Elections municipales : barrons la route à l’extrême-droite

Blast Info



Les élections municipales des 15 et 22 mars approchent et les extrêmes-droites font du plat quand ce n’est pas du forcing, à la droite, pour constituer des listes d’union, ce qu’hélas la gauche n’est pas toujours prête à seulement envisager.

Ces élections vont non seulement servir de test pour l’élection présidentielle de l’année prochaine, mais elles interviennent dans un contexte d’usure démocratique après les prouesses de la Macronie autour de son leader aujourd’hui adulé par certains en chef de guerre, autant que détesté il y a encore peu pour la centralisation du pouvoir sur sa propre personne.

L’extrême-droite, qui est un poison pour l’Etat de droit autant que pour la démocratie, représente un véritable danger pour les victimes de la pauvreté, pour l’environnement, pour la culture, pour la cohésion sociale, pour la santé autant physique qu’intellectuelle, pour l’égalité, les libertés, l’éducation…

Portée par les milliardaires Bolloré, Stérin et consorts, autant que par une population excédée par les injustices et alimentée des contre-vérités des chaînes d’information continues, l’implantation des extrêmes-droites dans nos villes et nos campagnes, impensable encore il y a quelques années, s’est faite au nez et à la barbe des combattants contre le racisme, la xénophobie, la haine de l’autre et le repli sur soi.


La mondialisation et ses promesses intenables sont passées par là.

« L’idée qu’il était dangereux pour la démocratie s’est amenuisée entre 2015 et 2024 tout comme celle qu’il était extrémiste ou xénophobe alors que sa proximité aux préoccupations des électeurs était de plus en plus reconnue par divers groupes sociaux tout comme sa capacité à gouverner le pays. Cette intégration dans le champ de la politique légitime a précédé ses victoires électorales. Ces dernières sont alors venues confirmer une banalisation déjà accomplie qui le sortait de la périphérie où il était cantonné depuis la création du Front national par Jean-Marie Le Pen au début des années 1970. »

« Le vote RN n’est plus le vote FN et ne se réduit ni à un vote de pauvres, ni à un vote populiste, ni à un vote fasciste, ni à un vote de racistes systémiques. Son implantation dans la vie politique française s’est sensiblement accélérée après la fin de la crise de la Covid-19 lorsque les enjeux sociaux mis en avant par la crise des Gilets jaunes, comme la mobilité sociale et la volonté d’émancipation économique, qui n’ont pas trouvé de réponse dans le macronisme qui les avait pourtant bien diagnostiqués en 2016, ont ressurgi et mobilisé au-delà du monde ouvrier, touchant les cadres comme les retraités. » 



Le RN est devenu fréquentable dans les urnes pour 34% des Françaises et des Français (législatives de 2024), si l’on ne tient pas compte des sondages d’opinion qui n’ont pas de valeur absolue.


Et la LDH dans tout ça ?

« La LDH est une association politique : les principes qu’elle défend et les propositions qu’elle avance l’amènent à prendre position sur les causes et les remèdes à apporter aux dysfonctionnement qu’elle combat. »

« N’ayant aucune vocation à l’exercice du pouvoir, elle n’est pas un parti politique et elle est indépendante des partis. Pour autant, la LDH considère que les partis politiques sont un des éléments essentiels du fonctionnement de la démocratie et elle entretient avec eux les rapports nécessaires aux combats qu’elle mène.

La LDH n’intervient pas dans les élections, sauf si elle estime que ses principes fondamentaux y sont mis en jeu. »


C’est pourquoi nous ouvrons dans ces colonnes un espace d’expression ouvert. Notre objectif n’est pas de soutenir l’une ou l’autre liste où que ce soit. Nous voulons contribuer à éviter que les extrêmes-droites ne gagnent les mairies et tenons à leur barrer la route avec tous les moyens dont nous disposons. Ce blog en est un.

Vous trouverez à la page VOS TEMOIGNAGES ET COMMENTAIRES ceux qui nous sont parvenus et dont nous espérons qu’ils vont désormais affluer.

Envoyez-les nous à l’adresse: contact.ldh10@gmail.com. Nous les publierons.

Tous les messages ne présentant pas un intérêt avéré pour le sujet qui nous occupe, à savoir les élections municipales, sera rejeté. C’est pourquoi il seront bien évidemment soumis à modération avant leur publication.

RD

Une nouvelle victime de l’ICE



Des agents fédéraux ont encore abattu un homme à Minneapolis, ont rapporté plusieurs médias états-uniens, deux semaines après qu’un agent de la police de l’immigration (ICE) a tué une femme par balle dans cette même ville le 7 janvier. Loin du profil criminel que l’administration Trump s’est empressée de dépeindre, la victime, Alex J. Pretti, 37 ans, était infirmier dans une unité de soins intensifs.

La police tue (encore)



El Hacen Diarra, 35 ans, est mort après une interpellation policière, dans la nuit du 14 au 15 janvier. Son décès, peu relayé par les politiques et les médias, témoigne une nouvelle fois de l’indifférence française au sujet des violences policières racistes.





Morts liées à une intervention policière : le détail des chiffres


Pendant dix mois, le Bondy Blog a recensé les personnes mortes lors d’interventions policières ou à la suite de celles-ci en France métropolitaine et dans les territoires ultra-marins. Notre recensement débute le 27 juin 2023, après la mort de Nahel Merzouk. Décryptage.




Le combat judiciaire des familles a permis de révéler des violences policières.

Depuis la mort de Zyed et Bouna, au moins 566 personnes sont décédées à la suite d’interventions des forces de l’ordre (octobre 2025).



Vingt ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, le constat est implacable : les violences policières concernent toute la population. Et les jeunes hommes racisés restent les premiers ciblés. En avant-première, un extrait de notre émission spéciale à Bobigny qui sera diffusée mardi 28 octobre. Cette vidéo est un extrait de l’émission spéciale de Mediapart « 2005-2025 : les quartiers, oubliés ? », en partenariat avec Le Bondy Blog, présentée par Mathieu Magnaudeix.


Faisons reculer l’extrême droite



Face à un sentiment de désespoir politique, il est nécessaire de distinguer la montée de l’illibéralisme de l’installation d’un autoritarisme brutal, et donc de ne pas faciliter par passivité une arrivée au pouvoir dans une prophétie autoréalisatrice.



À l’initiative du CADTM international, plus de 230 personnalités issues d’une cinquantaine de pays de tous les continents ont souscrit à un appel international en faveur du renforcement de l’action antifasciste et anti-impérialiste. Cet appel alerte sur la progression mondiale de l’extrême-droite, des forces néofascistes et des agressions impérialistes.




2 aperçus de la capacité inquiétante de mobilisation des différentes composantes de l’extrême-droite





Plusieurs centaines de militants issus de groupuscules d’extrême droite ont défilé samedi 17 janvier dans les rues de Paris, flambeaux à la main, à l’occasion d’un rassemblement présenté comme un « hommage » à Sainte-Geneviève et Louis XVI.



La France a interdit de son territoire dix militants d’extrême-droite britanniques, accusés d’ « actions à caractère violent » contre les migrants sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais. Des médias britanniques décrivent un harcèlement qui s’intensifie contre les exilés ces derniers mois.



La réalité est encore bien pire


Au lendemain des élections législatives de 2024, Jordan Bardella estimait que « quatre ou cinq brebis galeuses », tout au plus, figuraient parmi ses candidats calamiteux, tout en assurant que le ménage avait été fait. Raté, tout est faux. Car ses brebis galeuses siègent désormais en masse à l’Assemblée nationale : ils ne sont pas moins de 83 député·es1 sur les 122 que compte le Rassemblement national (RN) à s’être fait épingler par la presse, et notamment par le média Les Jours.



Et, pour conclure, et bien qu’il n’y ait pas lieu de s’en réjouir, terminons avec une pointe d’humour. Le chanteur Francis Lalanne prévoit de se présenter aux élections municipales 2026 à Lyon, sur une liste d’extrême droite issue du mouvement Spartacus. Pourtant, il est actuellement inéligible et n’habite pas dans la commune.


CAF: l’algorithme qui cible les pauvres



La CAF est la première administration a avoir développé un algorithme de notation généralisé de la population. Véritable outil dystopique chargé d’analyser nos comportements en quasi-temps réel à la recherche de « comportements suspects », cet algorithme attribue un « score de suspicion » à chaque allocataire. Lorsque ce score se dégrade trop, un contrôle est alors déclenché.

A ceci s’ajoute le fait que cet algorithme vise délibérément les plus précaires. Être pauvre, bénéficier des minima sociaux, être au chômage ou vivre dans un quartier défavorisé : autant de paramètres dégradant la note d’un·e allocataire et augmentant d’autant la probabilité d’être contrôlé·e. Alertés dès 2022 sur cet algorithme par les collectifs Stop Contrôles et Changer de Cap, nous nous attachons depuis à le dénoncer tout en faisant la lumière sur son fonctionnement inique.




Une quinzaine d’associations ont annoncé, mercredi 16 octobre 2024, saisir le Conseil d’Etat pour lui demander de mettre fin au système mis en place par la CNAF pour orienter ses contrôles.

Ce recours demande que la Caisse nationale des allocations familiales abandonne son système interne de notation des allocataires, jugé « discriminatoire ».




Ce sont désormais 25 organisations et syndicats dont la CGT, Solidaires, le Mouvement des mères isolées, Amnesty International France, la Ligue des droits de l’homme, le collectif Changer de cap ou le Syndicat des avocats de France qui attaquent en justice la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), à l’initiative de la Quadrature du Net, pour demander à la branche familiale du système français de protection sociale de cesser le traitement algorithmique des données des allocataires des CAF en vue de cibler ses contrôles.




Depuis janvier, la caisse d’allocations familiales dispose d’un nouvel algorithme de contrôle des allocataires, le DMDE 2026. Son code est open source et la Cnaf revendique transparence et éthique dans sa conception.



La CAF se justifie en insistant sur l’éthique de sa démarche et publie une charte garantissant l’égalité, la non-discrimination et la transparence en proposant « Des solutions garantes de l’égalité et de la non-discrimination ».

« Le comité d’éthique des usages des données, des algorithmes et de l’intelligence artificielle a été installé en mars 2025. “Il appuie la Cnaf pour identifier les risques éthiques, formuler des points de vigilance et proposer des moyens de les atténuer”, précise-t-elle.

Outre l’ouverture du code source, la Cnaf indique avoir appliqué des “choix concrets” pour réduire les risques, en particulier de biais. Cela commence par l’utilisation de données “fiables” et d’un échantillon de contrôles aléatoires.

L’administration précise aussi avoir écarté certaines variables pour limiter les risques de discrimination directe. C’est le cas, par exemple, de la nationalité, du genre, de l’adresse, et du lieu de résidence. En outre, “la démarche exclut également des données de « comportement » (connexions à l’espace « Mon compte », contacts, échanges de pièces…) ainsi que les informations relatives à des contrôles ou contentieux. »




Bien lui en prit car cela a entraîné le ralliement de 10 nouvelles organisations au recours porté à l’origine par les 15 premières devant le Conseil d’Etat.

« Le recours a été porté devant le Conseil d’Etat au nom du droit de la protection des données personnelles et du principe de non-discrimination. Cet algorithme attribue à chaque allocataire un score de suspicion dont la valeur est utilisée pour sélectionner celles et ceux faisant l’objet d’un contrôle. Chaque mois, l’algorithme analyse les données personnelles de plus de 32 millions de personnes et calcule plus de 13 millions de scores. Parmi les facteurs venant augmenter un score de suspicion on trouve notamment le fait d’avoir de faibles revenus, d’être au chômage, de bénéficier du revenu de solidarité active (RSA) ou de l’allocation adulte handicapé (AAH). »

« Alimenté par les données personnelles de millions de personnes, il cible délibérément les personnes les plus défavorisées. La grave discrimination inhérente à l’algorithme a été confirmée par la Défenseure des droits dans des observations transmises à la justice en octobre dernier. »

« Notre nouvelle coalition élargie rassemble diverses organisations européennes et françaises issues de domaines variés. Cela montre que le Conseil d’État devrait renvoyer l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne afin que celle-ci puisse rendre une décision applicable à l’ensemble de l’Europe », déclare Bastien Le Querrec, juriste à La Quadrature du Net.



RD

Gaza : écrire pour résister



Alors que la situation des Gazaouis ayant survécu au massacre est indescriptible, que Trump annonce la 2ème phase de son plan de paix, que les camps en zones côtières ont été emportés par les pluies laissant leurs occupants dans le pire des dénuements, que ceux, restés dans les 68 millions de tonnes de décombres résultant de la destruction de plus de 80% des immeubles, sont pris au piège des bâtiments endommagés, il ne leur reste plus pour résister que les larmes, quand ils en ont encore mais aussi l’écriture.


Yusuf El-Mbayed, journaliste et écrivain indépendant travaillant pour des organisations caritatives à Gaza expliquait en mai 2025 qu’« Écrire est devenu une forme de résistance, un lien vital avec le monde extérieur, et un cri puissant contre l’oppression. »

« Face à l’imminence de la mort et de la destruction, ma plume continue de se battre. Mes récits sont mes armes, et à travers eux, je suis déterminé à m’assurer que la vérité de Gaza sera entendue dans le monde entier, maintenant et par les générations à venir. »



La Revue Esprit Critique (Carnet de la revue internationale de sociologie et sciences sociales), met en lumière les écrits de Ghassan Kanafani, Mourid Barghouti et Mohammed El-Kurd  dans sa publication de novembre 2025.

Cette littérature de résistance palestinienne témoigne d’une vitalité exceptionnelle, attestant que l’écriture n’est pas seulement un acte esthétique : elle est un acte de survie, de lutte et d’espoir, un territoire symbolique où Gaza continue d’exister, de parler et de résister. Cette intensité narrative a propulsé la littérature palestinienne sur la scène mondiale.




Le Palestien Nasser Abu Srour, a tiré de ses 32 années de détention dans les geôles israéliennes un récit fragmenté et plein d’humanité, Je suis ma liberté, qui a obtenu en France le Prix de la littérature arabe 2025. Cette écriture a permis à cet homme de ne pas être brisé par Israël.



La Bibliothèque nationale de France présente actuellement une Sélection : Quand le Moyen-Orient se dessine : l’écriture de soi au-delà du spectacle médiatique.

Cette sélection de BD autobiographiques où se dit l’intime et dont l’écriture de soi, malgré ou avec la violence,  permet l’avènement de l’humain, nous invite à un autre regard sur ces territoires déchirés.



Dans celles-ci on remarquera notamment la BD Je ne partirai pas : mon histoire est celle de la Palestine de Mohammad Sabaaneh, dessinateur de presse palestinien, qui raconte l’histoire d’un détenu dans une prison israélienne et trouvant, grâce à un oiseau venu se poser sur le bord de sa fenêtre, matière à affirmer la résistance des Palestiniens, leur espérance et leur refus de partir.



