L’école française marquée par les inégalités sociales


Les inégalités sociales d’éducation se construisent dès l’école élémentaire et s’aggravent au fil du parcours scolaire. Le constat est établi mais les politiques ne suivent pas. Une grande hypocrisie. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

L’école française ne réduit pas assez les inégalités entre les catégories sociales. Les enseignements y sont très académiques et laissent peu de place à la pratique, l’expérience concrète. La compétition est exacerbée et un apprentissage précoce de la lecture favorisent les enfants de diplômés dès les petites classes. Certes, le lycée et l’enseignement supérieur se sont ouverts à de nouveaux publics dans les années 1970 et 1980 mais, au fond, contrairement aux autres pays d’Europe, l’école ne s’est pas adaptée à cette évolution en faisant évoluer les modes d’enseignement.



Naufrage dans la Manche : 10 femmes parmi les 12 victimes, dont des mineures



Parmi les 12 migrants morts mardi dans la Manche en tentant de rallier l’Angleterre, 10 sont des femmes, selon le procureur de Boulogne-sur-Mer. La moitié des victimes étaient par ailleurs mineures. Ce drame est le pire naufrage de 2024, année la plus meurtrière depuis le début des traversées de la Manche vers le Royaume-Uni en 2018.

La rapporteure de l’ONU craint que la « violence génocidaire » d’Israël s’étende de Gaza à la Cisjordanie



« L’apartheid israélien vise simultanément Gaza et la Cisjordanie, dans le cadre d’un processus global d’élimination, de remplacement et d’expansion territoriale », accuse la rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese.

La rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, l’Italienne Francesca Albanese, a affirmé lundi que la « violence génocidaire d’Israël » à Gaza risquait de s’étendre en Cisjordanie. L’experte indépendante, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais qui ne s’exprime pas au nom de l’organisation, a accusé à plusieurs reprises Israël de « génocide » des Palestiniens à Gaza.

Dans un nouveau communiqué, elle affirme « que la violence génocidaire d’Israël risque de sortir de Gaza et de s’étendre à l’ensemble du territoire palestinien occupé ». « L’apartheid israélien vise simultanément Gaza et la Cisjordanie, dans le cadre d’un processus global d’élimination, de remplacement et d’expansion territoriale », a-t-elle accusé.



« Dieu merci, elle est vaccinée à présent » : à Gaza, les pauses humanitaires permettent de vacciner les enfants contre la polio


L’objectif est de vacciner 90% des moins de 10 ans pour prévenir une éventuelle épidémie.

La trêve de la vaccination tient à Gaza. Pour le quatrième jour consécutif, les centres de vaccination contre la polio de l’OMS fonctionnent et sont épargnés par les bombes israéliennes. Quelque 640 000 enfants de moins de 10 ans sont concernés. L’objectif est d’en vacciner 90% pour prévenir une éventuelle épidémie. Car un premier cas est apparu la semaine dernière alors que la maladie avait disparu de Gaza depuis 25 ans.

Arié Alimi: « Macron est le précurseur de la destruction de la République »



La révélation par Arié Alimi du contenu d’un entretien avec Macron : glaçant.

Allemagne : victoire inédite de l’extrême droite dans un scrutin régional



L’extrême droite de l’AfD obtient une victoire très nette dans des élections régionales en Thuringe, et inflige une déroute historique aux trois partis de la coalition d’Olaf Scholz. L’Allemagne est sous le choc.

France: une rentrée scolaire sous le signe de réformes suspendues ou contestées



Entre l’été 2023 et l’été 2024, quatre ministres se sont succédé au ministère de l’Éducation nationale. L’instabilité ministérielle se poursuit, puisque Nicole Belloubet est une ministre démissionnaire. Pourtant, elle a présenté, lors de sa conférence de presse du 27 août, des réformes dont les textes devront être signés par la prochaine équipe gouvernementale.



L’uniforme scolaire : un gadget politique


Comment, dans un pays où il n’a jamais fait partie des habitudes, l’uniforme scolaire peut-il faire l’objet d’une « expérimentation » sans susciter l’expression massive d’une réelle incrédulité ? Lorsque la déraison côtoie à ce point la politique, il doit bien y avoir une raison.



Au cœur des urgences : les défis de l’accès à l’éducation


Guerres, catastrophes naturelles, déplacements massifs des populations, recrudescence d’épidémies…L’année 2024 a été particulièrement violente et meurtrière pour les enfants.

Et au-delà des conséquences dramatiques de ces crises c’est aussi la question du respect du droit des enfants qui s’en trouve toujours balayée lorsque surviennent ces crises. Et parmi ces droits inaliénables, leur  accès à l’éducation. Chaque jour passé loin de l’école compromet un peu plus leur avenir.   

En situation d’urgence humanitaire, les premières interventions sont axées sur la protection, l’accès à l’eau potable, à la nourriture, et aux soins de santé, pour répondre aux besoins immédiats des populations. Bien qu’elle soit essentielle pour l’équilibre et le développement des enfants, l’école est souvent le premier service interrompu, et malheureusement un des derniers à être rétabli.

En Cisjordanie, une famille franco-palestinienne dans le piège de la colonisation



Dans la vallée du Makhrour, en Cisjordanie, une famille franco-palestinienne se mobilise depuis des années contre l’expropriation annoncée d’un terrain. Fin juillet, des colons israéliens ont saisi les terres par la force, illustrant l’accélération de la colonisation en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza. L’affaire est remontée jusqu’au consulat de France, qui semble bien impuissant.



Henri Leclerc est mort


Henri Leclerc, « Henri » pour les ligueuses et les ligueurs, nous a quittés et la LDH (Ligue des droits de l’Homme) tout entière est en deuil, à la mesure de ce que fut l’homme, l’avocat, le défenseur acharné des droits et des libertés. A la mesure de ce que fut son investissement de citoyen, d’avocat, de militant, notre peine est immense. La LDH saura dans les jours qui viennent rendre l’hommage que méritent ses combats, la pugnacité avec laquelle il les a menés, l’apport intellectuel formidable qui fut le sien, au sein de la direction nationale de la Ligue des droits de l’Homme et à sa présidence. Président d’honneur de notre association, il avait, de façon constante et jusqu’au dernier moment, veillé à contribuer aux réflexions et aux engagements collectifs, à les enrichir de son souffle, obsédé qu’il était de transmettre les valeurs de ses combats. Il en avait évoqué l’essence lors de son discours de clôture à l’occasion des 100 ans de la LDH, en 1998 : « Ils sont toujours là, nos vieux adversaires. Nous les connaissons bien. Ils s’appellent l’arbitraire qui menace les libertés, l’intolérance qui détruit la fraternité, le racisme qui nie l’égalité, l’individualisme qui tue le citoyen. Elle est toujours présente, la misère, cette insulte à la dignité. Et devant nous, dressés, tous les pouvoirs dont on abuse. » Henri nous a quittés. Ses combats demeurent.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à son épouse et ses enfants, ainsi qu’à tous ses proches et amis.

Paris, le 31 août 2024

(Communiqué de la LDH)

Forum des associations de Sainte-Savine

Aujourd’hui sur le site de l’ancienne piscine



De 10 à 18h, venez rencontrer une trentaine d’associations saviniennes

Sur le stand de la LDH

CESSEZ LE FEU IMMEDIAT et DEFINITIF ! STOP AU MASSACRE A GAZA ! ARRÊT DES LIVRAISONS D’ARMES

Retour sur la manifestation de vendredi 30 septembre à TROYES


Depuis pratiquement 11 mois les palestiniennes et palestiniens  sont confrontées à des horreurs dans la bande de Gaza.

La folie meurtrière du pouvoir colonial israélien ne connaît pas de limites, ni dans le temps, ni dans l’espace. La population de Gaza, déjà décimée, avec 200 000 victimes (mort·es, blessé·es, disparu.es ou gravement malades) sur 2 millions de palestiniens tente de survivre entre déplacements forcés, bombardements et une situation sanitaire très inquiètante.

La libération des otages, qui serait permise par un cessez-le-feu, n’est pas la préoccupation du gouvernement de droite et d’extrême-droite israélien, malgré les nombreuses manifestations en Israël.

Et ce, malgré les condamnations répétées des instances internationales. 

Le 19 juillet dernier, la Cour internationale de Justice (CIJ) a rendu un avis sur les « conséquences juridiques découlant des politiques et pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Sont ainsi reconnues : l’illégalité de la politique coloniale israélienne ; le statut de Gaza comme territoire occupé après 2005 ; l’annexion, par Israël, de grandes parties du territoire palestinien occupé (y compris Jérusalem-Est) en violation du droit international ; le caractère discriminatoire des lois et pratiques israéliennes dans ces territoires, qui constituent une ségrégation ou un apartheid ; l’obligation pour Israël de mettre fin immédiatement à sa colonisation du territoire palestinien et à ses pratiques discriminatoires envers les Palestiniens, ainsi que l’obligation de permettre le retour des réfugiés de 1967 et de réparer les préjudices subis par les Palestiniens.

L’État d’Israël est de plus en plus isolé. La CIJ rappelle l’interdiction faite aux États de soutenir cette politique. Elle souligne la nécessité pour l’ONU d’agir pour mettre un terme à ces violations et de trouver une solution pacifique.

Malgré cela la France, a accordé une interview à Netanyahou sur une chaine de grande écoute (LCI). Son exercice d’autojustification du massacre à Gaza ne convainc personne. C’est devant la cour pénale internationale qu’il devra rendre des comptes. 

Macron, lui, accueille pendant les JO  le président israélien Herzog. Pour rappel ce dernier affirmait pourtant en octobre qu’« il n’y a pas d’innocent à Gaza » et qu’il fallait « briser la colonne vertébrale » des Palestinien·nes.

Alors que 13 pays de l’Union européenne reconnaissent officiellement l’existence d’un État palestinien, 146 pays mondialement, Macron persiste à affirmer que ce ne serait pas le moment.

Des millions de personnes à travers le monde, se rejoignent pour exiger un cessez-le-feu immédiat !  Nous saluons tous les mouvements qui se dressent à travers le monde pour que cessent les massacres en cours du peuple palestinien. La jeunesse a raison !

Dans notre département de l’Aube, plus de 4000 concitoyens ont signé la pétition exigeant un cessez le feu immédiat et l’arrêt des livraisons d’armes. Ce nombre ne cesse de croître, tant nos concitoyens sont scandalisés par ce double langage par lequel Macron dit être pour la reconnaissance d’un État palestinien tout en affirmant que ce n’est pas le moment. Il prétend demander un cessez-le-feu tout en continuant à livrer des armes.

Nous nous opposons et condamnons toutes les intimidations en cours orchestrées par notre gouvernement contre toutes celles et ceux qui cherchent à imposer le cessez le feu immédiat en Palestine. Cela indique que La France, à travers son gouvernement, continue de soutenir les massacres en cours en Palestine.

Le peuple palestinien a le droit de vivre en paix sur sa terre ! 

Une paix juste durable ne sera possible que dans le cadre de la reconnaissance de tous les droits du peuple palestinien, notamment de son droit à l’autodétermination et de son droit au retour. Cela implique le démantèlement des colonies, la fin de l’occupation israélienne ainsi que le respect de toutes les résolutions des Nations unies.

Nous réaffirmons une nouvelle fois de façon déterminée nos exigences :

  • que la France et l’Union européenne s’associent à la démarche de l’Afrique du Sud afin de contraindre Israël à respecter l’ordonnance de la CIJ.
  • un cessez-le-feu immédiat, total et permanent pour la bande de Gaza.
  • l’arrêt des bombardements et des déplacements forcés des populations.
  • l’entrée sans restriction de l’aide humanitaire et la levée du blocus de Gaza. 
  • la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens. C’est aussi dans le cadre d’un cessez-le-feu que les otages civils israéliens et binationaux pourront être libérés. 
  • que la France et l’Union européenne arrêtent toute coopération militaire et sécuritaire avec Israël et imposent l’interdiction de livrer des armes, des sanctions politiques, économiques et commerciales contre Israël.
  • la reconnaissance d’un état palestinien.

Les organisations Mrap, Ldh, Greenpeace, Agui, La Libre Pensée, Le Collectif Louise Michel, Lfi, Poi, Pcf, Génération.s, Cgt, Solidaires et la Fsu appellent à une nouvelle manifestation qui se tiendra le 21 septembre, Journée Internationale pour la Paix.

De la rue à l’école : 2 043 enfants sans solution d’hébergement la veille de la rentrée scolaire



L’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité révèlent, dans leur 6ème baromètre, une augmentation alarmante du nombre d’enfants sans abri, malgré les alertes répétées et les recommandations formulées, loin d’être suivies. L’incertitude du contexte politique fait craindre une dégradation de la situation.

Au moins 2 043 enfants étaient sans solution d’hébergement dans la nuit du 19 août, soit une hausse de 120 % par rapport à 2020. Parmi eux, 467 ont moins de trois ans. 

Accéder au dossier de presse et au baromètre ICI.



« Je me sentais comme une mère incapable » : à Lyon, le quotidien difficile des familles à la rue, alors que 2 000 enfants dorment dehors en France


À l’heure de reprendre l’école, plus de 2 043 enfants dorment dehors. C’est ce que montre le baromètre « enfants dans la rue », publié jeudi 29 août par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Parmi les régions les plus touchées, on trouve l’Auvergne-Rhône-Alpes. Des familles lyonnaises ont raconté à franceinfo leur quotidien, quand elles vivaient à la rue.



