, quoique largement saluée par ses victimes et leurs descendants.

Peu de dictateurs sont morts dans leur lit et la liste interminable de ceux-ci et de leur fin souvent tragique ou pour le moins mouvementée devrait être davantage enseignée dans les écoles.



On entend aujourd’hui toutes sortes de commentaires sur la paranoïa de Poutine qui ne daterait pas d’hier mais qui se sentirait suffisamment en danger pour avoir renforcé les protocoles de sécurité autour de sa personne.

Trump, qui joue son fier-à-bras, n’a-t-il pas déjà été victime de 5 tentatives d’assassinat en 10 ans ? Mais est-il le symptôme d’une époque violente ou en est-il aussi l’une des causes ?

Et qu’en est-il du sort des populations durant ces périodes funestes et celles qui s’ensuivent ? Combien de victimes ?  Quel prix doivent-elles payer pour retrouver un niveau de vie correct et pendant combien d’années vont-elles devoir endurer les conséquences de la folie des tyrans et despotes qu’elles ont portés au pouvoir ?

Malgré le vernis de ses candidats, de plus en plus craquelé cependant, l’extrême droite ne cache plus son projet : remise en cause de la démocratie et des droits fondamentaux, imposition de sa vision autoritaire de notre société. De plus en plus décomplexée, elle confirme chaque jour ses idées traditionnalistes et réactionnaires, son antiparlementarisme, son racisme, son islamophobie, son antisémitisme, son nationalisme son homophobie et son sexisme.

Avant même les élections municipales de 2026, on connaissait le bilan de la gestion des municipalités par l’extrême droite.

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Et pourtant, celle-ci ne cesse de progresser, multipliant par 3 le nombre de ses édiles en France et mettant en application ses sinistres promesses phares: le maire de Liévin supprime l’hommage du 1er Mai aux victimes de la catastrophe minière de 1974 ; à Carpentras, lors des commémorations du 8 Mai 1945, c’est l’hymne pétainiste « Maréchal nous voilà » qui résonne dans la ville ; la subvention au Planning familial est supprimée ; à La Flèche, le maire décroche le drapeau européen de la mairie ; à Vierzon, la municipalité annule la commémoration de l’abolition de l’esclavage du 10 mai ; à Carcassonne, le maire s’empresse de supprimer le drapeau européen, prendre un arrêté anti-mendicité, supprimer la subvention et le local de la LDH, couper le budget publicité et communication municipale dédié à trois journaux de presse locale accusés de « salir la ville et de manquer de neutralité » ; à Sainte-Savine, le chef de file de l’opposition RN au conseil municipal remet en cause les subventions à deux associations parce qu’elles « combattent les idées de certains d’entre eux » : la LDH pour son positionnement politique et ses appels à manifester contre le parti de Marine le Pen ainsi que le tiers lieu associatif Aux Adelphes qui « fait la promotion (sic) sur ses réseaux sociaux de la Palestine » et « organise dans ses locaux des réunions non mixtes, interdites aux hommes. » (Libération-Champagne jeudi 23 avril 2026)

Plus cette évolution ira en s’amplifiant, plus la France s’enfoncera dans une dérive mortifère que je ne veux vraiment pas pour mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Jeunesse, ressaisis-toi avant qu’il ne soit trop tard !

RD

Que se passe-t-il quand l’extrême droite s’empare de la culture



« Débat pluraliste » entre extrême droite et droite extrême

Nicolas Dupont-Aignan, Boualem Sansal, Éric Naulleau, Rachel Khan, Gilbert Collard… Voici quelques-unes des têtes d’affiche de la troisième édition du « Printemps de la liberté d’expression », une série de conférences et de séances de dédicaces organisées par la ville de Perpignan au Palais des congrès qui s’est achevée ce dimanche 31 mai.



Propagande, mensonge et désinformation

La présence de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de RT France, sur les antennes de CNews interroge sur la diffusion de narratifs liés au Kremlin et sur les responsabilités des médias face à la désinformation.



