La retraite à 67 ans et demi ?



« Non, le Conseil d’orientation des retraites ne propose pas la retraite à 67 ans et demi ».

À un an de l’élection présidentielle, le rapport du Conseil d’orientation des retraites est plus scruté que jamais. Au risque de faire l’objet d’une récupération pour pousser à un nouveau décalage de l’âge de départ à la retraite à plus de 67 ans.



N’en déplaise à Agnès Verdier-Molinié, qui prône un départ à la retraite à 67 ans dès 2041, ça risque d’être compliqué pour certains, un tiers des hommes les plus pauvres décédant avant cet âge selon une étude de l’INSEE.



Comment la droite instrumentalise les rapports du COR pour repousser l’âge de départ : des éléments du rapport 2026 du COR ont fuité bien avant son adoption, ce jeudi. Plusieurs voix s’insurgent devant le scénario mis en avant d’un départ à 67,6 ans en 2070, alors qu’il existe de nombreuses pistes de financement.

Lyhanna : oui à la justice, halte à la démagogie



« Beaucoup de magistrats sont partagés entre l’incompréhension, la colère et l’écœurement », décrit un procureur.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a, lui aussi, déploré mardi le « discrédit jeté sur des milliers de magistrats, qui travaillent sans relâche dans un contexte difficile », répondant aux critiques sur le traitement judiciaire de l’affaire Lyhanna.



N’y a-t-il vraiment eu « qu’une sanction en quinze ans » contre des magistrats, comme le dit Bruno Retailleau ?

Les réactions politiques pointant la responsabilité de défaillances du système judiciaire dans la mort de Lyhanna, 11 ans, s’enchaînent. L’exécutif dénonce des « failles«  et des « dysfonctionnements«  qui ont conduit à ce que le principal suspect dans la disparition de la collégienne, dont le corps a été retrouvé le 4 juin, n’a jamais été inquiété alors qu’il était visé par plusieurs plaintes, dont certaines pour des viols sur mineures. 




Une justice empêchée par les choix de Gérald Darmanin. Même si la macronie cherche désespérément à se défausser, les faits parlent d’eux-mêmes : la mort de la jeune Lyhanna, dans le Gers, révèle une écrasante responsabilité du gouvernement. Et notamment du ministre en place, Gérald Darmanin. Une tribune de l’avocat Romain Ruiz.



« Notre amour est complètement légitime » : revendicative et politique, la Marche des fiertés de Troyes a rassemblé plus de 400 personnes



La traditionnelle Marche des fiertés LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenres, queers, intersexes, asexuel(le)s, et autres) de Troyes (Aube) s’est déroulée en centre-ville, dans l’après-midi du samedi 6 juin 2026. Plus de 400 personnes y ont participé, deux semaines après la Pride de Reims (Marne).

Les histoires d’amour avec l’extrême droite finissent mal, en général

Berlin 1945



La jeunesse française serait de plus en plus encline à estimer qu’un pouvoir politique autoritaire serait souhaitable. Seul un jeune sur deux préfère sans réserve la démocratie aux autres systèmes politiques.

Quatre d’entre eux ont confié leurs motivations dans une enquête intitulée « Il nous faudrait un Poutine » : ces jeunes Français qui rêvent d’un pouvoir autoritaire.



Cette jeunesse semble ignorer que l’histoire, qu’ils connaissent trop mal, est têtue.

Quand les Allemands ont confié leur sort au nazisme et à Hitler, son leader, le 30 janvier 1933, ils ignoraient que, 12 ans et 3 mois plus tard, celui-ci se donnerait la mort avec sa compagne Eva Braun, qu’il venait d’épouser pour l’occasion.

Deux jours plus tôt, Intercepté le 26 avril par des partisans communistes près du village de Dongo (Italie), Mussolini était jugé et exécuté le 28 avril en compagnie de sa maîtresse Clara Petacci. 

Au procès de Nuremberg, Intenté par les forces alliées contre vingt-quatre hauts responsables nazis qui s’est tenu du 20 novembre 1945 au 1er octobre, douze des accusés, dont Hermann Göring, Wilhelm Keitel, Joachim von Ribbentrop et Ernst Kaltenbrunner, furent condamnés à mort. Les autres furent condamnés à des peines de prison allant de dix ans à la perpétuité.

On ne compte plus les dictateurs dont le sort ne fut pas plus enviable : Staline, Mao, Ceausescu, Saddam Hussein, Kadhafi ainsi que d’autres moins connus : Trujillo, Diem, Papa Doc et Baby Doc, Tito, Marcos, Stroessner… Bachar al-Assad, le “Boucher de Damas“ s’est réfugié à Moscou.



L’agonie mise en scène de Franco se voulut le feuilleton christique d’un Caudillo faisant don de sa personne à l’Espagne mais ne fut pas pour autant très ragoûtante, quoique largement saluée par ses victimes et leurs descendants.

Peu de dictateurs sont morts dans leur lit et la liste interminable de ceux-ci et de leur fin souvent tragique ou pour le moins mouvementée devrait être davantage enseignée dans les écoles.



On entend aujourd’hui toutes sortes de commentaires sur la paranoïa de Poutine qui ne daterait pas d’hier mais qui se sentirait suffisamment en danger pour avoir renforcé les protocoles de sécurité autour de sa personne.

Trump, qui joue son fier-à-bras, n’a-t-il pas déjà été victime de 5 tentatives d’assassinat en 10 ans ? Mais est-il le symptôme d’une époque violente ou en est-il aussi l’une des causes ?

Et qu’en est-il du sort des populations durant ces périodes funestes et celles qui s’ensuivent ? Combien de victimes ?  Quel prix doivent-elles payer pour retrouver un niveau de vie correct et pendant combien d’années vont-elles devoir endurer les conséquences de la folie des tyrans et despotes qu’elles ont portés au pouvoir ?

Malgré le vernis de ses candidats, de plus en plus craquelé cependant, l’extrême droite ne cache plus son projet : remise en cause de la démocratie et des droits fondamentaux, imposition de sa vision autoritaire de notre société. De plus en plus décomplexée, elle confirme chaque jour ses idées traditionnalistes et réactionnaires, son antiparlementarisme, son racisme, son islamophobie, son antisémitisme, son nationalisme son homophobie et son sexisme.

Avant même les élections municipales de 2026, on connaissait le bilan de la gestion des municipalités par l’extrême droite.

Chargeur En cours de chargement…
Logo EAD Cela prend trop de temps ?

Recharger Recharger le document
| Ouvert Ouvrir dans un nouvel onglet


Et pourtant, celle-ci ne cesse de progresser, multipliant par 3 le nombre de ses édiles en France et mettant en application ses sinistres promesses phares: le maire de Liévin supprime l’hommage du 1er Mai aux victimes de la catastrophe minière de 1974 ; à Carpentras, lors des commémorations du 8 Mai 1945, c’est l’hymne pétainiste « Maréchal nous voilà » qui résonne dans la ville ; la subvention au Planning familial est supprimée ; à La Flèche, le maire décroche le drapeau européen de la mairie ; à Vierzon, la municipalité annule la commémoration de l’abolition de l’esclavage du 10 mai ; à Carcassonne, le maire s’empresse de supprimer le drapeau européen, prendre un arrêté anti-mendicité, supprimer la subvention et le local de la LDH, couper le budget publicité et communication municipale dédié à trois journaux de presse locale accusés de « salir la ville et de manquer de neutralité » ; à Sainte-Savine, le chef de file de l’opposition RN au conseil municipal remet en cause les subventions à deux associations parce qu’elles « combattent les idées de certains d’entre eux » : la LDH pour son positionnement politique et ses appels à manifester contre le parti de Marine le Pen ainsi que le tiers lieu associatif Aux Adelphes qui « fait la promotion (sic) sur ses réseaux sociaux de la Palestine » et « organise dans ses locaux des réunions non mixtes, interdites aux hommes. » (Libération-Champagne jeudi 23 avril 2026)

Plus cette évolution ira en s’amplifiant, plus la France s’enfoncera dans une dérive mortifère que je ne veux vraiment pas pour mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Jeunesse, ressaisis-toi avant qu’il ne soit trop tard !

RD

Ah! le joli mois de mai 2026 !


58 ans après, on en est encore presque au même point.

Ceux qui n’étaient pas nés en ont nécessairement entendu parler. Les « événements » de mai-juin 1968 ont marqué l’histoire d’une empreinte indélébile. Déclenché par une révolte chez les étudiants, le mouvement a gagné le pays tout entier et en particulier le monde ouvrier. L’Etat a vacillé. On dit que face à la mobilisation étudiante puis à la grève générale, les forces de l’ordre auraient découvert « la modération et un souci inédit des manifestants ». Dans la réalité, il en fut bien autrement. C’est à cette époque qu’est née la brigade des “voltigeurs”, l’ancêtre des Brav-M, démantelées après la mort de Malik Oussekine en 1986, mais réinventées en 2019 sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Mai 1968 fit 7 morts officiels en France.

Aujourd’hui, la machine policière est tellement bien rodée que les violences et la répression font partie du paysage français.

Mai 2026 démarra en fanfare par la remise en cause de la Fête des Travailleuses et des Travailleurs.

Un texte favorisant le travail le 1er Mai a fait l’objet d’une manœuvre des députés du bloc central, visant à en accélérer l’examen: le seul jour férié et chômé de l’année aurait bien pu disparaître sans la mobilisation unanime des huit grandes centrales syndicales.



Mi-mai, des militants ardéchois et drômois ont fomenté deux actions de blocage et de contestation d’une déviation construite à côté de Valence. Si les premiers s’en sont sortis avec une amende, les seconds ont subi une forte répression.



Le 16 mai, 500 personnes défilaient dans les rues de Bayonne pour dénoncer la répression qui touche les militants au Pays basque et, plus largement, défendre la liberté d’expression face aux dérives autoritaires, pour le droit de militer sans se faire réprimer.



Des militants tiraient la sonnette d’alarme face à une tendance croissante à criminaliser le soutien à la Palestine sur les campus universitaires français. Ils dénoncaient les descentes de police, expulsions et arrestations systématiques et les restrictions drastiques des libertés dans le cadre universitaire.



Quelques jours après, le Sénat votait les premières mesures du projet de loi « Ripost », incluant une possible peine de prison pour les participants aux free-parties. Voulu par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, le texte, qui portait également sur la répression des rodéos motorisés, entendait apporter des « réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité » des Français, d’où son acronyme « Ripost ».



La LDH s’engageait au côté des organisateurs pour demander au parlementaires d’« Arrêter de pratiquer une politique restrictive et qui marginalise les musiques électroniques. Reconnaître ce pan comme un patrimoine peut être un grand pas pour changer de paradigme à son égard ».  (Inventaire national du patrimoine culturel immatériel français).



Quelques jours après encore, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, était mise en examen pour diffamation pour avoir « dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal ». Le directeur de publication de l’Humanité, Fabien Gay, était également poursuivi et mis en examen pour avoir laissé diffuser ces propos.



Enfin, dans un communiqué, la LDH dénonçait à nouveau les violences policières et l’intensification de la répression des rassemblements festifs.



Les quelques faits évoqués ici ne constituent qu’un inventaire rapide des marques flagrantes d’un durcissement de la politique répressive de la police française, agissant au nom de l’Etat, parfois, voire de plus en plus souvent cependant, sans plus aucun contrôle de celui-ci.

En 1968, le peuple s’était soulevé au point de mettre en péril l’autorité de l’Etat. Celui-ci avait répondu avec la plus grande fermeté. Aujourd’hui, le gouvernement réagit avec la plus grande des brutalités et sans discernement face à des manifestations pacifiques de militants écologistes, qui ne demandent qu’à préserver l’environnement et la qualité de vie de leurs enfants, face à des rassemblements d’étudiants qui refusent le massacre du peuple palestinien, face à des teufeurs qui ne demandent qu’à se détendre et s’amuser, en défendant les musiques qu’ils aiment, face à des responsables syndicalistes et des journalistes coupables de dénoncer la répression d’ouvriers « qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions. »

Un tel déploiement de violence et la disproportion des réponses des pouvoirs publics à des actes qu’on peut qualifier de plutôt « bon enfant », pour le moment, ne peuvent que nous interroger sur d’éventuelles craintes, de leur part, de voir le peuple français se soulever.