A TROYES


Il est difficile de connaître le nombre exact d’enfants à la rue. Les associations alertaient récemment l’opinion et les pouvoirs publics sur les conséquences des expulsions prévues à la fin du mois de juillet. Elles se mobilisaient pour demander à l’Etat d’accorder des crédits supplémentaires et augmenter le nombre de places, les dispositifs d’hébergement d’urgence étant à saturation, et appelaient au respect du droit au logement.

La préfecture répondait par un article ne remettant nullement en cause leurs craintes et tournant un peu au ridicule le fait que celles-ci s’en « émeuvent » alors qu’on sait que les propositions d’aide au retour dans leur pays d’origine se sont multipliées pour ces familles qui ont tout quitté dans leur pays, où leur situation était invivable, pour tenter de trouver ici une vie décente.

Les expulsions se sont multipliées également pour les jeunes mineurs isolés pris en charge par l’ASE durant plusieurs années, scolarisés ou formés à des professions qu’on considère par ailleurs comme « en tension » et dont notre pays a besoin mais que l’on expulse violemment de leur hébergement et qu’on laisse dans le dénuement le plus total dès qu’il atteignent l’âge de la majorité, leur proposant paradoxalement de contacter les centres d’ébergement qui sont saturés et jettent à la rue leurs propres occupants !

Les associations, dont la LDH, sont mobilisées pour dénoncer ces expulsions indignes du pays pionnier des Droits Humains. Elles se fédèrent pour alerter et proposer des solutions provisoires d’hébergement d’urgence pour les plus précaires et pallier les carences des services de l’Etat. Malgré les affirmations de la préfecture et du SIAO, concernant l’accueil systématique des familles avec enfants de moins de 3 ans, on a vu récemment à Troyes des enfants de 18 mois passer plusieurs nuits à la rue. C’est intolérable.


L’OIP saisit le Conseil d’État d’une demande de stop-écrou à la prison de Tarbes



Lors d’une audience de référé qui a duré deux heures et demie, l’OIP a réclamé, dans le cadre d’un recours contre une décision du tribunal administratif de Pau concernant la maison d’arrêt de Tarbes,  une mesure de stop-écrou. C’est la première fois que le Conseil d’État est saisi d’une telle demande ; elle vise à bloquer les nouvelles arrivées dans un établissement surpeuplé.

Handicap : des épreuves au quotidien


Dossier d’actu: études, emploi, revenus, conditions de vie : le parcours des personnes en situation de handicap physique ou mental est souvent semé d’embûches. Le point sur les principales données disponibles.



Belle leçon de courage et de dépassement, loin des turpitudes de certains qui se pensent grands…

JC

Burkina Faso: retour sur le drame de Barsalogho…



C’était samedi dernier dans le centre-nord du Burkina Faso à Barsalogho, ville de 10.000 habitants, et le terrible bilan ne cesse de s’alourdir : plus de 300 personnes ont été abattues par un groupe terroriste, essentiellement des hommes.

Depuis, les réactions d’horreur et d’indignation affluent du monde entier et on en sait un peu plus sur le drame.

Par une note de ses propres services, le gouvernement s’est déclaré intouchable



Au delà des refus d’Emmanuel Macron, un autre coup de force, bien plus grave, se déroule là où personne ne regarde. L’actuel gouvernement démissionnaire-démissionné gouverne sur le fondement d’une note de ses propres services, qui estime le gouvernement incensurable tout en lui attribuant d’importants pouvoirs de décision. Cela pourrait redéfinir le régime.



Pour François Hollande : “Ce n’était pas au Président de la République de censurer lui-même Lucie Castets”

Pas vraiment


Le Président est libre de nommer son Premier ministre. Et il est tout aussi libre d’écarter les candidats à ce poste. En tant qu’”arbitre” des institutions, il doit veiller à une certaine stabilité.



Nathalie Tehio : « La lecture de la Constitution par Emmanuel Macron est de plus en plus autocratique »



Entretien 


Le 29 Août 2024   11 min

Nathalie Tehio
Présidente de la Ligue des droits de l’homme


Au nom de la « stabilité institutionnelle », le président de la République Emmanuel Macron a refusé de nommer la candidate du NFP (et chroniqueuse à Alternatives Economiques), Lucie Castets, Première ministre. Quelle est votre analyse ?

Nathalie Tehio : Emmanuel Macron se comporte comme s’il n’y avait pas eu d’élections. Il ne respecte pas le vote qui a eu lieu, le fait que les Français aient demandé une alternance. Il veut concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. C’est affolant de se dire qu’il est, par la Constitution, le garant des institutions et du respect de la Constitution. Il devrait prendre cette stature. Ce n’est pas à lui de décider s’il va ou non y avoir une motion de censure contre un gouvernement, c’est au Parlement. Cela témoigne d’une grande confusion entre ce qui relève de son pouvoir – nommer un ou une Première ministre – et ce qui relève du jeu parlementaire – censurer (ou non) le gouvernement.

La tradition républicaine, non-écrite, veut qu’on nomme Premier/Première ministre la personne désignée par la coalition ou le parti arrivé en tête, ici, Lucie Castets. C’est de fait ce qu’il y avait de plus simple pour éviter l’attente et la confusion des pouvoirs. Or plus le temps passe, plus il faut donner des réponses pour gérer le pays, mais aussi pour s’occuper des urgences. Le budget bien sûr, mais aussi la Nouvelle-Calédonie. C’est d’autant plus inquiétant que c’est Emmanuel Macron lui-même qui a choisi de dissoudre l’Assemblée nationale, avec beaucoup d’irresponsabilité, à un moment où l’extrême droite risquait d’arriver au pouvoir. Après la victoire inattendue de la coalition des partis de gauche, le président de la République a invoqué les Jeux Olympiques pour continuer comme si de rien n’était…

Nathalie Tehio a été élue en mai dernier présidente de la Ligue des droits de l’homme (LDH). L’organisation, fondée en 1898 au moment de l’affaire Dreyfus, a fait de la défense des droits et libertés son combat.

Alors qu’Emmanuel Macron n’a toujours pas nommé de Premier/Première ministre, la présidente de l’association revient sur la séquence politique que nous traversons et ses conséquences pour l’Etat de droit et le traitement de dossiers urgents, comme celui de la Nouvelle-Calédonie, un territoire qu’elle connaît bien pour y avoir grandi.

Au nom de la « stabilité institutionnelle », le président de la République Emmanuel Macron a refusé de nommer la candidate du NFP (et chroniqueuse à Alternatives Economiques), Lucie Castets, Première ministre. Quelle est votre analyse ?

Nathalie Tehio : Emmanuel Macron se comporte comme s’il n’y avait pas eu d’élections. Il ne respecte pas le vote qui a eu lieu, le fait que les Français aient demandé une alternance. Il veut concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. C’est affolant de se dire qu’il est, par la Constitution, le garant des institutions et du respect de la Constitution. Il devrait prendre cette stature.

Ce n’est pas à lui de décider s’il va ou non y avoir une motion de censure contre un gouvernement, c’est au Parlement. Cela témoigne d’une grande confusion entre ce qui relève de son pouvoir – nommer un ou une Première ministre – et ce qui relève du jeu parlementaire – censurer (ou non) le gouvernement.

La tradition républicaine, non-écrite, veut qu’on nomme Premier/Première ministre la personne désignée par la coalition ou le parti arrivé en tête, ici, Lucie Castets. C’est de fait ce qu’il y avait de plus simple pour éviter l’attente et la confusion des pouvoirs. Or plus le temps passe, plus il faut donner des réponses pour gérer le pays, mais aussi pour s’occuper des urgences. Le budget bien sûr, mais aussi la Nouvelle-Calédonie.

C’est d’autant plus inquiétant que c’est Emmanuel Macron lui-même qui a choisi de dissoudre l’Assemblée nationale, avec beaucoup d’irresponsabilité, à un moment où l’extrême droite risquait d’arriver au pouvoir. Après la victoire inattendue de la coalition des partis de gauche, le président de la République a invoqué les Jeux Olympiques pour continuer comme si de rien n’était.

Et peut-il le faire ?

N. T. : Des décrets d’application ont été adoptés, ceux de la loi immigration notamment, juste avant l’acceptation par le Président de la démission du gouvernement Attal [le 16 juillet, NDLR]. C’est légal, mais ce gouvernement n’avait plus de légitimité. Et maintenant, au nom de l’urgence budgétaire, ce même gouvernement démissionnaire s’attèle à la préparation du budget. Or à l’issue des élections de juillet, le gouvernement a été désavoué. Même avec la droite, le camp présidentiel n’a pas de majorité relative. Il n’est donc plus légitime à continuer comme si de rien n’était.

Il y a par ailleurs des ministres démissionnaires qui siègent au Parlement puisqu’ils ont été élus députés en juillet. Ces députés ont voté pour des postes à l’Assemblée nationale. La séparation des pouvoirs n’est pas respectée. Cela entretient la confusion et habitue les Français à ce qu’il n’y ait plus de séparation des pouvoirs. C’est très grave. L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, à laquelle se réfèrent les statuts de la LDH, l’énonce clairement : « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ».

La démocratie, c’est la séparation des pouvoirs et la garantie des droits. Nous sommes aujourd’hui dans un système qui n’est plus conforme à l’idée qu’on se fait d’une démocratie. Le contrat social est rompu.

Comment qualifier le moment que nous vivons ? Parleriez-vous de coup d’Etat institutionnel ?

N. T. : Je n’irais pas jusqu’à parler de coup d’Etat car je pense que nous allons finir par avoir un ou une Premiere ministre. Je dirais que la lecture qui est faite de la Constitution de 1958, déjà écrite pour permettre un pouvoir exécutif fort, est de plus en plus autocratique. En ne respectant ni l’élection ni la séparation des pouvoirs, le président de la République ne respecte pas la démocratie. Quant à la garantie des droits, il continue à mener une politique qui ne prend pas en compte les droits et les libertés. Il y a sans cesse des arrêtés d’interdiction de manifester et des atteintes aux libertés.

On a le sentiment que nombre de responsables politiques ont oublié que l’extrême droite est bien plus dangereuse que n’importe quel autre parti, notamment LFI. Qu’est-ce que cela dit de l’état de notre démocratie ?

N. T. : Nous aimerions rencontrer ces responsables politiques. A la LDH, qui a pour objet la défense des droits et libertés, notre combat contre l’extrême droite consiste à dire : ce ne sont pas des partis comme les autres. Pourquoi ? Parce qu’ils portent un projet politique dans lequel ils affirment que les droits ne sont pas pour toutes et tous. Or nous portons, nous, l’idée de l’universalité des droits.

Et lorsque les partis d’extrême droite disent « des droits qui ne sont pas pour tous », ils désignent ceux qu’ils veulent écarter en disant « les étrangers ». En réalité, ils ne visent pas les étrangers communautaires, mais aussi des Français qu’ils appellent « les Français de papier ». Ils ciblent les personnes racisées. Cela signifie que c’est un projet raciste, et xénophobe car ils parlent des étrangers.

C’est aussi un projet antisémite : même si les partis d’extrême droite le cachent aujourd’hui et se veulent philosémites, la réalité est que le Front national (FN) a été créé par des personnes SS. Il suffira de gratter un tout petit peu pour que l’antisémitisme ressorte. Récemment, la LDH a porté plainte dans différentes affaires concernant des groupuscules nazis paradant au son de « Ausländer raus » (« Les étrangers dehors ! » en allemand), une candidate aux législatives a porté une casquette nazie… tout cela est loin d’être anodin.

Pour mener à bien leur projet, les partis d’extrême droite veulent détruire l’Etat de droit. Ils veulent faire sortir la France de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CESDH). Selon les moments, ils souhaitent supprimer le Conseil constitutionnel, donc la possibilité de vérifier la conformité des lois non seulement à la Constitution mais aussi au bloc de constitutionnalité (la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le Préambule de 1946, etc.).

Mais il leur arrive aussi de vouloir conserver le Conseil constitutionnel tout en le dévitalisant : il ne pourrait plus contrôler que la conformité des lois à la Constitution de 1958 et non plus au bloc de constitutionnalité. Or les droits et libertés fondamentales ne se trouvent pas dans le texte de 1958, mais dans le bloc de constitutionnalité. Cela nous priverait de nos moyens d’action pour faire des recours devant la justice.

Je vous donne un exemple : la liberté de manifester n’est pas inscrite en tant que telle dans la Constitution mais découle, selon le Conseil constitutionnel, de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La liberté de manifester correspond à la liberté d’expression collective des idées et des opinions. Elle est aussi garantie par l’article 11 de la CESDH, qui porte sur la liberté de réunion pacifique.

A l’inverse, rejeter LFI n’a aucun sens. La France insoumise fait totalement partie de l’arc républicain, elle ne porte pas un projet raciste ni contre l’Etat de droit. Cela ne signifie pas que certains de ses responsables politiques n’ait jamais tenu de propos antisémite, ce que nous condamnons bien entendu.

