Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes




Environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta en 24 heures.

Pour la seule journée de jeudi, environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta, selon les autorités de l’enclave espagnole, soit « 70% de la population locale ». Du jamais vu. Dans le même temps, au moins 43 personnes sont mortes en tentant d’entrer sur ce petit bout de terre espagnol. Le Premier ministre espagnol était attendu sur place dans la journée.



Plus de 37 500 personnes sont déjà rentrées au Maroc, selon le gouvernement espagnol.

Selon le président de Ceuta, plus de 60 000 personnes avaient franchi la frontière entre l’enclave espagnole et le Maroc en quelques heures. Au moins 34 personnes sont mortes en tentant de rejoindre le territoire de 80 000 habitants.




L’émigration marocaine n’est pas un phénomène nouveau.

Sur 32 millions de Marocains, 10 % vivent aujourd’hui à l’étranger. Le taux d’émigration annuel est d’environ 3,77 pour mille habitants.

85 % des Marocains qui résident à l’étranger habitent en Europe (chiffres variables selon les sources) : 1,2 million en France, 550 000 en Espagne, 380 000 en Italie, 280 000 aux Pays-Bas, 130 000 en Allemagne. Loin derrière, avec 9 %, viennent les pays du Golfe Persique, dont les forts besoins en main-d’œuvre drainent des travailleurs de tout le monde arabe, puis le continent américain, avec 6 %.

L’émigration permet également de soulager une économie encore assez fortement affectée par le chômage et le sous-emploi (9 %, mais plus de 20 % chez les jeunes de 15-24 ans). Toutefois, elle prélève également du capital humain de plus en plus qualifié. Dans les années 1960, les émigrants marocains diplômés du supérieur représentaient 1 % des départs ; dans les années 1990, c’était presque 16 %.

Enfin, les migrations marocaines ne sont pas équivalentes dans l’espace. La région du Rif, au nord du pays, a fourni près du tiers de l’ensemble des émigrés. On estime que 40 % de la population rifaine a quitté le pays pour l’Europe, surtout septentrionale (de la Belgique aux pays scandinaves).




Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’externalisation de la gestion des frontières.



Ceuta : plus de 37 500 migrants déjà rentrés au Maroc, l’UE ne constate pas de flux de migrants «vers le continent européen».

Alors que des dizaines de milliers de ressortissants marocains traversent depuis plusieurs jours la frontière qui mène à l’enclave espagnole, dans le nord du Maroc, ils sont presque 40 000 à avoir déjà fait le chemin en sens inverse. Il s’agit de l’arrivée de migrants la plus importante depuis 2021.



Cela devrait contribuer à calmer un peu les ardeurs xénophobes des extrêmes droites européennes.

Marine Le Pen, Jordan Bardella et Éric Zemmour se sont empressés de parler d’« invasion », de « tsunami » ou de « submersion sans remède » dans les médias. Bruno Retailleau a enchaîné en incriminant la responsabilité du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. De son côté, Giorgia Meloni et d’autres leaders nationalistes européens exigent l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen. Le ministère de l’Intérieur français a annoncé avoir « donné des instructions pour renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole ».

La haine qui leur ferme les yeux les empêche de percevoir l’urgence humanitaire qui découle de cet événement et la nécessité d’une aide solidaire et coordonnée au niveau européen, plutôt que cet éternel repli nationaliste. Elles et eux ne parviennent pas à se défaire de l’instrumentalisation des souffrances et des amalgames xénophobes visant à exploiter les flux migratoires à des fins bassement électorales.

Plus de 30 000 décès ou disparitions ont été recensés en Méditerranée depuis 2014 par le projet Migrants disparus de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre ne cesse de croître.

Maroc. Quand la Génération Z se soulève



Depuis le samedi 27 septembre, la vie du royaume est rythmée par les manifestations quotidiennes du mouvement GenZ 212. Lancée par des jeunes autonomes refusant toute affiliation politique ou syndicale, la contestation innove et mobilise. Mais elle doit aussi faire face aux limites de son manque de structuration, tandis que les élites au pouvoir semblent attendre le discours du roi prévu pour le 10 octobre.



L’enseignement supérieur se met en grève et rejoint le mouvement de contestation des jeunes de la GenZ 212


Le Syndicat national de l’enseignement supérieur au Maroc démarre une grève de 48 heures et rejoint le grand mouvement de protestation porté par les jeunes de la GenZ 212. Le corps professoral dénonce notamment le passage en force d’une réforme qui mettrait fin à la gratuité de l’université.