J’ai toutefois l’impression qu’on n’en est pas encore là…

RD

Que se passe-t-il quand l’extrême droite s’empare de la culture



« Débat pluraliste » entre extrême droite et droite extrême

Nicolas Dupont-Aignan, Boualem Sansal, Éric Naulleau, Rachel Khan, Gilbert Collard… Voici quelques-unes des têtes d’affiche de la troisième édition du « Printemps de la liberté d’expression », une série de conférences et de séances de dédicaces organisées par la ville de Perpignan au Palais des congrès qui s’est achevée ce dimanche 31 mai.



Propagande, mensonge et désinformation

La présence de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de RT France, sur les antennes de CNews interroge sur la diffusion de narratifs liés au Kremlin et sur les responsabilités des médias face à la désinformation.



Intimidation idéologique et asphyxie économique

D’un côté, on dresse des listes noires. De l’autre, on coupe les budgets. Entre intimidation idéologique et asphyxie économique, la culture devient un terrain d’affrontement politique. Ce que l’extrême droite attaque aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des artistes ou des institutions. C’est la possibilité même d’un imaginaire libre.



Dérives dans le cinéma, l’audiovisuel, le secteur du livre

Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe Canal+, a montré sa capacité de nuisance dans le secteur de l’édition. Alors qu’il est à la tête d’une chaîne du livre qui va des éditeurs aux distributeurs et aux points de vente, il a mis en coupe réglée des maisons d’édition autrefois réputées pour le sérieux et la diversité de leurs publications.



Censure

La projection de deux films vient d’être annulée par le maire de Gouzon (Limousin). Il assume son choix, estimant que la soirée était trop militante. Il s’agissait de documentaires réalisés par l’association Carduelis sur la présence du loup et la gestion forestière. Carduelis dénonce une censure.




On battra l’extrême droite par un projet

Il faut bien sûr contredire chaque pièce de l’argumentaire néfaste, mais il convient avant tout de déconstruire le récit global, celui qui nourrit les imaginaires et qui, in fine, oriente les choix des individus. Et cette déconstruction sera d’autant plus efficace qu’elle s’appuiera sur une construction franchement alternative, sur un récit aussi cohérent qui met au centre, non pas le repli sur soi mais l’émancipation. En bref, une manière innovante et radicalement progressiste de remédier à la peur et au déclin, aux difficultés de la vie et au besoin d’avenir.


Samuel Paty au Panthéon ? Débat.

Par Nicole François et Rémy Dufaut





Au moment où le livre « Le cours de Monsieur Paty » de Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, et le film « L’abandon » de Vincent Garenq, présenté au festival de Cannes, ravivent le sort tragique de ce professeur assassiné en octobre 2020, deux positionnements s’opposent au sujet de son éventuelle panthéonisation.

D’une part, un comité, composé d’enseignants, d’universitaires, d’historiens, de journalistes, de personnalités politiques, et de membres de sa famille, a lancé une requête pour demander l’entrée au Panthéon de Samuel Paty. Projet qui a l’appui du « Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République », et de l’ »Association des professeurs d’Histoire-Géographie-EMC ».

L’argumentation : « Panthéoniser Samuel Paty serait bien plus qu’un hommage à un homme. Ce serait reconnaître le courage discret des professeurs qui, chaque jour et sans protection, font tenir la promesse républicaine dont la laïcité est l’un des ciments ».

Adressée au Président de la République, cette demande vise à honorer celui que Robert Badinter avait qualifié, au lendemain de l’assassinat, de « héros de la laïcité ».

Un héros du quotidien, un héros discret de la nation.

Un héros ordinaire, un héros malgré lui.

Victime de la barbarie, Samuel Paty a exercé au péril de sa vie. Malgré les menaces, il a choisi de défendre et d’expliquer à de jeunes élèves le droit à la critique et à la liberté d’expression. Former à l’esprit critique, c’est une des missions du programme d’enseignement moral et civique.

L’entrée de Samuel Paty au Panthéon serait une manière pour l’État français d’affirmer son attachement à la liberté d’expression et à la laïcité.

Une entrée non pas à cause de ce qu’il a subi, mais à cause des valeurs qu’il incarnait et qu’il avait à cœur de transmettre.

Un geste fort pour rappeler à ceux qui sont encore tentés de dire « il n’aurait pas dû » que le blasphème n’existe pas en France, pays laïque (la loi concernant le délit de blasphème a été abolie en 1791) et pour répéter aussi, inlassablement, pas seulement aux jeunes, que dans l’école de la République, c’est la loi de la République qui s’applique, et non pas celle d’une religion quelle qu’elle soit, principe essentiel de la laïcité !



Le livre de Mickaëlle Paty (programme détaillé jour par jour)


 

« Il faut réfléchir à la question », a prudemment répondu Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale.

Certains espèrent, le cas échéant, que la panthéonisation de Samuel Paty se tienne dans l’établissement où il enseignait, le collège du Bois-d’Aulne rebaptisé « collège Samuel-Paty ». « Car il a beau avoir été un homme comme un autre, c’est bien d’un professeur qu’il s’agit et, à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. » 


D’autres historiens et professeurs d’histoire en désaccord avec ce projet estiment qu’il faudrait, dans ce cas, proposer la même chose pour les professeurs Agnès Lasalle et Dominique Bernard, assassinés eux aussi lors de leur mission d’enseignement, même si les circonstances sont différentes. Ils éprouvent un certain malaise face à « l’héroïsation » et préféreraient une prise de distance avec l’émotion suscitée par l’assassinat de leur collègue, en octobre 2020.



Plutôt que de faire du Panthéon un lieu d’hommage à Samuel Paty, ils attendent plutôt un signal clair de la République quant à la place d’une profession « de plus en plus maltraitée » par l’institution scolaire, notamment à travers les atteintes à la liberté pédagogique.


La pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et ouverte le 21 mai 2026 comptait alors 28 signatures (plus de 59000 à ce jour), avec un seuil de 100 000 signatures requis pour être mise en ligne sur le site de l’Assemblée. Mais elle est pour eux porteuse d’ambiguïté, lui reprochant notamment de « faire remonter dans la liste des signataires de la pétition des noms qui ne se sont jamais illustrés dans la défense d’une école émancipatrice ni même plus banalement des libertés publiques (Chevènement, E. Badinter, E. Philippe, A. Genetet, toute une brochette de « Sages » de la laïcité, etc). »


Ils font remarquer le risque de récupération politique de l’image de Samuel Paty par l’extrême droite notamment. Idée mise en avant par l’autre sœur de Samuel Paty, Gaëlle Paty, libraire à Marciac, qui refuse de vendre le livre « Le cours de Monsieur Paty » et est résolument contre la médiatisation de cet évènement si douloureux.

Surpopulation, morts, manque de surveillants… La contrôleuse des lieux de privation de liberté publie son rapport annuel



Le rapport annuel de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté alerte jeudi sur la surpopulation carcérale. Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, pointe des conditions de vie dégradées, une hausse des décès et le manque de surveillants.



Prison et troubles psychiatriques : la difficile quête d’alternatives.

Près d’un tiers des personnes détenues souffriraient de troubles psychiatriques, dans des prisons françaises frappées par une surpopulation record. Faute de structures adaptées et de moyens suffisants, les dispositifs actuels peinent à répondre aux besoins. Des initiatives locales et plusieurs modèles étrangers tentent néanmoins d’ouvrir d’autres voies, encore marginales.



« Nos établissements en période de canicule deviennent des cocottes minutes », prévient le secrétaire général de FO-Direction.

Un épisode de chaleur traverse la France depuis quelques jours rendant les conditions de détention très compliquées dans certains établissements pénitentiaires.



Le préfet de l’Aube Pascal Courtade prend la tête de l’administration pénitentiaire.

Le nouveau directeur général succède à Sébastien Cauwel, nommé préfet du Tarn-et-Garonne. Il prendra officiellement ses fonctions le 1er juin, sur fond de surpopulation carcérale historiquement élevée.



Dans l’Aube, des prisons hors-sol et la réinsertion dans l’impasse.

Personnes détenues sans projet de sortie dans la région, établissements isolés, services publics sous-dimensionnés : les prisons de l’Aube, qui ne cessent de s’agrandir, illustrent l’impasse d’une politique carcérale centrée sur la gestion à court terme de la surpopulation, au détriment du droit à la réinsertion des personnes détenues.



Si le bilan de Pascal Courtade dans le département qu’il quitte n’est pas rassurant pour la France, il est également à l’image de celui de l’Europe.

Forte surpopulation carcérale et proportion croissante de personnes âgées et de femmes parmi les détenus dans les prisons européennes.

Le « Canon Français » : interdire ou faire mieux ?



« L’alimentation est le lieu où se cristallisent de nouvelles tensions géopolitiques et identitaires ».

La spécialiste de l’alimentation Julia Csergo analyse la manière dont les pratiques culinaires fantasmées sont instrumentalisées à des fins politiques.



Faut-il interdire le « Canon Français » ?

Le débat par Sonia Devillers sur France Inter.

Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados. Tugdual Denis, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, auteur de “La Cendre et le feu, enquête intime au cœur de la droite française” (Robert Laffont).



Pique-nique Républicain & Populaire – Samedi 30 mai 12H – Champ-de-Mars à COLMAR.

Rejoignez l’appel cosigné par plus d’une soixantaine d’organisations, de personnalités et d’élu·es locaux à participer à un pique-nique républicain et populaire à COLMAR (68) ce samedi 30 mai 2026, en réaction à la venue du « Canon Français ».

La LDH a tenu son 93ème congrès national: des résolutions très attendues par les militants


Nathalie Tehio a été reconduite à son poste de présidente.

Le 93ème congrès national de la LDH s’est tenu à Rennes les 23,24 et 25 mai. A l’issue du congrès, le Comité national renouvelé a élu le Bureau national et réélu Nathalie Tehio présidente.

Lionel Brun-Valicon est trésorier, Emmanuelle Jourdan-Chartier et Evelyne Sire-Marin sont vice-présidentes.

Pierre-Antoine Cazau, Barbara Durot, Rozenn Guéguen-Caruso, Hadrien Maury-Casalta, Nathalie Rangognio sont co-secrétaires générales et généraux.

Patrick Canin, Sophie Giroud, Isabeau Le Bourhis, Jan Robert Suesser sont membres du bureau.

Composent désormais le Comité national :

Premier collège : Habiba Bigdade, Sophie Bachmann, Pierre Bernat, Capucine Blouet, Nicolas Bourbon, Ingrid Boury, Lionel Brun-Valicon, Patrick Canin, Pierre-Antoine Cazau, Pierrick Clément, Cyrille Crisnaire, Barbara Durot, Grâce Favrel, Sophie Giroud, Rozenn Gueguen Caruso, Fabienne Haloui, Thomas Houdusse, Sarah Hunet-Ciclaire, Emmanuelle Jourdan-Chartier, Philippe Laville, Isabeau Le Bourhis, Lucas Lévy-Lajeunesse, Kristina Lowis, Hadrien Maury-Casalta, Franck Merlin-Anglade, Nicolas Moysan-Laroy, Emmanuel Naquet, Rosa Ould Ameziane, Pauline Pawlotsky, Jean-Claude Pilet, Nathalie Rangognio, Vincent Rebérioux, Alexandre Richard, Vladimir Sestovic, Evelyne Sire-Marin, Jan Robert Suesser, Nathalie Tehio, Agnès Tricoire, Marie-Christine Vergiat, Philippe Vervaecke 

Second collège :

Second collège : Jean-Michel Arberet (Ile-de-France), Antoine Boutet (Pays de la Loire), Christian Braquet (Provence-Alpes-Côte d’Azur), Marie Agnès Chalumeaux (Bourgogne-Franche Comté), Christian Eypper (Centre Val de Loire), Patrice Ganot (Guadeloupe), Jean-Claude Guicheney (Nouvelle-Aquitaine), Myriam Matonog (Auvergne-Rhône-Alpes), André Paccou (Corse), Clément Pialat (Grand Est), Eric Puren (Normandie), Julie Tanneau (Bretagne), Alain Vantroys (Hauts-de-France).


La LDH, aussi Ligue des droits humains 



Cette mention de « droits humains » faisait l’objet d’un débat depuis de nombreuses années au sein de la LDH.

Une consultation des sections a été lancée en 2023 concernant un éventuel changement de nom de la Ligue des droits de l’Homme. A la suite de celle-ci et malgré de nombreuses réponses en faveur d’un changement vers l’appellation « Ligue des droits humains », le Comité national a décidé de ne pas modifier le nom initial, au prétexte que la LDH avait été créée sur les bases de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, élargie par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Le Congrès de 2026 a enfin tranché:

La Ligue française pour la défense des droits de l’Homme et du Citoyen, créée en 1898 en référence à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) de 1789, se dénommait jusqu’ici en abrégé dans ses statuts, « LDH » et « Ligue des droits de l’Homme ». Réunie en congrès à Rennes, du 23 au 25 mai 2026, l’association vient d’ajouter à ces dénominations un troisième nom abrégé, qui peut donc également être utilisé pour la désigner : « Ligue des droits humains ».



