« Quel est le lieu de naissance de vos parents ? » : ne répondez pas à cette question.
Dès jeudi, 9 millions de Français seront invités à répondre à la campagne annuelle du recensement. Trois nouvelles questions leur seront posées, dont une sur l’origine géographique des parents. Craignant une utilisation politique, des associations et des syndicats appellent à ne pas y répondre.
Le journal de 13 h de France Inter de ce jour était largement consacré au recensement de la population qui va démarrer jeudi prochain dans 8000 communes pour 9 millions de personnes résidant en France. Le formulaire auquel devront répondre les sondé(e)s est obligatoirement nominatif, mais « les données seront supprimées après traitement » comme l’expliquait Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE.
Ce sont les agents des communes et de La Poste, agissant en tant que prestataire, qui seront chargés de distribuer les formulaires et de collecter les réponses, qui devraient majoritairement être faites par internet.
Comme l’explique Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE, un peu mal à l’aise lorsque la question lui est posée, certains usagers ont souhaité que soit demandé dans ce questionnaire le pays de naissance des parents. Il s’agit de l’Ined, mais aussi de la Défenseure des droits, Claire Hédon, qui estimeraient que cette question est nécessaire afin « de mettre en évidence des types de ségrégation ou d’inégalités de situation » liées à l’origine des parents. L’objectif de cet ajout serait donc de « lutter contre les discriminations ».
Pour Jan Robert Suesser, membre du bureau national de la LDH, « La question de l’origine géographique des parents est inutile dans le recensement, car elle n’est pas justifiée par le déploiement d’une politique publique. »
Dès octobre 2023, des agents de l’Insee tenaient à faire connaître leur opposition à cette question qui constitue pour eux un premier pas vers l’officialisation de la catégorie « français de parents nés à l’étranger ».
La LDH (Ligue des droits de l’Homme), la Confédération générale du travail (CGT), l’Union syndicale Solidaires, la Fédération syndicale unitaire (FSU), le Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (Mrap) rappellent que la réponse à cette question, ajoutée en 2025, est facultative et appellent donc à ne pas y répondre.
Que 80% des électrices et électeurs de l’extrême-droite aient approuvé la question, dans un sondage d’opinion fait pendant le recensement de 2025, ne nous surprend guère. Nous sommes par contre très étonnés et plutôt inquiets que la Défenseure des droits semble avoir cédé si facilement aux sirènes de l’extrême-droite.
Histoire des recensements, Jacques et Michel Dupâquier, Revue française d’administration publique, 1985, p. 569
RD
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Manifestations en Iran : les ONG dénoncent un massacre
En Iran, la répression continue face à la mobilisation qui prend de l’ampleur. Plusieurs organisations humanitaires dénoncent un massacre contre le peuple iranien et font état de centaines de morts. Le régime se dit prêt à négocier après les menaces de Donald Trump.
Iran : l’avocate Chirinne Ardakani dénonce des « scènes de massacre » et appelle la communauté internationale à qualifier « les crimes contre l’humanité qui sont en cours ».
Manifestations en Iran : les images d’une morgue débordée par l’afflux de cadavres.
Des vidéos, vérifiées par « Le Monde », montrent des dizaines de corps acheminés dans le centre médico-légal de Kahrizak. Plusieurs témoignages, recueillis par « Le Monde » corroborent ces images.
Diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran.
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères.
Malgré la répression, les manifestations s’étendent en Iran. Mais les scénarios de sortie de crise restent incertains et multiples : une intervention militaire étasunienne, le retour du chah souhaité par Israël, l’effondrement interne qui déboucherait sur un chaos ou l’émergence d’un homme fort à l’intérieur du régime.
La loi « Yadan » : lutte contre l’antisémitisme ou outil de répression ?
Cette proposition de loi a été déposée par Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France, le 19 novembre 2024, soutenue par une centaine de parlementaires, en majorité membres du groupe Ensemble pour la République, aussi que quelques socialistes tels Emmanuel Grégoire, Jérôme Guedj ou encore l’ancien président François Hollande.
Caroline Yadan défend sa proposition avec l’objectif de lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme » et notamment « trois axes essentiels » qui seraient « l’apologie du terrorisme, la négation de l’État d’Israël et la comparaison avec la Shoah ».
Cette dernière formulation en particulier suscite de sérieuses interrogations car susceptible de vouloir interdire toute mention de génocide à Gaza.
N’ayant pas à l’origine été portée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, elle n’avait jusqu’alors pas vraiment attiré l’attention des médias.
L’examen de celle-ci en commission ayant enfin été fixé au 14 janvier prochain, puis en séance plénière le 19, les réactions inquiètes se multiplient aujourd’hui pour les menaces qu’elle ferait peser sur le droit de soutenir la Palestine et la liberté d’expression ainsi que pour le risque de répression contre les militants.
L’avis du Conseil d’Etat a été rendu public par l’Assemblée Nationale en mai 2025.
Pour le très controversé mouvement « Free Palestine », cette proposition de loi ne protège pas contre le racisme. Elle organise une criminalisation politique et vise directement la solidarité avec le peuple palestinien. Avec la loi « Yadan », la plupart des slogans cités ci-dessous pourront représenter une infraction pénale passible de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende :
“From the river to the sea, Palestine will be free”
“Soutien à la résistance palestinienne”
“La résistance est un droit inaliénable”
“Pour la libération totale de la Palestine”
“Désarmons Israël”
et même
« Free Palestine »
La Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient, désormais CAPJPO-EuroPalestine y voit le moyen de réprimer « tous ceux qui osent la comparaison entre le régime génocidaire israélien et le régime nazi d’Adolf Hitler ».
L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) s’inquiète également d’une nouvelle étape dans la répression du mouvement de solidarité envers la Palestine.
Ces associations s’appuient sur l’analyse de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine*, à l’initiative de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) enrichie par de nombreux échanges avec la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et l’Union des Juifs Français pour la Paix (UJFP).
L’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC) déclare : « Alors que la lutte contre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme est un sujet grave et sérieux qui devrait mobiliser dans l’unité l’ensemble de la population de notre pays, la PPL Yadan l’instrumentalise et la détourne pour en faire une arme contre notre liberté d’expression. Nous en demandons le retrait immédiat. »
Elle appelle à une manifestation le 11 janvier à Paris et à un rassemblement le mardi 20 janvier à proximité de l’Assemblée nationale.
Pour François Dubuisson, chercheur au Centre de droit international et directeur du Master spécialisé en droit international à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), il s’agit d’un texte inutile et contraire à la liberté d’expression.
* La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine regroupe 38 associations, dont 22 sont membres signataires et 16 sont membres observateurs. Ces organisations visent, entre autres, à participer au développement des Territoires palestiniens et à sensibiliser l’opinion publique française aux droits légitimes du peuple palestinien.
Pétrole et pouvoir : « Trump et Rubio veulent s’immiscer dans toute l’Amérique latine
Dans les colonnes du média brésilien Agência Pública, l’économiste Mark Weisbrot analyse le rôle du pétrole dans l’attaque de Donald Trump au Venezuela et les risques qui pèsent sur le reste de l’Amérique latine. Nous en publions la traduction.
Opération américaine au Vénézuéla : que dit le droit international ?
Le 3 janvier 2026, les forces américaines ont capturé le chef de l’État du Venezuela, Nicolás Maduro, avant de l’exfiltrer vers les États-Unis. La légalité de cette opération au regard des principes du droit international fait depuis l’objet de vives interrogations. Qu’en est-il ?
Le Venezuela étend la leçon de Gaza à l’hémisphère occidental.
Le monde entier peut désormais constater la vacuité de l’universalisme occidental, du libéralisme et de la mondialisation. L’enlèvement par les États-Unis ce week-end du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse ne représente pas qu’une simple escalade dans un conflit déjà ancien.
L’article premier de la Constitution française du 04/10/1958 précise que la République française assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
A ce titre les statistiques ethniques sont interdites en France comme le précise l’art.8 de la Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
Il y a un an, Bruno Retaillau, alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur, se déclarait favorable aux statistiques ethniques à condition qu’elles ne soient pas utilisées pour « la discrimination positive ».
Ces derniers jours, une plateforme dénommée MaFrance.app était dénoncée pour s’appuyer sur des indicateurs comme la présence de mosquées ou le pourcentage de population maghrébine par la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui annonçait en outre saisir la justice et solliciter le ministère de l’Intérieur. “Je vous demande de fermer ce site qui met des cibles dans le dos de nos concitoyens, particulièrement ceux de confession musulmane”, a-t-elle écrit à l’adresse de Laurent Nunez. Celui-ci a dit «prendre la chose au sérieux».
Il y a quelques jours, Sabrina Sebaihi avait dénoncé un dérapage de la régie des transports parisiens RATP dont des cadres font la chasse aux bouteilles d’eau de leurs agents et sous-traitants, afin qu’elles ne soient pas utilisées pour la prière et les ablutions par les musulmans.
Ce dérapage est une conséquence d’une note interne de la RATP demandant le repérage de signes religieux et de faire remonter les observations.
Cette note destinée aux encadrants de la RATP, signée par Jean Castex en juillet 2025, incitait à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. Au prix de graves atteintes aux libertés individuelles.
En novembre dernier,le président de l’association VRO45, dissoute en 2021, était jugé pour diffamation et incitation à la haine raciale. La structure avait entrepris de ficher de supposés soutiens des Frères musulmans à Orléans. Et avait ciblé un élu et un contractuel de la mairie, qui ont porté plainte
Bien que la mairie ait apporté son soutien aux deux plaignants et l’association s’étant auto-dissoute, puique n’ayant plus de raison d’exister après que les élections municipales aient eu lieu, le procureur n’a pas souhaité faire de réquisitions concernant la qualification d’incitation à la haine raciale.
Fin novembre, le Le Conseil français du culte musulman (CFCM) dénoncaitune « enquête » sur les français de confession musulmane, demandée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Les informations collectés auraient été transmises sous forme de rapport aux services de renseignement israéliens.
Le CFCM conclut ainsi:« La racialisation de la société française, les amalgames et les généralités n’ont aucune place au sein de la République. »
En kidnappant le président vénézuélien, Donald Trump ne défend ni la démocratie ni le droit, mais impose la loi brutale des intérêts américains. Sa puissance s’affiche sans masque et menace le monde entier.
La légalité de la capture de Nicolas Maduro débattue par le Conseil de sécurité de l’ONU.
À la demande du Venezuela, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni lundi pour débattre de la légalité de la capture du président déchu Nicolas Maduro par les États-Unis. Le secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, a appelé au respect de l' »indépendance politique » des États.
Donald Trump réaffirme son souhait d’un Groenland américain.
Le locataire de la Maison Blanche a répété dimanche 4 janvier sa volonté d’annexer ce territoire riche en minéraux, après que la Première ministre danoise a exhorté les Etats-Unis de «cesser leurs menaces».
« Le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper » : Trump menace à nouveau le Groenland d’annexion.
Dans la foulée de l’intervention au Venezuela, le président américain continue de revendiquer le Groenland, alors que la Première ministre danoise, excédée par les menaces, réitère que l’île arctique n’est « pas à vendre ».
« Avec son entrée dans le nucléaire, Trump se livre à un conflit d’intérêts monumental ».
La holding Trump Media et la société spécialisée dans la fusion nucléaire TAE Technologies viennent d’annoncer leur mariage. Une situation qui risque de fragiliser la sécurité nucléaire, explique dans sa chronique Pascal Riché.
Trump/Maduro : Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage
« Quant au monde selon Trump, il porte à son paroxysme la montée d’une insensibilité corrélée à la fois à l’hystérie émotionnelle, à la confusion mentale et à la déroute du jugement. Il est l’exemple abouti de la défaite de la raison publique conjuguée au chaos des sentiments. » Myriam Revault d’Allonnes in « Une éclipse de cœur menace les démocraties. » Le Nouvel Obs 3 janvier 2026
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, Washington a mené une opération militaire d’ampleur au Venezuela, résultant sur l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse. Dominique Simonnet, journaliste et essayiste français, auteur de nombreux travaux sur la politique américaine, décrypte les objectifs et les risques de ce coup de force majeur de Donald Trump.