Intimidation idéologique et asphyxie économique

D’un côté, on dresse des listes noires. De l’autre, on coupe les budgets. Entre intimidation idéologique et asphyxie économique, la culture devient un terrain d’affrontement politique. Ce que l’extrême droite attaque aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des artistes ou des institutions. C’est la possibilité même d’un imaginaire libre.



Dérives dans le cinéma, l’audiovisuel, le secteur du livre

Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe Canal+, a montré sa capacité de nuisance dans le secteur de l’édition. Alors qu’il est à la tête d’une chaîne du livre qui va des éditeurs aux distributeurs et aux points de vente, il a mis en coupe réglée des maisons d’édition autrefois réputées pour le sérieux et la diversité de leurs publications.



Censure

La projection de deux films vient d’être annulée par le maire de Gouzon (Limousin). Il assume son choix, estimant que la soirée était trop militante. Il s’agissait de documentaires réalisés par l’association Carduelis sur la présence du loup et la gestion forestière. Carduelis dénonce une censure.




On battra l’extrême droite par un projet

Il faut bien sûr contredire chaque pièce de l’argumentaire néfaste, mais il convient avant tout de déconstruire le récit global, celui qui nourrit les imaginaires et qui, in fine, oriente les choix des individus. Et cette déconstruction sera d’autant plus efficace qu’elle s’appuiera sur une construction franchement alternative, sur un récit aussi cohérent qui met au centre, non pas le repli sur soi mais l’émancipation. En bref, une manière innovante et radicalement progressiste de remédier à la peur et au déclin, aux difficultés de la vie et au besoin d’avenir.


Samuel Paty au Panthéon ? Débat.

Par Nicole François et Rémy Dufaut





Au moment où le livre « Le cours de Monsieur Paty » de Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, et le film « L’abandon » de Vincent Garenq, présenté au festival de Cannes, ravivent le sort tragique de ce professeur assassiné en octobre 2020, deux positionnements s’opposent au sujet de son éventuelle panthéonisation.

D’une part, un comité, composé d’enseignants, d’universitaires, d’historiens, de journalistes, de personnalités politiques, et de membres de sa famille, a lancé une requête pour demander l’entrée au Panthéon de Samuel Paty. Projet qui a l’appui du « Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République », et de l’ »Association des professeurs d’Histoire-Géographie-EMC ».

L’argumentation : « Panthéoniser Samuel Paty serait bien plus qu’un hommage à un homme. Ce serait reconnaître le courage discret des professeurs qui, chaque jour et sans protection, font tenir la promesse républicaine dont la laïcité est l’un des ciments ».

Adressée au Président de la République, cette demande vise à honorer celui que Robert Badinter avait qualifié, au lendemain de l’assassinat, de « héros de la laïcité ».

Un héros du quotidien, un héros discret de la nation.

Un héros ordinaire, un héros malgré lui.

Victime de la barbarie, Samuel Paty a exercé au péril de sa vie. Malgré les menaces, il a choisi de défendre et d’expliquer à de jeunes élèves le droit à la critique et à la liberté d’expression. Former à l’esprit critique, c’est une des missions du programme d’enseignement moral et civique.

L’entrée de Samuel Paty au Panthéon serait une manière pour l’État français d’affirmer son attachement à la liberté d’expression et à la laïcité.

Une entrée non pas à cause de ce qu’il a subi, mais à cause des valeurs qu’il incarnait et qu’il avait à cœur de transmettre.

Un geste fort pour rappeler à ceux qui sont encore tentés de dire « il n’aurait pas dû » que le blasphème n’existe pas en France, pays laïque (la loi concernant le délit de blasphème a été abolie en 1791) et pour répéter aussi, inlassablement, pas seulement aux jeunes, que dans l’école de la République, c’est la loi de la République qui s’applique, et non pas celle d’une religion quelle qu’elle soit, principe essentiel de la laïcité !



Le livre de Mickaëlle Paty (programme détaillé jour par jour)


 

« Il faut réfléchir à la question », a prudemment répondu Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale.