La LDH a adopté une résolution « Contre la loi du plus fort, choisir l’Etat de droit ».


Dans cette résolution, la LDH rappelle avec solennité que l’extrême droite au pouvoir s’emploie toujours à détruire l’Etat de droit, faisant courir un danger mortel à la démocratie.

(..) L’histoire nous enseigne que les démocraties ne disparaissent pas brutalement, mais se désagrègent lorsqu’elles cessent d’être défendues. Aujourd’hui, l’urgence est là. Il s’agit de débattre, mais aussi d’agir, de voter, de s’unir et de se mobiliser pour empêcher que s’impose un modèle politique fondé sur l’exclusion, la peur et l’arbitraire. La démocratie ne se préserve pas : elle se construit chaque jour. Contre la loi du plus fort, nous faisons le choix des droits, de la démocratie et de l’État de droit.  



RD

Global Sumud Flotila : la France est elle vraiment la patrie des Droits de l’Homme ?




La question n’est pas nouvelle et opposait déjà les historiens un siècle avant le bicentenaire de l’adoption de la Déclaration des Droits de l’homme, célébré en grande pompe le 26 août 1989, au pied de l’Arche de la Défense.



Il y a 20 ans, la question se posait toujours mais de façon plus précise encore, la France semblant dénoncée cette fois par le Conseil de l’Europe et Amnesty international pour des atteintes aux droits de l’homme qui porteraient sur le fonctionnement de la justice et du système pénitentiaire.



Le Free Gaza Movement, créé en 2006 lors du début du blocus israélien sur Gaza, avait lancé, en 2010, 15 flotilles depuis août 2008, dont 5 ont réussi à atteindre Gaza. Après l’opération « Plomb durci », l’armée israélienne a attaqué les embarcations à diverses reprises.

Quinze flottilles ou vagues ont été lancées depuis août 2008, dont cinq ont réussi à atteindre Gaza. Après l’opération « Plomb durci », l’armée israélienne a attaqué nos embarcations à trois reprises. Lors de notre attaque en juillet 2009, Free Gaza a décidé d’organiser une flottille beaucoup plus importante avec l’aide de l’IHH, de la Campagne européenne pour la fin du siège et de trois autres initiatives de moindre envergure. Nous avons appareillé en mai 2010, sous le nom de Flottille de la Liberté I. Il s’agissait de notre neuvième voyage. L’attaque meurtrière d’Israël contre les six embarcations a fait dix morts et plus de soixante blessés  (…) » – sur le navire turc Mavi Marmara. (International Solidarity Movement – ISM-France)

Depuis, cela n’a jamais cessé.

Lancée mi-2025, la nouvelle initiative maritime internationale Global Sumud Flotilla, menée par des organisations non gouvernementales, vise à forcer le blocus israélien de la bande de Gaza considéré comme illégal par de très nombreux observateurs internationaux neutres ainsi que de nombreux juristes.

Dix bateaux partent d’Italie et d’Espagne entre le 25 et le 27 septembre 2025, dans le cadre d’une nouvelle vague organisée par la Freedom Flotilla Coalition (FFC) et l’association locale Thousand Madleens to Gaza (TMTG).

La flotte devient un effort combiné de la Freedom Flotilla Coalition, du Mouvement libre de Gaza, de la Flottille Sumud du Maghreb – un convoi dirigé par les peuples des comtés nord-africains – et de Sumud Nusantara, qui est organisée par la Malaisie et neuf autres pays.

La Global Sumud Flotilla est la 38e flotte à mettre le cap vers Gaza dans le but de briser le blocus maritime, qui précède depuis longtemps la guerre actuelle à Gaza. C’est la plus grande tentative dans tous les efforts qui ont commencé, rappelons le, en 2008.

Dès septembre 2025, la flottille est attaquée par des drones notamment, porteurs d’armes chimiques. L’armée israélienne ne répond pas aux questions concernant cette attaque contre la flottille, mais le responsable du ministère israélien des Affaires étrangères, Eden Bar Tal, déclare qu’« Israël ne permettra à aucun navire d’entrer dans la zone de combat active ». Des gouvernements européens, l’Italie et l’Espagne envoient des navires de guerre pour aider la flottille d’aide internationale en route vers Gaza.



Cela n’empêche que des bateaux soient arrêtés par la marine israélienne dans les eaux internationales et leurs occupants détenus en Israël où ils sont victimes de traitements indignes d’un Etat dit démocratique.



De nombreux pays réagissent mais la France demeure peu mobilisée contre ce déni de démocratie et de liberté d’apporter une assistance humanitaire aux populations gazaouies. Elle se contente de rappeler que « se rendre à Gaza est dangereux », que les participants à cette initiative « ont été informés des risques encourus ».  « Se rendre à Gaza est dangereux et strictement déconseillé que ce soit par voie terrestre ou maritime. Les conseils aux voyageurs s’appliquent à tous y compris aux parlementaires et aux journalistes. » Le ministère, qui rappelle que « la sécurité de nos compatriotes est une priorité », ajoute que ses services « suivent attentivement la situation de nos ressortissants et assureront leur mission de protection consulaire, pour gérer au mieux les conséquences de cette initiative ».



L’inaction de la diplomatie française est sérieusement mise en cause.


La troisième tentative en un an de briser le blocus israélien imposé à la bande de Gaza, ravagée par la guerre et confrontée à de graves pénuries depuis octobre 2023 est interrompue le 18 mai dernier par l’interception de la « nouvelle flottille pour Gaza » au large de Chypre par la marine militaire israélienne.

Face aux premiers arraisonnements de bateaux et aux menaces ouvertement annoncées par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, la Global Sumud Flotilla, épaulée par la LDH engage une procédure en référé-liberté auprès du tribunal administratif de Paris.

La LDH déclare: La #LDH agit en justice pour soutenir les navigants de la Global Sumud Flotilla en intervenant au soutien d’un référé-liberté : la diplomatie française se doit d’agir en protection des personnes, dont certaines viennent d’être arrêtées encore aujourd’hui, et notamment ses ressortissants. Avec cette nouvelle interception illégale, #Israël viole une fois encore le droit international : l’impunité doit cesser !

Les avocates ne manquent pourtant pas d’arguments.



Hélas, le tribunal se déclare incompétent pour assurer la protection de ces militants qui consiste à mettre en œuvre un corridor humanitaire vers Gaza; il s’estime en revanche compétent à l’égard de la demande de mise en œuvre de la protection consulaire pour permettre leur retour en sécurité sur le territoire français, mais relève que cette protection est «  déjà en cours de déploiement sans défaillance« .



La France, suivant l’Espagne, l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas, annonce convoquer les représentants israéliens après l’arraisonnement illégal de l’ensemble de la Global Sumud Flotilla dans les eaux internationales et la capture au large de Chypre, tout aussi illégale sur le plan du droit international, des 428 membres de la flottille, venus d’une quarantaine de pays différents. Ceux-ci, transférés en Israël sont emprisonnés et livrés à des traitements humiliants, violents et dégradants, allant des sévices psychologiques aux violences physiques et sexuelles. Les images en sont diffusées largement et avec délectation par le ministre israélien d’extrême droite ultranationaliste Ben Gvir.



De retour à Paris, les militants peuvent ouvertement témoigner des violences.


Une forte réaction européenne est attendue de la part de la Global Sumud Flotilla.


Cette demande est inégalement entendue de la part des dirigeants de l’Europe et d’au delà.


Le gouvernement français, pour signifier son grand courroux, interdit l’accès du territoire français au ministre israélien Itamar Ben Gvir pour s’être mis en scène devant des militants de la « flottille pour Gaza » agenouillés et mains liées, annonce le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, samedi 23 mai, « désapprouvant » toutefois l’action des militants propalestiniens, « qui ne produit aucun effet utile et surcharge les services diplomatiques et consulaires ».


Des tortures dont ces militants pour la paix ont été victimes, « peau de balle » (et balai de crin), hormis ce semblant d’indignation, nécessairement édulcorée par le souvenir de la citation maladroite par Jean-Noël Barrot, en avril dernier, à propos de la loi israélienne instaurant la pendaison pour des « terroristes »  palestiniens, votée par la Knesset le 30 mars, d’une phrase attribuée à la première ministre israélienne Golda Meir (1969-1974) : « Nous pouvons pardonner à nos ennemis d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants. »

Ce qui ne manque pas de susciter certaines réactions parfaitement compréhensibles au sein même de l’assemblée nationale…



A Troyes



A Troyes, le Collectif aubois pour la Paix en Palestine s’est rassemblé ce vendredi 22 mai pour dénoncer la criminalisation des militants.e.s pro-palestinien.ne.s, les difficultés croissantes d’accueil des universitaires et artistes palestinien.ne.s, le refus par la France des visas, le gel des évacuations en dehors de Gaza, la suspension des programmes d’accueil, le concours de la France à la disparition de la culture palestinienne, qui est une composante du génocide. Il salue les Flottilles de la Liberté, dénonce leur arraisonnement par Israël dans les eaux internationales, exige du gouvernement français qu’il dénonce ces actes de barbarie et agisse pour la libération immédiate de toute personne détenue. Il exige l’ouverture complète et sans restriction de la bande de Gaza à l’aide humanitaire et à toutes les personnes qui veulent témoigner de leur solidarité.

Il invite à signer les pétitions qu’il fait circuler, qui seront déposées en préfecture pour montrer au gouvernement qu’ici, à Troyes et partout en France, nous voyons ce qui se passe en Palestine, nous voyons les agissements de l’Etat français et que nous ne les laisserons jamais agir impunément.

La LDH, pour sa part, et avec tous ses partenaires, ne compte pas en rester là.

RD

Les droits et les libertés continuent de reculer en France




« La France connaît une dégradation profonde et structurelle de l’environnement dans lequel la société civile peut s’exprimer et agir. » C’est en ces termes que s’ouvre un nouveau rapport de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).

D’après son analyse, cette évolution s’inscrit dans un contexte d’influence grandissante de l’extrême droite, notamment dans le paysage médiatique, qui marque également un tournant dans le discours des responsables publics.

Cet environnement de plus en plus autoritaire ouvre la voie au développement d’un arsenal législatif dissuasif, aux interdictions et limitations à l’exercice du droit de manifester, aux répressions et violences policières, et, plus largement, à un rétrécissement des espaces de dialogue civique.

C’est en ces termes que la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH) dressait dans son rapport de septembre 2025 un tableau peu reluisant de l’état du droit et des libertés en France



Depuis, les Lanceurs d’Alerte dénoncent la multiplication des procédures-bâillons, se demandant si la France ne serait pas devenue en la matière l’une des pires élèves de l’Union européenne.



La multiplication des zones à Régime Restrictif (ZRR) visant les chercheurs et les universitaires, en les plaçant sous surveillance rapprochée et en imposant l’arbitraire du secret militaire pour permettre de prendre des décisions contraires aux principes du droit (droit de la défense), contrevient aux missions de service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.



Après la loi Yadan, finalement retirée et la loi Duplomb, qui a également suscité de vifs débats et une pétition signée par 1,5 million de citoyennes et citoyens mais qui revient aujourd’hui sous la forme de loi d’urgence agricole, le gouvernement vise à déréguler les élevages, sous prétexte de souveraineté alimentaire. Ce nouveau cadre juridique permettrait au gouvernement de légiférer par ordonnance et non plus par la voie parlementaire.



Début mai, l’assemblée nationale approuvait la proposition de loi portée par le député Rodwell et soutenue par le gouvernement, portant à 7 mois le temps de rétention des étrangers jugés « dangereux ». Une disposition d’allongement similaire avait été à l’été 2025 censurée par le Conseil constitutionnel, qui l’avait jugée disproportionnée. La députée écologiste Léa Balage El Mariky a dénoncé une « dérive majeure » transformant « les psychiatres en agents de sécurité intérieure » et « le soin en contrôle ».


Nous évoquions également récemment dans ces colonnes la loi de programmation militaire dans laquelle s’est glissé l’état d’alerte de sécurité nationale dont on ne peut pas dire qu’il soit un gage de liberté et de démocratie pour les mois et les années à venir, en se présentant plutôt comme un état d’urgence qui ne dit pas son nom, remettant en cause la séparation des pouvoirs et les libertés publiques.



