Donald Trump : « Dr Knock » ou « Médecin malgré lui » ?



Le président américain a fortement déconseillé lundi le paracétamol aux femmes enceintes, l’associant à un risque d’autisme élevé pour les enfants, en dépit d’avis contraires des médecins.

À l’époque, Donald Trump avait suggéré qu’avaler du désinfectant suffirait à se débarrasser du coronavirus. Cinq ans plus tard, les affirmations du président américain ont encore stupéfié les journalistes.

Avec la santé de millions de personnes en jeu, il a exhorté lundi les femmes enceintes à ne pas prendre de paracétamol.

 

Florilèges :

« Selon une rumeur –et j’ignore si c’est le cas– ils n’ont pas de paracétamol à Cuba car ils n’ont pas de quoi s’offrir de paracétamol. Eh bien ils n’ont quasiment pas d’autisme ».

« Je ne suis pas médecin, mais je donne mon avis ».

« Prenez les Amish, par exemple. Ils n’ont pratiquement pas d’autisme »

« L’hépatite B se transmet par voie sexuelle. Il n’y a aucune raison de vacciner contre l’hépatite B un bébé qui vient à peine de naître. Je dirais donc d’attendre que le bébé ait 12 ans et soit bien développé ».

« Ils injectent tellement de choses à ces beaux petits bébés, c’est une honte. On dirait qu’ils injectent un cheval ».



Il n’y a pas de lien avéré entre le paracétamol et l’autisme, et les vaccins ne provoquent pas ce trouble, contrairement à ce que suggère l’administration Trump, a affirmé mardi 23 septembre l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le président américain, Donald Trump, a fortement déconseillé lundi le paracétamol aux femmes enceintes, l’associant à un risque d’autisme élevé pour les enfants, en dépit d’avis contraires des médecins, avant de jeter un discrédit infondé sur les vaccins.




Malgré le consensus scientifique, les autorités sanitaires des Etats-Unis comptent relancer une étude sur le sujet.

Un grand nombre d’études se sont déjà penchées sur l’impact de la vaccination sur le développement de l’autisme, et leurs conclusions sont sans appel : aucun élément ne permet de mettre en cause un quelconque lien entre le fait de se vacciner et d’être autiste. Pourtant, à la demande du ministère de la santé, le centre de contrôle américain des maladies (CDC) va prochainement débuter une nouvelle étude sur cette thématique. L’initiative de cette demande est probablement à attribuer à l’actuel ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, figure de proue du mouvement antivax et ardent défenseur de cette théorie.



« Les deux ont fait le lien entre le Tylenol et l’autisme, ce qui est faux, ce qui n’est pas démontré avec une rigueur scientifique. « Fake news », pour reprendre les mots de Donald. Pire encore, les deux clowns […] mettent la vie des femmes en danger avec des conseils de charlatans et de complotistes […] J’insiste là-dessus, il n’y a aucune étude scientifique sérieuse qui montre un lien entre l’acétaminophène, le Tylenol pour expliquer l’autisme. Il y a des allégations, des prétentions, mais aucune preuve.« 



Finalement, Trump est plus fort que l’IA…






Reconnaissance de l’Etat palestinien



Plus d’une cinquantaine de mairies hissent le drapeau palestinien malgré l’opposition du ministère de l’Intérieur



52 mairies dirigées par la gauche, ont hissé le drapeau palestinien au fronton de l’Hôtel de ville ce lundi, alors qu’Emmanuel Macron reconnaitra officiellement l’Etat de Palestine ce soir à l’ONU. Un pavoisement auquel s’oppose Bruno Retailleau.

Troyes : assez d’horreur et de famine à Gaza !





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Troyes : rassemblement contre l’horreur et la famine à Gaza




Le collectif aubois pour la paix appelle à un rassemblement pour dénoncer l’horreur et la famine à GAZA, pour demander la garantie de l’accès de la flotille avec son aide humanitaire, et l’interdiction des livraisons d’armes à Israël.