Capture de Maduro au Venezuela : la communauté internationale entre larges inquiétudes et lourdes condamnations, Macron et des Européens détonnent.
Surtout appels à la «retenue» et au «respect» du droit et des conventions internationales : l’intervention militaire américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro ont suscité de vives réactions à travers le monde.
Nicolas Maduro écroué, intérim par la vice-présidente… Le point sur le flou politique après l’attaque américaine au Venezuela.
Après l’opération militaire américaine menée au Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi, le président Nicolas Maduro et son épouse ont été incarcérés à New York. L’intérim du pays a été confié à la vice-présidente vénézuélienne, avant un processus de transition que les Etats-Unis ont l’intention de gérer.
Venezuela : Emmanuel Macron « prend acte » de la fin de la « dictature » et ulcère la gauche.
La position du président français, qui n’a pas condamné l’opération américaine, a été qualifiée de « honte » par la gauche qui accuse le président français de piétiner le droit international et de complaisance envers les États-Unis.
Après l’opération de Trump au Venezuela, la France réagit pour la première fois avec embarras.
C’est en pesant soigneusement ses mots que Jean-Noël Barrot a été le premier membre de l’exécutif à réagir à l’opération menée au Venezuela. Emmanuel Macron demeure silencieux.
En réponse à nos voeux d’hier et à la citation du texte de Martin Niemöller, Agnès nous présente les siens, assaisonnés de sa spontanéité acérée, authentique et sans oeillères avec, en échange, une autre citation commentée et ornementée de considérations auxquelles rien ne résiste.
« La victoire des régimes autoritaires ne se mesure pas seulement en conquêtes territoriales ou en influence diplomatique. Elle se lit dans la capacité à faire plier les démocraties, à les amener à renoncer graduellement à leurs propres principes, par pragmatisme politique ou par peur électorale. » Blast
Et là, nous sommes tous concernés… pas forcément tout de suite, mais ça nous pend au nez comme une boule scintillante à la branche du sapin. Ou comme la roupie au bec du sansonnet. Ou comme… liste à compléter, j’ai plein d’images, pas forcément sortables, hi han ! Parce que le régime autoritaire, chez nous aussi… graduellement… suis mon regard chargé d’épices et aromates à l’attention de nos gouvernants.
Une autre mignonne, dénichée sur un forum, il s’agissait de débattre de la montée de ladite « islamophobie », laquelle, curieusement, semble avoir « pris la place » de l’antisémitisme historique, essentiellement à l’ED mais pas seulement : Sleeping Giants – « Les mouches ont changé d’âne ». Souvent varient… bien fol est qui s’y fie… ah les vagabondes fantaisistes !
A quoi j’ajoute ceci, le tout de mon cru : c’est certes rassurant de voir les mouches sur la croupe du voisin, haro sur ce baudet, et tout le monde se joint volontiers au festin. Ciel, mon crottin ! Mais elles volent, comme les oiseaux, de branche en branche, ces goulues… et y a pas de raison qu’elles ne décident demain de venir faire du tourisme sur nos postérieurs proprets. Ce qui boucle avec ta citation. CQFD.
Veuilleurs meuh, ne piquons pas du nez ! Et attention aux batailles de bouse, qui salissent les mains et les tabliers !
2025 : l’une des pires années pour le droit des étrangers en France
Textes juridiques des douze derniers mois (du plus récent au plus ancien):
Arrêté du 22 décembre 2025 / Séjour / relatif aux certifications linguistiques permettant de justifier du niveau de maîtrise du français requis pour l’obtention d’une carte de séjour pluriannuelle, d’une carte de résident, d’une carte de résident permanent ou d’une carte de résident portant la mention « résident de longue durée-UE »
Arrêté du 22 décembre 2025 / Séjour / relatif à la justification de la maîtrise du français au niveau requis pour l’obtention d’une carte de séjour pluriannuelle, d’une carte de résident, d’une carte de résident permanent ou d’une carte de résident portant la mention « résident de longue durée-UE »
Arrêté du 22 décembre 2025 / Nationalité / relatif aux tests linguistiques permettant de justifier du niveau de maîtrise du français requis des candidats à la nationalité française
Loi n° 2025-796 du 11 août 2025 / Eloignement / visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d’une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive
Décret n° 2025-798 du 11 août 2025 / Accords bilatéraux / portant publication de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord relatif à la prévention des traversées périlleuses (ensemble une annexe), signé à Londres le 29 juillet 2025 et à Paris le 30 juillet 2025 (1)
Décret n° 2025-756 du 1er août 2025 / Asile / portant création des chambres territoriales de la Cour nationale du droit d’asile de Marseille et Nantes et relatif à la procédure applicable devant la Cour nationale du droit d’asile
Arrêté du 28 juillet 2025 / Eloignement / modifiant l’arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d’établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
Arrêté du 22 juillet 2025 / Séjour / relatif aux formations civique et linguistique prescrites aux étrangers signataires du contrat d’intégration républicaine en France
Arrêté du 22 juillet 2025 / Séjour / relatif au modèle type de contrat d’intégration républicaine créé par la loi n° 2016-274 du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France.
Ordonnance n° 2025-646 du 16 juillet 2025 / L’outre-mer / portant extension et adaptation des dispositions de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et dans les Terres australes et antarctiques françaises
Décret n° 2025-647 du 15 juillet 2025 / Séjour / relatif aux dispositions de l’article 20 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration et autres mesures relatives à l’évolution du contrat d’intégration républicaine
Décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 / Nationalité / portant modification du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 modifié relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité
Arrêté du 27 juin 2025 / Travail / portant ouverture des épreuves de vérification des connaissances mentionnées aux articles L. 4111-2-I et L. 4221-12 du code de la santé publique
Décret n° 2025-539 du 13 juin 2025 / Séjour / relatif aux cartes de séjour « talent » et modifiant certaines dispositions relatives aux cartes de séjour « recherche d’emploi-création d’entreprise » et « entrepreneur et profession libérale »
Règlement (UE) n° 2025/1208 du Conseil du 12 juin 2025 / Europe (1) / relatif au renforcement de la sécurité des cartes d’identité des citoyens de l’Union et des documents de séjour délivrés aux citoyens de l’Union et aux membres de leur famille exerçant leur droit à la libre circulation
Arrêté du 21 mai 2025 / Travail / fixant la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement en application de l’article L. 414-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
Circulaire du 2 mai 2025 / Nationalité / concernant les orientations relatives à l’acquisition de la nationalité française par décision de l’autorité publique
Arrêté du 2 avril 2025 / Entrée / modifiant l’arrêté du 10 mai 2010 relatif aux documents et visas exigés pour l’entrée des étrangers sur le territoire européen de la France.
Arrêté du 24 janvier 2025 / Étudiants / portant modification pour l’année 2025 du calendrier fixé par l’arrêté du 30 mai 2013 relatif, pour les étudiants étrangers non ressortissants d’un État membre de l’Union européenne, d’un État partie à l’accord sur l’Espace économique européen ou de la Confédération helvétique, aux demandes d’admission à une première inscription en première année de licence
Circulaire du 23 janvier 2025 / Jeunes / Travail / Séjour / Famille / relative aux orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue aux articles L. 435-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
CNews à nouveau mise en demeure pour discrimination : l’ARCOM enlève-t-elle enfin ses œillères ?
CNews : l’Arcom met en demeure la chaîne pour deux séquences traitant de l’immigration ou de l’islam pouvant inciter à la « discrimination ».
Dans l’échelle des interventions du régulateur de l’audiovisuel, la mise en demeure suit la mise en garde et peut déboucher sur une sanction financière en cas de nouveau non-respect des obligations.
Dans son rapport sur la pluralité en mars 2025, Reporters Sans Frontières (RSF) a clairement démontré que CNews a battu des records de partialité à l’occasion de la condamnation de Marine Le Pen.
L’ARCOM s’est contentée d’émettre « en juillet un simple appel à la vigilance de l’éditeur pour le traitement de cette actualité. Une mesure bien dérisoire au regard de l’ampleur des manquements. »
L’ARCOM a déclaré: « Il n’y a pas de contournements des règles du pluralisme politique sur le mois de mars 2025 sur CNews, et s’il y en avait eu, nous les aurions identifiés et nous serions intervenus. Nous n’avons pas de doute », à quelques heures de la diffusion d’une enquête de l’émission Complément d’enquête (France 2) justement consacrée à CNews, obligeant l’équipe de l’émission à couper une minute de son émission sous peine de déprogrammation totale.
En novembre dernier, l’émission Arrêt sur Images proposait que « Si le prétendu « gendarme de l’audiovisuel » refuse de le reconnaître clairement, s’il souhaite garder une once de crédibilité dans son rôle d’arbitre, il lui faut d’urgence changer de lunettes. S’il en a la volonté, et encore l’autonomie. »
Médiapart dénonçait récemment « les grosses ficelles de CNews que l’Arcom n’a pas vues » en révélant « la parade trouvée par la chaîne de Bolloré pour échapper aux sanctions de l’autorité de contrôle, tout en reléguant la gauche et le centre en pleine nuit. Et en réservant les fortes audiences à l’extrême droite : 96 % du temps de parole du RN est diffusé en journée. »
Alors que la fréquence de C8, comme celle de CNews, arrivant à échéance en février 2025 n’a, à juste titre, pas été renouvelée, « Juridiquement, toutes les conditions étaient réunies pour rejeter le projet de CNews. La chaîne a fait l’objet d’un nombre équivalent, en 2024, de rappels à l’ordre, mises en demeure et sanctions », observe Camille Broyelle, professeure de droit à l’Université Paris-Panthéon-Assas et directrice du Master droit du numérique, dans un article paru dans le Club des juristes.«
L’affaire Rokhaya Diallo vs Riss : défense de la laïcité ? combat contre le racisme ?
Charlie Hebdo caricature Rokhaya Diallo en Joséphine Baker avec sa ceinture de bananes, l’essayiste dénonce un dessin « raciste ».
« Ce dessin hideux vise à me rappeler ma place dans la hiérarchie raciale et sexiste » et s’inscrit « dans le droit fil de l’imagerie coloniale », a-t-elle dénoncé sur les réseaux sociaux, en vilipendant une caricature « raciste ».
L’hebdomadaire satirique se défend et a fait valoir que ce dessin, signé de son directeur Riss, illustrait un article d’un hors-série « sur les fossoyeurs de la laïcité », intitulé « Rokhaya Diallo, la petite fiancée de l’Amérique ».
La machine est lancée. Les réseaux sociaux résonnent de toutes parts.
« Chacun pourra ainsi lire que nous y dénonçons les positions de l’essayiste contre la loi de 1905, qu’elle a toujours condamnée en lui préférant la culture communautariste américaine. C’est elle qui assigne chacun à son origine ethnique et religieuse, contre l’universalisme républicain. » Charlie Hebdo
« Au lieu de présenter des excuses, Charlie Hebdo noie le poisson et m’incrimine en prétendant que j’ai «toujours condamné » la loi de 1905. Mensonge évidemment. Voici quelques extraits du livre « comment parler de la laïcité aux enfants » que j’ai publié en 2015 avec Jean Baubérot. » Rokhaya Diallo
Sur Instagram, Charlie répond dans la foulée être « un journal anti-raciste, féministe et universaliste – ce que nous reproche Rokhaya Diallo – qui combat l’essentialisation et l’assignation identitaire des personnes en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion. »
Mediapart défend naturellement son éditorialiste : « Que la justice se saisisse de l’outrage raciste de Rokhaya Diallo par Charlie Hebdo ».
