Glissé dans le projet de loi actualisant la programmation militaire 2024-2030, l’article 21 crée de toutes pièces un régime juridique inédit : l’état d’alerte de sécurité nationale. Adopté à l’Assemblée nationale lors des débats du 18 mai avec les voix du camp gouvernemental et de l’extrême droite, le texte file désormais au Sénat, avec pour objectif une adoption définitive avant le 14 juillet. Tout s’est passé dans la plus grande discrétion. Comme d’habitude quand on veut que personne ne regarde.
C’est quoi « l’état d’alerte de sécurité nationale », possible régime d’exception adopté discrètement par les députés ?
Cela évoque une « dictature militariste », des « libertés en berne », un « état d’alerte permanent ».
Les droits mettent des siècles à se conquérir, quelques semaines à se perdre. À un an de l’élection présidentielle, alors que son bilan en matière de libertés publiques est déjà accablant, Emmanuel Macron ne désarme pas. Le projet de loi de programmation militaire « pour faire face au retour de la guerre » – dont l’examen n’a pas été achevé dans les délais prévus et devrait reprendre le 18 mai – en est une nouvelle illustration.
Dès le 3 mai, une tribune publiée dans L’Humanité et cosignée par la Ligue des droits de l’Homme, la CGT, Solidaires, la FSU, France Nature Environnement, Greenpeace, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et Alternatiba, avait sonné l’alarme. Ces organisations dénonçaient un état d’urgence qui ne dit pas son nom, activable sur des critères volontairement flous et vagues, permettant des dérogations immédiates aux règles de protection environnementale, aux normes de sécurité au travail, aux règles d’urbanisme et même au droit du patrimoine archéologique.
« Pour empêcher le RN de gagner, tu as fait quoi ? » Les plus jeunes, un jour, nous poseront la question.
Les acteurs culturels se mobilisent
Et faire obstacle, il le faut, c’est urgent.
Ce n’est pas simple. Les votes RN ont des causes.
Le management néo-libéral, en entreprise et dans les services publics, insécurise les salarié·es, démolit les collectifs. Alors chacun.e pour sa peau, le repli sur soi, et les autres, méconnus, fantasmés, semblent des menaces.
Insécurisé·es aussi, les employé·es, les ouvrier·es qui hier, en trimant dur, escomptaient s’en tirer. Les voici smicardisé·es, dans la crainte d’endettements ou de loyers impossibles à régler.
Et pour leurs enfants, l’ascenseur par l’école est brisé, avec Parcoursup et l’Éducation nationale appauvrie. La chute sociale, tous la redoutent.
Alors voter RN, pour un ordre imaginaire, restaure l’idée de sa respectabilité, aide à se distinguer des « plus bas que soi », précaires, souvent immigrés.
Les votes RN sont les symptômes d’une extrême-droitisation multiforme, encouragée par les partis politiques de droite et, hélas, quelquefois par des discours venant de la gauche.
Les violences policières impunies, les discriminations à l’embauche ou pour louer, toutes ces inégalités permanentes envers les racisé·es, les obsessions sur le voile, et les stigmatisations comme « nouveaux barbares » par certains responsables d’État, banalisent les visions ethno-nationales du monde social.
D’autant que des médias d’ultra-droite décomplexée, chaque heure, activent les haines et l’équation islamophobe : insécurité = immigration = musulman.
Parallèlement, les femmes affrontent une offensive masculiniste, qui prône l’inégalité des sexes, la violence verbale et physique envers elles, de la part d’hommes déstabilisés sur le plan identitaire par la dépréciation de la virilité.
En monde rural pauvre ou en monde désindustrialisé, d’où viennent tant de votes RN, il n’y a plus ni services publics, ni médecins, ni bistrots, mais des magasins portes closes, des classes, des églises, fermées. Les fanfares, les clubs sportifs n’y survivent pas. Les anciens sont trop pauvres pour secourir les jeunes. Les enfants ne peuvent secourir les parents.
Les « entre-soi » populaires s’effondrent et, avec eux, les réputations locales, l’estime de soi, qu’ils généraient. Alors, seules restent comme identités positives : « être Français, ça on ne me l’enlèvera pas », « être un mec qui assure ».
Les causes et manifestations de l’extrême-droitisation sont donc solides et diverses. Aussi, endiguer le RN et ceux qui favorisent ses orientations, ne passera pas simplement par des votes. Si on attend ces votes, il sera trop tard. Car la bataille culturelle, nous l’aurons perdue.
C’est pourquoi, sans attendre, nous appelons à nous coaliser contre les soubassements culturels de l’extrême-droite. Et dans cette bataille, les intellectuel.les, académiques ou pas, les enseignant·es, les journalistes et les artistes, les acteurs culturels de toutes fonctions, ont un rôle historiquement décisif.
Sans mobilisation générale de chacune, de chacun, et dès maintenant,
l’extrême-droite va gagner.
Nous en serons plus ou moins responsables
Or nous ne voulons pas de son monde. Nous ne voulons pas d’une chasse aux migrant·es. Car, non, ce n’est pas l’immigration qui remplit les prisons, c’est en réalité la pauvreté. L’immigration, au contraire, nous enrichit, culturellement, économiquement.
Non, il ne faut pas une flambée de lois sécuritaires, des IA qui contrôlent tout et partout, toujours plus de prisons, des violences policières, des défenses de manifester, une criminalisation du droit de penser.
Il ne faut pas une exaspération des défiances, une société de surveillance, avec blanc-seing pour les professions d’ordre, des managers tyranniques aux patrons à poigne en passant par les sociétés privées de sécurité.
Non, les enseignant·es ne doivent pas se muer en sergents-majors, avec des élèves docilisés, en uniformes.
Les élus RN protègent les riches, or nous voulons une redistribution réelle des immenses richesses produites, élever les salaires, plus de services publics, élargir les protections sociales et écologiques.
Nous refusons aussi la privatisation intégrale de l’audiovisuel.
L’extrême-droite voit des « wokes » partout, attentant aux « fondations de la civilisation française ». Pour nous, le féminisme, la culture LGBTQI, l’anticolonialisme, ne menacent personne mais ouvrent mille possibilités neuves.
Nous combattons toutes les formes de racisme, dont est victime une partie importante de la population, que ce soit pour sa couleur de peau, sa religion, son nom, son lieu de résidence, son pays d’origine réel ou supposé tel.
À l’international, l’extrême-droite au pouvoir, ce sont des permis de polluer à foison. Alors qu’il est urgent d’imposer un immense stop, aux intérêts associés pour faire du fric qui ravagent le vivant, le ciel, la terre.
Le monde que l’extrême-droite fabrique n’est pas le nôtre.
Elle ne passera pas si en amont des votes, nous nous engageons à défaire ses représentations du monde.
Et à inventer un nouvel imaginaire politique qui rendra les rapports sociaux égalitaires, libres, joyeux, hospitaliers.
C’est pourquoi, parce que l’heure est maintenant cruciale, et car il y a danger, nous appelons ce mois de mai 2026 les acteurs culturels de toutes spécialités, à créer une Coalition des Résistances Artistiques, Culturelles et Scientifiques (CRACS).
Nous ne serons pas celles et ceux pour qui sonne le glas.
Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription
Bien que le ministre de l’Enseignement supérieur ait décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription à l’université des étudiants non ressortissants de l’Union européenne, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, mardi, contre cette mesure, à Paris et dans plusieurs villes de France.
Des étudiants se sont mobilisés ce mardi à l’IUT de Troyes pour dénoncer le plan « Choose France for Higher Education ». Cette mesure gouvernementale prévoit une augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens dans les universités françaises. Le rassemblement s’inscrit dans un mouvement national organisé par la Fédération des associations générales étudiantes. « Notre but, c’est de faire retentir, de laisser les étudiants troyens s’exprimer », explique Valentin, membre de la Fédération des Étudiants Troyens – Campus 3. La mobilisation vise à faire pression pour repousser le décret.
La sénatrice Corinne NARASSIGUIN et plusieurs de ses collègues socialistes déposaient au Sénat, le 13 avril dernier, un texte de loi visant à lever les obstacles à l’intégration des étrangers en France. Celui-ci, en proposant des solutions, démontre clairement l’urgence d’améliorer les conditions d’accueil de ces étrangers. Ce qui n’est évidemment pas l’objectif de la droite.
En même temps, le plan gouvernemental « Choose France for Higher Education » contient une véritable incohérence, l’objectif affiché étant de « rendre la France plus attractive pour les étudiants étrangers ». Quel est le but réel, en augmentant de façon discriminatoire les frais d’inscription en fonction de la nationalité, de placer les étudiants extracommunautaires dans une précarité insurmontable ? Certainement pas de leur rendre la France plus attractive…
RD
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Après des débats mouvementés, les députés ont adopté, mardi 5 mai, un texte visant à allonger la rétention administrative d’étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux de 3 à 7 mois. Cette mesure, au parcours législatif cahoteux après une censure du Conseil constitutionnel l’été dernier, était défendue de longue date par la droite.
Cette proposition de loi, dite loi « Philippine », du nom de cette étudiante assassinée en septembre 2024 par un ressortissant marocain sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), libéré quelques jours avant d’un centre de rétention administratif (CRA), doit encore être examinée par le Sénat à partir du 20 mai. Connaissant la composition de celui-ci, il y a fort à parier qu’elle ne sera pas remise en cause.
Depuis plusieurs mois, les professionnels du droit des étrangers observent un affaiblissement inquiétant du contrôle judiciaire sur les placements et maintiens en centre de rétention administrative. Le SAF rappelle avec force que la rétention administrative n’est pas une peine : elle n’est légale que si l’éloignement est réellement possible. À défaut, la privation de liberté devient illégale.
Le « règlement retour » (que nous avons déjà évoqué dans ces colonnes)prévoit des « hubs de retour » : bien que le texte soit vague à ce sujet, on peut imaginer des centres de rétention à grande échelle, installés hors du territoire de l’Union Européenne, dans des pays tiers avec lesquels les personnes concernées pourraient n’avoir aucun lien.
L’une des mesures centrales de l’accord franco-britannique, signé en avril sans aucune consultation démocratique, est la création d’un centre de rétention administrative et d’expulsion à Dunkerque, dont la cible est explicitement nommée – dix nationalités parmi lesquelles, des Afghans, des Syriens, des Soudanais, des Érythréens. C’est-à-dire des personnes qui fuient des guerres, des dictatures, des persécutions – et qui ont, dans leur immense majorité, le droit à la protection internationale.
Toutefois, les mobilisations citoyennes prouvent leur utilité pour dénoncer les OQTF, assignations à résidence et enfermements en CRA qui frappent les plus fragiles.
C’est pourquoi nous devons faire tout le bruit possible autour de ce projet de loi scélérate qui fait de la rétention un outil de mise à l’écart de celles et ceux que l’administration désigne comme indésirables, faisant le jeu de la droite extrême et de l’extrême droite.
L’UPOP invite ce mardi un artiste peu commun, Jean-Baptiste COLIN autrement dit JBC, artiste street art dont les œuvres très colorées tapissent les murs de grandes villes, pour parler de l’IA générative d’images qui vient de faire une entrée fracassante dans le domaine de la création.
JBC nous expliquera donc ce qu’est l’IA, et ce qu’elle va générer comme atouts et comme préjudices dans le domaine créatif et innovant qui est le sien. Est-elle art ou simple imitation ? Qui en est propriétaire, un homme ou une plate-forme ?Sans oublier les problèmes liés aux vidéo-infox, hypertrucages fabuleux ou pernicieux qui peuplent les réseaux sociaux et altèrent le jugement scientifique.
La grande question du remplacement de l’homme par la machine est ainsi de nouveau posée, et Jean-Baptiste Colin nous livrera son analyse d’artiste créateur.
Une réunion d’information autour du guide des manifestant.e.s. élaboré par le Collectif aubois de lutte contre les extrêmes droites.
L’UNAFAM nous présente un témoignage intéressant d’une personne qui s’est battue contre la schizophrénie et qui en a fait une intéressante pièce de théâtre.
L’association e-graine nous invite:
Nous souhaitons travailler sur les questions d’antiracisme et de décolonialité, qui fait suite à certaines de nos actions de l’année dernière durant le festival des solidarités en partenariat avec le tiers lieu culturel Aux Adelphes à Sainte-Savine. Nous organisons un atelier d’autodéfense intellectuelle contre le racisme qui a pour objectif de partager des conseils, des outils et des ressources concrètes pour mieux faire face aux situations de racisme, que l’on en soit victime ou témoin :
Le Collectif « Aucune Famille à la Rue » nous rappelle qu’une cagnotte est ouverte pour permettre à des familles, prises en charges trois nuits par le 115 quand il y a de la place se retrouvent dans la rue le reste du temps.
L’argent collecté leur permet de payer des nuitées aux familles dans la mesure du possible lorsqu’elles ne sont pas prises en charge.
Quelques nouvelles variées (mais non exhaustives) des extrêmes droites
PARIS
La manifestation d’extrême droite du Comité du 9-mai interdite à Paris, le groupuscule dépose un recours.
Le Comité du 9-Mai, groupe d’extrême droite radicale, entend organiser un défilé à Paris ce week-end, en hommage notamment à Quentin Deranque. La Préfecture de Police l’a interdit mais le tribunal administratif pourrait bien l’autoriser comme en 2025.
150 personnes se sont réunies devant le tribunal judiciaire de Moulins, cet après-midi, pour soutenir le journal L’Humanité poursuivi pour diffamation par Guillaume Senet, le fondateur de Murmures de la cité. Fabien Gay, le directeur du quotidien communiste, a transformé ce rassemblement en tribune politique.
Après les débordements lors du banquet du Canon français, le 18 avril, la ville de Caen voit l’extrême droite tisser sa toile dans une terre jusqu’ici épargnée par la vague brune. Malgré des résultats électoraux mineurs, la xénophobie et la violence progressent, alertent des militants de gauche et des habitants.
Une quarantaine de personnes se sont réunies devant le palais de justice d’Angers, mercredi 6 mai 2026 en milieu de journée, pour soutenir Jean-Eudes Gannat, élu d’extrême droite et militant identitaire.Le jeune homme est jugé pour des propos tenus à Segré, et sur les réseaux sociaux , à l’encontre d’Afghans, qualifiés de « cousins des Talibans ». Il est poursuivi pour provocation à la haine et injure en raison de l’origine.
À Carcassonne, 300 personnes ont défilé, mercredi 29 avril, pour protester contre les attaques en tous genres du nouveau maire RN, Christophe Barthès. La foule avait été conviée par les organisations de jeunesse. Dans la préfecture de l’Aude, l’édile s’en prend à tous les contre-pouvoirs. Les associations humanistes comme la Ligue des droits de l’Homme ? Arrêt des subventions. Les locaux mis à disposition pour les syndicats et les associations ? Fermés à double tour. Tant pis pour les salarié·es qui ont besoin de conseils ou de formations. Christophe Barthès va même jusqu’à infiltrer des groupes de discussions de lycéens pour les convaincre de ne pas se mobiliser. Peine perdue, cheh !
Les deux jeunes militants d’extrême droite interpellés pour violences en marge d’un rassemblement antifasciste à Nice finalement jugés en juillet.