En revanche, Gérald Darmanin ne respecte pas l’Etat de droit lorsqu’il s’affranchit de la CESDH en expulsant puis en refusant le retour d’un ressortissant ouzbek au mépris d’une décision de la Cour de Strasbourg. De la même façon, le préfet des Alpes-Maritimes qui, dix semaines d’affilée, prend des arrêtés d’interdiction de manifester à propos de rassemblements en soutien à Gaza, ne respecte pas l’Etat de droit. Tout cela inscrit pour la population une accoutumance au non-respect de l’Etat de droit qui est très grave.

De la même façon que le maintien de l’état d’urgence pendant deux ans a créé une accoutumance à la non-séparation des pouvoirs. Cela normalise le fait qu’on s’en remette à la volonté d’un seul homme.

Que pensez-vous de la procédure de destitution proposée par LFI contre Emmanuel Macron ?

N. T. : C’est le jeu des institutions, ce n’est pas une question de droits et libertés. Ce n’est donc pas du ressort de la LDH.

Quel regard portez-vous sur le champ médiatique ? Les médias dans leur ensemble prennent-ils la mesure de ce qui est en train de se passer ?

N. T. : Comme dans la société, il y a, dans les médias, un effet d’accoutumance : la notion de séparation des pouvoirs notamment est un peu oubliée, n’est plus considérée comme si importante. On s’habitue également au fait que l’agenda et la politique menée soient dictés par le président de la République. Les médias se font la caisse de résonance de ce que décide le Président, mais ne questionnent pas suffisamment ce qu’il décide au regard des principes et des valeurs, notamment de la séparation des pouvoirs.

Au-delà des médias en général, nous avons bien entendu une inquiétude sur le fait qu’il y a de plus en plus de médias d’extrême droite, qui se font le relais de cette pensée.

Vous avez évoqué parmi les urgences la Nouvelle-Calédonie que vous connaissez très bien pour y avoir grandi. Les rapporteurs spéciaux de l’ONU ont dressé fin août un bilan accablant de la politique d’Emmanuel Macron sur ce territoire, et accusé la France de « porter atteinte à l’intégrité de l’ensemble du processus de décolonisation ». Que préconisez-vous ?

N. T. : Pour la Nouvelle-Calédonie, l’urgence est qu’il y ait un nouveau gouvernement en France. Aujourd’hui, les choses redémarrent peu à peu. Mais 12 morts sont à déplorer et des allégations de disparations forcées et de milices armées qui patrouilleraient ont été rapportées. Il faut qu’il y ait des enquêtes pour établir si c’est vrai ou pas.

Et puis bien sûr, il faut enterrer la réforme du dégel du corps électoral et repartir dans un dialogue avec les différentes composantes du FNLKS [qui regroupe les partis indépendantistes, NDLR].

Il faut que l’Etat reprenne son rôle d’arbitre plutôt que de chercher à imposer une solution comme il l’a fait ces dernières années, et soit le moteur pour continuer le processus de décolonisation, conformément à ce que dit l’accord de Nouméa.

Il faut aussi d’urgence un soutien économique, sinon la Nouvelle-Calédonie fera faillite [Le Congrès de Nouvelle-Calédonie a adopté mercredi 28 août une résolution demandant un soutien à l’Etat de 4,2 milliards d’euros, NDLR]. Le nombre d’entreprises qui ont brûlé ou dû mettre leurs employés au chômage technique est énorme.

Et pour qu’il y ait une solution politique pacifique, il faut que le dossier soit de nouveau traité par le ou la Première ministre, et non par le ministre de l’Intérieur, comme ce fut le cas avec Gérald Darmanin. Les mots ont un sens : aller en Calédonie avec le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, comme l’a fait Emmanuel Macron, cela signifie qu’on ne veut pas continuer le processus de décolonisation. Il est donc vital de nommer un ou une Première ministre qui renoue les fils du dialogue dans le sens de l’accord de Nouméa.

Vous appartenez à une organisation de la société civile. Que faut-il faire pour stopper cette dérive autoritaire ? Appelez-vous à manifester le 7 septembre ?

N. T. : Nous n’avons pas encore tranché cette question. La dérive autocratique du pouvoir en place nous inquiète depuis longtemps, et nous la dénonçons. L’extrême droite ne l’a pas emporté, mais elle est plus forte que jamais. Emmanuel Macron a beau dire qu’il veut la stabilité institutionnelle, il propose de ne pas changer de politique. Or il n’a pas de majorité non plus, même relative. Qu’est-il donc en train d’espérer ? Que l’extrême droite ne bouge pas et le laisse faire ? Cela signifie mener une politique allant dans le sens de ce parti, donc d’un projet raciste, xénophobe, antisémite et discriminatoire. Si telle est sa feuille de route, c’est très grave.

Source

Pendant qu’Emmanuel Macron procrastine



N’oublions pas que le président semble coutumier du fait. Il y a un an déjà, France Inter en faisait le constat.


« Rester combatifs » : à la veille d’une rentrée sans ministre, les profs inquiets mais mobilisés

La rentrée scolaire va se faire avec un gouvernement démissionnaire. La situation est inédite, alors que l’Éducation nationale s’est largement mobilisée l’an dernier contre la réforme du « choc des savoirs » et pour un plan d’urgence dans le 93.

L’année scolaire s’est terminée juste avant les élections législatives anticipées. Deux mois plus tard, la rentrée scolaire va se faire avec un gouvernement, et une ministre de l’Éducation Nicole Belloubet, toujours démissionnaires.



Anticor saisit à nouveau la justice pour réexaminer sa demande d’agrément, Matignon renvoie au prochain gouvernement


L’association Anticor a perdu son agrément en juin 2023. Cette disposition lui permettait depuis 2015 d’intervenir dans des procédures judiciaires, dont des dossiers politico-financiers.

L’association Anticor, qui bataille depuis des mois pour retrouver son agrément perdu qui lui permettait d’intervenir en justice, va saisir ce mercredi 28 août à nouveau le tribunal administratif car le gouvernement ne s’est pas prononcé dans les quinze jours qui lui étaient impartis, a indiqué son président Paul Cassia à l’AFP.



La menace de la motion de censure : la France devient-elle ingouvernable ?


Instrument juridique permettant de mesurer la confiance du Parlement à l’égard du Gouvernement, la motion de censure n’a permis de renverser qu’un seul Gouvernement sous la Ve République. Ses règles de mise en œuvre, fortement encadrées, combinées à la logique du fait majoritaire ont conduit toutes les initiatives parlementaires – ou presque – à l’échec. La nouvelle configuration politique de l’Assemblée nationale, qui modifie profondément les équilibres institutionnels établis jusqu’alors, rend l’adoption d’une motion de censure possible, voire certaine – et, avec elle, le spectre d’un pays ingouvernable.

L’arrestation de Pavel Durov : au delà du bruit médiatique



L’arrestation de Pavel Durov, patron de Telegram est-elle un coup porté à la liberté d’expression ? Contrairement aux apparences, ce n’est pas du tout aussi simple que cela.

Visiblement, tout le monde a un commentaire à faire sur l’arrestation à Paris du patron de Telegram, Pavel Durov. Tous les bords politiques de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, tous les courants, complotistes, antivax, néo-nazis, ont leur opinion sur cette décision d’un magistrat français, sans rien connaître de la procédure en cours. Le parquet a listé 12 chefs d’inculpation dont certains pourraient s’appliquer à toutes les plateformes similaires à Telegram. Du coup verra-t-on Elon Musk ou Mark Zuckerberg menottes aux poings lors de leur prochain passage en France, comme le craignent certains ? C’est bien plus compliqué que cela. Enfin, il est toujours très aventureux de s’exprimer sur une procédure judiciaire en cours sans avoir accès au dossier. Les magistrats ont probablement des raisons (qui ne sont pas encore publiques) de rechercher telle ou telle responsabilité du patron de Telegram. Petite tentative d’analyse…

Ouvrons les emplois interdits de la fonction publique aux étrangers



Cinq millions d’emplois en France demeurent interdits aux personnes qui n’ont pas la nationalité d’un pays européen. Ces restrictions légales constituent des discriminations archaïques. Le point de vue de Noam Leandri, membre de l’Observatoire des inégalités, extrait d’une tribune parue dans le journal Libération.

RDC : désillusion et inquiétude pour les défenseur·es des droits humains et la société civile



Suite à l’accession à un second mandat du Président Félix Tshisekedi fin décembre 2023 et malgré les promesses faites depuis le début de sa présidence en 2019, la situation des défenseur·es des droits humains et de la société civile en RDC ne cesse de se dégrader. Le rapport publié par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (FIDH-OMCT), avec plusieurs organisations congolaises, dresse un état des lieux édifiant de la situation. Il recommande aussi plusieurs solutions qui permettraient à la RDC de sortir enfin de l’ornière. L’espace civique doit s’ouvrir, la protection de l’ensemble des acteur·ices de la société civile doit être garantie.

Le rapport

Le point sur la situation au Proche-Orient : les opérations humanitaires de l’ONU dans la bande de Gaza sont à l’arrêt



L’ONU a été obligée d’interrompre ses opérations humanitaires dans la bande de Gaza, lundi, en raison d’un nouvel ordre d’évacuation israélien visant Deir Al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, a annoncé un haut responsable onusien cité par l’Agence France-Presse.

L’armée israélienne a mené, lundi 26 août, des frappes meurtrières dans la bande de Gaza, au lendemain d’une escalade à la frontière israélo-libanaise où la tension avec le Hezbollah ne cesse de monter depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas dans le territoire palestinien.



Guerre entre Israël et le Hamas : dix personnes tuées dans des raids israéliens sur le nord de la Cisjordanie occupée, selon le Croissant-Rouge


L’organisation rapporte que deux Palestiniens ont été tués dans la ville de Jénine, quatre autres dans un village proche et quatre encore dans un camp de réfugiés près de la ville de Toubas.

Dix Palestiniens ont été tués dans le nord de la Cisjordanie occupée, a déclaré le porte-parole du Croissant-Rouge palestinien, mercredi 27 août.



« Après la guerre, une autre catastrophe nous attend »


Mardi 20 août 2024.

Je discutais aujourd’hui avec mon ami Mounzer, qui est avocat depuis presque dix ans. Comme moi, il habitait Gaza-ville et il a été forcé de se déplacer, avec le même itinéraire : d’abord Rafah, puis Deir El-Balah. Je lui ai demandé comment il voyait l’après-guerre. Une question qui me tracasse, parce que des « après-guerre », nous en avons déjà vécu plusieurs, et mon constat, c’est qu’après la guerre, il y a toujours une autre guerre.



Démocratie, que ne ferait-on pas en ton nom ?




Présidentielle 2027 : le RN sans solution de prêt, le gouvernement et les banques planchent sur le financement de la campagne.

Soucieux d’éviter tout recours à des solutions de financement venues de l’étranger, Matignon veut encourager un secteur bancaire frileux face aux risques représentés par des prêts de plusieurs millions d’euros.



Outre une pétition adressée à Roland Lescure (Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique), à Monsieur le Gouverneur de la Banque de France , Les dirigeants des principaux établissements bancaires français (BNP Paribas, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel, Crédit Agricole et La Banque Postale), les messages de soutien se multiplient, y compris de la part de banquiers qui n’ont vraiment peur de rien…

Financement de la présidentielle : le patron du Crédit Mutuel juge problématiques les refus de prêts au RN

Le débat sur le financement de la prochaine élection présidentielle s’est invité au cœur de la campagne, après la prise de position du président du Crédit Mutuel, Daniel Baal, sur les difficultés rencontrées par le Rassemblement national pour obtenir un prêt bancaire.



De leur côté, les réseaux sociaux trouvent là une belle occasion de rappeler certaines réalités.



RD

Chronique troyenne : après la suspension par la justice du « vrai-faux » couvre-feu, la traque continue… et les lâches s’en réjouissent


Les « likes » et commentaires haineux continuent de pleuvoir.



Pendant que François Baroin prend sans doute des vacances loin des tracas de la ville, ses communiqués sont désormais portés par le communicant municipal (vidéaste et photographe pour la ville de Troyes et la communauté de communes Troyes Champagne Métropole), au demeurant vice-président de l’association Bmx Roller Skate de Troyes. C’est dire s’il s’y connaît en vélos.

En effet, il relate avec une certaine délectation sur les réseaux sociaux l’opération menée hier en ville, ayant pour « objectif de lutter contre l’immigration irrégulière et clandestine, de s’assurer du respect des règles en vigueur et de renforcer la sécurité de tous. »

Etonnamment, ce sont exclusivement les jeunes livreurs à vélo étrangers, titulaires ou non d’un titre de séjour, qui sont concernés par le communiqué troyen, ceux que la droite et l’extrême droite ont pour marotte de renvoyer dans leur pays ou dans des centres de rétention low cost en Europe ou en Afrique centrales.


C’est le préfet de l’Aube qui fait le job, ce qui est certes davantage de son ressort que de celui du maire ou de la police municipale. Celui-ci sort néanmoins en ville en compagnie de Nicolas Honoré, adjoint au maire pour superviser ces opérations de police en direction des jeunes étrangers. Cette opération aurait été « souhaitée par l’équipe municipale ». Peut-être serait-il plus juste de préciser qu’un quart au moins de l’équipe municipale ne l’a pas certainement pas « souhaitée » et que ce sont les 5 élus RN (sur 49) qui semblent dicter leur loi. On se doute bien qu’à ce compte cette opération a vocation à être renouvelée. C’est ce qu’on appelle du harcèlement.

