On se souvient du procès contre ce qui a été qualifié de traite d’êtres humains, dans le vignoble champenois, l’année dernière et de la lourde condamnation de la gérante de la société Anavim, prestataire de service fournissant de la main d’oeuvre bon marché, recrutée porte de la Chapelle à Paris plutôt qu’à Pôle emploi, et traitant ces membres de son personnel comme des bêtes de somme dans l’illégalité totale et des conditions absolument indignes.
Nous évoquions dans ces colonnes la constatation des faits par les gendarmes et une inspectrice du travail en septembre 2023 à Nesle-le-Repons dans la Marne et l’audience du 26 mars 2025 au tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne, au cours de laquelle l’avocat de la première mise en cause avait sollicité le renvoi.
Le 19 juin suivant, le parquet de Châlons-en-Champagne requérait des peines de prison ferme à l’encontre des prestataires de service, accusés d’avoir logé des travailleurs saisonniers dans des conditions insalubres et pour « traite d’êtres humains ». Nous assistions à l’audience pour apporter notre soutien aux victimes.
Le 21 juillet 2025, le tribunal condamnait la gérante de la société Anavim à quatre ans de prison dont deux ferme, peine assortie de l’exécution provisoire. Elle est incarcérée depuis le 4 août 2025.
Les autres protagonistes de l’affaire, à qui elle avait confié le recrutement, écopaient de trois ans de prison, dont un ferme et 3 000 € d’amende.
Le client, gérant de la Sarl Cerseuillat de la Gravelle, qui avait eu besoin de 80 cueilleurs sans trop se soucier de leur situation, était condamné à 75 000 € d’amende.
En appel, les 21 et 22 janvier 2026 à Reims, la gérante de la société prestataire a vu sa peine de quatre ans de prison dont deux ferme confirmée. Pour ces faits « d’une exceptionnelle gravité », puisqu’ils ont été qualifiés de « traite d’être humains », elle a en outre été sanctionnée de 20 000 € d’amende et sa maison, lieu des délits, a été confisquée. Anavim a été dissoute, conformément aux termes du jugement.
Anavim et sa gérante répondaient aussi de travail dissimulé, emploi d’étrangers sans permis de travail, soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes, rétribution inexistante et non déclaration d’un local à des fins d’hébergement.
Le 4 mars, la cour d’appel de Reims confirmait la condamnation de la gérante d’Anavim, qui retournait en prison et se voyait confirmée dans l’obligation de rembourser 315 137 € à la Mutualité sociale agricole d’Île-de-France, au titre du préjudice économique. Les associations parties civiles étaient également entendues dans leurs demandes d’indemnisation. L’arrêt confirmait le montant des sommes dues en réparation du préjudice de 53 victimes : la société Anavim, sa gérante et ses coprévenus condamnés à verser solidairement 4 000 € à chacun des vendangeurs.
Par contre, ses deux recruteurs bénéficiaient d’une réduction de peine, à un an avec sursis et le client, gérant de la Sarl Cerseuillat de la Gravelle, était miraculeusement dispensé du paiement des 75 000 € d’amende.
En 2025, également, à Mourmelon-le-Petit (Marne toujours), au moins une quarantaine de saisonniers ukrainiens avaient été hébergés dans un bâtiment décrit comme vétuste et insalubre. Les enquêteurs avaient notamment relevé l’état très dégradé des sanitaires, un défaut général de nettoyage et des risques liés aux installations électriques. Le responsable de l’entreprise concernée a été condamné, en janvier 2026, à trois ans de prison, dont deux ferme, ainsi qu’à une interdiction de diriger une société.
Il n’aura pas fallu longtemps pour que, quelques mois plus tard, certaines maisons de champagne, qui ne se soucient pas plus des conditions de travail et d’hébergement de leurs vendangeurs, s’affranchisssent des règles élémentaires du code du travail et qu’une nouvelle affaire d’hébergement indigne soit signalée.
Des vendangeurs logés sous tente : un hébergement indigne fermé en Champagne.
Il n’avait fait l’objet « d’aucune déclaration préalable auprès des services de l’État », et présentait des non-conformités. Les inspecteurs ont constaté que les vendangeurs étaient logés sous tente, que l’aménagement des « locaux sanitaires et des cabinets d’aisances » était « défaillant » et quel’hygiène générale des lieux était « insuffisante ».
Le comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC) met à disposition des vendangeurs un livret d’accueil dans lequel sont clairement mentionnés leurs droits concernant leurs conditions de travail, de rémunération et d’hébergement, hélas en seule langue française. Il est par ailleurs loin d’être assuré que chaque vendangeur en reçoive un.
Le CIVC et les diverses organisations de viticulteurs seraient bien inspirées de commencer par fournir à leurs adhérents employeurs une formation sur leurs obligations… Cela pourrait contribuer à la valorisation du terroir bien plus efficacement que leurs nombreux événements oenotouristiques ou autres opérations commerciales de promotion…
RD
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Le festival d’Uzeste devait se tenir du 17 au 22 août et a été annulé en raison du risque d’incendie. La mairie et les organisateurs travaillent avec d’autres communes pour tenter de déplacer une partie de la programmation.
« Alors que les camarades d’Uzeste Musical préparent depuis des mois une fête de résistance et de solidarité, malgré les nombreuses coupes budgétaires qui ont déjà imposé de nombreuses contraintes, à quelques jours du début de l’hestajada de las arts, la préfecture de Gironde a décidé d’arrêter toute vie sur les 159 communes dites « forestières » (le mot d’ordre du mois d’août : « il faut aller sauver le commerce des plages».
L’arrêté préfectoral a été suivi d’un arrêté municipal, détaillant les mesures qui rendent impossible la tenue de la rencontre. À ce jour, la 49e hestajada de las arts d’Uzeste musical est, de fait, impossible sur la commune d’Uzeste. La seule vie sociale autorisée sur la commune ? Les cérémonies religieuses… Sous la protection de Dieu, vous pouvez venir brûler un cierge dans la collégiale d’Uzeste pour que les foudres de l’enfer arrêtent de s’abattre sur la terre !
L’équipe d’Uzeste Musical travaille jour et nuit à une solution de déplacement vers une commune voisine et voir ce qui peut être sauvé du programme, pour ne pas s’avouer vaincus et parce que la lutte ne fait que commencer. Nous serons là pour les soutenir et improviser avec eux, une nouvelle version de l’hestajada. Si vous aviez prévu de venir, le nouveau programme et lieux de retrouvailles sont à suivre sur uzeste.org
Cette situation met encore à l’épreuve nos capacités d’adaptation, d’imagination et de résistance à ce qui nous tombe dessus subitement, à chaque crise, depuis la pandémie Covid, qui a été le premier grand choc de cette nouvelle ère, faite d’incertitudes et de peurs, où la restriction des libertés est la réponse systématique aux choix politiques antérieurs, dont ceux de ne rien anticiper dans le domaine de la vie humaine ici-bas.
L’état d’urgence est de maintenir ce qui peut l’être.
Dès la première vague de canicule de juin, Solidays, Chambord Live, Garorock mais aussi des plus petits festivals de musique comme Just for you, dans l’Orne, ou encore Perche en rock ont été annulés pour des raisons climatiques. Le Son continu, qui devait se tenir du 10 au 14 juillet au château d’Ars, à Lourouer-Saint-Laurent (Indre), et le concert de clôture du festival de Chambord de musique classique ont subi le même sort. Un coup dur pour les organisateurs, les artistes, les techniciens, les prestataires, les bénévoles tout comme pour les festivaliers privés de ces rendez-vous.
L’IA et les plateformes de streaming jouent un rôle considérable dans les modications du paysage musical et ça n’est pas le retour en force nostalgique des CD, lecteurs MP3, vinyles et supports non numériques qui vont enrayer cette véritable mutation technologique de l’industrie musicale. Toutefois, ceci n’explique pas tout.
En février 2026, des annulations étaient déjà annoncées en France alors que rien ne laissait encore présager ces canicules à répétition que connaît la France depuis juin, avec leurs conséquences. On s’attendait alors à un été très chaud, comme tous ceux à venir mais pas à un tel emballement du climat et pourtant, les annonces de reports à l’année suivante ou d’annulation pure et simple pour des raisons essentiellement financières ou de mise à disposition d’emplacements adéquats, faute de soutien des collectivités, se multipliaient.
Si le changement climatique était déjà largement en marche, au cours de la décennie précédente, ça n’est pas pour ces seules raisons que l’hécatombe était déjà engagée.
Plus d’une centaine de festivals ont été supprimés ou annulés en France en 2015, conséquence principalement des baisses de subventions à la culture, cible privilégiée des mesures d’austérité. Mais certains festivals, notamment dans le milieu des musiques électroniques, ont été annulés par décision purement arbitraire de la part d’élus qui voient les cultures alternatives d’un mauvais œil.
Cette année-là, à Troyes, l’association Aube Musiques Actuelles célébrait son 20ème anniversaire par 2 ultimes concerts avant de rendre les armes, faute de moyens humains et surtout financiers. Les amateurs de jazz et de musiques improvisées en sont encore terriblement désappointés.
En 2020, ce fut la pandémie qui justifia l’annulation de tous les festivals estivaux.
En juin 2025, Sigma Mag, magazine dédié à l’évènementiel dans les secteurs des jeux et des technologies, écrivait :
Le secteur événementiel en crise ? Plus de 40 festivals déjà annulés cette année.
La scène musicale internationale est sous pression : 44 festivals de musique ont déjà été annulés cette année. Les raisons sont principalement liées aux difficultés financières face la hausse des coûts de production, l’inflation des cachets d’artistes et un marché de plus en plus saturé.
C’est en effet le terrible constat que présente Music Festival Wizard dans son dernier rapport, mis à jour quotidiennement.
Dans son communiqué, MFW partage également les déclarations d’annulation officielles des organisateur.ices, dans lesquels on retrouve toujours un point commun : des ventes de billets imprévisibles, une concurrence plus rude et pour beaucoup, l’incapacité à surmonter les défis auxquels sont confrontés les festivals indépendants.
Parmi ces 44 festival annulés, on retrouve I Love Techno en France, Balaton Sound en Hongrie, Full Force en Allemagne, Sundown festival et MADE festival en Angleterre, Sudoeste au Portugal ou encore ION Festival en Albanie.
Aujourd’hui, on incrimine la canicule, et on en arrive à se demander si celle-ci ne serait pas en fait une véritable aubaine pour les subventionneurs traditionnels, ou leurs successeurs, pour attribuer ces fonds à d’autres priorités plus matérielles ou plus populistes (caméras de surveillance, police municipale, spectacles plus consensuels…) en vue d’attirer des voix à leur parti dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.
Il y a effectivement de quoi s’inquiéter.
Face au risque d’annulation de festivals en raison de la canicule, « notre syndicat a alerté le ministère de la Culture », déclare le directeur des Eurockéennes de Belfort.
Invité de France Inter, Jean-Paul Roland dit redouter « l’automatisation des annulations » « par principe de précaution » et les conséquences sur les politiques d’assurance.
Et en particulier quand elles ne sont pas vraiment justifiées ou quand les organisateurs proposaient un protocole de sécurité renforcé en consentant à un raccourcissement de l’événement, comme à Uzeste, précisément, où le festival aura finalement lieu dans deux communes proches…
On met en cause le climat du point de vue météorologique, mais il faut également regarder du côté du climat politique.
Des bars aux petites salles de concert, les acteurs des musiques actuelles alertent sur les difficultés croissantes pour maintenir une scène culturelle vivante au centre-ville de Toulouse. Entre contraintes acoustiques, normes de sécurité, plaintes de riverains et pression administrative, plusieurs lieux emblématiques ont dû réduire leurs activités ou renoncer à certains événements.
Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de l’hexagone, les rave parties, à quoi l’on prête toutes les mauvaises intentions du monde, ne recueillent pas l’unanimité dans les campagnes, c’est le moins que l’on puisse dire.
Depuis les dernières élections municipales, les décisions polémiques des nouvelles mairies Rassemblement national se multiplient. En deux mois, les nouveaux maires RN ont ciblé les drapeaux européens, les syndicats et la culture, notamment dans le sud de la France.