Les deux jeunes suspectés d’appartenir à « Aquila popularis » et d’avoir notamment commis des violences en marge d’un rassemblement contre le racisme organisé, place Saint-François à Nice, seront jugés le mercredi 3 juillet.
Dans les régions, l’extrême droite impose la « priorité nationale » sur les aides sociales.
L’idée de réserver certains services et prestations sociales aux personnes de nationalité espagnole s’invite dans les accords régionaux en Espagne, portée par le parti d’extrême droite Vox et acceptée par les conservateurs du Parti populaire.
L’alliance opportuniste des socialistes avec l’extrême droite.
Le Parlement roumain a voté la censure du gouvernement à la faveur d’une alliance des sociaux-démocrates avec l’extrême droite. Les deux camps voulaient faire chuter le premier ministre pro-européen, Ilie Bolojan, qu’ils accusent d’avoir plongé le pays dans la pauvreté par une politique d’austérité. Cette alliance de circonstance soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir européen de la Roumanie.
En Suède, la droite précipite la normalisation de l’extrême droite.
A l’approche des élections législatives du 13 septembre, les conservateurs, les Libéraux et les Chrétiens-démocrates ont fait savoir qu’ils étaient prêts à gouverner avec les Démocrates de Suède, qui leur ont permis de revenir au pouvoir en 2022.
Déroute annoncée pour les travaillistes, l’extrême droite favorite… Les enjeux des élections locales au Royaume-Uni, qui font trembler Keir Starmer.
Selon certaines prévisions, le Labour risque de perdre jeudi environ 1 850 des quelque 2 550 sièges qu’il défend. De son côté, le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage veut confirmer sa montée en puissance à travers tout le pays.
L’extrême droite progresse et les communistes perdent le Kerala.
Ce 4 mai, l’extrême droite de Narendra Modi a conquis le Bengale-Occidental, une première depuis l’indépendance. L’État du Kérala, dirigé par les communistes, passe aux mains du Congrès, et le Tamil Nadu sera dirigé par une formation populiste. Le point sur ces élections dont on ne parle que trop peu avec Axel Nodinot, journaliste à la rubrique monde, et Théo Bourrieau.
Près de Tokyo, un projet de mosquée instrumentalisé par l’extrême droite.
L’initiative, destinée à offrir un lieu de culte à la communauté musulmane locale, est la cible d’une campagne de dénigrement et de fausses informations. Dans la presse japonaise, des voix s’élèvent pour appeler au dialogue avec les immigrés de confession musulmane.
Comment l’Amérique latine est devenue une terre d’élection pour l’extrême droite.
Du Honduras au Chili, une dizaine de pays ont placé à leur tête des dirigeants liés à la droite radicale. Ils s’inspirent notamment du président salvadorien, Nayib Bukele, qui a éradiqué les gangs au prix de graves atteintes à l’Etat de droit.
Rapport Alloncle: l’idée de la privatisation de l’audiovisuel public fait son chemin
Le rapport de la commission d’enquête parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a été publié ce mardi matin par l’Assemblée nationale. Un document de plus de 550 pages, avec les recommandations du rapporteur Charles Alloncle, mais aussi un long avant-propos de son président, Jérémie Patrier-Leitus.
La réponse de Delphine Ernotte au rapport Alloncle rendu public : « tout ça pour en arriver là ? »
La réponse de la présidente de France Télévisions ne s’est pas fait attendre sur ce sujet brûlant. Delphine Ernotte Cunci a dénoncé ce mardi 5 mai sur X le rapport du député UDR Charles Alloncle sur l’audiovisuel public, « à charge » et visant un « affaiblissement historique », selon elle.
Le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public illustre une dérive bien connue : réduire le service public à une querelle sur sa neutralité politique et le prétendre obèse financièrement. Ici se joue une part du récit collectif de notre démocratie.
Comment l’extrême droite veut discipliner l’audiovisuel public avant de le privatiser.
Derrière les discours de rigueur et de neutralité, le rapport porté par Charles Alloncle esquisse bien davantage qu’une réforme technique : une remise en cause profonde du pluralisme médiatique.
Désarmer la France : ce que cache vraiment le rapport Alloncle.
Désarmer un pays ne se fait pas seulement avec des armes. Cela se fait aussi en démantelant ses infrastructures démocratiques. Le service public de l’audiovisuel est l’une de ces infrastructures essentielles. L’affaiblir, dans le contexte actuel, est une faute stratégique majeure.
Rapport Alloncle : un projet de démantèlement de l’audiovisuel public.
La SACD dénonce le rapport Alloncle sur l’audiovisuel public : un projet de démantèlement qui menace la création française et l’indépendance du service public.
Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public n’a aucune chance de s’appliquer. Mais il inscrit le sujet dans la prochaine présidentielle.
La cérémonie des Molières, ce 4 mai sur France 2, était de bout en bout une spéciale dédicace adressée au député Charles Alloncle, le rapporteur ciottiste de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Ouverture avec les travestis de la comédie musicale « la Cage aux folles » ; long dégagement de Paloma, la drag queen gagnante de « Drag Race » – émission honnie par Alloncle ; morceau d’humour de Merwane Benlazar – sa chronique dans l’émission « C à vous » sur France 5 il y a quelques mois avait fait polémique car certains l’avaient imaginé en tenue salafiste, la ministre de la Culture d’alors Rachida Dati avait même été interpellée – cette fois vêtu d’une… marinière. Et même une parodie des auditions de la commission avec Laurent Stocker de la Comédie-Française en Charles Alloncle ! Bref, un festival juste avant la publication, le lendemain, ce 5 mai, du rapport issu des 67 auditions menées du 25 novembre au 8 avril.
Le pavé – 560 pages – qui inclut les contributions, en réplique, d’autres parlementaires, est à l’image des auditions. Il aboutit à 69 recommandations qui partent dans tous les sens, chiffrant même les dépenses autorisées au Festival de Cannes ou le sort des voitures de fonction. Objectif affiché : économiser un milliard d’euros sur les quatre que coûte l’audiovisuel public à l’Etat. « Ce que propose ce rapport, c’est le plus grand plan social de l’histoire culturelle française », dénonce Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions dans un communiqué.
Charles Alloncle joue au grand architecte : il fusionne (France 2 et France 5, mesure la plus incompréhensible ; la chaîne Franceinfo et France 24 ; France 3 Régions et ICI), il stoppe (France 4 ; l’offre numérique France.tv Slash à cause de ses « contenus militants »), il rabote le budget des sports (alors que la diffusion en direct des compétitions reste le monopole des télévisions, comparées aux plateformes de streaming). Mais les choses ne sont pas si simples : supprimer France 4 par exemple, c’est affaiblir drastiquement le secteur de l’animation qui est une filière d’excellence de la France !
Pis, pour Charles Alloncle, les dirigeants de l’audiovisuel public ne doivent plus être élus par le gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom, mais désignés directement par… le président de la République, après avis des commissions des affaires culturelles du Parlement et de l’Arcom. Indépendance garantie !
Alloncle n’en reste pas là, il se prend aussi pour le directeur des programmes, ce qui excède ses attributions. Il entend sucrer les trois quarts du budget des jeux, il y en a trop ! Chaque fois, il se justifie ainsi : « On attend autre chose d’une chaîne du service public ». Qui est « on » ? Ses électeurs, dont certains figurent sûrement parmi les 2,5 millions de fans de « N’oubliez pas les paroles », ce karaoké animé, en fin d’après-midi, par Nagui ? Le rapporteur veut faire des économies. Or, les jeux génèrent de la publicité… Charles Alloncle trouve aussi que l’éditorialiste Patrick Cohen, le matin sur France-Inter, le soir sur France 5 dans « C à vous », c’est deux fois trop. Aussi suggère-t-il de « remplacer l’édito “made in service public” par une diversité de courants d’opinion issus de la presse écrite ».
En réalité, s’il est intéressant de voir jusqu’où vont ses obsessions (et donc celles de l’extrême droite), expertiser ce rapport n’a guère de sens car la probabilité qu’il s’applique tend vers zéro. Le vote – houleux – des membres de la commission la semaine dernière qui a conduit à la publication de ce pavé ne préjuge en rien de la suite. Une chose est sûre : il est impossible qu’une loi sur l’audiovisuel public soit mise dans les tuyaux d’ici le printemps 2027. Charles Alloncle va juste profiter, le 25 juin, d’une niche parlementaire réservée à son parti, l’UDR, pour y glisser une proposition de loi sur la prévention des conflits d’intérêts entre France Télévisions et les sociétés de production.
Le président Horizons de la commission Jérémie Patrier-Leitus, qui propose lui-même 40 contre-propositions, est réaliste : « Ce que le rapporteur pense ou ce que je pense… à la fin, ce sont les candidats qui compteront. » Le rapport n’était même pas publié que, la semaine dernière, le Rassemblement national (RN) et ses leaders, le balayaient sans le moindre égard. Ils vont beaucoup plus loin. Le 29 avril, sur X (ex-Twitter), le RN lançait le chantier : « Privatisons l’audiovisuel public ! Signez la pétition. »
Le même jour, sur BFM TV, Jordan Bardella, président du RN, a été très clair : « On a là 4 milliards d’euros, je ne crois pas qu’en 2026 il y ait encore un sens à ce que l’Etat français soit propriétaire de chaînes de télé. (…) Demain à la tête du pays, nous engagerons la privatisation de l’audiovisuel public. (…) L’Etat français en 2026 peut parfaitement se passer d’un audiovisuel public pléthorique qui utilise l’argent de tous les Français pour faire du militantisme politique et pour assumer une idéologie politique. » Charles Alloncle se pose en sauveur de l’audiovisuel public mais le président de son propre parti, Eric Ciotti, dans un courrier au Premier ministre le 18 septembre dernier, proposait lui aussi d’économiser quatre milliards d’euros en le privatisant.
Pour résumer la situation, Jérémie Patrier-Leitus a repris cette phrase de Laurent Fabius : « La différence entre l’extrême droite et la droite, c’est la différence entre une arrière-pensée et une pensée. » Sous-entendu : il n’a jamais été question, en réalité, de réformer. Juste de discréditer l’audiovisuel public auprès de l’opinion publique. Ça marche. Déjà, l’essayiste Laetitia Strauch-Bonart s’interroge : « Une question fondamentale n’a pas été posée : “avons-nous réellement besoin d’un service public de l’information ?” » Et le rapport fragilise France Télévisions et Radio France qui ignorent à quelle sauce, in fine, elles seront accommodées. Elles, et tout leur environnement : le cinéma, la production audiovisuelle… Pourtant, « aucune des 234 personnes auditionnées n’a appelé à la privatisation » rappelle Jérémie Patrier-Leitus.
Contre le racisme, la parole décomplexée et la suspicion permanente
Il ne semble pas inutile de rappeler que toute allusion à la supériorité par la race, l’ethnie ou la couleur de peau est condamnable et détruit le vivre ensemble humaniste.
« Ces intimidations contribuent à créer la peur » : 250 manifestants contre le racisme en soutien à une élue rennaise.
Environ 250 personnes ont manifesté à Rennes ce dimanche contre le racisme et les violences envers les élus. Un rassemblement qui fait suite aux attaques racistes dont l’élue municipale rennaise d’opposition (LFI), Régine Komokoli, explique être victime.
Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, appelle à une grande marche contre le racisme le dimanche 21 juin. Une mobilisation nationale, dans la continuité du rassemblement du 4 avril.
Deux mois après un premier rassemblement local qui avait réuni des milliers de personnes sur le parvis de l’hôtel de ville de Saint-Denis, Bally Bagayoko n’entend pas baisser la garde. Le maire LFI de la ville, élu le 15 mars dernier au premier tour à la tête de la deuxième plus grande commune d’Île-de-France, a lancé samedi 2 mai sur ses réseaux sociaux un appel à une « grande marche contre le racisme et toutes les formes de discrimination » pour le dimanche 21 juin, jour de la traditionnelle Fête de la musique.
Les électeurs du Rassemblement national (RN) sont racistes. Cela peut sembler anodin de le dire pour quiconque veut bien voir ce qu’il y a à voir dans ce parti, mais c’est l’une des conclusions que l’on peut tirer après lecture de l’ouvrage du sociologue Félicien Faury, Des électeurs ordinaires (Éditions du Seuil, 2024). Entretien.
Les témoins n’avaient rien inventé. Le « Canon français » promeut bien le racisme et le néonazisme.
Saluts nazis, propos racistes… À l’intérieur du banquet normand organisé par le Canon français en avril à Caen
Après l’événement, des habitants disent avoir été témoins de saluts nazis et de propos racistes dans les rues de la ville. Les organisateurs démentent, mais un journaliste de France Inter a été témoin de propos racistes et de gestes qui s’apparentent à des saluts nazis à l’intérieur du banquet.
En cette journée particulière du 1er Mai, fêtée dans presque toutes les villes de France et dont l’existence en tant que journée fériée et chômée est sérieusement menacée, une question, qui nous semble mériter tout notre intérêt, s’est posée : la LDH est-elle social-démocrate ?
On rappellera brièvement que la LDH a été créée en 1898 pour défendre un innocent, le capitaine Dreyfus. La Ligue des droits de l’Homme et du citoyen est de tous les combats pour la justice, les libertés, les droits économiques et sociaux, contre le racisme et l’antisémitisme depuis 128 ans.
Il appartient en premier lieu de définir ce qu’est la social-démocratie et si la LDH s’inscrit pleinement dans cette caractérisation.
« Tendance de la bourgeoisie qui n’est en réalité ni sociale ni démocrate, qui accepte de faire quelques concessions économiques et d’édulcorer les violences capitalistes dans le seul but de maintenir un ordre social profondément injuste et inégalitaire.
Exemple : le Parti Socialiste et la CFDT sont présentées comme des institutions « sociales-démocrates » alors qu’elles ont accompagné les pires reculs sociaux des dernières décennies, que ce soit sur le plan du droit du travail, des libertés publiques ou de l’écologie. Si les mots avaient un sens, le Parti Socialiste serait classé comme un mouvement de droite dure, et la France Insoumise ne serait pas décrite comme « radicale », mais comme un vrai parti de la gauche social-démocrate. C’est-à-dire un parti ne cherchant pas à renverser l’ordre bourgeois mais à l’aménager pour qu’il devienne plus supportable. »
Pour le Monde Diplomatique, « La social-démocratie est un courant socialiste réformiste aujourd’hui non-marxiste, incarné en particulier par les socialismes allemand et scandinave. Les partis sociaux-démocrates sont étroitement liés aux organisations syndicales, ce qui explique la préférence et la pratique de la négociation, de la concertation pour réformer la société, plutôt que les luttes sociales.
La social-démocratie est peu à peu convertie au « social-libéralisme » et a intégré les thèses du libéralisme : économie de marché, liberté d’entreprendre, limitation du rôle de l’Etat aux périodes de crise. »
En 2008, la LDH rappelait que « La Ligue est un contre-pouvoir: à ce titre, elle veille à être indépendante des structures de l’État et son action ne peut être limitée par les relations qu’elle entretient avec celles-ci. Son domaine d’intervention exclut qu’elle participe, sous quelque forme que ce soit, à l’exercice du pouvoir.