Troyes : retour sur la manifestation intersyndicale du 18 septembre

JFB
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Après dislocation de la manifestation qui s’est déroulée sans incident, dans le calme et la dignité, quelques jeunes nervis, déjà connus comme militant pour le couronnement prochain de Bardella, ont tenté une provocation dont ils sont coutumiers. Ils n’ont pas fait le poids. 

Agnès témoigne :

« En fait, un mini-service d’ordre s’était organisé, suite à une manif précédente où les ED s’en étaient pris, en marge, à une personne porteuse d’un drapeau palestinien. 

Parce que ces nervis, c’est leur technique. Ils sont groupusculaires, donc ne font pas le poids. Par contre, s’ils peuvent choper un manifestant isolé (par exemple, en fin de manif, ou bien au bord du peloton, ou carrément sur le chemin de son retour chez lui), ça leur va. De vrais braves, mais pas téméraires non plus = à un contre 5, dans un coin discret… c’est mieux que de se faire lyncher par la foule (entre nous, c’est pas le genre de notre public !)

…/..

Ils ont donc été hués (et filmés, et identifiés), et pas seulement par des antifas. Ceci, juste à la sortie des élèves du collège Beurnonville, c’est tout de même pas le lieu ni le tempo pour venir chasser le gauchiste! Mais aussi, et justement, sans doute calculé pour que la police s’interpose = collégiens et parents d’élèves n’ont pas besoin de tomber sur ce genre d’échauffourée. »

Il est probable qu’ils s’en soient pris, car c’est ainsi qu’ils ont coutume de démontrer leur force, à un « papy » en fauteuil roulant, fidèle des manifestations troyennes, enveloppé d’un drapeau palestinien et qui, comme poursuit Agnès « a certes un peu perdu ses jambes, le vieux, mais pas ses cordes vocales ! »

La police s’est interposée et a évité l’incident. Mais on pourra remarquer l’audace et la pertinence des arguments desdits nervis d’extrême-droite qui ne font pas honneur à la ville de Troyes en arborant le tee-shirt floqué à son nom…

 

1 300 personnes ont manifesté dans les rues de Troyes

HB
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Contre l' »austérité », des cortèges plus garnis que le 10 septembre, émaillés de quelque incidents



Contre « l’austérité »: « Plus d’un million de personnes », selon la CGT, ont manifesté jeudi dans toute la France à l’appel de l’intersyndicale pour tenter de peser sur les choix budgétaires du nouveau Premier ministre.

Les cortèges en province ont réuni de 8.800 à 35.000 manifestants à Bordeaux, selon les autorités ou les syndicats, de 14.000 à 20.000 à Lyon, de 1.800 à 3.000 à La Rochelle, de 15.000 à 120.000 à Marseille et de 18.000 à 40.000 à Toulouse.

Partout, l’intersyndicale a rassemblé plus de monde dans les rues que le mouvement né sur les réseaux sociaux « Bloquons tout » le 10 septembre.

Les autorités dénombraient à 15H45 plus de 282.000 manifestants, en dehors de Paris.

AUBE : manifestations ce 18 septembre



La section LDH de l’Aube s’associe aux revendications de l’intersyndicale et rejette la casse sociale et les régressions engagées par les gouvernements précédents et poursuivies par le Premier ministre et son gouvernement pas encore formé, si ce n’est par l’ancien, pourtant en principe démissionnaire.

Elle rejette les atteintes aux droits sociaux et les menaces qui pèsent sur les classes moyennes et pauvres pour couvrir une dette dont les bénéficiaires sont les seuls riches et ultra-riches qui ne seraient toujours pas mis à contribution dans le projet actuel.

Elle rappelle le droit fondamental des citoyens à manifester pacifiquement sans subir la répression violente des forces de maintien de l’ordre, qu’elle condamne fermement.