Salles de cinéma sans chauffage, retrait d’œuvres artistiques qui dérangent, suppression ou baisses de subventions aux associations culturelles, aux radios locales, aux MJC, suppression d’accréditations, annulations pures de festivals, d’événements et de spectacles ou réduction de leur durée, fermetures de lieux d’échanges et de rencontres culturelles, interventions dans les programmations d’actions culturelles et l’affichage relatifs à celles-ci, mise en place de « romans locaux » réécrivant l’histoire, promotions d’événements religieux, augmentation des tarifs des programmations culturelles, arrêt de projets éducatifs et culturels, évictions d’associations lors d’événements culturels, accueil de concerts d’artistes multi condamnés ou mis en examen, dotations de bibliothèques et médiathèques diminuées, déprogrammations de spectacles, opposition de « culture populaire » et « culture de gauche élitiste », convocations de gérants de cinéma diffusant des films « trop politiques », arrêt des travaux de reconstruction de salles de spectacles en rénovation pour mises aux normes ou incendiées…
Nous évoquions il y a peu dans ces colonnes la vague de complotisme venue d’outre-Atlantique et qui s’enracine profondément également sur le territoire français.
Le complotiste en chef, apprenti carabin à ses heures et spécialiste de l’autisme, en rajoute une couche. Il vient de signer un décret, sans aucune caution scientifique, pour réduire le nombre des vaccins pour les enfants. Après le paracétamol, c’est aujourd’hui la vaccination qui serait à l’origine de l’autisme.
Pourtant, ce ne sont pas les études approfondies et largement validées par le monde scientifique qui manquent, pour contredire ces dangereuses prises de position.
On rappellera qu’il est important de ne pas confondre la science et ceux qui s’en réclament pour remettre en cause l’apport des chercheuses et chercheurs et servir des intérêts bien éloignés de ceux du public. Il ne suffit pas d’énoncer des contre-vérités, avec une propension à privilégier les plus grosses, pour défaire tout ce que la science, la vraie, a bâti depuis des siècles. On pourrait invoquer les maladies fabriquées par l’homme, le fameux « décalage de 14 jours », la manipulation du virus ou les puces électroniques glissées dans les vaccins, la modification du code génétique, les remèdes secrets cachés par l’industrie pharmaceutique parce que trop efficaces… et les nombreuses théories toutes plus fantaisistes les unes que les autres qu’on trouve sans même chercher sur les réseaux sociaux, dans les médias ou la littérature ? Ce serait à se tordre de rire s’ils n’avaient pas leurs adeptes…
En 2021, la LDH s’opposait au passe vaccinal. Elle estimait que conditionner l’accès aux lieux publics et aux activités quotidiennes à un schéma vaccinal complet privait les citoyens non vaccinés de droits fondamentaux. Elle dénonçait une politique préférant la contrainte et la sanction (comme la suspension du contrat de travail) à la pédagogie et au consentement éclairé. Elle s’inquiétait de la privatisation des contrôles du passe (qui portait atteinte au secret médical) ainsi que de la protection des données de santé lors des campagnes de réservation.
Elle demandait la levée des brevets sur les vaccins afin que la vaccination soit accessible à toutes et tous dans le monde.
Face au risque d’effondrement imminent du système public hospitalier, et plus largement de notre système de santé, la LDH appelait une nouvelle fois le gouvernement à adopter un plan d’urgence pour l’hôpital, assorti des moyens, humains, matériels et financiers à la hauteur des enjeux.
La situation des hôpitaux ne s’est guère améliorée depuis et si l’IA peut être d’une grande utilité pour les soins techniques, ça n’est pas elle qui va résoudre les problèmes de financement, le manque de lits et de personnel et les conditions de travail.
La marchandisation de la santé ne va rien apporter à la qualité des soins et si Doctolib cherche à s’implanter davantage encore dans les parcours de soins, ça n’est pas dans un but d’intérêt général.
La LDH, qui s’est déjà opposée aux pratiques de cette entreprise monopolistique soutenue par le gouvernement, notamment lorsque ce dernier lui a confié le monopole des rendez-vous de vaccination contre le Covid, ne peut qu’encourager toutes les patientes et tous les patients à refuser l’utilisation de leurs données dans ce cadre. La santé doit demeurer dans le giron de l’Etat et doit s’inscrire dans un cadre de service public.
Les données des patients ne doivent pas être utilisées à des fins mercantiles.
Nous combattons toute désinformation, tout complotisme, tout conspirationnisme. Entre eux et la contestation de crime contre l’humanité, il n’y a qu’un espace infime, très facilement et fréquemment franchi. C’est l’IA elle-même qui s’en charge…
RD
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À Gaza, un génocide est en cours, orchestré par le gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui poursuit parallèlement une politique de nettoyage ethnique et d’annexion en Cisjordanie, avec le soutien de Donald Trump et la passivité complice de la majorité des gouvernements européens. Au Liban, la population est tiraillée entre aspirations à des réformes, menaces de nouvelles crises, occupation et attaques israéliennes dans le sud du pays. En Syrie, après quatorze années de révolution, de guerre et d’interventions étrangères, le régime des Assad a été renversé, ouvrant la voie à une transition marquée par la violence dans un pays morcelé, ravagé et amputé de nouveaux territoires occupés par les Israéliens. L’Iran, puissance régionale dominante depuis 2003, voit son influence vaciller à la suite des revers subis par ses alliés et d’un affrontement direct avec Israël et les États-Unis. Comment appréhender cette brutale accélération de l’histoire ? En quoi les bouleversements du Proche-Orient révèlent-ils les lignes de fracture d’un ordre mondial en recomposition, où logiques impériales, replis identitaires et héritages coloniaux supplantent les principes universels et les normes juridiques issus de l’après-1945 ? Cet ouvrage propose des clés de lecture pour comprendre ces transformations. À travers l’examen rigoureux de huit moments fondateurs entre 1915 et 2025, il retrace un siècle de luttes, d’ingérences et de reconfigurations, et rend accessible l’histoire contemporaine d’un Proche-Orient plus que jamais miroir du monde.
Version papier : 18.50 €
Version numérique : 13.99 €
Ed. La Découverte
Ziad Majed est un politiste franco-libanais. Il est professeur à l’Université américaine de Paris où il dirige le programme des études du Moyen-Orient, et l’auteur, chez Actes Sud, de Syrie, la révolution orpheline (2014) et Dans la tête de Bachar Al-Assad (avec S. Hadidi et F. Mardam Bey, 2018 et 2025).
L’hébergement d’urgence sous pression face aux coupes budgétaires
Levée de boucliers des associations. Face aux restrictions budgétaires demandées par l’État, les structures d’hébergement d’urgence alertent sur une baisse de leurs capacités d’accueil et le risque de fermetures. En Île-de-France comme ailleurs, elles redoutent des conséquences directes pour les personnes les plus précaires.
En plein cœur de l’été tombent chaque année de nouvelles annonces de restrictions des capacités d’accueil des personnes à la rue.
Dans son 31ᵉ rapport annuel publié mardi 3 février 2026, la Fondation pour le logement dressait un constat préoccupant de la crise du logement en France. Au-delà de l’augmentation du nombre de personnes sans domicile, le rapport mettait en lumière la situation de centaines de milliers de personnes contraintes de vivre chez des proches, dans une grande précarité.
Selon le rapport, le nombre de personnes sans domicile en France s’élevait à 350 000, soit 50 000 de plus qu’il y a cinq ans. Le document s’intéresse aussi à une population moins visible : plus de 600 000 personnes contraintes d’être hébergées chez des tiers.
Selon le baromètre Enfants à la rue de l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité, 2 159 enfants étaient sans solution d’hébergement à la veille de la rentrée scolaire 2025.
« La pauvreté et le logement constituent une urgence majeure », avec « au moins » 32 000 enfants vivant sans domicile ou à l’hôtel et 38 enfants sans domicile morts en 2024, relevait l’Observatoire des droits de l’enfant dans son premier rapport, qui s’appuyait sur les données d’« agences gouvernementales, d’organisations internationales, d’enquêtes nationales et internationales ». « Ces situations portent directement atteinte aux droits fondamentaux des enfants à la survie, à la santé et au développement ».
Afin d’améliorer la fluidité de l’accession au logement des personnes sans domicile, une circulaire du ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation a été diffusée le 8 août 2025, invitant les autorités compétentes à agir.
Une circulaire du 26 mai 2026 émanant des ministères de l’Intérieur, de la Ville et du Logement demande aux préfets de prendre des mesures pour améliorer la situation des personnes étrangères hébergées.
Aujourd’hui, les associations et les acteurs de la solidarité sont plus qu’inquiets et nagent en pleine confusion.
« C’est horrible de demander à des professionnels de remettre à la rue des populations. C’est comme si on demandait à un médecin d’arrêter de soigner les gens. » Nathalie Latour, directrice générale de la Fédération des acteurs de la solidarité
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« Ils se font trop d’argent »: Donald Trump accuse les compagnies pétrolières américaines de profiter de la guerre en Iran
Aux États-Unis, Donald Trump s’en est pris aux grandes compagnies pétrolières américaines, lundi 3 août. Le président américain accuse ExxonMobil et Chevron de profiter de la guerre au Moyen-Orient pour engranger des bénéfices records. Le chef de l’État leur a réclamé une baisse des prix à la pompe.
Il a sans doute mille fois raison. On a rarement vu des pétroliers renoncer à s’enrichir et ce ne sont pas les cadeaux de Patrick Pouyanné de la part de TotalEnergies, consentis ces derniers temps aux vacanciers français, en plafonnant à 1,99 €/L le litre d’essence et de diesel, qui viendront contredire cette règle bien établie.
Mais quand Trump reproche à d’autres de chercher à faire trop d’argent, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité.
Donald Trump a gagné 2,2 milliards en 2025, trois fois plus que l’année précédant son retour à la Maison Blanche.
La fortune totale du président américain est évaluée à 7,6 milliards de dollars par l’agence Bloomberg. Des revenus en grande partie issus de placements dans les cryptomonnaies, d’activités immobilières, de la valorisation de ses complexes hôteliers et de ses parcours de golf et même de la vente de bibles….
Le locataire de la Maison Blanche balaie, contre l’évidence, toute accusation de conflit d’intérêts.
Guerre en Iran : pourquoi les fils Trump investissent-ils dans un fabricant de drones militaires ?
Les deux fils aînés du président américain, Eric et Donald Trump Jr, renforcent leur présence dans le secteur de la défense, en investissant dans un fabricant américain de drones autonomes.
L’INEXTRICABILITÉ DES INTÉRÊTS DE LA FAMILLE TRUMP AU MOYEN-ORIENT : LA PRIVATISATION DES FONCTIONS DIPLOMATIQUES ÉTATSUNIENNES
Souvent évoqués de manière vague, les conflits d’intérêts qui peuvent caractériser les proches de Donald Trump sont rarement décrits dans leur logique d’ensemble et leur profondeur. Ce défaut d’investigations contribue à minimiser ce phénomène et le banalise. Cette note a pour objet de cartographier les éléments les plus saillants de cette confusion entre intérêts privés et politique étrangère étatsunienne au Moyen-Orient, en contextualisant leur dynamique et leur chronologie.
Après Ceuta : pour les droits des personnes migrantes, contre toutes les formes de racisme et pour la protection de la démocratie face aux manipulations des faits par les gouvernements
Les dirigeants européens conviennent que Schengen est la «solution» et pas un «problème».
Après plusieurs jours de tension, les différents ministres européens de l’Intérieur, divisés sur l’approche de la question migratoire, se réunissaient en visioconférence, le 4 août au matin.
Crise de Ceuta : les ministres de l’Intérieur européens sont convenus que l’espace Schengen « n’était pas le problème, mais plutôt la solution », selon Laurent Nuñez.
Les ministres de l’Intérieur des 27 pays membres de l’Union européenne ont échangé à bâtons rompus, lors d’une réunion extraordinaire, pour tirer les leçons de l’épisode migratoire de Ceuta et des vives tensions qu’il a suscitées.
Que permet l’espace Schengen pour la protection des frontières ?
La crise migratoire qui a secoué l’enclave espagnole en fin de semaine vire à la crise politique pour l’Union européenne. Plusieurs dirigeants européens ont notamment réclamé l’exclusion ou la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. Mais est-ce possible ? InfoMigrants fait le point.
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« À peine une semaine après le vote de la présomption de légitime défense par l’Assemblée nationale, des policiers municipaux de la ville RN du Pontet ont pris en chasse un homme arabe et l’ont tué à bout portant dans le dos alors qu’il était bloqué par deux véhicules au péage du Pontet », déplore Arié Alimi, l’un des avocats de la famille de la victime, pour qui « les députés qui ont voté cette loi ont contribué à sa mort » et « seront tout aussi responsables des morts à venir ».
Présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes : une protection illusoire, voire dangereuse ?
Alors que l’Assemblée a adopté en première lecture la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers et des gendarmes, nous avons demandé à Julien Sapori, commissaire divisionnaire honoraire, ce qu’il pensait de cette mesure. À ses yeux, une telle réforme, si elle était définitivement adoptée, comporterait plus de dangers qu’autre chose, y compris pour les forces de l’ordre. Explications.