Au Maroc, la jeunesse se tue à réclamer un avenir


Le génération Z manifeste depuis un mois pour dénoncer la corruption des élites et les inégalités. Trois manifestants ont trouvé la mort dans des affrontements avec les forces de l’ordre.

Lybie, Maroc, aides humanitaires

En Lybie : «L’assistance humanitaire n’est jamais suffisante dans des désastres pareils»



L’urgence humanitaire en Libye, une semaine après les inondations catastrophiques qui ont frappé l’est du pays, en particulier la ville de Derna… Quelle est la situation sur place, de quoi souffrent les survivants, les sinistrés ? Entretien avec Elie Abou Aoun, directeur Libye de l’ONG International Rescue Committee (IRC).

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Séisme au Maroc, un bilan de la géopolitique des aides [carte exclusive]

Catastrophes en série

Maroc: le difficile accès à Moulay Brahim, dans les montagnes, les zones les plus touchées



Au Maroc, le dernier bilan officiel, toujours provisoire, du séisme qui a ravagé, le soir du vendredi 8 septembre, le sud du pays, fait état d’au moins 2 122 morts et d’au moins 2 421 personnes blessées. Le cabinet royal a décrété, samedi, trois jours de deuil national. L’épicentre a été enregistré dans la province d’Al-Haouz, à une cinquantaine de kilomètres de Marrakech. Reportage à Moulay Brahim.

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Inondations en Libye : la Croix-Rouge compte 10.000 disparus et s’attend à un nombre « énorme » de morts



Les pluies torrentielles et les inondations en Libye ont fait un nombre « énorme » de morts, a indiqué mardi un responsable de la Croix-Rouge, évoquant 10.000 disparus. D’après le gouvernement de Tripoli, il y a déjà au moins 2.300 morts.

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Séisme au Maroc : le Secours populaire nous explique pourquoi l’aide humanitaire tarde à arriver



Plusieurs associations s’impatientent de pouvoir venir en aide au Maroc. Ismaïl Hassouneh, secrétaire national du Secours populaire, répond à nos questions.

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Séisme au Maroc : « Face à la catastrophe, l’inaction et le silence de Mohammed VI »

Canaries : une cinquantaine de jeunes « entre 15 et 37 ans » partis du Maroc sont portés disparus


Depuis presque quinze jours, une cinquantaine de jeunes marocains sont portés disparus. Ils avaient embarqué sur un canot en direction des Canaries depuis la région d’Agadir. Selon deux parents de disparus, tous ces exilés avaient « entre 15 et 37 ans ». Cet événement intervient alors que des ONG dénoncent l’inertie des autorités marocaines et espagnoles dans un autre naufrage, survenu mercredi.

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Nouveau drame en Tunisie : plusieurs naufrages au large de Sfax

Maroc: le calvaire des migrants subsahariens refoulés à Casablanca


Le Maroc, pays frontalier de l’Espagne, est l’une des grandes routes empreintées par les migrants subsahariens pour rejoindre l’Europe. Depuis quelques années les points de tensions migratoires se situent en Méditerranée, au niveau des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, mais après le réchauffement des relations bilatérales entre l’Espagne et le royaume chérifien, les migrants sont refoulés à l’intérieur des terres et vers les grandes villes. À Casablanca, ils sont plusieurs milliers à être à la rue et à dormir à même le sol. 

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Maroc: un rapport critique la condamnation de migrants après les événements de Melilla

Le 24 juin 2022, des dizaines de migrants ont tenté de traverser la frontière entre le Maroc et l’Espagne au niveau de l’enclave de Melilla. Au moins 23 d’entre eux ont perdu la vie. AP – Javier Bernardo


À Nador, dans le nord du Maroc, l’Association marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) indique avoir été empêchée par les autorités d’organiser une manifestation de soutien aux migrants au lendemain de la publication d’un rapport dénonçant les condamnations « sévères » et sans preuves « convaincantes » de plusieurs migrants suite aux événements de Melilla le 24 juin.