RD

« Ils tuent tout le monde, ils sont sans pitié ».



Des mots déchirants répétés inlassablement par Meraj Tehrani dune voix emplie de larmes. Cet artiste iranien, rappeur entre autres, a publié sur ses réseaux sociaux, ce mercredi 14 janvier, une vidéo pour raconter l’horreur de ce qu’il a vu.


Internet est coupé depuis une semaine en Iran.  

«Il y a exactement une semaine, l’Iran a sombré dans l’obscurité numérique quand ses autorités ont bloqué internet dans tout le pays», a écrit l’ONG Netblocks sur ses réseaux sociaux. Selon les groupes de défense de droits humains, la coupure d’internet vise à cacher l’ampleur réelle de la répression. Malgré ce blocus total, quelques informations filtrent grâce au peu de contacts que réussissent à maintenir les Iraniennes et Iraniens exilé(e)s et surtout aux témoignages de celles et ceux qui ont réussi à fuir par la Turquie, notamment. C’est pourquoi nous nous efforçons de partager tous ces témoignages qui nous parviennent pour que la vérité sorte de l’ombre dans laquelle les mollahs plongent l’Iran depuis 47 ans. Cette vérité est crue mais elle doit être sue. C’est la seule chose que nous puissions faire aujourd’hui.



« Ils tiraient directement dans les yeux des gens » : le récit glaçant d’Iraniens qui fuient les violences du régime des mollahs après les manifestations.

Face à la violente répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979, ils sont nombreux à passer par le poste frontière avec la Turquie.



« J’ai vu les forces de sécurité tirer », raconte un manifestant.

Un manifestant iranien, aujourd’hui réfugié en Europe, livre à France 24 un témoignage exclusif sur la répression à Téhéran et la mort de plusieurs protestataires. Ce ressortissant iranien, qui préfère garder l’anonymat, est arrivé en Europe après avoir participé à des manifestations. Il affirme avoir vu des manifestants se faire tuer par les « forces de sécurité ». Après 24 heures d’attente à l’aéroport de Téhéran, il a pu quitter le pays. Voici l’intégralité de ce témoignage exclusif.



Un rescapé de Téhéran, témoin direct des exactions, brise le silence.

Les voix qui nous parviennent d’Iran aujourd’hui sont très rares. Les autorités privent depuis plusieurs jours la population d’accès à Internet. Les ONG dénoncent un « massacre à huis clos » et dénombrent déjà plusieurs milliers de morts parmi les manifestants, tués par les forces armées. C’est donc un témoignage précieux que nous vous proposons, celui d’un Iranien qui a réussi à fuir le pays avant-hier soir, témoin direct de la répression sanglante du régime.



« Il est au pied de la potence » : en Iran, le manifestant Erfan Soltani échappe (pour l’instant) à l’exécution.

L’Iranien Erfan Soltani, arrêté lors d’une manifestation contre le régime, devait être exécuté mercredi. La mise à mort de cet homme de 26 ans, devenu un symbole de résistance, a finalement été repoussée, mais son sort reste encore incertain.



« Quel est le lieu de naissance de vos parents ? » : ne répondez pas à cette question.



Dès jeudi, 9 millions de Français seront invités à répondre à la campagne annuelle du recensement. Trois nouvelles questions leur seront posées, dont une sur l’origine géographique des parents. Craignant une utilisation politique, des associations et des syndicats appellent à ne pas y répondre.



Le journal de 13 h de France Inter de ce jour était largement consacré au recensement de la population qui va démarrer jeudi prochain dans 8000 communes pour 9 millions de personnes résidant en France. Le formulaire auquel devront répondre les sondé(e)s est obligatoirement nominatif, mais « les données seront supprimées après traitement » comme l’expliquait Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE.

Ce sont les agents des communes et de La Poste, agissant en tant que prestataire, qui seront chargés de distribuer les formulaires et de collecter les réponses, qui devraient majoritairement être faites par internet.

Comme l’explique Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE, un peu mal à l’aise lorsque la question lui est posée, certains usagers ont souhaité que soit demandé dans ce questionnaire le pays de naissance des parents. Il s’agit de l’Ined, mais aussi de la Défenseure des droits, Claire Hédon, qui estimeraient que cette question est nécessaire afin « de mettre en évidence des types de ségrégation ou d’inégalités de situation » liées à l’origine des parents. L’objectif de cet ajout serait donc de « lutter contre les discriminations ».



Pour Jan Robert Suesser, membre du bureau national de la LDH, « La question de l’origine géographique des parents est inutile dans le recensement, car elle n’est pas justifiée par le déploiement d’une politique publique. »

Dès octobre 2023, des agents de l’Insee tenaient à faire connaître leur opposition à cette question qui constitue pour eux un premier pas vers l’officialisation de la catégorie « français de parents nés à l’étranger ».


La LDH (Ligue des droits de l’Homme), la Confédération générale du travail (CGT), l’Union syndicale Solidaires, la Fédération syndicale unitaire (FSU), le Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (Mrap) rappellent que la réponse à cette question, ajoutée en 2025, est facultative et appellent donc à ne pas y répondre.



Que 80% des électrices et électeurs de l’extrême-droite aient approuvé la question, dans un sondage d’opinion fait pendant le recensement de 2025, ne nous surprend guère. Nous sommes par contre très étonnés et plutôt inquiets que la Défenseure des droits semble avoir cédé si facilement aux sirènes de l’extrême-droite.

Histoire des recensements, Jacques et Michel Dupâquier,
Revue française d’administration publique, 1985, p. 569
 

RD

Manifestations en Iran : les ONG dénoncent un massacre



En Iran, la répression continue face à la mobilisation qui prend de l’ampleur. Plusieurs organisations humanitaires dénoncent un massacre contre le peuple iranien et font état de centaines de morts. Le régime se dit prêt à négocier après les menaces de Donald Trump.



Iran : l’avocate Chirinne Ardakani dénonce des « scènes de massacre » et appelle la communauté internationale à qualifier « les crimes contre l’humanité qui sont en cours ».



Manifestations en Iran : les images d’une morgue débordée par l’afflux de cadavres.

Des vidéos, vérifiées par « Le Monde », montrent des dizaines de corps acheminés dans le centre médico-légal de Kahrizak. Plusieurs témoignages, recueillis par « Le Monde » corroborent ces images.



Diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran.

Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères.



L’inévitable transition en Iran.

Malgré la répression, les manifestations s’étendent en Iran. Mais les scénarios de sortie de crise restent incertains et multiples : une intervention militaire étasunienne, le retour du chah souhaité par Israël, l’effondrement interne qui déboucherait sur un chaos ou l’émergence d’un homme fort à l’intérieur du régime.


La loi « Yadan » : lutte contre l’antisémitisme ou outil de répression ?



Cette proposition de loi a été déposée par Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France, le 19 novembre 2024, soutenue par une centaine de parlementaires, en majorité membres du groupe Ensemble pour la République, aussi que quelques socialistes tels Emmanuel Grégoire, Jérôme Guedj ou encore l’ancien président François Hollande.

Caroline Yadan défend sa proposition avec l’objectif de lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme » et notamment « trois axes essentiels » qui seraient « l’apologie du terrorisme, la négation de l’État d’Israël et la comparaison avec la Shoah ».

Cette dernière formulation en particulier suscite de sérieuses interrogations car susceptible de vouloir interdire toute mention de génocide à Gaza.

N’ayant pas à l’origine été portée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, elle n’avait jusqu’alors pas vraiment attiré l’attention des médias.

L’examen de celle-ci en commission ayant enfin été fixé au 14 janvier prochain, puis en séance plénière le 19, les réactions inquiètes se multiplient aujourd’hui pour les menaces qu’elle ferait peser sur le droit de soutenir la Palestine et la liberté d’expression ainsi que pour le risque de répression contre les militants.


L’avis du Conseil d’Etat a été rendu public par l’Assemblée Nationale en mai 2025.



Pour le très controversé mouvement « Free Palestine », cette proposition de loi ne protège pas contre le racisme. Elle organise une criminalisation politique et vise directement la solidarité avec le peuple palestinien. Avec la loi « Yadan », la plupart des slogans cités ci-dessous pourront représenter une infraction pénale passible de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende :

“From the river to the sea, Palestine will be free”

“Soutien à la résistance palestinienne”

“La résistance est un droit inaliénable”

“Pour la libération totale de la Palestine”

“Désarmons Israël”

et même

« Free Palestine »



La Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient, désormais CAPJPO-EuroPalestine y voit le moyen de réprimer « tous ceux qui osent la comparaison entre le régime génocidaire israélien et le régime nazi d’Adolf Hitler ».



L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) s’inquiète également d’une nouvelle étape dans la répression du mouvement de solidarité envers la Palestine.



Elle considère cette proposition de loi comme une réponse inadaptée à la montée de l’antisémitisme et dangereuse pour la liberté d’expression.



L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) appelle également au retrait de cette proposition de loi.



Cette analyse critique est reprise par le réseau Chrétiens de la Méditerranée.



Ces associations s’appuient sur l’analyse de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine*, à l’initiative de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) enrichie par de nombreux échanges avec la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et l’Union des Juifs Français pour la Paix (UJFP).



L’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC) déclare : « Alors que la lutte contre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme est un sujet grave et sérieux qui devrait mobiliser dans l’unité l’ensemble de la population de notre pays, la PPL Yadan l’instrumentalise et la détourne pour en faire une arme contre notre liberté d’expression. Nous en demandons le retrait immédiat. »

Elle appelle à une manifestation le 11 janvier à Paris et à un rassemblement le mardi 20 janvier à proximité de l’Assemblée nationale.



Pour François Dubuisson, chercheur au Centre de droit international et directeur du Master spécialisé en droit international à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), il s’agit d’un texte inutile et contraire à la liberté d’expression.



* La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine regroupe 38 associations, dont 22 sont membres signataires et 16 sont membres observateurs. Ces organisations visent, entre autres, à participer au développement des Territoires palestiniens et à sensibiliser l’opinion publique française aux droits légitimes du peuple palestinien.



RD

Merci à Agnès H. pour ses recherches et sa vigilance.

Pétrole et pouvoir : « Trump et Rubio veulent s’immiscer dans toute l’Amérique latine 



Dans les colonnes du média brésilien Agência Pública, l’économiste Mark Weisbrot analyse le rôle du pétrole dans l’attaque de Donald Trump au Venezuela et les risques qui pèsent sur le reste de l’Amérique latine. Nous en publions la traduction.



Opération américaine au Vénézuéla : que dit le droit international ?

Le 3 janvier 2026, les forces américaines ont capturé le chef de l’État du Venezuela, Nicolás Maduro, avant de l’exfiltrer vers les États-Unis. La légalité de cette opération au regard des principes du droit international fait depuis l’objet de vives interrogations. Qu’en est-il ?



Le Venezuela étend la leçon de Gaza à l’hémisphère occidental.

Le monde entier peut désormais constater la vacuité de l’universalisme occidental, du libéralisme et de la mondialisation. L’enlèvement par les États-Unis ce week-end du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse ne représente pas qu’une simple escalade dans un conflit déjà ancien.




Troyes: la LDH appelle à se joindre au rassemblement de demain samedi 10 janvier devant la préfecture de l’Aube à 10h30.



Fichage et statistiques ethniques



L’article premier de la Constitution française du 04/10/1958 précise que la République française assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

A ce titre les statistiques ethniques sont interdites en France comme le précise l’art.8 de la Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.



Il y a un an, Bruno Retaillau, alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur, se déclarait favorable aux statistiques ethniques à condition qu’elles ne soient pas utilisées pour « la discrimination positive ».



Ces derniers jours, une plateforme dénommée MaFrance.app était dénoncée pour s’appuyer sur des indicateurs comme la présence de mosquées ou le pourcentage de population maghrébine par la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui annonçait en outre saisir la justice et solliciter le ministère de l’Intérieur. “Je vous demande de fermer ce site qui met des cibles dans le dos de nos concitoyens, particulièrement ceux de confession musulmane”, a-t-elle écrit à l’adresse de Laurent Nunez. Celui-ci a dit «prendre la chose au sérieux».



Il y a quelques jours, Sabrina Sebaihi avait dénoncé un dérapage de la régie des transports parisiens RATP dont des cadres font la chasse aux bouteilles d’eau de leurs agents et sous-traitants, afin qu’elles ne soient pas utilisées pour la prière et les ablutions par les musulmans.

Ce dérapage est une conséquence d’une note interne de la RATP demandant le repérage de signes religieux et de faire remonter les observations.



Cette note destinée aux encadrants de la RATP, signée par Jean Castex en juillet 2025, incitait à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. Au prix de graves atteintes aux libertés individuelles.



En novembre dernier, le président de l’association VRO45, dissoute en 2021, était jugé pour diffamation et incitation à la haine raciale. La structure avait entrepris de ficher de supposés soutiens des Frères musulmans à Orléans. Et avait ciblé un élu et un contractuel de la mairie, qui ont porté plainte

Bien que la mairie ait apporté son soutien aux deux plaignants et l’association s’étant auto-dissoute, puique n’ayant plus de raison d’exister après que les élections municipales aient eu lieu, le procureur n’a pas souhaité faire de réquisitions concernant la qualification d’incitation à la haine raciale.



Fin novembre, le Le Conseil français du culte musulman (CFCM) dénoncait une « enquête » sur les français de confession musulmane, demandée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Les informations collectés auraient été transmises sous forme de rapport aux services de renseignement israéliens.

Le CFCM conclut ainsi: « La racialisation de la société française, les amalgames et les généralités n’ont aucune place au sein de la République. »

Nous ne pouvons que partager cette affirmation.



A propos de fichage





Trump menace le monde



En kidnappant le président vénézuélien, Donald Trump ne défend ni la démocratie ni le droit, mais impose la loi brutale des intérêts américains. Sa puissance s’affiche sans masque et menace le monde entier.



Économie : comprendre l’intervention américaine au Venezuela.

Par Gabriel Zucman



La légalité de la capture de Nicolas Maduro débattue par le Conseil de sécurité de l’ONU.

À la demande du Venezuela, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni lundi pour débattre de la légalité de la capture du président déchu Nicolas Maduro par les États-Unis. Le secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, a appelé au respect de l' »indépendance politique » des États.



Donald Trump réaffirme son souhait d’un Groenland américain.

Le locataire de la Maison Blanche a répété dimanche 4 janvier sa volonté d’annexer ce territoire riche en minéraux, après que la Première ministre danoise a exhorté les Etats-Unis de «cesser leurs menaces».



« Le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper » : Trump menace à nouveau le Groenland d’annexion.

Dans la foulée de l’intervention au Venezuela, le président américain continue de revendiquer le Groenland, alors que la Première ministre danoise, excédée par les menaces, réitère que l’île arctique n’est « pas à vendre ».