Le complotisme se porte bien, merci. Et il a encore de beaux jours devant lui…
À l’approche de « l’éclipse du siècle », le 12 août prochain, les complotistes de tout poil s’en donnent à cœur joie. À travers l’histoire des différentes civilisations, les éclipses solaires ont suscité toutes sortes d’interprétations, souvent funestes : devant la disparition en apparence terrifiante du Soleil, nombreux étaient ceux qui voulaient y voir le signe d’un grave événement à venir.
Non, la Terre ne perdra pas sa gravité pendant sept secondes le 12 août 2026 !
Actuellement sur les réseaux sociaux, un scénario complètement loufoque affole une partie de la sphère complotiste. Il est ici question d’une perte totale de gravité terrestre durant quelques secondes, qui pourrait provoquer des dizaines de milliers de décès. Évidemment, un tel scénario relève purement et simplement de l’impossibilité physique.
Sur TikTok, Facebook ou X, de nombreuses vidéos affirment que les incendies du Sud-Ouest n’auraient rien d’accidentel et auraient été déclenchés pour permettre l’installation d’un vaste parc photovoltaïque au sud de Bordeaux. Une théorie du complot qui se propage depuis plusieurs jours sur les réseaux.
Ces théories fumeuses s’appuient bien sur des faits réels, ce qui peut les rendre crédibles à des esprits peu friands de la vérité scientifique.
Complotiste en chef, Donald Trump est également celui qui inspire le plus aujourd’hui les complotistes de tous bords, d’autant qu’il constitue un terrain particulièrement accessible à l’exercice d’influence. Selon The Guardian, il est décrit comme un dirigeant impulsif et sensible à la flatterie, influençable par des intérêts personnels. Le journal note également une tendance à ignorer les conseils institutionnels, tout en soulignant sa capacité de manipulation médiatique.
Dans un discours prononcé le jeudi 16 juillet, le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois dénoncé des fraudes électorales massives issues de l’étranger pendant le scrutin présidentiel de 2020. Comme à son habitude, Donald Trump ne s’est pas embarrassé avec la vérité puisqu’il a déclassifié au passage des documents qui contredisent ses affirmations. Une stratégie destinée à consolider sa base à l’approche des élections de mi-mandat qui s’annoncent difficiles pour les Républicains.
La Première dame de France a dû s’y prendre à 3 reprises pour faire condamner 10 personnes pour harcèlement moral aggravé, à qui était reprochée la « volonté de nuire à la plaignante », dans des « termes malveillants, dégradants et insultants » sur sa « prétendue pédocriminalité » ?
L’affaire Epstein a emballé la sphère complotiste du monde entier. Depuis la publication, à la fin du mois de janvier, de plus de 3 millions de documents liés à Jeffrey Epstein, tout le monde peut se plonger dans ces dossiers, ces « files », composés de courriels, images et autres vidéos, en lien plus ou moins direct avec le criminel sexuel américain. Et ça fait la joie de certaines personnes complotistes qui disent : « Vous voyez, on avait raison depuis le début ! Il y a bien une alliance internationale des puissants pour commettre des choses atroces. Et, en plus, tout ça était orchestré par un homme riche, juif, n’en jetez plus, c’est trop de bonheur… »
Saga Epstein : coincés entre « complotistes » et « élitistes ».
De nouvelles révélations sur les circonstances de la mort de Jeffrey Epstein dans une prison de l’État de New York ravivent des théories dont les médias majeurs tardent à se faire l’écho.
Les complotistes avaient-ils raison ? Que nous dit la publication des fichiers Epstein de l’angle du complotisme ? Dans cette vidéo, Climarx revient sur le terme de « théorie du complot » et sur les tendances réactionnaires qu’il peut dissimuler. Finalement, le cœur du sujet, les violences sexuelles, ont d’emblée été reléguées au second plan du débat public.
Les météorologues en prennent pour leur grade depuis le début des canicules à répétition de cet été.
« Ils nous traitent de menteurs, de pitres, de complotistes » : le climatoscepticisme s’invite sur les pages météo en Charente-Maritime. Les météorologues amateurs du département font face à une flambée de commentaires climatosceptiques depuis le début de la canicule. Plusieurs d’entre eux poussent un coup de gueule.
D’autres, accusés d’être des menteurs « payés par le gouvernement », doivent faire face à un torrent d’insultes complotistes sur les réseaux sociaux.
Tout devient prétexte à des accusations complotistes, jusqu’à l’euro numérique, projet du Parlement européen qui suscite de nombreux fantasmes autour de cette monnaie virtuelle.
La Coupe du monde de foot 2026 a été le théâtre d’une situation exceptionnelle qui a redonné des munitions à ceux qui martèlent que l’événement est truqué, alors que la FIFA a annulé un carton rouge décerné aux meilleurs buteurs des États-Unis après un appel de Donald Trump.
C’est sans doute le domaine de la santé qui, depuis la crise du Covid, suscite le plus d’informations contradictoires, la plupart issues des élucubrations de personnages placés à différents niveaux de la chaîne décisionnelle, sur le plan politique autant que scientifique.
Un sénateur américain met en ligne, un week-end de juillet, 1 141 pages du journal intime d’un ancien haut fonctionnaire de la santé. Quelques jours plus tard, cet homme se présente devant une commission du Congrès et invoque plus de cinquante fois son droit à ne pas répondre. Le sujet de tout cela : l’origine d’un virus dont la science nous a expliqué, dès le printemps 2020, qu’elle était réglée, et dont toute mise en doute publique valait à l’époque le qualificatif de complotiste. Beaucoup d’agitation, donc, autour d’une question officiellement close.
Hantavirus : en mai 2026, l’émergence du virus andin sur le « MV Hondius », un navire de croisière traversant l’Atlantique, a ravivé le terreau des complotistes les plus médiatiques, jusqu’à un haut niveau de responsabilité aux États-Unis.
Alors que 27 Français sont à l’isolement, identifiés comme cas contact à l’hantavirus après avoir été rapatriés d’un bateau de croisière où cette maladie a été détectée, on assiste à une vague de désinformation sur les réseaux sociaux autour de cette épidémie. Ce sont en fait tous les récits complotistes développés pendant la pandémie de covid-19 en 2020-2021 qui font leur grand retour, avec les mêmes théories et les mêmes grandes figures pour les incarner. D’après l’Agence de vérification de Radio France, mardi 12 mai, huit des dix publications les plus partagées sur la plateforme Facebook au sujet de l’hantavirus étaient issues de mouvances antivaccin et/ou complotistes.
8 des 10 contenus les plus partagés sur Facebook en France sont trompeurs ou complotistes. Les contenus trompeurs ou complotistes concernant l’hantavirus explosent sur les réseaux sociaux, dopés par les sphères conspirationnistes et antivaccins, particulièrement actives sur Facebook. Au total, 5 000 contenus ont été publiés en France en deux jours.
Vaccins à ARNm : peut-on encore convaincre les complotistes des réels bénéfices ?
The Lancet a publié le 30 juin 2026 une vaste synthèse sur les bénéfices apportés par les vaccins à ARN messager. Il n’est toutefois pas sûr que la revue britannique soit déposée sur la table de chevet des complotistes réfutant les progrès apportés par cette nouvelle technologie.
Mais, pourquoi les complotistes s’acharnent-ils autant sur l’Organisation mondiale de la santé ?
La vidéo d’une journaliste scientifique autrichienne complotiste a refait surface sur X. Dans ces images datant de 2009, elle y accuse l’OMS d’orchestrer un complot mondial pour prendre le contrôle de la population.
La théorie du complot du Big Pharma : quand le business de la santé mène à des dérives.
L’industrie pharmaceutique représente aujourd’hui un marché particulièrement lucratif. On estime que les plus grandes multinationales du secteur font de 45 à 90 milliards de chiffre d’affaires annuel. Ces laboratoires pharmaceutiques font de la recherche, développent des traitements brevetés, produisent des vaccins. Mais, derrière l’enjeu sanitaire se cachent de nombreux enjeux économiques et notamment une logique centrale de rentabilité. Recherche publique, brevets privés, remboursements collectifs, course au médicament mondial. Graduellement, un modèle s’est installé.
Il est impossible de dresser ici un inventaire exhaustif des cas de complotisme avérés durant ces derniers mois. On pourra toutefois consulter la série d’articles consacrés au sujet par le Canard enchaîné du 15 au 25 juillet ainsi que d’autres liens utiles :
Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes
Environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta en 24 heures.
Pour la seule journée de jeudi, environ 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta, selon les autorités de l’enclave espagnole, soit « 70% de la population locale ». Du jamais vu. Dans le même temps, au moins 43 personnes sont mortes en tentant d’entrer sur ce petit bout de terre espagnol. Le Premier ministre espagnol était attendu sur place dans la journée.
Plus de 37 500 personnes sont déjà rentrées au Maroc, selon le gouvernement espagnol.
Selon le président de Ceuta, plus de 60 000 personnes avaient franchi la frontière entre l’enclave espagnole et le Maroc en quelques heures. Au moins 34 personnes sont mortes en tentant de rejoindre le territoire de 80 000 habitants.
L’émigration marocaine n’est pas un phénomène nouveau.
Sur 32 millions de Marocains, 10 % vivent aujourd’hui à l’étranger. Le taux d’émigration annuel est d’environ 3,77 pour mille habitants.
85 % des Marocains qui résident à l’étranger habitent en Europe (chiffres variables selon les sources) : 1,2 million en France, 550 000 en Espagne, 380 000 en Italie, 280 000 aux Pays-Bas, 130 000 en Allemagne. Loin derrière, avec 9 %, viennent les pays du Golfe Persique, dont les forts besoins en main-d’œuvre drainent des travailleurs de tout le monde arabe, puis le continent américain, avec 6 %.
L’émigration permet également de soulager une économie encore assez fortement affectée par le chômage et le sous-emploi (9 %, mais plus de 20 % chez les jeunes de 15-24 ans). Toutefois, elle prélève également du capital humain de plus en plus qualifié. Dans les années 1960, les émigrants marocains diplômés du supérieur représentaient 1 % des départs ; dans les années 1990, c’était presque 16 %.
Enfin, les migrations marocaines ne sont pas équivalentes dans l’espace. La région du Rif, au nord du pays, a fourni près du tiers de l’ensemble des émigrés. On estime que 40 % de la population rifaine a quitté le pays pour l’Europe, surtout septentrionale (de la Belgique aux pays scandinaves).
Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’externalisation de la gestion des frontières.
Ceuta : plus de 37 500 migrants déjà rentrés au Maroc, l’UE ne constate pas de flux de migrants «vers le continent européen».
Alors que des dizaines de milliers de ressortissants marocains traversent depuis plusieurs jours la frontière qui mène à l’enclave espagnole, dans le nord du Maroc, ils sont presque 40 000 à avoir déjà fait le chemin en sens inverse. Il s’agit de l’arrivée de migrants la plus importante depuis 2021.
Cela devrait contribuer à calmer un peu les ardeurs xénophobes des extrêmes droites européennes.
Marine Le Pen, Jordan Bardella et Éric Zemmour se sont empressés de parler d’« invasion », de « tsunami » ou de « submersion sans remède » dans les médias. Bruno Retailleau a enchaîné en incriminant la responsabilité du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. De son côté, Giorgia Meloni et d’autres leaders nationalistes européens exigent l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen. Le ministère de l’Intérieur français a annoncé avoir « donné des instructions pour renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole ».
La haine qui leur ferme les yeux les empêche de percevoir l’urgence humanitaire qui découle de cet événement et la nécessité d’une aide solidaire et coordonnée au niveau européen, plutôt que cet éternel repli nationaliste. Elles et eux ne parviennent pas à se défaire de l’instrumentalisation des souffrances et des amalgames xénophobes visant à exploiter les flux migratoires à des fins bassement électorales.
Plus de 30 000 décès ou disparitions ont été recensés en Méditerranée depuis 2014 par le projet Migrants disparus de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre ne cesse de croître.
Incendies géants, canicules… Le manque de communs démocratiques
Morts de la canicule : « Le gros du problème, c’est le logement ».
Les chaleurs de l’été 2026 ont déjà provoqué près de 6 000 morts en excès. D’où l’urgence de mettre en place des actions ambitieuses et égalitaires sur le logement, estime l’épidémiologiste Basile Chaix.
Feux, déni climatique et gouvernements pyromanes : alerte rouge partout dans le monde.
Des incendies ravagent les espaces naturels en Europe comme en Amérique du Nord et du Sud, où 2026 s’annonce une année record. Ces catastrophes sont le résultat du changement climatique, mais le climatoscepticisme fait encore des ravages.