Très récemment, le projet de loi dit « Ripost », visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens, faisant de rassemblements festifs et de certains débordements de tous temps inhérents à la jeunesse, des délits, voire des crimes démontrant de la part de ces législateurs d’un autre temps une méconnaissance des principes de nécessité et de proportionnalité des peines ; une violation du principe de légalité et de l’équité de la procédure ; une atteinte aux principes cardinaux de la justice pénale; un manquement à la garantie de la liberté d’expression et du droit de réunion pacifique.



Plaidant en faveur d’une approche fondée sur la réduction des risques, la prévention et la protection des droits des personnes, le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD) propose à ce projet 5 amendements loin d’être excessifs et parfaitement justifiés en regard des faits incriminés.


RD





Pour la paix en Palestine

Etat d’alerte de sécurité nationale


Glissé dans le projet de loi actualisant la programmation militaire 2024-2030, l’article 21 crée de toutes pièces un régime juridique inédit : l’état d’alerte de sécurité nationale. Adopté à l’Assemblée nationale lors des débats du 18 mai avec les voix du camp gouvernemental et de l’extrême droite, le texte file désormais au Sénat, avec pour objectif une adoption définitive avant le 14 juillet. Tout s’est passé dans la plus grande discrétion. Comme d’habitude quand on veut que personne ne regarde.


C’est quoi « l’état d’alerte de sécurité nationale », possible régime d’exception adopté discrètement par les députés ?


Cela évoque une « dictature militariste », des « libertés en berne », un « état d’alerte permanent ».

Les droits mettent des siècles à se conquérir, quelques semaines à se perdre. À un an de l’élection présidentielle, alors que son bilan en matière de libertés publiques est déjà accablant, Emmanuel Macron ne désarme pas. Le projet de loi de programmation militaire « pour faire face au retour de la guerre » – dont l’examen n’a pas été achevé dans les délais prévus et devrait reprendre le 18 mai – en est une nouvelle illustration.


Dès le 3 mai, une tribune publiée dans L’Humanité et cosignée par la Ligue des droits de l’Homme, la CGT, Solidaires, la FSU, France Nature Environnement, Greenpeace, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et Alternatiba, avait sonné l’alarme. Ces organisations dénonçaient un état d’urgence qui ne dit pas son nom, activable sur des critères volontairement flous et vagues, permettant des dérogations immédiates aux règles de protection environnementale, aux normes de sécurité au travail, aux règles d’urbanisme et même au droit du patrimoine archéologique.


RD

« Pour empêcher le RN de gagner, tu as fait quoi ? » Les plus jeunes, un jour, nous poseront la question. 



Les acteurs culturels se mobilisent

 


Et faire obstacle, il le faut, c’est urgent.

Ce n’est pas simple. Les votes RN ont des causes.

Le management néo-libéral, en entreprise et dans les services publics, insécurise les salarié·es, démolit les collectifs. Alors chacun.e pour sa peau, le repli sur soi, et les autres, méconnus, fantasmés, semblent des menaces.

Insécurisé·es aussi, les employé·es, les ouvrier·es qui hier, en trimant dur, escomptaient s’en tirer. Les voici smicardisé·es, dans la crainte d’endettements ou de loyers impossibles à régler.

Et pour leurs enfants, l’ascenseur par l’école est brisé, avec Parcoursup et l’Éducation nationale appauvrie. La chute sociale, tous la redoutent.

Alors voter RN, pour un ordre imaginaire, restaure l’idée de sa respectabilité, aide à se distinguer des « plus bas que soi », précaires, souvent immigrés.

Les votes RN sont les symptômes d’une extrême-droitisation multiforme, encouragée par les partis politiques de droite et, hélas, quelquefois par des discours venant de la gauche.

Les violences policières impunies, les discriminations à l’embauche ou pour louer, toutes ces inégalités permanentes envers les racisé·es, les obsessions sur le voile, et les stigmatisations comme « nouveaux barbares » par certains responsables d’État, banalisent les visions ethno-nationales du monde social.

D’autant que des médias d’ultra-droite décomplexée, chaque heure, activent les haines et l’équation islamophobe : insécurité = immigration = musulman.

Parallèlement, les femmes affrontent une offensive masculiniste, qui prône l’inégalité des sexes, la violence verbale et physique envers elles, de la part d’hommes déstabilisés sur le plan identitaire par la dépréciation de la virilité.

En monde rural pauvre ou en monde désindustrialisé, d’où viennent tant de votes RN, il n’y a plus ni services publics, ni médecins, ni bistrots, mais des magasins portes closes, des classes, des églises, fermées. Les fanfares, les clubs sportifs n’y survivent pas. Les anciens sont trop pauvres pour secourir les jeunes. Les enfants ne peuvent secourir les parents.

Les « entre-soi » populaires s’effondrent et, avec eux, les réputations locales, l’estime de soi, qu’ils généraient. Alors, seules restent comme identités positives : « être Français, ça on ne me l’enlèvera pas », « être un mec qui assure ».

Les causes et manifestations de l’extrême-droitisation sont donc solides et diverses. Aussi, endiguer le RN et ceux qui favorisent ses orientations, ne passera pas simplement par des votes. Si on attend ces votes, il sera trop tard. Car la bataille culturelle, nous l’aurons perdue.

C’est pourquoi, sans attendre, nous appelons à nous coaliser contre les soubassements culturels de l’extrême-droite. Et dans cette bataille, les intellectuel.les, académiques ou pas, les enseignant·es, les journalistes et les artistes, les acteurs culturels de toutes fonctions, ont un rôle historiquement décisif. 


Sans mobilisation générale de chacune, de chacun, et dès maintenant,

l’extrême-droite va gagner.

Nous en serons plus ou moins responsables

Or nous ne voulons pas de son monde. Nous ne voulons pas d’une chasse aux migrant·es. Car, non, ce n’est pas l’immigration qui remplit les prisons, c’est en réalité la pauvreté. L’immigration, au contraire, nous enrichit, culturellement, économiquement.

Non, il ne faut pas une flambée de lois sécuritaires, des IA qui contrôlent tout et partout, toujours plus de prisons, des violences policières, des défenses de manifester, une criminalisation du droit de penser.

Il ne faut pas une exaspération des défiances, une société de surveillance, avec blanc-seing pour les professions d’ordre, des managers tyranniques aux patrons à poigne en passant par les sociétés privées de sécurité.

Non, les enseignant·es ne doivent pas se muer en sergents-majors, avec des élèves docilisés, en uniformes.

Les élus RN protègent les riches, or nous voulons une redistribution réelle des immenses richesses produites, élever les salaires, plus de services publics, élargir les protections sociales et écologiques. 

Nous refusons aussi la privatisation intégrale de l’audiovisuel.

L’extrême-droite voit des « wokes » partout, attentant aux « fondations de la civilisation française ». Pour nous, le féminisme, la culture LGBTQI, l’anticolonialisme, ne menacent personne mais ouvrent mille possibilités neuves.

Nous combattons toutes les formes de racisme, dont est victime une partie importante de la population, que ce soit pour sa couleur de peau, sa religion, son nom, son lieu de résidence, son pays d’origine réel ou supposé tel.

À l’international, l’extrême-droite au pouvoir, ce sont des permis de polluer à foison. Alors qu’il est urgent d’imposer un immense stop, aux intérêts associés pour faire du fric qui ravagent le vivant, le ciel, la terre.

Le monde que l’extrême-droite fabrique n’est pas le nôtre.

Elle ne passera pas si en amont des votes, nous nous engageons à défaire ses représentations du monde.

Et à inventer un nouvel imaginaire politique qui rendra les rapports sociaux égalitaires, libres, joyeux, hospitaliers.

C’est pourquoi, parce que l’heure est maintenant cruciale, et car il y a danger, nous appelons ce mois de mai 2026 les acteurs culturels de toutes spécialités, à créer une Coalition des Résistances Artistiques, Culturelles et Scientifiques (CRACS).


Nous ne serons pas celles et ceux pour qui sonne le glas.




En attendant, car ça pourra servir…


Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription



Bien que le ministre de l’Enseignement supérieur ait décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription à l’université des étudiants non ressortissants de l’Union européenne, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, mardi, contre cette mesure, à Paris et dans plusieurs villes de France.



Des étudiants se sont mobilisés ce mardi à l’IUT de Troyes pour dénoncer le plan « Choose France for Higher Education ». Cette mesure gouvernementale prévoit une augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens dans les universités françaises. Le rassemblement s’inscrit dans un mouvement national organisé par la Fédération des associations générales étudiantes. « Notre but, c’est de faire retentir, de laisser les étudiants troyens s’exprimer », explique Valentin, membre de la Fédération des Étudiants Troyens – Campus 3. La mobilisation vise à faire pression pour repousser le décret.


La sénatrice Corinne NARASSIGUIN et plusieurs de ses collègues socialistes déposaient au Sénat, le 13 avril dernier, un texte de loi visant à lever les obstacles à l’intégration des étrangers en France. Celui-ci, en proposant des solutions, démontre clairement l’urgence d’améliorer les conditions d’accueil de ces étrangers. Ce qui n’est évidemment pas l’objectif de la droite.

En même temps, le plan gouvernemental « Choose France for Higher Education » contient une véritable incohérence, l’objectif affiché étant de « rendre la France plus attractive pour les étudiants étrangers ». Quel est le but réel, en augmentant de façon discriminatoire les frais d’inscription en fonction de la nationalité, de placer les étudiants extracommunautaires dans une précarité insurmontable ? Certainement pas de leur rendre la France plus attractive…

RD

Rétention administrative: une dérive carcérale




Après des débats mouvementés, les députés ont adopté, mardi 5 mai, un texte visant à allonger la rétention administrative d’étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux de 3 à 7 mois. Cette mesure, au parcours législatif cahoteux après une censure du Conseil constitutionnel l’été dernier, était défendue de longue date par la droite.

Cette proposition de loi, dite loi « Philippine »,  du nom de cette étudiante assassinée en septembre 2024 par un ressortissant marocain sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), libéré quelques jours avant d’un centre de rétention administratif (CRA), doit encore être examinée par le Sénat à partir du 20 mai. Connaissant la composition de celui-ci, il y a fort à parier qu’elle ne sera pas remise en cause.



Depuis plusieurs mois, les professionnels du droit des étrangers observent un affaiblissement inquiétant du contrôle judiciaire sur les placements et maintiens en centre de rétention administrative. Le SAF rappelle avec force que la rétention administrative n’est pas une peine : elle n’est légale que si l’éloignement est réellement possible. À défaut, la privation de liberté devient illégale.



Le « règlement retour » (que nous avons déjà évoqué dans ces colonnes) prévoit des « hubs de retour » : bien que le texte soit vague à ce sujet, on peut imaginer des centres de rétention à grande échelle, installés hors du territoire de l’Union Européenne, dans des pays tiers avec lesquels les personnes concernées pourraient n’avoir aucun lien.

L’une des mesures centrales de l’accord franco-britannique, signé en avril sans aucune consultation démocratique, est la création d’un centre de rétention administrative et d’expulsion à Dunkerque, dont la cible est explicitement nommée – dix nationalités parmi lesquelles, des Afghans, des Syriens, des Soudanais, des Érythréens. C’est-à-dire des personnes qui fuient des guerres, des dictatures, des persécutions – et qui ont, dans leur immense majorité, le droit à la protection internationale.




Toutefois, les mobilisations citoyennes prouvent leur utilité pour dénoncer les OQTF, assignations à résidence et enfermements en CRA qui frappent les plus fragiles.



C’est pourquoi nous devons faire tout le bruit possible autour de ce projet de loi scélérate qui fait de la rétention un outil de mise à l’écart de celles et ceux que l’administration désigne comme indésirables, faisant le jeu de la droite extrême et de l’extrême droite.





RD

A ne pas manquer


L’UPOP invite ce mardi un artiste peu commun, Jean-Baptiste COLIN autrement dit JBC, artiste street art dont les œuvres très colorées tapissent les murs de grandes villes, pour parler de l’IA générative d’images qui vient de faire une entrée fracassante dans le domaine de la création.

 JBC nous expliquera donc ce qu’est l’IA, et ce qu’elle va générer comme atouts et comme préjudices dans le domaine créatif et innovant qui est le sien. Est-elle art ou simple imitation ?  Qui en est propriétaire, un homme ou une plate-forme ? Sans oublier les problèmes liés aux vidéo-infox, hypertrucages fabuleux ou pernicieux qui peuplent les réseaux sociaux et altèrent le jugement scientifique.