« Avec son entrée dans le nucléaire, Trump se livre à un conflit d’intérêts monumental ».

La holding Trump Media et la société spécialisée dans la fusion nucléaire TAE Technologies viennent d’annoncer leur mariage. Une situation qui risque de fragiliser la sécurité nucléaire, explique dans sa chronique Pascal Riché.



On a aussi un problème avec l’Europe.

L’atonie des dirigeants européens conforte la puissance de Trump. Ils faillissent et nous trahissent.


Trump/Maduro : Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage 




« Quant au monde selon Trump, il porte à son paroxysme la montée d’une insensibilité corrélée à la fois à l’hystérie émotionnelle, à la confusion mentale et à la déroute du jugement. Il est l’exemple abouti de la défaite de la raison publique conjuguée au chaos des sentiments. »
Myriam Revault d’Allonnes in « Une éclipse de cœur menace les démocraties. » Le Nouvel Obs 3 janvier 2026



Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, Washington a mené une opération militaire d’ampleur au Venezuela, résultant sur l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse. Dominique Simonnet, journaliste et essayiste français, auteur de nombreux travaux sur la politique américaine, décrypte les objectifs et les risques de ce coup de force majeur de Donald Trump.



Capture de Maduro au Venezuela : la communauté internationale entre larges inquiétudes et lourdes condamnations, Macron et des Européens détonnent.

Surtout appels à la «retenue» et au «respect» du droit et des conventions internationales : l’intervention militaire américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro ont suscité de vives réactions à travers le monde.



Nicolas Maduro écroué, intérim par la vice-présidente… Le point sur le flou politique après l’attaque américaine au Venezuela.

Après l’opération militaire américaine menée au Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi, le président Nicolas Maduro et son épouse ont été incarcérés à New York. L’intérim du pays a été confié à la vice-présidente vénézuélienne, avant un processus de transition que les Etats-Unis ont l’intention de gérer.



France :  un président en décalage


Venezuela : Emmanuel Macron « prend acte » de la fin de la « dictature » et ulcère la gauche.

La position du président français, qui n’a pas condamné l’opération américaine, a été qualifiée de « honte » par la gauche qui accuse le président français de piétiner le droit international et de complaisance envers les États-Unis.



Après l’opération de Trump au Venezuela, la France réagit pour la première fois avec embarras.

C’est en pesant soigneusement ses mots que Jean-Noël Barrot a été le premier membre de l’exécutif à réagir à l’opération menée au Venezuela. Emmanuel Macron demeure silencieux.



RD


Pascal nous envoie ses voeux. Nous y sommes très sensibles et nous l’en remercions.

Les voeux d’Agnès



En réponse à nos voeux d’hier et à la citation du texte de Martin Niemöller, Agnès nous présente les siens, assaisonnés de sa spontanéité acérée, authentique et sans oeillères avec, en échange, une autre citation commentée et ornementée de considérations auxquelles rien ne résiste.



« La victoire des régimes autoritaires ne se mesure pas seulement en conquêtes territoriales ou en influence diplomatique. Elle se lit dans la capacité à faire plier les démocraties, à les amener à renoncer graduellement à leurs propres principes, par pragmatisme politique ou par peur électorale.  » Blast

Et là, nous sommes tous concernés… pas forcément tout de suite, mais ça nous pend au nez comme une boule scintillante à la branche du sapin. Ou comme la roupie au bec du sansonnet. Ou comme… liste à compléter, j’ai plein d’images, pas forcément sortables, hi han ! Parce que le régime autoritaire, chez nous aussi… graduellement… suis mon regard chargé d’épices et aromates à l’attention de nos gouvernants. 

Une autre mignonne, dénichée sur un forum, il s’agissait de débattre de la montée de ladite « islamophobie », laquelle, curieusement, semble avoir « pris la place » de l’antisémitisme historique, essentiellement à l’ED mais pas seulement : Sleeping Giants – « Les mouches ont changé d’âne ». Souvent varient… bien fol est qui s’y fie… ah les vagabondes fantaisistes !

A quoi j’ajoute ceci, le tout de mon cru : c’est certes rassurant de voir les mouches sur la croupe du voisin, haro sur ce baudet, et tout le monde se joint volontiers au festin. Ciel, mon crottin ! Mais elles volent, comme les oiseaux, de branche en branche, ces goulues… et y a pas de raison qu’elles ne décident demain de venir faire du tourisme sur nos postérieurs proprets. Ce qui boucle avec ta citation. CQFD. 

Veuilleurs meuh, ne piquons pas du nez ! Et attention aux batailles de bouse, qui salissent les mains et les tabliers !

Amitiés

Agnès

Bonne année !




Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes

Je n’ai rien dit

Je n’étais pas communiste.


Lorsqu’ils sont venus chercher les sociaux-démocrates

Je n’ai rien dit

Je n’étais pas social-démocrate.


 Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes

Je n’ai rien dit

Je n’étais pas syndicaliste.


Lorsqu’ils sont venus chercher les catholiques

Je n’ai rien dit

 Je n’étais pas catholique.


Lorsqu’ils sont venus chercher les Juifs

Je n’ai rien dit

Je n’étais pas Juif.


Puis ils sont venus me chercher

Et il ne restait plus personne pour protester

Martin Niemöller

2025 : l’une des pires années pour le droit des étrangers en France



Textes juridiques des douze derniers mois (du plus récent au plus ancien):

CNews à nouveau mise en demeure pour discrimination : l’ARCOM enlève-t-elle enfin ses œillères ?



CNews : l’Arcom met en demeure la chaîne pour deux séquences traitant de l’immigration ou de l’islam pouvant inciter à la « discrimination ».

Dans l’échelle des interventions du régulateur de l’audiovisuel, la mise en demeure suit la mise en garde et peut déboucher sur une sanction financière en cas de nouveau non-respect des obligations.




Car, c’est consternant, mais CNews est passée devant BFMTV et est devenue la première chaîne d’info de France en 2025.

La chaîne du groupe Bolloré est passée devant sa principale concurrente, d’après les audiences annuelles dévoilées par Médiamétrie.



Dans son rapport sur la pluralité en mars 2025, Reporters Sans Frontières (RSF) a clairement démontré que CNews a battu des records de partialité à l’occasion de la condamnation de Marine Le Pen.

L’ARCOM s’est contentée d’émettre « en juillet un simple appel à la vigilance de l’éditeur pour le traitement de cette actualité. Une mesure bien dérisoire au regard de l’ampleur des manquements. »



L’ARCOM a déclaré: « Il n’y a pas de contournements des règles du pluralisme politique sur le mois de mars 2025 sur CNews, et s’il y en avait eu, nous les aurions identifiés et nous serions intervenus. Nous n’avons pas de doute », à quelques heures de la diffusion d’une enquête de l’émission Complément d’enquête (France 2) justement consacrée à  CNews, obligeant l’équipe de l’émission à couper une minute de son émission sous peine de déprogrammation totale.

En novembre dernier, l’émission Arrêt sur Images proposait que « Si le prétendu « gendarme de l’audiovisuel » refuse de le reconnaître clairement, s’il souhaite garder une once de crédibilité dans son rôle d’arbitre, il lui faut d’urgence changer de lunettes. S’il en a la volonté, et encore l’autonomie. »



Médiapart dénonçait récemment « les grosses ficelles de CNews que l’Arcom n’a pas vues » en révélant « la parade trouvée par la chaîne de Bolloré pour échapper aux sanctions de l’autorité de contrôle, tout en reléguant la gauche et le centre en pleine nuit. Et en réservant les fortes audiences à l’extrême droite : 96  % du temps de parole du RN est diffusé en journée. »



Alors que la fréquence de C8, comme celle de CNews, arrivant à échéance en février 2025 n’a, à juste titre, pas été renouvelée, « Juridiquement, toutes les conditions étaient réunies pour rejeter le projet de CNews. La chaîne a fait l’objet d’un nombre équivalent, en 2024, de rappels à l’ordre, mises en demeure et sanctions », observe Camille Broyelle, professeure de droit à l’Université Paris-Panthéon-Assas et directrice du Master droit du numérique, dans un article paru dans le Club des juristes.« 



Alors, si l’on retient pour critère « l’intérêt du public », à quand la fermeture ?


RD


L’affaire Rokhaya Diallo vs Riss : défense de la laïcité ? combat contre le racisme ?



Charlie Hebdo caricature Rokhaya Diallo en Joséphine Baker avec sa ceinture de bananes, l’essayiste dénonce un dessin « raciste ».

« Ce dessin hideux vise à me rappeler ma place dans la hiérarchie raciale et sexiste » et s’inscrit « dans le droit fil de l’imagerie coloniale », a-t-elle dénoncé sur les réseaux sociaux, en vilipendant une caricature « raciste ».

L’hebdomadaire satirique se défend et a fait valoir que ce dessin, signé de son directeur Riss, illustrait un article d’un hors-série « sur les fossoyeurs de la laïcité », intitulé « Rokhaya Diallo, la petite fiancée de l’Amérique ».



La machine est lancée. Les réseaux sociaux résonnent de toutes parts.

« Chacun pourra ainsi lire que nous y dénonçons les positions de l’essayiste contre la loi de 1905, qu’elle a toujours condamnée en lui préférant la culture communautariste américaine. C’est elle qui assigne chacun à son origine ethnique et religieuse, contre l’universalisme républicain. » Charlie Hebdo

« Au lieu de présenter des excuses, Charlie Hebdo noie le poisson et m’incrimine en prétendant que j’ai «toujours condamné » la loi de 1905. Mensonge évidemment. Voici quelques extraits du livre « comment parler de la laïcité aux enfants » que j’ai publié en 2015 avec Jean Baubérot. » Rokhaya Diallo



Sur Instagram, Charlie répond dans la foulée être « un journal anti-raciste, féministe et universaliste – ce que nous reproche Rokhaya Diallo – qui combat l’essentialisation et l’assignation identitaire des personnes en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion. »

Mediapart défend naturellement son éditorialiste : « Que la justice se saisisse de l’outrage raciste de Rokhaya Diallo par Charlie Hebdo ».

« L’histoire nous a tellement habitués à des images outrageantes instrumentalisant des femmes noires pour servir de prétendues guerres idéologiques, qu’on pourrait se dire que finalement rien de nouveau dans l’ignoble caricature que Charlie Hebdo dessinant Rokhaya Diallo sous les traits de Joséphine Baker.« 



Pascal Blanchard, pourtant pas en manque d’exposition médiatique, y va de son chapitre sans omettre de faire valoir ses travaux précédents et plus récents…« Un dessin dans Charlie Hebdo qui réduit une femme noire (Rokhaya Diallo) à une série de stéréotypes et au temps des colonies. Violent… terrible… stéréotypé… Sous prétexte de référence à la « grande Joséphine Baker » c’est clairement une manière de la fixer dans les préjugés visuels et colonialistes : danse « sauvage », un rappel à la Revue nègre, accessoires, régime de bananes … réduire une femme à sa corporalité, réduire un individu dans sa pensée en l’associant à la sauvagerie, réduire un personnage noir à un régime de banane donc à une forme d’animalité simiesque… c’est cela les stéréotypes… des images qui vont perpétuer le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes d’exclusion de « l’autre » à travers le temps… »



Les claviers se déchaînent et la question du colonialisme prend toute sa place dans le débat: « Ce que révèle cette affaire, c’est moins un affrontement entre liberté d’expression et antiracisme qu’une incapacité persistante à penser ensemble les deux. La satire ne s’appauvrit pas lorsqu’elle est interrogée ; elle s’appauvrit lorsqu’elle refuse toute réflexivité. »



Le Média y va de sa sentence irrévocable:  

« CHARLIE HEBDO FAIT ENCORE SCANDALE APRÈS UNE CARICATURE RACISTE CONTRE ROKHAYA DIALLO »


Facebook n’est pas en reste.



Médiapart se déchaîne et monte au front contre les « relents colonialistes » de Charlie Hebdo.

« Face à la caricature de sa collaboratrice parue dans Charlie Hebdo, la rédaction dénonce une attaque « haineuse ». Rejetant la défense de l’hebdomadaire satirique, le site d’Edwy Plenel rappelle que le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. »

Rokhaya Diallo caricaturée : ce que Charlie Hebdo recycle.

« Ce dessin est le frottement de trop. Il réveille les blessures de l’enfance, de la télé des années 80 au zoo humain de Nantes. L’humour ne peut être une « lessive symbolique » effaçant l’archive coloniale. Je dénonce ici une « paresse graphique » qui réduit la pensée au corps. Pour Rokhaya et pour nous toutes : la mémoire des images ne s’efface pas d’un trait de crayon. »


« Quand Charlie-Hebdo se dévoile en caricaturant Rokhaya Diallo « L’universalisme républicain », voilà le maître mot de l’article accompagnant la caricature et attaquant Rokhaya Diallo. Mais ce dessin constitue précisément l’exemple type de ce racisme se cachant sous le masque de « l’universalisme » et d’une « laïcité » totalement dévoyée. »



Des politiques s’empressent d’apporter leur soutien à l’essayiste, semblant avoir oublié que Rokhaya Diallo et Charlie Hebdo, en la personne de Riss ont ouvert les hostilités il y a déjà fort longtemps.

Dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 novembre 2011, un incendie criminel, provoqué par le jet de cocktails Molotov, ravage les locaux de Charlie Hebdo qui doit publier le mercredi un numéro surtitré « Charia hebdo » avec une caricature de « Mahomet, rédacteur en chef ».



Le 5 novembre, les Indigènes de la République, parmi lesquels Rokhaya Diallo, publient une pétition:

« La liberté d’expression n’est pas à défendre, elle est à conquérir. Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo ! » affirmant  » qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman. »



Les 7,8 et 9 janvier 2015, une série d’attentats a lieu à Paris et en périphérie:

Le 7 janvier, 12 morts à Charlie Hebdo, 11 blessés dont 4 grièvement.

Le 8 janvier, une policière abattue à Montrouge.

Le 9 janvier, quatre morts dans l’Hypercacher de la porte de Vincennes.

Les 10 et 11 janvier, quatre millions de personnes dans la rue en France.


Le 8 janvier, sur la radio RTL, Yvan Roufiol, « plus stupide que jamais  » selon Politis, demande à Rokhaya Diallo de se désolidariser de l’attentat, en tant que musulmane. Celle-ci fond en larmes.



Le vendredi 13 Novembre 2015, une nouvelle série d’attentats à Paris et dans sa périphérie terrifient la France .
Aux abords du Stade de France à Saint-Denis, sur des terrasses de café et de restaurants des 10e et 11e arrondissements, dans la salle de spectacle du Bataclan… ces attaques terroristes provoquent la mort de 130 personnes et font 413 blessés.


Le 21 octobre 2020, sur le plateau de 28 minutes sur Arte, Pascal Bruckner accuse Rokhaya Diallo « d’avoir entraîné la mort des douze de Charlie, d’avoir armé le bras des tueurs ». Personne ne viendra sur le plateau à l’aide de Rokhaya Diallo qui devra se débrouiller seule.