Joëlle Zask : « La pensée écologiste devrait prendre le pas et c’est le silence absolu. »
Une fois que le feu est là, il est trop tard. Les conditions climatiques sont telles que la moindre étincelle peut provoquer un feu extrême. Il faut donc agir en amont, plaide la philosophe Joëlle Zask.
« Les incendies sont politiques » : une partie de la gauche appelle au basculement pour dépasser la crise.
Les feux qui ravagent plusieurs départements du Sud-Ouest placent les élus socialistes, insoumis et écologistes en première ligne. Comment transformer la colère légitime ? Un seul espoir demeure : que la force des images remette l’urgence climatique au cœur du débat public.
« L’étincelle de Tell » a bouleversé la stratégie israélienne en Cisjordanie.
Au cours d’un raid militaire mené dans la petite ville de Tell, au sud-ouest de Naplouse, un moment de défiance spontanée a brisé l’illusion d’une soumission totale des Palestiniens.
Face aux incursions militaires incessantes, aux confiscations de terres, ainsi qu’au harcèlement et à la violence des colons, les villageois et les agriculteurs ont refusé de battre en retraite.
Lors de l’affrontement qui a suivi, un Palestinien a désarmé un soldat israélien et a ouvert le feu sur les forces d’occupation près de l’avant-poste illégal de la colonie de Havat Gilad, tuant deux soldats et en blessant trois autres.
La situation dégénère en Cisjordanie occupée ce samedi 25 juillet, au lendemain d’un incident dans le village de Tell, près de Naplouse, qui a coûté la vie à quatre Palestiniens et deux Israéliens. Entre raids de l’armée israélienne, ripostes du gouvernement et provocations répétées de colons radicalisés, le territoire est au bord de l’embrasement.
Guterres : les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sont illégales.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réaffirmé que l’ensemble des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée constitue une violation flagrante du droit international et ne possède aucune légitimité juridique.
Violence des colons en Cisjordanie occupée : Benjamin Netanyahu a « intérêt à enflammer la situation ».
Depuis vendredi, la Cisjordanie occupée connaît une nouvelle flambée de violences, après la mort de quatre Palestiniens et deux Israéliens. Benjamin Netanyahu y a annoncé une vaste opération armée et promis d’accélérer la colonisation. À trois mois des élections, un embrasement du territoire palestinien servirait-il le camp du Premier ministre ?
Les Palestiniens de Cisjordanie disent approcher du point de rupture face aux colons.
Pour les habitants des villages palestiniens de Cisjordanie, le territoire occupé par Israël est au bord de l’explosion avec la multiplication des incursions de colons juifs et des affrontements, comme celui qui a fait six morts vendredi.
Face à la vague de terreur semée par les colons et l’armée israélienne en Cisjordanie, l’urgence est à la protection du peuple palestinien.
Depuis la mise en place en Israël du gouvernement d’extrême droite, raciste et suprémaciste fin 2022, les colons israéliens, armés par dizaines de milliers par le ministre de la Sécurité intérieure Ben Gvir, ont constitué des milices qui sèment la terreur dans les communautés palestiniennes dont ils ont volé les terres pour y installer avant-postes et colonies. Parallèlement l’État d’Israël accroît son emprise sur la Palestine occupée par des routes et des infrastructures destinées aux colons.
La #LDH et ses partenaires (dont la @fidh-francais.bsky.social) saisissent le Conseil d’État pour que la France respecte ses obligations internationales : empêcher les entreprises françaises de contribuer à l’occupation illégale du territoire palestinien.
Présidentielle 2027 : le RN sans solution de prêt, le gouvernement et les banques planchent sur le financement de la campagne.
Soucieux d’éviter tout recours à des solutions de financement venues de l’étranger, Matignon veut encourager un secteur bancaire frileux face aux risques représentés par des prêts de plusieurs millions d’euros.
Outre une pétition adressée à Roland Lescure (Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique), à Monsieur le Gouverneur de la Banque de France , Les dirigeants des principaux établissements bancaires français (BNP Paribas, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel, Crédit Agricole et La Banque Postale), les messages de soutien se multiplient, y compris de la part de banquiers qui n’ont vraiment peur de rien…
Financement de la présidentielle : le patron du Crédit Mutuel juge problématiques les refus de prêts au RN
Le débat sur le financement de la prochaine élection présidentielle s’est invité au cœur de la campagne, après la prise de position du président du Crédit Mutuel, Daniel Baal, sur les difficultés rencontrées par le Rassemblement national pour obtenir un prêt bancaire.
Pendant que François Baroin prend sans doute des vacances loin des tracas de la ville, ses communiqués sont désormais portés par le communicant municipal (vidéaste et photographe pour la ville de Troyes et la communauté de communes Troyes Champagne Métropole), au demeurant vice-président de l’association Bmx Roller Skate de Troyes. C’est dire s’il s’y connaît en vélos.
En effet, il relate avec une certaine délectation sur les réseaux sociaux l’opération menée hier en ville, ayant pour « objectif de lutter contre l’immigration irrégulière et clandestine, de s’assurer du respect des règles en vigueur et de renforcer la sécurité de tous. »
Etonnamment, ce sont exclusivement les jeunes livreurs à vélo étrangers, titulaires ou non d’un titre de séjour, qui sont concernés par le communiqué troyen, ceux que la droite et l’extrême droite ont pour marotte de renvoyer dans leur pays ou dans des centres de rétention low cost en Europe ou en Afrique centrales.
C’est le préfet de l’Aube qui fait le job, ce qui est certes davantage de son ressort que de celui du maire ou de la police municipale. Celui-ci sort néanmoins en ville en compagnie de Nicolas Honoré, adjoint au maire pour superviser ces opérations de police en direction des jeunes étrangers. Cette opération aurait été « souhaitée par l’équipe municipale ». Peut-être serait-il plus juste de préciser qu’un quart au moins de l’équipe municipale ne l’a pas certainement pas « souhaitée » et que ce sont les 5 élus RN (sur 49) qui semblent dicter leur loi. On se doute bien qu’à ce compte cette opération a vocation à être renouvelée. C’est ce qu’on appelle du harcèlement.
Cette opération s’est étendue sur 2 journées, que le préfet, dans sa diligence à honorer la « priorité » nationale », n’a pas manqué d’étendre à tous les étrangers, « afin de détecter la présence potentielle d’étrangers en situation irrégulière ». Le préfet, quant à lui, ne focalise pas sa communication sur les seuls jeunes livreurs à vélo. La nuance est à relever.
La veille au matin, les gendarmes, ne pouvant plus sévir dans les trains, à l’occasion de l’interruption estivale du trafic ferroviaire liée aux travaux d’électrification, se repliaient sur les Flixbus à la sortie de l’autoroute.
Pour la troisième fois, la préfecture de l’Aube enfonçait le clou: « Ce jeudi 23 juillet 2026, la préfecture de l’Aube a communiqué le bilan de l’opération de lutte contre l’immigration irrégulière qui s’est déroulée en début de semaine. Des contrôles avaient notamment été réalisés par les gendarmes dans les Flixbus au péage de Torvilliers. Des contrôles ont également eu lieu en zone police. Douze personnes ont été interpellées au total. » On aime les chiffres à la préfecture.
Nous répétons que ce déchaînement d’actions policières contre les personnes en situation irrégulière, ou non, n’est tout bonnement qu’une véritable chasse à l’étranger dictée par la haine de l’autre, le racisme, l’inhumanité et la xénophobie ambiants, distillés par l’extrême droite qui n’en peut plus d’avoir conquis des sièges dans les départements et communes mais n’est pas à même de faire le ménage dans ses propres rangs.
Pour s’en convaincre, il suffit de relever les nombres de « likes » sur la publication du communicant troyen ainsi que de commentaires à vomir (pas tous, fort heureusement) de la part d’individus fiers d’eux mais anonymes, qui n’auraient pas le courage et la force de vivre une seule journée de celles et ceux qui ont souvent sauvé leur peau de justesse pour arriver chez nous, où elles et ils font d’ailleurs les travaux que nos fiers anonymes ne veulent pas faire, dans les conditions que l’on connaît.
Et j‘ai, encore une fois, honte d’être troyen.
RD
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L’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole Duplomb 3
Le 07/08 2025, 2 millions de Français ont signé et réussi à faire censurer la loi Duplomb 1 par le Conseil constitutionnel.
Le 26/03/2026 dernier, le Conseil d’Etat a jugé “non conforme au principe de précaution de notre Constitution“ le texte de la loi Duplomb 2.
Mais les sénateurs ont trouvé une troisième voie. Le 2 juillet dernier, ils ont fait passer ce que l’on appelle la loi Duplomb 3.
L’Assemblée nationale l’a définitivement adoptée ce mardi 21 juillet, avec les voix de droite, d’extrême droite et de la majorité présidentielle réunies.
« C’est scandaleux » : l’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole, des tensions entre le gouvernement et ses troupes.
Le texte adopté par les députés dans la nuit prévoit notamment la réintroduction de l’acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Le gouvernement n’a pas accepté les amendements demandant sa suppression, au grand désespoir de certains élus de la majorité.
«Un grave moment de régression» : les députés adoptent la loi d’urgence agricole et ouvrent la voie au retour de l’acétamipride.
Débat de plafond. Grâce à la droite, à l’extrême droite et au bloc central, l’Assemblée nationale a adopté lundi la très décriée loi d’urgence agricole, ouvrant la voie à la réintroduction possible de pesticides interdits, la facilitation des projets de mégabassines ou d’élevages intensifs. La gauche et les associations environnementales dénoncent un texte de «régression».
En ouvrant la voie à l’usage de deux insecticides aux effets toxiques avérés, le Parlement et le gouvernement ont choisi de s’aligner sur les demandes de l’agro-industrie et des multinationales de la chimie. Une solution : abrogation !
Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux ?
Le gouvernement et les députés du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.
La loi d’urgence agricole « ne réintroduit pas l’acétamipride », assure la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, salue l’adoption par l’Assemblée nationale d’un texte « plein de mesures attendues, concrètes, précises pour les agriculteurs ».
« Des alliés du cancer » : les députés adoptent la loi d’urgence agricole, les opposants révoltés.
La loi d’urgence agricole, qui réintroduit des pesticides interdits et facilite la création de mégabassines et de fermes-usines, a été adoptée par les députés. Le soir même, un millier d’opposants ont dénoncé des « alliés du cancer ».
21 juillet 2026. L’Assemblée vote la loi Duplomb 3, loi d’urgence agricole. La ministre de l’Ecologie n’est même pas présente…
Ça, nos représentants ? Ce sont plutôt les représentants d’un monde qui ne croit plus au vivant, gangrené par une mafia agro-industrielle qui veut « déverrouiller la porte du progrès » * en abattant un des fondements de la Constitution, le principe de précaution.
Nous sommes à la merci des empoisonneurs et des assoiffeurs qui, dès qu’ils se sentent limités, envoient leurs troupes d’affidés esclavagisés déféquer partout en toute impunité !
Cette secte techno-solutionniste méprise l’humus, méprise l’humain. Ils sont hors sol et hors humanité.
*L’expression est celle d’Arnaud Rousseau [président de la FNSEA]
Pascal GENNERET
« Un texte abominable sur le plan scientifique »
Chercheur reconnu dans le domaine de la biodiversité, Philippe Grandcolas publie Loi Duplomb, le débat confisqué aux éditions du Faubourg. Nous l’avons rencontré dans son bureau du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, au moment où sénateurs et députés s’apprêtent à permettre la remise sur le marché de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides nocifs pour les abeilles.
Cette grave décision a été prise en force après que les Français se soient mobilisés et prononcés en grand nombre ( 2 138 168 signatures à la 1ère pétition ) contre cette loi qui les concerne pourtant en tout premier lieu. Le nombre de pétitions lui-même bat tous les records:
Pétitions surlignées encore en cours (chiffres connus à la publication de l’article- cliquer sur les liens)
La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.
Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.
Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition.
La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut également décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins 500 000 signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer.
Les pétitions pro loi Duplomb n’ont pas réussi à attirer autant de signatures.
La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation », déplore le Planning familial, qui se dit « très inquiet »
La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation », « une alerte », déplore Sarah Durocher, présidente du Planning familial, ce lundi 20 juillet, au micro de France Inter. Le sénateur Les Républicains a été proposé par Emmanuel Macron pour remplacer Claire Hédon. Il a été auditionné à l’Assemblée nationale et doit désormais passer devant le Sénat, avant un vote en commission des lois mardi.