Certains espèrent, le cas échéant, que la panthéonisation de Samuel Paty se tienne dans l’établissement où il enseignait, le collège du Bois-d’Aulne rebaptisé « collège Samuel-Paty ». « Car il a beau avoir été un homme comme un autre, c’est bien d’un professeur qu’il s’agit et, à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. » 


D’autres historiens et professeurs d’histoire en désaccord avec ce projet estiment qu’il faudrait, dans ce cas, proposer la même chose pour les professeurs Agnès Lasalle et Dominique Bernard, assassinés eux aussi lors de leur mission d’enseignement, même si les circonstances sont différentes. Ils éprouvent un certain malaise face à « l’héroïsation » et préféreraient une prise de distance avec l’émotion suscitée par l’assassinat de leur collègue, en octobre 2020.



Plutôt que de faire du Panthéon un lieu d’hommage à Samuel Paty, ils attendent plutôt un signal clair de la République quant à la place d’une profession « de plus en plus maltraitée » par l’institution scolaire, notamment à travers les atteintes à la liberté pédagogique.


La pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et ouverte le 21 mai 2026 comptait alors 28 signatures (plus de 59000 à ce jour), avec un seuil de 100 000 signatures requis pour être mise en ligne sur le site de l’Assemblée. Mais elle est pour eux porteuse d’ambiguïté, lui reprochant notamment de « faire remonter dans la liste des signataires de la pétition des noms qui ne se sont jamais illustrés dans la défense d’une école émancipatrice ni même plus banalement des libertés publiques (Chevènement, E. Badinter, E. Philippe, A. Genetet, toute une brochette de « Sages » de la laïcité, etc). »


Ils font remarquer le risque de récupération politique de l’image de Samuel Paty par l’extrême droite notamment. Idée mise en avant par l’autre sœur de Samuel Paty, Gaëlle Paty, libraire à Marciac, qui refuse de vendre le livre « Le cours de Monsieur Paty » et est résolument contre la médiatisation de cet évènement si douloureux.

Rétention administrative: une dérive carcérale




Après des débats mouvementés, les députés ont adopté, mardi 5 mai, un texte visant à allonger la rétention administrative d’étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux de 3 à 7 mois. Cette mesure, au parcours législatif cahoteux après une censure du Conseil constitutionnel l’été dernier, était défendue de longue date par la droite.

Cette proposition de loi, dite loi « Philippine »,  du nom de cette étudiante assassinée en septembre 2024 par un ressortissant marocain sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), libéré quelques jours avant d’un centre de rétention administratif (CRA), doit encore être examinée par le Sénat à partir du 20 mai. Connaissant la composition de celui-ci, il y a fort à parier qu’elle ne sera pas remise en cause.



Depuis plusieurs mois, les professionnels du droit des étrangers observent un affaiblissement inquiétant du contrôle judiciaire sur les placements et maintiens en centre de rétention administrative. Le SAF rappelle avec force que la rétention administrative n’est pas une peine : elle n’est légale que si l’éloignement est réellement possible. À défaut, la privation de liberté devient illégale.



Le « règlement retour » (que nous avons déjà évoqué dans ces colonnes) prévoit des « hubs de retour » : bien que le texte soit vague à ce sujet, on peut imaginer des centres de rétention à grande échelle, installés hors du territoire de l’Union Européenne, dans des pays tiers avec lesquels les personnes concernées pourraient n’avoir aucun lien.

L’une des mesures centrales de l’accord franco-britannique, signé en avril sans aucune consultation démocratique, est la création d’un centre de rétention administrative et d’expulsion à Dunkerque, dont la cible est explicitement nommée – dix nationalités parmi lesquelles, des Afghans, des Syriens, des Soudanais, des Érythréens. C’est-à-dire des personnes qui fuient des guerres, des dictatures, des persécutions – et qui ont, dans leur immense majorité, le droit à la protection internationale.




Toutefois, les mobilisations citoyennes prouvent leur utilité pour dénoncer les OQTF, assignations à résidence et enfermements en CRA qui frappent les plus fragiles.



C’est pourquoi nous devons faire tout le bruit possible autour de ce projet de loi scélérate qui fait de la rétention un outil de mise à l’écart de celles et ceux que l’administration désigne comme indésirables, faisant le jeu de la droite extrême et de l’extrême droite.