Pascal Boniface, venant à la défense des militants antiracistes sur qui on fait peser des accusations de connivence avec l’islamisme, considère qu’ «  Il ne faudrait surtout pas que ce terrorisme physique suscite une autre forme de terrorisme, le terrorisme intellectuel.« 



Le 30 novembre 2021, avec l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, Rokhaya Diallo dénonce « les ambiguïtés d’une panthéonisation » : « Admirative de la résistante héroïque, la femme noire que je suis a toujours été embarrassée par l’image de son corps présenté comme exotique. Et ces bananes qui ornaient ses hanches me rappellent celles jetées à la figure des footballeurs ou à celle de Christiane Taubira – tous assignés, à travers ce fruit, à une humanité inexorablement primitive.  »

 « À mes yeux, la reconnaissance élogieuse de son patriotisme va de pair avec les soupçons qui pèsent aujourd’hui sur tout.e Français.e non blanc.he osant se montrer un tant soit peu critique vis-à-vis de notre sacro-sainte République. » ajoute-t-elle.


On en arrive à se demander qui, de Rokhaya Diallo ou de Riss, prend le plus de plaisir à tendre le bâton pour se faire battre.

La LDH prend naturellement position dans cette guerre pourtant pichrocoline et considère qu’il s’agit ici d’une caricature qui n’illustre que des préjugés coloniaux.


La LDH ne peut pas ne pas prendre position quand le sujet qui défraie l’actualité concerne à la fois la laïcité, le racisme et la liberté de création.

Toutefois, une caricature doit-elle répondre à un impératif de signification ?  Une caricature illustre-t-elle quelque chose ?

La caricature n’est prévue par aucun texte général relatif à la protection des droits fondamentaux, bien qu’énoncée dans certaines dispositions législatives (par. ex., CPI, art. L. 122-5 et L. 211-3). Toutefois, lorsque les humoristes s’expriment, le droit veille à les protéger des actions intempestives, des dérives contentieuses qui menacent la démocratie. Tant à l’échelle nationale qu’européenne, la caricature est une liberté qui relève de la liberté d’expression, laquelle comporte une double dimension : la liberté d’opinion et la liberté d’information. Il est commun de considérer que la caricature joue le rôle d’un « bouffon » qui « remplit une fonction sociale éminente et salutaire et participe à sa manière à la défense des libertés » (TGI Paris, 16 févr. 1993).

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH 7 déc. 1976, Handyside c/Royaume Uni), quant à elle, considère que « la liberté journalistique comprend aussi le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire même de provocation ». Une telle conception extensive permet d’envisager que la liberté de caricaturer, même si elle peut déranger voire choquer, soit incluse dans une conception aussi large de la notion de liberté d’expression.

Gardons-nous donc de tomber dans le panneau de la censure.

J’ai personnellement bien du mal à mettre en balance le combat pour la laïcité et celui contre le racisme, tels qu’ils sont ici opposés. Faut-il soutenir le combat contre le racisme avec Rokhaya Diallo ou bien la défense de la laïcité avec Riss ? Faut-il choisir entre l’une et l’autre ?

Bientôt viendra le moment de formuler des vœux. Alors, ne nous privons pas :

Ne gagneraient-elle et il pas, l’une comme l’autre (et nous aussi par la même occasion) à écrire ensemble un livre – ils en ont largement les moyens et la matière – dont les ventes pourraient dépasser les scores de ceux de Bardella (230 000 exemplaire pour « Ce que je cherche »), Sarkozy (92 000 pour « Journal d’un prisonnier »), De Villiers (230 000 pour « Mémoricide »), Zemmour (45 000 pour « La Messe n’est pas dite », 300 000 exemplaires pour « La France n’a pas dit son dernier mot » )... ?



RD

Les morts de la rue



Un homme sans abri retrouvé mort de froid à Reims durant la nuit de Noël.

Alors que les températures sont descendues sous zéro dans la nuit de Noël, un homme sans abri a perdu la vie à Reims. Âgé de 35 ans et connu des bénévoles, il vivait à la rue depuis deux ans. L’autopsie a confirmé que la victime est morte de froid.



« Des logements pour tous » : alors que les températures baissent, des associations réclament des hébergements dignes.

Alors que la température moyenne nationale est estimée à 3 degrés ce jeudi 25 décembre, une vingtaine de départements ont activé le plan « grand froid ». À Reims une personne sans abri est décédée dans la rue. À Paris plusieurs associations manifestent pour réclamer la réquisition de logements vides.



Hébergements d’urgence, maraudes… face à la chute des températures, le plan « grand froid » est activé dans plusieurs départements.

Les préfectures s’organisent face à la chute soudaine des températures. Ainsi, une vingtaine de départements ont déclenché le plan « grand froid ». Des mesures qui interviennent alors qu’une personne sans-abri est décédée du froid, à Reims, le jour de Noël.



La Charte pour le respect des droits et la dignité des habitant-e-s de lieux de vie informels.

En France, les droits des habitant-e-s de lieux de vie informels – bidonvilles, squats, campements, habitats de fortune ou autres formes d’habitat précaire – continuent d’être largement ignorés, voire bafoués. Ces situations d’habitat, rarement choisies, sont le résultat d’un cumul de précarités économiques, sociales et juridiques, et d’un déficit structurel des politiques publiques d’hébergement, de logement, d’accueil et d’inclusion.



«Je ne veux plus, d’ici à la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. » Emmanuel Macron, 27/07/2017



40 associations attaquent l’Etat en justice pour non-assistance à personnes mal logées.

Depuis des années, les associations du Collectif des associations pour le logement* alertent sur la dégradation des conditions de vie des personnes mal logées. Malgré nos propositions récurrentes, le nombre de personnes laissées à la rue augmente. Le nombre de ménages en attente d’un logement social aussi. Accompagnées par quatre cabinets d’avocats, nos associations ont donc décidé de saisir la justice pour rappeler que l’hébergement et le logement sont des droits fondamentaux et lancent l’affaire Non-assistance à personnes mal logées.



Hommage aux morts de la rue Place Stalingrad juin 2013

Hommage aux morts de la rue 17 mars 2015

Hommage aux morts de la rue 2 avril 2019 Jardin Villemin

Hommage aux morts de la rue 30 mars 2021 Jardin des Buttes Chaumont

Hommage aux morts de la rue 19 mars 2024 Arènes de Lutèce # Pour eux les jeux sont faits




Chronique troyenne : après la suspension par la justice du « vrai-faux » couvre-feu, la traque continue… et les lâches s’en réjouissent


Les « likes » et commentaires haineux continuent de pleuvoir.



Pendant que François Baroin prend sans doute des vacances loin des tracas de la ville, ses communiqués sont désormais portés par le communicant municipal (vidéaste et photographe pour la ville de Troyes et la communauté de communes Troyes Champagne Métropole), au demeurant vice-président de l’association Bmx Roller Skate de Troyes. C’est dire s’il s’y connaît en vélos.

En effet, il relate avec une certaine délectation sur les réseaux sociaux l’opération menée hier en ville, ayant pour « objectif de lutter contre l’immigration irrégulière et clandestine, de s’assurer du respect des règles en vigueur et de renforcer la sécurité de tous. »

Etonnamment, ce sont exclusivement les jeunes livreurs à vélo étrangers, titulaires ou non d’un titre de séjour, qui sont concernés par le communiqué troyen, ceux que la droite et l’extrême droite ont pour marotte de renvoyer dans leur pays ou dans des centres de rétention low cost en Europe ou en Afrique centrales.


C’est le préfet de l’Aube qui fait le job, ce qui est certes davantage de son ressort que de celui du maire ou de la police municipale. Celui-ci sort néanmoins en ville en compagnie de Nicolas Honoré, adjoint au maire pour superviser ces opérations de police en direction des jeunes étrangers. Cette opération aurait été « souhaitée par l’équipe municipale ». Peut-être serait-il plus juste de préciser qu’un quart au moins de l’équipe municipale ne l’a pas certainement pas « souhaitée » et que ce sont les 5 élus RN (sur 49) qui semblent dicter leur loi. On se doute bien qu’à ce compte cette opération a vocation à être renouvelée. C’est ce qu’on appelle du harcèlement.

Cette opération s’est étendue sur 2 journées, que le préfet, dans sa diligence à honorer la « priorité » nationale », n’a pas manqué d’étendre à tous les étrangers, « afin de détecter la présence potentielle d’étrangers en situation irrégulière ». Le préfet, quant à lui, ne focalise pas sa communication sur les seuls jeunes livreurs à vélo. La nuance est à relever.






La veille au matin, les gendarmes, ne pouvant plus sévir dans les trains, du fait de l’interruption estivale du trafic ferroviaire liée aux travaux d’électrification, se repliaient sur les Flixbus à la sortie de l’autoroute.

 

Nous répétons que ce déchaînement d’actions policières contre les personnes en situation irrégulière, ou non, n’est tout bonnement qu’une véritable chasse à l’étranger dictée par la haine de l’autre, le racisme, l’inhumanité et la xénophobie ambiants, distillés par l’extrême droite qui n’en peut plus d’avoir conquis des sièges dans les départements et communes mais n’est pas à même de faire le ménage dans ses propres rangs.

Pour s’en convaincre, il suffit de relever les nombres de « likes » sur la publication du communicant troyen ainsi que de commentaires à vomir (pas tous, fort heureusement) de la part d’individus fiers d’eux mais anonymes, qui n’auraient pas le courage et la force de vivre une seule journée de celles et ceux qui ont souvent sauvé leur peau de justesse pour arriver chez nous, où elles et ils font d’ailleurs les travaux que nos fiers anonymes ne veulent pas faire, dans les conditions que l’on connaît.

Et j‘ai, encore une fois, honte d’être troyen.

RD


L’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole Duplomb 3



Le 07/08 2025, 2 millions de Français ont signé et réussi à faire censurer la loi Duplomb 1 par le Conseil constitutionnel. 

Le 26/03/2026 dernier, le Conseil d’Etat a jugé “non conforme au principe de précaution de notre Constitution“  le texte de la loi Duplomb 2. 

Mais les sénateurs ont trouvé une troisième voie. Le 2 juillet dernier, ils ont fait passer ce que l’on appelle la loi Duplomb 3. 

L’Assemblée nationale l’a définitivement adoptée ce mardi 21 juillet, avec les voix de droite, d’extrême droite et de la majorité présidentielle réunies.




« C’est scandaleux » : l’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole, des tensions entre le gouvernement et ses troupes.

Le texte adopté par les députés dans la nuit prévoit notamment la réintroduction de l’acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Le gouvernement n’a pas accepté les amendements demandant sa suppression, au grand désespoir de certains élus de la majorité.



«Un grave moment de régression» : les députés adoptent la loi d’urgence agricole et ouvrent la voie au retour de l’acétamipride.

Débat de plafond. Grâce à la droite, à l’extrême droite et au bloc central, l’Assemblée nationale a adopté lundi la très décriée loi d’urgence agricole, ouvrant la voie à la réintroduction possible de pesticides interdits, la facilitation des projets de mégabassines ou d’élevages intensifs. La gauche et les associations environnementales dénoncent un texte de «régression».



Pesticides : le vote de la honte.

En ouvrant la voie à l’usage de deux insecticides aux effets toxiques avérés, le Parlement et le gouvernement ont choisi de s’aligner sur les demandes de l’agro-industrie et des multinationales de la chimie. Une solution : abrogation !



Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux ?

Le gouvernement et les députés du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.



La loi d’urgence agricole « ne réintroduit pas l’acétamipride », assure la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, salue l’adoption par l’Assemblée nationale d’un texte « plein de mesures attendues, concrètes, précises pour les agriculteurs ».



« Des alliés du cancer » : les députés adoptent la loi d’urgence agricole, les opposants révoltés.

La loi d’urgence agricole, qui réintroduit des pesticides interdits et facilite la création de mégabassines et de fermes-usines, a été adoptée par les députés. Le soir même, un millier d’opposants ont dénoncé des « alliés du cancer ».



21 juillet 2026. L’Assemblée vote la loi Duplomb 3, loi d’urgence agricole. La ministre de l’Ecologie n’est même pas présente…

Ça, nos représentants ? Ce sont plutôt les représentants d’un monde qui ne croit plus au vivant, gangrené par une mafia agro-industrielle qui veut « déverrouiller la porte du progrès » * en abattant un des fondements de la Constitution, le principe de précaution.

Nous sommes à la merci des empoisonneurs et des assoiffeurs qui, dès qu’ils se sentent limités, envoient leurs troupes d’affidés esclavagisés déféquer partout en toute impunité !

Cette secte techno-solutionniste méprise l’humus, méprise l’humain. Ils sont hors sol et hors humanité.

*L’expression est celle d’Arnaud Rousseau [président de la FNSEA]

Pascal GENNERET



« Un texte abominable sur le plan scientifique »



Chercheur reconnu dans le domaine de la biodiversité, Philippe Grandcolas publie Loi Duplomb, le débat confisqué aux éditions du Faubourg. Nous l’avons rencontré dans son bureau du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, au moment où sénateurs et députés s’apprêtent à permettre la remise sur le marché de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides nocifs pour les abeilles.



Cette grave décision a été prise en force après que les Français se soient mobilisés et prononcés en grand nombre ( 2 138 168 signatures à la 1ère pétition ) contre cette loi qui les concerne pourtant en tout premier lieu. Le nombre de pétitions lui-même bat tous les records:

Pétitions anti DuplombNbre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014 2 13   2 138 16810/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3038250821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3051142321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3072109021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3079107821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-308243622/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-309219 15921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3101117921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3130360021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315184421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3155156521/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3199132321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3210 165921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3253158921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-325910 60321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3260716821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i- 3272[RD1] 1093 22/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33502704  23/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3385974   23/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-377372   29/08/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3833411   29/08/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103 49 777    02/02/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-51655612    18/02/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-62833565     19/06/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6392 124 708     06/07/2026
https://www.leslignesbougent.org/petitions/alerte-non-a-duplomb-3-23761/32544MAJ 21/07/2026

Pétitions surlignées encore en cours (chiffres connus à la publication de l’article- cliquer sur les liens)

La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.

Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.

Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition.

La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut également décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins 500 000 signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer.



Les pétitions pro loi Duplomb n’ont pas réussi à attirer autant de signatures.

Pétitions pro DuplombNombre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-308471021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3106286921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-311915721/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-312916721/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315311221/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315814821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-318010321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-319125421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320315621/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320420421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-321320121/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320427921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-324264921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-325678921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-331665422/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33477124/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33529924/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-348526427/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-362231031/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-37681001/09/2025



On a même pu voir à cette occasion des pétitions anti pétitions.

