Au moment de leur fuite d’Ukraine, les réfugiés africains avaient aussi connu pour certains des difficultés aux frontières. AP/ Bernat Armangue (27 février).
Des refus de protection temporaire, voire des obligations à quitter le territoire français : des non-Ukrainiens se voient confronter aux difficultés administratives en France après avoir fui le pays en guerre. Des associations contestent ces décisions.
Depuis un peu moins d’un mois, 80 personnes environ se sont installées dans ce camp informel situé au bord du périphérique parisien, porte de Pantin. Crédit : InfoMigrants
Moins d’un mois après l’évacuation du « camp du Cheval noir », Shafiq, Talib Hussain, Reda et Douaa, sont revenus dormir non loin de la porte de Pantin, dans le nord-est parisien. Aucun d’eux n’a été pris en charge, ni relogés lors de la « mise à l’abri » des autorités. Ils vivent à nouveau dans des tentes, sur un terrain qui n’est doté d’aucun équipements sanitaires. Comme environ 80 autres personnes, ils tentent de survivre dans cet énième camp informel aux portes de la capitale.
Le centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye, dans le sud-ouest de la France, a une capacité totale de 30 places. Crédit : Capture d’écran/Youtube
Allongement des périodes de rétention, protocoles sanitaires très limités et vétusté des structures : les conditions de vie des exilés dans les différents centres de rétention administrative (CRA) français sont toujours aussi déplorables, d’après le dernier rapport de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGPL). L’autorité indépendante a effectué deux à trois visites par centre, tout au long de l’année 2021.
Des migrants escortés par la Border Force britannique dans le port de Douvres après avoir traversé la Manche, le 1er mai 2022. Crédit : Reuters
Les associations britanniques s’alarment de plusieurs tentatives de suicide chez des migrants qui pourraient être envoyés au Rwanda pour le traitement de leur demande d’asile. Londres et Kigali ont en effet signé le mois dernier un accord prévoyant d’externaliser l’asile sur le continent africain. Un premier vol est prévu le 14 juin, selon le Home Office. Les associations britanniques multiplient les recours en justice pour annuler ces expulsions.
Ahmed Qatib dit travailler au noir dans des champs, dans la région de San Remo. Crédit : DR
Ahmed Qatib, un migrant marocain de 33 ans, se trouve bloqué en Italie depuis quatre mois. La frontière avec la France est infranchissable. À court d’option, il dort à la rue dans la région frontalière de Vintimille et travaille au noir pour des exploitants agricoles qui le paient une misère. Témoignage.
Une partie de leur futur se trouvait en Ukraine. Mais depuis le début de la guerre lancé par Vladimir Poutine, leur avenir est en suspend en Europe. Certains étudiants d’origine africaine qui ont fui les affrontements attendent toujours de recevoir un statut de réfugié. C’est notamment le cas en Hongrie.
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Le camp de Nea Kavala, au nord de la Grèce, en octobre 2021. Crédit : InfoMigrants
À Nea Kavala, rien ne change. Depuis plusieurs mois, de nombreux migrants de ce campement grec, non loin de la frontière macédonienne, n’ont plus accès à la nourriture. C’est le cas de Marie, une mère de famille congolaise et de son fils de 7 ans. Elle et son enfant ont été exclus du dispositif alimentaire. Témoignage.
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Les personnes analphabètes sont souvent étrangères et précaires. Donc souvent confrontées à l’administration : demandes de minimas sociaux, logements, titres de séjour, maladies… À Saint-Denis, des écrivains publics bénévoles leur viennent en aide.
Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, continue d’intensifier ses activités en Pologne afin de fournir une aide aux réfugiés d’Ukraine qui se sont installés dans le pays.
L’association Utopia 56 a installé, samedi 28 mai 2022, un campement de mineurs place de la Bastille, à Paris, pour alerter sur le manque de prise en charge de ces jeunes en recours. Crédit : Utopia 56
Un campement de mineurs isolés a vu le jour, samedi, place de la Bastille, à Paris. L’association Utopia 56, à l’origine de l’événement, entend alerter sur la situation des jeunes non reconnus mineurs et qui, dans l’attente du résultat de leur recours en justice, sont sans solution d’hébergement.
Narcisse et ses compagnons d’infortune à la frontière entre la Turquie et la Bulgarie. Crédit : DR
Narcisse Nganchop veut que son témoignage « arrive aux instances européennes » pour que les actes dont il a été témoin ne restent pas impunis. L’ancien leader du mouvement « Tout sauf Paul Biya », du nom du président camerounais, réside désormais en Turquie où il espère une réinstallation dans un pays tiers. Las d’attendre, l’homme de 38 ans a tenté d’entrer en Union européenne via la Bulgarie. Il raconte qu’à son arrivée dans le pays avec six autres personnes, les garde-frontières bulgares ont violé les trois femmes du groupe sous leurs yeux, avant de les renvoyer en Turquie. Témoignage.
Un camp de fortune de migrants à Pantin (Seine-Saint-Denis), le 20 avril 2022. (BERTRAND GUAY / AFP)
Les signataires interpellent les futurs députés et demandent « des mesures immédiates et durables pour l’accueil des personnes exilées ». « Toutes les personnes exilées doivent pouvoir bénéficier de conditions d’accueil à la hauteur de leurs besoins de protection », écrivent-ils.
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Les migrants du Secours catholique assistent à un atelier politique, le 24 mai 2022. Crédit : Julia Dumont
À trois semaines des élections législatives, une dizaine de sans-papiers – épaulés par le Secours catholique – ont rédigé une lettre à l’intention des députés de leur circonscription. Ils souhaitent les sensibiliser à leur cause et réclament leur régularisation, ainsi qu’un meilleur accès au marché du travail.
Des migrants dans un camp informel, à Calais. Crédit : EPA
Les dernières données d’Eurostat, service de la Commission européenne chargé des statistiques, indiquent une augmentation globale du nombre « d’immigrés clandestins » dans l’UE. InfoMigrants fait le point sur ce qu’il faut comprendre de ces chiffres.
LE CHERCHEUR STEFAN LE COURANT PUBLIE « VIVRE SOUS LA MENACE »
Chaque jour, des personnes sans-papiers craignent d’être embarquées par la police et envoyées dans des centres de rétention et d’être expulsées. Comment vivent-elles cette pression ? C’est ce que dépeint le chercheur Stefan Le Courant.
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Les forces armées maltaises ont aidé en avril des migrants en difficulté en mer à rejoindre l’Italie, à défaut de les conduire à Malte. Crédit : AlarmPhone
Depuis des années, les ONG dénoncent le comportement du gouvernement maltais, accusé de laisser les canots de migrants à l’abandon en Méditerranée sans leur porter secours. Dans un rapport mis à jour ce mois-ci, le Conseil européen sur les réfugiés et exilés (ECRE) a, de nouveau, fustigé le petit pays européen pour sa politique migratoire.