RD

Quelques nouvelles variées (mais non exhaustives) des extrêmes droites



PARIS

La manifestation d’extrême droite du Comité du 9-mai interdite à Paris, le groupuscule dépose un recours.

Le Comité du 9-Mai, groupe d’extrême droite radicale, entend organiser un défilé à Paris ce week-end, en hommage notamment à Quentin Deranque. La Préfecture de Police l’a interdit mais le tribunal administratif pourrait bien l’autoriser comme en 2025.



MOULINS

150 personnes se sont réunies devant le tribunal judiciaire de Moulins, cet après-midi, pour soutenir le journal L’Humanité poursuivi pour diffamation par Guillaume Senet, le fondateur de Murmures de la cité. Fabien Gay, le directeur du quotidien communiste, a transformé ce rassemblement en tribune politique.



CAEN

Après les débordements lors du banquet du Canon français, le 18 avril, la ville de Caen voit l’extrême droite tisser sa toile dans une terre jusqu’ici épargnée par la vague brune. Malgré des résultats électoraux mineurs, la xénophobie et la violence progressent, alertent des militants de gauche et des habitants.


QUIMPER

Banquets du « Canon français » : la maire de Quimper ciblée par « des messages haineux et violents » après avoir suspendu l’événement.



TOULOUSE

« Passe-plats de l’extrême droite » : la polémique du Canon français enflamme Toulouse.



ANGERS

Une quarantaine de personnes se sont réunies devant le palais de justice d’Angers, mercredi 6 mai 2026 en milieu de journée, pour soutenir Jean-Eudes Gannat, élu d’extrême droite et militant identitaire. Le jeune homme est jugé pour des propos tenus à Segré, et sur les réseaux sociaux , à l’encontre d’Afghans, qualifiés de « cousins des Talibans ». Il est poursuivi pour provocation à la haine et injure en raison de l’origine.



CARCASSONNE

Vive la Carcassonne libre !

À Carcassonne, 300 personnes ont défilé, mercredi 29 avril, pour protester contre les attaques en tous genres du nouveau maire RN, Christophe Barthès. La foule avait été conviée par les organisations de jeunesse. Dans la préfecture de l’Aude, l’édile s’en prend à tous les contre-pouvoirs. Les associations humanistes comme la Ligue des droits de l’Homme ? Arrêt des subventions. Les locaux mis à disposition pour les syndicats et les associations ? Fermés à double tour. Tant pis pour les salarié·es qui ont besoin de conseils ou de formations. Christophe Barthès va même jusqu’à infiltrer des groupes de discussions de lycéens pour les convaincre de ne pas se mobiliser. Peine perdue, cheh !



NICE

Les deux jeunes militants d’extrême droite interpellés pour violences en marge d’un rassemblement antifasciste à Nice finalement jugés en juillet.

Les deux jeunes suspectés d’appartenir à « Aquila popularis » et d’avoir notamment commis des violences en marge d’un rassemblement contre le racisme organisé, place Saint-François à Nice, seront jugés le mercredi 3 juillet.



ESPAGNE

Dans les régions, l’extrême droite impose la « priorité nationale » sur les aides sociales.

L’idée de réserver certains services et prestations sociales aux personnes de nationalité espagnole s’invite dans les accords régionaux en Espagne, portée par le parti d’extrême droite Vox et acceptée par les conservateurs du Parti populaire.



ROUMANIE

L’alliance opportuniste des socialistes avec l’extrême droite.

Le Parlement roumain a voté la censure du gouvernement à la faveur d’une alliance des sociaux-démocrates avec l’extrême droite. Les deux camps voulaient faire chuter le premier ministre pro-européen, Ilie Bolojan, qu’ils accusent d’avoir plongé le pays dans la pauvreté par une politique d’austérité. Cette alliance de circonstance soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir européen de la Roumanie.



SUEDE

En Suède, la droite précipite la normalisation de l’extrême droite.

A l’approche des élections législatives du 13 septembre, les conservateurs, les Libéraux et les Chrétiens-démocrates ont fait savoir qu’ils étaient prêts à gouverner avec les Démocrates de Suède, qui leur ont permis de revenir au pouvoir en 2022.