Pétitions contre les pétitionsNombre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-319422322/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-611968804/06/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-65951920/07/2026





RD


La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation », déplore le Planning familial, qui se dit « très inquiet »


La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation »« une alerte », déplore Sarah Durocher, présidente du Planning familial, ce lundi 20 juillet, au micro de France Inter. Le sénateur Les Républicains a été proposé par Emmanuel Macron pour remplacer Claire Hédon. Il a été auditionné à l’Assemblée nationale et doit désormais passer devant le Sénat, avant un vote en commission des lois mardi.




Cette nomination a provoqué une forte inquiétude au sein des associations qui écrivaient 2 jours après la proposition :

« Le parcours de François-Noël Buffet est marqué par plusieurs prises de position contraires aux droits fondamentaux et aux valeurs que le Défenseur des droits est chargé de promouvoir. Il s’est notamment opposé au mariage pour tous·tes, à la procréation médicalement assistée et à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Il a également soutenu le durcissement des politiques migratoires, l’affaiblissement de l’Aide médicale d’État et des mesures restrictives en matière d’accueil des gens du voyage. Ces positions n’augurent qu’une seule issue : le dévoiement de l’institution et l’asphyxie aggravée d’une société civile déjà sous pression. Ce choix d’Emmanuel Macron est déconnecté des priorités de la société et va à contresens de l’impératif de justice sociale et environnementale exprimé. »



Auditionné le 15 juillet par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le sénateur LR François-Noël Buffet a défendu sa candidature au poste de Défenseur des droits face à une gauche très hostile au regard de ses anciennes positions contre le mariage pour tous, l’extension de la PMA et sa réserve sur l’IVG dans la Constitution. Une opération de déminage au succès mitigé.



« Votre CV est incompatible avec la fonction de Défenseur des droits », « votre nomination peut ressembler à une provocation du président de la République… »

Sous le feu des critiques de la gauche, le sénateur François-Noël Buffet assure « entendre mais ne pas partager » les doutes sur sa capacité à occuper ce poste.



Défenseur des droits : audition de François-Noël Buffet au Sénat.

Mardi 21 juillet à 11 heures, en application de la loi organique n° 2010-837 et de la loi n° 2010‑838 du 23 juillet 2010 relatives à l’application du cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution, la commission des lois entendra François-Noël Buffet, proposé par le Président de la République en qualité de Défenseur des droits.



Même si le Sénat, majoritairement à droite, confirmera fort probablement cette nomination, il est encore tout juste temps d’interpeller les sénateurs sur cette nomination contre nature.


La LDH faisait part de ses craintes avant même la décision du président de la République et appelait à signer cette pétition dès le 3 juin dernier.


RD

Colonies, Auberges de jeunesse… Est-ce la fin des vacances populaires ?




Colos, villages vacances, Auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?



Les congés payés


Elles ne se seraient pas développées autant sans les congés payés, conquête sociale majeure obtenue sous le gouvernement du Front populaire.



Les jolies colonies de vacances


« Il s’agissait de prendre dans les écoles primaires […] un certain nombre d’enfants pauvres, choisis parmi les plus malingres et les plus souffreteux, et les emmener pendant les vacances loin de Paris, en montagne ou en forêt, pour y faire une cure d’air. » Edmond Cottinet, journaliste, 1885

Au début, les colos, ce n’était pas vraiment dans du dur, mais à la dure, dans des hébergements sans confort. Avec le temps, le concept a évolué et gagné en popularité. En 1912, plus de 80 000 enfants français sont partis en colo. 


Hélas, elles n’ont plus vraiment la cote, prises entre 2 feux, celui de leurs coûts et la question réactivée récemment des violences sexuelles faites aux enfants dont Darmanin voudrait bien se défausser sur la magistrature. Hors, on sait que, si des cas ont bien été signalés dans le cadre de collectivités, la majorité d’entre elles sont perpétrées dans l’entourage direct des enfants.

On annonce leur fin, constatant que de nombreuses associations de colonies de vacances et d’éducation populaire ferment leurs portes en raison de difficultés financières croissantes, exacerbées par la réduction des financements publics et l’inflation.


On trouve pourtant des offres très alléchantes pour des colonies dans des contrées lointaines (Tokyo, Osaka, Los Angeles, Louisiane, New-York, Norvège…)


Mais on peut se permettre de  douter que celles-ci soient accessibles aux enfants de familles aux revenus moyens et à plus forte raison modestes.

Les séjours abordables (cela reste encore à prouver) ne durent que quelques jours ou au maximum une petite semaine et souvent hors saison estivale. Les aides de la CAF sont plafonnées en fonction du quotient familial à 500 ou 700 €, qui ne couvrent pas toujours les frais du séjour.




Les Auberges de jeunesse



En 1936 arrive la victoire du Front populaire et ainsi commence l’âge d’or des Auberges de jeunesse. Sous l’impulsion de Léo Lagrange, alors Ministre des sports et des loisirs, tout est mis en œuvre pour que les congés payés deviennent une réalité dans la vie des Français (développement des Auberges et campements, billets de train à prix réduits, subventions etc…). 

En 1956, la FUAJ, Fédération Unie des Auberges de Jeunesse est créée, issue du rassemblement de toutes les associations françaises animant et gérant des Auberges de jeunesse.

Les années quatre-vingt seront synonymes de renouvellement et d’adaptation à un environnement économique de plus en plus difficile. Edith Arnoult-Brill, élue Secrétaire Générale de la FUAJ en 1988 a pour mission de moderniser le mouvement, en s’adaptant aux nouvelles réalités sociales. La FUAJ reste impliquée dans la politique de soutien aux jeunes demandeurs d’emploi, elle poursuit sa « diversification » au travers d’évènements internationaux comme les Chantiers-Rencontres internationales, elle crée sa carte famille etc.

Les années deux mille seront guidées par une réforme de la gouvernance de la FUAJ dont l’objectif opérationnel est bien de permettre l’épanouissement personnel de chacun lors de son séjour en Auberge de jeunesse « gérer l’idéal et l’économie ».


Fragilisée depuis la crise sanitaire, la Fédération unie des Auberges de jeunesse (FUAJ) a été placée en redressement judiciaire en 2025 et a été reprise en 2026 par l’Office national des Auberges de jeunesse (ONAJ). L’essentiel du réseau et des emplois ont été préservés.


Le secteur multiplie les tentatives pour réhabiliter les Auberges de jeunesse.


Pour résister à la vogue très lucrative des hostels, les auberges de jeunesse se modernisent en recentrant leur projet associatif sur l’accueil de tous et l’ouverture à l’autre.





L’ Auberge de jeunesse de Rosières-près-Troyes



Créée le 1er janvier 1938, elle est le siège social de l’association ASS DEPT DES AUBERGES DE JEUNESSE et son unique établissement.

Elle fait partie du secteur de l’économie sociale et solidaire.

Malgré les turbulences connues par le secteur de Auberges de jeunesse, elle continue d’être le lieu d’accueil que recommandent les voyageurs du monde entier, qui découvrent et apprécient ce lieu lors de leur passage dans l’Aube. Ils se refilent le tuyau sur les réseaux sociaux et dans les guides pour globe-trotters.

Elle fêtera ses 90 ans l’année prochaine.



L’ouverture à tous, la diversification des activités et le besoin de rentabilité connaissent déjà leurs limites.



Tout récemment, nous avons été alertés après coup pour la tenue d’une réunion du RN à l’Auberge de jeunesse de Rosières le 10 juillet dernier. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur un tel mélange des genres et sur la pertinence d’une telle réunion politique au sein d’un espace réservé à l’hébergement de loisir dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

Le RN n’a effectivement pas sa place dans ce lieu qui accueille dans un esprit universaliste et sans distinction les personnes de tous âges, de toutes cultures, de toutes origines et de tous horizons ; ceux qui voyagent pour la première fois, ceux pour qui voyager n’a plus de secrets, les voyageurs solitaires, les groupes d’amoureux des voyages, etc.

Le RN développe des théories et des propos racistes, xénophobes, homophobes, haineux à l’égard des étrangers et de toute personne différente et s’inscrit totalement en faux avec les valeurs universalistes et tolérantes des Auberges de jeunesse. Le RN ne voyage pas. Il prône l’immobilisme et reste englué dans ses discours d’un autre temps dans un monde qui connut sa gloire au cours des plus sombres années du XXème siècle.

Renseignements pris, nous avons été informés du fait que la direction reconnaît avoir commis une erreur et qu’elle regrette profondément de n’avoir pas appréhendé l’incompatibilité manifeste entre les valeurs de son établissement et celles de ces hôtes occasionnels. Elle reçoit par ailleurs au même titre syndicats et organisations populaires, ce qui semble ne pas plaire à certains élus municipaux troyens, qui menaceraient de saisir le Conseil départemental…

Nous considérons pour notre part cette affaire comme une provocation, de la part de ce parti politique aux relents néonazis, envers les forces et organisations progressistes qui partagent les valeurs des Auberges de jeunesse.

Nous appelons les responsables de ces établissements à la plus grande vigilance face à ces incursions détestables de l’extrême droite qui cherche à propager la haine partout où elle passe.

Les Auberges de jeunesse doivent demeurer les havres de paix, de bien-être, de tolérance, d’ouverture et du vivre ensemble qu’elles ont toujours été. Et nous sommes déterminés à les défendre.


RD

François Baroin, le maire qui se cherche… et se perd dans la communication


En ce jour de Fête Nationale, la « fête qui nous rassemble », célébrée cette année dans la démonstration de force, et en plein cœur de cette troisième canicule de l’année, on ne peut oublier l’année 2003, qui demeure dans les esprits comme très chaude sur le plan climatique, mais également à propos de la laïcité, thème dont s’empare alors François Baroin.

Celui-ci qui se déclare comme « le fils d’un ancien grand maître du Grand Orient de France » dit avoir « grandi dans un environnement baigné de valeurs laïques ».

Auteur d’un rapport sur la laïcité demandé par Jacques Chirac, le vice-président de l’assemblée nationale affirme dans Le Nouvel Observateur en juillet 2003, qu’à travers le problème du voile c’est « l’identité nationale »* qui est « en question »…

Il se prononce déjà contre le port du voile et pour celui de l’uniforme à l’école. On retiendra pourtant que les francs-maçons ont pris clairement position contre une loi sur le voile à l’école et contre toute modification de la loi de 1905 qui organise la séparation de l’Eglise et de l’Etat.


Le 28 octobre 2003, le parlement adopte la Loi relative à la maîtrise de l’immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité.

Le Conseil constitutionnel censure une partie de celle-ci le 20 novembre de la même année.


Nicolas Sarkozy met en place un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, par le décret du 18 mai 2007.

Cette idée se trouvait au cœur de la campagne du candidat à l’élection présidentielle, dont le porte-parole n’était autre que François Baroin.

En 2009 François Baroin, pourtant instigateur de l’idée 6 ans plus tôt, déclare : « Le débat sur l’identité nationale ne peut que servir le FN« . Pour le député UMP de l’Aube, « confondre identité nationale et immigration revient à présenter l’étranger comme la cause de toutes nos difficultés ».



En 2011, il embarrasse son propre camp en prétendant que les socialistes ont pris le pouvoir « par effraction » en 1997. Il ne s’en est jamais excusé.


En 2016, sa prise de position, qualifiée de « premier pas de côté » à propos du burkini, qu’il présente comme un « élément de terreur », soulève pas mal de vagues au sein de l’Association des Maires de France (AMF) qu’il préside.


La même année, il se pose en fervent défenseur de Nicolas Sarkozy, qui sera plus tard cité ou mis en cause dans 10 affaires judiciaires dont certaines conduiront à plusieurs condamnations à de la prison ferme, confirmées en appel et en cassation.


En mars 2017, il se montre piètre stratège en s’affichant aux côtés de François Fillon pour le « pousser vers la sortie ». Souvent cité comme « plan B » potentiel, sa présence achève au contraire de convaincre Fillon de ne rien lâcher. Mal lui en prendra.


En mai 2017, il se voit déjà Premier ministre. Ce ne sera pas le choix d’Emmanuel Macron.


C’est alors que, invité sur le plateau des « Grandes gueules » de RMC, il annonce son souhait de mettre un terme à sa carrière politique sur le plan national.


7 ans plus tard, en juin 2024, François Baroin déclare qu’Emmanuel Macron ne pourra pas, constitutionnellement, rester à l’Elysée jusqu’en 2027.


En octobre 2025, sur Monaco Hebdo (rien que ça) François Baroin dit :  « Qu’on aime Emmanuel Macron ou pas – j’en suis un opposant depuis son premier mandat – il doit rester au pouvoir, car sa démission serait un événement extrêmement déstabilisant pour nos institutions, pour l’économie, et surtout pour les investisseurs, dont les décisions sont les plus redoutées. Il faut absolument l’éviter. »

Le maire de Troyes, « éternel espoir de la droite », fait l’objet d’un documentaire diffusé sur Public Sénat le 15 novembre 2025, où il laisse la porte ouverte à une candidature pour la prochaine élection présidentielle.

Suite à sa réélection après avoir été contraint à un 2ème tour aux municipales de 2026 (une grande première pour lui, puisque sa liste a été élue avec seulement 7106 suffrages sur 30282 inscrits, ce qui est loin de ressembler à un plébiscite), François Baroin annonce son retour dans le débat politique national en vue de la présidentielle de 2027 et la rédaction d’un livre programme dont la parution pourrait avoir lieu à l’automne, signal renforcé rouvrant la porte à un éventuel retour. Depuis, les spéculations vont bon train.


Le 15 juin 2026, Public Sénat lui remet le couvert avec ce même film qui « retrace le destin d’un jeune surdoué devenu l’homme politique le plus déroutant de sa génération et dont les ambitions demeurent surtout encore et toujours bien mystérieuses à l’approche d’une échéance majeure. »


Celui qui pourrait « faire un ticket avec Bruno Retailleau pour la présidentielle », l’un « en caution morale », l’autre « devant », serait plutôt vu par certains plutôt à l’Elysée qu’à Matignon…


Ce qui pourrait expliquer cette ardeur à communiquer à tout va par tous les moyens à sa disposition.

Mais, comme on le voit, certaines tentatives de communication font parfois des flops, en particulier quand les effets d’annonce sont contrariés par la justice. L’article paru dans la presse locale samedi dernier ne laisse aucun doute sur les motivations purement politiques au seul bénéfice de François Baroin, dans ses prises de position ou promulgations d’arrêtés, dont le dernier en date vient d’être en grande partie retoqué par la justice administrative sur requête de la LDH.

Cliquer sur les images pour les agrandir


Outre certaines restrictions illégales au droit de manifester, François Baroin n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour limiter dans sa ville le droit d’expression.

