Lundi 16 janvier, quatre mois se seront écoulés depuis la mort de Mahsa Amini, décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs. Son décès a plongé le pays dans une révolte sans précédent. Les femmes ont brûlé leur voile et les manifestations se sont multipliées à travers le pays. Inflexibles, les autorités iraniennes répondent par une répression féroce.
Quartier commercial du nord de Téhéran, en Iran, le lundi 14 novembre 2022. AP – Vahid Salemi
Après avoir exécuté ces derniers jours quatre personnes accusées d’avoir participé aux manifestations, la justice a annoncé un net durcissement sur l’obligation du port du voile.
En Iran, la justice a confirmé la condamnation à mort de deux jeunes hommes de 18 et 19 ans, selon une ONG. Leur infraction commune ? La haine contre Dieu.
Des habitants se rassemblent pour rendre hommage à Mohammad Moradi, qui s’est suicidé en se jetant dans le Rhône pour sensibiliser à la situation du peuple iranien, à Lyon, le 27 décembre 2022. JEFF PACHOUD / AFP
L’homme, âgé de 38 ans comme il se présente dans sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux, n’a pas pu être réanimé malgré l’intervention des pompiers, qui l’ont ramené sur la berge.
Elle est Leïla dans Leïla et ses frères, Rana dans Le Client. L’actrice Taraneh Alidoosti a été arrêtée le 17 décembre 2022 pour son soutien à la contestation qui gronde en Iran depuis plusieurs mois. Aujourd’hui, les appels fusent pour que soit libérée cette militante des droits des femmes.
En Iran, les opposants au régime ont compté dimanche 11 décembre plus de 485 victimes du régime depuis le décès de Mahsa Amini, il y a près de trois mois, et plus de 18 000 manifestants arrêtés. La moitié en seraient kurdes. Ceux-ci font parfois le choix de l’exil, notamment en Irak, où la frontière est ouverte pour fuir cette répression. Rencontre avec deux réfugiés iraniens dans la ville de Souleymane, à 40 kilomètres de la frontière iranienne.
L’agence de l’autorité judiciaire du pays, Mizan News Agency, a annoncé l’exécution lundi de Majidreza Rahnavard. Celle-ci a eu lieu en public à Machhad, dans le nord-est du pays.
Une femme passe devant une peinture murale dans la capitale iranienne, Téhéran, le 11 octobre 2022 (photo d’illustration). AFP – ATTA KENARE
La justice iranienne a annoncé, jeudi 8 décembre, une nouvelle exécution, près de trois mois après le début du mouvement de contestation contre le pouvoir.
La junte militaire en Birmanie a condamné à mort au moins sept étudiants, portant à 139 le nombre de prisonniers attendant leur exécution dans le pays, selon les Nations Unies. Ces condamnations ont été prononcées mercredi 30 novembre à huis clos par un tribunal militaire contre au moins sept étudiants de sexe masculin, a déclaré dans un communiqué le haut-commissaire de de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. L’AFP a tenté, sans succès, de joindre un porte-parole de la junte depuis l’extérieur de la Birmanie pour confirmer cette information. L’ONU dit également enquêter sur des informations faisant état de quatre autres condamnations à mort de jeunes militants jeudi. Selon un groupe de surveillance local, près de 2.280 civils ont été tués et 11.637 sont toujours détenus dans le cadre de la campagne menée par la junte militaire pour éradiquer toute dissidence.
Source RFI
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La peine de mort comme outil de répression était déjà une réalité en Iran avant le début des manifestations, mais le nombre de personnes risquant cette condamnation se multiplie. C’est en tout cas ce que dénonce aussi bien le rapporteur spécial des Nations Unies en Iran que plusieurs ONG qui travaillent sur le pays.
Maria Kolesnikova lors de son procès à Minsk en Biélorussie, le 4 août 2021. AP – Ramil Nasibulin
Maria Kolesnikova, emprisonnée depuis 2020, est en soins intensifs à l’hôpital après avoir été placée à l’isolement la semaine dernière, selon sa famille et ses soutiens. Le régime d’Alexandre Loukachenko garde le plus grand flou sur l’état de santé de l’opposante, condamnée l’an dernier à onze ans de prison.
Les militants Saïd Salhi, Aïssa Rahmoune ont fui en Belgique et en France pour échapper à l’emprisonnement en Algérie. DR
La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme est la principale ONG de défense des droits humains en Algérie. Soutien du mouvement du Hirak, elle doit subir la répression du régime. Deux de ses vice-présidents et un ancien président ont dû prendre le chemin de l’exil pour éviter l’enfermement par le régime. Réfugiés en France et en Belgique, Saïd Salhi et Aïssa Rahmoune entendent continuer la lutte depuis l’étranger pour la défense des droits humains en Algérie. Paroles d’exilés.
Au cri de «Femme, vie, liberté», slogan de la révolution iranienne, et à 200 mètres de l’Assemblée nationale, une trentaine de militants ont orchestré une «mise en scène macabre» de la répression, qui a déjà fait plus de 320 morts, tout en dénonçant l’inaction des Occidentaux.
De la peinture rouge sang étalée sur la paume des mains, projetée en éclaboussures sur les tee-shirts affichant le nom des anonymes disparus ou enfermés, tracée en lettres capitales sur des pancartes brandies à bout de bras : «viols, tortures, peine de mort, tirs à balles réelles contre des manifestants, arrestations arbitraires, absence de justice : réagissez». Le long de l’esplanade des Invalides, ce mardi à Paris, une trentaine d’activistes – dont une majorité de femmes – ont mis en scène les exactions imputées au régime iranien.
Alors que résonne le slogan phare de la contestation – «Femme, vie, liberté» –, une femme s’allonge sur le sol, dans une incarnation des manifestants tués en pleine rue, avec des armes de guerre.
Manifestation à Téhéran, capitale de l’Iran, le 1er octobre. AP
Ce mercredi 26 octobre marque le quarantième jour suivant le décès de la jeune Iranienne Mahsa Amini, morte alors qu’elle était détenue par la police des mœurs. Une date hautement symbolique qui marque traditionnellement la fin du deuil dans ce pays, et qui pourrait donner un nouvel élan à la mobilisation.
Depuis 1922, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) est engagée dans la défense des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, et l’ONG s’investit sur le continent africain depuis 44 ans. Au Tchad, par exemple, elle a appelé à l’arrêt immédiat « de la répression systématique des manifestations contre la prolongation de la période de transition ». Entretien avec la directrice générale, Éléonore Morel.