Cette opération s’est étendue sur 2 journées, que le préfet, dans sa diligence à honorer la « priorité » nationale », n’a pas manqué d’étendre à tous les étrangers, « afin de détecter la présence potentielle d’étrangers en situation irrégulière ». Le préfet, quant à lui, ne focalise pas sa communication sur les seuls jeunes livreurs à vélo. La nuance est à relever.






La veille au matin, les gendarmes, ne pouvant plus sévir dans les trains, à l’occasion de l’interruption estivale du trafic ferroviaire liée aux travaux d’électrification, se repliaient sur les Flixbus à la sortie de l’autoroute.



Pour la troisième fois, la préfecture de l’Aube enfonçait le clou: « Ce jeudi 23 juillet 2026, la préfecture de l’Aube a communiqué le bilan de l’opération de lutte contre l’immigration irrégulière qui s’est déroulée en début de semaine. Des contrôles avaient notamment été réalisés par les gendarmes dans les Flixbus au péage de Torvilliers. Des contrôles ont également eu lieu en zone police. Douze personnes ont été interpellées au total. » On aime les chiffres à la préfecture.



Nous répétons que ce déchaînement d’actions policières contre les personnes en situation irrégulière, ou non, n’est tout bonnement qu’une véritable chasse à l’étranger dictée par la haine de l’autre, le racisme, l’inhumanité et la xénophobie ambiants, distillés par l’extrême droite qui n’en peut plus d’avoir conquis des sièges dans les départements et communes mais n’est pas à même de faire le ménage dans ses propres rangs.

Pour s’en convaincre, il suffit de relever les nombres de « likes » sur la publication du communicant troyen ainsi que de commentaires à vomir (pas tous, fort heureusement) de la part d’individus fiers d’eux mais anonymes, qui n’auraient pas le courage et la force de vivre une seule journée de celles et ceux qui ont souvent sauvé leur peau de justesse pour arriver chez nous, où elles et ils font d’ailleurs les travaux que nos fiers anonymes ne veulent pas faire, dans les conditions que l’on connaît.

Et j‘ai, encore une fois, honte d’être troyen.

RD


L’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole Duplomb 3



Le 07/08 2025, 2 millions de Français ont signé et réussi à faire censurer la loi Duplomb 1 par le Conseil constitutionnel. 

Le 26/03/2026 dernier, le Conseil d’Etat a jugé “non conforme au principe de précaution de notre Constitution“  le texte de la loi Duplomb 2. 

Mais les sénateurs ont trouvé une troisième voie. Le 2 juillet dernier, ils ont fait passer ce que l’on appelle la loi Duplomb 3. 

L’Assemblée nationale l’a définitivement adoptée ce mardi 21 juillet, avec les voix de droite, d’extrême droite et de la majorité présidentielle réunies.




« C’est scandaleux » : l’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole, des tensions entre le gouvernement et ses troupes.

Le texte adopté par les députés dans la nuit prévoit notamment la réintroduction de l’acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Le gouvernement n’a pas accepté les amendements demandant sa suppression, au grand désespoir de certains élus de la majorité.



«Un grave moment de régression» : les députés adoptent la loi d’urgence agricole et ouvrent la voie au retour de l’acétamipride.

Débat de plafond. Grâce à la droite, à l’extrême droite et au bloc central, l’Assemblée nationale a adopté lundi la très décriée loi d’urgence agricole, ouvrant la voie à la réintroduction possible de pesticides interdits, la facilitation des projets de mégabassines ou d’élevages intensifs. La gauche et les associations environnementales dénoncent un texte de «régression».



Pesticides : le vote de la honte.

En ouvrant la voie à l’usage de deux insecticides aux effets toxiques avérés, le Parlement et le gouvernement ont choisi de s’aligner sur les demandes de l’agro-industrie et des multinationales de la chimie. Une solution : abrogation !



Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux ?

Le gouvernement et les députés du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.



La loi d’urgence agricole « ne réintroduit pas l’acétamipride », assure la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, salue l’adoption par l’Assemblée nationale d’un texte « plein de mesures attendues, concrètes, précises pour les agriculteurs ».



« Des alliés du cancer » : les députés adoptent la loi d’urgence agricole, les opposants révoltés.

La loi d’urgence agricole, qui réintroduit des pesticides interdits et facilite la création de mégabassines et de fermes-usines, a été adoptée par les députés. Le soir même, un millier d’opposants ont dénoncé des « alliés du cancer ».



21 juillet 2026. L’Assemblée vote la loi Duplomb 3, loi d’urgence agricole. La ministre de l’Ecologie n’est même pas présente…

Ça, nos représentants ? Ce sont plutôt les représentants d’un monde qui ne croit plus au vivant, gangrené par une mafia agro-industrielle qui veut « déverrouiller la porte du progrès » * en abattant un des fondements de la Constitution, le principe de précaution.

Nous sommes à la merci des empoisonneurs et des assoiffeurs qui, dès qu’ils se sentent limités, envoient leurs troupes d’affidés esclavagisés déféquer partout en toute impunité !

Cette secte techno-solutionniste méprise l’humus, méprise l’humain. Ils sont hors sol et hors humanité.

*L’expression est celle d’Arnaud Rousseau [président de la FNSEA]

Pascal GENNERET



« Un texte abominable sur le plan scientifique »



Chercheur reconnu dans le domaine de la biodiversité, Philippe Grandcolas publie Loi Duplomb, le débat confisqué aux éditions du Faubourg. Nous l’avons rencontré dans son bureau du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, au moment où sénateurs et députés s’apprêtent à permettre la remise sur le marché de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides nocifs pour les abeilles.



Cette grave décision a été prise en force après que les Français se soient mobilisés et prononcés en grand nombre ( 2 138 168 signatures à la 1ère pétition ) contre cette loi qui les concerne pourtant en tout premier lieu. Le nombre de pétitions lui-même bat tous les records:

Pétitions anti DuplombNbre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014 2 13   2 138 16810/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3038250821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3051142321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3072109021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3079107821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-308243622/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-309219 15921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3101117921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3130360021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315184421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3155156521/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3199132321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3210 165921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3253158921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-325910 60321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3260716821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i- 3272[RD1] 1093 22/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33502704  23/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3385974   23/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-377372   29/08/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3833411   29/08/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103 49 777    02/02/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-51655612    18/02/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-62833565     19/06/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6392 124 708     06/07/2026
https://www.leslignesbougent.org/petitions/alerte-non-a-duplomb-3-23761/32544MAJ 21/07/2026

Pétitions surlignées encore en cours (chiffres connus à la publication de l’article- cliquer sur les liens)

La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.

Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.

Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition.

La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut également décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins 500 000 signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer.



Les pétitions pro loi Duplomb n’ont pas réussi à attirer autant de signatures.

Pétitions pro DuplombNombre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-308471021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3106286921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-311915721/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-312916721/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315311221/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315814821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-318010321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-319125421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320315621/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320420421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-321320121/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320427921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-324264921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-325678921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-331665422/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33477124/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33529924/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-348526427/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-362231031/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-37681001/09/2025



On a même pu voir à cette occasion des pétitions anti pétitions.

Pétitions contre les pétitionsNombre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-319422322/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-611968804/06/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-65951920/07/2026





RD


La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation », déplore le Planning familial, qui se dit « très inquiet »


La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation »« une alerte », déplore Sarah Durocher, présidente du Planning familial, ce lundi 20 juillet, au micro de France Inter. Le sénateur Les Républicains a été proposé par Emmanuel Macron pour remplacer Claire Hédon. Il a été auditionné à l’Assemblée nationale et doit désormais passer devant le Sénat, avant un vote en commission des lois mardi.




Cette nomination a provoqué une forte inquiétude au sein des associations qui écrivaient 2 jours après la proposition :

« Le parcours de François-Noël Buffet est marqué par plusieurs prises de position contraires aux droits fondamentaux et aux valeurs que le Défenseur des droits est chargé de promouvoir. Il s’est notamment opposé au mariage pour tous·tes, à la procréation médicalement assistée et à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Il a également soutenu le durcissement des politiques migratoires, l’affaiblissement de l’Aide médicale d’État et des mesures restrictives en matière d’accueil des gens du voyage. Ces positions n’augurent qu’une seule issue : le dévoiement de l’institution et l’asphyxie aggravée d’une société civile déjà sous pression. Ce choix d’Emmanuel Macron est déconnecté des priorités de la société et va à contresens de l’impératif de justice sociale et environnementale exprimé. »



Auditionné le 15 juillet par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le sénateur LR François-Noël Buffet a défendu sa candidature au poste de Défenseur des droits face à une gauche très hostile au regard de ses anciennes positions contre le mariage pour tous, l’extension de la PMA et sa réserve sur l’IVG dans la Constitution. Une opération de déminage au succès mitigé.



« Votre CV est incompatible avec la fonction de Défenseur des droits », « votre nomination peut ressembler à une provocation du président de la République… »

Sous le feu des critiques de la gauche, le sénateur François-Noël Buffet assure « entendre mais ne pas partager » les doutes sur sa capacité à occuper ce poste.



Défenseur des droits : audition de François-Noël Buffet au Sénat.

Mardi 21 juillet à 11 heures, en application de la loi organique n° 2010-837 et de la loi n° 2010‑838 du 23 juillet 2010 relatives à l’application du cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution, la commission des lois entendra François-Noël Buffet, proposé par le Président de la République en qualité de Défenseur des droits.



Même si le Sénat, majoritairement à droite, confirmera fort probablement cette nomination, il est encore tout juste temps d’interpeller les sénateurs sur cette nomination contre nature.


La LDH faisait part de ses craintes avant même la décision du président de la République et appelait à signer cette pétition dès le 3 juin dernier.


RD

Colonies, Auberges de jeunesse… Est-ce la fin des vacances populaires ?




Colos, villages vacances, Auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?



Les congés payés


Elles ne se seraient pas développées autant sans les congés payés, conquête sociale majeure obtenue sous le gouvernement du Front populaire.



Les jolies colonies de vacances


« Il s’agissait de prendre dans les écoles primaires […] un certain nombre d’enfants pauvres, choisis parmi les plus malingres et les plus souffreteux, et les emmener pendant les vacances loin de Paris, en montagne ou en forêt, pour y faire une cure d’air. » Edmond Cottinet, journaliste, 1885

Au début, les colos, ce n’était pas vraiment dans du dur, mais à la dure, dans des hébergements sans confort. Avec le temps, le concept a évolué et gagné en popularité. En 1912, plus de 80 000 enfants français sont partis en colo. 


Hélas, elles n’ont plus vraiment la cote, prises entre 2 feux, celui de leurs coûts et la question réactivée récemment des violences sexuelles faites aux enfants dont Darmanin voudrait bien se défausser sur la magistrature. Hors, on sait que, si des cas ont bien été signalés dans le cadre de collectivités, la majorité d’entre elles sont perpétrées dans l’entourage direct des enfants.

On annonce leur fin, constatant que de nombreuses associations de colonies de vacances et d’éducation populaire ferment leurs portes en raison de difficultés financières croissantes, exacerbées par la réduction des financements publics et l’inflation.


On trouve pourtant des offres très alléchantes pour des colonies dans des contrées lointaines (Tokyo, Osaka, Los Angeles, Louisiane, New-York, Norvège…)


Mais on peut se permettre de  douter que celles-ci soient accessibles aux enfants de familles aux revenus moyens et à plus forte raison modestes.

Les séjours abordables (cela reste encore à prouver) ne durent que quelques jours ou au maximum une petite semaine et souvent hors saison estivale. Les aides de la CAF sont plafonnées en fonction du quotient familial à 500 ou 700 €, qui ne couvrent pas toujours les frais du séjour.




Les Auberges de jeunesse



En 1936 arrive la victoire du Front populaire et ainsi commence l’âge d’or des Auberges de jeunesse. Sous l’impulsion de Léo Lagrange, alors Ministre des sports et des loisirs, tout est mis en œuvre pour que les congés payés deviennent une réalité dans la vie des Français (développement des Auberges et campements, billets de train à prix réduits, subventions etc…). 

En 1956, la FUAJ, Fédération Unie des Auberges de Jeunesse est créée, issue du rassemblement de toutes les associations françaises animant et gérant des Auberges de jeunesse.

Les années quatre-vingt seront synonymes de renouvellement et d’adaptation à un environnement économique de plus en plus difficile. Edith Arnoult-Brill, élue Secrétaire Générale de la FUAJ en 1988 a pour mission de moderniser le mouvement, en s’adaptant aux nouvelles réalités sociales. La FUAJ reste impliquée dans la politique de soutien aux jeunes demandeurs d’emploi, elle poursuit sa « diversification » au travers d’évènements internationaux comme les Chantiers-Rencontres internationales, elle crée sa carte famille etc.

Les années deux mille seront guidées par une réforme de la gouvernance de la FUAJ dont l’objectif opérationnel est bien de permettre l’épanouissement personnel de chacun lors de son séjour en Auberge de jeunesse « gérer l’idéal et l’économie ».