Elle inscrit son action dans le cadre de l’état de droit et de la démocratie, sans s’interdire d’aller au-delà lorsque la situation l’exige et que le respect de droits fondamentaux est en cause. »
En 2019, elle réaffirmait son engagement dans Le projet inter-associatif au service de la lutte contre les discriminations. Elle sollicitait à cet effet l’expertise des associations de proximité afin de co-construire des dispositifs adaptés aux réalités locales.
En 2023, scandaleusement attaquée par le gouvernement lui-même, elle devait être défendue, entre autres, par l’historien Emmanuel Naquet qui rappelait, exemples à l’appui, comment la LDH s’est toujours mise au service d’une certaine vision de l’État de droit et d’une République revivifiée, plus ouverte et plus juste, dans le cadre d’une démocratie politique et sociale.
Les citoyennes et les citoyens ne s’y trompaient pas, venant par milliers renforcer les rangs de la LDH, en lui apportant massivement leur soutien, par leur adhésion.
En 2024, lors de son Congrès à Bordeaux, la LDH adoptait une résolution dont la dernière partie proposait que la LDH joue un rôle pivot (proposant « une table commune, ouverte aux discussions impliquant tous les partenaires progressistes ») afin de construire « une alternative politique » à l’extrême droite.
En 2025, sa présidente, Nathalie Tehio précisait que « La démocratie est le régime qui par excellence ne se limite pas à une technique de gouvernement. Elle nous réserve encore des surprises et c’est heureux ! »
En mars 2026, la LDH appelait toutes les citoyennes et citoyens à se mobiliser dans le cadre des élections municipales pour faire barrage à l’extrême droite. Elle proposait divers moyens d’agir au sein de chaque commune, en plus du vote, pour enrayer ce mouvement délétère et inquiétant de la montée des extrêmes droites, dont on connaît, par l’expérience des mandats précédents des maires RN ou assimilés, les dégâts provoqués pour la démocratie, la culture, la justice, la gestion du bien commun… L’extrême droite nous montre son vrai visage : la promesse d’une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, à l’environnement et un délitement de notre Etat de droit.
Pour terminer, nous citerons celui qui fut le président de la LDH de 1914 à 1926.
« La Ligue doit garder son caractère d’organisation de gauche et même d’extrême gauche démocratique, et il ne doit pas y avoir, à cet égard, même l’apparence d’une hésitation. Sans doute, la Ligue reste ouverte à tous les républicains désireux de soutenir les droits de l’Homme, si modérées que puissent être leurs opinions politiques et sociales ; mais elle n’a pas de barrière à gauche, elle tient à conserver le contact avec la masse populaire, sans laquelle il n’y a pas de démocratie vivante. » (Ferdinand Buisson, 1919)
Est-ce cela être « social-démocrate » ? Laissons la question ouverte si elle est indissociable du débat.
Mais dans tous les cas, la LDH ne se retrouve nullement dans la description du Monde Diplomatique et encore moins dans celle de Contre Attaque.
La LDH sera toujours fidèle à ses convictions et jalouse de son indépendance tout en appelant les forces de progrès, les citoyennes et les citoyens à s’unir pour définir, loin des incantations de toutes sortes, une véritable alternative aux extrêmes droites et à leurs alliés, autour de l’effectivité des droits pour tous et pour construire une société mue par la justice économique, sociale et écologique.
RD (avec le concours de HB)
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« Le 1er Mai est la fête des travailleuses et des travailleurs, pas la fête du travail » : 450 manifestants à Troyes ce vendredi.
Une partie de l’équipe de la LDH de l’Aube/HB
Cette année marque les 140 ans du 1er Mai, jour férié, chômé et payé. Alors que la loi pourrait évoluer et autoriser fleuristes et boulangers à faire travailler leurs salariés ce jour-là, six unions locales se sont organisées en intersyndicale pour protéger cette journée.
Mobilisons-nous pour défendre le 1er Mai et les droits des travailleuses et travailleurs
Troyes, 1er Mai 2023
Communiqué LDH
En cette Journée internationale de solidarité et de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs réaffirmons avec force notre attachement aux conquêtes sociales obtenues dans les luttes, qui ont permis de donner une expression concrète aux droits économiques, sociaux et culturels.
Un projet de société solidaire passe par l’effectivité des droits pour toutes et tous et le contrat social qui nous unit en République devrait en faire sa priorité. Les organisations syndicales ont porté, avec le reste de la société civile, cette exigence ces dernières années, passant par des mesures d’urgence sociale, reconnues y compris par le centre-droit comme nécessaires dans la suite de l’échec de l’extrême-droite aux élections législatives de 2024.
Jusqu’ici, les gouvernements successifs n’en ont rien fait et ont mené des politiques régressives pour l’accès aux droits sociaux.
Pire, ces derniers mois, poussé par ses propres franges ultralibérales, le centre-droit a voulu remettre en cause le symbole même des luttes des travailleuses et des travailleurs, le repos militant du 1er Mai. Si le Premier ministre a renoncé à poursuivre la proposition de loi qui portait cette remise en cause, il a aussitôt annoncé le dépôt, dans les jours prochains, d’un nouveau projet de loi pour ouvrir le travail des salariés et ainsi revenir sur un acquis de près de 80 ans.
Dans cette attente, le Premier ministre a d’ores et déjà incité plusieurs secteurs d’activité à ouvrir leur commerce au mépris des règles d’ordre public, en méconnaissance des principes généraux de l’Etat de droit.
Encouragée par ce climat délétère, l’extrême-droite en profite pour aller plus loin et s’attaquer aux évènements associés au 1er Mai, comme en témoigne la suppression de la cérémonie dédiée aux mineurs à Liévin par le maire Rassemblement national (RN) nouvellement élu, en plus de ses traditionnels contre-évènements violemment réactionnaires.
Démocrates, refusez de donner le moindre point à l’extrême-droite et à son projet politique funeste ! Progressistes, unissons-nous pour être nombreuses et nombreux pour nos droits et contre l’extrême-droite dans les manifestations du 1er Mai !
Paris, le 30 avril 2026
A Troyes : Manifestation à 10 h. Départ Place Jean-Jaurès.
Comme tous les ans, la LDH sera présente le 1er mai place Jean-Jaurès et disposera d’un stand de 9h à 16h. Tout le monde est cordialement invité à venir y passer 5 minutes, 1 heure ou la journée entière.
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Le Conseil d’État a examiné trois recours déposés contre le gouvernement. Saisi par deux syndicats (Sud et la CGT) et par les députés écologistes, qui contestent la proposition du gouvernement faite aux boulangeries et fleuristes indépendants de travailler le 1er-Mai 2026, le Conseil d’Etat a examiné trois recours, mercredi 29 avril 2026. Sa réponse est attendue avant vendredi 1er mai 2026.
Qui a le droit de travailler le 1er-Mai ?Le 1er-Mai a occupé cette année le devant de la scène bien en amont de la journée des travailleurs, pour cause de débats sur un possible élargissement des possibilités de faire travailler des salariés ce jour-là. Rappel des règles en vigueur et ce qui pourrait changer.
1er mai : la journée des droits des travailleuses et des travailleurs pas à la fête.
Il est des actes ou volontés qui éclairent mieux que de longs discours l’état d’esprit d’un gouvernement. Ce dernier, en s’attaquant de manière sournoise à un symbole de l’histoire des luttes des travailleurs, le 1er mai, confirme qu’il veut effacer de la mémoire collective tout ce que nous devons aux combats sociaux pour créer des garde-fous démocratiques et sociaux au capitalisme, afin de tiédir, pour paraphraser Karl Marx, les eaux glaciales du calcul égoïste. Comme pour « la journée des droits de la femme », que d’aucuns nomment à tort « journée de la femme », « la journée des droits des travailleurs » n’est pas la « la fête du Travail », vestige du régime de Vichy.
A Troyes : Comme tous les ans, la LDH sera présente le 1er mai place Jean-Jaurès et disposera d’un stand de 9h à 16h. Tout le monde est cordialement invité à venir y passer 5 minutes, 1 heure ou la journée entière. A partir de 9 h, les bonnes volontés seront les bienvenues pour aider à l’installation. La manifestation démarrera à 10h. Le démontage et le rangement du stand auront lieu à partir de 16 h. La participation des bonnes volontés sera là encore très opportune. A vendredi.
Troyes 1er Mai 2025
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Gaza, jour 934 : Israël a violé le prétendu “cessez-le-feu” 2 400 fois depuis octobre
Israël semble avoir encore accéléré ses violations du “cessez-le-feu” conclu en octobre dernier, dans l’une des semaines les plus meurtrières de ces derniers mois.
Alors que des médias israéliens rapportaient la semaine dernière que l’armée israélienne s’apprêtait à “reprendre” ses hostilités à Gaza “dès le mois prochain”, les Palestinien-nes craignent que le génocide, déjà loin de s’être arrêté avec le “cessez-le-feu”, ne s’accélère encore.
MSF dénonce la « privation délibérée d’eau infligée aux Palestiniens » par Israël. Selon des données de l’ONU, de l’Union européenne et de la Banque mondiale, Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement à Gaza, notamment les usines de dessalement, les forages, les canalisations et les réseaux d’égouts. Les conséquences sont dramatiques pour la santé de la population.
Elément central de la culture palestinienne, l’olivier est menacé par la guerre. C’est pour les Palestiniens une source de revenus, une part importante de leurs traditions culinaires et un symbole de résistance, d’ancrage sur leurs terres. Mais aujourd’hui, dans la bande de Gaza, l’olivier est menacé. Les surfaces plantées ont considérablement réduit depuis le 7 octobre 2023, les massacres du Hamas en Israël et la guerre faisant l’objet d’accusations génocidaires lancées par Israël.
Bombardements, pénurie de médicaments et montagnes de déchets: les conditions de vie s’aggravent à Gaza. Gale, poux, puces, rongeurs et infections cutanées prolifèrent à Gaza. En cause: une population dense qui vit majoritairement sous tente, à proximité de déchets qui ne peuvent plus être évacués. Des Gazaouis témoignent de leurs conditions de vie de plus en plus compliquées.
La France claque la porte au nez des artistes et chercheurs palestiniens. Pendant que le génocide se poursuit à bas bruit à Gaza, le programme d’accueil en France des universitaires et artistes palestinien·nes tourne au ralenti, voire a été interrompu. Sous différents prétextes, les autorités multiplient les mesures discriminatoires, sans égard pour l’anéantissement de la vie universitaire et culturelle dans l’enclave palestinienne.
La macronie ne lâche pas prise après le retrait de la loi Yadan. La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé croit pouvoir remettre le texte sur le métier en le retravaillant avec les groupes parlementaires qu’elle reçoit mardi 28 avril. La pétition contre le texte initial a recueilli plus de 700 000 signatures. La pétition a été classée par la commission des lois.Le soutien appuyé du gouvernement français à la politique d’apartheid du gouvernement d’extrême droite israélien ne semble pas se relâcher.
D’après nos information, la flotille en route vers Gaza serait constituée de 64 bateaux, dont 53 en mer et 7 encore au port. On ignore la position des 4 autres. En Tunisie, 7 personnes qui devaient embarquer ont été arrêtées, sous des prétextes plutôt fantaisistes. Quelques unes d’entre elles auraient été libérées. Une escale y semble à présent peu probable.
Le Collectif aubois pour la paix en Palestine envisage une manifestation à Troyes courant mai.
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Le Canon Français : Comment l’aristocratie maintient son rang grâce à la sujétion du bon peuple et la complicité de municipalités républicaines
Le prochain banquet des « canonniers » aura lieu à Troyes en trois épisodes, les vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 avril prochains.
Bien que suscitant critiques et rejet de la part d’une certaine partie de la population qui réfléchit, les organisateurs se gargarisent d’un succès qui les a surpris dès le lancement de leur projet « entrepreneurial » mais l’expliquent par le « bon esprit » qui préside à leur initiative.
« Les banquets du Canon Français sont une création originale, inspirée à la fois des banquets d’Astérix, des fêtes de village, de Bayonne ou encore de l’Oktoberfest. Nos participants ont également un rôle important dans l’évolution de notre formule. » déclare l’un des deux fondateurs, Geraud du Fayet de la Tour (1).
En réalité, l’idée, lancée lors de la crise sanitaire du Covid, dans le but fort louable d’aider un ami viticulteur à écouler sa production, a vite été transformée en une formidable machine à cash. De la vente de quelques bouteilles, on est passé à un registre beaucoup plus étendu pour en arriver à l’organisation de festivités sous la forme de « banquets géants » destinés à « rassembler les Français ». Il ne s’agit de rien d’autre que d’une forme d’entrisme visant à capturer et à redéfinir les orientations historiques et culturelles d’usages populaires grâce, notamment, à des arguments économiques.
La société créée à Tours en 2020 a pris une autre tournure lorsque, toujours à l’affut d’une bonne affaire, Pierre -Edouard Stérin (3) est entré dans le capital de celle-ci. Depuis le 24/12/2024, la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle)BOISSE, dirigée par Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse (2) occupe les fonctions de président de la SAS (société par actions simplifiée) Le Canon Français. L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) TURRIM, dirigée par Geraud du Fayet de la Tour, gérant, en occupe les fonctions de directeur général.
Depuis, le Canon Français sillonne la France de long en large, où l’accueil est parfois un peu plus mitigé que veulent bien le dire ses dirigeants et leurs soutiens médiatiques : Valeurs Actuelles, Le Figaro, CNews, Europe1, RMC, TF1, M6, le JDD, Boulevard Voltaire, Breizh-Info, Résistance Républicaine, le JDF, Fakta.co, etc. La communication repose également beaucoup sur les réseaux sociaux.
En effet, d’autre voix se font entendre en Bretagne notamment où le propriétaire du Château-des-Pères dans le petit village de Piré-sur-Seiche, a annulé l’événement face à l’opposition marquée d’habitants de cette partie du sud-est rennais. Le projet politique de la marque avait échappé a son attention. Le banquet a été déplacé en urgence vers un second lieu d’accueil, le château de Blossac au sud de Rennes.
Jusqu’à ce qu’on relève des insultes racistes et islamophobes, des saluts nazis, des menaces de viols, des débordements inévitables lorsqu’on sait que l’alcool coule à flot de 12h à 17 h et que les fêtards lâchés dans la rue poursuivent leur bamboche débridée jusqu’à se révéler d’une violence inadmissible mais bien « de chez eux ».
« Évidemment on se reconnecte avec notre identité nationale quelque part » concède Pauline S. après le banquet du samedi 22/11/2025 dans les Vosges. (Facebook page de Christophe Naegelen, député UDI)
Ces seigneuries servent ripailles au château, pour encourager les sujets à se soumettre plus aisément à leurs devoirs, moyennant néanmoins finance, ce qui est un comble, au vu des tarifs conséquents.
La ville de Troyes se réjouit d’accueillir cet événement dans un ensemble culturel en plein centre-ville. « L’Espace Argence, aujourd’hui ensemble culturel de 3 500 m², est ancré dans l’histoire troyenne, ce qui lui confère son exceptionnel cachet en tant que première gare de Troyes puis « Lycée Impérial de garçons ».