Cette nomination a provoqué une forte inquiétude au sein des associations qui écrivaient 2 jours après la proposition :
« Le parcours de François-Noël Buffet est marqué par plusieurs prises de position contraires aux droits fondamentaux et aux valeurs que le Défenseur des droits est chargé de promouvoir. Il s’est notamment opposé au mariage pour tous·tes, à la procréation médicalement assistée et à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Il a également soutenu le durcissement des politiques migratoires, l’affaiblissement de l’Aide médicale d’État et des mesures restrictives en matière d’accueil des gens du voyage. Ces positions n’augurent qu’une seule issue : le dévoiement de l’institution et l’asphyxie aggravée d’une société civile déjà sous pression. Ce choix d’Emmanuel Macron est déconnecté des priorités de la société et va à contresens de l’impératif de justice sociale et environnementale exprimé. »
Auditionné le 15 juillet par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le sénateur LR François-Noël Buffet a défendu sa candidature au poste de Défenseur des droits face à une gauche très hostile au regard de ses anciennes positions contre le mariage pour tous, l’extension de la PMA et sa réserve sur l’IVG dans la Constitution. Une opération de déminage au succès mitigé.
« Votre CV est incompatible avec la fonction de Défenseur des droits », « votre nomination peut ressembler à une provocation du président de la République… »
Sous le feu des critiques de la gauche, le sénateur François-Noël Buffet assure « entendre mais ne pas partager » les doutes sur sa capacité à occuper ce poste.
Défenseur des droits : audition de François-Noël Buffetau Sénat.
Mardi 21 juillet à 11 heures, en application de la loi organique n° 2010-837 et de la loi n° 2010‑838 du 23 juillet 2010 relatives à l’application du cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution, la commission des lois entendra François-Noël Buffet, proposé par le Président de la République en qualité de Défenseur des droits.
Même si le Sénat, majoritairement à droite, confirmera fort probablement cette nomination, il est encore tout juste temps d’interpeller les sénateurs sur cette nomination contre nature.
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Colonies, Auberges de jeunesse… Est-ce la fin des vacances populaires ?
Colos, villages vacances, Auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?
« Il s’agissait de prendre dans les écoles primaires […] un certain nombre d’enfants pauvres, choisis parmi les plus malingres et les plus souffreteux, et les emmener pendant les vacances loin de Paris, en montagne ou en forêt, pour y faire une cure d’air. » Edmond Cottinet, journaliste, 1885
Au début, les colos, ce n’était pas vraiment dans du dur, mais à la dure, dans des hébergements sans confort. Avec le temps, le concept a évolué et gagné en popularité. En 1912, plus de 80 000 enfants français sont partis en colo.
Hélas, elles n’ont plus vraiment la cote, prises entre 2 feux, celui de leurs coûts et la question réactivée récemment des violences sexuelles faites aux enfants dont Darmanin voudrait bien se défausser sur la magistrature. Hors, on sait que, si des cas ont bien été signalés dans le cadre de collectivités, la majorité d’entre elles sont perpétrées dans l’entourage direct des enfants.
On annonce leur fin, constatant que de nombreuses associations de colonies de vacances et d’éducation populaire ferment leurs portes en raison de difficultés financières croissantes, exacerbées par la réduction des financements publics et l’inflation.
On trouve pourtant des offres très alléchantes pour des colonies dans des contrées lointaines (Tokyo, Osaka, Los Angeles, Louisiane, New-York, Norvège…)
Mais on peut se permettre de douter que celles-ci soient accessibles aux enfants de familles aux revenus moyens et à plus forte raison modestes.
Les séjours abordables (cela reste encore à prouver) ne durent que quelques jours ou au maximum une petite semaine et souvent hors saison estivale. Les aides de la CAF sont plafonnées en fonction du quotient familial à 500 ou 700 €, qui ne couvrent pas toujours les frais du séjour.
En 1936 arrive la victoire du Front populaire et ainsi commence l’âge d’or des Auberges de jeunesse. Sous l’impulsion de Léo Lagrange, alors Ministre des sports et des loisirs, tout est mis en œuvre pour que les congés payés deviennent une réalité dans la vie des Français (développement des Auberges et campements, billets de train à prix réduits, subventions etc…).
En 1956, la FUAJ, Fédération Unie des Auberges de Jeunesse est créée, issue du rassemblement de toutes les associations françaises animant et gérant des Auberges de jeunesse.
Les années quatre-vingt seront synonymes de renouvellement et d’adaptation à un environnement économique de plus en plus difficile. Edith Arnoult-Brill, élue Secrétaire Générale de la FUAJ en 1988 a pour mission de moderniser le mouvement, en s’adaptant aux nouvelles réalités sociales. La FUAJ reste impliquée dans la politique de soutien aux jeunes demandeurs d’emploi, elle poursuit sa « diversification » au travers d’évènements internationaux comme les Chantiers-Rencontres internationales, elle crée sa carte famille etc.
Les années deux mille seront guidées par une réforme de la gouvernance de la FUAJ dont l’objectif opérationnel est bien de permettre l’épanouissement personnel de chacun lors de son séjour en Auberge de jeunesse « gérer l’idéal et l’économie ».
Fragilisée depuis la crise sanitaire, la Fédération unie des Auberges de jeunesse (FUAJ) a été placée en redressement judiciaire en 2025 et a été reprise en 2026 par l’Office national des Auberges de jeunesse (ONAJ). L’essentiel du réseau et des emplois ont été préservés.
Le secteur multiplie les tentatives pour réhabiliter les Auberges de jeunesse.
Pour résister à la vogue très lucrative des hostels, les auberges de jeunesse se modernisent en recentrant leur projet associatif sur l’accueil de tous et l’ouverture à l’autre.
Elle fait partie du secteur de l’économie sociale et solidaire.
Malgré les turbulences connues par le secteur de Auberges de jeunesse, elle continue d’être le lieu d’accueil que recommandent les voyageurs du monde entier, qui découvrent et apprécient ce lieu lors de leur passage dans l’Aube. Ils se refilent le tuyau sur les réseaux sociaux et dans les guides pour globe-trotters.
L’ouverture à tous, la diversification des activités et le besoin de rentabilité connaissent déjà leurs limites.
Tout récemment, nous avons été alertés après coup pour la tenue d’une réunion du RN à l’Auberge de jeunesse de Rosières le 10 juillet dernier. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur un tel mélange des genres et sur la pertinence d’une telle réunion politique au sein d’un espace réservé à l’hébergement de loisir dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.
Le RN n’a effectivement pas sa place dans ce lieu qui accueille dans un esprit universaliste et sans distinction les personnes de tous âges, de toutes cultures, de toutes origines et de tous horizons ; ceux qui voyagent pour la première fois, ceux pour qui voyager n’a plus de secrets, les voyageurs solitaires, les groupes d’amoureux des voyages, etc.
Le RN développe des théories et des propos racistes, xénophobes, homophobes, haineux à l’égard des étrangers et de toute personne différente et s’inscrit totalement en faux avec les valeurs universalistes et tolérantes des Auberges de jeunesse. Le RN ne voyage pas. Il prône l’immobilisme et reste englué dans ses discours d’un autre temps dans un monde qui connut sa gloire au cours des plus sombres années du XXème siècle.
Renseignements pris, nous avons été informés du fait que la direction reconnaît avoir commis une erreur et qu’elle regrette profondément de n’avoir pas appréhendé l’incompatibilité manifeste entre les valeurs de son établissement et celles de ces hôtes occasionnels. Elle reçoit par ailleurs au même titre syndicats et organisations populaires, ce qui semble ne pas plaire à certains élus municipaux troyens, qui menaceraient de saisir le Conseil départemental…
Nous considérons pour notre part cette affaire comme une provocation, de la part de ce parti politique aux relents néonazis, envers les forces et organisations progressistes qui partagent les valeurs des Auberges de jeunesse.
Nous appelons les responsables de ces établissements à la plus grande vigilance face à ces incursions détestables de l’extrême droite qui cherche à propager la haine partout où elle passe.
Les Auberges de jeunesse doivent demeurer les havres de paix, de bien-être, de tolérance, d’ouverture et du vivre ensemble qu’elles ont toujours été. Et nous sommes déterminés à les défendre.
RD
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François Baroin, le maire qui se cherche… et se perd dans la communication
En ce jour de Fête Nationale, la « fête qui nous rassemble », célébrée cette année dans la démonstration de force, et en plein cœur de cette troisième canicule de l’année, on ne peut oublier l’année 2003, qui demeure dans les esprits comme très chaude sur le plan climatique, mais également à propos de la laïcité, thème dont s’empare alors François Baroin.
Celui-ci qui se déclare comme « le fils d’un ancien grand maître du Grand Orient de France » dit avoir « grandi dans un environnement baigné de valeurs laïques ».
Auteur d’un rapport sur la laïcité demandé par Jacques Chirac, le vice-président de l’assemblée nationale affirme dans Le Nouvel Observateur en juillet 2003, qu’à travers le problème du voile c’est « l’identité nationale »* qui est « en question »…
Il se prononce déjà contre le port du voile et pour celui de l’uniforme à l’école. On retiendra pourtant que les francs-maçons ont pris clairement position contre une loi sur le voile à l’école et contre toute modification de la loi de 1905 qui organise la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Nicolas Sarkozy met en place un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, par le décret du 18 mai 2007.
Cette idée se trouvait au cœur de la campagne du candidat à l’élection présidentielle, dont le porte-parole n’était autre que François Baroin.
En 2009 François Baroin, pourtant instigateur de l’idée 6 ans plus tôt, déclare : « Le débat sur l’identité nationale ne peut que servir le FN« . Pour le député UMP de l’Aube, « confondre identité nationale et immigration revient à présenter l’étranger comme la cause de toutes nos difficultés ».
En 2016, sa prise de position, qualifiée de « premier pas de côté » à propos du burkini, qu’il présente comme un « élément de terreur », soulève pas mal de vagues au sein de l’Association des Maires de France (AMF) qu’il préside.
La même année, il se pose en fervent défenseur de Nicolas Sarkozy, qui sera plus tard cité ou mis en cause dans 10 affaires judiciaires dont certaines conduiront à plusieurs condamnations à de la prison ferme, confirmées en appel et en cassation.
En mars 2017, il se montre piètre stratège en s’affichant aux côtés de François Fillon pour le « pousser vers la sortie ». Souvent cité comme « plan B » potentiel, sa présence achève au contraire de convaincre Fillon de ne rien lâcher. Mal lui en prendra.
C’est alors que, invité sur le plateau des « Grandes gueules » de RMC, il annonce son souhait de mettre un terme à sa carrière politique sur le plan national.
En octobre 2025, sur Monaco Hebdo (rien que ça) François Baroin dit : « Qu’on aime Emmanuel Macron ou pas – j’en suis un opposant depuis son premier mandat – il doit rester au pouvoir, car sa démission serait un événement extrêmement déstabilisant pour nos institutions, pour l’économie, et surtout pour les investisseurs, dont les décisions sont les plus redoutées. Il faut absolument l’éviter. »
Le maire de Troyes, « éternel espoir de la droite », fait l’objet d’un documentaire diffusé sur Public Sénat le 15 novembre 2025, où il laisse la porte ouverte à une candidature pour la prochaine élection présidentielle.
Suite à sa réélection après avoir été contraint à un 2ème tour aux municipales de 2026 (une grande première pour lui, puisque sa liste a été élue avec seulement 7106 suffrages sur 30282 inscrits, ce qui est loin de ressembler à un plébiscite), François Baroin annonce son retour dans le débat politique national en vue de la présidentielle de 2027 et la rédaction d’un livre programme dont la parution pourrait avoir lieu à l’automne, signal renforcé rouvrant la porte à un éventuel retour. Depuis, les spéculations vont bon train.
Le 15 juin 2026, Public Sénat lui remet le couvert avec ce même film qui « retrace le destin d’un jeune surdoué devenu l’homme politique le plus déroutant de sa génération et dont les ambitions demeurent surtout encore et toujours bien mystérieuses à l’approche d’une échéance majeure. »
Celui qui pourrait « faire un ticket avec Bruno Retailleau pour la présidentielle », l’un « en caution morale », l’autre « devant », serait plutôt vu par certains plutôt à l’Elysée qu’à Matignon…
Ce qui pourrait expliquer cette ardeur à communiquer à tout va par tous les moyens à sa disposition.
Mais, comme on le voit, certaines tentatives de communication font parfois des flops, en particulier quand les effets d’annonce sont contrariés par la justice. L’article paru dans la presse locale samedi dernier ne laisse aucun doute sur les motivations purement politiques au seul bénéfice de François Baroin, dans ses prises de position ou promulgations d’arrêtés, dont le dernier en date vient d’être en grande partie retoqué par la justice administrative sur requête de la LDH.
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Outre certaines restrictions illégales au droit de manifester, François Baroin n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour limiter dans sa ville le droit d’expression.