Fragilisée depuis la crise sanitaire, la Fédération unie des Auberges de jeunesse (FUAJ) a été placée en redressement judiciaire en 2025 et a été reprise en 2026 par l’Office national des Auberges de jeunesse (ONAJ). L’essentiel du réseau et des emplois ont été préservés.


Le secteur multiplie les tentatives pour réhabiliter les Auberges de jeunesse.


Pour résister à la vogue très lucrative des hostels, les auberges de jeunesse se modernisent en recentrant leur projet associatif sur l’accueil de tous et l’ouverture à l’autre.





L’ Auberge de jeunesse de Rosières-près-Troyes



Créée le 1er janvier 1938, elle est le siège social de l’association ASS DEPT DES AUBERGES DE JEUNESSE et son unique établissement.

Elle fait partie du secteur de l’économie sociale et solidaire.

Malgré les turbulences connues par le secteur de Auberges de jeunesse, elle continue d’être le lieu d’accueil que recommandent les voyageurs du monde entier, qui découvrent et apprécient ce lieu lors de leur passage dans l’Aube. Ils se refilent le tuyau sur les réseaux sociaux et dans les guides pour globe-trotters.

Elle fêtera ses 90 ans l’année prochaine.



L’ouverture à tous, la diversification des activités et le besoin de rentabilité connaissent déjà leurs limites.



Tout récemment, nous avons été alertés après coup pour la tenue d’une réunion du RN à l’Auberge de jeunesse de Rosières le 10 juillet dernier. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur un tel mélange des genres et sur la pertinence d’une telle réunion politique au sein d’un espace réservé à l’hébergement de loisir dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

Le RN n’a effectivement pas sa place dans ce lieu qui accueille dans un esprit universaliste et sans distinction les personnes de tous âges, de toutes cultures, de toutes origines et de tous horizons ; ceux qui voyagent pour la première fois, ceux pour qui voyager n’a plus de secrets, les voyageurs solitaires, les groupes d’amoureux des voyages, etc.

Le RN développe des théories et des propos racistes, xénophobes, homophobes, haineux à l’égard des étrangers et de toute personne différente et s’inscrit totalement en faux avec les valeurs universalistes et tolérantes des Auberges de jeunesse. Le RN ne voyage pas. Il prône l’immobilisme et reste englué dans ses discours d’un autre temps dans un monde qui connut sa gloire au cours des plus sombres années du XXème siècle.

Renseignements pris, nous avons été informés du fait que la direction reconnaît avoir commis une erreur et qu’elle regrette profondément de n’avoir pas appréhendé l’incompatibilité manifeste entre les valeurs de son établissement et celles de ces hôtes occasionnels. Elle reçoit par ailleurs au même titre syndicats et organisations populaires, ce qui semble ne pas plaire à certains élus municipaux troyens, qui menaceraient de saisir le Conseil départemental…

Nous considérons pour notre part cette affaire comme une provocation, de la part de ce parti politique aux relents néonazis, envers les forces et organisations progressistes qui partagent les valeurs des Auberges de jeunesse.

Nous appelons les responsables de ces établissements à la plus grande vigilance face à ces incursions détestables de l’extrême droite qui cherche à propager la haine partout où elle passe.

Les Auberges de jeunesse doivent demeurer les havres de paix, de bien-être, de tolérance, d’ouverture et du vivre ensemble qu’elles ont toujours été. Et nous sommes déterminés à les défendre.


RD

François Baroin, le maire qui se cherche… et se perd dans la communication


En ce jour de Fête Nationale, la « fête qui nous rassemble », célébrée cette année dans la démonstration de force, et en plein cœur de cette troisième canicule de l’année, on ne peut oublier l’année 2003, qui demeure dans les esprits comme très chaude sur le plan climatique, mais également à propos de la laïcité, thème dont s’empare alors François Baroin.

Celui-ci qui se déclare comme « le fils d’un ancien grand maître du Grand Orient de France » dit avoir « grandi dans un environnement baigné de valeurs laïques ».

Auteur d’un rapport sur la laïcité demandé par Jacques Chirac, le vice-président de l’assemblée nationale affirme dans Le Nouvel Observateur en juillet 2003, qu’à travers le problème du voile c’est « l’identité nationale »* qui est « en question »…

Il se prononce déjà contre le port du voile et pour celui de l’uniforme à l’école. On retiendra pourtant que les francs-maçons ont pris clairement position contre une loi sur le voile à l’école et contre toute modification de la loi de 1905 qui organise la séparation de l’Eglise et de l’Etat.


Le 28 octobre 2003, le parlement adopte la Loi relative à la maîtrise de l’immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité.

Le Conseil constitutionnel censure une partie de celle-ci le 20 novembre de la même année.


Nicolas Sarkozy met en place un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, par le décret du 18 mai 2007.

Cette idée se trouvait au cœur de la campagne du candidat à l’élection présidentielle, dont le porte-parole n’était autre que François Baroin.

En 2009 François Baroin, pourtant instigateur de l’idée 6 ans plus tôt, déclare : « Le débat sur l’identité nationale ne peut que servir le FN« . Pour le député UMP de l’Aube, « confondre identité nationale et immigration revient à présenter l’étranger comme la cause de toutes nos difficultés ».



En 2011, il embarrasse son propre camp en prétendant que les socialistes ont pris le pouvoir « par effraction » en 1997. Il ne s’en est jamais excusé.


En 2016, sa prise de position, qualifiée de « premier pas de côté » à propos du burkini, qu’il présente comme un « élément de terreur », soulève pas mal de vagues au sein de l’Association des Maires de France (AMF) qu’il préside.


La même année, il se pose en fervent défenseur de Nicolas Sarkozy, qui sera plus tard cité ou mis en cause dans 10 affaires judiciaires dont certaines conduiront à plusieurs condamnations à de la prison ferme, confirmées en appel et en cassation.


En mars 2017, il se montre piètre stratège en s’affichant aux côtés de François Fillon pour le « pousser vers la sortie ». Souvent cité comme « plan B » potentiel, sa présence achève au contraire de convaincre Fillon de ne rien lâcher. Mal lui en prendra.


En mai 2017, il se voit déjà Premier ministre. Ce ne sera pas le choix d’Emmanuel Macron.


C’est alors que, invité sur le plateau des « Grandes gueules » de RMC, il annonce son souhait de mettre un terme à sa carrière politique sur le plan national.


7 ans plus tard, en juin 2024, François Baroin déclare qu’Emmanuel Macron ne pourra pas, constitutionnellement, rester à l’Elysée jusqu’en 2027.


En octobre 2025, sur Monaco Hebdo (rien que ça) François Baroin dit :  « Qu’on aime Emmanuel Macron ou pas – j’en suis un opposant depuis son premier mandat – il doit rester au pouvoir, car sa démission serait un événement extrêmement déstabilisant pour nos institutions, pour l’économie, et surtout pour les investisseurs, dont les décisions sont les plus redoutées. Il faut absolument l’éviter. »

Le maire de Troyes, « éternel espoir de la droite », fait l’objet d’un documentaire diffusé sur Public Sénat le 15 novembre 2025, où il laisse la porte ouverte à une candidature pour la prochaine élection présidentielle.

Suite à sa réélection après avoir été contraint à un 2ème tour aux municipales de 2026 (une grande première pour lui, puisque sa liste a été élue avec seulement 7106 suffrages sur 30282 inscrits, ce qui est loin de ressembler à un plébiscite), François Baroin annonce son retour dans le débat politique national en vue de la présidentielle de 2027 et la rédaction d’un livre programme dont la parution pourrait avoir lieu à l’automne, signal renforcé rouvrant la porte à un éventuel retour. Depuis, les spéculations vont bon train.


Le 15 juin 2026, Public Sénat lui remet le couvert avec ce même film qui « retrace le destin d’un jeune surdoué devenu l’homme politique le plus déroutant de sa génération et dont les ambitions demeurent surtout encore et toujours bien mystérieuses à l’approche d’une échéance majeure. »


Celui qui pourrait « faire un ticket avec Bruno Retailleau pour la présidentielle », l’un « en caution morale », l’autre « devant », serait plutôt vu par certains plutôt à l’Elysée qu’à Matignon…


Ce qui pourrait expliquer cette ardeur à communiquer à tout va par tous les moyens à sa disposition.

Mais, comme on le voit, certaines tentatives de communication font parfois des flops, en particulier quand les effets d’annonce sont contrariés par la justice. L’article paru dans la presse locale samedi dernier ne laisse aucun doute sur les motivations purement politiques au seul bénéfice de François Baroin, dans ses prises de position ou promulgations d’arrêtés, dont le dernier en date vient d’être en grande partie retoqué par la justice administrative sur requête de la LDH.

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Outre certaines restrictions illégales au droit de manifester, François Baroin n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour limiter dans sa ville le droit d’expression.

Un précédent arrêté du maire de Troyes a déjà fait l’objet d’une procédure. La Mairie de Troyes promulgue le 19 septembre 2025 un arrêté interdisant la pose et l’affichage de drapeaux palestiniens et toute manifestation politique relative à un Etat étranger sur le domaine public et les bâtiments publics de la commune. La légalité d’un tel arrêté est contestable et les organisations troyennes qui défendent le droit de manifester et la liberté d’expression, dont la LDH, déposent un référé liberté contre cette atteinte aux droits et aux libertés. L’affaire est toujours en cours d’examen.

Les communications contradictoires, malgré la persistance de quelques idées fixes, qui se succèdent à fréquence accélérée, sur les réseaux sociaux notamment, laissent les observateurs un peu dubitatifs devant tant de versatilité et d’étalage de contre-vérités.

On pourra en avoir un aperçu révélateur dans ce communiqué, véritable morceau d’anthologie au regard de la décision du juge des référés, publié sur Facebook quasiment simultanément avec la publication du délibéré dont il fait état, et dans lequel François Baroin maquille consciencieusement la vérité à son seul avantage, laissant au final dans la plus grande des contrariétés son adjoint à la sécurité, qui s’était pourtant enorgueilli de la pertinence de cet arrêté et de sa certitude qu’il ne pouvait être contesté.

Communiqué du maire de Troyes :

Ville de Troyes

Le 7 juillet à 19h46

 Communiqué de François Baroin, Maire de Troyes

François Baroin se félicite que par une ordonnance en date du 7 juillet 2026, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne confirme la légalité de l’arrêté municipal du 17 juin 2026 relatif à la protection des enfants non accompagnés dans l’espace public pour la période correspondant à la Coupe du Monde de football jusqu’au 19 juillet 2026. Dans son ordonnance, le juge relève notamment que « la mesure en cause ne saurait être regardée, ni dans son principe ni dans ses modalités, comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale (…) », confirmant ainsi que les mesures étaient justifiées et proportionnées durant cette période marquée par un afflux exceptionnel de public.

L’ordonnance confirme également la pleine compétence du maire pour édicter de telles mesures de police administrative. Le tribunal rappelle « qu’il résulte des termes mêmes de cet arrêté que celui-ci ne vise pas uniquement à prévenir les atteintes à la tranquillité publique et a essentiellement pour objet d’assurer la protection de l’intégrité physique et psychique des mineurs » et reconnait qu’il appartient au maire, y compris dans une commune où la police est étatisée, de prendre les mesures nécessaires afin de préserver le bon ordre, la sécurité et la tranquillité publics lors de périodes de forte concentration de personnes.

Après la finale de la Coupe du Monde, l’arrêté prendra donc fin ; l’objectif principal étant la protection des mineurs pendant cette période particulière.

Au-delà de cette date, la protection de l’enfance demeurera notre priorité et toutes les mesures nécessaires seront prises pour la garantir.



On appréciera l’objectivité.

Parmi les fonctions d’un maire, on ne trouve nullement la publication de communiqués, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, servant des intérêts personnels ou politiques, à plus forte raison un parti avec sa doctrine et son idéologie.



On ne trouve pas non plus de place pour l’auto-promotion d’un éventuel hypothétique et soi-disant indécis futur candidat à une fonction d’Etat.

Un arrêté est un acte administratif réglementaire non créateur de droits.

Troyes peut s’enorgueillir de son fabuleux patrimoine historique, architectural, industriel, fort bien mis en valeur au demeurant. Mais avoir fait de sa ville une vitrine touristique, au point d’avoir relégué en périphérie la majorité des personnes à revenus plus modestes, y avoir réduit à peau de chagrin les subventions aux associations, celles de prévention notamment, en exclure toute tentative d’expression de la conscience populaire et de la jeunesse, l’avoir truffée de caméras de surveillance, avec l’espoir de faire monter les effectifs de la police municipale à 100 à l’horizon 2030, au seul bénéfice de la garantie de la sécurité des touristes et, surtout, de sa propre image, ne relève certainement pas non plus des fonctions d’un maire.


*A propos de l’identité nationale, on pourra lire avec intérêt Gérard NoirielÀ quoi sert « l’identité nationale » ?, Marseille, Agone, coll. « Passé et présent », 2007, 156 p., EAN : 9782748900804.

RD

« Défendre l’innocence du capitaine Dreyfus, c’est défendre la justice »



Le 12 juillet 1906 : Dreyfus réhabilité, quand la justice oblige la République à regarder sa faute.