Patrimoine et culture vous dit-on…
(1)Geraud du Fayet de la Tour, seigneur de La Borie, de Clavière, de Mainterolles, de La Bastide, de La Tour et de Fournols se présente commeentrepreneur du divertissement.
(2) Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse se fiance àMlle Maëlle Le Lièvre de La Morinière le 27/01/2018, (carnet du jour du Figaro) et l’épouse le 25 mai 2019. On pourra consulter leur modeste liste de mariage (qui n’a pas vraiment fait un tabac) :
Ces gentes personnes font partie des quelque 2200 familles subsistantes de la noblesse française (en 2024).
(3) On ne présente plus Pierre-Édouard Robert Raymond Marie-Joseph Stérin, qui a fait fortune avec la smartbox et revendique sa foi catholique pratiquante.Il s’oppose publiquement à l’IVG, la PMA ou encore le mariage pour tous. Il rêve d’être canoniséet se consacre à des œuvres chrétiennes à travers des associations comme SOS Calvairesou Familya.
Il finance activement des structures comme l’Institut de formation politique ou l’Observatoire de l’immigration. Il a aussi été l’un des soutiens de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Il cherche un « champion » pour porter ses idées, qu’il note méthodiquement sur Excel.
Le projet Périclès a été révélé en 2024. Il vise à favoriser l’union des droites et à faire triompher ses valeurs au sein de la société française. Le nom fait référence aux mots Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes.
RD
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Haro sur la culture : le terrorisme d’extrême droite
Le 7 décembre 2021, un groupe de catholiques intégristes empêchait la tenue d’un concert jugé « sataniste » de l’artiste suédoise Anna von Hausswolff, organisé par le centre culturel Le Lieu unique à Nantes puis à Paris 2 jours plus tard en l’église Saint-Eustache. Le concert a finalement pu avoir lieu à Paris dans un lieu tenu secret.
A Nantes, un militant de Civitas, groupe catholique proche de l’extrême droite, détruisait un compteur électrique pendant un spectacle destiné aux enfants sur la question du genre et était interpellé le 6 avril 2023.
En 2023 toujours, le concert de l’artiste Bilal Hassan, prévu le 5 avril dans une ancienne église désacralisée de Metz, était annulé par les organisateurs à la suite des pressions de catholiques identitaires.
En Loire-Atlantique, deux paroisses, à Saint-Nazaire et à Nantes, renonçaient à accueillir deux concerts prévus en mai et en juin 2024 suite aux intimidations du groupe catholique traditionaliste, Riposte Catholique.
Plusieurs ensembles musicaux – la Schola Cantorum de Nantes, les Chœurs de Saint-Brévin, le Symphonique des bords de Loire et l’orchestre symphonique de Saint-Nazaire – devaient interpréter L’Homme armé : une messe pour la paix de Karl Jenkins, une œuvre composée en 1998 et dédiée aux victimes de la guerre au Kosovo.
Un concert de Keiji Haino prévu le 14 mars à la cathédrale de Metz était délocalisé au centre Pompidou sous la pression de paroissiens qui considéraient la performance comme «la plus sordide des profanations».
En raison de la programmation du groupe Sniper, la Région Grand Est avait décidé, à la demande notamment de Laurent Jacobelli et des élus du Rassemblement national, de suspendre provisoirement la subvention accordée au festival Le Jardin du Michel qui aura lieu du 22 au 24 mai 2026 à Toul (Meurthe-et-Moselle). En cause, des paroles du groupe de rap, datant parfois de plus de 20 ans, décrites comme potentiellement « racistes, antisémites et incitant à la haine raciale. » Après vérifications auprès du ministère de l’Intérieur au sujet de ces paroles du groupe qui a bien été poursuivi une seule fois, en 2003, mais n’a jamais fait l’objet de condamnation, la Région a finalement décidé le jeudi 9 avril d’accorder cette subvention d’un montant de 94 000 euros au festival.
Forte de son relatif succès aux élections municipales, l’extrême droite utilise désormais les mandats de ses élus communaux pour poursuivre son travail de sape.
Nicolas Meizonnet, tout nouveau maire RN de Vauvert, dans le Gard, et député de la 2e circonscription du département, après avoir annulé une expo photo au début du mois, vient de liquider, avec l’assentiment de son conseil municipal, la prochaine édition du festival Jazz à Vauvert, prévue les 26 et 27 juin
Dans le Vaucluse, la culture meurt à petit feu dans les petites villes gérées par l’extrême droite. A Bédarrides, Camaret-sur-Aigues et Morières-les-Avignons, les maires Rassemblement national ou élus avec son soutien délaissent la culture. Mais derrière ce désintérêt pointe une politique brutale contre acteurs et associations.
Dans les villes qu’il dirige, le RN sabote la culture discrètement mais sûrement. Les municipalités d’extrême droite ont mené ces dernières années un travail de sape dissimulé contre les acteurs culturels. Une situation d’autant plus inquiétante que les communes sont aujourd’hui leur principal financeur.
« La culture est le champ où l’“union des droites” fonctionne le mieux, contre une création subventionnée et jugée gauchiste ». Le Rassemblement national entend sabrer l’argent de la création et le reverser au patrimoine, observe dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) cède à l’extrême droite en suspendant le 8 avril son fonds d’aide à la création sur les plateformes en ligne. Un collectif de créateurs de contenus, d’auteurs, de techniciens et de producteurs alerte sur la possible disparition de l’économie culturelle d’internet.
Il y a mille manières d’affaiblir le secteur, et sans doute une seule façon de le sauver : répéter inlassablement qu’une culture libre et ouverte est un service public, un cadeau pour les générations futures, et la seule garantie de la pérennité de la fameuse exception culturelle française.
Face à des politiques culturelles qui conduiraient à un démantèlement, il se trouve 3 pistes pour réagir : financière, mais aussi associative et territoriale.
Finalement, pour ne pas tomber dans les pièges tendus par l’extrême droite, c’est sans doute à la culture elle-même et à ses acteurs qu’il appartient de se réinventer pour résister.
«Un jour, ces moyens de surveillance seront utilisés par un dictateur» prévient Marc Trévidic
L’ancien juge antiterroriste s’inquiète, dans une interview pour «l’Humanité», des dangers d’une proposition de loi aux contours encore flous. Le texte, porté par la députée Renaissance, est sous le feu des critiques avant son arrivée jeudi 16 avril dans l’hémicycle.
« Avec la loi Yadan, il s’agit de rendre illégale la discussion sur ce qu’est l’État d’Israël et ce qu’il est devenu » Étienne Balibar
Contestée par 700 000 citoyens, la loi Yadan, qui affirme lutter contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme », sera examinée à l’Assemblée jeudi 16 avril. Pour le philosophe Étienne Balibar, ce texte conduirait à « interdire l’usage de mots » tels que « génocide », « apartheid » et « résistance ».
Travail le 1er-Mai : le gouvernement plie sous la pression des syndicats
Le gouvernement renonce à légiférer sur le travail le 1er Mai. Il n’y aura finalement pas de loi permettant d’élargir le travail ce jour-là. L’exécutif souhaite tout de même engager un dialogue avec certains commerces de proximité.
Piégé par la proposition de loi Renaissance sur le 1er Mai, le gouvernement a renoncé. Les Républicains dénoncent un « recul » face aux syndicats et à la gauche. La droite est dépitée.
Si certains artisans boulangers pestent contre cet empêchement de travailler qui les met « dans le pétrin », les fleuristes peuvent toujours, tout comme eux, ouvrir leur commerce, puisque faisant partie des activités qui le peuvent sans faire travailler leurs salariés ce jour-là.
Pour tous, le gouvernement s’est débrouillé « comme un manche ».Pendant ce temps, le RN affirme que lui seul défend les intérêts des artisans et des petits commerçants, tout en continuant de rencontrer les grands patrons pour « exposer » son programme,
Le gouvernement ne s’est pas vraiment laissé tordre la main par « le PS et une poignée de syndicats ». Ce sont les 8 grandes centrales syndicales françaises qui l’ont interpelé en ces termes: « Monsieur le Premier ministre on ne réforme pas ainsi brutalement un texte d’histoire sociale et de conquêtes collectives ».
Si le gouvernement fait marche arrière sur l’extension du travail le 1er-Mai face à la pression exercée par les syndicats, pour l’historienne Danielle Tartakowsky, cette crispation s’inscrit dans un contexte plus large de remise en cause du « temps de travail » et du « progrès social ».
Le 1er Mai 2026 sera chaud, quel que soit le temps. Nous vous donnons RV Place Jean-Jaurès à Troyes pour une journée de rassemblement familiale, populaire et engagée.
RD
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Le 18 mars 2026, le garde des sceaux Gérald Darmanin a déposé sur la table du conseil des ministres un projet de loi intitulé « Sanction utile, rapide et effective » (SURE). Cette réforme de la procédure criminelle généraliserait le plaider-coupable, marginaliserait les jurys populaires et limiterait le temps imparti à la discussion contradictoire et aux avocats. Des projets similaires sont débattus en Italie ou au Royaume-Uni. Sous couvert de rationalisation et de lutte contre la délinquance, ces textes participent en réalité à la diffusion d’une idéologie sécuritaire et acclimatent une conception expéditive de la justice. Pourtant, rien ne vient établir le laxisme allégué de l’institution judiciaire. Dans ce domaine comme dans d’autres, les procès d’intention déforment la réalité du travail des magistrats et le rôle précieux d’une institution pilier de l’état de droit.
Le nouveau numéro de « Manière de voir » (n°206 « La justice sous pression » avril-mai 2026) propose d’explorer les tensions qui traversent aujourd’hui la justice : attentes immenses et souvent contradictoires de la société, pressions autoritaires des gouvernements, manque persistant de personnels et de financement. Ces contraintes comme ces dilemmes sont en réalité révélatrices d’une profonde crise démocratique et sociale.
Le premier chapitre montre ainsi comment les tribunaux subissent la dérive autoritaire qui caractérise la majorité des gouvernements occidentaux. A ce titre, les démocraties se distinguent de moins en moins des régimes dits « illibéraux ».
Le chapitre 2 pointe les limites de l’égalité devant la loi, quand la disparité géographique des moyens, la méconnaissance du droit et l’indifférence institutionnelle aux inégalités sociales rendent la justice forte avec les faibles, et faible avec les forts. Ces tendances lourdes n’empêchent pas les progrès, par exemple en matière d’atteinte à la probité : les élus, longtemps épargnés par la force des habitudes, peuvent désormais être sanctionnés lourdement, comme l’ancien président Nicolas Sarkozy ou Mme Marine Le Pen.
Analysant la portée de ce changement historique, le chapitre 3 questionne aussi ses éventuelles insuffisances. En effet, dans certains pays comme le Brésil, la justice a été manipulée pour régler des comptes politiques. Jusqu’où le magistrat peut-il aller sans glisser du rôle indispensable de gardien de l’Etat de droit, à celui de faiseur de roi ?
Le dernier chapitre replace les polémiques, souvent artificielles, sur le « gouvernement des juges » dans le cadre d’une réflexion plus globale sur la crise de la démocratie. Si l’institution judiciaire est tant sollicitée, n’est-ce pas aussi parce que les responsables politiques faillissent trop souvent dans leur mission de servir, sur mandat du suffrage universel, l’intérêt général ?
Manière de voir, Le Monde diplomatique, numéro d’avril-mai (en kiosque depuis peu): 100 pages – 8,50€
Une suggestion de lecture plus ou moins en rapport avec le sujet…
Le projet de loi « SURE » : anatomie d’une justice en faillite
Alors que le projet de loi SURE (pour une Sanction Utile, rapide et Effective) sera examiné en commission des lois au Sénat à partir de mercredi, Me Patrick Lingibé explique dans cette tribune les raisons pour lesquelles la profession d’avocat se déclare opposée à la réforme portée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin.
La loi Yadan a pour véritable objectif de museler les critiques de l’Etat israélien, en violation des principes de l’Etat de droit et de la liberté d’expression
La LDH de l’Aube écrit à Madame la Députée
La loi Yadan ou la criminalisation de la pensée critique
Présentée comme une loi contre l’antisémitisme, la PPL 575 de la députée Caroline Yadan est en réalité un instrument de censure : elle criminalise la critique d’Israël, assimile l’antisionisme à la haine raciale et menace quiconque ose nommer l’oppression. Derrière le vernis républicain, c’est l’ordre des puissants qui légifère et la Palestine qui en paye le prix.
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Pendant que François Baroin prend sans doute des vacances loin des tracas de la ville, ses communiqués sont désormais portés par le communicant municipal (vidéaste et photographe pour la ville de Troyes et la communauté de communes Troyes Champagne Métropole), au demeurant vice-président de l’association Bmx Roller Skate de Troyes. C’est dire s’il s’y connaît en vélos.
En effet, il relate avec une certaine délectation sur les réseaux sociaux l’opération menée hier en ville, ayant pour « objectif de lutter contre l’immigration irrégulière et clandestine, de s’assurer du respect des règles en vigueur et de renforcer la sécurité de tous. »
Etonnamment, ce sont exclusivement les jeunes livreurs à vélo étrangers, titulaires ou non d’un titre de séjour, qui sont concernés par le communiqué troyen, ceux que la droite et l’extrême droite ont pour marotte de renvoyer dans leur pays ou dans des centres de rétention low cost en Europe ou en Afrique centrales.
C’est le préfet de l’Aube qui fait le job, ce qui est certes davantage de son ressort que de celui du maire ou de la police municipale. Celui-ci sort néanmoins en ville en compagnie de Nicolas Honoré, adjoint au maire pour superviser ces opérations de police en direction des jeunes étrangers. Cette opération aurait été « souhaitée par l’équipe municipale ». Peut-être serait-il plus juste de préciser qu’un quart au moins de l’équipe municipale ne l’a pas certainement pas « souhaitée » et que ce sont les 5 élus RN (sur 49) qui semblent dicter leur loi. On se doute bien qu’à ce compte cette opération a vocation à être renouvelée. C’est ce qu’on appelle du harcèlement.
Cette opération s’est étendue sur 2 journées, que le préfet, dans sa diligence à honorer la « priorité » nationale », n’a pas manqué d’étendre à tous les étrangers, « afin de détecter la présence potentielle d’étrangers en situation irrégulière ». Le préfet, quant à lui, ne focalise pas sa communication sur les seuls jeunes livreurs à vélo. La nuance est à relever.
La veille au matin, les gendarmes, ne pouvant plus sévir dans les trains, du fait de l’interruption estivale du trafic ferroviaire liée aux travaux d’électrification, se repliaient sur les Flixbus à la sortie de l’autoroute.
Nous répétons que ce déchaînement d’actions policières contre les personnes en situation irrégulière, ou non, n’est tout bonnement qu’une véritable chasse à l’étranger dictée par la haine de l’autre, le racisme, l’inhumanité et la xénophobie ambiants, distillés par l’extrême droite qui n’en peut plus d’avoir conquis des sièges dans les départements et communes mais n’est pas à même de faire le ménage dans ses propres rangs.