La grande question du remplacement de l’homme par la machine est ainsi de nouveau posée, et Jean-Baptiste Colin nous livrera son analyse d’artiste créateur.





Une réunion d’information autour du guide des manifestant.e.s. élaboré par le Collectif aubois de lutte contre les extrêmes droites.



L’UNAFAM nous présente un témoignage intéressant d’une personne qui s’est battue contre la schizophrénie et qui en a fait une intéressante pièce de théâtre.





L’association e-graine nous invite:

Nous souhaitons travailler sur les questions d’antiracisme et de décolonialité, qui fait suite à certaines de nos actions de l’année dernière durant le festival des solidarités en partenariat avec le tiers lieu culturel Aux Adelphes à Sainte-Savine. Nous organisons un atelier d’autodéfense intellectuelle contre le racisme qui a pour objectif de partager des conseils, des outils et des ressources concrètes pour mieux faire face aux situations de racisme, que l’on en soit victime ou témoin : 

Date : Mercredi 20 mai 2026

Lieu : Sainte-Savine – Aux Adelphes

Horaire : 18h30 – 20h30

Inscription : https://www.helloasso.com/associations/e-graine-dans-le-grand-est/evenements/atelier-autodefense-intellectuelle-sur-l-antiracisme





Le Collectif « Aucune Famille à la Rue » nous rappelle qu’une cagnotte est ouverte pour permettre à des familles, prises en charges trois nuits par le 115 quand il y a de la place se retrouvent dans la rue le reste du temps.

L’argent collecté leur permet de payer des nuitées aux familles dans la mesure du possible lorsqu’elles ne sont pas prises en charge.

Quelques nouvelles variées (mais non exhaustives) des extrêmes droites



PARIS

La manifestation d’extrême droite du Comité du 9-mai interdite à Paris, le groupuscule dépose un recours.

Le Comité du 9-Mai, groupe d’extrême droite radicale, entend organiser un défilé à Paris ce week-end, en hommage notamment à Quentin Deranque. La Préfecture de Police l’a interdit mais le tribunal administratif pourrait bien l’autoriser comme en 2025.



MOULINS

150 personnes se sont réunies devant le tribunal judiciaire de Moulins, cet après-midi, pour soutenir le journal L’Humanité poursuivi pour diffamation par Guillaume Senet, le fondateur de Murmures de la cité. Fabien Gay, le directeur du quotidien communiste, a transformé ce rassemblement en tribune politique.



CAEN

Après les débordements lors du banquet du Canon français, le 18 avril, la ville de Caen voit l’extrême droite tisser sa toile dans une terre jusqu’ici épargnée par la vague brune. Malgré des résultats électoraux mineurs, la xénophobie et la violence progressent, alertent des militants de gauche et des habitants.


QUIMPER

Banquets du « Canon français » : la maire de Quimper ciblée par « des messages haineux et violents » après avoir suspendu l’événement.



TOULOUSE

« Passe-plats de l’extrême droite » : la polémique du Canon français enflamme Toulouse.



ANGERS

Une quarantaine de personnes se sont réunies devant le palais de justice d’Angers, mercredi 6 mai 2026 en milieu de journée, pour soutenir Jean-Eudes Gannat, élu d’extrême droite et militant identitaire. Le jeune homme est jugé pour des propos tenus à Segré, et sur les réseaux sociaux , à l’encontre d’Afghans, qualifiés de « cousins des Talibans ». Il est poursuivi pour provocation à la haine et injure en raison de l’origine.



CARCASSONNE

Vive la Carcassonne libre !

À Carcassonne, 300 personnes ont défilé, mercredi 29 avril, pour protester contre les attaques en tous genres du nouveau maire RN, Christophe Barthès. La foule avait été conviée par les organisations de jeunesse. Dans la préfecture de l’Aude, l’édile s’en prend à tous les contre-pouvoirs. Les associations humanistes comme la Ligue des droits de l’Homme ? Arrêt des subventions. Les locaux mis à disposition pour les syndicats et les associations ? Fermés à double tour. Tant pis pour les salarié·es qui ont besoin de conseils ou de formations. Christophe Barthès va même jusqu’à infiltrer des groupes de discussions de lycéens pour les convaincre de ne pas se mobiliser. Peine perdue, cheh !



NICE

Les deux jeunes militants d’extrême droite interpellés pour violences en marge d’un rassemblement antifasciste à Nice finalement jugés en juillet.

Les deux jeunes suspectés d’appartenir à « Aquila popularis » et d’avoir notamment commis des violences en marge d’un rassemblement contre le racisme organisé, place Saint-François à Nice, seront jugés le mercredi 3 juillet.



ESPAGNE

Dans les régions, l’extrême droite impose la « priorité nationale » sur les aides sociales.

L’idée de réserver certains services et prestations sociales aux personnes de nationalité espagnole s’invite dans les accords régionaux en Espagne, portée par le parti d’extrême droite Vox et acceptée par les conservateurs du Parti populaire.



ROUMANIE

L’alliance opportuniste des socialistes avec l’extrême droite.

Le Parlement roumain a voté la censure du gouvernement à la faveur d’une alliance des sociaux-démocrates avec l’extrême droite. Les deux camps voulaient faire chuter le premier ministre pro-européen, Ilie Bolojan, qu’ils accusent d’avoir plongé le pays dans la pauvreté par une politique d’austérité. Cette alliance de circonstance soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir européen de la Roumanie.



SUEDE

En Suède, la droite précipite la normalisation de l’extrême droite.

A l’approche des élections législatives du 13 septembre, les conservateurs, les Libéraux et les Chrétiens-démocrates ont fait savoir qu’ils étaient prêts à gouverner avec les Démocrates de Suède, qui leur ont permis de revenir au pouvoir en 2022.



ROYAUME-UNI

Déroute annoncée pour les travaillistes, l’extrême droite favorite… Les enjeux des élections locales au Royaume-Uni, qui font trembler Keir Starmer.

Selon certaines prévisions, le Labour risque de perdre jeudi environ 1 850 des quelque 2 550 sièges qu’il défend. De son côté, le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage veut confirmer sa montée en puissance à travers tout le pays.



INDE

L’extrême droite progresse et les communistes perdent le Kerala.

Ce 4 mai, l’extrême droite de Narendra Modi a conquis le Bengale-Occidental, une première depuis l’indépendance. L’État du Kérala, dirigé par les communistes, passe aux mains du Congrès, et le Tamil Nadu sera dirigé par une formation populiste. Le point sur ces élections dont on ne parle que trop peu avec Axel Nodinot, journaliste à la rubrique monde, et Théo Bourrieau.



JAPON

Près de Tokyo, un projet de mosquée instrumentalisé par l’extrême droite.

L’initiative, destinée à offrir un lieu de culte à la communauté musulmane locale, est la cible d’une campagne de dénigrement et de fausses informations. Dans la presse japonaise, des voix s’élèvent pour appeler au dialogue avec les immigrés de confession musulmane.



AMERIQUE LATINE

Comment l’Amérique latine est devenue une terre d’élection pour l’extrême droite.

Du Honduras au Chili, une dizaine de pays ont placé à leur tête des dirigeants liés à la droite radicale. Ils s’inspirent notamment du président salvadorien, Nayib Bukele, qui a éradiqué les gangs au prix de graves atteintes à l’Etat de droit.



…

« La lutte active contre l’extrême droite ne la renforce pas, la passivité oui. » (Azzedine Hajji)

RD

Rapport Alloncle: l’idée de la privatisation de l’audiovisuel public fait son chemin



Le rapport de la commission d’enquête parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a été publié ce mardi matin par l’Assemblée nationale. Un document de plus de 550 pages, avec les recommandations du rapporteur Charles Alloncle, mais aussi un long avant-propos de son président, Jérémie Patrier-Leitus. 



La réponse de Delphine Ernotte au rapport Alloncle rendu public : « tout ça pour en arriver là ? »

La réponse de la présidente de France Télévisions ne s’est pas fait attendre sur ce sujet brûlant. Delphine Ernotte Cunci a dénoncé ce mardi 5 mai sur X le rapport du député UDR Charles Alloncle sur l’audiovisuel public, « à charge » et visant un « affaiblissement historique », selon elle.



Audiovisuel public : qui raconte le pays ? 

Le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public illustre une dérive bien connue : réduire le service public à une querelle sur sa neutralité politique et le prétendre obèse financièrement. Ici se joue une part du récit collectif de notre démocratie.



Comment l’extrême droite veut discipliner l’audiovisuel public avant de le privatiser.

Derrière les discours de rigueur et de neutralité, le rapport porté par Charles Alloncle esquisse bien davantage qu’une réforme technique : une remise en cause profonde du pluralisme médiatique.



Désarmer la France : ce que cache vraiment le rapport Alloncle.

Désarmer un pays ne se fait pas seulement avec des armes. Cela se fait aussi en démantelant ses infrastructures démocratiques. Le service public de l’audiovisuel est l’une de ces infrastructures essentielles. L’affaiblir, dans le contexte actuel, est une faute stratégique majeure.



Rapport Alloncle : un projet de démantèlement de l’audiovisuel public.

La SACD dénonce le rapport Alloncle sur l’audiovisuel public : un projet de démantèlement qui menace la création française et l’indépendance du service public.



Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public n’a aucune chance de s’appliquer. Mais il inscrit le sujet dans la prochaine présidentielle.

La cérémonie des Molières, ce 4 mai sur France 2, était de bout en bout une spéciale dédicace adressée au député Charles Alloncle, le rapporteur ciottiste de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Ouverture avec les travestis de la comédie musicale « la Cage aux folles » ; long dégagement de Paloma, la drag queen gagnante de « Drag Race » – émission honnie par Alloncle ; morceau d’humour de Merwane Benlazar – sa chronique dans l’émission « C à vous » sur France 5 il y a quelques mois avait fait polémique car certains l’avaient imaginé en tenue salafiste, la ministre de la Culture d’alors Rachida Dati avait même été interpellée – cette fois vêtu d’une… marinière. Et même une parodie des auditions de la commission avec Laurent Stocker de la Comédie-Française en Charles Alloncle ! Bref, un festival juste avant la publication, le lendemain, ce 5 mai, du rapport issu des 67 auditions menées du 25 novembre au 8 avril.

Le pavé – 560 pages – qui inclut les contributions, en réplique, d’autres parlementaires, est à l’image des auditions. Il aboutit à 69 recommandations qui partent dans tous les sens, chiffrant même les dépenses autorisées au Festival de Cannes ou le sort des voitures de fonction. Objectif affiché : économiser un milliard d’euros sur les quatre que coûte l’audiovisuel public à l’Etat. « Ce que propose ce rapport, c’est le plus grand plan social de l’histoire culturelle française », dénonce Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions dans un communiqué.

Charles Alloncle joue au grand architecte : il fusionne (France 2 et France 5, mesure la plus incompréhensible ; la chaîne Franceinfo et France 24 ; France 3 Régions et ICI), il stoppe (France 4 ; l’offre numérique France.tv Slash à cause de ses « contenus militants »), il rabote le budget des sports (alors que la diffusion en direct des compétitions reste le monopole des télévisions, comparées aux plateformes de streaming). Mais les choses ne sont pas si simples : supprimer France 4 par exemple, c’est affaiblir drastiquement le secteur de l’animation qui est une filière d’excellence de la France !

Pis, pour Charles Alloncle, les dirigeants de l’audiovisuel public ne doivent plus être élus par le gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom, mais désignés directement par… le président de la République, après avis des commissions des affaires culturelles du Parlement et de l’Arcom. Indépendance garantie !

Alloncle n’en reste pas là, il se prend aussi pour le directeur des programmes, ce qui excède ses attributions. Il entend sucrer les trois quarts du budget des jeux, il y en a trop ! Chaque fois, il se justifie ainsi : « On attend autre chose d’une chaîne du service public ». Qui est « on » ? Ses électeurs, dont certains figurent sûrement parmi les 2,5 millions de fans de « N’oubliez pas les paroles », ce karaoké animé, en fin d’après-midi, par Nagui ? Le rapporteur veut faire des économies. Or, les jeux génèrent de la publicité… Charles Alloncle trouve aussi que l’éditorialiste Patrick Cohen, le matin sur France-Inter, le soir sur France 5 dans « C à vous », c’est deux fois trop. Aussi suggère-t-il de « remplacer l’édito “made in service public” par une diversité de courants d’opinion issus de la presse écrite ».