ROYAUME-UNI

Déroute annoncée pour les travaillistes, l’extrême droite favorite… Les enjeux des élections locales au Royaume-Uni, qui font trembler Keir Starmer.

Selon certaines prévisions, le Labour risque de perdre jeudi environ 1 850 des quelque 2 550 sièges qu’il défend. De son côté, le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage veut confirmer sa montée en puissance à travers tout le pays.



INDE

L’extrême droite progresse et les communistes perdent le Kerala.

Ce 4 mai, l’extrême droite de Narendra Modi a conquis le Bengale-Occidental, une première depuis l’indépendance. L’État du Kérala, dirigé par les communistes, passe aux mains du Congrès, et le Tamil Nadu sera dirigé par une formation populiste. Le point sur ces élections dont on ne parle que trop peu avec Axel Nodinot, journaliste à la rubrique monde, et Théo Bourrieau.



JAPON

Près de Tokyo, un projet de mosquée instrumentalisé par l’extrême droite.

L’initiative, destinée à offrir un lieu de culte à la communauté musulmane locale, est la cible d’une campagne de dénigrement et de fausses informations. Dans la presse japonaise, des voix s’élèvent pour appeler au dialogue avec les immigrés de confession musulmane.



AMERIQUE LATINE

Comment l’Amérique latine est devenue une terre d’élection pour l’extrême droite.

Du Honduras au Chili, une dizaine de pays ont placé à leur tête des dirigeants liés à la droite radicale. Ils s’inspirent notamment du président salvadorien, Nayib Bukele, qui a éradiqué les gangs au prix de graves atteintes à l’Etat de droit.



« La lutte active contre l’extrême droite ne la renforce pas, la passivité oui. » (Azzedine Hajji)

RD

Le vengeance (minable) de Sarkozy




Pourquoi Nicolas Sarkozy se rapproche-t-il de Jordan Bardella ?


Vidéo « Il faut qu’il arrive au pouvoir », a osé Nicolas Sarkozy à l’égard de Jordan Bardella alors qu’en 2016, il érigeait « une barrière infranchissable » entre Les Républicains et le Front national. ⁠
La journaliste du Nouvel Obs, Camille Vigogne Le Coat décrypte les raisons de ce basculement qui permet à l’ex-président de continuer à exister politiquement et de nourrir un récit médiatique construit avec son clan.



Le Nouvel Obs a publié une série d’articles intitulée « Les Sarkozy : la dérive d’un clan »

Le premier épisode intitulé Bolloré, Carla Bruni et… Dieu : comment Nicolas Sarkozy et son clan mènent la guerre médiatique depuis sa sortie de prison, évoque son séjour en prison et ses multiples condamnations pour « financement illégal de campagne électorale », « corruption active » ou « trafic d’influence » auraient dû lui ôter tout crédit médiatique. Mais l’ex-président de la République, entouré de sa famille et de quelques fidèles, a construit un récit alternatif.

Le deuxième, Nicolas Sarkozy, l’ex-président-prisonnier qui rumine sa vengeance contre les juges et les traîtres, rappelle que Nicolas Sarkozy n’a jamais porté la magistrature dans son cœur. Mais depuis sa condamnation et son séjour à la prison de la Santé, il s’estime victime d’une véritable cabale de la part de l’institution judiciaire, au point de se comparer au… comte de Monte-Cristo.

Le troisième, « Il faut qu’il arrive au pouvoir » : comment Nicolas Sarkozy est tombé dans les bras de Jordan Bardella, explique, sans équivoque, qu’animé par un esprit de revanche à l’encontre d’Emmanuel Macron et déterminé à continuer d’exister politiquement, l’ex-président a choisi de servir de marchepied à l’extrême droite.



Les petits déjeuners





1er juillet 2025: un tête à tête Sarkozy-Bardella, qui agite le landerneau politique


C’est une rencontre qui agite le milieu politique cette semaine. L’ancien président Nicolas Sarkozy a reçu le chef du Rassemblement National, Jordan Bardella mardi matin dans son bureau parisien. Selon l’entourage de l’ancien chef de l’État, ce rendez-vous d’une heure a été « très cordial ».