Pour s’en convaincre, il suffit de relever les nombres de « likes » sur la publication du communicant troyen ainsi que de commentaires à vomir (pas tous, fort heureusement) de la part d’individus fiers d’eux mais anonymes, qui n’auraient pas le courage et la force de vivre une seule journée de celles et ceux qui ont souvent sauvé leur peau de justesse pour arriver chez nous, où elles et ils font d’ailleurs les travaux que nos fiers anonymes ne veulent pas faire, dans les conditions que l’on connaît.
Et j‘ai, encore une fois, honte d’être troyen.
RD
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L’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole Duplomb 3
Le 07/08 2025, 2 millions de Français ont signé et réussi à faire censurer la loi Duplomb 1 par le Conseil constitutionnel.
Le 26/03/2026 dernier, le Conseil d’Etat a jugé “non conforme au principe de précaution de notre Constitution“ le texte de la loi Duplomb 2.
Mais les sénateurs ont trouvé une troisième voie. Le 2 juillet dernier, ils ont fait passer ce que l’on appelle la loi Duplomb 3.
L’Assemblée nationale l’a définitivement adoptée ce mardi 21 juillet, avec les voix de droite, d’extrême droite et de la majorité présidentielle réunies.
« C’est scandaleux » : l’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole, des tensions entre le gouvernement et ses troupes.
Le texte adopté par les députés dans la nuit prévoit notamment la réintroduction de l’acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Le gouvernement n’a pas accepté les amendements demandant sa suppression, au grand désespoir de certains élus de la majorité.
«Un grave moment de régression» : les députés adoptent la loi d’urgence agricole et ouvrent la voie au retour de l’acétamipride.
Débat de plafond. Grâce à la droite, à l’extrême droite et au bloc central, l’Assemblée nationale a adopté lundi la très décriée loi d’urgence agricole, ouvrant la voie à la réintroduction possible de pesticides interdits, la facilitation des projets de mégabassines ou d’élevages intensifs. La gauche et les associations environnementales dénoncent un texte de «régression».
En ouvrant la voie à l’usage de deux insecticides aux effets toxiques avérés, le Parlement et le gouvernement ont choisi de s’aligner sur les demandes de l’agro-industrie et des multinationales de la chimie. Une solution : abrogation !
Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux ?
Le gouvernement et les députés du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.
La loi d’urgence agricole « ne réintroduit pas l’acétamipride », assure la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, salue l’adoption par l’Assemblée nationale d’un texte « plein de mesures attendues, concrètes, précises pour les agriculteurs ».
« Des alliés du cancer » : les députés adoptent la loi d’urgence agricole, les opposants révoltés.
La loi d’urgence agricole, qui réintroduit des pesticides interdits et facilite la création de mégabassines et de fermes-usines, a été adoptée par les députés. Le soir même, un millier d’opposants ont dénoncé des « alliés du cancer ».
21 juillet 2026. L’Assemblée vote la loi Duplomb 3, loi d’urgence agricole. La ministre de l’Ecologie n’est même pas présente…
Ça, nos représentants ? Ce sont plutôt les représentants d’un monde qui ne croit plus au vivant, gangrené par une mafia agro-industrielle qui veut « déverrouiller la porte du progrès » * en abattant un des fondements de la Constitution, le principe de précaution.
Nous sommes à la merci des empoisonneurs et des assoiffeurs qui, dès qu’ils se sentent limités, envoient leurs troupes d’affidés esclavagisés déféquer partout en toute impunité !
Cette secte techno-solutionniste méprise l’humus, méprise l’humain. Ils sont hors sol et hors humanité.
*L’expression est celle d’Arnaud Rousseau [président de la FNSEA]
Pascal GENNERET
« Un texte abominable sur le plan scientifique »
Chercheur reconnu dans le domaine de la biodiversité, Philippe Grandcolas publie Loi Duplomb, le débat confisqué aux éditions du Faubourg. Nous l’avons rencontré dans son bureau du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, au moment où sénateurs et députés s’apprêtent à permettre la remise sur le marché de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides nocifs pour les abeilles.
Cette grave décision a été prise en force après que les Français se soient mobilisés et prononcés en grand nombre ( 2 138 168 signatures à la 1ère pétition ) contre cette loi qui les concerne pourtant en tout premier lieu. Le nombre de pétitions lui-même bat tous les records:
Pétitions surlignées encore en cours (chiffres connus à la publication de l’article- cliquer sur les liens)
La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.
Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.
Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition.
La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut également décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins 500 000 signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer.
Les pétitions pro loi Duplomb n’ont pas réussi à attirer autant de signatures.
La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation », déplore le Planning familial, qui se dit « très inquiet »
La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation », « une alerte », déplore Sarah Durocher, présidente du Planning familial, ce lundi 20 juillet, au micro de France Inter. Le sénateur Les Républicains a été proposé par Emmanuel Macron pour remplacer Claire Hédon. Il a été auditionné à l’Assemblée nationale et doit désormais passer devant le Sénat, avant un vote en commission des lois mardi.
Cette nomination a provoqué une forte inquiétude au sein des associations qui écrivaient 2 jours après la proposition :
« Le parcours de François-Noël Buffet est marqué par plusieurs prises de position contraires aux droits fondamentaux et aux valeurs que le Défenseur des droits est chargé de promouvoir. Il s’est notamment opposé au mariage pour tous·tes, à la procréation médicalement assistée et à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Il a également soutenu le durcissement des politiques migratoires, l’affaiblissement de l’Aide médicale d’État et des mesures restrictives en matière d’accueil des gens du voyage. Ces positions n’augurent qu’une seule issue : le dévoiement de l’institution et l’asphyxie aggravée d’une société civile déjà sous pression. Ce choix d’Emmanuel Macron est déconnecté des priorités de la société et va à contresens de l’impératif de justice sociale et environnementale exprimé. »
Auditionné le 15 juillet par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le sénateur LR François-Noël Buffet a défendu sa candidature au poste de Défenseur des droits face à une gauche très hostile au regard de ses anciennes positions contre le mariage pour tous, l’extension de la PMA et sa réserve sur l’IVG dans la Constitution. Une opération de déminage au succès mitigé.
« Votre CV est incompatible avec la fonction de Défenseur des droits », « votre nomination peut ressembler à une provocation du président de la République… »
Sous le feu des critiques de la gauche, le sénateur François-Noël Buffet assure « entendre mais ne pas partager » les doutes sur sa capacité à occuper ce poste.
Défenseur des droits : audition de François-Noël Buffetau Sénat.
Mardi 21 juillet à 11 heures, en application de la loi organique n° 2010-837 et de la loi n° 2010‑838 du 23 juillet 2010 relatives à l’application du cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution, la commission des lois entendra François-Noël Buffet, proposé par le Président de la République en qualité de Défenseur des droits.
Même si le Sénat, majoritairement à droite, confirmera fort probablement cette nomination, il est encore tout juste temps d’interpeller les sénateurs sur cette nomination contre nature.
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Colonies, Auberges de jeunesse… Est-ce la fin des vacances populaires ?
Colos, villages vacances, Auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?
« Il s’agissait de prendre dans les écoles primaires […] un certain nombre d’enfants pauvres, choisis parmi les plus malingres et les plus souffreteux, et les emmener pendant les vacances loin de Paris, en montagne ou en forêt, pour y faire une cure d’air. » Edmond Cottinet, journaliste, 1885
Au début, les colos, ce n’était pas vraiment dans du dur, mais à la dure, dans des hébergements sans confort. Avec le temps, le concept a évolué et gagné en popularité. En 1912, plus de 80 000 enfants français sont partis en colo.
Hélas, elles n’ont plus vraiment la cote, prises entre 2 feux, celui de leurs coûts et la question réactivée récemment des violences sexuelles faites aux enfants dont Darmanin voudrait bien se défausser sur la magistrature. Hors, on sait que, si des cas ont bien été signalés dans le cadre de collectivités, la majorité d’entre elles sont perpétrées dans l’entourage direct des enfants.
On annonce leur fin, constatant que de nombreuses associations de colonies de vacances et d’éducation populaire ferment leurs portes en raison de difficultés financières croissantes, exacerbées par la réduction des financements publics et l’inflation.
On trouve pourtant des offres très alléchantes pour des colonies dans des contrées lointaines (Tokyo, Osaka, Los Angeles, Louisiane, New-York, Norvège…)
Mais on peut se permettre de douter que celles-ci soient accessibles aux enfants de familles aux revenus moyens et à plus forte raison modestes.
Les séjours abordables (cela reste encore à prouver) ne durent que quelques jours ou au maximum une petite semaine et souvent hors saison estivale. Les aides de la CAF sont plafonnées en fonction du quotient familial à 500 ou 700 €, qui ne couvrent pas toujours les frais du séjour.
En 1936 arrive la victoire du Front populaire et ainsi commence l’âge d’or des Auberges de jeunesse. Sous l’impulsion de Léo Lagrange, alors Ministre des sports et des loisirs, tout est mis en œuvre pour que les congés payés deviennent une réalité dans la vie des Français (développement des Auberges et campements, billets de train à prix réduits, subventions etc…).
En 1956, la FUAJ, Fédération Unie des Auberges de Jeunesse est créée, issue du rassemblement de toutes les associations françaises animant et gérant des Auberges de jeunesse.
Les années quatre-vingt seront synonymes de renouvellement et d’adaptation à un environnement économique de plus en plus difficile. Edith Arnoult-Brill, élue Secrétaire Générale de la FUAJ en 1988 a pour mission de moderniser le mouvement, en s’adaptant aux nouvelles réalités sociales. La FUAJ reste impliquée dans la politique de soutien aux jeunes demandeurs d’emploi, elle poursuit sa « diversification » au travers d’évènements internationaux comme les Chantiers-Rencontres internationales, elle crée sa carte famille etc.
Les années deux mille seront guidées par une réforme de la gouvernance de la FUAJ dont l’objectif opérationnel est bien de permettre l’épanouissement personnel de chacun lors de son séjour en Auberge de jeunesse « gérer l’idéal et l’économie ».
Fragilisée depuis la crise sanitaire, la Fédération unie des Auberges de jeunesse (FUAJ) a été placée en redressement judiciaire en 2025 et a été reprise en 2026 par l’Office national des Auberges de jeunesse (ONAJ). L’essentiel du réseau et des emplois ont été préservés.
Le secteur multiplie les tentatives pour réhabiliter les Auberges de jeunesse.
Pour résister à la vogue très lucrative des hostels, les auberges de jeunesse se modernisent en recentrant leur projet associatif sur l’accueil de tous et l’ouverture à l’autre.
Elle fait partie du secteur de l’économie sociale et solidaire.
Malgré les turbulences connues par le secteur de Auberges de jeunesse, elle continue d’être le lieu d’accueil que recommandent les voyageurs du monde entier, qui découvrent et apprécient ce lieu lors de leur passage dans l’Aube. Ils se refilent le tuyau sur les réseaux sociaux et dans les guides pour globe-trotters.
L’ouverture à tous, la diversification des activités et le besoin de rentabilité connaissent déjà leurs limites.
Tout récemment, nous avons été alertés après coup pour la tenue d’une réunion du RN à l’Auberge de jeunesse de Rosières le 10 juillet dernier. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur un tel mélange des genres et sur la pertinence d’une telle réunion politique au sein d’un espace réservé à l’hébergement de loisir dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.
Le RN n’a effectivement pas sa place dans ce lieu qui accueille dans un esprit universaliste et sans distinction les personnes de tous âges, de toutes cultures, de toutes origines et de tous horizons ; ceux qui voyagent pour la première fois, ceux pour qui voyager n’a plus de secrets, les voyageurs solitaires, les groupes d’amoureux des voyages, etc.
Le RN développe des théories et des propos racistes, xénophobes, homophobes, haineux à l’égard des étrangers et de toute personne différente et s’inscrit totalement en faux avec les valeurs universalistes et tolérantes des Auberges de jeunesse. Le RN ne voyage pas. Il prône l’immobilisme et reste englué dans ses discours d’un autre temps dans un monde qui connut sa gloire au cours des plus sombres années du XXème siècle.
Renseignements pris, nous avons été informés du fait que la direction reconnaît avoir commis une erreur et qu’elle regrette profondément de n’avoir pas appréhendé l’incompatibilité manifeste entre les valeurs de son établissement et celles de ces hôtes occasionnels. Elle reçoit par ailleurs au même titre syndicats et organisations populaires, ce qui semble ne pas plaire à certains élus municipaux troyens, qui menaceraient de saisir le Conseil départemental…
Nous considérons pour notre part cette affaire comme une provocation, de la part de ce parti politique aux relents néonazis, envers les forces et organisations progressistes qui partagent les valeurs des Auberges de jeunesse.
Nous appelons les responsables de ces établissements à la plus grande vigilance face à ces incursions détestables de l’extrême droite qui cherche à propager la haine partout où elle passe.
Les Auberges de jeunesse doivent demeurer les havres de paix, de bien-être, de tolérance, d’ouverture et du vivre ensemble qu’elles ont toujours été. Et nous sommes déterminés à les défendre.
RD
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François Baroin, le maire qui se cherche… et se perd dans la communication
En ce jour de Fête Nationale, la « fête qui nous rassemble », célébrée cette année dans la démonstration de force, et en plein cœur de cette troisième canicule de l’année, on ne peut oublier l’année 2003, qui demeure dans les esprits comme très chaude sur le plan climatique, mais également à propos de la laïcité, thème dont s’empare alors François Baroin.
Celui-ci qui se déclare comme « le fils d’un ancien grand maître du Grand Orient de France » dit avoir « grandi dans un environnement baigné de valeurs laïques ».
Auteur d’un rapport sur la laïcité demandé par Jacques Chirac, le vice-président de l’assemblée nationale affirme dans Le Nouvel Observateur en juillet 2003, qu’à travers le problème du voile c’est « l’identité nationale »* qui est « en question »…
Il se prononce déjà contre le port du voile et pour celui de l’uniforme à l’école. On retiendra pourtant que les francs-maçons ont pris clairement position contre une loi sur le voile à l’école et contre toute modification de la loi de 1905 qui organise la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Nicolas Sarkozy met en place un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, par le décret du 18 mai 2007.
Cette idée se trouvait au cœur de la campagne du candidat à l’élection présidentielle, dont le porte-parole n’était autre que François Baroin.
En 2009 François Baroin, pourtant instigateur de l’idée 6 ans plus tôt, déclare : « Le débat sur l’identité nationale ne peut que servir le FN« . Pour le député UMP de l’Aube, « confondre identité nationale et immigration revient à présenter l’étranger comme la cause de toutes nos difficultés ».
En 2016, sa prise de position, qualifiée de « premier pas de côté » à propos du burkini, qu’il présente comme un « élément de terreur », soulève pas mal de vagues au sein de l’Association des Maires de France (AMF) qu’il préside.
La même année, il se pose en fervent défenseur de Nicolas Sarkozy, qui sera plus tard cité ou mis en cause dans 10 affaires judiciaires dont certaines conduiront à plusieurs condamnations à de la prison ferme, confirmées en appel et en cassation.
En mars 2017, il se montre piètre stratège en s’affichant aux côtés de François Fillon pour le « pousser vers la sortie ». Souvent cité comme « plan B » potentiel, sa présence achève au contraire de convaincre Fillon de ne rien lâcher. Mal lui en prendra.