Un précédent arrêté du maire de Troyes a déjà fait l’objet d’une procédure. La Mairie de Troyes promulgue le 19 septembre 2025 un arrêté interdisant la pose et l’affichage de drapeaux palestiniens et toute manifestation politique relative à un Etat étranger sur le domaine public et les bâtiments publics de la commune. La légalité d’un tel arrêté est contestable et les organisations troyennes qui défendent le droit de manifester et la liberté d’expression, dont la LDH, déposent un référé liberté contre cette atteinte aux droits et aux libertés. L’affaire est toujours en cours d’examen.
Les communications contradictoires, malgré la persistance de quelques idées fixes, qui se succèdent à fréquence accélérée, sur les réseaux sociaux notamment, laissent les observateurs un peu dubitatifs devant tant de versatilité et d’étalage de contre-vérités.
On pourra en avoir un aperçu révélateur dans ce communiqué, véritable morceau d’anthologie au regard de la décision du juge des référés, publié sur Facebook quasiment simultanément avec la publication du délibéré dont il fait état, et dans lequel François Baroin maquille consciencieusement la vérité à son seul avantage, laissant au final dans la plus grande des contrariétés son adjoint à la sécurité, qui s’était pourtant enorgueilli de la pertinence de cet arrêté et de sa certitude qu’il ne pouvait être contesté.
François Baroin se félicite que par une ordonnance en date du 7 juillet 2026, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne confirme la légalité de l’arrêté municipal du 17 juin 2026 relatif à la protection des enfants non accompagnés dans l’espace public pour la période correspondant à la Coupe du Monde de football jusqu’au 19 juillet 2026. Dans son ordonnance, le juge relève notamment que « la mesure en cause ne saurait être regardée, ni dans son principe ni dans ses modalités, comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale (…) », confirmant ainsi que les mesures étaient justifiées et proportionnées durant cette période marquée par un afflux exceptionnel de public.
L’ordonnance confirme également la pleine compétence du maire pour édicter de telles mesures de police administrative. Le tribunal rappelle « qu’il résulte des termes mêmes de cet arrêté que celui-ci ne vise pas uniquement à prévenir les atteintes à la tranquillité publique et a essentiellement pour objet d’assurer la protection de l’intégrité physique et psychique des mineurs » et reconnait qu’il appartient au maire, y compris dans une commune où la police est étatisée, de prendre les mesures nécessaires afin de préserver le bon ordre, la sécurité et la tranquillité publics lors de périodes de forte concentration de personnes.
Après la finale de la Coupe du Monde, l’arrêté prendra donc fin ; l’objectif principal étant la protection des mineurs pendant cette période particulière.
Au-delà de cette date, la protection de l’enfance demeurera notre priorité et toutes les mesures nécessaires seront prises pour la garantir.
On appréciera l’objectivité.
Parmi les fonctions d’un maire, on ne trouve nullement la publication de communiqués, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, servant des intérêts personnels ou politiques, à plus forte raison un parti avec sa doctrine et son idéologie.
On ne trouve pas non plus de place pour l’auto-promotion d’un éventuel hypothétique et soi-disant indécis futur candidat à une fonction d’Etat.
Un arrêté est un acte administratif réglementaire non créateur de droits.
Troyes peut s’enorgueillir de son fabuleux patrimoine historique, architectural, industriel, fort bien mis en valeur au demeurant. Mais avoir fait de sa ville une vitrine touristique, au point d’avoir relégué en périphérie la majorité des personnes à revenus plus modestes, y avoir réduit à peau de chagrin les subventions aux associations, celles de prévention notamment, en exclure toute tentative d’expression de la conscience populaire et de la jeunesse, l’avoir truffée de caméras de surveillance, avec l’espoir de faire monter les effectifs de la police municipale à 100 à l’horizon 2030, au seul bénéfice de la garantie de la sécurité des touristes et, surtout, de sa propre image, ne relève certainement pas non plus des fonctions d’un maire.
*A propos de l’identité nationale, on pourra lire avec intérêt Gérard Noiriel, À quoi sert « l’identité nationale » ?, Marseille, Agone, coll. « Passé et présent », 2007, 156 p., EAN : 9782748900804.
RD
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« Défendre l’innocence du capitaine Dreyfus, c’est défendre la justice »
Le 12 juillet 1906 : Dreyfus réhabilité, quand la justice oblige la République à regarder sa faute.
Une erreur judiciaire n’est jamais seulement une erreur de dossier : elle révèle un climat, des réflexes de pouvoir, des préjugés. L’Affaire Dreyfus montre comment l’État peut faillir, puis comment le droit peut le contraindre à se reprendre.
N’en déplaise aux médias d’extrême droite et à leurs agitateurs qui sont le déshonneur de la presse française, à Paris, contre la haine de l’autre, la place Lucie-Dreyfus remplacera la place Maurice-Barrès.
Parce que l’affaire Dreyfus demeure un moment incontournable de l’histoire républicaine, il est nécessaire de rendre hommage à Alfred Dreyfus ce 12 juillet. Les élus à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, Laurence Patrice et Ariel Weil expliquent leur choix de rebaptiser la place Maurice-Barrès du nom de l’épouse du capitaine victime d’antisémitisme.
L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État est toujours une bascule
La démocratie, les droits et l’État de droit sont confrontés en France à une menace existentielle, celle de la bascule vers le fascisme-illibéralisme qui a infailliblement lieu lorsque les extrêmes droites arrivent au pouvoir d’État.
Des pays considérés comme démocratiques ont connu cette bascule systémique : Hongrie, Pologne, Italie, États-Unis.
Avec des différences propres à chaque pays, l’offensive des extrêmes droites se déploie selon trois dimensions essentielles – sociétale, idéologique et politique. Elle remet partout en cause la légitimité de la démocratie et de l’État de droit et l’universalité des droits.
Troyes: près de 450 personnes rassemblées ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne pour soutenir les lycéens
HB
Ils étaient 100 hier. Ce matin, 400 à 450 personnes ont répondu à l’appel des lycéens, parents d’élèves, étudiants, syndicats, associations et organisations pour soutenir les mobilisations des lycéen-ne-s et étudiant-e-s ce mardi 6 octobre 2026 devant le Lycée Marie-de Champagne à Troyes, seul établissement secondaire demeuré ouvert dans l’agglomération.
HB
Il s’agissait de dénoncer la politique de la matraque initiée par le ministre de l’Intérieur assumant la répression violente « sans retenue » et de lui montrer que le mouvement de la jeunesse n’est nullement aiguillonné par d’obscurs « proxys de l’ultragauche » ni manipulé par un parti politique. Cette stratégie d’attaque infantilisante ne marche plus.
Ce n’est pas en multipliant les Nathanaël Combary, trop proche du pouvoir pour être honnête et trop largement célébré sur les médias, qu’on fera taire la Gen Z, qui a encore bien des choses à dire.
HB
RD
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Contrôles des lycéens par la police: le préfet de l’Aube frise le génie
Face aux « débordements » qui secouent plusieurs établissements du département, le préfet de l’Aube prend un arrêté qui interdit le port de cagoules, foulards et équipements de protection aux abords des lycées jusqu’au mardi 6 octobre au soir. Une mesure de crise, qui vient durcir un arsenal juridique pourtant déjà bien fourni par la loi nationale.
Ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne à Troyes, seul lycée public ouvert dans l’agglomération, nous avons constaté que la police fouillait les sacs des élèves à l’extérieur du lycée, y compris dans les rues avoisinantes.
Lors d’un contrôle d’identité, la police ne peut pas procéder librement à une fouille des poches ou du sac.
La loi distingue notamment la palpation de sécurité, destinée à vérifier l’absence d’arme, et la fouille, qui nécessite un cadre juridique précis : consentement de la personne, enquête en cours, garde à vue ou réquisitions du procureur.
Une fouille réalisée en dehors de ces conditions peut être considérée comme irrégulière et entraîner la remise en cause de la procédure qui en découle.
La LDH, en partenariat avec de nombreuses organisations,appelle à participer aux mobilisations en soutien aux mouvements de la jeunesse le mardi 6 octobre 2026, partout en France.
Vidéo de la voiture de police à Troyes : la préfecture évoque une manœuvre de dégagement d’un policier blessé.
La préfecture de l’Aube a réagi à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant une voiture de police rouler à vive allure en direction des manifestants à Troyes jeudi matin. Elle évoque « une manœuvre de dégagement après la blessure d’un policier victime de projectiles ».
En somme, le « dégagement » d’un policier blessé justifie pour la préfecture de l’Aube, de mettre en danger les vies de dizaines d’enfants. Dans « Cette séquence isolée de son contexte » au cours de laquelle sont exfiltrés deux policiers blessés « dont l’un s’est vu prescrire huit jours d’ITT (incapacité totale de travail) à la suite de ses blessures« , il ne faut pas voir une voiture foncer sur une foule de jeunes lycéennes et lycéens en les gratifiant au surplus de jets de gaz lacrymogène. La vie des deux policiers ne semble pourtant pas présenter un tel caractère d’urgence, à la lecture de l’article, pour qu’elle puisse être préférable à celles de dizaines de gamines et gamins…
MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE
MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE
Face à l’escalade des tensions et aux débordements constatés dans plusieurs établissements scolaires du département, le parquet de Troyes passe à l’offensive. Bilan : 27 gardes à vue et 20 déferrements.
Les manifestations lycéennes engagées depuis le début de la semaine ont pris une tournure particulièrement violente dans l’Aube. Dans un communiqué de presse, envoyé aux rédactions ce vendredi 2 octobre 2026, la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Troyes a fait le point sur les événements survenus à Troyes ainsi qu’à Romilly-sur-Seine.
Depuis le lundi 28 septembre, la situation s’est détériorée aux abords de plusieurs lycées. Feux de poubelles, jets de projectiles et tirs de mortiers d’artifice ont rythmé les rassemblements. Face à ces violences, les forces de sécurité intérieure ont dû intervenir dans des conditions particulièrement délicates, les contraignant parfois à faire usage de gaz lacrymogènes de dispersion pour s’extraire d’attroupements hostiles.
Soulignant la gravité de ces agissements qui mettent en danger les élèves, la communauté éducative et les forces de l’ordre, le parquet a engagé des poursuites systématiques dès lors que les auteurs ont pu être identifiés.
Au total, 27 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début de la semaine : 26 mineurs et un seul individu majeur.
Les chefs d’accusation retenus illustrent la sévérité des faits reprochés : outrages et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, dégradations par moyen dangereux de biens d’utilité publique, transport et détention de produits incendiaires, participation à un attroupement en vue de commettre un délit, ou encore provocation à la rébellion.
Marquant sa volonté de fermeté, le parquet a ordonné le déferrement de 20 personnes devant la justice :
Pour le seul majeur impliqué : Une poursuite devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate a été engagée dès ce vendredi.� Pour 8 mineurs : Une convocation devant le tribunal pour enfants ou le juge des enfants est prévue dans les prochaines semaines. Dans l’attente de leur jugement, des mesures éducatives ou de contrôle judiciaire ont été ordonnées, comprenant des interdictions de manifester, des interdictions de paraître et des couvre-feux.� Pour 11 autres mineurs : Les jeunes ont été orientés vers le délégué du procureur pour une procédure de composition pénale en présence de leurs parents. Diverses sanctions ont été arrêtées, dont des stages de citoyenneté, des travaux non rémunérés, l’obligation de réparer les préjudices, ainsi que des interdictions de manifester et un couvre-feu nocturne (interdiction de paraître sur la voie publique entre 21h et 6h sans représentants légaux).�
Par ces mesures administratives et judiciaires strictes, l’institution judiciaire entend envoyer un signal clair afin de ramener le calme aux abords des établissements scolaires aubois.
Nous vous épargnerons les commentaires suscités par cette publication chez les décérébrés de tout poil et préférons leur apporter cette réponse bien sentie et parfaitement appropriée trouvée sur les réseaux sociaux (Merci à Isa Morvan, son autrice).
AUX VIEUX CONS QUI JUBILENT QUAND LES LYCÉENS PRENNENT CHER
Aux vieux cons qui regardent des lycéens s’en prendre plein la gueule face aux CRS et qui lâchent tranquillement : « Bien fait pour eux. Ils n’avaient qu’à rester en cours. »
ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.
Voilà, c’est dit. Pas d’éléments de langage d’attaché de presse.
Avec votre morale de napperon, votre nostalgie sous cellophane et votre mémoire de poisson rouge sous Lexomil. Je vous vois. Planqués derrière vos écrans, transformés en généraux de canapé dès qu’un môme de seize ans renverse une poubelle.
« De mon temps, on respectait l’autorité. »
MON CUL.