Elle vous appelle à rejoindre massivement les rassemblements


Place Jean-Jaurès à Troyes

à 14h




Romilly-sur-Seine

Devant la Bourse du Travail à 14 heures


Bar-sur-Aube

Place de la Mairie à 15 heures

Il faut rejeter les règles inhumaines qui régissent les expulsions !



Dans une lettre adressée le lundi 14 octobre 2024 aux chefs d’Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l’UE, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, annonçait : « La Commission européenne va proposer une nouvelle législation pour favoriser les expulsions de migrants en situation irrégulière. » Le texte prévoit « des obligations claires de coopération pour les personnes renvoyées » et la volonté de « rationaliser efficacement le processus de retour« , précisait la cheffe de l’exécutif européen. Elle répondait ainsi « à la demande de plusieurs Etats membres de l’UE » qui souhaitaient durcir la politique d’expulsion des personnes en situation irrégulière.



Le 11 mars 2025, la Commission européenne présentait sa proposition de règlement 2025/0059, établissant un système commun en matière de retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier dans l’Union, et abrogeant la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil, la directive 2001/40/CE du Conseil et la décision 2004/191/CE du Conseil.

  

 

Fin juin 2025, la commission des affaires européennes du Sénat français elle-même, sans toutefois remettre fondamentalement en cause ce règlement, dénonçait une « dérive normative » de l’Union européenne, un recours excessif de la Commission européenne aux actes d’exécution et aux actes délégués comme étant de nature à méconnaître les principes de subsidiarité et de proportionnalité, et à limiter le contrôle des Parlements nationaux. Ce rapport recommande aussi de restreindre le recours aux actes d’exécution aux seuls aspects techniques d’une telle réforme, à l’exclusion de toute considération de nature politique. »

 

 

L’Europe n’a nullement besoin de s’aligner en un seul rang sur les positions de pays faisant partie de l’Union des 27 mais néanmoins hostiles à toute présence étrangère sur leur territoire.


Ce 15 septembre la LDH se joignait à plus de 200 organisations internationales pour demander le rejet de ce « Règlement retour ».


Le 11 mars 2025, la Commission européenne a présenté une nouvelle proposition de Règlement retour, destinée à remplacer l’actuelle Directive retour. Cette appellation prosaïque dissimule en réalité des mesures coercitives, traumatisantes et contraires aux droits fondamentaux, dont l’objectif est d’augmenter les chiffres des expulsions. Plutôt que de mettre l’accent sur la protection, le logement, les soins de santé et l’éducation, le Règlement repose sur des politiques répressives, des centres de détention, les expulsions forcées et la contrainte. 

Le « Règlement sur les expulsions », comme il conviendrait plus justement de l’appeler, s’inscrit dans un changement plus large de la politique migratoire de l’UE, qui présente la mobilité humaine comme une menace pour justifier des dérogations aux garanties des droits fondamentaux. Les institutions européennes et les États membres ont de plus en plus recours à la criminalisation, la surveillance et la discrimination comme principaux outils de gestion migratoire, au lieu de privilégier la protection, la sécurité, l’inclusion sociale, l’élargissement des voies sûres et légales, ainsi que des titres de séjour basés sur les droits. 

Nos organisations sont catégoriques : ce Règlement doit être rejeté. Axé sur la détention, les expulsions forcées, l’externalisation et des mesures répressives, ciblant tout particulièrement les personnes racisées, il ne fera qu’accroître la précarité juridique et exposer davantage de personnes à des situations dangereuses. Nous appelons la Commission européenne à retirer cette proposition et exhortons le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne à la récuser dans sa forme actuelle. 

Le règlement doit être rejeté pour les raisons suivantes : 

  • Expulsions vers des pays ou les personnes n’ont aucun lien et centres de retours hors de l’ue (arts. 4, 17)

Cette proposition, combinée aux amendements du Règlement sur les procédures d’asile qui sont envisagés, instaurerait pour la première fois la possibilité d’expulser une personne contre sa volonté vers un pays tiers où elle n’a aucun lien personnel, par lequel elle n’a que brièvement transité, ou où elle n’a jamais mis les pieds. 