« L’histoire nous a tellement habitués à des images outrageantes instrumentalisant des femmes noires pour servir de prétendues guerres idéologiques, qu’on pourrait se dire que finalement rien de nouveau dans l’ignoble caricature que Charlie Hebdo dessinant Rokhaya Diallo sous les traits de Joséphine Baker.«
Pascal Blanchard, pourtant pas en manque d’exposition médiatique, y va de son chapitre sans omettre de faire valoir ses travaux précédents et plus récents…« Un dessin dans Charlie Hebdo qui réduit une femme noire (Rokhaya Diallo) à une série de stéréotypes et au temps des colonies. Violent… terrible… stéréotypé… Sous prétexte de référence à la « grande Joséphine Baker » c’est clairement une manière de la fixer dans les préjugés visuels et colonialistes : danse « sauvage », un rappel à la Revue nègre, accessoires, régime de bananes … réduire une femme à sa corporalité, réduire un individu dans sa pensée en l’associant à la sauvagerie, réduire un personnage noir à un régime de banane donc à une forme d’animalité simiesque… c’est cela les stéréotypes… des images qui vont perpétuer le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes d’exclusion de « l’autre » à travers le temps… »
Les claviers se déchaînent et la question du colonialisme prend toute sa place dans le débat: « Ce que révèle cette affaire, c’est moins un affrontement entre liberté d’expression et antiracisme qu’une incapacité persistante à penser ensemble les deux. La satire ne s’appauvrit pas lorsqu’elle est interrogée ; elle s’appauvrit lorsqu’elle refuse toute réflexivité. »
Médiapart se déchaîne et monte au front contre les « relents colonialistes » de Charlie Hebdo.
« Face à la caricature de sa collaboratrice parue dans Charlie Hebdo, la rédaction dénonce une attaque « haineuse ». Rejetant la défense de l’hebdomadaire satirique, le site d’Edwy Plenel rappelle que le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. »
Rokhaya Diallo caricaturée : ce que Charlie Hebdo recycle.
« Ce dessin est le frottement de trop. Il réveille les blessures de l’enfance, de la télé des années 80 au zoo humain de Nantes. L’humour ne peut être une « lessive symbolique » effaçant l’archive coloniale. Je dénonce ici une « paresse graphique » qui réduit la pensée au corps. Pour Rokhaya et pour nous toutes : la mémoire des images ne s’efface pas d’un trait de crayon. »
« Quand Charlie-Hebdo se dévoile en caricaturant Rokhaya Diallo « L’universalisme républicain », voilà le maître mot de l’article accompagnant la caricature et attaquant Rokhaya Diallo. Mais ce dessin constitue précisément l’exemple type de ce racisme se cachant sous le masque de « l’universalisme » et d’une « laïcité » totalement dévoyée. »
Des politiques s’empressent d’apporter leur soutien à l’essayiste, semblant avoir oublié que Rokhaya Diallo et Charlie Hebdo, en la personne de Riss ont ouvert les hostilités il y a déjà fort longtemps.
Dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 novembre 2011, un incendie criminel, provoqué par le jet de cocktails Molotov, ravage les locaux de Charlie Hebdo qui doit publier le mercredi un numéro surtitré « Charia hebdo » avec une caricature de « Mahomet, rédacteur en chef ».
Le 5 novembre, les Indigènes de la République, parmi lesquels Rokhaya Diallo, publient une pétition:
« La liberté d’expression n’est pas à défendre, elle est à conquérir.Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo ! » affirmant » qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman. »
Les 7,8 et 9 janvier 2015, une série d’attentats a lieu à Paris et en périphérie:
Le 7 janvier, 12 morts à Charlie Hebdo, 11 blessés dont 4 grièvement.
Le 8 janvier, une policière abattue à Montrouge.
Le 9 janvier, quatre morts dans l’Hypercacher de la porte de Vincennes.
Les 10 et 11 janvier, quatre millions de personnes dans la rue en France.
Le 8 janvier, sur la radio RTL, Yvan Roufiol, « plus stupide que jamais » selon Politis, demande à Rokhaya Diallo de se désolidariser de l’attentat, en tant que musulmane. Celle-ci fond en larmes.
Le vendredi 13 Novembre 2015, une nouvelle série d’attentats à Paris et dans sa périphérie terrifient la France . Aux abords du Stade de France à Saint-Denis, sur des terrasses de café et de restaurants des 10e et 11e arrondissements, dans la salle de spectacle du Bataclan… ces attaques terroristes provoquent la mort de 130 personnes et font 413 blessés.
Le 21 octobre 2020, sur le plateau de 28 minutes sur Arte, Pascal Bruckner accuse Rokhaya Diallo « d’avoir entraîné la mort des douze de Charlie, d’avoir armé le bras des tueurs ». Personne ne viendra sur le plateau à l’aide de Rokhaya Diallo qui devra se débrouiller seule.
Pascal Boniface, venant à la défense des militants antiracistes sur qui on fait peser des accusations de connivence avec l’islamisme, considère qu’ « Il ne faudrait surtout pas que ce terrorisme physique suscite une autre forme de terrorisme, le terrorisme intellectuel.«
Le 30 novembre 2021, avec l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, Rokhaya Diallo dénonce « les ambiguïtés d’une panthéonisation » : « Admirative de la résistante héroïque, la femme noire que je suis a toujours été embarrassée par l’image de son corps présenté comme exotique. Et ces bananes qui ornaient ses hanches me rappellent celles jetées à la figure des footballeurs ou à celle de Christiane Taubira – tous assignés, à travers ce fruit, à une humanité inexorablement primitive. »
« À mes yeux, la reconnaissance élogieuse de son patriotisme va de pair avec les soupçons qui pèsent aujourd’hui sur tout.e Français.e non blanc.he osant se montrer un tant soit peu critique vis-à-vis de notre sacro-sainte République. » ajoute-t-elle.
On en arrive à se demander qui, de Rokhaya Diallo ou de Riss, prend le plus de plaisir à tendre le bâton pour se faire battre.
La LDH prend naturellement position dans cette guerre pourtant pichrocoline et considère qu’il s’agit ici d’une caricature qui n’illustre que des préjugés coloniaux.
La LDH ne peut pas ne pas prendre position quand le sujet qui défraie l’actualité concerne à la fois la laïcité, le racisme et la liberté de création.
Toutefois, une caricature doit-elle répondre à un impératif de signification ? Une caricature illustre-t-elle quelque chose ?
La caricature n’est prévue par aucun texte général relatif à la protection des droits fondamentaux, bien qu’énoncée dans certaines dispositions législatives (par. ex., CPI, art. L. 122-5 et L. 211-3). Toutefois, lorsque les humoristes s’expriment, le droit veille à les protéger des actions intempestives, des dérives contentieuses qui menacent la démocratie. Tant à l’échelle nationale qu’européenne, la caricature est une liberté qui relève de la liberté d’expression, laquelle comporte une double dimension : la liberté d’opinion et la liberté d’information. Il est commun de considérer que la caricature joue le rôle d’un « bouffon » qui « remplit une fonction sociale éminente et salutaire et participe à sa manière à la défense des libertés » (TGI Paris, 16 févr. 1993).
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH 7 déc. 1976, Handyside c/Royaume Uni), quant à elle, considère que « la liberté journalistique comprend aussi le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire même de provocation ». Une telle conception extensive permet d’envisager que la liberté de caricaturer, même si elle peut déranger voire choquer, soit incluse dans une conception aussi large de la notion de liberté d’expression.
Gardons-nous donc de tomber dans le panneau de la censure.
J’ai personnellement bien du mal à mettre en balance le combat pour la laïcité et celui contre le racisme, tels qu’ils sont ici opposés. Faut-il soutenir le combat contre le racisme avec Rokhaya Diallo ou bien la défense de la laïcité avec Riss ? Faut-il choisir entre l’une et l’autre ?
Bientôt viendra le moment de formuler des vœux. Alors, ne nous privons pas :
Ne gagneraient-elle et il pas, l’une comme l’autre (et nous aussi par la même occasion) à écrire ensemble un livre – ils en ont largement les moyens et la matière – dont les ventes pourraient dépasser les scores de ceux de Bardella (230 000 exemplaire pour « Ce que je cherche »), Sarkozy (92 000 pour « Journal d’un prisonnier »), De Villiers (230 000 pour « Mémoricide »), Zemmour (45 000 pour « La Messe n’est pas dite », 300 000 exemplaires pour « La France n’a pas dit son dernier mot » )... ?
RD
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Un homme sans abri retrouvé mort de froid à Reims durant la nuit de Noël.
Alors que les températures sont descendues sous zéro dans la nuit de Noël, un homme sans abri a perdu la vie à Reims. Âgé de 35 ans et connu des bénévoles, il vivait à la rue depuis deux ans. L’autopsie a confirmé que la victime est morte de froid.
« Des logements pour tous » : alors que les températures baissent, des associations réclament des hébergements dignes.
Alors que la température moyenne nationale est estimée à 3 degrés ce jeudi 25 décembre, une vingtaine de départements ont activé le plan « grand froid ». À Reims une personne sans abri est décédée dans la rue. À Paris plusieurs associations manifestent pour réclamer la réquisition de logements vides.
Hébergements d’urgence, maraudes… face à la chute des températures, le plan « grand froid » est activé dans plusieurs départements.
Les préfectures s’organisent face à la chute soudaine des températures. Ainsi, une vingtaine de départements ont déclenché le plan « grand froid ». Des mesures qui interviennent alors qu’une personne sans-abri est décédée du froid, à Reims, le jour de Noël.
La Charte pour le respect des droits et la dignité des habitant-e-s de lieux de vie informels.
En France, les droits des habitant-e-s de lieux de vie informels – bidonvilles, squats, campements, habitats de fortune ou autres formes d’habitat précaire – continuent d’être largement ignorés, voire bafoués. Ces situations d’habitat, rarement choisies, sont le résultat d’un cumul de précarités économiques, sociales et juridiques, et d’un déficit structurel des politiques publiques d’hébergement, de logement, d’accueil et d’inclusion.
«Je ne veux plus, d’ici à la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. » Emmanuel Macron, 27/07/2017
40 associations attaquent l’Etat en justice pour non-assistance à personnes mal logées.
Depuis des années, les associations du Collectif des associations pour le logement* alertent sur la dégradation des conditions de vie des personnes mal logées. Malgré nos propositions récurrentes, le nombre de personnes laissées à la rue augmente. Le nombre de ménages en attente d’un logement social aussi. Accompagnées par quatre cabinets d’avocats, nos associations ont donc décidé de saisir la justice pour rappeler que l’hébergement et le logement sont des droits fondamentaux et lancent l’affaire Non-assistance à personnes mal logées.
Depuis des années la guerre est partout et sert à nous mobiliser, nous faire peur ou nous discipliner de force. Guerre contre le terrorisme, bataille de l’emploi, guerre contre le Covid, guerre contre le narcotrafic, rien n’échappe à cette dérive langagière qui inquiète tant elle a déjà été surexploitée par le fascisme d’avant-guerre, de la « bataille du blé » à la « guerre au paludisme ». Cette rhétorique permet également au président de la République de se poser en chef de guerre.
Mercredi 19 novembre, devant le Congrès des maires de France, le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, a estimé que la France était « en risque » face à la « Russie de Vladimir Poutine » si le pays n’avait pas la « force d’âme » d’accepter « de perdre ses enfants » à la guerre. Sans attendre, de nombreux médias se sont emparés de cette déclaration pour décréter la mobilisation générale.
La guerre, les guerres, ne se mènent pas que sur les champs de bataille. Elles se mènent aussi sur le front médiatique afin de mobiliser l’opinion. Car pendant qu’on envoie des armes, des soldats ou qu’on bombarde, il faut convaincre. L’opinion, ça se travaille, et les grands médias y contribuent quotidiennement. À chaque mobilisation sociale, à chaque conflit militaire, à chaque élection, le constat ne varie pas : les grands médias sont des médias de parti pris.
Le Financial Times avertit : l’alarmisme des dirigeants européens sur une guerre inévitable avec la Russie risque d’alimenter une prophétie autoréalisatrice.