De votre temps, vous étiez jeunes. Vous fumiez en cachette derrière le lycée. Vous racontiez des conneries. Vous faisiez chier vos parents. Vous vouliez baiser, vivre, gueuler, vous barrer et refaire le monde avec trois francs en poche et des hormones qui vous sortaient par les oreilles. Puis le temps vous a roulé dessus comme un camion-benne. Et maintenant, vous êtes devenus exactement les vieux cons que vous trouviez insupportables à vingt ans. Félicitations. Votre médaille est disponible à l’accueil de l’EHPAD idéologique.
Parce que le vieux con adore la jeunesse. Aux Jeux olympiques. Au bac. Sur LinkedIn, avec une chemise blanche et un projet entrepreneurial biodégradable. Mais qu’un lycéen descende dans la rue, bloque son bahut et gueule que quelque chose déconne, soudain Gérard bande pour l’ordre républicain.
CRS ! BOUCLIERS ! MATRAQUES ! RANGEZ-MOI CES PUBÈRES !
Putain, on dirait qu’une poubelle brûlée menace directement son Livret A.
Et puis il y a cette phrase. Cette putain de phrase : « Ils l’ont cherché. »
Non.
On peut condamner un pavé lancé sur un flic. On peut condamner un abribus explosé. On peut condamner les violences, d’où qu’elles viennent. ET regarder un gamin tomber sans applaudir mécaniquement parce que celui qui tient la matraque porte un uniforme. Ces idées tiennent parfaitement ensemble dans un cerveau adulte. Normalement.
Parce que derrière les vidéos, les slogans et les barricades bricolées, il y a des gamins. Des gamins qui parlent de leur lycée, de leur avenir et du monde qu’on leur refile avec la délicatesse d’un locataire qui rend les clés après avoir chié dans le salon. Dette. Précarité. Logement hors de prix. École qui craque. Services publics essorés.
Et vous voudriez quoi ? « Madame, s’il vous plaît, puis-je être révolté sans perturber la circulation ? »
BORDEL DE MERDE.
Une révolte qui ne dérange personne, ça s’appelle une publication Instagram avec un carré noir. La jeunesse est chiante. HEUREUSEMENT. Elle déborde. Elle exagère. Elle gueule parfois avant d’avoir lu toute la notice.
Mais le vieux con veut des jeunes parfaitement domestiqués : engagés mais polis, en colère mais silencieux, révoltés mais surtout pas devant chez lui. Il veut Che Guevara avec Parcoursup. Rimbaud avec une convention de stage. Mai 68 à condition que ça finisse avant 18 heures parce qu’il faut rentrer la Dacia.
Et quand ça cogne ? « Fallait pas être là. »
Cette phrase me fout la gerbe. Parce qu’elle dit : reste chez toi. Ferme ta gueule. Obéis. Ne dérange pas. Et si tu déranges, ce qui t’arrive devient automatiquement ta faute. Belle conception de la démocratie. Propre. Pratique. Lavable en machine.
Tu peux penser qu’un blocage est une connerie. Qu’une manif part en vrille. Qu’un lycéen raconte n’importe quoi. Mais voir un jeune prendre un coup et lâcher : « Bien fait. » Là, on n’est plus dans le désaccord. On est dans la jouissance moisie du petit chef qui sommeillait derrière le rideau.
Alors aux vieux cons qui jubilent quand des lycéens prennent cher parce qu’ils auraient dû « rester à leur place » : ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.
Gardez vos « de mon temps ». Gardez vos leçons. Gardez votre fantasme d’une jeunesse à genoux devant l’autorité avec le carnet de correspondance entre les dents. Et essayez de vous souvenir du petit con que vous étiez avant de devenir le vieux con que vous êtes.
Parce que le problème n’est pas d’avoir vieilli. On vieillit tous. Le problème, c’est d’avoir tellement oublié sa propre jeunesse qu’on finit par applaudir lorsque celle des autres se fait cogner.
Et ça, bordel, ce ne sont pas les rides.
C’EST DE LA MOISISSURE.
Et je le répète pour que vous l’intégriez une fois pour toutes :
ALLEZ. VOUS. FAIRE. FOUTRE.
#Lycée
La LDH appelle à soutenir les mobilisations lycéennes ce mardi 6 octobre et sera présente à leurs côtés avec les parents d’élèves, syndicats et autres organisations, à Troyes comme ailleurs.
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Mouvement lycéen : des mineurs face à la répression des forces de l’ordre
Depuis le 21 septembre, le mouvement des blocus de lycées ne cesse de prendre de l’ampleur en France. Les lycéeen·nes mobilisé·es revendiquent simplement leur droit à l’éducation : ils demandent des professeurs, des classes moins chargées, des bâtiments décents. Face à eux : gaz lacrymogènes, tirs de grenades et gardes à vue. Nous dénonçons l’usage disproportionné de la force contre les manifestations lycéennes. Point sur la situation pour comprendre ce mouvement de rentrée, porté par la jeunesse.
La répression et la violence sont-elles la seule réponse du gouvernement face aux lycéens qui se mobilisent ? On dénombre 119 blessés et plus de 1000 arrestations. Pour évoquer cette réponse répressive et les violences policières, Cyprien Caddeo reçoit Me Elsa Marcel.
« Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter » : les lycéens face à la répression policière
En moins d’une semaine, plus de 1 000 lycéens ont été interpellés et 84 blessés. Malgré des revendications légitimes, ils sont à la fois infantilisés et perçus comme des « sujets dont il faut se protéger », donc réprimés violemment.
On a quand même tendance à croire l’un… mais pas l’autre…
Le maire (La France insoumise) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a démenti avoir allumé un feu de poubelle devant un lycée de son département, dénonçant mardi 29 septembre des « mensonges » après la diffusion de vidéos donnant lieu à des interprétations contradictoires sur son attitude lors du mouvement lycéen.
« Mediapart » a publié, lundi, des messages antisémites datant de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national. Le président du Rassemblement national, qui nie en bloc, a annoncé une plainte en diffamation.
Marche nationale pour le climat, la paix et les solidarités: 400 personnes à Troyes, 120000 en France
Prise de parole de la LDH
Marche pour le climat, la paix et les solidarités du 26 septembre 2026
La planète brûle en raison des guerres et sous l’effet des bouleversements climatiques.
La situation internationale est d’une extrême gravité, les guerres s’étendent et le droit du plus fort s’impose partout dans le monde au mépris du droit international qui est trop souvent bafoué. Les dépenses militaires augmentent de façon massive au détriment des budgets sociaux, des services publics et des investissements environnementaux. Les guerres détruisent les vies, jettent les populations civiles sur les routes de l’exil, aggravent les inégalités, nourrissent les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et les actes génocidaires, sans que soient inquiétés leurs auteurs, menaçant et remettant en cause les magistrats de la cour pénale internationale qui sont condamnés à l’impuissance.
Les habitants des quartiers populaires, les familles vivant dans la précarité et dans des logements non isolés, les personnes âgées et les personnes handicapées vivant dans la solitude, celles et ceux qui travaillent dehors, les paysannes et les paysans qui ont perdu une partie de leurs récoltes et les personnes qui dorment dans la rue sont les premières victimes des canicules successives et des changements climatiques. Des millions d’animaux qu’ils soient d’élevage ou sauvages ont péri sous le coup de la chaleur et des incendies. Personne ne pouvait ignorer ce que les scientifiques avaient depuis longtemps annoncé au fil de leurs recherches et ce que les citoyennes et citoyens avaient relayé. Leurs travaux et leurs communications sont restés vaines, les gouvernements étant sourds malgré leurs alertes.
Partout en France, dans les villes, les quartiers et les bourgs, nous sommes dans la rue pour marcher et pour demander une autre politique que celles qui conduisent aux catastrophes et qui reposent sur la recherche systématique du profit pour quelques uns au mépris de l’intérêt général et des personnes.
Nous allons marcher pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale et écologique, pour le respect des droits fondamentaux, pour la défense des libertés et pour les solidarités.
Nous allons marcher jusqu’au parc des Moulins en partant depuis ce lieu symbolique des pires heures de notre histoire.
Nous avons fait ce choix de nous retrouver à proximité de l’ancien siège de la gestapo durant l’occupation pour nous souvenir qu’en 1940, Pétain et l’extrême droite de l’époque avaient trahi le pays au nom d’un nationalisme de soumission à la force du nazisme et du rejet de la démocratie, dénonçant les conquêtes du front populaire.
Nous pensons à celles et ceux qui ont combattu le nazisme et le régime de Vichy et qui s’étaient engagés au risque physique qu’ils prenaient jusqu’au martyr et jusqu’à la mort, en affirmant que le pire n’est pas forcément derrière nous.
Nous avons fait ce choix parce que nous disons stop à la montée en puissance des régimes autoritaires et des dictatures et que nous appelons à nous mobiliser et à agir contre les extrêmes-droites.
En France, l’Etat de droit, qui était déjà fragile, recule par étapes. Depuis plusieurs années, les garanties dont toutes personnes bénéficient diminuent, les contre-pouvoirs sont écartés, la rue n’est plus écoutée, les contrôles judiciaires sont affaiblis laissant le champ libre aux pratiques autoritaires.
Avec le projet de loi « permis de tuer » instituant la présomption de légitime défense et une sorte de présomption d’usage légitime de leurs armes pour les policiers et les gendarmes ne constitue pas une simple mesure sécuritaire de plus, mais marque une rupture en légalisant une volonté de gouverner par la force et de ne plus préserver les citoyennes et citoyens des abus, de l’arbitraire et des ingérences.
Depuis les dernières élections municipales, la liste des décisions des communes dirigées par le RN et ses alliés, portant atteinte aux droits et aux libertés, s’allonge au fil des semaines. Dans ces communes, les extrêmes-droites remettent en cause les libertés d’association, d’expression, de création et syndicales, s’en prennent à la laïcité, mettent sous surveillance les personnes et tiennent des positions à caractère discriminatoire et raciste ainsi que des discours de haine contraires aux droits fondamentaux.
La droite n’hésite pas à prendre le pas et à rejoindre les thèses des extrêmes-droites pour s’affranchir des principes issus de la déclaration des droits de l’homme et des conventions européennes et ouvrir la voie pour changer la nature même de la démocratie afin d’aller vers un régime autoritaire, sécuritaire, raciste et antisocial.
Le maire de Troyes s’inscrit dans cette logique pour amener les françaises et les français à s’habituer à ce que leurs libertés soient progressivement détricotées par touches successives pour que la purge soit indolore.
Ainsi, François Baroin, au motif de protéger les mineurs a pris le 17 juin un arrêté municipal pour interdire aux mineurs le centre-ville de Troyes à partir de 22h30.
Parce qu’on ne protège pas les jeunes en rognant sur leurs libertés et en portant atteinte à leurs droits et à leur vie privée, la LDH, avec le soutien des élus de gauche, a saisi le tribunal administratif en référé liberté et a obtenu la suspension de cet arrêté couvre-feu qui ne disait pas son nom ainsi que la prise en charge de ses frais d’avocat, reconnaissant l’illégalité de la position de François Baroin. Cet arrêté était avant tout une opération de communication et, à la publication de la décision du juge, François Baroin n’a pas hésité à travestir la vérité pour ne pas perdre, du haut de sa superbe, la face et reconnaître publiquement que son arrêté avait été taclé alors que son adjoint à la sécurité avait déclaré qu’il était juridiquement parfait.
Une posture qui a démontré une nouvelle fois que le maire de Troyes fait prévaloir une politique répressive et punitive au détriment d’actions de prévention et d’éducation.
Une posture consistant à banaliser les agissements des extrêmes-droites comme l’ont montré en avril l’accueil complice qu’il avait réservé au canon français et sa visite amicale qu’il avait accordée aux convives des agapes idenditaires.
Rien n’est joué. Rien n’est perdu.
Cuire ou agir: nous avons choisi d’agir et nous restons mobilisés.
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« On veut faire taire, on veut intimider », dénonce Raphaël Kempf, avocat poursuivi pour un mail
Poursuivi pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique », Maître Raphaël Kempf doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Nancy. Son « crime » ? Avoir dénoncé dans un courriel adressé à la direction d’un établissement pénitentiaire les conditions d’isolement de son client, qualifiées de « torture blanche ».
Avocat au barreau de Paris, Raphaël Kempf défend depuis plusieurs années des manifestants interpellés ou emprisonnés et autres activistes victimes de la répression d’État. Au-delà du combat quotidien dans les tribunaux, les commissariats et les prisons, il a publié L’organisation du commerce face au changement climatique (Pedone, 2009), Ennemis d’État (La Fabrique, 2019), Violences judiciaires (La Découverte, 2022), Violences judiciaires2e édition revue et augmentée (La Découverte, 2026) et de nombreux articles dans Le Monde diplomatique, Jef Klak ou Délibérée.