C’est alors que, invité sur le plateau des « Grandes gueules » de RMC, il annonce son souhait de mettre un terme à sa carrière politique sur le plan national.
En octobre 2025, sur Monaco Hebdo (rien que ça) François Baroin dit : « Qu’on aime Emmanuel Macron ou pas – j’en suis un opposant depuis son premier mandat – il doit rester au pouvoir, car sa démission serait un événement extrêmement déstabilisant pour nos institutions, pour l’économie, et surtout pour les investisseurs, dont les décisions sont les plus redoutées. Il faut absolument l’éviter. »
Le maire de Troyes, « éternel espoir de la droite », fait l’objet d’un documentaire diffusé sur Public Sénat le 15 novembre 2025, où il laisse la porte ouverte à une candidature pour la prochaine élection présidentielle.
Suite à sa réélection après avoir été contraint à un 2ème tour aux municipales de 2026 (une grande première pour lui, puisque sa liste a été élue avec seulement 7106 suffrages sur 30282 inscrits, ce qui est loin de ressembler à un plébiscite), François Baroin annonce son retour dans le débat politique national en vue de la présidentielle de 2027 et la rédaction d’un livre programme dont la parution pourrait avoir lieu à l’automne, signal renforcé rouvrant la porte à un éventuel retour. Depuis, les spéculations vont bon train.
Le 15 juin 2026, Public Sénat lui remet le couvert avec ce même film qui « retrace le destin d’un jeune surdoué devenu l’homme politique le plus déroutant de sa génération et dont les ambitions demeurent surtout encore et toujours bien mystérieuses à l’approche d’une échéance majeure. »
Celui qui pourrait « faire un ticket avec Bruno Retailleau pour la présidentielle », l’un « en caution morale », l’autre « devant », serait plutôt vu par certains plutôt à l’Elysée qu’à Matignon…
Ce qui pourrait expliquer cette ardeur à communiquer à tout va par tous les moyens à sa disposition.
Mais, comme on le voit, certaines tentatives de communication font parfois des flops, en particulier quand les effets d’annonce sont contrariés par la justice. L’article paru dans la presse locale samedi dernier ne laisse aucun doute sur les motivations purement politiques au seul bénéfice de François Baroin, dans ses prises de position ou promulgations d’arrêtés, dont le dernier en date vient d’être en grande partie retoqué par la justice administrative sur requête de la LDH.
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Outre certaines restrictions illégales au droit de manifester, François Baroin n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour limiter dans sa ville le droit d’expression.
Un précédent arrêté du maire de Troyes a déjà fait l’objet d’une procédure. La Mairie de Troyes promulgue le 19 septembre 2025 un arrêté interdisant la pose et l’affichage de drapeaux palestiniens et toute manifestation politique relative à un Etat étranger sur le domaine public et les bâtiments publics de la commune. La légalité d’un tel arrêté est contestable et les organisations troyennes qui défendent le droit de manifester et la liberté d’expression, dont la LDH, déposent un référé liberté contre cette atteinte aux droits et aux libertés. L’affaire est toujours en cours d’examen.
Les communications contradictoires, malgré la persistance de quelques idées fixes, qui se succèdent à fréquence accélérée, sur les réseaux sociaux notamment, laissent les observateurs un peu dubitatifs devant tant de versatilité et d’étalage de contre-vérités.
On pourra en avoir un aperçu révélateur dans ce communiqué, véritable morceau d’anthologie au regard de la décision du juge des référés, publié sur Facebook quasiment simultanément avec la publication du délibéré dont il fait état, et dans lequel François Baroin maquille consciencieusement la vérité à son seul avantage, laissant au final dans la plus grande des contrariétés son adjoint à la sécurité, qui s’était pourtant enorgueilli de la pertinence de cet arrêté et de sa certitude qu’il ne pouvait être contesté.
François Baroin se félicite que par une ordonnance en date du 7 juillet 2026, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne confirme la légalité de l’arrêté municipal du 17 juin 2026 relatif à la protection des enfants non accompagnés dans l’espace public pour la période correspondant à la Coupe du Monde de football jusqu’au 19 juillet 2026. Dans son ordonnance, le juge relève notamment que « la mesure en cause ne saurait être regardée, ni dans son principe ni dans ses modalités, comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale (…) », confirmant ainsi que les mesures étaient justifiées et proportionnées durant cette période marquée par un afflux exceptionnel de public.
L’ordonnance confirme également la pleine compétence du maire pour édicter de telles mesures de police administrative. Le tribunal rappelle « qu’il résulte des termes mêmes de cet arrêté que celui-ci ne vise pas uniquement à prévenir les atteintes à la tranquillité publique et a essentiellement pour objet d’assurer la protection de l’intégrité physique et psychique des mineurs » et reconnait qu’il appartient au maire, y compris dans une commune où la police est étatisée, de prendre les mesures nécessaires afin de préserver le bon ordre, la sécurité et la tranquillité publics lors de périodes de forte concentration de personnes.
Après la finale de la Coupe du Monde, l’arrêté prendra donc fin ; l’objectif principal étant la protection des mineurs pendant cette période particulière.
Au-delà de cette date, la protection de l’enfance demeurera notre priorité et toutes les mesures nécessaires seront prises pour la garantir.
On appréciera l’objectivité.
Parmi les fonctions d’un maire, on ne trouve nullement la publication de communiqués, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, servant des intérêts personnels ou politiques, à plus forte raison un parti avec sa doctrine et son idéologie.
On ne trouve pas non plus de place pour l’auto-promotion d’un éventuel hypothétique et soi-disant indécis futur candidat à une fonction d’Etat.
Un arrêté est un acte administratif réglementaire non créateur de droits.
Troyes peut s’enorgueillir de son fabuleux patrimoine historique, architectural, industriel, fort bien mis en valeur au demeurant. Mais avoir fait de sa ville une vitrine touristique, au point d’avoir relégué en périphérie la majorité des personnes à revenus plus modestes, y avoir réduit à peau de chagrin les subventions aux associations, celles de prévention notamment, en exclure toute tentative d’expression de la conscience populaire et de la jeunesse, l’avoir truffée de caméras de surveillance, avec l’espoir de faire monter les effectifs de la police municipale à 100 à l’horizon 2030, au seul bénéfice de la garantie de la sécurité des touristes et, surtout, de sa propre image, ne relève certainement pas non plus des fonctions d’un maire.
*A propos de l’identité nationale, on pourra lire avec intérêt Gérard Noiriel, À quoi sert « l’identité nationale » ?, Marseille, Agone, coll. « Passé et présent », 2007, 156 p., EAN : 9782748900804.
RD
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« Défendre l’innocence du capitaine Dreyfus, c’est défendre la justice »
Le 12 juillet 1906 : Dreyfus réhabilité, quand la justice oblige la République à regarder sa faute.
Une erreur judiciaire n’est jamais seulement une erreur de dossier : elle révèle un climat, des réflexes de pouvoir, des préjugés. L’Affaire Dreyfus montre comment l’État peut faillir, puis comment le droit peut le contraindre à se reprendre.
N’en déplaise aux médias d’extrême droite et à leurs agitateurs qui sont le déshonneur de la presse française, à Paris, contre la haine de l’autre, la place Lucie-Dreyfus remplacera la place Maurice-Barrès.
Parce que l’affaire Dreyfus demeure un moment incontournable de l’histoire républicaine, il est nécessaire de rendre hommage à Alfred Dreyfus ce 12 juillet. Les élus à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, Laurence Patrice et Ariel Weil expliquent leur choix de rebaptiser la place Maurice-Barrès du nom de l’épouse du capitaine victime d’antisémitisme.
L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État est toujours une bascule
La démocratie, les droits et l’État de droit sont confrontés en France à une menace existentielle, celle de la bascule vers le fascisme-illibéralisme qui a infailliblement lieu lorsque les extrêmes droites arrivent au pouvoir d’État.
Des pays considérés comme démocratiques ont connu cette bascule systémique : Hongrie, Pologne, Italie, États-Unis.
Avec des différences propres à chaque pays, l’offensive des extrêmes droites se déploie selon trois dimensions essentielles – sociétale, idéologique et politique. Elle remet partout en cause la légitimité de la démocratie et de l’État de droit et l’universalité des droits.
Le sénateur LR de Paris Francis Szpiner mis en examen pour corruption passive.
L’ex-maire du XVIe arrondissement est soupçonné d’avoir attribué en 2023 un logement social à une femme en contrepartie de relations sexuelles. Le célèbre avocat « n’a pas été placé sous contrôle judiciaire », précise le parquet de Paris ce jeudi 9 juillet.
Tout près de nous, le maire de la commune de Villemoyenne vient d’être mis en examen des chefs d’agressions sexuelles sur mineur concernant plusieurs victimes. Les faits reprochés remonteraient à une période antérieure à 2005.
Ce qui ne les conduisait pas pour autant, dans l’enthousiasme de la victoire, à agresser sexuellement des femmes et des enfants.
Cette propension des élus, presque exclusivement des hommes (95%), à user de leur position ne concerne bien évidemment pas seulement les élus. Toutefois, les affaires, ou tout au moins leur signalement, se multiplient ces derniers temps.
Et cela pose à nos yeux un grave problème en tant que système structurel de domination. Il s’agit bien d’une question de rapports de pouvoirs, inhérente ici aux fonctions électives.
« Partout où il existe des rapports de pouvoir fortement asymétriques, il y a une potentialité de violence sexuelle » selon Marie Chartron, chercheuse.
Nous avons toutes et tous en tête l’affaire Darmanin qui s’est soldée par un non-lieu en 2022, confirmé en 2024 par la Cour de cassation et à laquelle s’intéressait à nouveau en septembre 2025 la Cour européenne.
« A eux seuls, ces dossiers [ceux des affaires dans lesquelles le ministre actuel de la Justice a été pointé] sont un concentré des errements français dans la prise en compte et le traitement des agressions sexuelles. »
A l’issue des élections municipales de mars dernier, plusieurs médias pointaient l’élection ou la réélection de maires condamnés pour violences conjugales et/ou agressions sexuelles.
Paul Burro
Réélu au Belvédère (Alpes-Maritimes) Sans étiquette. Condamné en appel à douze mois de prison avec sursis et cinq ans de privation de ses droits civiques en février 2026, pour harcèlement d’une personne ayant été conjointe et atteinte à l’intimité de la vie privée par captation, enregistrement ou transmission de la localisation d’une personne, il s’est pourvu en cassation.
Olivier Compain
Réélu à Miniac-Morvan (Ille-et-Vilaine) Divers droite. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.
Bruno Genest
Réélu à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne) Sans étiquette. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.
Fred Mahler
Réélu à Goudargues (Gard) Sans étiquette. Condamné à huit mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité le 24 mars 2026 pour deux agressions sexuelles sur une agente, il a fait appel.
Marc Petit
Réélu à Firminy (Loire) Divers gauche. Condamné définitivement à six mois de sursis en 2021 pour agression sexuelle.
Jérôme Peyrat
Réélu à La Roque-Gageac (Dordogne) Sans étiquette. Condamné en 2020 à 3 000 euros d’amende avec sursis pour violences conjugales.
Hamdi Toudma
Réélu à Longlaville (Meurthe-et-Moselle) Sans étiquette. Condamné en 2023 à six mois de prison avec sursis pour des violences sur son épouse qu’il a reconnues.
Éric Carnat
Réélu à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) Sans étiquette. Mis en examen pour viol, agression sexuelle et harcèlement moral et sexuel après les plaintes de deux agentes.
Philippe Janicot
Réélu à Boisseuil (Haute-Vienne) Sans étiquette. Mis en examen pour des viols sur quatre femmes, sous contrôle judiciaire depuis décembre 2025.
Grégory Marty
Élu au premier tour à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) Divers droite. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en janvier 2025 après trois plaintes pour agressions sexuelles par personne abusant de sa fonction, harcèlement sexuel et violence par personne dépositaire de l’autorité publique.
Edgar Moulin
Réélu à Saint-Ellier-les-Bois (Orne) Sans étiquette. Mis en examen en mai 2025 pour viol sur personne se livrant à la prostitution, proxénétisme aggravé, recours habituel à la prostitution de mineurs et détention d’images pédopornographiques, il a été placé en détention provisoire cinq mois en mai 2025, puis libéré fin octobre 2025 et placé sous contrôle judiciaire.
André Santini
Réélu à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) UDI. Deux plaintes pour harcèlement et agressions sexuelles de deux anciens collaborateurs, information judiciaire ouverte en octobre 2024.
Jean-Michel Baylet
Réélu maire à Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne) Divers gauche. Visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles en 2022, classement sans suite.
S’ajoutent à cela un certain nombre de candidats ou d’élus à une fonction régalienne signalés au fil des années par les médias comme étant soupçonnés ou mis en examen pour les mêmes faits. On en trouvera ci-dessous quelques exemples.
A cela s’ajoute la problématique de l’immunité parlementaire qui vient, au minimum, retarder les procédures, le temps qu’elle soit éventuellement levée.
« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin de vote dans une urne, à déléguer les pouvoirs à quelques élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans, elle est action continuelle du citoyen…
Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements, les corps organisés et les élus en butte aux pressions de toute sorte de groupes cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »
Pierre Mendès France
RD
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Le juge des référés, saisi le 26 juin, a seulement publié sa décision le 7 juillet en fin de journée. Il lui a donc fallu 11 jours pour répondre à l’urgence. On peut considérer que si le juge n’avait pas lanterné, notre proposition de saisine du Conseil d’Etat aurait pu être retenue. Hors, l’arrêté étant désormais suspendu à partir du 20 juillet, le Conseil d’Etat risquait de statuer après la bataille. Ce qui aurait rendu notre démarche caduque.
Elle aurait cependant pu aboutir du fait que les troubles allégués ne sont pas attestés et qu’il ne semble pas y avoir eu d’incident depuis la prise de l’arrêté à Troyes.
Plus rapide que le juge des référés, François Baroin publiait le 7 juillet sur Facebook son communiqué victorieux dès 19h46, donc très peu de temps après la publication du délibéré, qui nous est parvenue à 18h55, un communiqué préparé à l’avance, de toute évidence.
Dans sa précipitation pour maquiller la vérité, il a simplement omis de mentionner que le juge a reconnu le bien-fondé de la démarche de la LDH ainsi que l’urgence de celle-ci en fixant l’audience au 30 juin, que l’arrêté est bien suspendu avant la date prévue du 1er septembre, soit 43 jours plus tôt et que la ville de Troyes est condamnée à verser la somme de 1500 € à la LDH, « qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance » selon l’ordonnance du juge.
L’arrêté du maire de Troyes, couvre-feu sans en dire le nom, est avant tout une opération de communication. Son communiqué de presse qui a suivi la décision du juge des référés l’a confirmé en travestissant la vérité, la durée du couvre-feu étant passée de 75 jours à 32 jours.
Cet arrêté s’inscrit aussi dans cette posture conduisant pour de fausses questions de sécurité les Français à s’habituer à ce que leurs libertés soient remises en causes par touches successives. Le maire de Troyes participe ainsi au détricotage de l’Etat de droit.