En réalité, s’il est intéressant de voir jusqu’où vont ses obsessions (et donc celles de l’extrême droite), expertiser ce rapport n’a guère de sens car la probabilité qu’il s’applique tend vers zéro. Le vote – houleux – des membres de la commission la semaine dernière qui a conduit à la publication de ce pavé ne préjuge en rien de la suite. Une chose est sûre : il est impossible qu’une loi sur l’audiovisuel public soit mise dans les tuyaux d’ici le printemps 2027. Charles Alloncle va juste profiter, le 25 juin, d’une niche parlementaire réservée à son parti, l’UDR, pour y glisser une proposition de loi sur la prévention des conflits d’intérêts entre France Télévisions et les sociétés de production.

Le président Horizons de la commission Jérémie Patrier-Leitus, qui propose lui-même 40 contre-propositions, est réaliste : « Ce que le rapporteur pense ou ce que je pense… à la fin, ce sont les candidats qui compteront. » Le rapport n’était même pas publié que, la semaine dernière, le Rassemblement national (RN) et ses leaders, le balayaient sans le moindre égard. Ils vont beaucoup plus loin. Le 29 avril, sur X (ex-Twitter), le RN lançait le chantier : « Privatisons l’audiovisuel public ! Signez la pétition. »

Le même jour, sur BFM TV, Jordan Bardella, président du RN, a été très clair : « On a là 4 milliards d’euros, je ne crois pas qu’en 2026 il y ait encore un sens à ce que l’Etat français soit propriétaire de chaînes de télé. (…) Demain à la tête du pays, nous engagerons la privatisation de l’audiovisuel public. (…) L’Etat français en 2026 peut parfaitement se passer d’un audiovisuel public pléthorique qui utilise l’argent de tous les Français pour faire du militantisme politique et pour assumer une idéologie politique. » Charles Alloncle se pose en sauveur de l’audiovisuel public mais le président de son propre parti, Eric Ciotti, dans un courrier au Premier ministre le 18 septembre dernier, proposait lui aussi d’économiser quatre milliards d’euros en le privatisant.

Pour résumer la situation, Jérémie Patrier-Leitus a repris cette phrase de Laurent Fabius : « La différence entre l’extrême droite et la droite, c’est la différence entre une arrière-pensée et une pensée. » Sous-entendu : il n’a jamais été question, en réalité, de réformer. Juste de discréditer l’audiovisuel public auprès de l’opinion publique. Ça marche. Déjà, l’essayiste Laetitia Strauch-Bonart s’interroge : « Une question fondamentale n’a pas été posée : “avons-nous réellement besoin d’un service public de l’information ?” » Et le rapport fragilise France Télévisions et Radio France qui ignorent à quelle sauce, in fine, elles seront accommodées. Elles, et tout leur environnement : le cinéma, la production audiovisuelle… Pourtant, « aucune des 234 personnes auditionnées n’a appelé à la privatisation » rappelle Jérémie Patrier-Leitus.



RD

Troyes: près de 450 personnes rassemblées ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne pour soutenir les lycéens

HB



Ils étaient 100 hier. Ce matin, 400 à 450 personnes ont répondu à l’appel des lycéens, parents d’élèves, étudiants, syndicats, associations et organisations pour soutenir les mobilisations des lycéen-ne-s et étudiant-e-s ce mardi 6 octobre 2026 devant le Lycée Marie-de Champagne à Troyes, seul établissement secondaire demeuré ouvert dans l’agglomération.

HB



Il s’agissait de dénoncer la politique de la matraque initiée par le ministre de l’Intérieur assumant la répression violente « sans retenue » et de lui montrer que le mouvement de la jeunesse n’est nullement aiguillonné par d’obscurs « proxys de l’ultragauche » ni manipulé par un parti politique. Cette stratégie d’attaque infantilisante ne marche plus.

Ce n’est pas en multipliant les Nathanaël Combary, trop proche du pouvoir pour être honnête et trop largement célébré sur les médias, qu’on fera taire la Gen Z, qui a encore bien des choses à dire.

HB


RD

Contrôles des lycéens par la police: le préfet de l’Aube frise le génie




Face aux « débordements » qui secouent plusieurs établissements du département, le préfet de l’Aube prend un arrêté qui interdit le port de cagoules, foulards et équipements de protection aux abords des lycées jusqu’au mardi 6 octobre au soir. Une mesure de crise, qui vient durcir un arsenal juridique pourtant déjà bien fourni par la loi nationale.


Ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne à Troyes, seul lycée public ouvert dans l’agglomération, nous avons constaté que la police fouillait les sacs des élèves à l’extérieur du lycée, y compris dans les rues avoisinantes.

Lors d’un contrôle d’identité, la police ne peut pas procéder librement à une fouille des poches ou du sac.

La loi distingue notamment la palpation de sécurité, destinée à vérifier l’absence d’arme, et la fouille, qui nécessite un cadre juridique précis : consentement de la personne, enquête en cours, garde à vue ou réquisitions du procureur.

Une fouille réalisée en dehors de ces conditions peut être considérée comme irrégulière et entraîner la remise en cause de la procédure qui en découle.



La LDH, en partenariat avec de nombreuses organisations, appelle à participer aux mobilisations en soutien aux mouvements de la jeunesse le mardi 6 octobre 2026, partout en France.

A Troyes, le rassemblement aura lieu dès 8 h au Stade de Songis, 2 Avenue Marie de Champagne .




Pour rappel:

Chargeur En cours de chargement…
Logo EAD Cela prend trop de temps ?

Recharger Recharger le document
| Ouvert Ouvrir dans un nouvel onglet

Petit retour sur l’actualité à Troyes et ailleurs



La préfecture justifie la violence policière


Vidéo de la voiture de police à Troyes : la préfecture évoque une manœuvre de dégagement d’un policier blessé.

La préfecture de l’Aube a réagi à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant une voiture de police rouler à vive allure en direction des manifestants à Troyes jeudi matin. Elle évoque « une manœuvre de dégagement après la blessure d’un policier victime de projectiles ».


En somme, le « dégagement » d’un policier blessé justifie pour la préfecture de l’Aube, de mettre en danger les vies de dizaines d’enfants. Dans « Cette séquence isolée de son contexte » au cours de laquelle sont exfiltrés deux policiers blessés « dont l’un s’est vu prescrire huit jours d’ITT (incapacité totale de travail) à la suite de ses blessures« , il ne faut pas voir une voiture foncer sur une foule de jeunes lycéennes et lycéens en les gratifiant au surplus de jets de gaz lacrymogène. La vie des deux policiers ne semble pourtant pas présenter un tel caractère d’urgence, à la lecture de l’article, pour qu’elle puisse être préférable à celles de dizaines de gamines et gamins…



MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE

Le Petit Aubois

il y a 20 heures20 h ·

MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE

Face à l’escalade des tensions et aux débordements constatés dans plusieurs établissements scolaires du département, le parquet de Troyes passe à l’offensive. Bilan : 27 gardes à vue et 20 déferrements.

Les manifestations lycéennes engagées depuis le début de la semaine ont pris une tournure particulièrement violente dans l’Aube. Dans un communiqué de presse, envoyé aux rédactions ce vendredi 2 octobre 2026, la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Troyes a fait le point sur les événements survenus à Troyes ainsi qu’à Romilly-sur-Seine.

Depuis le lundi 28 septembre, la situation s’est détériorée aux abords de plusieurs lycées. Feux de poubelles, jets de projectiles et tirs de mortiers d’artifice ont rythmé les rassemblements. Face à ces violences, les forces de sécurité intérieure ont dû intervenir dans des conditions particulièrement délicates, les contraignant parfois à faire usage de gaz lacrymogènes de dispersion pour s’extraire d’attroupements hostiles.

Soulignant la gravité de ces agissements qui mettent en danger les élèves, la communauté éducative et les forces de l’ordre, le parquet a engagé des poursuites systématiques dès lors que les auteurs ont pu être identifiés.

Au total, 27 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début de la semaine : 26 mineurs et un seul individu majeur.

Les chefs d’accusation retenus illustrent la sévérité des faits reprochés : outrages et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, dégradations par moyen dangereux de biens d’utilité publique, transport et détention de produits incendiaires, participation à un attroupement en vue de commettre un délit, ou encore provocation à la rébellion.

Marquant sa volonté de fermeté, le parquet a ordonné le déferrement de 20 personnes devant la justice :

Pour le seul majeur impliqué : Une poursuite devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate a été engagée dès ce vendredi.� Pour 8 mineurs : Une convocation devant le tribunal pour enfants ou le juge des enfants est prévue dans les prochaines semaines. Dans l’attente de leur jugement, des mesures éducatives ou de contrôle judiciaire ont été ordonnées, comprenant des interdictions de manifester, des interdictions de paraître et des couvre-feux.� Pour 11 autres mineurs : Les jeunes ont été orientés vers le délégué du procureur pour une procédure de composition pénale en présence de leurs parents. Diverses sanctions ont été arrêtées, dont des stages de citoyenneté, des travaux non rémunérés, l’obligation de réparer les préjudices, ainsi que des interdictions de manifester et un couvre-feu nocturne (interdiction de paraître sur la voie publique entre 21h et 6h sans représentants légaux).�

Par ces mesures administratives et judiciaires strictes, l’institution judiciaire entend envoyer un signal clair afin de ramener le calme aux abords des établissements scolaires aubois.


Nous vous épargnerons les commentaires suscités par cette publication chez les décérébrés de tout poil et préférons leur apporter cette réponse bien sentie et parfaitement appropriée trouvée sur les réseaux sociaux (Merci à Isa Morvan, son autrice).

AUX VIEUX CONS QUI JUBILENT QUAND LES LYCÉENS PRENNENT CHER

Aux vieux cons qui regardent des lycéens s’en prendre plein la gueule face aux CRS et qui lâchent tranquillement : « Bien fait pour eux. Ils n’avaient qu’à rester en cours. »

ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.

Voilà, c’est dit. Pas d’éléments de langage d’attaché de presse.

Avec votre morale de napperon, votre nostalgie sous cellophane et votre mémoire de poisson rouge sous Lexomil. Je vous vois. Planqués derrière vos écrans, transformés en généraux de canapé dès qu’un môme de seize ans renverse une poubelle.

« De mon temps, on respectait l’autorité. »

MON CUL.

De votre temps, vous étiez jeunes. Vous fumiez en cachette derrière le lycée. Vous racontiez des conneries. Vous faisiez chier vos parents. Vous vouliez baiser, vivre, gueuler, vous barrer et refaire le monde avec trois francs en poche et des hormones qui vous sortaient par les oreilles. Puis le temps vous a roulé dessus comme un camion-benne. Et maintenant, vous êtes devenus exactement les vieux cons que vous trouviez insupportables à vingt ans. Félicitations. Votre médaille est disponible à l’accueil de l’EHPAD idéologique.

Parce que le vieux con adore la jeunesse. Aux Jeux olympiques. Au bac. Sur LinkedIn, avec une chemise blanche et un projet entrepreneurial biodégradable. Mais qu’un lycéen descende dans la rue, bloque son bahut et gueule que quelque chose déconne, soudain Gérard bande pour l’ordre républicain.

CRS ! BOUCLIERS ! MATRAQUES ! RANGEZ-MOI CES PUBÈRES !

Putain, on dirait qu’une poubelle brûlée menace directement son Livret A.

Et puis il y a cette phrase. Cette putain de phrase : « Ils l’ont cherché. »

Non.

On peut condamner un pavé lancé sur un flic. On peut condamner un abribus explosé. On peut condamner les violences, d’où qu’elles viennent. ET regarder un gamin tomber sans applaudir mécaniquement parce que celui qui tient la matraque porte un uniforme. Ces idées tiennent parfaitement ensemble dans un cerveau adulte. Normalement.

Parce que derrière les vidéos, les slogans et les barricades bricolées, il y a des gamins. Des gamins qui parlent de leur lycée, de leur avenir et du monde qu’on leur refile avec la délicatesse d’un locataire qui rend les clés après avoir chié dans le salon. Dette. Précarité. Logement hors de prix. École qui craque. Services publics essorés.

Et vous voudriez quoi ? « Madame, s’il vous plaît, puis-je être révolté sans perturber la circulation ? »

BORDEL DE MERDE.

Une révolte qui ne dérange personne, ça s’appelle une publication Instagram avec un carré noir. La jeunesse est chiante. HEUREUSEMENT. Elle déborde. Elle exagère. Elle gueule parfois avant d’avoir lu toute la notice.

Mais le vieux con veut des jeunes parfaitement domestiqués : engagés mais polis, en colère mais silencieux, révoltés mais surtout pas devant chez lui. Il veut Che Guevara avec Parcoursup. Rimbaud avec une convention de stage. Mai 68 à condition que ça finisse avant 18 heures parce qu’il faut rentrer la Dacia.