Le continent européen doit se préparer selon ses dirigeants à une guerre inéluctable avec la Russie. Dans ce climat angoissant, l’engrenage n’est pas automatique. La diplomatie peut reprendre la main et déjouer la prophétie autoréalisatrice.
A écouter les propos de James David Vance et Steve Bannon, qui font le bonheur des médias réactionnaires et ultraconservateurs, on a la nette impression que les USA, soufflent sur les braises et aimeraient que la guerre s’étende à toute l’Europe, ce qui faciliterait cet « effacement civilisationnel », dont rêve Trump. Trouvant ses dirigeants « faibles », « stupides », « en déclin » il ne supporte pas leur incapacité à contrôler les flux migratoires et à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Comment pourrait-il négocier des big deals avec un tel partenaire qui, comble de débilité, n’a pas même de pétrole à lui céder mais risquerait néanmoins de lui faire de l’ombre dans sa quête effrénée d’un impérialisme sans frontières ?
La résistance de la démocratie face aux assauts de ses ennemis est faible. L’accession au pouvoir, à nouveau, de Donald Trump en est l’illustration la plus criante. Dans l’ombre, le terrorisme d’extrême-droite se développe, recrute et se coordonne pour parvenir à ses fins.
Tandis que l’extrême-droite parlementaire joue le jeu de la démocratie, sa fraction la plus radicale porte la violence dans la rue et explore le terrorisme comme moyen d’accélérer son ascension vers le pouvoir.
La Bretagne semble particulièrement touchée par ce phénomène, notamment à Brest où, sous couvert de hooliganisme, un groupuscule a particulièrement fait parler de lui, il y a trois mois, puis plus récemment.
« L’intention de taper du gauchiste était là » : neuf gardes à vue, trois mois après l’agression devant un bar de Brest.
Les forces de l’ordre de Brest ont interpellé huit personnes dans les milieux d’extrême-droite, mardi 16 décembre 2025. Une neuvième s’est rendue d’elle-même. Des gardes à vue qui interviennent trois mois après l’agression de clients d’un bar de la place Guérin, à Brest (Finistère).
Cette bande d’extrême-droite ultra-violente, mêlant supporters de l’équipe de foot et militaires, a clairement été identifiée par les journalistes de Splann et de StreetPressdepuis déjà un certain temps.
Les mêmes ont suscité une question écrite du député LFI Arnaud Saint-Martin au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace au sujet des agressions violentes commises par ces groupuscules d’extrême-droite à l’Université Bretagne Sud de Lorient.
Nous ignorons si une réponse y a été donnée par le ministre Philippe Baptiste, sans douteplus préoccupé par le financement par leurs propres moyens des universités françaises, qu’il a qualifiées de « bande de nuls » « à la ramasse », au prétexte qu’elles ne remportent pas assez d’appels à projets européens pour financer leur recherche.
Plus au sud, les mêmes, ou leurs semblables, qui n’en étaient pas à leur coup d’essai, n’ont pas hésité à mener une véritable« vendetta » en direction d’un militant antifasciste, en avril dernier, dans un bar du centre-ville d’Albi, où plusieurs clients ont été frappés ou « gazés ».
Ils ont été jugés ce jeudi 18 décembre par le tribunal correctionnel d’Albi pour violences aggravées et/ou participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations.
Le magazine Basta dresse un inventaire exhaustif depuis septembre 2017 de ces violences d’extrême-droite en France et ailleurs. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le tableau est plutôt sombre: « Les violences des groupes ou milices néo-fascistes s’intensifient à mesure que les idées xénophobes pénètrent dans la société. Et plus encore lorsque l’extrême-droite parvient au pouvoir.«
On peut s’interroger quant au choix, par la Coordination rurale, de certaines cibles bien particulières, lors de ses actions liées au conflit provoqué par l’abattage des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire bovine. Ces pratiques ne semblent pas vraiment étrangères à celles des ces groupes ou milices néo-fascistes, qui n’ont pour tout langage que la violence.Ces dégradations s’inscrivent dans la continuité des déclarations de Bernard Venteau, nouveau président de la Coordination rurale, syndicat proche de l’extrême-droite, qui avait appelé à «faire la peau aux écolos» lors du congrès du syndicat en novembre.
La Directrice générale de l’OIM lance un appel à la solidarité mondiale à l’occasion de la Journée internationale des migrants
Aujourd’hui, alors que le monde célèbre la Journée internationale des migrants (JIM), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rappelle que la migration est un phénomène riche d’opportunités, de progrès humain et de développement partagé, et réaffirme la nécessité de mettre en place des systèmes migratoires plus solides et plus fiables qui protègent les personnes en déplacement et qui aident les communautés qui les accueillent.
Nous avons vu dans ces pages, ces derniers jours, que la France, n’est plus la terre d’asile par excellence, parmi les plus accueillantes du continent, comme elle l’était devenue au XIXe siècle, avec l’héritage à l’époque révolutionnaire, de cet embarrassant devoir d’asile envers les étrangers “bannis pour la cause de la liberté”.
La Journée Internationale des migrants est célébrée dans tous les Etats membre de l’ONU.
A Troyes et dans l’Aube, les organisations du collectif « Né(e)s d’ici ou venu(e)s d’ailleurs » étaient mobilisées comme chaque année depuis 25 ans.
Embarrassée face aux pressions populistes des droites extrêmes et des extrêmes-droites, la France suit la tendance qui s’est emparée de l’Europe entière.
Mais on voit chaque jour que le monde entier est touché par celle-ci, du nord au sud et d’est en ouest. Et pourtant, on sait que les migrations que nous avons connues jusqu’alors n’en sont encore qu’à leur début, devant la menace climatique qui pèse plus lourdement sur les pays qui ont moins que d’autres les moyens d’y faire face.
L’Amérique du nord, avec les USA au premier rang des pays les plus riches (voir ici), était jusqu’alors l’une des premières destinations de l’immigration. La donne est en train de changer, avec la campagne contre l’immigration menée par Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir, assimilant celle-ci une à « menace civilisationnelle ». Faisant figure de leader mondial dans ce domaine également, il cherche à entraîner le monde entier dans son délire.
Trump étend sa campagne contre l’immigration de masse à ses alliés occidentaux. Le département d’État américain a demandé aux ambassades des États-Unis en Australie, en Europe, au Canada et en Nouvelle-Zélande de faire remonter les données sur les délits et les atteintes aux droits humains commis par les immigrés sur leurs territoires, rapporte le quotidien australien “The Age”. Une manière pour Washington d’agiter l’épouvantail d’une “menace civilisationnelle”.
Non content de s’en prendre violemment aux migrants, il lâche la bride à la pire des polices dont les pratiques rappellent les heures sombres de la ségrégation et les exactions du Klu Klux Klan, compromettant gravement la sécurité dans l’ensemble de la nation.
« Déchets » venus de « pays de merde »… Trump s’en prend violemment aux migrants.Donald Trump n’a plus aucun filtre. Mercredi soir, pendant un meeting en Pennsylvanie censé vanter sa politique économique, il a demandé « Pourquoi est-ce que nous ne prenons que des gens qui viennent de pays de merde ? »
Donald Trump s’en prend violemment à la Somalie, un « pays pourri », selon lui, et promet de durcir encore plus sa politique d’immigration.Le président de Etats-Unis a multiplié les propos incendiaires contre la Somalie. La semaine dernière, il a annoncé son intention de « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde ».
Traque des migrants aux États-Unis : jusqu’où ira la ICE, la très controversée police de l’immigration ?Aux États-Unis, les critiques contre Donald Trump se concentrent sur la radicalité et la violence assumée de sa police de l’immigration, l’ICE, comparée à des « chasseurs de prime du Far West ».
Aux États-Unis, la répression contre les immigrés prend des airs de “goulag”. Dans son numéro de novembre et décembre 2025, le magazine américain “Mother Jones” consacre un dossier complet à “la mise en place brutale de l’État policier de Trump”. Il dénonce un système répressif, qui mobilise d’importants moyens financiers et humains, au mépris de la dignité des personnes ciblées.
La politique d’immigration affaiblit la sécurité publique.Les entraves à la protection des personnes migrantes victimes de crimes met les communautés en danger.Les mesures prises par l’administration Trump en matière d’immigration aux États-Unis compromettent la protection des personnes sans papiers ayant été victimes de crimes, en entravant la capacité des forces de l’ordre à enquêter sur ces crimes en vue de poursuivre leurs auteurs, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Certains états sont particulièrement ciblés dans la décision de mettre fin au regroupement familial pour leurs ressortissants. États-Unis : fin du regroupement familial humanitaire pour sept pays.Les États-Unis durcissent encore leur politique migratoire. Washington annonce la fin du programme humanitaire de regroupement familial pour sept pays, dont Haïti, Cuba et le Honduras.
D’autres le sont par une « une interdiction d’entrée totale pour les ressortissants de chaque satané pays qui a inondé notre nation de meurtriers, de sangsues et d’accros aux aides sociales ».
Les Etats-Unis suspendent les demandes d’immigration en provenance de 19 pays.Les demandes de cartes de résident permanent des ressortissants des pays concernés – Afghanistan, Birmanie, Tchad, Cuba… – tout comme les demandes de naturalisation sont interrompues.
C’est ainsi que le pays revendique des chiffres record en matière d’expulsions.Le “tsar des frontières” somme les migrants sans papiers de quitter le pays.Depuis la frontière mexicaine, Tom Homan, principal architecte de la politique migratoire de la Maison Blanche, lance un avertissement direct aux immigrants en situation irrégulière. L’administration Trump durcit le tonet revendique des chiffres records en matière d’expulsions.
Pourtant, le « land of freedom » (pays de la liberté) ne serait jamais devenu ce qu’il est sans l’immigration. Que seraient les Etats-Unis sans les immigrés ?
Les répercussions se font sentir largement hors des frontières américaines et le Canada, où l’on assiste également à la fin du « rêve canadien » et plus au sud où le Chili, notamment, vient de voir l’extrême-droite revenir au pouvoir, avec l’élection du président le plus à droite de l’ère post-Pinochet.
Présidentielle au Chili : l’inquiétude des migrants face à la probable victoire de l’extrême droite.À quelques jours du second tour de la présidentielle chilienne, qui a eu lieu dimanche, les étrangers en situation irrégulière s’inquiètaient des promesses d’expulsions massives portées par le candidat d’extrême droite José Antonio Kast, grand favori du scrutin. Entre tensions à la frontière, discours sécuritaire et incertitude politique, le climat se tend.
Et, pour que cette Journée internationale des migrants ne se clôture pas sur de si alarmantes nouvelles, nous pourrons au moins nous réconforter de deux décisions judiciaires récentes qui confirment que l’extrême-droite ne peut pas encore tout se permettre en France.
Diffamation à l’encontre de La Cimade : Marine Le Pen définitivement condamnée.
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A la veille dela Journée internationale des migrants, demain jeudi 18 décembre, on constate que le phénomène n’est pas seulement français, comme nous l’avons vu hier dans ces pages : de Madrid à Londres, l’Europe est traversée par une vague d’hostilité envers les immigrés, alimentée par des violences et une rhétorique politique de plus en plus radicale. Comment comprendre cette montée des tensions ? S’agit-il d’un phénomène européen ou de crises nationales qui se répondent ?
Les pays de l’UE approuvent un net durcissement de la politique migratoire.
Sous pression de la droite et de l’extrême droite, les ministres de l’Intérieur des Etats membres de l’Union européenne ont ouvert la voie lundi à l’envoi de migrants dans des centres situés hors de ses frontières.
Immigration : les Vingt-Sept ouvrent la voie aux « hubs de retour » hors des frontières de l’UE.
Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’Union européenne ont donné, lundi, leur feu vert à un nouveau durcissement de la politique migratoire. Ils ont notamment validé la création de centres de retour en dehors des frontières de l’UE pour y envoyer les migrants dont la demande d’asile a été rejetée. Ces mesures doivent encore passer devant le Parlement en mars 2026.