Mais cette fois encore, l’Etat de droit a gagné.
RD
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Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, loi sur la fin de vie : le Sénat part en cure, l’Assemblée nationale reste à la buvette…
Un décret publié le mardi 16 juin officialise la convocation d’une session extraordinaire au Parlement à partir du 1er juillet, afin de permettre l’examen de plusieurs textes de loi. Sont notamment concernés le projet de loi sur la protection de l’enfance, le texte sur l’urgence agricole, celui sur la justice criminelle ou encore la proposition de loi sur l’aide à mourir.
Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : un permis de tuer
La proposition de loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions », dont l’examen avait commencé lors de la « niche parlementaire » des députés Droite républicaine en janvier dernier, a été réinscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale par le gouvernement. Le texte, auquel la gauche s’oppose vivement, sera débattu mardi en fin d’après-midi dans l’hémicycle.
Permis de tuer : ce que changerait la loi sur la présomption de légitime défense de la police.
En France, le gouvernement s’apprête à faire passer une nouvelle loi qui présumerait légal tout tir de policier ou gendarme. Le texte sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » sera débattu à l’Assemblée nationale le 7 juillet. S’il est voté, il s’agirait d’une bascule historique qui offrirait aux forces de l’ordre un « permis de tuer ». Nous nous opposons fermement à ce projet de loi, voici pourquoi.
Alors que la France s’apprête à franchir une étape décisive le 15 juillet, plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas et la Belgique, ont déjà légalisé l’euthanasie depuis plus de vingt ans. Voici un tour d’horizon des pays qui l’autorisent, ceux qui la tolèrent et ceux qui la condamnent.
Loi créant un droit à l’aide à mourir : l’Assemblée nationale doit se prononcer une dernière fois le 15 juillet 2026 par un vote définitif.
Par Hubert Bruneel
Les députés ont voté le 30 juin 2026 en faveur de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, avant un vote définitif qui devrait intervenir à l’Assemblée le 15 juillet. La version adoptée à l’issue de cette nouvelle lecture sera a priori la copie finale : les sénateurs devraient en effet rejeter à nouveau le texte de retour au Palais du Luxembourg le 7 juillet et les députés ne pourraient plus introduire en lecture définitive d’amendements.
295 députés ont voté pour, et 232 contre, sous les yeux de l’ancien député Olivier Falorni, auteur de la proposition de loi. Le Sénat avait déjà adopté le texte en mai 2025 (305 voix contre 199) puis en février 2026 (299 voix contre 226).
La réforme va désormais repartir au Sénat, qui devrait à nouveau rejeter le texte lors de son examen à partir du 7 juillet.
La commission des Affaires sociales du Sénat devrait proposer mercredi de rejeter d’emblée le texte via l’adoption d’une motion de rejet préalable, a indiqué mardi une source parlementaire à l’AFP. L’examen du texte au Sénat ne devrait donc durer que quelques heures.
Le gouvernement prévoit de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, où le vote final est fixé au 15 juillet.
Rappelons qu’en 1978, le sénateur Caillavet avait déposé la toute première proposition de loi relative à la légalisation de l’aide active à mourir. Depuis, de nombreux pays ont accordé ce droit à leurs concitoyens, dans une procédure encadrée et mise en œuvre par des médecins volontaires. Aucune de ces démocraties n’a enregistré de dérive, de pente glissante, de volonté eugéniste. Juste une loi humaine qui place au cœur des décisions de fin de vie la volonté et la parole du patient. Car c’est lui qui sait le mieux ce qu’il convient de faire quand la vie lui échappe, que la médecine s’est déclarée impuissante à le guérir et que ce qui reste à venir n’est que de la survie, parfois artificielle, toujours difficile.
Le texte de loi qui sera soumis en troisième lecture à l’Assemblée nationale trouve son origine dans la Convention citoyenne sur la fin de vie qui a débuté ses travaux en décembre 2022, à la suite de l’avis 139 rendu par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui se prononçait en faveur d’une modification de la loi sur la fin de vie en appliquant une procédure éthique en matière d’aide à mourir.
La première version de ce texte a été présentée en Conseil des Ministres le 10 avril 2024. Cela fait donc plus de deux ans que le Parlement examine le dispositif qui devrait permettre pour ceux qui le souhaitent (et pour ceux-là seulement) de bénéficier d’une aide active à mourir très encadrée, placée sous le contrôle des lois de notre République. Durant ces deux années, la représentation nationale a auditionné des dizaines de personnes, dont des médecins et des malades. Elle a accompli un très gros travail, sur un sujet qui touche à l’intime et à l’éthique.
Plus de 90% des Français adhérent à une telle loi, selon des sondages constants depuis plus de vingt ans, et les médecins sont 74% à la demander afin de sécuriser des pratiques qu’ils connaissent et, pour certains, pratiquent déjà avec compassion et discernement.
Il s’agit de permettre à chacune et à chacun d’avoir le choix entre :
– une forme d’obstination raisonnable s’il souhaite aller au bout, même si ses souffrances deviennent insupportables,
– des soins palliatifs de qualité, partout et pour tous, en application de la loi, le 26 mai 2026 visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs,
– et, enfin, une aide à mourir, s’il le souhaite, de ne plus souffrir et de ne pas agoniser.
Les trois députés de l’Aube ont voté, le 30 juin 2026, contre ce projet de loi, à rebours de l’Assemblée nationale qui a adopté le texte et des attentes des Français, leur refusant un droit nouveau. Pourtant, s’agissant d’Angélique Ranc, son assistant parlementaire, Valentin Mouzon, a occupé dans l’Aube pendant plusieurs années les fonctions de délégué départemental de l’ADMD (association pour le droit à mourir dans la dignité).
Aussi humaine que fut la loi sur l’IVG, ce projet de loi, tout comme pour l’IVG, n’emportera aucune contrainte : ni pour les citoyens (en fin de vie ou en bonne santé), ni pour les médecins grâce à la clause de conscience. Il consiste simplement à donner à une liberté, celle de la fin de vie, un cadre législatif respectueux et humain.
Pourquoi la voie du référendum a été écartée par le Conseil constitutionnel ?
En pleine bataille parlementaire sur la fin de vie, 201 parlementaires ont tenté de déclencher la procédure de référendum d’initiative partagée pour empêcher que l’aide active à mourir soit assimilée à un soin. Par une décision du 17 juin 2026, le Conseil constitutionnel a fermé cette voie. Pourquoi ?
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TROYES: manifestation pour Gaza. Refusons l’indifférence, refusons l’effacement d’un peuple !
Chers amis, chers citoyen.nes,
Depuis plus de deux ans et demi, nous nous réunissons inlassablement pour porter la même exigence : halte au génocide, halte au massacre du peuple palestinien, halte à la destruction de Gaza.
Les annonces de cessez-le-feu se succèdent, mais sur le terrain, la réalité demeure la même : les bombardements, les déplacements forcés, les privations et les souffrances continuent. Rien ne permet aujourd’hui de constater un véritable recul des violences subies par la population palestinienne.
Le 15 mai dernier marquait les 78 ans de la Nakba. En 1948, plus de 700 000 Palestiniens furent expulsés de leurs terres et des centaines de villages détruits. Cet événement n’appartient pas seulement à l’histoire : il se poursuit à travers la dépossession, la fragmentation du peuple palestinien et la négation persistante de ses droits fondamentaux. Soixante-dix-huit ans plus tard, la question palestinienne demeure celle d’un peuple privé de sa terre, de sa souveraineté et de son avenir.
Aujourd’hui, à Gaza, le génocide se poursuit. Il est orchestré méthodiquement par Israël et son allié américain. La catastrophe humanitaire atteint un niveau sans précédent. La guerre n’a épargné aucun secteur. Hôpitaux, écoles, universités, réseaux d’eau, infrastructures énergétiques : tout ou presque a été détruit ou gravement endommagé.
Les habitants de Gaza sont confrontés à une réalité où les éléments les plus fondamentaux d’une vie digne ont disparu. Trouver de l’eau potable, de la nourriture ou simplement un endroit sûr où dormir est devenu une préoccupation quotidienne.
Plus de 85 % de la population dépend désormais de l’aide humanitaire pour survivre. Cette aide n’est plus un soutien temporaire ; elle est devenue une véritable bouée de sauvetage. Des centaines de milliers de familles ne peuvent satisfaire leurs besoins les plus élémentaires sans l’assistance des organisations humanitaires. Pourtant, les convois continuent d’être bloqués ou fortement limités alors même que les besoins ne cessent d’augmenter.
Nous exigeons donc l’arrêt immédiat du génocide et donc non seulement l’ouverture totale et immédiate de Gaza à l’aide humanitaire, mais aussi la garantie d’un accès permanent à l’eau, à la nourriture, aux soins médicaux et aux biens de première nécessité.
Pendant ce temps, en Cisjordanie, la colonisation se poursuit à un rythme soutenu. Les violences des colons se multiplient, les expulsions continuent et les territoires palestiniens sont toujours davantage morcelés.
Au Liban, les opérations militaires israéliennes s’intensifient. Après Gaza et la Cisjordanie, c’est désormais le sud du Liban qui subit destructions et déplacements de population. Sous couvert de « zone tampon », des villages entiers sont vidés de leurs habitants et parfois rasés. Ce que certains présentent comme une zone de sécurité apparaît de plus en plus comme une zone morte. En même temps que d’agresser l’État libanais, Israël étend ainsi sa guerre génocidaire à l’encontre des centaines de milliers de palestiniens réfugiés suite à leur expulsion lors de la Nakba de 1948.
Cette escalade régionale s’inscrit dans le contexte d’une agression militaire israélo américaine, d’une politique colonialiste, pour le contrôle des terres et des ressources. Elle a et aura des conséquences dramatiques pour les peuples du Moyen-Orient mais également pour l’ensemble du monde.
Derrière les chiffres, derrière les analyses géopolitiques, il y a des êtres humains. Il y a des femmes, des hommes et des enfants qui subissent quotidiennement la violence, la peur, l’exil et la perte de leurs proches.
Nous refusons de nous habituer à cette souffrance. Nous refusons que l’horreur devienne normale.
Face à ces violations répétées du droit international, les déclarations diplomatiques ne suffisent plus. La reconnaissance de l’État de Palestine, si elle intervient, ne saurait masquer l’inaction des États face aux crimes commis ni la poursuite des coopérations militaires qui alimentent le conflit.
En France également, nous constatons avec inquiétude une volonté croissante de faire taire les voix qui dénoncent ces crimes. Le projet de loi Yadan apparaît comme l’un des symboles de cette criminalisation des mobilisations en faveur des droits du peuple palestinien. Défendre les droits humains, exiger l’application du droit international et exprimer sa solidarité ne devraient jamais être assimilés à une menace.
Nous dénonçons également les obstacles grandissants imposés aux universitaires, chercheurs, artistes et étudiants palestiniens. Alors que l’ensemble des universités de Gaza ont été détruites ou gravement endommagées et que des centaines de milliers d’enfants sont privés d’éducation, les possibilités d’accueil et de protection se réduisent.
Nous affirmons qu’aucune paix durable ne sera possible sans justice, qui doit commencer par le droit au retour des palestiniens expulsés de leurs terres.
Nous affirmons que le peuple palestinien doit pouvoir décider librement de son avenir et exercer pleinement son droit à l’autodétermination.
Nous affirmons qu’une paix véritable suppose l’égalité des droits, le respect du droit international et la reconnaissance de la dignité de tous les peuples.
Ces 78 années de Nakba nous posent une question simple : voulons-nous vivre dans un monde où la loi du plus fort l’emporte sur le droit, où un peuple peut être expulsé, assiégé et privé de ses droits fondamentaux ? Ou voulons-nous construire un monde fondé sur la justice, l’égalité et le respect du droit international ?
C’est pourquoi nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :
Un cessez-le-feu total et durable ;
L’ouverture complète et sans restriction de Gaza à l’aide humanitaire, aux journalistes et aux observateurs indépendants ;
La garantie permanente de l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins et aux produits de première nécessité ;
L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants militaires utilisés pour le montage d’armes
L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports
L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.
la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël
L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.
Le respect du droit international et la protection effective des populations civiles.
Nous saluons également le courage des Flottilles de la Liberté et de toutes celles et ceux qui tentent d’apporter aide et solidarité au peuple palestinien malgré les obstacles et les intimidations.
Enfin, nous appelons chacune et chacun d’entre vous à poursuivre la mobilisation. Signez les pétitions, interpellez vos élus, faites entendre votre voix.
Car le silence favorise l’impunité.
Nous sommes ici pour dire que nous voyons ce qui se passe. Nous refusons l’indifférence. Nous refusons l’effacement d’un peuple.
Pour la justice. Pour le droit. Pour la paix.
Jour 1 000 à Gaza : 90 % de la bande de Gaza « détruite », 80 % « occupée » par Israël
1 000 jours après le 7 octobre 2023, Gaza est en ruines, le Conseil de la paix vacille et Israël étend son contrôle sur l’enclave.
Plus de 90 % de la bande de Gaza a été détruite, et les forces israéliennes contrôlent 80 % du territoire assiégé, selon les autorités de l’enclave, alors que le monde commémore les 1 000 jours écoulés depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza.
«Plus personne ne nous soutient», le cri d’alarme des Palestiniens
Alors que le monde se concentre sur l’accord entre les États-Unis et l’Iran, les habitants de Gaza se sentent abandonnés.
«Tout le monde a oublié Gaza et sa tragédie.» À l’heure où le monde a les yeux rivés sur les pourparlers irano-américains pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, le sort de la bande de Gaza est relégué au second plan.
Des mineurs accusés de crime bientôt libérés à cause de Darmanin ?
Des mineurs accusés de crime bientôt libérés à cause de Darmanin ?
Le Conseil constitutionnel avait donné un an au gouvernement pour modifier un texte concernant la détention provisoire des 16-18 ans. Mais rien n’a été fait : le ministre de la Justice a laissé passer le délai, qui arrive à échéance ce 1er juillet au matin. Oups !
Oh la boulette du ministère de la Justice ! A compter du 1er juillet, des mineurs incarcérés âgés de 16 à 18 ans, accusés de crime, en attente de leur procès vont devoir être libérés. Ça chauffe pour Gérald Darmanin.
Pour bien saisir la situation et le contexte de ce raté, remontons un peu dans le temps.
La loi visant à renforcer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents, dite loi Attal, a été promulguée le 23 juin 2025.
Le 27 juin 2025, saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition de 2019 du code de la justice pénale des mineurs régissant ce maintien en détention, au terme de l’enquête judiciaire, d’un mineur de plus de 16 ans accusé d’un crime.
Un vide législatif fragilise le maintien en détention provisoire de mineurs accusés de crimes.
Le Conseil constitutionnel avait donné jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2026 au gouvernement pour modifier une disposition du code de la justice pénale des mineurs sur la détention provisoire des 16-18 ans, mais aucun texte n’a été approuvé.
Une dépêche adressée par la Chancellerie aux parquets confirme que pour les décisions prises à compter du 1er juillet, le maintien d’un mineur renvoyé en cour d’assises sera dépourvu de toute base légale. Les magistrats se retrouvent confrontés à un casse-tête juridique.