Expulser de force une personne vers un pays avec lequel elle n’a aucun lien ne saurait en aucun cas être considéré comme raisonnable, juste ou durable. Ces mesures auraient pour effet de séparer des familles et des communautés dans toute l’Europe et de détruire le tissu de solidarité indispensable à une vie digne. L’élargissement des options de « retour » soulève de graves préoccupations en matière de droits fondamentaux : risque que des personnes se retrouvent bloquées dans des pays tiers, atteintes à la sécurité et à la dignité lors des éloignements, fragilisation des perspectives d’inclusion et de réintégration, ainsi que restrictions d’accès au soutien, aux droits et aux services. Ces mesures concerneraient également les familles et les enfants, à de rares exceptions près. 

Le projet de Règlement prévoit également la création de “centres de retour”, qui risquent fort de se transformer en centres de détention à caractère carcéral, où seront détenues les personnes en attente d’expulsion, hors du territoire de l’UE. Il s’agit là d’un manquement flagrant au droit international et aux normes des droits humains. Ces dispositifs sont susceptibles de donner lieu à une série de violations des droits fondamentaux, comme la détention arbitraire systématique, le refoulement direct ou indirect (dans les centres de retour ou par des expulsions ultérieures), ou le refus d’accès aux garanties juridiques et de procédure. Par ailleurs, ils renforceraient les pratiques discriminatoires et poseraient de sérieux obstacles au suivi des conditions de respect des droits humains ainsi qu’à la détermination des responsabilités légales et de la compétence juridictionnelle. Les dispositions actuelles du Règlement sont, de surcroît, extrêmement vagues et n’établissent aucune norme contraignante, ce qui est très préoccupant. Comme pour les précédentes tentatives d’externaliser les responsabilités en matière d’asile – menées par l’Australie, le Royaume-Uni ou l’Italie – ces propositions auraient un coût exorbitant, comporteraient des risques importants en termes diplomatiques et de réputation et accentueraient les divergences entre les politiques d’asile et de migration menées par les États membres de l’UE. En outre, elles détourneraient les ressources qui pourraient être utilisées pour des politiques centrées sur la protection, les soins et la sécurité, en faveur d’approches répressives de la gestion des migrations. 

  • Nouvelles obligations de « détection » et de surveillance pour les états (art. 6) 

La proposition impose aux États de mettre en place des mesures pour détecter les personnes séjournant irrégulièrement sur leur territoire. Plus de 80 organisations ont alerté sur le fait que des dispositions similaires, prévues par le Règlement filtrage de 2024, entraîneraient une augmentation du profilage racial et des traitements discriminatoires. Ces mesures ouvriraient la voie à l’amplification des pratiques policières racistes et des raids ciblant les migrant·es  qui sèment la peur au sein des communautés racisées et migrantes. 

Par ailleurs, les dispositifs de détection liés à l’application des règles migratoires entraînent des risques graves de violations des droits humains, notamment en matière de santé, de droits au travail et de droit à la dignité humaine. La peur des autorités dissuade en effet les personnes en situation irrégulière de se soigner, de signaler des abus ou de rechercher une protection. Ces mesures peuvent également créer des conflits éthiques pour les professionnel·les et fragiliser la confiance dans les services publics. Enfin, elles menacent le droit à la vie privée, en raison du partage non sécurisé de données personnelles sensibles, comme des informations relatives à la santé, ce qui contrevient aux normes de protection des données de l’UE et porte atteinte aux libertés de l’ensemble de la société. 

  • Plus de personnes poussées dans l’irrégularité et l’impasse juridique (arts. 7, 14) 

 La proposition impose aux États d’émettre des ordres d’expulsion conjointement à toute décision mettant fin au séjour régulier, sans examen préalable d’autres options pour obtenir un statut au niveau national (raisons humanitaires, intérêt supérieur de l’enfant, raisons médicales ou familiales, délai de détermination de l’apatridie, ou autres cas où l’expulsion n’est pas possible). Jointe à des règles similaires du Pacte sur la migration et l’asile qui lient décision négative d’asile et expulsion, cette proposition risquerait de rendre encore plus difficile l’accès aux titres de séjour nationaux. Elle prévoit même la délivrance de décisions d’expulsions mentionnant plusieurs pays de retour potentiels lorsqu’aucun pays précis ne peut être identifié, ce qui est particulièrement alarmant. 