Le 8 décembre, les ministres de l’Intérieur des Etats membres de l’UE ont validé trois textes présentés par la Commission européenne visant à durcir les règles en matière de migration. Création de “hubs de retour”, renvoi des migrants irréguliers dans des pays “sûrs” sans lien avec leur origine, sanctions renforcées pour les personnes refusant de quitter le territoire : le tour de vis européen marque un tournant dans la politique d’accueil du continent.
Au Conseil de l’Europe, plusieurs pays membres réclament une révision de la CEDH pour faciliter les expulsions de migrants.
Plusieurs États membres du Conseil de l’Europe, organe chargé de défendre la démocratie et les droits de l’Homme sur le continent, ont réclamé mercredi une modification de la Convention européenne des droits de l’Homme pour que le texte permette d’expulser plus facilement des migrants.
L’Europe menace de réduire les avantages commerciaux des Etats qui refusent de coopérer en matière d’immigration.
Les pays en développement et les pays les moins avancés pourront se voir imposer des droits de douane plus élevés s’ils refusent de reprendre leurs ressortissants expulsés de l’UE. L’accord, scellé lundi entre le Conseil et le Parlement européens, prévoit cependant des mécanismes d’une telle complexité qu’il a peu de chances d’être appliqué.
Immigration : une géo-histoire de la tentation du repli.
Alors que le Portugal, longtemps perçu comme un modèle d’accueil, restreint à son tour le regroupement familial, des émeutes anti-immigration éclatent ailleurs sur le continent, notamment devant des hôtels abritant des demandeurs d’asile au Royaume-Uni. En toile de fond, la question demeure : que produisent, en France comme ailleurs, ces politiques sur l’expérience concrète des étrangers et sur le climat social ?
Ce sondage qui montre que les Européens ont une vision erronée de l’immigration.
Une enquête européenne révèle un fort décalage entre la perception de l’immigration et la réalité, alimentant une opposition croissante aux flux migratoires sur fond d’inquiétudes identitaires et sociales.
Croissance, démographie : les apports de l’immigration à une Europe vieillissante.
Dans une Europe dont les dirigeants prennent volontiers l’immigration pour bouc émissaire, l’Espagne fait figure d’exception : elle connaît une forte hausse de sa population et de sa croissance économique grâce à l’immigration – en partie celle de travailleurs saisonniers, venus d’Afrique par exemple, mais surtout en raison de l’arrivée de nombreux Latino-américains qui s’installent dans le pays. Reportage à Madrid.
Migrants: en France, les conditions d’accueil deviennent inhumaines
Alors qu’on s’apprête à se mobiliser pour la Journée internationale des migrants ce jeudi 18 décembre, on constate une nouvelle vague d’attaques extrêmement graves envers les personnes étrangères en France. Les conditions d’hébergement pour celles et ceux qui n’ont pas pu régulariser leur situation deviennent de plus en plus inhumaines.
REIMS: Ce parc où une trentaine de personnes survit sous des tentes, malgré le froid de l’hiver.
Plusieurs familles sont installées dans des conditions très précaires au parc Saint John Perse, à Reims (Marne). Pour l’essentiel exilés, en provenance d’Europe de l’Est ou du continent africain, ils attendent la régularisation de leur situation. Reportage.
LYON: « On ne peut pas laisser sa tente ouverte sinon les rats vont rentrer » : environ 250 mineurs non accompagnés vivent à la rue.
Environ 250 jeunes non accompagnés en attente d’une réponse à leur recours pour faire reconnaitre leur minorité vivent dans un campement dans des conditions de vie insalubres depuis janvier à Lyon. Suite à plusieurs nuits glaciales, quelques dizaines ont trouvé refuge dans une église du quartier. Reportage.
RENNES: 140 personnes évacuées de l’espace Simone-Iff par les forces de l’ordre.
Elle était imminente et attendue par les personnes à la rue et les collectifs de soutien. L’évacuation de l’espace social commun Simone-Iff à Rennes a eu lieu le jeudi 4 décembre.
FOUGERES: Fin de l’hébergement des jeunes migrants : un appel lancé pour leur « mise à l’abri ».
Alors que la mairie de Fougères (Ille-et-Vilaine) a stoppé la prise en charge de l’hébergement des quinze jeunes arrivés de Rennes fin octobre, le comité de soutien cherche à mobiliser associations et citoyens pour trouver une solution. Ils organisent une rencontre, jeudi 4 décembre 2025.
TREGUEUX: L’État interrompt l’hébergement d’urgence de jeunes migrants près de Saint-Brieuc : des associations alertent.
Les jeunes migrants logés à Trégueux (Côtes-d’Armor) devront quitter l’établissement le 16 décembre 2025. La préfecture a décidé de ne plus prendre en charge leur hébergement. L’État estime qu’ils sont majeurs, ce que contestent ces jeunes qui ont formulé un recours. En attendant, ils risquent de dormir dans la rue.
Troyes: manifestation pour la Paix ce samedi 13 décembre
De notre envoyée spéciale.
SG
« Nous partîmes à une petite trentaine, puis « par un prompt renfort, nous nous vîmes » presque 45 au plus fort du rassemblement. A peu près tous les membres du collectif étaient représentés, PLUS papy [déjà cité ici NDLR], particulièrement remonté !
Décision prise de ne pas déambuler, donc prise de parole + slogans ont été haut-parlés, en rond statique, en bas des marches place J-Jaurès.
Prochaine réunion du collectif le 05 janvier. Et recommandation de surveiller les RS pour les nouvelles à venir. «
LDH de l’Aube : une assemblée générale 2025 riche et fournie, reflet d’une activité débordante
Ce lundi 8 décembre se tenait à la MAC (Maison de l’Animation et de la Culture) de Pont-Sainte-Marie l’assemblée générale statutaire de la section auboise de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme).
Maryvonne BLUM-KÜHN, présidente sortante qui conduisait cette réunion, a ouvert la soirée en souhaitant chaleureusement bienvenue aux adhérent.e.s et aux invité.e.s ayant fait le déplacement pour cet événement annuel fondamental de la vie de la section.
Après approbation à l’unanimité du procès-verbal de l’AG 2024, Rémy DUFAUT, vice-président sortant rendait hommage à Michel BLUM, président d’Honneur de la section, décédé le 26 février 2025.
Maryvonne BLUM-KÜHN reprenait la parole pour évoquer l’une des activités essentielles de la LDH dans l’Aube : la sensibilisation aux droits de l’Homme et à la citoyenneté, à travers les actions en milieu scolaire et universitaire à l’école Jean-Jaurès et au collège Camus de La Chapelle Saint-Luc ( communiquer sur les droits et questions relatives aux discriminations), à l’IME Chantejoie de Rouilly-Saint-Loup sur le thème « Lutte contre toutes les violences », droits de enfants au collège Marguerite -Bourgeoys et à l’école La-Salle, enjeux de développement durable et de responsabilité sociétale ainsi que la notion d’engagement et du rôle des associations à l’UTT. Ces 14 interventions ont nécessité 300 heures de bénévolat pour sensibiliser 205 élèves et étudiant.e.s ; les actions de formation ont concerné 37 élèves.
Michel DEGARDIN précisait que la section LDH de l’Aube a participé à de nombreuses manifestations et événements à l’échelon local comme national, à l’occasion de Journée internationale des droits des femmes à la MAC de Pont-Ste-Marie, du 1er Mai à Troyes, du Collectif aubois pour la Paix à Troyes, ce qui représente 8 réunions, 12 manifestations, 2 ciné-débats.
Se former, s’informer, communiquer sont certaines des clés particulièrement mises en avant cette année, avec notamment une visite guidée des Archives départementales. Rémy DUFAUT, chargé de la communication, présentait l’activité sur le site internet. La section LDH de l’Aube anime depuis 2020 un site dédié à l’actualité des droits humains dans l’Aube (https://site.ldh-france.org/troyes-et-aube/) mais également en France et dans le monde ; il obtient une audience sans cesse croissante à l’échelon mondial mais plus particulièrement en France (près de 30 000 visites annuelles). Les réseaux sociaux ne sont pas oubliés : nos pages Facebook, Instagram, Mastodon, Piaille, Bluesky sont quotidiennement alimentées et visitées par un nombre croissant d’internautes.
La mobilisation pour plus de démocratie et l’effectivité des droits demeure une priorité à laquelle contribue largement le Collectif aubois de veille et de lutte contre les extrêmes-droites, créé en 2023 à l’initiative de la cellule de veille de la section LDH de l’Aube, comme l’expliquait Rémy DUFAUT, membre du collectif pour la section LDH de l’Aube. Le collectif regroupe des associations, des partis, des syndicats, des citoyen.ne.s à titre indépendant et sur un mode trans partisan. Il compte aujourd’hui 49 membres (personnes physiques). Il s’est doté d’un visuel caractéristique pour être identifié (affiches, stickers auto-adhésifs, etc.) Il se réunit régulièrement pour organiser des conférences, des opérations de tractages, des rassemblements, des comités d’accueil de personnalités politiques d’extrême-droite lorsqu’il viennent dans le département ; il se livre à une veille permanente de tout débordement des extrêmes-droites qui porterait atteinte à l’Etat de droit et aux droits humains pour le dénoncer. Il participe à des actions communes avec des partenaires qui luttent notamment contre les discriminations, le racisme, les violences sexistes et sexuelles, les violences et abus de la police ; il a réalisé un guide à l’usage des manifestant.e.s ; de nombreux projets vont voir le jour : actions « Porteur.se.s de parole », conférences, réunions-débats internes et publics, ciné-débats… Les élections municipales vont faire l’objet d’une attention particulière de sa part dans son action de veille. Hommage fut rendu à Isabelle Desimpel, membre très active du Collectif, décédée accidentellement en mars 2025.
La défense des droits des étrangers a constitué ces dernières années une activité en volume exponentiel. Maryvonne BLUM-KÜHN précisait que, de décembre 2024 à Novembre 2025, nous avons mené 774 entretiens au local de Sainte-Savine, à l’accueil de jour de la Croix-Rouge de Troyes (de janvier à avril) aux centres pénitentiaires de Villenauxe et de Troyes-Lavau, ainsi qu’à la Maison de le Justice et du Droit de Troyes. La permanence téléphonique a reçu 2433 appels et 420 mails et SMS. Tout ceci ajouté aux réunions, sessions de formation, interventions en milieux scolaire et universitaire nous amène à un total de 7000 heures de bénévolat, soit l’équivalent de 4,6 emplois à temps plein.
Le rapport d’activités fut adopté à l’unanimité.
Les projets et perspectives pour 2026 sont déjà bien engagés : la poursuite des interventions en milieux scolaire et universitaire, des engagements au sein des différents collectifs et du CDAD10, de la défense des droits des étrangers et l‘organisation d’un ciné-débat en partenariat avec la MACIF et l’UNAFAM et d’une conférence sur le thème de « La justice mise en examen ».
Le rapport financier était présenté par Gérard LAILLET, trésorier sortant : il est en croissance par rapport à l’année précédente et présente un excédent appréciable. Il fut adopté également à l’unanimité. Le budget prévisionnel est sensiblement équivalent à l’exercice 2025 et prévoit une somme pour l’équipement en matériel informatique, compte tenu de l’évolution des besoins en matière de la numérisation et au stockage des données.
Le renouvellement du bureau n’a pas permis de constituer un bureau complet, Gérard LAILLET, trésorier sortant se présentant comme seul candidat au poste de trésorier pour le prochain exercice et étant élu à l’unanimité.
Nous avons été pris de court par la nécessité de respecter la date ultime du 8 décembre dans le cadre des statuts nationaux de la LDH. Une prochaine réunion de la section sera prochainement convoquée pour renouveler l’appel de candidatures pour le poste de président.e et de secrétaire, qui sera suivie d’une assemblée générale extraordinaire élective pour constituer le bureau, qui s’étoffera par la suite.
Rémy DUFAUT, vice-président sortant a accepté d’assumer la responsabilité de président par intérim dans l’attente de cette assemblée élective et exclusivement jusqu’à la date de celle-ci, pour gérer les affaires courantes.