Un précédent arrêté du maire de Troyes a déjà fait l’objet d’une procédure. La Mairie de Troyes promulgue le 19 septembre 2025 un arrêté interdisant la pose et l’affichage de drapeaux palestiniens et toute manifestation politique relative à un Etat étranger sur le domaine public et les bâtiments publics de la commune. La légalité d’un tel arrêté est contestable et les organisations troyennes qui défendent le droit de manifester et la liberté d’expression, dont la LDH, déposent un référé liberté contre cette atteinte aux droits et aux libertés. L’affaire est toujours en cours d’examen.

Les communications contradictoires, malgré la persistance de quelques idées fixes, qui se succèdent à fréquence accélérée, sur les réseaux sociaux notamment, laissent les observateurs un peu dubitatifs devant tant de versatilité et d’étalage de contre-vérités.

On pourra en avoir un aperçu révélateur dans ce communiqué, véritable morceau d’anthologie au regard de la décision du juge des référés, publié sur Facebook quasiment simultanément avec la publication du délibéré dont il fait état, et dans lequel François Baroin maquille consciencieusement la vérité à son seul avantage, laissant au final dans la plus grande des contrariétés son adjoint à la sécurité, qui s’était pourtant enorgueilli de la pertinence de cet arrêté et de sa certitude qu’il ne pouvait être contesté.

Communiqué du maire de Troyes :

Ville de Troyes

Le 7 juillet à 19h46

 Communiqué de François Baroin, Maire de Troyes

François Baroin se félicite que par une ordonnance en date du 7 juillet 2026, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne confirme la légalité de l’arrêté municipal du 17 juin 2026 relatif à la protection des enfants non accompagnés dans l’espace public pour la période correspondant à la Coupe du Monde de football jusqu’au 19 juillet 2026. Dans son ordonnance, le juge relève notamment que « la mesure en cause ne saurait être regardée, ni dans son principe ni dans ses modalités, comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale (…) », confirmant ainsi que les mesures étaient justifiées et proportionnées durant cette période marquée par un afflux exceptionnel de public.

L’ordonnance confirme également la pleine compétence du maire pour édicter de telles mesures de police administrative. Le tribunal rappelle « qu’il résulte des termes mêmes de cet arrêté que celui-ci ne vise pas uniquement à prévenir les atteintes à la tranquillité publique et a essentiellement pour objet d’assurer la protection de l’intégrité physique et psychique des mineurs » et reconnait qu’il appartient au maire, y compris dans une commune où la police est étatisée, de prendre les mesures nécessaires afin de préserver le bon ordre, la sécurité et la tranquillité publics lors de périodes de forte concentration de personnes.

Après la finale de la Coupe du Monde, l’arrêté prendra donc fin ; l’objectif principal étant la protection des mineurs pendant cette période particulière.

Au-delà de cette date, la protection de l’enfance demeurera notre priorité et toutes les mesures nécessaires seront prises pour la garantir.



On appréciera l’objectivité.

Parmi les fonctions d’un maire, on ne trouve nullement la publication de communiqués, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, servant des intérêts personnels ou politiques, à plus forte raison un parti avec sa doctrine et son idéologie.



On ne trouve pas non plus de place pour l’auto-promotion d’un éventuel hypothétique et soi-disant indécis futur candidat à une fonction d’Etat.

Un arrêté est un acte administratif réglementaire non créateur de droits.

Troyes peut s’enorgueillir de son fabuleux patrimoine historique, architectural, industriel, fort bien mis en valeur au demeurant. Mais avoir fait de sa ville une vitrine touristique, au point d’avoir relégué en périphérie la majorité des personnes à revenus plus modestes, y avoir réduit à peau de chagrin les subventions aux associations, celles de prévention notamment, en exclure toute tentative d’expression de la conscience populaire et de la jeunesse, l’avoir truffée de caméras de surveillance, avec l’espoir de faire monter les effectifs de la police municipale à 100 à l’horizon 2030, au seul bénéfice de la garantie de la sécurité des touristes et, surtout, de sa propre image, ne relève certainement pas non plus des fonctions d’un maire.


*A propos de l’identité nationale, on pourra lire avec intérêt Gérard NoirielÀ quoi sert « l’identité nationale » ?, Marseille, Agone, coll. « Passé et présent », 2007, 156 p., EAN : 9782748900804.

RD

« Défendre l’innocence du capitaine Dreyfus, c’est défendre la justice »



Le 12 juillet 1906 : Dreyfus réhabilité, quand la justice oblige la République à regarder sa faute.

Une erreur judiciaire n’est jamais seulement une erreur de dossier : elle révèle un climat, des réflexes de pouvoir, des préjugés. L’Affaire Dreyfus montre comment l’État peut faillir, puis comment le droit peut le contraindre à se reprendre.




N’en déplaise aux médias d’extrême droite et à leurs agitateurs qui sont le déshonneur de la presse française, à Paris, contre la haine de l’autre, la place Lucie-Dreyfus remplacera la place Maurice-Barrès.

Parce que l’affaire Dreyfus demeure un moment incontournable de l’histoire républicaine, il est nécessaire de rendre hommage à Alfred Dreyfus ce 12 juillet. Les élus à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, Laurence Patrice et Ariel Weil expliquent leur choix de rebaptiser la place Maurice-Barrès du nom de l’épouse du capitaine victime d’antisémitisme.



L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État est toujours une bascule




La démocratie, les droits et l’État de droit sont confrontés en France à une menace existentielle, celle de la bascule vers le fascisme-illibéralisme qui a infailliblement lieu lorsque les extrêmes droites arrivent au pouvoir d’État.

Des pays considérés comme démocratiques ont connu cette bascule systémique : Hongrie, Pologne, Italie, États-Unis.

Avec des différences propres à chaque pays, l’offensive des extrêmes droites se déploie selon trois dimensions essentielles – sociétale, idéologique et politique. Elle remet partout en cause la légitimité de la démocratie et de l’État de droit et l’universalité des droits.

Mandat électif et testostérone



Le sénateur LR de Paris Francis Szpiner mis en examen pour corruption passive.

L’ex-maire du XVIe arrondissement est soupçonné d’avoir attribué en 2023 un logement social à une femme en contrepartie de relations sexuelles. Le célèbre avocat « n’a pas été placé sous contrôle judiciaire », précise le parquet de Paris ce jeudi 9 juillet.


Tout près de nous, le maire de la commune de Villemoyenne vient d’être mis en examen des chefs d’agressions sexuelles sur mineur concernant plusieurs victimes. Les faits reprochés remonteraient à une période antérieure à 2005.



Les fonctions électives auraient-elles une influence sur la libido (voire sur les fonctions érectiles ?).

En octobre 2009, une étude américaine, rapportée, par Ouest-France, aurait établi un lien entre la libido des électeurs et le succès de leur candidat.


Ce qui ne les conduisait pas pour autant, dans l’enthousiasme de la victoire, à agresser sexuellement des femmes et des enfants.

Cette propension des élus, presque exclusivement des hommes (95%), à user de leur position ne concerne bien évidemment pas seulement les élus. Toutefois, les affaires, ou tout au moins leur signalement, se multiplient ces derniers temps.

Et cela pose à nos yeux un grave problème en tant que système structurel de domination. Il s’agit bien d’une question de rapports de pouvoirs, inhérente ici aux fonctions électives.

 « Partout où il existe des rapports de pouvoir fortement asymétriques, il y a une potentialité de violence sexuelle » selon Marie Chartron, chercheuse.



Nous avons toutes et tous en tête l’affaire Darmanin qui s’est soldée par un non-lieu en 2022, confirmé en 2024 par la Cour de cassation et à laquelle s’intéressait à nouveau en septembre 2025 la Cour européenne.

« A eux seuls, ces dossiers [ceux des affaires dans lesquelles le ministre actuel de la Justice a été pointé] sont un concentré des errements français dans la prise en compte et le traitement des agressions sexuelles. »

 

A l’issue des élections municipales de mars dernier, plusieurs médias pointaient l’élection ou la réélection de maires condamnés pour violences conjugales et/ou agressions sexuelles.

  • Paul Burro

Réélu au Belvédère (Alpes-Maritimes) Sans étiquette. Condamné en appel à douze mois de prison avec sursis et cinq ans de privation de ses droits civiques en février 2026, pour harcèlement d’une personne ayant été conjointe et atteinte à l’intimité de la vie privée par captation, enregistrement ou transmission de la localisation d’une personne, il s’est pourvu en cassation.

  • Olivier Compain

Réélu à Miniac-Morvan (Ille-et-Vilaine) Divers droite. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.

  • Bruno Genest

Réélu à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne) Sans étiquette. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.

  • Fred Mahler

Réélu à Goudargues (Gard) Sans étiquette. Condamné à huit mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité le 24 mars 2026 pour deux agressions sexuelles sur une agente, il a fait appel.

  • Marc Petit

Réélu à Firminy (Loire) Divers gauche. Condamné définitivement à six mois de sursis en 2021 pour agression sexuelle.

 

  • Jérôme Peyrat

Réélu à La Roque-Gageac (Dordogne) Sans étiquette. Condamné en 2020 à 3 000 euros d’amende avec sursis pour violences conjugales.

 

  • Hamdi Toudma

Réélu à Longlaville (Meurthe-et-Moselle) Sans étiquette. Condamné en 2023 à six mois de prison avec sursis pour des violences sur son épouse qu’il a reconnues.

  • Éric Carnat

Réélu à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) Sans étiquette. Mis en examen pour viol, agression sexuelle et harcèlement moral et sexuel après les plaintes de deux agentes.

  • Philippe Janicot

Réélu à Boisseuil (Haute-Vienne) Sans étiquette. Mis en examen pour des viols sur quatre femmes, sous contrôle judiciaire depuis décembre 2025.

 

  • Grégory Marty

Élu au premier tour à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) Divers droite. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en janvier 2025 après trois plaintes pour agressions sexuelles par personne abusant de sa fonction, harcèlement sexuel et violence par personne dépositaire de l’autorité publique.

  • Edgar Moulin

Réélu à Saint-Ellier-les-Bois (Orne) Sans étiquette. Mis en examen en mai 2025 pour viol sur personne se livrant à la prostitution, proxénétisme aggravé, recours habituel à la prostitution de mineurs et détention d’images pédopornographiques, il a été placé en détention provisoire cinq mois en mai 2025, puis libéré fin octobre 2025 et placé sous contrôle judiciaire.

  • André Santini

Réélu à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) UDI. Deux plaintes pour harcèlement et agressions sexuelles de deux anciens collaborateurs, information judiciaire ouverte en octobre 2024.

  • Jean-Michel Baylet

Réélu maire à Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne) Divers gauche. Visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles en 2022, classement sans suite.



S’ajoutent à cela un certain nombre de candidats ou d’élus à une fonction régalienne signalés au fil des années par les médias comme étant soupçonnés ou mis en examen pour les mêmes faits. On en trouvera ci-dessous quelques exemples.


A cela s’ajoute la problématique de l’immunité parlementaire qui vient, au minimum, retarder les procédures, le temps qu’elle soit éventuellement levée.



«  La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin de vote dans une urne, à déléguer les pouvoirs à quelques élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans, elle est action continuelle du citoyen… 

Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements, les corps organisés et les élus en butte aux pressions de toute sorte de groupes cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »

Pierre Mendès France


RD

François Baroin tire plus vite que le juge



Le juge des référés, saisi le 26 juin, a seulement publié sa décision le 7 juillet en fin de journée. Il lui a donc fallu 11 jours pour répondre à l’urgence. On peut considérer que si le juge n’avait pas lanterné, notre proposition de saisine du Conseil d’Etat aurait pu être retenue. Hors, l’arrêté étant désormais suspendu à partir du 20 juillet, le Conseil d’Etat risquait de statuer après la bataille. Ce qui aurait rendu notre démarche caduque.

Elle aurait cependant pu aboutir du fait que les troubles allégués ne sont pas attestés et qu’il ne semble pas y avoir eu d’incident depuis la prise de l’arrêté à Troyes.

Plus rapide que le juge des référés, François Baroin publiait le 7 juillet sur Facebook son communiqué victorieux dès 19h46, donc très peu de temps après la publication du délibéré, qui nous est parvenue à 18h55, un communiqué préparé à l’avance, de toute évidence.

Dans sa précipitation pour maquiller la vérité, il a simplement omis de mentionner que le juge a reconnu le bien-fondé de la démarche de la LDH ainsi que l’urgence de celle-ci en fixant l’audience au 30 juin, que l’arrêté est bien suspendu avant la date prévue du 1er septembre, soit 43 jours plus tôt et que la ville de Troyes est condamnée à verser la somme de 1500 € à la LDH, « qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance » selon l’ordonnance du juge.

L’arrêté du maire de Troyes, couvre-feu sans en dire le nom, est avant tout une opération de communication. Son communiqué de presse qui a suivi la décision du juge des référés l’a confirmé en travestissant la vérité, la durée du couvre-feu étant passée de 75 jours à 32 jours.

Cet arrêté s’inscrit aussi dans cette posture conduisant pour de fausses questions de sécurité les Français à s’habituer à ce que leurs libertés soient remises en causes par touches successives. Le maire de Troyes participe ainsi au détricotage de l’Etat de droit.

Mais cette fois encore, l’Etat de droit a gagné.

RD

Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, loi sur la fin de vie :  le Sénat part en cure, l’Assemblée nationale reste à la buvette…




Un décret publié le mardi 16 juin officialise la convocation d’une session extraordinaire au Parlement à partir du 1er juillet, afin de permettre l’examen de plusieurs textes de loi. Sont notamment concernés le projet de loi sur la protection de l’enfance, le texte sur l’urgence agricole, celui sur la justice criminelle ou encore la proposition de loi sur l’aide à mourir.



Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : un permis de tuer


La proposition de loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions », dont l’examen avait commencé lors de la « niche parlementaire » des députés Droite républicaine en janvier dernier, a été réinscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale par le gouvernement. Le texte, auquel la gauche s’oppose vivement, sera débattu mardi en fin d’après-midi dans l’hémicycle. 



Permis de tuer : ce que changerait la loi sur la présomption de légitime défense de la police.

En France, le gouvernement s’apprête à faire passer une nouvelle loi qui présumerait légal tout tir de policier ou gendarme. Le texte sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » sera débattu à l’Assemblée nationale le 7 juillet. S’il est voté, il s’agirait d’une bascule historique qui offrirait aux forces de l’ordre un « permis de tuer ». Nous nous opposons fermement à ce projet de loi, voici pourquoi. 







Fin de vie : la fin d’un long parcours



Alors que la France s’apprête à franchir une étape décisive le 15 juillet, plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas et la Belgique, ont déjà légalisé l’euthanasie depuis plus de vingt ans. Voici un tour d’horizon des pays qui l’autorisent, ceux qui la tolèrent et ceux qui la condamnent.



Loi créant un droit à l’aide à mourir : l’Assemblée nationale doit se prononcer une dernière fois le 15 juillet 2026 par un vote définitif.