Une erreur judiciaire n’est jamais seulement une erreur de dossier : elle révèle un climat, des réflexes de pouvoir, des préjugés. L’Affaire Dreyfus montre comment l’État peut faillir, puis comment le droit peut le contraindre à se reprendre.




N’en déplaise aux médias d’extrême droite et à leurs agitateurs qui sont le déshonneur de la presse française, à Paris, contre la haine de l’autre, la place Lucie-Dreyfus remplacera la place Maurice-Barrès.

Parce que l’affaire Dreyfus demeure un moment incontournable de l’histoire républicaine, il est nécessaire de rendre hommage à Alfred Dreyfus ce 12 juillet. Les élus à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, Laurence Patrice et Ariel Weil expliquent leur choix de rebaptiser la place Maurice-Barrès du nom de l’épouse du capitaine victime d’antisémitisme.



L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État est toujours une bascule




La démocratie, les droits et l’État de droit sont confrontés en France à une menace existentielle, celle de la bascule vers le fascisme-illibéralisme qui a infailliblement lieu lorsque les extrêmes droites arrivent au pouvoir d’État.

Des pays considérés comme démocratiques ont connu cette bascule systémique : Hongrie, Pologne, Italie, États-Unis.

Avec des différences propres à chaque pays, l’offensive des extrêmes droites se déploie selon trois dimensions essentielles – sociétale, idéologique et politique. Elle remet partout en cause la légitimité de la démocratie et de l’État de droit et l’universalité des droits.

Mandat électif et testostérone



Le sénateur LR de Paris Francis Szpiner mis en examen pour corruption passive.

L’ex-maire du XVIe arrondissement est soupçonné d’avoir attribué en 2023 un logement social à une femme en contrepartie de relations sexuelles. Le célèbre avocat « n’a pas été placé sous contrôle judiciaire », précise le parquet de Paris ce jeudi 9 juillet.


Tout près de nous, le maire de la commune de Villemoyenne vient d’être mis en examen des chefs d’agressions sexuelles sur mineur concernant plusieurs victimes. Les faits reprochés remonteraient à une période antérieure à 2005.



Les fonctions électives auraient-elles une influence sur la libido (voire sur les fonctions érectiles ?).

En octobre 2009, une étude américaine, rapportée, par Ouest-France, aurait établi un lien entre la libido des électeurs et le succès de leur candidat.


Ce qui ne les conduisait pas pour autant, dans l’enthousiasme de la victoire, à agresser sexuellement des femmes et des enfants.

Cette propension des élus, presque exclusivement des hommes (95%), à user de leur position ne concerne bien évidemment pas seulement les élus. Toutefois, les affaires, ou tout au moins leur signalement, se multiplient ces derniers temps.

Et cela pose à nos yeux un grave problème en tant que système structurel de domination. Il s’agit bien d’une question de rapports de pouvoirs, inhérente ici aux fonctions électives.

 « Partout où il existe des rapports de pouvoir fortement asymétriques, il y a une potentialité de violence sexuelle » selon Marie Chartron, chercheuse.



Nous avons toutes et tous en tête l’affaire Darmanin qui s’est soldée par un non-lieu en 2022, confirmé en 2024 par la Cour de cassation et à laquelle s’intéressait à nouveau en septembre 2025 la Cour européenne.

« A eux seuls, ces dossiers [ceux des affaires dans lesquelles le ministre actuel de la Justice a été pointé] sont un concentré des errements français dans la prise en compte et le traitement des agressions sexuelles. »

 

A l’issue des élections municipales de mars dernier, plusieurs médias pointaient l’élection ou la réélection de maires condamnés pour violences conjugales et/ou agressions sexuelles.

  • Paul Burro

Réélu au Belvédère (Alpes-Maritimes) Sans étiquette. Condamné en appel à douze mois de prison avec sursis et cinq ans de privation de ses droits civiques en février 2026, pour harcèlement d’une personne ayant été conjointe et atteinte à l’intimité de la vie privée par captation, enregistrement ou transmission de la localisation d’une personne, il s’est pourvu en cassation.

  • Olivier Compain

Réélu à Miniac-Morvan (Ille-et-Vilaine) Divers droite. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.

  • Bruno Genest

Réélu à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne) Sans étiquette. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.

  • Fred Mahler

Réélu à Goudargues (Gard) Sans étiquette. Condamné à huit mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité le 24 mars 2026 pour deux agressions sexuelles sur une agente, il a fait appel.

  • Marc Petit

Réélu à Firminy (Loire) Divers gauche. Condamné définitivement à six mois de sursis en 2021 pour agression sexuelle.

 

  • Jérôme Peyrat

Réélu à La Roque-Gageac (Dordogne) Sans étiquette. Condamné en 2020 à 3 000 euros d’amende avec sursis pour violences conjugales.

 

  • Hamdi Toudma

Réélu à Longlaville (Meurthe-et-Moselle) Sans étiquette. Condamné en 2023 à six mois de prison avec sursis pour des violences sur son épouse qu’il a reconnues.

  • Éric Carnat

Réélu à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) Sans étiquette. Mis en examen pour viol, agression sexuelle et harcèlement moral et sexuel après les plaintes de deux agentes.

  • Philippe Janicot

Réélu à Boisseuil (Haute-Vienne) Sans étiquette. Mis en examen pour des viols sur quatre femmes, sous contrôle judiciaire depuis décembre 2025.

 

  • Grégory Marty

Élu au premier tour à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) Divers droite. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en janvier 2025 après trois plaintes pour agressions sexuelles par personne abusant de sa fonction, harcèlement sexuel et violence par personne dépositaire de l’autorité publique.

  • Edgar Moulin

Réélu à Saint-Ellier-les-Bois (Orne) Sans étiquette. Mis en examen en mai 2025 pour viol sur personne se livrant à la prostitution, proxénétisme aggravé, recours habituel à la prostitution de mineurs et détention d’images pédopornographiques, il a été placé en détention provisoire cinq mois en mai 2025, puis libéré fin octobre 2025 et placé sous contrôle judiciaire.

  • André Santini

Réélu à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) UDI. Deux plaintes pour harcèlement et agressions sexuelles de deux anciens collaborateurs, information judiciaire ouverte en octobre 2024.

  • Jean-Michel Baylet

Réélu maire à Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne) Divers gauche. Visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles en 2022, classement sans suite.



S’ajoutent à cela un certain nombre de candidats ou d’élus à une fonction régalienne signalés au fil des années par les médias comme étant soupçonnés ou mis en examen pour les mêmes faits. On en trouvera ci-dessous quelques exemples.


A cela s’ajoute la problématique de l’immunité parlementaire qui vient, au minimum, retarder les procédures, le temps qu’elle soit éventuellement levée.



«  La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin de vote dans une urne, à déléguer les pouvoirs à quelques élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans, elle est action continuelle du citoyen… 

Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements, les corps organisés et les élus en butte aux pressions de toute sorte de groupes cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »

Pierre Mendès France


RD

François Baroin tire plus vite que le juge



Le juge des référés, saisi le 26 juin, a seulement publié sa décision le 7 juillet en fin de journée. Il lui a donc fallu 11 jours pour répondre à l’urgence. On peut considérer que si le juge n’avait pas lanterné, notre proposition de saisine du Conseil d’Etat aurait pu être retenue. Hors, l’arrêté étant désormais suspendu à partir du 20 juillet, le Conseil d’Etat risquait de statuer après la bataille. Ce qui aurait rendu notre démarche caduque.

Elle aurait cependant pu aboutir du fait que les troubles allégués ne sont pas attestés et qu’il ne semble pas y avoir eu d’incident depuis la prise de l’arrêté à Troyes.

Plus rapide que le juge des référés, François Baroin publiait le 7 juillet sur Facebook son communiqué victorieux dès 19h46, donc très peu de temps après la publication du délibéré, qui nous est parvenue à 18h55, un communiqué préparé à l’avance, de toute évidence.

Dans sa précipitation pour maquiller la vérité, il a simplement omis de mentionner que le juge a reconnu le bien-fondé de la démarche de la LDH ainsi que l’urgence de celle-ci en fixant l’audience au 30 juin, que l’arrêté est bien suspendu avant la date prévue du 1er septembre, soit 43 jours plus tôt et que la ville de Troyes est condamnée à verser la somme de 1500 € à la LDH, « qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance » selon l’ordonnance du juge.

L’arrêté du maire de Troyes, couvre-feu sans en dire le nom, est avant tout une opération de communication. Son communiqué de presse qui a suivi la décision du juge des référés l’a confirmé en travestissant la vérité, la durée du couvre-feu étant passée de 75 jours à 32 jours.

Cet arrêté s’inscrit aussi dans cette posture conduisant pour de fausses questions de sécurité les Français à s’habituer à ce que leurs libertés soient remises en causes par touches successives. Le maire de Troyes participe ainsi au détricotage de l’Etat de droit.

Mais cette fois encore, l’Etat de droit a gagné.

RD

Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, loi sur la fin de vie :  le Sénat part en cure, l’Assemblée nationale reste à la buvette…




Un décret publié le mardi 16 juin officialise la convocation d’une session extraordinaire au Parlement à partir du 1er juillet, afin de permettre l’examen de plusieurs textes de loi. Sont notamment concernés le projet de loi sur la protection de l’enfance, le texte sur l’urgence agricole, celui sur la justice criminelle ou encore la proposition de loi sur l’aide à mourir.



Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : un permis de tuer


La proposition de loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions », dont l’examen avait commencé lors de la « niche parlementaire » des députés Droite républicaine en janvier dernier, a été réinscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale par le gouvernement. Le texte, auquel la gauche s’oppose vivement, sera débattu mardi en fin d’après-midi dans l’hémicycle. 



Permis de tuer : ce que changerait la loi sur la présomption de légitime défense de la police.

En France, le gouvernement s’apprête à faire passer une nouvelle loi qui présumerait légal tout tir de policier ou gendarme. Le texte sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » sera débattu à l’Assemblée nationale le 7 juillet. S’il est voté, il s’agirait d’une bascule historique qui offrirait aux forces de l’ordre un « permis de tuer ». Nous nous opposons fermement à ce projet de loi, voici pourquoi. 







Fin de vie : la fin d’un long parcours



Alors que la France s’apprête à franchir une étape décisive le 15 juillet, plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas et la Belgique, ont déjà légalisé l’euthanasie depuis plus de vingt ans. Voici un tour d’horizon des pays qui l’autorisent, ceux qui la tolèrent et ceux qui la condamnent.



Loi créant un droit à l’aide à mourir : l’Assemblée nationale doit se prononcer une dernière fois le 15 juillet 2026 par un vote définitif.

Par Hubert Bruneel

Les députés ont voté le 30 juin 2026 en faveur de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, avant un vote définitif qui devrait intervenir à l’Assemblée le 15 juillet. La version adoptée à l’issue de cette nouvelle lecture sera a priori la copie finale : les sénateurs devraient en effet rejeter à nouveau le texte de retour au Palais du Luxembourg le 7 juillet et les députés ne pourraient plus introduire en lecture définitive d’amendements.

295 députés ont voté pour, et 232 contre, sous les yeux de l’ancien député Olivier Falorni, auteur de la proposition de loi. Le Sénat avait déjà adopté le texte en mai 2025 (305 voix contre 199) puis en février 2026 (299 voix contre 226).

La réforme va désormais repartir au Sénat, qui devrait à nouveau rejeter le texte lors de son examen à partir du 7 juillet.

La commission des Affaires sociales du Sénat devrait proposer mercredi de rejeter d’emblée le texte via l’adoption d’une motion de rejet préalable, a indiqué mardi une source parlementaire à l’AFP. L’examen du texte au Sénat ne devrait donc durer que quelques heures.

Le gouvernement prévoit de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, où le vote final est fixé au 15 juillet.

Rappelons qu’en 1978, le sénateur Caillavet avait déposé la toute première proposition de loi relative à la légalisation de l’aide active à mourir. Depuis, de nombreux pays ont accordé ce droit à leurs concitoyens, dans une procédure encadrée et mise en œuvre par des médecins volontaires. Aucune de ces démocraties n’a enregistré de dérive, de pente glissante, de volonté eugéniste. Juste une loi humaine qui place au cœur des décisions de fin de vie la volonté et la parole du patient. Car c’est lui qui sait le mieux ce qu’il convient de faire quand la vie lui échappe, que la médecine s’est déclarée impuissante à le guérir et que ce qui reste à venir n’est que de la survie, parfois artificielle, toujours difficile.

Le texte de loi qui sera soumis en troisième lecture à l’Assemblée nationale trouve son origine dans la Convention citoyenne sur la fin de vie qui a débuté ses travaux en décembre 2022, à la suite de l’avis 139 rendu par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui se prononçait en faveur d’une modification de la loi sur la fin de vie en appliquant une procédure éthique en matière d’aide à mourir.

La première version de ce texte a été présentée en Conseil des Ministres le 10 avril 2024. Cela fait donc plus de deux ans que le Parlement examine le dispositif qui devrait permettre pour ceux qui le souhaitent (et pour ceux-là seulement) de bénéficier d’une aide active à mourir très encadrée, placée sous le contrôle des lois de notre République. Durant ces deux années, la représentation nationale a auditionné des dizaines de personnes, dont des médecins et des malades. Elle a accompli un très gros travail, sur un sujet qui touche à l’intime et à l’éthique.