Maryvonne BLUM-KÜHN a assumé la lourde responsabilité de présidente pendant 10 mandats et souhaite à présent passer la main.
Un vibrant hommage lui fut rendu par l’assemblée lors d’une longue ovation debout, après la remise de cadeaux par les ancien.ne.s président.e.s de la section et la lecture par Françoise BLUM d’un texte adressé par Me Romain MAINNEVRET, avocat au barreau de REIMS avec son associé, Me Mathieu MALBLANC, avec lesquels nous avons beaucoup et très efficacement travaillé ces dernières années, en particulier lors des sessions au Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne :
Chère Maryvonne,
Aujourd’hui, en prenant la parole, à travers la voix de votre sœur, j’espère pouvoir dire tout haut ce que tant de gens pensent tout bas, et de pouvoir vous remercier pour tout ce que vous avez construit dans votre engagement pour la défense des étrangers.
Un engagement guidé par la conviction
Depuis tant d’années, vous avez consacré votre énergie et votre cœur à la défense du droit des étrangers.
Vous avez porté cette mission non pas comme une simple responsabilité au sein de la LDH, mais comme un véritable combat, mené avec constance.
Vous avez toujours considéré chaque personne non pas comme un dossier, mais comme une histoire, un espoir, un avenir en quête d’ancrage.
Cette humanité, cette fidélité à vos valeurs, cette constance dans l’engagement m’ont marqué dans le travail à vos côtés.
Pour ma part, je veux dire combien votre confiance a été précieuse.
Vous m’avez toujours laissé la liberté de défendre au mieux les personnes étrangères dont nous avions la charge.
Les anecdotes
Je me rappelle mon premier appel à la LDH, en 2020, quand j’avais été commis d’office !
Je me rappelle, de situations humaines réglées, de certains visages de personnes dont les OQTF ont été annulées.
Des innombrables appels sur votre petit téléphone portable !
Je me rappelle du reportage de France 3 sur notre action croisée, au centre de laquelle se trouvaient le jeune Franklin et Archille.
Tous deux ayant aujourd’hui leurs papiers !
Nous avons formé un binôme déterminé le long de ces 5 années de collaboration.
Un départ, mais pas une absence
Votre départ de la présidence de la section marque la fin d’un chapitre, mais certainement pas la fin de votre influence.
Vous laissez derrière vous non seulement un travail accompli, mais une empreinte.
Et je sais que même si vous tournez la page de la présidence de section, votre regard, vos convictions, votre voix continueront de résonner, d’une manière ou d’une autre, dans notre manière d’agir en commun avec la personne qui vous succèdera.
Les combats sont encore là et s’avèreront encore plus complexes dans les années à venir, malheureusement !
Le travail continue dès jeudi prochain !
Enfin, chère Maryvonne, merci.
Merci… simplement, profondément
Merci pour ce que vous avez fait. Merci pour votre confiance accordée en 2020, quand nous avons commencé à travailler ensemble. Merci pour votre présence. Merci pour le modèle que vous avez incarné dans votre engagement.
Avec tout mon respect, toute mon affection.
Romain
Votre ami avocat !
Le mot de la fin revint à Maryvonne BLUM-KÜHN:
La soirée s’acheva autour d’un verre et de nourritures plus matérielles préparées par le restaurant associatif et participatif Les Mets d’Ailleurs de Rosières-près-Troyes.
La section LDH de l’Aube tient à remercier la mairie de Pont-Sainte-Marie qui a mis à notre disposition la salle de la MAC et tout particulièrement son personnel qui a rendu possible et agréable cette soirée importante dans la vie de notre association.
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Troyes: près de 450 personnes rassemblées ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne pour soutenir les lycéens
HB
Ils étaient 100 hier. Ce matin, 400 à 450 personnes ont répondu à l’appel des lycéens, parents d’élèves, étudiants, syndicats, associations et organisations pour soutenir les mobilisations des lycéen-ne-s et étudiant-e-s ce mardi 6 octobre 2026 devant le Lycée Marie-de Champagne à Troyes, seul établissement secondaire demeuré ouvert dans l’agglomération.
HB
Il s’agissait de dénoncer la politique de la matraque initiée par le ministre de l’Intérieur assumant la répression violente « sans retenue » et de lui montrer que le mouvement de la jeunesse n’est nullement aiguillonné par d’obscurs « proxys de l’ultragauche » ni manipulé par un parti politique. Cette stratégie d’attaque infantilisante ne marche plus.
Ce n’est pas en multipliant les Nathanaël Combary, trop proche du pouvoir pour être honnête et trop largement célébré sur les médias, qu’on fera taire la Gen Z, qui a encore bien des choses à dire.
HB
RD
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Contrôles des lycéens par la police: le préfet de l’Aube frise le génie
Face aux « débordements » qui secouent plusieurs établissements du département, le préfet de l’Aube prend un arrêté qui interdit le port de cagoules, foulards et équipements de protection aux abords des lycées jusqu’au mardi 6 octobre au soir. Une mesure de crise, qui vient durcir un arsenal juridique pourtant déjà bien fourni par la loi nationale.
Ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne à Troyes, seul lycée public ouvert dans l’agglomération, nous avons constaté que la police fouillait les sacs des élèves à l’extérieur du lycée, y compris dans les rues avoisinantes.
Lors d’un contrôle d’identité, la police ne peut pas procéder librement à une fouille des poches ou du sac.
La loi distingue notamment la palpation de sécurité, destinée à vérifier l’absence d’arme, et la fouille, qui nécessite un cadre juridique précis : consentement de la personne, enquête en cours, garde à vue ou réquisitions du procureur.
Une fouille réalisée en dehors de ces conditions peut être considérée comme irrégulière et entraîner la remise en cause de la procédure qui en découle.
La LDH, en partenariat avec de nombreuses organisations,appelle à participer aux mobilisations en soutien aux mouvements de la jeunesse le mardi 6 octobre 2026, partout en France.
Vidéo de la voiture de police à Troyes : la préfecture évoque une manœuvre de dégagement d’un policier blessé.
La préfecture de l’Aube a réagi à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant une voiture de police rouler à vive allure en direction des manifestants à Troyes jeudi matin. Elle évoque « une manœuvre de dégagement après la blessure d’un policier victime de projectiles ».
En somme, le « dégagement » d’un policier blessé justifie pour la préfecture de l’Aube, de mettre en danger les vies de dizaines d’enfants. Dans « Cette séquence isolée de son contexte » au cours de laquelle sont exfiltrés deux policiers blessés « dont l’un s’est vu prescrire huit jours d’ITT (incapacité totale de travail) à la suite de ses blessures« , il ne faut pas voir une voiture foncer sur une foule de jeunes lycéennes et lycéens en les gratifiant au surplus de jets de gaz lacrymogène. La vie des deux policiers ne semble pourtant pas présenter un tel caractère d’urgence, à la lecture de l’article, pour qu’elle puisse être préférable à celles de dizaines de gamines et gamins…
MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE
MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE
Face à l’escalade des tensions et aux débordements constatés dans plusieurs établissements scolaires du département, le parquet de Troyes passe à l’offensive. Bilan : 27 gardes à vue et 20 déferrements.
Les manifestations lycéennes engagées depuis le début de la semaine ont pris une tournure particulièrement violente dans l’Aube. Dans un communiqué de presse, envoyé aux rédactions ce vendredi 2 octobre 2026, la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Troyes a fait le point sur les événements survenus à Troyes ainsi qu’à Romilly-sur-Seine.
Depuis le lundi 28 septembre, la situation s’est détériorée aux abords de plusieurs lycées. Feux de poubelles, jets de projectiles et tirs de mortiers d’artifice ont rythmé les rassemblements. Face à ces violences, les forces de sécurité intérieure ont dû intervenir dans des conditions particulièrement délicates, les contraignant parfois à faire usage de gaz lacrymogènes de dispersion pour s’extraire d’attroupements hostiles.
Soulignant la gravité de ces agissements qui mettent en danger les élèves, la communauté éducative et les forces de l’ordre, le parquet a engagé des poursuites systématiques dès lors que les auteurs ont pu être identifiés.
Au total, 27 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début de la semaine : 26 mineurs et un seul individu majeur.
Les chefs d’accusation retenus illustrent la sévérité des faits reprochés : outrages et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, dégradations par moyen dangereux de biens d’utilité publique, transport et détention de produits incendiaires, participation à un attroupement en vue de commettre un délit, ou encore provocation à la rébellion.
Marquant sa volonté de fermeté, le parquet a ordonné le déferrement de 20 personnes devant la justice :
Pour le seul majeur impliqué : Une poursuite devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate a été engagée dès ce vendredi.� Pour 8 mineurs : Une convocation devant le tribunal pour enfants ou le juge des enfants est prévue dans les prochaines semaines. Dans l’attente de leur jugement, des mesures éducatives ou de contrôle judiciaire ont été ordonnées, comprenant des interdictions de manifester, des interdictions de paraître et des couvre-feux.� Pour 11 autres mineurs : Les jeunes ont été orientés vers le délégué du procureur pour une procédure de composition pénale en présence de leurs parents. Diverses sanctions ont été arrêtées, dont des stages de citoyenneté, des travaux non rémunérés, l’obligation de réparer les préjudices, ainsi que des interdictions de manifester et un couvre-feu nocturne (interdiction de paraître sur la voie publique entre 21h et 6h sans représentants légaux).�
Par ces mesures administratives et judiciaires strictes, l’institution judiciaire entend envoyer un signal clair afin de ramener le calme aux abords des établissements scolaires aubois.
Nous vous épargnerons les commentaires suscités par cette publication chez les décérébrés de tout poil et préférons leur apporter cette réponse bien sentie et parfaitement appropriée trouvée sur les réseaux sociaux (Merci à Isa Morvan, son autrice).
AUX VIEUX CONS QUI JUBILENT QUAND LES LYCÉENS PRENNENT CHER
Aux vieux cons qui regardent des lycéens s’en prendre plein la gueule face aux CRS et qui lâchent tranquillement : « Bien fait pour eux. Ils n’avaient qu’à rester en cours. »
ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.
Voilà, c’est dit. Pas d’éléments de langage d’attaché de presse.
Avec votre morale de napperon, votre nostalgie sous cellophane et votre mémoire de poisson rouge sous Lexomil. Je vous vois. Planqués derrière vos écrans, transformés en généraux de canapé dès qu’un môme de seize ans renverse une poubelle.
« De mon temps, on respectait l’autorité. »
MON CUL.
De votre temps, vous étiez jeunes. Vous fumiez en cachette derrière le lycée. Vous racontiez des conneries. Vous faisiez chier vos parents. Vous vouliez baiser, vivre, gueuler, vous barrer et refaire le monde avec trois francs en poche et des hormones qui vous sortaient par les oreilles. Puis le temps vous a roulé dessus comme un camion-benne. Et maintenant, vous êtes devenus exactement les vieux cons que vous trouviez insupportables à vingt ans. Félicitations. Votre médaille est disponible à l’accueil de l’EHPAD idéologique.
Parce que le vieux con adore la jeunesse. Aux Jeux olympiques. Au bac. Sur LinkedIn, avec une chemise blanche et un projet entrepreneurial biodégradable. Mais qu’un lycéen descende dans la rue, bloque son bahut et gueule que quelque chose déconne, soudain Gérard bande pour l’ordre républicain.
CRS ! BOUCLIERS ! MATRAQUES ! RANGEZ-MOI CES PUBÈRES !
Putain, on dirait qu’une poubelle brûlée menace directement son Livret A.
Et puis il y a cette phrase. Cette putain de phrase : « Ils l’ont cherché. »
Non.
On peut condamner un pavé lancé sur un flic. On peut condamner un abribus explosé. On peut condamner les violences, d’où qu’elles viennent. ET regarder un gamin tomber sans applaudir mécaniquement parce que celui qui tient la matraque porte un uniforme. Ces idées tiennent parfaitement ensemble dans un cerveau adulte. Normalement.