Par Hubert Bruneel

Les députés ont voté le 30 juin 2026 en faveur de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, avant un vote définitif qui devrait intervenir à l’Assemblée le 15 juillet. La version adoptée à l’issue de cette nouvelle lecture sera a priori la copie finale : les sénateurs devraient en effet rejeter à nouveau le texte de retour au Palais du Luxembourg le 7 juillet et les députés ne pourraient plus introduire en lecture définitive d’amendements.

295 députés ont voté pour, et 232 contre, sous les yeux de l’ancien député Olivier Falorni, auteur de la proposition de loi. Le Sénat avait déjà adopté le texte en mai 2025 (305 voix contre 199) puis en février 2026 (299 voix contre 226).

La réforme va désormais repartir au Sénat, qui devrait à nouveau rejeter le texte lors de son examen à partir du 7 juillet.

La commission des Affaires sociales du Sénat devrait proposer mercredi de rejeter d’emblée le texte via l’adoption d’une motion de rejet préalable, a indiqué mardi une source parlementaire à l’AFP. L’examen du texte au Sénat ne devrait donc durer que quelques heures.

Le gouvernement prévoit de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, où le vote final est fixé au 15 juillet.

Rappelons qu’en 1978, le sénateur Caillavet avait déposé la toute première proposition de loi relative à la légalisation de l’aide active à mourir. Depuis, de nombreux pays ont accordé ce droit à leurs concitoyens, dans une procédure encadrée et mise en œuvre par des médecins volontaires. Aucune de ces démocraties n’a enregistré de dérive, de pente glissante, de volonté eugéniste. Juste une loi humaine qui place au cœur des décisions de fin de vie la volonté et la parole du patient. Car c’est lui qui sait le mieux ce qu’il convient de faire quand la vie lui échappe, que la médecine s’est déclarée impuissante à le guérir et que ce qui reste à venir n’est que de la survie, parfois artificielle, toujours difficile.

Le texte de loi qui sera soumis en troisième lecture à l’Assemblée nationale trouve son origine dans la Convention citoyenne sur la fin de vie qui a débuté ses travaux en décembre 2022, à la suite de l’avis 139 rendu par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui se prononçait en faveur d’une modification de la loi sur la fin de vie en appliquant une procédure éthique en matière d’aide à mourir.

La première version de ce texte a été présentée en Conseil des Ministres le 10 avril 2024. Cela fait donc plus de deux ans que le Parlement examine le dispositif qui devrait permettre pour ceux qui le souhaitent (et pour ceux-là seulement) de bénéficier d’une aide active à mourir très encadrée, placée sous le contrôle des lois de notre République. Durant ces deux années, la représentation nationale a auditionné des dizaines de personnes, dont des médecins et des malades. Elle a accompli un très gros travail, sur un sujet qui touche à l’intime et à l’éthique.

Plus de 90% des Français adhérent à une telle loi, selon des sondages constants depuis plus de vingt ans, et les médecins sont 74% à la demander afin de sécuriser des pratiques qu’ils connaissent et, pour certains, pratiquent déjà avec compassion et discernement.

Il s’agit de permettre à chacune et à chacun d’avoir le choix entre :

– une forme d’obstination raisonnable s’il souhaite aller au bout, même si ses souffrances deviennent insupportables,

– des soins palliatifs de qualité, partout et pour tous, en application de la loi, le 26 mai 2026 visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs,

– et, enfin, une aide à mourir, s’il le souhaite, de ne plus souffrir et de ne pas agoniser.

Les trois députés de l’Aube ont voté, le 30 juin 2026, contre ce projet de loi, à rebours de l’Assemblée nationale qui a adopté le texte et des attentes des Français, leur refusant un droit nouveau. Pourtant, s’agissant d’Angélique Ranc, son assistant parlementaire, Valentin Mouzon, a occupé dans l’Aube pendant plusieurs années les fonctions de délégué départemental de l’ADMD (association pour le droit à mourir dans la dignité).

Aussi humaine que fut la loi sur l’IVG, ce projet de loi, tout comme pour l’IVG, n’emportera aucune contrainte : ni pour les citoyens (en fin de vie ou en bonne santé), ni pour les médecins grâce à la clause de conscience. Il consiste simplement à donner à une liberté, celle de la fin de vie, un cadre législatif respectueux et humain.




Pourquoi la voie du référendum a été écartée par le Conseil constitutionnel ?

En pleine bataille parlementaire sur la fin de vie, 201 parlementaires ont tenté de déclencher la procédure de référendum d’initiative partagée pour empêcher que l’aide active à mourir soit assimilée à un soin. Par une décision du 17 juin 2026, le Conseil constitutionnel a fermé cette voie. Pourquoi ?

TROYES: manifestation pour Gaza. Refusons l’indifférence, refusons l’effacement d’un peuple !



Chers amis, chers citoyen.nes,

Depuis plus de deux ans et demi, nous nous réunissons inlassablement pour porter la même exigence : halte au génocide, halte au massacre du peuple palestinien, halte à la destruction de Gaza.

Les annonces de cessez-le-feu se succèdent, mais sur le terrain, la réalité demeure la même : les bombardements, les déplacements forcés, les privations et les souffrances continuent. Rien ne permet aujourd’hui de constater un véritable recul des violences subies par la population palestinienne.

Le 15 mai dernier marquait les 78 ans de la Nakba. En 1948, plus de 700 000 Palestiniens furent expulsés de leurs terres et des centaines de villages détruits. Cet événement n’appartient pas seulement à l’histoire : il se poursuit à travers la dépossession, la fragmentation du peuple palestinien et la négation persistante de ses droits fondamentaux. Soixante-dix-huit ans plus tard, la question palestinienne demeure celle d’un peuple privé de sa terre, de sa souveraineté et de son avenir.

Aujourd’hui, à Gaza, le génocide se poursuit. Il est orchestré méthodiquement par Israël et son allié américain. La catastrophe humanitaire atteint un niveau sans précédent. La guerre n’a épargné aucun secteur. Hôpitaux, écoles, universités, réseaux d’eau, infrastructures énergétiques : tout ou presque a été détruit ou gravement endommagé.

Les habitants de Gaza sont confrontés à une réalité où les éléments les plus fondamentaux d’une vie digne ont disparu. Trouver de l’eau potable, de la nourriture ou simplement un endroit sûr où dormir est devenu une préoccupation quotidienne.

Plus de 85 % de la population dépend désormais de l’aide humanitaire pour survivre. Cette aide n’est plus un soutien temporaire ; elle est devenue une véritable bouée de sauvetage. Des centaines de milliers de familles ne peuvent satisfaire leurs besoins les plus élémentaires sans l’assistance des organisations humanitaires. Pourtant, les convois continuent d’être bloqués ou fortement limités alors même que les besoins ne cessent d’augmenter.

Nous exigeons donc l’arrêt immédiat du génocide et donc non seulement l’ouverture totale et immédiate de Gaza à l’aide humanitaire, mais aussi la garantie d’un accès permanent à l’eau, à la nourriture, aux soins médicaux et aux biens de première nécessité.

Pendant ce temps, en Cisjordanie, la colonisation se poursuit à un rythme soutenu. Les violences des colons se multiplient, les expulsions continuent et les territoires palestiniens sont toujours davantage morcelés.

Au Liban, les opérations militaires israéliennes s’intensifient. Après Gaza et la Cisjordanie, c’est désormais le sud du Liban qui subit destructions et déplacements de population. Sous couvert de « zone tampon », des villages entiers sont vidés de leurs habitants et parfois rasés. Ce que certains présentent comme une zone de sécurité apparaît de plus en plus comme une zone morte. En même temps que d’agresser l’État libanais, Israël étend ainsi sa guerre génocidaire à l’encontre des centaines de milliers de palestiniens réfugiés suite à leur expulsion lors de la Nakba de 1948.

Cette escalade régionale s’inscrit dans le contexte d’une agression militaire israélo américaine, d’une politique colonialiste, pour le contrôle des terres et des ressources. Elle a et aura des conséquences dramatiques pour les peuples du Moyen-Orient mais également pour l’ensemble du monde.

Derrière les chiffres, derrière les analyses géopolitiques, il y a des êtres humains. Il y a des femmes, des hommes et des enfants qui subissent quotidiennement la violence, la peur, l’exil et la perte de leurs proches.

Nous refusons de nous habituer à cette souffrance. Nous refusons que l’horreur devienne normale.

Face à ces violations répétées du droit international, les déclarations diplomatiques ne suffisent plus. La reconnaissance de l’État de Palestine, si elle intervient, ne saurait masquer l’inaction des États face aux crimes commis ni la poursuite des coopérations militaires qui alimentent le conflit.


En France également, nous constatons avec inquiétude une volonté croissante de faire taire les voix qui dénoncent ces crimes. Le projet de loi Yadan apparaît comme l’un des symboles de cette criminalisation des mobilisations en faveur des droits du peuple palestinien. Défendre les droits humains, exiger l’application du droit international et exprimer sa solidarité ne devraient jamais être assimilés à une menace.

Nous dénonçons également les obstacles grandissants imposés aux universitaires, chercheurs, artistes et étudiants palestiniens. Alors que l’ensemble des universités de Gaza ont été détruites ou gravement endommagées et que des centaines de milliers d’enfants sont privés d’éducation, les possibilités d’accueil et de protection se réduisent.

Nous affirmons qu’aucune paix durable ne sera possible sans justice, qui doit commencer par le droit au retour des palestiniens expulsés de leurs terres.

Nous affirmons que le peuple palestinien doit pouvoir décider librement de son avenir et exercer pleinement son droit à l’autodétermination.

Nous affirmons qu’une paix véritable suppose l’égalité des droits, le respect du droit international et la reconnaissance de la dignité de tous les peuples.

Ces 78 années de Nakba nous posent une question simple : voulons-nous vivre dans un monde où la loi du plus fort l’emporte sur le droit, où un peuple peut être expulsé, assiégé et privé de ses droits fondamentaux ? Ou voulons-nous construire un monde fondé sur la justice, l’égalité et le respect du droit international ?

C’est pourquoi nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :

  •  Un cessez-le-feu total et durable ;
  • L’ouverture complète et sans restriction de Gaza à l’aide humanitaire, aux journalistes et aux observateurs indépendants ;
  • La garantie permanente de l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins et aux produits de première nécessité ;
  • L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants militaires utilisés pour le montage d’armes
  • L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports
  • L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.
  • la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël
  • L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.
  •  Le respect du droit international et la protection effective des populations civiles.

Nous saluons également le courage des Flottilles de la Liberté et de toutes celles et ceux qui tentent d’apporter aide et solidarité au peuple palestinien malgré les obstacles et les intimidations.

Enfin, nous appelons chacune et chacun d’entre vous à poursuivre la mobilisation. Signez les pétitions, interpellez vos élus, faites entendre votre voix.

Car le silence favorise l’impunité.

Nous sommes ici pour dire que nous voyons ce qui se passe. Nous refusons l’indifférence. Nous refusons l’effacement d’un peuple.

Pour la justice. Pour le droit. Pour la paix.




Jour 1 000 à Gaza : 90 % de la bande de Gaza « détruite », 80 % « occupée » par Israël


1 000 jours après le 7 octobre 2023, Gaza est en ruines, le Conseil de la paix vacille et Israël étend son contrôle sur l’enclave.

Plus de 90 % de la bande de Gaza a été détruite, et les forces israéliennes contrôlent 80 % du territoire assiégé, selon les autorités de l’enclave, alors que le monde commémore les 1 000 jours écoulés depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza.



«Plus personne ne nous soutient», le cri d’alarme des Palestiniens

Alors que le monde se concentre sur l’accord entre les États-Unis et l’Iran, les habitants de Gaza se sentent abandonnés.

«Tout le monde a oublié Gaza et sa tragédie.» À l’heure où le monde a les yeux rivés sur les pourparlers irano-américains pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, le sort de la bande de Gaza est relégué au second plan.



Troyes: génocide à Gaza, on ne se taira pas !

Des mineurs accusés de crime bientôt libérés à cause de Darmanin ?




Des mineurs accusés de crime bientôt libérés à cause de Darmanin ?

Le Conseil constitutionnel avait donné un an au gouvernement pour modifier un texte concernant la détention provisoire des 16-18 ans. Mais rien n’a été fait : le ministre de la Justice a laissé passer le délai, qui arrive à échéance ce 1er juillet au matin. Oups !

Oh la boulette du ministère de la Justice ! A compter du 1er juillet, des mineurs incarcérés âgés de 16 à 18 ans, accusés de crime, en attente de leur procès vont devoir être libérés. Ça chauffe pour Gérald Darmanin.



Pour bien saisir la situation et le contexte de ce raté, remontons un peu dans le temps.

La loi visant à renforcer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents, dite loi Attal, a été promulguée le 23 juin 2025.



Le 27 juin 2025, saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition de 2019 du code de la justice pénale des mineurs régissant ce maintien en détention, au terme de l’enquête judiciaire, d’un mineur de plus de 16 ans accusé d’un crime.



Le syndicat des avocats de France a publié un « fact-checking » pour remettre à plat la réalité sur la justice des mineurs.



En septembre 2025, l’Est-Eclair nous expliquait tout ce qu’il faut savoir à propos de la justice des mineurs.



Un vide législatif fragilise le maintien en détention provisoire de mineurs accusés de crimes.

Le Conseil constitutionnel avait donné jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2026 au gouvernement pour modifier une disposition du code de la justice pénale des mineurs sur la détention provisoire des 16-18 ans, mais aucun texte n’a été approuvé.



Une dépêche adressée par la Chancellerie aux parquets confirme que pour les décisions prises à compter du 1er juillet, le maintien d’un mineur renvoyé en cour d’assises sera dépourvu de toute base légale. Les magistrats se retrouvent confrontés à un casse-tête juridique. 


Gros flottement jusqu’à mi-juillet

« La date du 1er juillet 2026 ne marque pas seulement l’échéance d’un ultimatum constitutionnel resté sans réponse. Elle cristallise une tension profonde entre, d’une part, la volonté politique d’aligner le régime de la détention provisoire des mineurs sur celui des majeurs et, d’autre part, une exigence constitutionnelle et prétorienne d’adaptation procédurale qui ne cesse de se renforcer. La chambre criminelle, par une série d’arrêts rendus entre 2023 et 2026, a construit un corpus jurisprudentiel cohérent qui fait des garanties propres aux mineurs des nullités d’ordre public. Cette construction prétorienne, conjuguée à la censure du Conseil constitutionnel, confère aux avocats des leviers contentieux substantiels qu’il leur appartient de mobiliser avec rigueur et célérité. À court terme, l’adoption d’un amendement correctif dans le cadre de la loi sur la justice criminelle, annoncée pour la mi-juillet 2026, pourrait combler le vide législatif. Mais elle ne saurait effacer les nullités acquises durant la période intermédiaire, que les praticiens avisés auront su faire constater. » Me Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris



Comme l’écrivait le Syndicat de la Magistrature dans sa tribune du 16 mars, la justice des mineurs mérite mieux qu’un traitement populiste, simpliste et à visée électoraliste.