Plus de 90% des Français adhérent à une telle loi, selon des sondages constants depuis plus de vingt ans, et les médecins sont 74% à la demander afin de sécuriser des pratiques qu’ils connaissent et, pour certains, pratiquent déjà avec compassion et discernement.

Il s’agit de permettre à chacune et à chacun d’avoir le choix entre :

– une forme d’obstination raisonnable s’il souhaite aller au bout, même si ses souffrances deviennent insupportables,

– des soins palliatifs de qualité, partout et pour tous, en application de la loi, le 26 mai 2026 visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs,

– et, enfin, une aide à mourir, s’il le souhaite, de ne plus souffrir et de ne pas agoniser.

Les trois députés de l’Aube ont voté, le 30 juin 2026, contre ce projet de loi, à rebours de l’Assemblée nationale qui a adopté le texte et des attentes des Français, leur refusant un droit nouveau. Pourtant, s’agissant d’Angélique Ranc, son assistant parlementaire, Valentin Mouzon, a occupé dans l’Aube pendant plusieurs années les fonctions de délégué départemental de l’ADMD (association pour le droit à mourir dans la dignité).

Aussi humaine que fut la loi sur l’IVG, ce projet de loi, tout comme pour l’IVG, n’emportera aucune contrainte : ni pour les citoyens (en fin de vie ou en bonne santé), ni pour les médecins grâce à la clause de conscience. Il consiste simplement à donner à une liberté, celle de la fin de vie, un cadre législatif respectueux et humain.




Pourquoi la voie du référendum a été écartée par le Conseil constitutionnel ?

En pleine bataille parlementaire sur la fin de vie, 201 parlementaires ont tenté de déclencher la procédure de référendum d’initiative partagée pour empêcher que l’aide active à mourir soit assimilée à un soin. Par une décision du 17 juin 2026, le Conseil constitutionnel a fermé cette voie. Pourquoi ?

TROYES: manifestation pour Gaza. Refusons l’indifférence, refusons l’effacement d’un peuple !



Chers amis, chers citoyen.nes,

Depuis plus de deux ans et demi, nous nous réunissons inlassablement pour porter la même exigence : halte au génocide, halte au massacre du peuple palestinien, halte à la destruction de Gaza.

Les annonces de cessez-le-feu se succèdent, mais sur le terrain, la réalité demeure la même : les bombardements, les déplacements forcés, les privations et les souffrances continuent. Rien ne permet aujourd’hui de constater un véritable recul des violences subies par la population palestinienne.

Le 15 mai dernier marquait les 78 ans de la Nakba. En 1948, plus de 700 000 Palestiniens furent expulsés de leurs terres et des centaines de villages détruits. Cet événement n’appartient pas seulement à l’histoire : il se poursuit à travers la dépossession, la fragmentation du peuple palestinien et la négation persistante de ses droits fondamentaux. Soixante-dix-huit ans plus tard, la question palestinienne demeure celle d’un peuple privé de sa terre, de sa souveraineté et de son avenir.

Aujourd’hui, à Gaza, le génocide se poursuit. Il est orchestré méthodiquement par Israël et son allié américain. La catastrophe humanitaire atteint un niveau sans précédent. La guerre n’a épargné aucun secteur. Hôpitaux, écoles, universités, réseaux d’eau, infrastructures énergétiques : tout ou presque a été détruit ou gravement endommagé.

Les habitants de Gaza sont confrontés à une réalité où les éléments les plus fondamentaux d’une vie digne ont disparu. Trouver de l’eau potable, de la nourriture ou simplement un endroit sûr où dormir est devenu une préoccupation quotidienne.

Plus de 85 % de la population dépend désormais de l’aide humanitaire pour survivre. Cette aide n’est plus un soutien temporaire ; elle est devenue une véritable bouée de sauvetage. Des centaines de milliers de familles ne peuvent satisfaire leurs besoins les plus élémentaires sans l’assistance des organisations humanitaires. Pourtant, les convois continuent d’être bloqués ou fortement limités alors même que les besoins ne cessent d’augmenter.

Nous exigeons donc l’arrêt immédiat du génocide et donc non seulement l’ouverture totale et immédiate de Gaza à l’aide humanitaire, mais aussi la garantie d’un accès permanent à l’eau, à la nourriture, aux soins médicaux et aux biens de première nécessité.

Pendant ce temps, en Cisjordanie, la colonisation se poursuit à un rythme soutenu. Les violences des colons se multiplient, les expulsions continuent et les territoires palestiniens sont toujours davantage morcelés.

Au Liban, les opérations militaires israéliennes s’intensifient. Après Gaza et la Cisjordanie, c’est désormais le sud du Liban qui subit destructions et déplacements de population. Sous couvert de « zone tampon », des villages entiers sont vidés de leurs habitants et parfois rasés. Ce que certains présentent comme une zone de sécurité apparaît de plus en plus comme une zone morte. En même temps que d’agresser l’État libanais, Israël étend ainsi sa guerre génocidaire à l’encontre des centaines de milliers de palestiniens réfugiés suite à leur expulsion lors de la Nakba de 1948.

Cette escalade régionale s’inscrit dans le contexte d’une agression militaire israélo américaine, d’une politique colonialiste, pour le contrôle des terres et des ressources. Elle a et aura des conséquences dramatiques pour les peuples du Moyen-Orient mais également pour l’ensemble du monde.

Derrière les chiffres, derrière les analyses géopolitiques, il y a des êtres humains. Il y a des femmes, des hommes et des enfants qui subissent quotidiennement la violence, la peur, l’exil et la perte de leurs proches.

Nous refusons de nous habituer à cette souffrance. Nous refusons que l’horreur devienne normale.

Face à ces violations répétées du droit international, les déclarations diplomatiques ne suffisent plus. La reconnaissance de l’État de Palestine, si elle intervient, ne saurait masquer l’inaction des États face aux crimes commis ni la poursuite des coopérations militaires qui alimentent le conflit.


En France également, nous constatons avec inquiétude une volonté croissante de faire taire les voix qui dénoncent ces crimes. Le projet de loi Yadan apparaît comme l’un des symboles de cette criminalisation des mobilisations en faveur des droits du peuple palestinien. Défendre les droits humains, exiger l’application du droit international et exprimer sa solidarité ne devraient jamais être assimilés à une menace.

Nous dénonçons également les obstacles grandissants imposés aux universitaires, chercheurs, artistes et étudiants palestiniens. Alors que l’ensemble des universités de Gaza ont été détruites ou gravement endommagées et que des centaines de milliers d’enfants sont privés d’éducation, les possibilités d’accueil et de protection se réduisent.

Nous affirmons qu’aucune paix durable ne sera possible sans justice, qui doit commencer par le droit au retour des palestiniens expulsés de leurs terres.

Nous affirmons que le peuple palestinien doit pouvoir décider librement de son avenir et exercer pleinement son droit à l’autodétermination.

Nous affirmons qu’une paix véritable suppose l’égalité des droits, le respect du droit international et la reconnaissance de la dignité de tous les peuples.

Ces 78 années de Nakba nous posent une question simple : voulons-nous vivre dans un monde où la loi du plus fort l’emporte sur le droit, où un peuple peut être expulsé, assiégé et privé de ses droits fondamentaux ? Ou voulons-nous construire un monde fondé sur la justice, l’égalité et le respect du droit international ?

C’est pourquoi nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :

  •  Un cessez-le-feu total et durable ;
  • L’ouverture complète et sans restriction de Gaza à l’aide humanitaire, aux journalistes et aux observateurs indépendants ;
  • La garantie permanente de l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins et aux produits de première nécessité ;
  • L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants militaires utilisés pour le montage d’armes
  • L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports
  • L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.
  • la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël
  • L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.
  •  Le respect du droit international et la protection effective des populations civiles.

Nous saluons également le courage des Flottilles de la Liberté et de toutes celles et ceux qui tentent d’apporter aide et solidarité au peuple palestinien malgré les obstacles et les intimidations.

Enfin, nous appelons chacune et chacun d’entre vous à poursuivre la mobilisation. Signez les pétitions, interpellez vos élus, faites entendre votre voix.

Car le silence favorise l’impunité.

Nous sommes ici pour dire que nous voyons ce qui se passe. Nous refusons l’indifférence. Nous refusons l’effacement d’un peuple.

Pour la justice. Pour le droit. Pour la paix.




Jour 1 000 à Gaza : 90 % de la bande de Gaza « détruite », 80 % « occupée » par Israël


1 000 jours après le 7 octobre 2023, Gaza est en ruines, le Conseil de la paix vacille et Israël étend son contrôle sur l’enclave.

Plus de 90 % de la bande de Gaza a été détruite, et les forces israéliennes contrôlent 80 % du territoire assiégé, selon les autorités de l’enclave, alors que le monde commémore les 1 000 jours écoulés depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza.



«Plus personne ne nous soutient», le cri d’alarme des Palestiniens

Alors que le monde se concentre sur l’accord entre les États-Unis et l’Iran, les habitants de Gaza se sentent abandonnés.

«Tout le monde a oublié Gaza et sa tragédie.» À l’heure où le monde a les yeux rivés sur les pourparlers irano-américains pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, le sort de la bande de Gaza est relégué au second plan.



Troyes: génocide à Gaza, on ne se taira pas !

Des mineurs accusés de crime bientôt libérés à cause de Darmanin ?




Des mineurs accusés de crime bientôt libérés à cause de Darmanin ?

Le Conseil constitutionnel avait donné un an au gouvernement pour modifier un texte concernant la détention provisoire des 16-18 ans. Mais rien n’a été fait : le ministre de la Justice a laissé passer le délai, qui arrive à échéance ce 1er juillet au matin. Oups !

Oh la boulette du ministère de la Justice ! A compter du 1er juillet, des mineurs incarcérés âgés de 16 à 18 ans, accusés de crime, en attente de leur procès vont devoir être libérés. Ça chauffe pour Gérald Darmanin.



Pour bien saisir la situation et le contexte de ce raté, remontons un peu dans le temps.

La loi visant à renforcer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents, dite loi Attal, a été promulguée le 23 juin 2025.



Le 27 juin 2025, saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition de 2019 du code de la justice pénale des mineurs régissant ce maintien en détention, au terme de l’enquête judiciaire, d’un mineur de plus de 16 ans accusé d’un crime.



Le syndicat des avocats de France a publié un « fact-checking » pour remettre à plat la réalité sur la justice des mineurs.



En septembre 2025, l’Est-Eclair nous expliquait tout ce qu’il faut savoir à propos de la justice des mineurs.



Un vide législatif fragilise le maintien en détention provisoire de mineurs accusés de crimes.

Le Conseil constitutionnel avait donné jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2026 au gouvernement pour modifier une disposition du code de la justice pénale des mineurs sur la détention provisoire des 16-18 ans, mais aucun texte n’a été approuvé.



Une dépêche adressée par la Chancellerie aux parquets confirme que pour les décisions prises à compter du 1er juillet, le maintien d’un mineur renvoyé en cour d’assises sera dépourvu de toute base légale. Les magistrats se retrouvent confrontés à un casse-tête juridique. 


Gros flottement jusqu’à mi-juillet

« La date du 1er juillet 2026 ne marque pas seulement l’échéance d’un ultimatum constitutionnel resté sans réponse. Elle cristallise une tension profonde entre, d’une part, la volonté politique d’aligner le régime de la détention provisoire des mineurs sur celui des majeurs et, d’autre part, une exigence constitutionnelle et prétorienne d’adaptation procédurale qui ne cesse de se renforcer. La chambre criminelle, par une série d’arrêts rendus entre 2023 et 2026, a construit un corpus jurisprudentiel cohérent qui fait des garanties propres aux mineurs des nullités d’ordre public. Cette construction prétorienne, conjuguée à la censure du Conseil constitutionnel, confère aux avocats des leviers contentieux substantiels qu’il leur appartient de mobiliser avec rigueur et célérité. À court terme, l’adoption d’un amendement correctif dans le cadre de la loi sur la justice criminelle, annoncée pour la mi-juillet 2026, pourrait combler le vide législatif. Mais elle ne saurait effacer les nullités acquises durant la période intermédiaire, que les praticiens avisés auront su faire constater. » Me Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris



Comme l’écrivait le Syndicat de la Magistrature dans sa tribune du 16 mars, la justice des mineurs mérite mieux qu’un traitement populiste, simpliste et à visée électoraliste.

Face à l’énième critique du principe de l’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l’âge par le Gouvernement, le Syndicat de la magistrature publiait en mars 2026 une tribune dans le Monde pour recontextualiser le débat autour de cette « excuse » en sortant d’une approche démagogique de la justice des mineurs et de remettre l’accent sur la situation catastrophique dans laquelle se trouve la protection de l’enfance.



Pendant ce temps, les bourdes se multiplient au ministère de la Justice. L’affaire Lyhanna avait déjà soulevé beaucoup de questions.



L’amateurisme a-t-il encore sa place à la chancellerie ?

RD

CNews et Frontières : fermez-les !


Début juin, l’émission 100 % Frontières diffusée chaque jour sur CNews est si radicale qu’elle choque même en interne. Au point qu’un chroniqueur de la chaîne a discrètement saisi l’Arcom pour dénoncer la place « quasi exclusive » accordée à « l’immigration » ou à « l’islam », « sans maîtrise de l’antenne ».