Juin 2025: Jordan Bardella se dit « choqué » par le retrait de la Légion d’honneur de l’ex-président


Soutien surprenant•« J’ai le sentiment qu’il y a une volonté d’humilier Nicolas Sarkozy », a regretté le dirigeant du RN sur RTL, ce lundi, après le retrait de la Légion d’honneur à Nicolas Sarkozy en raison de sa condamnation pour corruption dans l’affaire des écoutes.



19 février 2026: l’histoire d’un déjeuner secret





10 décembre 2025, pour Sarkozy : « Bardella, c’est le Chirac des années RPR ! »

L’ancien détenu de la prison de la Santé compare Jordan Bardella « au RPR au temps de Chirac », estimant que « son discours n’est pas très différent du nôtre à l’époque ». Au contraire de l »‘aile » portée par Marine Le Pen et « son projet économique plus proche de celui de LFI que LR ».



11 décembre 2025: Sarkozy, Bardella : le livre peut payer deux fois

Il s’est beaucoup dit que Jordan Bardella voyait des patrons à la pelle ; dans la promotion de son livre, il rencontre la France profonde de la base RN. Avec quel effet sur les idées ?



14 décembre 2025: Sarkozy, Bardella : le temps des tempêtes pour Les Républicains


Déjà affaiblis par la guerre entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, Les Républicains voient Nicolas Sarkozy les inciter à se tourner vers le RN, alors que croît la tentation de l’union des droites.



Le fiston n’échappe pas à la malédiction


« Le parachuté a atterri et il ne va pas redécoller » : bien décidé à rester à Menton, Louis Sarkozy envoie un message à ses détracteurs



 C’est la députée RN Alexandra Masson qui l’a emporté avec 49,58 % des voix. 


L’extrême droite a confirmé son avance du premier tour ce dimanche 22 mars 2026. La cité du citron aura désormais une maire RN, Alexandra Masson.

 


Les affaires




Pour mémoire, l’ancien président Nicolas Sarkozy fait l’objet de trois affaires pénales. Deux d’entre elles ont donné lieu à des condamnations définitives : l’affaire dite des écoutes téléphoniques pour laquelle la Chambre criminelle a rendu un arrêt de rejet le 18 décembre 2024, et celle des dépenses excessives de campagnes en 2012 révélées par l’affaire Bygmalion. Dans ce dossier, les investigations avaient permis de révéler l’existence d’un système de fausses factures et conventions liant l’UMP, devenue Les Républicains, et l’agence de communication Bygmalion, chargée d’organiser les nombreux meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Cette manœuvre visait à masquer l’explosion des dépenses de campagne, qui ont atteint près de 43 millions d’euros, pour un maximum autorisé de 22,5 millions. Il a été condamné le 14 février 2024 par la cour d’appel de Paris à un an d’emprisonnement dont six mois ferme pour le financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012. Cette condamnation est devenue définitive le 26 novembre avec le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation le 26 novembre 2025.

La troisième, l’affaire Sarkozy-Kadhafi (ou affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007) est toujours en cours. Il est condamné en première instance en septembre 2025 à 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. Il est écroué le 21 octobre 2025 à la prison de la Santé, puis libéré sous contrôle judiciaire le 10 novembre 2025, dans l’attente de son procès en appel. Un peu moins de six mois après sa lourde condamnation, l’ancien chef de l’État est rejugé à partir du 16 mars 2026 par la cour d’appel de Paris, avec neuf autres personnes, au cours d’un procès prévu jusqu’au 3 juin. Le jugement est attendu le 30 novembre, a indiqué à l’AFP une source ayant connaissance du calendrier.



« Chaque déni est une gifle, chaque mensonge est une chute » : au procès en appel de Nicolas Sarkozy, la réplique des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA face aux prévenus




Des proches des personnes tuées dans l’avion qui a explosé en vol en septembre 1989 au-dessus du Niger ont témoigné mercredi devant la cour d’appel de Paris.


RD