Face à l’énième critique du principe de l’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l’âge par le Gouvernement, le Syndicat de la magistrature publiait en mars 2026 une tribune dans le Monde pour recontextualiser le débat autour de cette « excuse » en sortant d’une approche démagogique de la justice des mineurs et de remettre l’accent sur la situation catastrophique dans laquelle se trouve la protection de l’enfance.



Pendant ce temps, les bourdes se multiplient au ministère de la Justice. L’affaire Lyhanna avait déjà soulevé beaucoup de questions.



L’amateurisme a-t-il encore sa place à la chancellerie ?

RD

CNews et Frontières : fermez-les !


Début juin, l’émission 100 % Frontières diffusée chaque jour sur CNews est si radicale qu’elle choque même en interne. Au point qu’un chroniqueur de la chaîne a discrètement saisi l’Arcom pour dénoncer la place « quasi exclusive » accordée à « l’immigration » ou à « l’islam », « sans maîtrise de l’antenne ».



Le 15 juin, l’Arcom met CNews en demeure de se conformer à l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion.



Quelques jours plus tard, Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, dans le giron de Vincent Bolloré comme CNews, dénonce, dans une tribune publiée par Le Figaro, une décision visant à « faire taire (…) une chaîne que des millions de Français choisissent librement ».




Analysant le traitement des célébrations post-victoire du PSG, le soir du 30 mai, Acrimed demande comment les pouvoirs publics comptent contenir la haine bien réelle déversée à flux continu par une chaîne d’extrême droite bénéficiant d’une fréquence publique…


Aujourd’hui, on apprend que le patron du média identitaire Frontières, partenaire de CNews, a été rémunéré en 2020 et 2021 par un think tank hongrois proche de Viktor Orbán. Cette structure a récemment été identifiée par les autorités françaises comme partie prenante d’un réseau d’influence étrangère, d’après les informations de Mediapart.



«Si vous fermez CNews, il y aura un écran noir, mais ce sera un soulèvement», alerte Philippe de Villiers, dans l’émission CNewsesque #FaceaPhilippeDeVilliers.


Alors, oui au soulèvement, mais un soulèvement de fraîcheur, ou plutôt un soulagement, oui à la fin des imprécations racistes et du journalisme de préfecture, de l’appel à la haine, du déni des violences policières, de la surenchère permanente et de l’amplification systématique des faits de violence, de l’altérisation, l’ essentialisation, la racialisation des auteurs réels ou supposés de ceux-ci, de la falsification du réel, de la criminalisation – voire la pathologisation – à outrance des « fauteurs de trouble », en opposant « les honnêtes gens d’un côté, ceux qui se lèvent, qui font tourner l’économie, qui ouvrent leurs magasins, et puis ceux qui en quelques secondes […] vont tout casser », de l’exacerbation continue du ressentiment et de la haine raciale, de la stigmatisation de ces « fils d’immigrés […] qui ont été dressés à mordre »…

Alors, oui! CNews et Frontières, fermez-la !



RD

Avocats et magistrats se mobilisent contre les « conditions dégradées de travail » et la réforme de la justice criminelle



Plusieurs rassemblements d’avocats et de magistrats sont organisés, lundi, à travers la France pour protester contre la réforme de la justice criminelle portée par Gérald Darmanin. Ils manifestent aussi pour dénoncer les conditions de travail et le manque de moyens.



Cette manifestation sert « à dire à nos concitoyens que la justice n’a actuellement pas les moyens d’assurer une protection suffisante » explique sur France Inter Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats.



Prévue à l’agenda de l’Assemblée Nationale le 7 juillet prochain, une proposition de loi (PPL), déposée par le député (LR) Eric Pauget, vise à instaurer une « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». Ce texte est soutenu par le gouvernement : celui-ci a déjà fait adopter, lors d’une première discussion à l’Assemblée Nationale en janvier 2026, un amendement tendant à créer une présomption de légalité des tirs par les forces de l’ordre.



La LDH s’associait à la mobilisation nationale de ce lundi 29 juin.

« Nous continuons à exiger l’abandon de l’intégralité de la réforme SURE portée par le garde des Sceaux et à faire entendre notre voix pour une justice de qualité. »

Canicule : la gestion de la crise révèle les limites de l’action publique



La réaction des pouvoirs publics à l’épisode caniculaire de ce mois de juin révèle la difficulté plus structurelle de l’Etat à anticiper, planifier et agir avant que des événements ne s’imposent.



Le gouvernement essuie les critiques de la classe politique face à sa gestion de la canicule.

Alors que la France continue d’enregistrer des records de température, le gouvernement tente d’agir. Mais l’exécutif est accusé d’avoir manqué d’anticipation. La classe politique s’indigne et critique la gestion du gouvernement.



Canicule et services publics sous pression, le gouvernement promet l’urgence tandis que les failles d’anticipation apparaissent.

Sous la canicule, écoles, trains, hôpitaux et réseau électrique vacillent. L’exécutif mobilise les secours, mais les critiques sur l’anticipation climatique s’intensifient.



« On est largement en retard » : qu’ont fait les différents gouvernements pour adapter la France aux fortes chaleurs depuis la canicule de 2003 ?

Alors que la France suffoque, le gouvernement de Sébastien Lecornu est accusé de ne pas avoir suffisamment préparé le pays à ces vagues de chaleur. Une critique récurrente qui vise tous les exécutifs depuis la tragédie de 2003.



Chaleur au travail : ce que peuvent faire les salariés et ce que prévoit la loi.

Droit de retrait, alerte à l’inspection du travail ou encore grève : alors que la canicule due au réchauffement climatique frappe la France pour la seconde fois en 2026, que peuvent faire les salariés en cas d’inaction de leur employeur ?



Canicule au travail : travailler sous 40°C ne doit jamais devenir la norme !

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur frappe le pays, la CGT alerte sur l’extrême gravité de la situation pour des millions de travailleuses et de travailleurs.

La LDH tient ses promesses: un référé-liberté a été déposé au Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne contre le couvre-feu à TROYES



La LDH, représentée par Mes Romain Mainnevret et Mathieu Malblanc, avocats associés à Châlons-en-Champagne, a déposé ce jour un référé-liberté contre l’arrêté pris le 17 juin par le maire de Troyes, auprès du juge des référés du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

L’audience est fixée au mardi 30 juin à 9h.

L’intérêt à agir de la LDH contre l’arrêté en litige est pleinement établi. Le Conseil d’État reconnaît constamment l’intérêt à agir d’une association nationale contre une mesure de police locale dès lors que la décision attaquée soulève des questions de principe relatives aux libertés publiques qui, par leur nature et leur objet, excèdent les seules circonstances locales.

La condition d’urgence prévue par l’article L. 521-2 du code de justice administrative est, dès lors, pleinement satisfaite.

Il s’agit d’une atteinte grave aux libertés fondamentales, remettant en cause la liberté d’aller et venir ainsi que la liberté personnelle et l’intérêt supérieur de l’enfant, par son caractère inadapté, non nécessaire et disproportionné : elle vise l’ensemble des mineurs de moins de dix-huit ans, est excessive dans la durée, ne prévoit aucune exception ; enfin l’arrêté est litigieux et entaché d’incompétence, une telle mesure relevant de l’autorité de l’Etat en la personne du préfet qui le représente et non du maire.

La LDH demande au juge des référés du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne de:

  • ORDONNER la suspension immédiate de l’exécution de l’arrêté municipal n° 2026-2992 du 17 juin 2026 dans son intégralité,
  • METTRE à la charge de la Commune de Troyes la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du Code de justice administrative à verser à la requérante.

Nous serons présent.e.s à Châlons le mardi 30 juin et ne manquerons pas de vous tenir informé.e.s de la suite donnée à ce référé-liberté.

RD

Affaire Lyannah : derrière la communication du gouvernement, ce que révèle (vraiment) le rapport d’inspection



Un pré-rapport d’inspection, publié ce lundi, a révélé les coulisses des dysfonctionnements judiciaires ayant accompagné l’assassinat de la jeune Lyannah, le 29 mai dernier. Depuis, le gouvernement macroniste s’empresse de pointer du doigt les supposés responsables, avec promesse de sanctions. Et ce quitte à instrumentaliser le contenu même du rapport, en refusant de se confronter aux conséquences de leurs propres politiques publiques.


Mais Darmanin a trouvé la solution.

Lyhanna : Gérald Darmanin annonce « un choc numérique au ministère de la Justice » et « promet le zéro papier d’ici six mois ».

Le garde des Sceaux affirme que le ministère va « tout scanner » avec l’aide de « l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ».



Quand on voit un élu promettre l’attribution d’un logement social et d’un emploi en tant que maire ou encore la révision d’une condamnation, grâce à sa copine Alliot-Marie, en échange de faveurs sexuelles, on sait très vite à qui on a affaire. Jamais mis en examen malgré la réalité avérée d’un « viol par surprise » et d’un rapport sexuel « extorqué »« ni libre, ni consenti », il n’a jamais été jugé, bénéficiant d’un non-lieu en juillet 2022, confirmé par la cour d’appel de Paris en janvier 2023 et par la Cour de cassation en février 2024.


Analyse

Il ne faut pas espérer que le personnage devienne un parangon de vertu et qu’il se soucie du problème des abus et violences sexuels. C’est un personnage malsain à la base, qui ne fait de politique depuis l’âge de 16 ans que pour satisfaire sa soif de reconnaissance et ses besoins personnels.

Un DEUG d’histoire et un diplôme de Sciences-Po Lille ne confèrent pas nécessairement un haut niveau de moralité. 

Il est tellement plus facile de s’en prendre aux sous-fifres et de faire des annonces « chocs », en l’occurrence plus aucun papier au ministère de la Justice. On efface plus facilement un fichier informatique qu’un lourd dossier papier. Plus de traces. Hormis sur les murs des chiottes, s’il parvenait à appliquer à la lettre sa promesse… intenable par ailleurs, puisqu’ il n’y aura pas un centime supplémentaire pour équiper les tribunaux du matériel nécessaire.

Darmanin ment comme il respire. Pris le doigt dans le pot de confiture, il dit encore que c’est l’autre.

Pour ne citer qu’un autre exemple, alors ministre de l’Intérieur, Il affirmait, en mars 2023 en conférence de presse, que  les gendarmes n’avaient « pas lancé de LBD » à Sainte-Soline, pour revenir le lendemain sur sa déclaration, après la diffusion de vidéos probantes ; que les forces de l’ordre n’avaient « pas empêché les secours d’intervenir« , mais plutôt les « casseurs », alors que les observateurs de la LDH avaient constaté qu’il n’y en avait pas alors sur place depuis au moins 30 mn, un pompier et un opérateur de SAMU ayant observé que les secours étaient bloqués par les gendarmes alors qu’un manifestant était en danger de mort ; qu’ »aucune arme de guerre » n’avait été utilisée, des journalistes présents sur place ayant toutefois repéré des « GM2L », armes classées en catégorie A2, celle-ci définissant des « armes de guerre » ; que « des gaz lacrymogènes n’ont pas été utilisés contre les blessés« , ce qui fut démenti par de nombreux témoignages et vidéos ; et concernant les 7 policiers de la BRAV-M ayant intimidé et menacé 7 manifestants, qu’ils n’avaient « pas été identifiés formellement » et qu’ils n’étaient d’ailleurs « pas engagés » ce jour-là, alors que des membres de la 21ème compagnie d’interventions de la BRAV-M étaient effectivement présents et avaient été clairement identifiés, tenant par ailleurs des propos racistes et terroristes…



Il est aujourd’hui garde des Sceaux, ministre de la Justice. Et il ne veut pas démissionner.



RD

NB: le 2ème partie, volontairement polémique de cet article (analyse) n’engage que son auteur.

Chaude actualité…



Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream.

Le gouvernement s’apprête à faire voter une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers qui font usage de leur arme. La mesure est assimilée à un « permis de tuer » par ses détracteurs et rompt avec le principe d’égalité devant la loi.



« Une faute morale et politique » : des responsables talibans attendus à la Commission européenne pour parler immigration

Cinq responsables talibans ont reçu l’autorisation d’entrer en Belgique, attendus ce mardi à Bruxelles pour évoquer avec la Commission européenne le renvoi d’exilés afghans vers leur pays d’origine, une perspective dénoncée par des élus et des ONG.



Menacé après la condamnation du fondateur du média identitaire Frontières, le juge Youssef Badr annule sa venue à Reims.

La rencontre prévue ce lundi 22 juin après-midi avec le juge Youssef Badr à la bibliothèque universitaire Robert de Sorbon à Reims est annulée. Une annulation qui intervient dans un contexte de menaces portées contre le magistrat depuis la condamnation du fondateur du media identitaire Frontières.



« Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir » : une enquête pour incitation à la haine ouverte après la diffusion d’une vidéo tournée dans une discothèque de l’Aveyron.

Depuis le 6 juin, une vidéo prise dans une boîte de nuit de Rodez (Aveyron) a été vue par plusieurs milliers de personnes et repartagées par de nombreux comptes. Sur ces images, on peut voir un groupe de personnes alcoolisées entonner des chants racistes. Une enquête pour incitation à la haine a été ouverte par le procureur.



Pétition : pour un Défenseur des droits à la hauteur de la fonction.

Sophie Binet, SG de la CGT, et des milliers d’autres personnes, représentant.es d’organisations, chercheur.e.s, personnalités et citoyen.nes sont signataires de la pétition « Défenseur des droits : une nomination déterminante pour les droits et libertés » – pour marquer leur opposition à l’éventuelle nomination de François-Noël Buffet.



Face aux canicules, le grand chantier du siècle.

La protection thermique des logements, des écoles, des hôpitaux et des villes doit devenir une grande infrastructure publique du XXIe siècle. Comme l’eau potable, l’électricité ou le rail hier, elle doit être planifiée, financée et organisée collectivement.




Les experts du ministère de la Santé devraient, après ces précieuses instructions, se pencher à présent sur la façon de consommer d’autres boissons…

Le peuple a le droit de savoir !

RD

Une commission mandatée par l’ONU accuse Israël de « cibler » les enfants palestiniens et dénonce la poursuite d’un « génocide » à Gaza



En septembre, la commission avait expliqué que les autorités et forces de sécurité israéliennes avaient commis « quatre des cinq actes génocidaires » définis par la Convention de 1948 sur le génocide.

Dans son nouveau rapport, publié mardi 23 juin, une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé Israël de « cibler » les enfants palestiniens dans la bande de Gaza, dénonçant une fois encore un « génocide » en cours. Srinivasan Muralidhar, président de la commission, a affirmé, dans un communiqué, qu’« en prenant pour cible des enfants, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister et de déterminer son avenir ».


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