Et quand ça cogne ? « Fallait pas être là. »

Cette phrase me fout la gerbe. Parce qu’elle dit : reste chez toi. Ferme ta gueule. Obéis. Ne dérange pas. Et si tu déranges, ce qui t’arrive devient automatiquement ta faute. Belle conception de la démocratie. Propre. Pratique. Lavable en machine.

Tu peux penser qu’un blocage est une connerie. Qu’une manif part en vrille. Qu’un lycéen raconte n’importe quoi. Mais voir un jeune prendre un coup et lâcher : « Bien fait. » Là, on n’est plus dans le désaccord. On est dans la jouissance moisie du petit chef qui sommeillait derrière le rideau.

Alors aux vieux cons qui jubilent quand des lycéens prennent cher parce qu’ils auraient dû « rester à leur place » : ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.

Gardez vos « de mon temps ». Gardez vos leçons. Gardez votre fantasme d’une jeunesse à genoux devant l’autorité avec le carnet de correspondance entre les dents. Et essayez de vous souvenir du petit con que vous étiez avant de devenir le vieux con que vous êtes.

Parce que le problème n’est pas d’avoir vieilli. On vieillit tous. Le problème, c’est d’avoir tellement oublié sa propre jeunesse qu’on finit par applaudir lorsque celle des autres se fait cogner.

Et ça, bordel, ce ne sont pas les rides.

C’EST DE LA MOISISSURE.

Et je le répète pour que vous l’intégriez une fois pour toutes :

ALLEZ. VOUS. FAIRE. FOUTRE.

#Lycée



La LDH appelle à soutenir les mobilisations lycéennes ce mardi 6 octobre et sera présente à leurs côtés avec les parents d’élèves, syndicats et autres organisations, à Troyes comme ailleurs.



Mouvement lycéen : des mineurs face à la répression des forces de l’ordre



Depuis le 21 septembre, le mouvement des blocus de lycées ne cesse de prendre de l’ampleur en France. Les lycéeen·nes mobilisé·es revendiquent simplement leur droit à l’éducation : ils demandent des professeurs, des classes moins chargées, des bâtiments décents. Face à eux : gaz lacrymogènes, tirs de grenades et gardes à vue. Nous dénonçons l’usage disproportionné de la force contre les manifestations lycéennes. Point sur la situation pour comprendre ce mouvement de rentrée, porté par la jeunesse. 



La répression et la violence sont-elles la seule réponse du gouvernement face aux lycéens qui se mobilisent ? On dénombre 119 blessés et plus de 1000 arrestations. Pour évoquer cette réponse répressive et les violences policières, Cyprien Caddeo reçoit Me Elsa Marcel.


Halte à la brutalisation de la jeunesse






« Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter » : les lycéens face à la répression policière


En moins d’une semaine, plus de 1 000 lycéens ont été interpellés et 84 blessés. Malgré des revendications légitimes, ils sont à la fois infantilisés et perçus comme des « sujets dont il faut se protéger », donc réprimés violemment.



Le visage inchangé du RN : antisémitisme et menaces contre la presse. La LDH saisit les instances de l’ONU


On a quand même tendance à croire l’un… mais pas l’autre…




Le maire (La France insoumise) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a démenti avoir allumé un feu de poubelle devant un lycée de son département, dénonçant mardi 29 septembre des « mensonges » après la diffusion de vidéos donnant lieu à des interprétations contradictoires sur son attitude lors du mouvement lycéen.



« Mediapart » a publié, lundi, des messages antisémites datant de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national. Le président du Rassemblement national, qui nie en bloc, a annoncé une plainte en diffamation.


Défendre les services publics, pour la démocratie et l’Etat de droit

Mardi 29 septembre



Bar-sur-Aube : 11h — Place Carnot.

Brienne-le-Château : 10h30 — Hôtel de Ville.

Romilly-sur-Seine : 10h30 — Bourse du Travail.

Troyes : 13h30 — Place Jean-Jaurès.

Marche nationale pour le climat, la paix et les solidarités: 400 personnes à Troyes, 120000 en France



Prise de parole de la LDH

Marche pour le climat, la paix et les solidarités du 26 septembre 2026

La planète brûle en raison des guerres et sous l’effet des bouleversements climatiques.

La situation internationale est d’une extrême gravité, les guerres s’étendent et le droit du plus fort s’impose partout dans le monde au mépris du droit international qui est trop souvent bafoué. Les dépenses militaires augmentent de façon massive au détriment des budgets sociaux, des services publics et des investissements environnementaux. Les guerres détruisent les vies, jettent les populations civiles sur les routes de l’exil, aggravent les inégalités, nourrissent les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et les actes génocidaires, sans que soient inquiétés leurs auteurs, menaçant et remettant en cause les magistrats de la cour pénale internationale qui sont condamnés à l’impuissance.

Les habitants des quartiers populaires, les familles vivant dans la précarité et dans des logements non isolés, les personnes âgées et les personnes handicapées vivant dans la solitude, celles et ceux qui travaillent dehors, les paysannes et les paysans qui ont perdu une partie de leurs récoltes et les personnes qui dorment dans la rue sont les premières victimes des canicules successives et des changements climatiques. Des millions d’animaux qu’ils soient d’élevage ou sauvages ont péri sous le coup de la chaleur et des incendies. Personne ne pouvait ignorer ce que les scientifiques avaient depuis longtemps annoncé au fil de leurs recherches et ce que les citoyennes et citoyens avaient relayé. Leurs travaux et leurs communications sont restés vaines, les gouvernements étant sourds malgré leurs alertes.

Partout en France, dans les villes, les quartiers et les bourgs, nous sommes dans la rue pour marcher et pour demander une autre politique que celles qui conduisent aux catastrophes et qui reposent sur la recherche systématique du profit pour quelques uns au mépris de l’intérêt général et des personnes.

Nous allons marcher pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale et écologique, pour le respect des droits fondamentaux, pour la défense des libertés et pour les solidarités.

Nous allons marcher jusqu’au parc des Moulins en partant depuis ce lieu symbolique des pires heures de notre histoire.

Nous avons fait ce choix de nous retrouver à proximité de l’ancien siège de la gestapo durant l’occupation pour nous souvenir qu’en 1940, Pétain et l’extrême droite de l’époque avaient trahi le pays au nom d’un nationalisme de soumission à la force du nazisme et du rejet de la démocratie, dénonçant les conquêtes du front populaire.

Nous pensons à celles et ceux qui ont combattu le nazisme et le régime de Vichy et qui s’étaient engagés au risque physique qu’ils prenaient jusqu’au martyr et jusqu’à la mort, en affirmant que le pire n’est pas forcément derrière nous.

Nous avons fait ce choix parce que nous disons stop à la montée en puissance des régimes autoritaires et des dictatures et que nous appelons à nous mobiliser et à agir contre les extrêmes-droites.

En France, l’Etat de droit, qui était déjà fragile, recule par étapes. Depuis plusieurs années, les garanties dont toutes personnes bénéficient diminuent, les contre-pouvoirs sont écartés, la rue n’est plus écoutée, les contrôles judiciaires sont affaiblis laissant le champ libre aux pratiques autoritaires.  

Avec le projet de loi « permis de tuer » instituant la présomption de légitime défense et une sorte de présomption d’usage légitime de leurs armes pour les policiers et les gendarmes ne constitue pas une simple mesure sécuritaire de plus, mais marque une rupture en légalisant une volonté de gouverner par la force et de ne plus préserver les citoyennes et citoyens des abus, de l’arbitraire et des ingérences.

Depuis les dernières élections municipales, la liste des décisions des communes dirigées par le RN et ses alliés, portant atteinte aux droits et aux libertés, s’allonge au fil des semaines. Dans ces communes, les extrêmes-droites remettent en cause les libertés d’association, d’expression, de création et syndicales, s’en prennent à la laïcité, mettent sous surveillance les personnes et tiennent des positions à caractère discriminatoire et raciste ainsi que des discours de haine contraires aux droits fondamentaux.

La droite n’hésite pas à prendre le pas et à rejoindre les thèses des extrêmes-droites pour s’affranchir des principes issus de la déclaration des droits de l’homme et des conventions européennes et ouvrir la voie pour changer la nature même de la démocratie afin d’aller vers un régime autoritaire, sécuritaire, raciste et antisocial.

Le maire de Troyes s’inscrit dans cette logique pour amener les françaises et les français à s’habituer à ce que leurs libertés soient progressivement détricotées par touches successives pour que la purge soit indolore.

Ainsi, François Baroin, au motif de protéger les mineurs a pris le 17 juin un arrêté municipal pour interdire aux mineurs le centre-ville de Troyes à partir de 22h30.

Parce qu’on ne protège pas les jeunes en rognant sur leurs libertés et en portant atteinte à leurs droits et à leur vie privée, la LDH, avec le soutien des élus de gauche, a saisi le tribunal administratif en référé liberté et a obtenu la suspension de cet arrêté couvre-feu qui ne disait pas son nom ainsi que la prise en charge de ses frais d’avocat, reconnaissant l’illégalité de la position de François Baroin. Cet arrêté était avant tout une opération de communication et, à la publication de la décision du juge, François Baroin n’a pas hésité à travestir la vérité pour ne pas perdre, du haut de sa superbe, la face et reconnaître publiquement que son arrêté avait été taclé alors que son adjoint à la sécurité avait déclaré qu’il était juridiquement parfait. 

Une posture qui a démontré une nouvelle fois que le maire de Troyes fait prévaloir une politique répressive et punitive au détriment d’actions de prévention et d’éducation.

Une posture consistant à banaliser les agissements des extrêmes-droites comme l’ont montré en avril l’accueil complice qu’il avait réservé au canon français et sa visite amicale qu’il avait accordée aux convives des agapes idenditaires. 

Rien n’est joué. Rien n’est perdu.

Cuire ou agir: nous avons choisi d’agir et nous restons mobilisés.



« On veut faire taire, on veut intimider », dénonce Raphaël Kempf, avocat poursuivi pour un mail




Poursuivi pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique », Maître Raphaël Kempf doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Nancy. Son « crime » ? Avoir dénoncé dans un courriel adressé à la direction d’un établissement pénitentiaire les conditions d’isolement de son client, qualifiées de « torture blanche ».


Soutenu par le barreau, le Conseil de l’Ordre et le Syndicat des Avocats de France, Raphaël Kempf devait comparaître ce vendredi au tribunal.


L’audience a été renvoyée au 31 mai 2027, devant une «formation collégiale», signe sans doute de l’embarras de la justice…



Avocat au barreau de Paris, Raphaël Kempf défend depuis plusieurs années des manifestants interpellés ou emprisonnés et autres activistes victimes de la répression d’État. Au-delà du combat quotidien dans les tribunaux, les commissariats et les prisons, il a publié L’organisation du commerce face au changement climatique (Pedone, 2009), Ennemis d’État (La Fabrique, 2019), Violences judiciaires (La Découverte, 2022), Violences judiciaires 2e édition revue et augmentée (La Découverte, 2026) et de nombreux articles dans Le Monde diplomatique, Jef Klak ou Délibérée.

Articles

https://reporterre.net/spip.php?page=memeauteur&auteur=Rapha%C3%ABl+Kempf

https://droit.cairn.info/publications-de-raphael-kempf–73849?lang=fr

https://www.monde-diplomatique.fr/auteurs/raphael-kempf

etc.



RD

Observatoire des expulsions des lieux de vie informels

Rapport 2025 de l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels : retour sur 7 ans de politique d’expulsion systématique.

L’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels publie son 7ème rapport annuel. En 2025, il a recensé 1 240 expulsions sur le territoire national : 632 sur le littoral nord et 608 sur les autres départements. Derrière ces chiffres, ce sont 77 099 personnes qui ont été concernées par ces expulsions aux conséquences désastreuses sur les personnes : violations de droits, violences, détérioration des conditions de vie, dégradation de l’état de santé, rupture de scolarité.

Constat alarmant des pratiques publiques relatives aux expulsions de lieux de vie informels. La situation, déjà délétère, continue de se dégrader:

  • La part d’expulsions sans fondement légal n’a jamais été aussi élevée et a presque triplé en sept ans, passant de 19 % en 2019 à 53 % en 2025 ;
  • 93 % des expulsions ne sont précédées d’aucun diagnostic social ;
  • Dans 88 % des cas, les biens des habitantes et habitants sont saisis et/ou détruits ;
  • Les remises à la rue restent écrasantes après une expulsion : dans 92 % des expulsions, une partie ou l’ensemble des personnes ne se voient proposer aucune solution d’hébergement ou de logement ;
  • Un tiers des expulsions a eu lieu pendant la période de trêve hivernale. 