Le 15 juin, l’Arcom met CNews en demeure de se conformer à l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion.



Quelques jours plus tard, Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, dans le giron de Vincent Bolloré comme CNews, dénonce, dans une tribune publiée par Le Figaro, une décision visant à « faire taire (…) une chaîne que des millions de Français choisissent librement ».




Analysant le traitement des célébrations post-victoire du PSG, le soir du 30 mai, Acrimed demande comment les pouvoirs publics comptent contenir la haine bien réelle déversée à flux continu par une chaîne d’extrême droite bénéficiant d’une fréquence publique…


Aujourd’hui, on apprend que le patron du média identitaire Frontières, partenaire de CNews, a été rémunéré en 2020 et 2021 par un think tank hongrois proche de Viktor Orbán. Cette structure a récemment été identifiée par les autorités françaises comme partie prenante d’un réseau d’influence étrangère, d’après les informations de Mediapart.



«Si vous fermez CNews, il y aura un écran noir, mais ce sera un soulèvement», alerte Philippe de Villiers, dans l’émission CNewsesque #FaceaPhilippeDeVilliers.


Alors, oui au soulèvement, mais un soulèvement de fraîcheur, ou plutôt un soulagement, oui à la fin des imprécations racistes et du journalisme de préfecture, de l’appel à la haine, du déni des violences policières, de la surenchère permanente et de l’amplification systématique des faits de violence, de l’altérisation, l’ essentialisation, la racialisation des auteurs réels ou supposés de ceux-ci, de la falsification du réel, de la criminalisation – voire la pathologisation – à outrance des « fauteurs de trouble », en opposant « les honnêtes gens d’un côté, ceux qui se lèvent, qui font tourner l’économie, qui ouvrent leurs magasins, et puis ceux qui en quelques secondes […] vont tout casser », de l’exacerbation continue du ressentiment et de la haine raciale, de la stigmatisation de ces « fils d’immigrés […] qui ont été dressés à mordre »…

Alors, oui! CNews et Frontières, fermez-la !



RD

Avocats et magistrats se mobilisent contre les « conditions dégradées de travail » et la réforme de la justice criminelle



Plusieurs rassemblements d’avocats et de magistrats sont organisés, lundi, à travers la France pour protester contre la réforme de la justice criminelle portée par Gérald Darmanin. Ils manifestent aussi pour dénoncer les conditions de travail et le manque de moyens.



Cette manifestation sert « à dire à nos concitoyens que la justice n’a actuellement pas les moyens d’assurer une protection suffisante » explique sur France Inter Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats.



Prévue à l’agenda de l’Assemblée Nationale le 7 juillet prochain, une proposition de loi (PPL), déposée par le député (LR) Eric Pauget, vise à instaurer une « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». Ce texte est soutenu par le gouvernement : celui-ci a déjà fait adopter, lors d’une première discussion à l’Assemblée Nationale en janvier 2026, un amendement tendant à créer une présomption de légalité des tirs par les forces de l’ordre.



La LDH s’associait à la mobilisation nationale de ce lundi 29 juin.

« Nous continuons à exiger l’abandon de l’intégralité de la réforme SURE portée par le garde des Sceaux et à faire entendre notre voix pour une justice de qualité. »

Canicule : la gestion de la crise révèle les limites de l’action publique



La réaction des pouvoirs publics à l’épisode caniculaire de ce mois de juin révèle la difficulté plus structurelle de l’Etat à anticiper, planifier et agir avant que des événements ne s’imposent.



Le gouvernement essuie les critiques de la classe politique face à sa gestion de la canicule.

Alors que la France continue d’enregistrer des records de température, le gouvernement tente d’agir. Mais l’exécutif est accusé d’avoir manqué d’anticipation. La classe politique s’indigne et critique la gestion du gouvernement.



Canicule et services publics sous pression, le gouvernement promet l’urgence tandis que les failles d’anticipation apparaissent.

Sous la canicule, écoles, trains, hôpitaux et réseau électrique vacillent. L’exécutif mobilise les secours, mais les critiques sur l’anticipation climatique s’intensifient.



« On est largement en retard » : qu’ont fait les différents gouvernements pour adapter la France aux fortes chaleurs depuis la canicule de 2003 ?

Alors que la France suffoque, le gouvernement de Sébastien Lecornu est accusé de ne pas avoir suffisamment préparé le pays à ces vagues de chaleur. Une critique récurrente qui vise tous les exécutifs depuis la tragédie de 2003.



Chaleur au travail : ce que peuvent faire les salariés et ce que prévoit la loi.

Droit de retrait, alerte à l’inspection du travail ou encore grève : alors que la canicule due au réchauffement climatique frappe la France pour la seconde fois en 2026, que peuvent faire les salariés en cas d’inaction de leur employeur ?



Canicule au travail : travailler sous 40°C ne doit jamais devenir la norme !

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur frappe le pays, la CGT alerte sur l’extrême gravité de la situation pour des millions de travailleuses et de travailleurs.

La LDH tient ses promesses: un référé-liberté a été déposé au Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne contre le couvre-feu à TROYES



La LDH, représentée par Mes Romain Mainnevret et Mathieu Malblanc, avocats associés à Châlons-en-Champagne, a déposé ce jour un référé-liberté contre l’arrêté pris le 17 juin par le maire de Troyes, auprès du juge des référés du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

L’audience est fixée au mardi 30 juin à 9h.

L’intérêt à agir de la LDH contre l’arrêté en litige est pleinement établi. Le Conseil d’État reconnaît constamment l’intérêt à agir d’une association nationale contre une mesure de police locale dès lors que la décision attaquée soulève des questions de principe relatives aux libertés publiques qui, par leur nature et leur objet, excèdent les seules circonstances locales.

La condition d’urgence prévue par l’article L. 521-2 du code de justice administrative est, dès lors, pleinement satisfaite.

Il s’agit d’une atteinte grave aux libertés fondamentales, remettant en cause la liberté d’aller et venir ainsi que la liberté personnelle et l’intérêt supérieur de l’enfant, par son caractère inadapté, non nécessaire et disproportionné : elle vise l’ensemble des mineurs de moins de dix-huit ans, est excessive dans la durée, ne prévoit aucune exception ; enfin l’arrêté est litigieux et entaché d’incompétence, une telle mesure relevant de l’autorité de l’Etat en la personne du préfet qui le représente et non du maire.

La LDH demande au juge des référés du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne de:

  • ORDONNER la suspension immédiate de l’exécution de l’arrêté municipal n° 2026-2992 du 17 juin 2026 dans son intégralité,
  • METTRE à la charge de la Commune de Troyes la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du Code de justice administrative à verser à la requérante.

Nous serons présent.e.s à Châlons le mardi 30 juin et ne manquerons pas de vous tenir informé.e.s de la suite donnée à ce référé-liberté.

RD

Affaire Lyannah : derrière la communication du gouvernement, ce que révèle (vraiment) le rapport d’inspection



Un pré-rapport d’inspection, publié ce lundi, a révélé les coulisses des dysfonctionnements judiciaires ayant accompagné l’assassinat de la jeune Lyannah, le 29 mai dernier. Depuis, le gouvernement macroniste s’empresse de pointer du doigt les supposés responsables, avec promesse de sanctions. Et ce quitte à instrumentaliser le contenu même du rapport, en refusant de se confronter aux conséquences de leurs propres politiques publiques.


Mais Darmanin a trouvé la solution.

Lyhanna : Gérald Darmanin annonce « un choc numérique au ministère de la Justice » et « promet le zéro papier d’ici six mois ».

Le garde des Sceaux affirme que le ministère va « tout scanner » avec l’aide de « l’intelligence artificielle dans toutes les juridictions. C’est une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ».



Quand on voit un élu promettre l’attribution d’un logement social et d’un emploi en tant que maire ou encore la révision d’une condamnation, grâce à sa copine Alliot-Marie, en échange de faveurs sexuelles, on sait très vite à qui on a affaire. Jamais mis en examen malgré la réalité avérée d’un « viol par surprise » et d’un rapport sexuel « extorqué »« ni libre, ni consenti », il n’a jamais été jugé, bénéficiant d’un non-lieu en juillet 2022, confirmé par la cour d’appel de Paris en janvier 2023 et par la Cour de cassation en février 2024.


Analyse

Il ne faut pas espérer que le personnage devienne un parangon de vertu et qu’il se soucie du problème des abus et violences sexuels. C’est un personnage malsain à la base, qui ne fait de politique depuis l’âge de 16 ans que pour satisfaire sa soif de reconnaissance et ses besoins personnels.

Un DEUG d’histoire et un diplôme de Sciences-Po Lille ne confèrent pas nécessairement un haut niveau de moralité. 

Il est tellement plus facile de s’en prendre aux sous-fifres et de faire des annonces « chocs », en l’occurrence plus aucun papier au ministère de la Justice. On efface plus facilement un fichier informatique qu’un lourd dossier papier. Plus de traces. Hormis sur les murs des chiottes, s’il parvenait à appliquer à la lettre sa promesse… intenable par ailleurs, puisqu’ il n’y aura pas un centime supplémentaire pour équiper les tribunaux du matériel nécessaire.

Darmanin ment comme il respire. Pris le doigt dans le pot de confiture, il dit encore que c’est l’autre.

Pour ne citer qu’un autre exemple, alors ministre de l’Intérieur, Il affirmait, en mars 2023 en conférence de presse, que  les gendarmes n’avaient « pas lancé de LBD » à Sainte-Soline, pour revenir le lendemain sur sa déclaration, après la diffusion de vidéos probantes ; que les forces de l’ordre n’avaient « pas empêché les secours d’intervenir« , mais plutôt les « casseurs », alors que les observateurs de la LDH avaient constaté qu’il n’y en avait pas alors sur place depuis au moins 30 mn, un pompier et un opérateur de SAMU ayant observé que les secours étaient bloqués par les gendarmes alors qu’un manifestant était en danger de mort ; qu’ »aucune arme de guerre » n’avait été utilisée, des journalistes présents sur place ayant toutefois repéré des « GM2L », armes classées en catégorie A2, celle-ci définissant des « armes de guerre » ; que « des gaz lacrymogènes n’ont pas été utilisés contre les blessés« , ce qui fut démenti par de nombreux témoignages et vidéos ; et concernant les 7 policiers de la BRAV-M ayant intimidé et menacé 7 manifestants, qu’ils n’avaient « pas été identifiés formellement » et qu’ils n’étaient d’ailleurs « pas engagés » ce jour-là, alors que des membres de la 21ème compagnie d’interventions de la BRAV-M étaient effectivement présents et avaient été clairement identifiés, tenant par ailleurs des propos racistes et terroristes…



Il est aujourd’hui garde des Sceaux, ministre de la Justice. Et il ne veut pas démissionner.



RD

NB: le 2ème partie, volontairement polémique de cet article (analyse) n’engage que son auteur.

Chaude actualité…



Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream.

Le gouvernement s’apprête à faire voter une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers qui font usage de leur arme. La mesure est assimilée à un « permis de tuer » par ses détracteurs et rompt avec le principe d’égalité devant la loi.



« Une faute morale et politique » : des responsables talibans attendus à la Commission européenne pour parler immigration

Cinq responsables talibans ont reçu l’autorisation d’entrer en Belgique, attendus ce mardi à Bruxelles pour évoquer avec la Commission européenne le renvoi d’exilés afghans vers leur pays d’origine, une perspective dénoncée par des élus et des ONG.



Menacé après la condamnation du fondateur du média identitaire Frontières, le juge Youssef Badr annule sa venue à Reims.

La rencontre prévue ce lundi 22 juin après-midi avec le juge Youssef Badr à la bibliothèque universitaire Robert de Sorbon à Reims est annulée. Une annulation qui intervient dans un contexte de menaces portées contre le magistrat depuis la condamnation du fondateur du media identitaire Frontières.



« Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir » : une enquête pour incitation à la haine ouverte après la diffusion d’une vidéo tournée dans une discothèque de l’Aveyron.

Depuis le 6 juin, une vidéo prise dans une boîte de nuit de Rodez (Aveyron) a été vue par plusieurs milliers de personnes et repartagées par de nombreux comptes. Sur ces images, on peut voir un groupe de personnes alcoolisées entonner des chants racistes. Une enquête pour incitation à la haine a été ouverte par le procureur.



Pétition : pour un Défenseur des droits à la hauteur de la fonction.

Sophie Binet, SG de la CGT, et des milliers d’autres personnes, représentant.es d’organisations, chercheur.e.s, personnalités et citoyen.nes sont signataires de la pétition « Défenseur des droits : une nomination déterminante pour les droits et libertés » – pour marquer leur opposition à l’éventuelle nomination de François-Noël Buffet.



Face aux canicules, le grand chantier du siècle.

La protection thermique des logements, des écoles, des hôpitaux et des villes doit devenir une grande infrastructure publique du XXIe siècle. Comme l’eau potable, l’électricité ou le rail hier, elle doit être planifiée, financée et organisée collectivement.




Les experts du ministère de la Santé devraient, après ces précieuses instructions, se pencher à présent sur la façon de consommer d’autres boissons…

Le peuple a le droit de savoir !

RD

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