La proposition réduit également les protections pour les personnes qui ne peuvent pas être expulsées – souvent sans que ce soit de leur faute. Bien qu’elle permette le report de « l’éloignement » en cas de risque de refoulement, elle supprime l’obligation actuelle d’identifier et d’évaluer d’autres circonstances individuelles, en faisant abstraction du fait que dans de nombreux cas, le “retour” peut être inapproprié, voire impossible, par exemple pour les personnes apatrides, ou pour d’autres raisons liées aux droits humains. 

Tout ceci met en lumière l’irrégularité d’une proposition dont le seul objectif est « d’augmenter les taux de retour », tout en gonflant artificiellement le nombre de personnes visées par des décisions d’expulsion. En conséquence, un nombre de personnes plus important encore seront poussées dans l’irrégularité et un vide juridique, privées de droits fondamentaux tels que l’accès aux soins, et exposées à la précarité, au sans-abrisme, à l’exploitation ou à la détention prolongée. Ces politiques ne portent pas seulement atteinte aux individus : elles fragilisent les communautés et aggravent la peur et l’insécurité, en particulier parmi les personnes migrantes et racisées et les communautés dont elles font partie. 

  • Dramatique extension de la rétention (art. 29 à 35) 

La proposition recommande le recours à la rétention systématique par les États. Elle accroît de manière significative la durée maximale de la détention, de 18 à 24 mois. Cette augmentation est disproportionnée et inutile, et risque de porter de graves atteintes aux droits fondamentaux des personnes concernées, ainsi qu’à leur dignité et à leur santé. Elle élargit également les motifs de rétention, et y inclut des critères qui, dans les faits, comprennent la plupart des personnes entrées irrégulièrement en Europe ou se trouvant en situation irrégulière, à l’encontre du principe de proportionnalité et de nécessité. Par exemple, le simple fait de ne pas être en possession de certains documents ou d’être sans hébergement pourraient constituer des motifs de placement en rétention.  

La proposition rend possible la rétention des enfants, en dépit du droit international des droits humains et des standards internationaux qui indiquent que l’enfermement est toujours une violation des droits de l’enfant et que la rétention n’est jamais conforme au principe d’intérêt supérieur de l’enfant, et à l’encontre de l’engagement mondial des gouvernements de travailler en vue de mettre fin à cette pratique. D’autres groupes vulnérables, y compris des personnes ne pouvant faire l’objet d’une expulsion, pourraient aussi faire l’objet de privation de liberté. La proposition semble rendre possible la rétention pour une durée indéfinie pour les personnes considérées comme représentant une « menace à la sécurité », sur la base d’une décision judiciaire. Elle permet également aux États membres de suspendre les garanties fondamentales de la rétention si le système est confronté à la notion mal définie de « charge lourde et imprévue ». L’augmentation des capacités de rétention va créer des opportunités lucratives pour les entreprises privées qui gèrent les centres de rétention, incitant le développement d’une industrie de la rétention au détriment des droits et de la dignité des personnes.  

Les « alternatives à la rétention », ou mesures non privatives de liberté, telles que proposées par la Commission, ne constitueraient pas de véritables alternatives, et ne seraient pas systématiquement envisagées avant le recours à la rétention. Elles pourraient plutôt être utilisées en complément de la rétention, notamment lorsque la durée maximale aura été atteinte. Prises ensemble, ces évolutions ont pour conséquences une extension significative de la rétention, qui ne pourrait dès lors plus être considérée comme une mesure de dernier ressort ou imposée pour la durée la plus courte possible, en contradiction évidente avec les exigences du droit international.  