Parce que derrière les vidéos, les slogans et les barricades bricolées, il y a des gamins. Des gamins qui parlent de leur lycée, de leur avenir et du monde qu’on leur refile avec la délicatesse d’un locataire qui rend les clés après avoir chié dans le salon. Dette. Précarité. Logement hors de prix. École qui craque. Services publics essorés.
Et vous voudriez quoi ? « Madame, s’il vous plaît, puis-je être révolté sans perturber la circulation ? »
BORDEL DE MERDE.
Une révolte qui ne dérange personne, ça s’appelle une publication Instagram avec un carré noir. La jeunesse est chiante. HEUREUSEMENT. Elle déborde. Elle exagère. Elle gueule parfois avant d’avoir lu toute la notice.
Mais le vieux con veut des jeunes parfaitement domestiqués : engagés mais polis, en colère mais silencieux, révoltés mais surtout pas devant chez lui. Il veut Che Guevara avec Parcoursup. Rimbaud avec une convention de stage. Mai 68 à condition que ça finisse avant 18 heures parce qu’il faut rentrer la Dacia.
Et quand ça cogne ? « Fallait pas être là. »
Cette phrase me fout la gerbe. Parce qu’elle dit : reste chez toi. Ferme ta gueule. Obéis. Ne dérange pas. Et si tu déranges, ce qui t’arrive devient automatiquement ta faute. Belle conception de la démocratie. Propre. Pratique. Lavable en machine.
Tu peux penser qu’un blocage est une connerie. Qu’une manif part en vrille. Qu’un lycéen raconte n’importe quoi. Mais voir un jeune prendre un coup et lâcher : « Bien fait. » Là, on n’est plus dans le désaccord. On est dans la jouissance moisie du petit chef qui sommeillait derrière le rideau.
Alors aux vieux cons qui jubilent quand des lycéens prennent cher parce qu’ils auraient dû « rester à leur place » : ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.
Gardez vos « de mon temps ». Gardez vos leçons. Gardez votre fantasme d’une jeunesse à genoux devant l’autorité avec le carnet de correspondance entre les dents. Et essayez de vous souvenir du petit con que vous étiez avant de devenir le vieux con que vous êtes.
Parce que le problème n’est pas d’avoir vieilli. On vieillit tous. Le problème, c’est d’avoir tellement oublié sa propre jeunesse qu’on finit par applaudir lorsque celle des autres se fait cogner.
Et ça, bordel, ce ne sont pas les rides.
C’EST DE LA MOISISSURE.
Et je le répète pour que vous l’intégriez une fois pour toutes :
ALLEZ. VOUS. FAIRE. FOUTRE.
#Lycée
La LDH appelle à soutenir les mobilisations lycéennes ce mardi 6 octobre et sera présente à leurs côtés avec les parents d’élèves, syndicats et autres organisations, à Troyes comme ailleurs.
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Mouvement lycéen : des mineurs face à la répression des forces de l’ordre
Depuis le 21 septembre, le mouvement des blocus de lycées ne cesse de prendre de l’ampleur en France. Les lycéeen·nes mobilisé·es revendiquent simplement leur droit à l’éducation : ils demandent des professeurs, des classes moins chargées, des bâtiments décents. Face à eux : gaz lacrymogènes, tirs de grenades et gardes à vue. Nous dénonçons l’usage disproportionné de la force contre les manifestations lycéennes. Point sur la situation pour comprendre ce mouvement de rentrée, porté par la jeunesse.
La répression et la violence sont-elles la seule réponse du gouvernement face aux lycéens qui se mobilisent ? On dénombre 119 blessés et plus de 1000 arrestations. Pour évoquer cette réponse répressive et les violences policières, Cyprien Caddeo reçoit Me Elsa Marcel.
« Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter » : les lycéens face à la répression policière
En moins d’une semaine, plus de 1 000 lycéens ont été interpellés et 84 blessés. Malgré des revendications légitimes, ils sont à la fois infantilisés et perçus comme des « sujets dont il faut se protéger », donc réprimés violemment.
On a quand même tendance à croire l’un… mais pas l’autre…
Le maire (La France insoumise) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a démenti avoir allumé un feu de poubelle devant un lycée de son département, dénonçant mardi 29 septembre des « mensonges » après la diffusion de vidéos donnant lieu à des interprétations contradictoires sur son attitude lors du mouvement lycéen.
« Mediapart » a publié, lundi, des messages antisémites datant de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national. Le président du Rassemblement national, qui nie en bloc, a annoncé une plainte en diffamation.
Marche nationale pour le climat, la paix et les solidarités: 400 personnes à Troyes, 120000 en France
Prise de parole de la LDH
Marche pour le climat, la paix et les solidarités du 26 septembre 2026
La planète brûle en raison des guerres et sous l’effet des bouleversements climatiques.
La situation internationale est d’une extrême gravité, les guerres s’étendent et le droit du plus fort s’impose partout dans le monde au mépris du droit international qui est trop souvent bafoué. Les dépenses militaires augmentent de façon massive au détriment des budgets sociaux, des services publics et des investissements environnementaux. Les guerres détruisent les vies, jettent les populations civiles sur les routes de l’exil, aggravent les inégalités, nourrissent les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et les actes génocidaires, sans que soient inquiétés leurs auteurs, menaçant et remettant en cause les magistrats de la cour pénale internationale qui sont condamnés à l’impuissance.
Les habitants des quartiers populaires, les familles vivant dans la précarité et dans des logements non isolés, les personnes âgées et les personnes handicapées vivant dans la solitude, celles et ceux qui travaillent dehors, les paysannes et les paysans qui ont perdu une partie de leurs récoltes et les personnes qui dorment dans la rue sont les premières victimes des canicules successives et des changements climatiques. Des millions d’animaux qu’ils soient d’élevage ou sauvages ont péri sous le coup de la chaleur et des incendies. Personne ne pouvait ignorer ce que les scientifiques avaient depuis longtemps annoncé au fil de leurs recherches et ce que les citoyennes et citoyens avaient relayé. Leurs travaux et leurs communications sont restés vaines, les gouvernements étant sourds malgré leurs alertes.
Partout en France, dans les villes, les quartiers et les bourgs, nous sommes dans la rue pour marcher et pour demander une autre politique que celles qui conduisent aux catastrophes et qui reposent sur la recherche systématique du profit pour quelques uns au mépris de l’intérêt général et des personnes.
Nous allons marcher pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale et écologique, pour le respect des droits fondamentaux, pour la défense des libertés et pour les solidarités.
Nous allons marcher jusqu’au parc des Moulins en partant depuis ce lieu symbolique des pires heures de notre histoire.
Nous avons fait ce choix de nous retrouver à proximité de l’ancien siège de la gestapo durant l’occupation pour nous souvenir qu’en 1940, Pétain et l’extrême droite de l’époque avaient trahi le pays au nom d’un nationalisme de soumission à la force du nazisme et du rejet de la démocratie, dénonçant les conquêtes du front populaire.
Nous pensons à celles et ceux qui ont combattu le nazisme et le régime de Vichy et qui s’étaient engagés au risque physique qu’ils prenaient jusqu’au martyr et jusqu’à la mort, en affirmant que le pire n’est pas forcément derrière nous.
Nous avons fait ce choix parce que nous disons stop à la montée en puissance des régimes autoritaires et des dictatures et que nous appelons à nous mobiliser et à agir contre les extrêmes-droites.
En France, l’Etat de droit, qui était déjà fragile, recule par étapes. Depuis plusieurs années, les garanties dont toutes personnes bénéficient diminuent, les contre-pouvoirs sont écartés, la rue n’est plus écoutée, les contrôles judiciaires sont affaiblis laissant le champ libre aux pratiques autoritaires.
Avec le projet de loi « permis de tuer » instituant la présomption de légitime défense et une sorte de présomption d’usage légitime de leurs armes pour les policiers et les gendarmes ne constitue pas une simple mesure sécuritaire de plus, mais marque une rupture en légalisant une volonté de gouverner par la force et de ne plus préserver les citoyennes et citoyens des abus, de l’arbitraire et des ingérences.
Depuis les dernières élections municipales, la liste des décisions des communes dirigées par le RN et ses alliés, portant atteinte aux droits et aux libertés, s’allonge au fil des semaines. Dans ces communes, les extrêmes-droites remettent en cause les libertés d’association, d’expression, de création et syndicales, s’en prennent à la laïcité, mettent sous surveillance les personnes et tiennent des positions à caractère discriminatoire et raciste ainsi que des discours de haine contraires aux droits fondamentaux.
La droite n’hésite pas à prendre le pas et à rejoindre les thèses des extrêmes-droites pour s’affranchir des principes issus de la déclaration des droits de l’homme et des conventions européennes et ouvrir la voie pour changer la nature même de la démocratie afin d’aller vers un régime autoritaire, sécuritaire, raciste et antisocial.
Le maire de Troyes s’inscrit dans cette logique pour amener les françaises et les français à s’habituer à ce que leurs libertés soient progressivement détricotées par touches successives pour que la purge soit indolore.
Ainsi, François Baroin, au motif de protéger les mineurs a pris le 17 juin un arrêté municipal pour interdire aux mineurs le centre-ville de Troyes à partir de 22h30.
Parce qu’on ne protège pas les jeunes en rognant sur leurs libertés et en portant atteinte à leurs droits et à leur vie privée, la LDH, avec le soutien des élus de gauche, a saisi le tribunal administratif en référé liberté et a obtenu la suspension de cet arrêté couvre-feu qui ne disait pas son nom ainsi que la prise en charge de ses frais d’avocat, reconnaissant l’illégalité de la position de François Baroin. Cet arrêté était avant tout une opération de communication et, à la publication de la décision du juge, François Baroin n’a pas hésité à travestir la vérité pour ne pas perdre, du haut de sa superbe, la face et reconnaître publiquement que son arrêté avait été taclé alors que son adjoint à la sécurité avait déclaré qu’il était juridiquement parfait.
Une posture qui a démontré une nouvelle fois que le maire de Troyes fait prévaloir une politique répressive et punitive au détriment d’actions de prévention et d’éducation.
Une posture consistant à banaliser les agissements des extrêmes-droites comme l’ont montré en avril l’accueil complice qu’il avait réservé au canon français et sa visite amicale qu’il avait accordée aux convives des agapes idenditaires.
Rien n’est joué. Rien n’est perdu.
Cuire ou agir: nous avons choisi d’agir et nous restons mobilisés.
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« On veut faire taire, on veut intimider », dénonce Raphaël Kempf, avocat poursuivi pour un mail
Poursuivi pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique », Maître Raphaël Kempf doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Nancy. Son « crime » ? Avoir dénoncé dans un courriel adressé à la direction d’un établissement pénitentiaire les conditions d’isolement de son client, qualifiées de « torture blanche ».
Avocat au barreau de Paris, Raphaël Kempf défend depuis plusieurs années des manifestants interpellés ou emprisonnés et autres activistes victimes de la répression d’État. Au-delà du combat quotidien dans les tribunaux, les commissariats et les prisons, il a publié L’organisation du commerce face au changement climatique (Pedone, 2009), Ennemis d’État (La Fabrique, 2019), Violences judiciaires (La Découverte, 2022), Violences judiciaires2e édition revue et augmentée (La Découverte, 2026) et de nombreux articles dans Le Monde diplomatique, Jef Klak ou Délibérée.
Observatoire des expulsions des lieux de vie informels
Rapport 2025 de l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels : retour sur 7 ans de politique d’expulsion systématique.
L’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels publie son 7ème rapport annuel. En 2025, il a recensé 1 240 expulsions sur le territoire national : 632 sur le littoral nord et 608 sur les autres départements. Derrière ces chiffres, ce sont 77 099 personnes qui ont été concernées par ces expulsions aux conséquences désastreuses sur les personnes : violations de droits, violences, détérioration des conditions de vie, dégradation de l’état de santé, rupture de scolarité.