Enfin, ce rapport met également l’accent sur des bonnes pratiques et alternatives qui existent sur le territoire national ainsi que sur les leviers actionnables par les pouvoirs publics afin d’œuvrer en faveur des droits et de la dignité des habitants de lieux de vie informels, comme l’ouverture de lieux d’hébergement provisoires ou la mobilisation du foncier vacant. 

NF

Troyes : marche nationale pour le climat, la paix et les solidarités



Augmentation de la mortalité sur les routes migratoires


En juin 2026, le collectif Caminando Fronteras a présenté les chiffres des tragédies des cinq premiers mois de l’année dans le cadre des travaux de l’Observatoire des Droits Humains.

Du 1er janvier au 31 mai 2026, 1 317 personnes sont décédées, dont 142 femmes et 129 enfants mineurs. Au cours de ces mois, 27 embarcations ont disparu avec toutes les personnes à bord.

La route atlantique vers les Canaries reste la route la plus meurtrière de la frontière, avec 635 victimes. Malgré une baisse de 72 % des arrivées, la route est devenue plus létale. Pour 100 personnes qui arrivaient en 2025, environ 14 mouraient. En 2026, ce chiffre s’élève à 21.

La route algérienne de la Méditerranée occidentale concentre le plus grand nombre de tragédies de la période analysée et dépasse pour la première fois les 507 victimes, soit 54 % de plus que pendant la même période de l’année précédente.

La route du Détroit — traversée à la nage vers Ceuta, principalement — et la route terrestre de la clôture de Ceuta ont considérablement augmenté leur nombre de victimes par rapport à la même période de 2025. La route du Détroit a doublé son nombre de victimes, passant de 52 à 99 en 2026. À la clôture de Ceuta, 48 personnes sont mortes au cours de ces cinq premiers mois de 2026.

Sur la route d’Alboran. 28 décès ont été enregistrés, lors de traversées à la nage vers Melilla et de naufrages d’embarcations pneumatiques vers les côtes andalouses.

Les principaux facteurs identifiés comme ayant contribué à cette augmentation de la mortalité sur les routes migratoires sont :

  • Absence de mobilisation des ressources de recherche et de sauvetage.
  • Critères discrétionnaires pour déterminer quand et comment déployer les moyens de secours.
  • Application inégale des protocoles de protection selon le territoire.
  • Faible mobilisation des moyens aériens et maritimes.
  • Coordination insuffisante entre les pays.
  • Délais considérables dans le déclenchement des opérations de sauvetage.
  • Emploi de violences aux points de contrôle de départ et à bord des embarcations.
  • Conditions physiques extrêmes et vétusté des embarcations utilisées.




Le collectif « Ca-minando (…en che-minant) » défend les droits des personnes et des communautés en mouvement.

Né en 2002. Il est le fruit de la rencontre et de la synergie de plusieurs défenseurs des Droits Humains sur différents territoires de la frontière occidentale Euroafricaine.

Partout en Europe, les personnes à la rue sont plus nombreuses et plus âgées

La Fondation pour le logement et la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa) ont publié le 15 septembre leur 11e Regard sur le mal-logement en Europe.

Malgré une prise en compte croissante du sans-abrisme par l’UE, le nombre de personnes sans domicile augmente quasiment partout.


Au total, le rapport estime à 1,4 million le nombre de personnes à la rue, hébergées en urgence et prises en charge dans les foyers d’accueil en Europe, une hausse sur un an (1,3 million en 2024). «Listes d’attente qui explosent, personnes ballottées d’un hébergement à l’autre sans solution pérenne, séjours qui s’allongent faute de porte de sortie»: les dispositifs sont sous pression, amenant les acteurs à «trier les publics» et à «durcir» les conditions pour y avoir accès. Une politique «aux effets mortifères», alertent les associations. Elles appellent chaque État à adopter et mettre en œuvre des «stratégies nationales» de lutte contre le sans-abrisme, «actualisées et ambitieuses».


Les personnes âgées ne sont pas épargnées: près de 170.000 personnes âgées seraient sans domicile fixe au niveau européen, selon le rapport.

Les hébergements d’urgence peinent à accueillir les plus de 65 ans, alertent deux associations. Leur rapport, qui couvre l’Union européenne et le Royaume-Uni, appelle à renforcer la lutte contre le sans-abrisme.

On a tendance à se représenter les seniors comme un groupe d’âge épargné par les difficultés «mais au sein de chaque génération il existe de fortes inégalités», a souligné lors d’une conférence de presse Ruth Owen, directrice adjointe de la Fédération européenne.

Des hébergements inadaptés à la perte d’autonomie

Les structures d’hébergement sont pensées pour accueillir un public autonome. Les bâtiments, souvent sans ascenseur ou dotés de lits superposés, ne sont pas adaptés aux personnes en perte d’autonomie. Ces dernières ont davantage de besoins de soins, que le secteur social n’est pas en mesure d’assurer, faute de ressources et de compétences.


« Les papiers des sans-papiers »

Un livre de Philippe Artières
Dans les archives du Gisti

Philippe Artières s’est plongé dans les archives de la permanence juridique du Gisti, aujourd’hui conservées à la Contemporaine (Nanterre), qui rassemblent les courriers des demandes d’aide adressés au Gisti entre 1993 et 2011.

S’emparer de cette archive du Gisti renvoie à un pan de l’histoire des politiques migratoires en France. Elle est une manifestation flagrante de l’injuste condition des personnes étrangères sollicitant un conseil juridique, se trouvant de fait en situation de précarité devant un appareil législatif qui accumule sans cesse de nouvelles dispositions. Face aux règles bureaucratiques et à la complexité des lois successives, les auteurs et autrices des lettres sont ainsi autant de sujets de droits et incarnent une situation ordinaire des étrangères et des étrangers. Qu’elles et ils fuient la persécution dans leurs pays d’origine ou résident en France depuis bien longtemps, parfois y ayant forgé leurs vies de travailleurs ou d’étudiants, de parents et grands-parents, d’amoureux… toutes et tous se trouvent soudainement « irréguliers » ou risquent de le devenir.

Philippe Artières met ainsi en évidence la puissance de l’écrit et des « papiers » face au cours de la vie et aux subjectivités. « Sans papiers », ces personnes étrangères ou immigrées écrivent et accumulent les preuves écrites de leurs existences : une occurrence de ce que l’auteur nomme la « machine graphomaniaque ».

Le texte de Philippe Artières est suivi d’une sélection de lettres reproduites en fac-similés, d’un entretien avec des membres du Gisti et d’une chronologie qui fait écho à l’empilement de dispositions législatives en parallèle des drames contemporains du Congo, d’Haïti, de la guerre civile en Algérie… On lit aussi en creux la longue histoire coloniale et les nombreuses familles qui en sont issues.

À la demande de Philippe Artières, les droits d’auteur de ce livre seront entièrement reversés au Gisti.

Septembre 2026, éd. Anamosa, 144 pages, 19 € + frais d’envoi

Philippe Artières est historien du contemporain. Directeur de recherches au CNRS, membre de l’Iris de l’EHESS à Paris-Condorcet, il est l’auteur de nombreux ouvrages. Il a en particulier co-dirigé avec Michelle Zancarini-Fournel, 68, une histoire collective (La Découverte, 2008 /2018), coordonné La Révolte de la prison de Nancy # 15 janvier 1972 (Le Point du Jour, 2013), Attica USA 1971 (Le Point du Jour, 2017) et écrit Le Peuple du Larzac . Une histoire de crânes, sorcières, croisés, paysans, prisonniers, soldats, ouvrières, militants, touristes et brebis (La Découverte, 2019), La Mine en procès. Fouquières-lès-Lens 1970 (Anamosa, 2023), et À bout portant. Versailles 1972 (Verticales, 2024).



NF

Conférence à Romilly-sur-Seine



Une conférence organisée par le Collectif aubois de lutte conre les extrêmes droites.

(et non pas , comme annoncé dans la presse de ce jour, par la LDH, qui n’est que membre du Collectif).

A ne pas manquer cette semaine




Fanny Gallot

Née en 1981, est historienne, maîtresse de conférences en histoire contemporaine et chercheuse française. Elle s’intéresse aux inégalités de genre dans les conditions de travail et la participation des femmes dans les conflits ouvriers.

Fanny Gallot étudie l’histoire à l’université de Rouen-Normandie. En 2012, elle soutient sa thèse à l’Université Lumière-Lyon-II, qu’elle a menée sous la direction de Michelle Zancarini-Fournel. Elle s’intitule Les ouvrières, des années 1968 au très contemporain : pratiques et représentations. Elle étudie deux entreprises Chantelle à Saint-Herblain et Moulinex à Alençon où les ouvrières sont majoritaires.

Sa thèse est publiée en 2015, sous le titre En découdre : comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société.

En 2015, Fanny Gallot est nommée maîtresse de conférences à l’Université Paris-Est-Créteil. Elle est également militante syndicale au SNESUP-FSU.

Engagement politique

Fanny Gallot est co-responsable du département d’Histoire de l’Institut la Boétie[4]. Elle fait partie des auteurs « issus de nombreux horizons, mais tous plus ou moins proches des idées de LFI » qui participent à la rédaction de l’ouvrage Extrême droite : la résistible ascension publié en septembre 2024 par cet institut coprésidé par Jean-Luc Mélenchon et Clémence Guetté.

Publications

  • Fanny Gallot, En découdre : comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société, Paris, La Découverte, 2015, 282 p. (ISBN 978-2-7071-8241-8).
  • Ludivine Bantigny (dir), Fanny Bugnon (dir) et Fanny Gallot (dir.), Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? : le genre de l’engagement dans les années 1968, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, 259 p. (ISBN 978-2-7535-5231-9).
  • Pauline Delage et Fanny Gallot, Féminismes dans le monde, 23 récits d’une révolution planétaire, Éditions Textuel, 2020, 208 p. (ISBN 978-2-84597-807-2).
  • Fanny Gallot, Mobilisées : une histoire féministe des contestations populaires, Paris, Éditions du Seuil, 2024, 283 p. (ISBN 978-2-02-145296-9).
  • Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Sortir des polémiques, ouvrir des possibles. Fanny Gallot (coord.). Ed. Syllepse. Collection : « Comprendre et agir », déc. 2025, 136 p. (ISBN 979-10-399-0342-4).



Esclavage moderne

Alizée Delpierre : « La dégradation des conditions d’existence des immigrés favorise les situations d’esclavage »


Souvent immigrées et sans papiers, les victimes d’esclavage moderne sont reléguées dans des marges dont il est difficile de s’extraire. Entretien avec la sociologue Alizée Delpierre, qui a enquêté sur le phénomène.

Naïri Nahapétian, le 19 septembre 2026

Après Servir les riches (La Découverte, 2022), sur les domestiques des très grandes fortunes, la sociologue Alizée Delpierre propose dans Comme des esclaves (La Découverte, 2026) une enquête de terrain sur l’esclavage moderne.

Pour cela, elle a compulsé les dossiers constitués depuis plus de trente ans par le Comité contre l’esclavage moderne, qui accompagne les victimes et donne la parole à celles-ci, mais aussi à un certain nombre d’exploiteurs afin d’analyser leurs discours.

Les victimes de la traite par le travail sont le plus souvent immigrées, étrangères, et en situation irrégulière, rappelle-t-elle, tout en pointant la responsabilité de l’Etat dans leur précarisation. Son livre, comme cet entretien, se termine sur une note optimiste consacrée au rôle libérateur des sciences sociales.

 » En France, il existe un esclavage qui se caractérise par des rapports que je qualifie de surexploitation, consistant tout d’abord en la mise au travail quasi-illimitée des corps, jusqu’à 18 ou 20 heures par jour. Cela s’accompagne souvent d’une absence de rémunération ou d’une rémunération très faible, sans rapport avec le nombre d’heures de travail effectuées. Par ailleurs, l’accès à l’eau, à l’hébergement, à l’hygiène et à la nourriture est contrôlé par « l’employeur » et souvent très restreint. »


NF

Troyes: non au « permis de tuer »



De notre envoyée spéciale, ce matin à Troyes.



Et encore…

Mobilisation nationale contre le « permis de tuer »





« La prochaine victime, ça pourrait être moi » : la loi sur le « permis de tuer » inquiète les militants écologistes.



|1| |2| |3| … |324|