« La date du 1er juillet 2026 ne marque pas seulement l’échéance d’un ultimatum constitutionnel resté sans réponse. Elle cristallise une tension profonde entre, d’une part, la volonté politique d’aligner le régime de la détention provisoire des mineurs sur celui des majeurs et, d’autre part, une exigence constitutionnelle et prétorienne d’adaptation procédurale qui ne cesse de se renforcer. La chambre criminelle, par une série d’arrêts rendus entre 2023 et 2026, a construit un corpus jurisprudentiel cohérent qui fait des garanties propres aux mineurs des nullités d’ordre public. Cette construction prétorienne, conjuguée à la censure du Conseil constitutionnel, confère aux avocats des leviers contentieux substantiels qu’il leur appartient de mobiliser avec rigueur et célérité. À court terme, l’adoption d’un amendement correctif dans le cadre de la loi sur la justice criminelle, annoncée pour la mi-juillet 2026, pourrait combler le vide législatif. Mais elle ne saurait effacer les nullités acquises durant la période intermédiaire, que les praticiens avisés auront su faire constater. » Me Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Comme l’écrivait le Syndicat de la Magistrature dans sa tribune du 16 mars,la justice des mineurs mérite mieux qu’un traitement populiste, simpliste et à visée électoraliste.
Face à l’énième critique du principe de l’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l’âge par le Gouvernement, le Syndicat de la magistrature publiait en mars 2026 une tribune dans le Monde pour recontextualiser le débat autour de cette « excuse » en sortant d’une approche démagogique de la justice des mineurs et de remettre l’accent sur la situation catastrophique dans laquelle se trouve la protection de l’enfance.
Début juin, l’émission 100 % Frontières diffusée chaque jour sur CNews est si radicale qu’elle choque même en interne. Au point qu’un chroniqueur de la chaîne a discrètement saisi l’Arcom pour dénoncer la place « quasi exclusive » accordée à « l’immigration » ou à « l’islam », « sans maîtrise de l’antenne ».
Quelques jours plus tard, Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, dans le giron de Vincent Bolloré comme CNews, dénonce, dans une tribune publiée par Le Figaro, une décision visant à « faire taire (…) une chaîne que des millions de Français choisissent librement ».
Analysant le traitement des célébrations post-victoire du PSG, le soir du 30 mai,Acrimed demande comment les pouvoirs publics comptent contenir la haine bien réelle déversée à flux continu par une chaîne d’extrême droite bénéficiant d’une fréquence publique…
Aujourd’hui, on apprend que le patron du média identitaire Frontières, partenaire de CNews, a été rémunéré en 2020 et 2021 par un think tank hongrois proche de Viktor Orbán. Cette structure a récemment été identifiée par les autorités françaises comme partie prenante d’un réseau d’influence étrangère, d’après les informations de Mediapart.
«Si vous fermez CNews, il y aura un écran noir, mais ce sera un soulèvement», alerte Philippe de Villiers, dans l’émission CNewsesque #FaceaPhilippeDeVilliers.
Alors, oui au soulèvement, mais un soulèvement de fraîcheur, ou plutôt un soulagement, oui à la fin des imprécations racistes et du journalisme de préfecture, de l’appel à la haine, du déni des violences policières, de la surenchère permanente et de l’amplification systématique des faits de violence, de l’altérisation, l’ essentialisation, la racialisation des auteurs réels ou supposés de ceux-ci, de la falsification du réel, de la criminalisation – voire la pathologisation – à outrance des « fauteurs de trouble », en opposant « les honnêtes gens d’un côté, ceux qui se lèvent, qui font tourner l’économie, qui ouvrent leurs magasins, et puis ceux qui en quelques secondes […] vont tout casser », de l’exacerbation continue du ressentiment et de la haine raciale, de la stigmatisation de ces « fils d’immigrés […] qui ont été dressés à mordre »…
Alors, oui! CNews et Frontières, fermez-la !
RD
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Avocats et magistrats se mobilisent contre les « conditions dégradées de travail » et la réforme de la justice criminelle
Plusieurs rassemblements d’avocats et de magistrats sont organisés, lundi, à travers la France pour protester contre la réforme de la justice criminelle portée par Gérald Darmanin. Ils manifestent aussi pour dénoncer les conditions de travail et le manque de moyens.
Cette manifestation sert « à dire à nos concitoyens que la justice n’a actuellement pas les moyens d’assurer une protection suffisante » explique sur France Inter Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats.
Prévue à l’agenda de l’Assemblée Nationale le 7 juillet prochain, une proposition de loi (PPL), déposée par le député (LR) Eric Pauget, vise à instaurer une « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». Ce texte est soutenu par le gouvernement : celui-ci a déjà fait adopter, lors d’une première discussion à l’Assemblée Nationale en janvier 2026, un amendement tendant à créer une présomption de légalité des tirs par les forces de l’ordre.
La LDH s’associait à la mobilisation nationale de ce lundi 29 juin.
« Nous continuons à exiger l’abandon de l’intégralité de la réforme SURE portée par le garde des Sceaux et à faire entendre notre voix pour une justice de qualité. »
Canicule : la gestion de la crise révèle les limites de l’action publique
La réaction des pouvoirs publics à l’épisode caniculaire de ce mois de juin révèle la difficulté plus structurelle de l’Etat à anticiper, planifier et agir avant que des événements ne s’imposent.
Le gouvernement essuie les critiques de la classe politique face à sa gestion de la canicule.
Alors que la France continue d’enregistrer des records de température, le gouvernement tente d’agir. Mais l’exécutif est accusé d’avoir manqué d’anticipation. La classe politique s’indigne et critique la gestion du gouvernement.
Canicule et services publics sous pression, le gouvernement promet l’urgence tandis que les failles d’anticipation apparaissent.
Sous la canicule, écoles, trains, hôpitaux et réseau électrique vacillent. L’exécutif mobilise les secours, mais les critiques sur l’anticipation climatique s’intensifient.
« On est largement en retard » : qu’ont fait les différents gouvernements pour adapter la France aux fortes chaleurs depuis la canicule de 2003 ?
Alors que la France suffoque, le gouvernement de Sébastien Lecornu est accusé de ne pas avoir suffisamment préparé le pays à ces vagues de chaleur. Une critique récurrente qui vise tous les exécutifs depuis la tragédie de 2003.
Chaleur au travail : ce que peuvent faire les salariés et ce que prévoit la loi.
Droit de retrait, alerte à l’inspection du travail ou encore grève : alors que la canicule due au réchauffement climatique frappe la France pour la seconde fois en 2026, que peuvent faire les salariés en cas d’inaction de leur employeur ?
Canicule au travail : travailler sous 40°C ne doit jamais devenir la norme !
Alors qu’une nouvelle vague de chaleur frappe le pays, la CGT alerte sur l’extrême gravité de la situation pour des millions de travailleuses et de travailleurs.
La LDH tient ses promesses: un référé-liberté a été déposé au Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne contre le couvre-feu à TROYES
La LDH, représentée par Mes Romain Mainnevret et Mathieu Malblanc, avocats associés à Châlons-en-Champagne, a déposé ce jour un référé-liberté contre l’arrêté pris le 17 juin par le maire de Troyes, auprès du juge des référés du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.
L’audience est fixée au mardi 30 juin à 9h.
L’intérêt à agir de la LDH contre l’arrêté en litige est pleinement établi. Le Conseil d’État reconnaît constamment l’intérêt à agir d’une association nationale contre une mesure de police locale dès lors que la décision attaquée soulève des questions de principe relatives aux libertés publiques qui, par leur nature et leur objet, excèdent les seules circonstances locales.
La condition d’urgence prévue par l’article L. 521-2 du code de justice administrative est, dès lors, pleinement satisfaite.
Il s’agit d’une atteinte grave aux libertés fondamentales, remettant en cause la liberté d’aller et venir ainsi que la liberté personnelle et l’intérêt supérieur de l’enfant, par son caractère inadapté, non nécessaire et disproportionné : elle vise l’ensemble des mineurs de moins de dix-huit ans, est excessive dans la durée, ne prévoit aucune exception ; enfin l’arrêté est litigieuxet entaché d’incompétence, une telle mesure relevant de l’autorité de l’Etat en la personne du préfet qui le représente et non du maire.
La LDH demande au juge des référés du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne de:
ORDONNER la suspension immédiate de l’exécution de l’arrêté municipal n° 2026-2992 du 17juin 2026 dans son intégralité,
METTRE à la charge de la Commune de Troyes la somme de 2 000 euros au titre de l’article L.761-1 du Code de justice administrative à verser à la requérante.
Nous serons présent.e.s à Châlons le mardi 30 juin et ne manquerons pas de vous tenir informé.e.s de la suite donnée à ce référé-liberté.
RD
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Affaire Lyannah : derrière la communication du gouvernement, ce que révèle (vraiment) le rapport d’inspection
Un pré-rapport d’inspection, publié ce lundi, a révélé les coulisses des dysfonctionnements judiciaires ayant accompagné l’assassinat de la jeune Lyannah, le 29 mai dernier. Depuis, le gouvernement macroniste s’empresse de pointer du doigt les supposés responsables, avec promesse de sanctions. Et ce quitte à instrumentaliser le contenu même du rapport, en refusant de se confronter aux conséquences de leurs propres politiques publiques.
Lyhanna : Gérald Darmanin annonce « un choc numérique au ministère de la Justice » et « promet le zéro papier d’ici six mois ».
Le garde des Sceaux affirme que le ministère va « tout scanner » avec l’aide de « l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ».
Quand on voit un élu promettre l’attribution d’un logement social et d’un emploi en tant que maire ou encore la révision d’une condamnation, grâce à sa copine Alliot-Marie, en échange de faveurs sexuelles, on sait très vite à qui on a affaire. Jamais mis en examen malgré la réalité avérée d’un « viol par surprise » et d’un rapport sexuel « extorqué », « ni libre, ni consenti », il n’a jamais été jugé, bénéficiant d’un non-lieu en juillet 2022, confirmé par la cour d’appel de Paris en janvier 2023 et par la Cour de cassation en février 2024.
Il ne faut pas espérer que le personnage devienne un parangon de vertu et qu’il se soucie du problème des abus et violences sexuels. C’est un personnage malsain à la base, qui ne fait de politique depuis l’âge de 16 ans que pour satisfaire sa soif de reconnaissance et ses besoins personnels.
Un DEUG d’histoire et un diplôme de Sciences-Po Lille ne confèrent pas nécessairement un haut niveau de moralité.
Il est tellement plus facile de s’en prendre aux sous-fifres et de faire des annonces « chocs », en l’occurrence plus aucun papier au ministère de la Justice. On efface plus facilement un fichier informatique qu’un lourd dossier papier. Plus de traces. Hormis sur les murs des chiottes, s’il parvenait à appliquer à la lettre sa promesse… intenable par ailleurs, puisqu’ il n’y aura pas un centime supplémentaire pour équiper les tribunaux du matériel nécessaire.
Darmanin ment comme il respire. Pris le doigt dans le pot de confiture, il dit encore que c’est l’autre.
Pour ne citer qu’un autre exemple, alors ministre de l’Intérieur, Il affirmait, en mars 2023 en conférence de presse, que les gendarmes n’avaient « pas lancé de LBD » à Sainte-Soline, pour revenir le lendemain sur sa déclaration, après la diffusion de vidéos probantes ; que les forces de l’ordre n’avaient « pas empêché les secours d’intervenir« , mais plutôt les « casseurs », alors que les observateurs de la LDH avaient constaté qu’il n’y en avait pas alors sur place depuis au moins 30 mn, un pompier et un opérateur de SAMU ayant observé que les secours étaient bloqués par les gendarmes alors qu’un manifestant était en danger de mort ; qu’ »aucune arme de guerre » n’avait été utilisée, des journalistes présents sur place ayant toutefois repéré des « GM2L », armes classées en catégorie A2, celle-ci définissant des « armes de guerre » ; que « des gaz lacrymogènes n’ont pas été utilisés contre les blessés« , ce qui fut démenti par de nombreux témoignages et vidéos ; et concernant les 7 policiers de la BRAV-M ayant intimidé et menacé 7 manifestants, qu’ils n’avaient « pas été identifiés formellement » et qu’ils n’étaient d’ailleurs « pas engagés » ce jour-là, alors que des membres de la 21ème compagnie d’interventions de la BRAV-M étaient effectivement présents et avaient été clairement identifiés, tenant par ailleurs des propos racistes et terroristes…
Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream.
Le gouvernement s’apprête à faire voter une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers qui font usage de leur arme. La mesure est assimilée à un « permis de tuer » par ses détracteurs et rompt avec le principe d’égalité devant la loi.
« Une faute morale et politique » : des responsables talibans attendus à la Commission européenne pour parler immigration
Cinq responsables talibans ont reçu l’autorisation d’entrer en Belgique, attendus ce mardi à Bruxelles pour évoquer avec la Commission européenne le renvoi d’exilés afghans vers leur pays d’origine, une perspective dénoncée par des élus et des ONG.
Menacé après la condamnation du fondateur du média identitaire Frontières, le juge Youssef Badr annule sa venue à Reims.
La rencontre prévue ce lundi 22 juin après-midi avec le juge Youssef Badr à la bibliothèque universitaire Robert de Sorbon à Reims est annulée. Une annulation qui intervient dans un contexte de menaces portées contre le magistrat depuis la condamnation du fondateur du media identitaire Frontières.
« Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir » : une enquête pour incitation à la haine ouverte après la diffusion d’une vidéo tournée dans une discothèque de l’Aveyron.
Depuis le 6 juin, une vidéo prise dans une boîte de nuit de Rodez (Aveyron) a été vue par plusieurs milliers de personnes et repartagées par de nombreux comptes. Sur ces images, on peut voir un groupe de personnes alcoolisées entonner des chants racistes. Une enquête pour incitation à la haine a été ouverte par le procureur.
Pétition : pour un Défenseur des droits à la hauteur de la fonction.
Sophie Binet, SG de la CGT, et des milliers d’autres personnes, représentant.es d’organisations, chercheur.e.s, personnalités et citoyen.nes sont signataires de la pétition « Défenseur des droits : une nomination déterminante pour les droits et libertés » – pour marquer leur opposition à l’éventuelle nomination de François-Noël Buffet.
La protection thermique des logements, des écoles, des hôpitaux et des villes doit devenir une grande infrastructure publique du XXIe siècle. Comme l’eau potable, l’électricité ou le rail hier, elle doit être planifiée, financée et organisée collectivement.
Une commission mandatée par l’ONU accuse Israël de « cibler » les enfants palestiniens et dénonce la poursuite d’un « génocide » à Gaza
En septembre, la commission avait expliqué que les autorités et forces de sécurité israéliennes avaient commis « quatre des cinq actes génocidaires » définis par la Convention de 1948 sur le génocide.
Dans son nouveau rapport, publié mardi 23 juin, une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé Israël de « cibler » les enfants palestiniens dans la bande de Gaza, dénonçant une fois encore un « génocide » en cours. Srinivasan Muralidhar, président de la commission, a affirmé, dans un communiqué, qu’« en prenant pour cible des enfants, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister et de déterminer son avenir ».
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