Constat alarmant des pratiques publiques relatives aux expulsions de lieux de vie informels. La situation, déjà délétère, continue de se dégrader:
La part d’expulsions sans fondement légal n’a jamais été aussi élevée et a presque triplé en sept ans, passant de 19 % en 2019 à 53 % en 2025 ;
93 % des expulsions ne sont précédées d’aucun diagnostic social ;
Dans 88 % des cas, les biens des habitantes et habitants sont saisis et/ou détruits ;
Les remises à la rue restent écrasantes après une expulsion : dans 92 % des expulsions, une partie ou l’ensemble des personnes ne se voient proposer aucune solution d’hébergement ou de logement ;
Un tiers des expulsions a eu lieu pendant la période de trêve hivernale.
Enfin, ce rapport met également l’accent sur des bonnes pratiques et alternatives qui existent sur le territoire national ainsi que sur les leviers actionnables par les pouvoirs publics afin d’œuvrer en faveur des droits et de la dignité des habitants de lieux de vie informels, comme l’ouverture de lieux d’hébergement provisoires ou la mobilisation du foncier vacant.
Augmentation de la mortalité sur les routes migratoires
En juin 2026, le collectif Caminando Fronteras a présenté les chiffres des tragédies des cinq premiers mois de l’année dans le cadre des travaux de l’Observatoire des Droits Humains.
Du 1er janvier au 31 mai 2026, 1 317 personnes sont décédées, dont 142 femmes et 129 enfants mineurs. Au cours de ces mois, 27 embarcations ont disparu avec toutes les personnes à bord.
La route atlantique vers les Canaries reste la route la plus meurtrière de la frontière, avec 635 victimes. Malgré une baisse de 72 % des arrivées, la route est devenue plus létale. Pour 100 personnes qui arrivaient en 2025, environ 14 mouraient. En 2026, ce chiffre s’élève à 21.
La route algérienne de la Méditerranée occidentale concentre le plus grand nombre de tragédies de la période analysée et dépasse pour la première fois les 507 victimes, soit 54 % de plus que pendant la même période de l’année précédente.
La route du Détroit — traversée à la nage vers Ceuta, principalement — et la route terrestre de la clôture de Ceuta ont considérablement augmenté leur nombre de victimes par rapport à la même période de 2025. La route du Détroit a doublé son nombre de victimes, passant de 52 à 99 en 2026. À la clôture de Ceuta, 48 personnes sont mortes au cours de ces cinq premiers mois de 2026.
Sur la route d’Alboran. 28 décès ont été enregistrés, lors de traversées à la nage vers Melilla et de naufrages d’embarcations pneumatiques vers les côtes andalouses.
Les principaux facteurs identifiés comme ayant contribué à cette augmentation de la mortalité sur les routes migratoires sont :
Absence de mobilisation des ressources de recherche et de sauvetage.
Critères discrétionnaires pour déterminer quand et comment déployer les moyens de secours.
Application inégale des protocoles de protection selon le territoire.
Faible mobilisation des moyens aériens et maritimes.
Coordination insuffisante entre les pays.
Délais considérables dans le déclenchement des opérations de sauvetage.
Emploi de violences aux points de contrôle de départ et à bord des embarcations.
Conditions physiques extrêmes et vétusté des embarcations utilisées.
Le collectif « Ca-minando (…en che-minant) » défend les droits des personnes et des communautés en mouvement.
Né en 2002. Il est le fruit de la rencontre et de la synergie de plusieurs défenseurs des Droits Humains sur différents territoires de la frontière occidentale Euroafricaine.
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Partout en Europe, les personnes à la rue sont plus nombreuses et plus âgées
La Fondation pour le logement et la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa) ont publié le 15 septembre leur 11e Regard sur le mal-logement en Europe.
Malgré une prise en compte croissante du sans-abrisme par l’UE, le nombre de personnes sans domicile augmente quasiment partout.
Au total, le rapport estime à 1,4 million le nombre de personnes à la rue, hébergées en urgence et prises en charge dans les foyers d’accueil en Europe, une hausse sur un an (1,3 million en 2024). «Listes d’attente qui explosent, personnes ballottées d’un hébergement à l’autre sans solution pérenne, séjours qui s’allongent faute de porte de sortie»: les dispositifs sont sous pression, amenant les acteurs à «trier les publics» et à «durcir» les conditions pour y avoir accès. Une politique «aux effets mortifères», alertent les associations. Elles appellent chaque État à adopter et mettre en œuvre des «stratégies nationales» de lutte contre le sans-abrisme, «actualisées et ambitieuses».
Les personnes âgées ne sont pas épargnées: près de 170.000 personnes âgées seraient sans domicile fixe au niveau européen, selon le rapport.
Les hébergements d’urgence peinent à accueillir les plus de 65 ans, alertent deux associations. Leur rapport, qui couvre l’Union européenne et le Royaume-Uni, appelle à renforcer la lutte contre le sans-abrisme.
On a tendance à se représenter les seniors comme un groupe d’âge épargné par les difficultés «mais au sein de chaque génération il existe de fortes inégalités», a souligné lors d’une conférence de presse Ruth Owen, directrice adjointe de la Fédération européenne.
Des hébergements inadaptés à la perte d’autonomie
Les structures d’hébergement sont pensées pour accueillir un public autonome. Les bâtiments, souvent sans ascenseur ou dotés de lits superposés, ne sont pas adaptés aux personnes en perte d’autonomie. Ces dernières ont davantage de besoins de soins, que le secteur social n’est pas en mesure d’assurer, faute de ressources et de compétences.
Un livre de Philippe Artières Dans les archives du Gisti
Philippe Artières s’est plongé dans les archives de la permanence juridique du Gisti, aujourd’hui conservées à la Contemporaine (Nanterre), qui rassemblent les courriers des demandes d’aide adressés au Gisti entre 1993 et 2011.
S’emparer de cette archive du Gisti renvoie à un pan de l’histoire des politiques migratoires en France. Elle est une manifestation flagrante de l’injuste condition des personnes étrangères sollicitant un conseil juridique, se trouvant de fait en situation de précarité devant un appareil législatif qui accumule sans cesse de nouvelles dispositions. Face aux règles bureaucratiques et à la complexité des lois successives, les auteurs et autrices des lettres sont ainsi autant de sujets de droits et incarnent une situation ordinaire des étrangères et des étrangers. Qu’elles et ils fuient la persécution dans leurs pays d’origine ou résident en France depuis bien longtemps, parfois y ayant forgé leurs vies de travailleurs ou d’étudiants, de parents et grands-parents, d’amoureux… toutes et tous se trouvent soudainement « irréguliers » ou risquent de le devenir.
Philippe Artières met ainsi en évidence la puissance de l’écrit et des « papiers » face au cours de la vie et aux subjectivités. « Sans papiers », ces personnes étrangères ou immigrées écrivent et accumulent les preuves écrites de leurs existences : une occurrence de ce que l’auteur nomme la « machine graphomaniaque ».
Le texte de Philippe Artières est suivi d’une sélection de lettres reproduites en fac-similés, d’un entretien avec des membres du Gisti et d’une chronologie qui fait écho à l’empilement de dispositions législatives en parallèle des drames contemporains du Congo, d’Haïti, de la guerre civile en Algérie… On lit aussi en creux la longue histoire coloniale et les nombreuses familles qui en sont issues.
À la demande de Philippe Artières, les droits d’auteur de ce livre seront entièrement reversés au Gisti.
Philippe Artières est historien du contemporain. Directeur de recherches au CNRS, membre de l’Iris de l’EHESS à Paris-Condorcet, il est l’auteur de nombreux ouvrages. Il a en particulier co-dirigé avec Michelle Zancarini-Fournel, 68, une histoire collective (La Découverte, 2008 /2018), coordonné La Révolte de la prison de Nancy # 15 janvier 1972 (Le Point du Jour, 2013), Attica USA 1971 (Le Point du Jour, 2017) et écrit Le Peuple du Larzac . Une histoire de crânes, sorcières, croisés, paysans, prisonniers, soldats, ouvrières, militants, touristes et brebis (La Découverte, 2019), La Mine en procès. Fouquières-lès-Lens 1970 (Anamosa, 2023), et À bout portant. Versailles 1972 (Verticales, 2024).
Née en 1981, est historienne, maîtresse de conférences en histoire contemporaine et chercheuse française. Elle s’intéresse aux inégalités de genre dans les conditions de travail et la participation des femmes dans les conflits ouvriers.
Fanny Gallot étudie l’histoire à l’université de Rouen-Normandie. En 2012, elle soutient sa thèse à l’Université Lumière-Lyon-II, qu’elle a menée sous la direction de Michelle Zancarini-Fournel. Elle s’intitule Les ouvrières, des années 1968 au très contemporain : pratiques et représentations. Elle étudie deux entreprises Chantelle à Saint-Herblain et Moulinex à Alençon où les ouvrières sont majoritaires.
Sa thèse est publiée en 2015, sous le titre En découdre : comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société.
En 2015, Fanny Gallot est nommée maîtresse de conférences à l’Université Paris-Est-Créteil. Elle est également militante syndicale au SNESUP-FSU.
Engagement politique
Fanny Gallot est co-responsable du département d’Histoire de l’Institut la Boétie[4]. Elle fait partie des auteurs « issus de nombreux horizons, mais tous plus ou moins proches des idées de LFI » qui participent à la rédaction de l’ouvrage Extrême droite : la résistible ascension publié en septembre 2024 par cet institut coprésidé par Jean-Luc Mélenchon et Clémence Guetté.
Publications
Fanny Gallot, En découdre : comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société, Paris, La Découverte, 2015, 282 p. (ISBN 978-2-7071-8241-8).
Ludivine Bantigny (dir), Fanny Bugnon (dir) et Fanny Gallot (dir.), Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? : le genre de l’engagement dans les années 1968, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, 259 p. (ISBN 978-2-7535-5231-9).
Pauline Delage et Fanny Gallot, Féminismes dans le monde, 23 récits d’une révolution planétaire, Éditions Textuel, 2020, 208 p. (ISBN 978-2-84597-807-2).
Fanny Gallot, Mobilisées : une histoire féministe des contestations populaires, Paris, Éditions du Seuil, 2024, 283 p. (ISBN 978-2-02-145296-9).
Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Sortir des polémiques, ouvrir des possibles. Fanny Gallot (coord.). Ed. Syllepse. Collection : « Comprendre et agir », déc. 2025, 136 p. (ISBN 979-10-399-0342-4).
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Alizée Delpierre : « La dégradation des conditions d’existence des immigrés favorise les situations d’esclavage »
Souvent immigrées et sans papiers, les victimes d’esclavage moderne sont reléguées dans des marges dont il est difficile de s’extraire. Entretien avec la sociologue Alizée Delpierre, qui a enquêté sur le phénomène.
Après Servir les riches (La Découverte, 2022), sur les domestiques des très grandes fortunes, la sociologue Alizée Delpierre propose dans Comme des esclaves (La Découverte, 2026) une enquête de terrain sur l’esclavage moderne.
Pour cela, elle a compulsé les dossiers constitués depuis plus de trente ans par le Comité contre l’esclavage moderne, qui accompagne les victimes et donne la parole à celles-ci, mais aussi à un certain nombre d’exploiteurs afin d’analyser leurs discours.
Les victimes de la traite par le travail sont le plus souvent immigrées, étrangères, et en situation irrégulière, rappelle-t-elle, tout en pointant la responsabilité de l’Etat dans leur précarisation. Son livre, comme cet entretien, se termine sur une note optimiste consacrée au rôle libérateur des sciences sociales.
» En France, il existe un esclavage qui se caractérise par des rapports que je qualifie de surexploitation, consistant tout d’abord en la mise au travail quasi-illimitée des corps, jusqu’à 18 ou 20 heures par jour. Cela s’accompagne souvent d’une absence de rémunération ou d’une rémunération très faible, sans rapport avec le nombre d’heures de travail effectuées. Par ailleurs, l’accès à l’eau, à l’hébergement, à l’hygiène et à la nourriture est contrôlé par « l’employeur » et souvent très restreint. »