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CARNAGE DE MELILLA : LES AUTORITÉS NIENT LEURS RESPONSABILITÉS DANS CE DRAME

Des policiers anti-émeutes bouclent la zone après l’arrivée de personnes migrantes et réfugiées sur le sol espagnol et le franchissement des clôtures séparant l’enclave espagnole de Melilla du Maroc à Melilla, en Espagne, le 24 juin 2022 © Javier Bernardo/AP/Alamy


Six mois après la mort de 37 personnes et la disparition de 77 autres, à la frontière de l’enclave espagnole de Melilla, les autorités espagnoles et marocaines réfutent toute responsabilité dans ce carnage. La lenteur et les carences de l’enquête sentent la dissimulation. Retour sur ce tragique événement.

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Pour l’extradition de Sébastien Raoult vers la France

Maroc : le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU demande la libération immédiate de Souleiman Raissouni

RSF


Le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire demande au gouvernement marocain de libérer “immédiatement” le journaliste Souleiman Raissouni, injustement incarcéré depuis deux ans et demi. Pointant des atteintes graves à ses droits humains, il considère que la détention du journaliste marocain, condamné à cinq ans de prison en février dernier, est arbitraire.

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Belgique: faut-il interdire ou encadrer les courses-poursuites par la police? La Ligue des droits humains réclame un débat.


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Gangs et pouvoir en Haïti, histoire d’une liaison dangereuse

Maroc : mort d’une Africaine touchée par un tir de la police alors qu’elle montait dans un canot vers les Canaries

Arrestations de migrants à Laayoune, au Maroc. Crédit : compte Facebook de l’AMDH


Selon l’ONG Caminando Fronteras, une femme subsaharienne a été tuée dans la nuit de dimanche à lundi dans le sud du Maroc après avoir été touchée par un tir de la police. Elle faisait partie d’un groupe de 35 personnes qui s’apprêtaient à prendre la mer pour rejoindre l’archipel espagnol des Canaries.

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Maroc : une blogueuse condamnée à deux ans de prison pour offense à l’islam


Un Coran calligraphié sur parchemin du 9ème siècle, dans la bibliothèque Quaraouiyine de Fez. La tradition raconte que cette bibliothèque a été fondée par la fille d’un riche marchand tunisien établi à Fez, Fatima Al Fihrya, au 9ème siècle. La Quaraouiyine est considérée comme une des plus anciennes universités au monde encore en exercice par l’UNESCO.
© AP Photo/Samia Errazouki


Une blogueuse marocaine a été condamnée le 15 août à deux ans de prison ferme pour « atteinte à la religion musulmane ». Elle aurait commenté sur un ton satirique, en langue arabe sur sa page Facebook, des versets du Coran et des hadiths du prophète Mahomet. Son frère, Bouazza Karim, dénonce un « verdict très sévère. »

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Éducation des jeunes filles, accès à la santé ou encore violences sexuelles, Bilan Media, un nouveau canal d’information pour sensibiliser à des sujets encore peu médiatisés.

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COMMENT LES TALIBANS S’ATTAQUENT AUX DROITS DES FEMMES EN AFGHANISTAN

Drame de Melilla : 33 migrants condamnés à de la prison ferme pour « entrée illégale » au Maroc

Des migrants après leur arrivée à Melilla, le 24 juin 2022. Crédit : DR


Le tribunal de Nador a condamné, mardi, 33 migrants africains à 11 mois de prison ferme chacun pour « entrée illégale » au Maroc à la suite de la tentative d’entrée dans l’enclave espagnole de Melilla fin juin. Au moins 23 personnes sont mortes lors cet événement.

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« Malgré tous mes efforts, je suis toujours un migrant » : les sans-papiers, angle mort de la politique marocaine

Une vue de la ville de Tanger au Maroc. Crédit : DR


Il y a près de dix ans, le Maroc lançait sa Stratégie nationale d’immigration et d’asile. Le texte, inédit, garantissait des droits supplémentaires aux migrants en situation régulière et aux réfugiés. Il avait par ailleurs été suivi de deux vagues de régularisation des sans-papiers. Depuis, si la situation des exilés en règle s’est quelque peu améliorée, les migrants sans-papiers, eux, sont totalement laissés de côté par les autorités.

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Maroc : Souleiman Raissouni, le courage face à l’acharnement


Le journaliste marocain en détention depuis deux ans, et en attente d’une réponse sur son pourvoi en cassation, a été transféré vers une autre prison. Un transfert surprise, durant lequel ses documents et livres ont été déchirés, et après lequel il a été placé à l’isolement. RSF dénonce des méthodes qui consistent une nouvelle fois à violer les droits d’un journaliste en détention. 

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