Observatoire des expulsions des lieux de vie informels
Rapport 2025 de l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels : retour sur 7 ans de politique d’expulsion systématique.
L’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels publie son 7ème rapport annuel. En 2025, il a recensé 1 240 expulsions sur le territoire national : 632 sur le littoral nord et 608 sur les autres départements. Derrière ces chiffres, ce sont 77 099 personnes qui ont été concernées par ces expulsions aux conséquences désastreuses sur les personnes : violations de droits, violences, détérioration des conditions de vie, dégradation de l’état de santé, rupture de scolarité.
Constat alarmant des pratiques publiques relatives aux expulsions de lieux de vie informels. La situation, déjà délétère, continue de se dégrader:
La part d’expulsions sans fondement légal n’a jamais été aussi élevée et a presque triplé en sept ans, passant de 19 % en 2019 à 53 % en 2025 ;
93 % des expulsions ne sont précédées d’aucun diagnostic social ;
Dans 88 % des cas, les biens des habitantes et habitants sont saisis et/ou détruits ;
Les remises à la rue restent écrasantes après une expulsion : dans 92 % des expulsions, une partie ou l’ensemble des personnes ne se voient proposer aucune solution d’hébergement ou de logement ;
Un tiers des expulsions a eu lieu pendant la période de trêve hivernale.
Enfin, ce rapport met également l’accent sur des bonnes pratiques et alternatives qui existent sur le territoire national ainsi que sur les leviers actionnables par les pouvoirs publics afin d’œuvrer en faveur des droits et de la dignité des habitants de lieux de vie informels, comme l’ouverture de lieux d’hébergement provisoires ou la mobilisation du foncier vacant.
Augmentation de la mortalité sur les routes migratoires
En juin 2026, le collectif Caminando Fronteras a présenté les chiffres des tragédies des cinq premiers mois de l’année dans le cadre des travaux de l’Observatoire des Droits Humains.
Du 1er janvier au 31 mai 2026, 1 317 personnes sont décédées, dont 142 femmes et 129 enfants mineurs. Au cours de ces mois, 27 embarcations ont disparu avec toutes les personnes à bord.
La route atlantique vers les Canaries reste la route la plus meurtrière de la frontière, avec 635 victimes. Malgré une baisse de 72 % des arrivées, la route est devenue plus létale. Pour 100 personnes qui arrivaient en 2025, environ 14 mouraient. En 2026, ce chiffre s’élève à 21.
La route algérienne de la Méditerranée occidentale concentre le plus grand nombre de tragédies de la période analysée et dépasse pour la première fois les 507 victimes, soit 54 % de plus que pendant la même période de l’année précédente.
La route du Détroit — traversée à la nage vers Ceuta, principalement — et la route terrestre de la clôture de Ceuta ont considérablement augmenté leur nombre de victimes par rapport à la même période de 2025. La route du Détroit a doublé son nombre de victimes, passant de 52 à 99 en 2026. À la clôture de Ceuta, 48 personnes sont mortes au cours de ces cinq premiers mois de 2026.
Sur la route d’Alboran. 28 décès ont été enregistrés, lors de traversées à la nage vers Melilla et de naufrages d’embarcations pneumatiques vers les côtes andalouses.
Les principaux facteurs identifiés comme ayant contribué à cette augmentation de la mortalité sur les routes migratoires sont :
Absence de mobilisation des ressources de recherche et de sauvetage.
Critères discrétionnaires pour déterminer quand et comment déployer les moyens de secours.
Application inégale des protocoles de protection selon le territoire.
Faible mobilisation des moyens aériens et maritimes.
Coordination insuffisante entre les pays.
Délais considérables dans le déclenchement des opérations de sauvetage.
Emploi de violences aux points de contrôle de départ et à bord des embarcations.
Conditions physiques extrêmes et vétusté des embarcations utilisées.
Le collectif « Ca-minando (…en che-minant) » défend les droits des personnes et des communautés en mouvement.
Né en 2002. Il est le fruit de la rencontre et de la synergie de plusieurs défenseurs des Droits Humains sur différents territoires de la frontière occidentale Euroafricaine.
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Partout en Europe, les personnes à la rue sont plus nombreuses et plus âgées
La Fondation pour le logement et la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa) ont publié le 15 septembre leur 11e Regard sur le mal-logement en Europe.
Malgré une prise en compte croissante du sans-abrisme par l’UE, le nombre de personnes sans domicile augmente quasiment partout.
Au total, le rapport estime à 1,4 million le nombre de personnes à la rue, hébergées en urgence et prises en charge dans les foyers d’accueil en Europe, une hausse sur un an (1,3 million en 2024). «Listes d’attente qui explosent, personnes ballottées d’un hébergement à l’autre sans solution pérenne, séjours qui s’allongent faute de porte de sortie»: les dispositifs sont sous pression, amenant les acteurs à «trier les publics» et à «durcir» les conditions pour y avoir accès. Une politique «aux effets mortifères», alertent les associations. Elles appellent chaque État à adopter et mettre en œuvre des «stratégies nationales» de lutte contre le sans-abrisme, «actualisées et ambitieuses».
Les personnes âgées ne sont pas épargnées: près de 170.000 personnes âgées seraient sans domicile fixe au niveau européen, selon le rapport.
Les hébergements d’urgence peinent à accueillir les plus de 65 ans, alertent deux associations. Leur rapport, qui couvre l’Union européenne et le Royaume-Uni, appelle à renforcer la lutte contre le sans-abrisme.
On a tendance à se représenter les seniors comme un groupe d’âge épargné par les difficultés «mais au sein de chaque génération il existe de fortes inégalités», a souligné lors d’une conférence de presse Ruth Owen, directrice adjointe de la Fédération européenne.
Des hébergements inadaptés à la perte d’autonomie
Les structures d’hébergement sont pensées pour accueillir un public autonome. Les bâtiments, souvent sans ascenseur ou dotés de lits superposés, ne sont pas adaptés aux personnes en perte d’autonomie. Ces dernières ont davantage de besoins de soins, que le secteur social n’est pas en mesure d’assurer, faute de ressources et de compétences.
Un livre de Philippe Artières Dans les archives du Gisti
Philippe Artières s’est plongé dans les archives de la permanence juridique du Gisti, aujourd’hui conservées à la Contemporaine (Nanterre), qui rassemblent les courriers des demandes d’aide adressés au Gisti entre 1993 et 2011.
S’emparer de cette archive du Gisti renvoie à un pan de l’histoire des politiques migratoires en France. Elle est une manifestation flagrante de l’injuste condition des personnes étrangères sollicitant un conseil juridique, se trouvant de fait en situation de précarité devant un appareil législatif qui accumule sans cesse de nouvelles dispositions. Face aux règles bureaucratiques et à la complexité des lois successives, les auteurs et autrices des lettres sont ainsi autant de sujets de droits et incarnent une situation ordinaire des étrangères et des étrangers. Qu’elles et ils fuient la persécution dans leurs pays d’origine ou résident en France depuis bien longtemps, parfois y ayant forgé leurs vies de travailleurs ou d’étudiants, de parents et grands-parents, d’amoureux… toutes et tous se trouvent soudainement « irréguliers » ou risquent de le devenir.
Philippe Artières met ainsi en évidence la puissance de l’écrit et des « papiers » face au cours de la vie et aux subjectivités. « Sans papiers », ces personnes étrangères ou immigrées écrivent et accumulent les preuves écrites de leurs existences : une occurrence de ce que l’auteur nomme la « machine graphomaniaque ».
Le texte de Philippe Artières est suivi d’une sélection de lettres reproduites en fac-similés, d’un entretien avec des membres du Gisti et d’une chronologie qui fait écho à l’empilement de dispositions législatives en parallèle des drames contemporains du Congo, d’Haïti, de la guerre civile en Algérie… On lit aussi en creux la longue histoire coloniale et les nombreuses familles qui en sont issues.
À la demande de Philippe Artières, les droits d’auteur de ce livre seront entièrement reversés au Gisti.
Philippe Artières est historien du contemporain. Directeur de recherches au CNRS, membre de l’Iris de l’EHESS à Paris-Condorcet, il est l’auteur de nombreux ouvrages. Il a en particulier co-dirigé avec Michelle Zancarini-Fournel, 68, une histoire collective (La Découverte, 2008 /2018), coordonné La Révolte de la prison de Nancy # 15 janvier 1972 (Le Point du Jour, 2013), Attica USA 1971 (Le Point du Jour, 2017) et écrit Le Peuple du Larzac . Une histoire de crânes, sorcières, croisés, paysans, prisonniers, soldats, ouvrières, militants, touristes et brebis (La Découverte, 2019), La Mine en procès. Fouquières-lès-Lens 1970 (Anamosa, 2023), et À bout portant. Versailles 1972 (Verticales, 2024).
Née en 1981, est historienne, maîtresse de conférences en histoire contemporaine et chercheuse française. Elle s’intéresse aux inégalités de genre dans les conditions de travail et la participation des femmes dans les conflits ouvriers.
Fanny Gallot étudie l’histoire à l’université de Rouen-Normandie. En 2012, elle soutient sa thèse à l’Université Lumière-Lyon-II, qu’elle a menée sous la direction de Michelle Zancarini-Fournel. Elle s’intitule Les ouvrières, des années 1968 au très contemporain : pratiques et représentations. Elle étudie deux entreprises Chantelle à Saint-Herblain et Moulinex à Alençon où les ouvrières sont majoritaires.
Sa thèse est publiée en 2015, sous le titre En découdre : comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société.
En 2015, Fanny Gallot est nommée maîtresse de conférences à l’Université Paris-Est-Créteil. Elle est également militante syndicale au SNESUP-FSU.
Engagement politique
Fanny Gallot est co-responsable du département d’Histoire de l’Institut la Boétie[4]. Elle fait partie des auteurs « issus de nombreux horizons, mais tous plus ou moins proches des idées de LFI » qui participent à la rédaction de l’ouvrage Extrême droite : la résistible ascension publié en septembre 2024 par cet institut coprésidé par Jean-Luc Mélenchon et Clémence Guetté.
Publications
Fanny Gallot, En découdre : comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société, Paris, La Découverte, 2015, 282 p. (ISBN 978-2-7071-8241-8).
Ludivine Bantigny (dir), Fanny Bugnon (dir) et Fanny Gallot (dir.), Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? : le genre de l’engagement dans les années 1968, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, 259 p. (ISBN 978-2-7535-5231-9).
Pauline Delage et Fanny Gallot, Féminismes dans le monde, 23 récits d’une révolution planétaire, Éditions Textuel, 2020, 208 p. (ISBN 978-2-84597-807-2).
Fanny Gallot, Mobilisées : une histoire féministe des contestations populaires, Paris, Éditions du Seuil, 2024, 283 p. (ISBN 978-2-02-145296-9).
Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Sortir des polémiques, ouvrir des possibles. Fanny Gallot (coord.). Ed. Syllepse. Collection : « Comprendre et agir », déc. 2025, 136 p. (ISBN 979-10-399-0342-4).
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Alizée Delpierre : « La dégradation des conditions d’existence des immigrés favorise les situations d’esclavage »
Souvent immigrées et sans papiers, les victimes d’esclavage moderne sont reléguées dans des marges dont il est difficile de s’extraire. Entretien avec la sociologue Alizée Delpierre, qui a enquêté sur le phénomène.
Après Servir les riches (La Découverte, 2022), sur les domestiques des très grandes fortunes, la sociologue Alizée Delpierre propose dans Comme des esclaves (La Découverte, 2026) une enquête de terrain sur l’esclavage moderne.
Pour cela, elle a compulsé les dossiers constitués depuis plus de trente ans par le Comité contre l’esclavage moderne, qui accompagne les victimes et donne la parole à celles-ci, mais aussi à un certain nombre d’exploiteurs afin d’analyser leurs discours.
Les victimes de la traite par le travail sont le plus souvent immigrées, étrangères, et en situation irrégulière, rappelle-t-elle, tout en pointant la responsabilité de l’Etat dans leur précarisation. Son livre, comme cet entretien, se termine sur une note optimiste consacrée au rôle libérateur des sciences sociales.
» En France, il existe un esclavage qui se caractérise par des rapports que je qualifie de surexploitation, consistant tout d’abord en la mise au travail quasi-illimitée des corps, jusqu’à 18 ou 20 heures par jour. Cela s’accompagne souvent d’une absence de rémunération ou d’une rémunération très faible, sans rapport avec le nombre d’heures de travail effectuées. Par ailleurs, l’accès à l’eau, à l’hébergement, à l’hygiène et à la nourriture est contrôlé par « l’employeur » et souvent très restreint. »