  • Mesures  répressives et coercitives (art. 10, 12, 13, 16, 22, 29) 

La proposition introduit des obligations de coopération étendues, disproportionnées et irréalistes aux personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion, telles que fournir des documents d’identité qu’elles ne possèdent pas forcément, se soumettre à des fouilles corporelles et de leurs biens personnels, ou coopérer avec des pays tiers en vue d’obtenir des documents de voyage. Elles sont couplées à de lourdes sanctions en cas de « manquements » : amendes, interdictions d’entrée sur le territoire, restrictions des départs volontaires, ainsi que le refus ou le retrait d’aides financières, d’allocations ou d’autorisations de travail. En l’absence de mécanisme de recours effectif pour contester la décision ayant établi un manquement à la coopération, ou pour s’assurer que les personnes ne sont pas pénalisées par des circonstances indépendantes de leur volonté – comme la situation d’apatridie, les barrières numériques ou liées à l’alphabétisation, l’âge, la santé ou la présence de traumatisme – ces mesures risquent d’être appliquées de manière arbitraire et d’affecter de façon disproportionnée les personnes en situation de précarité socio-économique.  

La proposition introduit un basculement des « retours volontaires » vers les « renvois forcés », faisant des expulsions  l’option par défaut. Bien que dans de telles circonstances, la notion de volonté puisse être remise en question, la proposition réduit plus encore les options à la disposition des personnes et leur capacité de choisir. Cela passe par l’introduction de fondements très larges pour lesquels les retours forcés seraient obligatoires, et par la suppression de la période minimum de sept jours existant actuellement pour les départs volontaires, ou pour la mise en œuvre d’une décision d’expulsion.  

Des dérogations sont prévues pour les personnes qui « constituent une menace pour l’ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale » – fondements définis de manière approximative et qui risquent d’être appliqués de façon abusive. Tout cas impliquant un risque pour la sécurité ou concernant une condamnation pénale devrait être traité dans le cadre d’une procédure judiciaire pénale, avec les garanties d’un procès équitable.  

  • Erosion du droit au recours (art. 28)

Dans la continuité de l’érosion de ces droits dans le Pacte, la proposition supprime l’effet suspensif automatique du recours contre l’exécution d’une décision d’expulsion. L’effet suspensif devra être demandé en même temps que l’appel, ou être accordé ex officio. Cela crée une couche supplémentaire de complexité pour les personnes risquant une expulsion, ainsi que pour les autorités judiciaires, et supprime une garantie essentielle du droit à un recours effectif. Sans aucune exigence de délais minimum pour introduire un recours (la proposition précise uniquement que les délais de recours ne doivent pas dépasser 14 jours), les États membres pourraient rendre impossibles en pratique les recours contre les décisions d’expulsion, en contradiction avec la jurisprudence établie des cours européennes.  

  • Surveillance numérique accrue et violations de la protection des données (art. 6-9, 23, 38-41) 

La proposition étend la surveillance numérique des personnes dans le cadre des procédures d’expulsion, dénoncée par les experts des droits numériques et par le Contrôleur européen de la protection des données. Cela inclut le recueil et le partage de nombreuses données personnelles, y compris des données sensibles relatives à la santé et au casier judiciaire, entre des États membres de l’UE et des pays tiers qui n’ont pas forcément les mesures de protection des données adéquates. Cela permet également le recours à des technologies de surveillance intrusives dans les centres de rétention, et l’usage d’« alternatives à la rétention » numériques, telles que le suivi GPS et la surveillance téléphonique, qui, alors qu’elles sont présentées comme des alternatives à l’enfermement, sont néanmoins très intrusives et peuvent conduire à un enfermement de facto. Ces technologies constituent en outre de nouveaux marchés lucratifs pour les entreprises de surveillance. 

La création d’une « décision de retour européenne », enregistrée dans le Système d’information Schengen (SIS), renforce encore l’amalgame entre gestion des migrations et contrôle policier, avec le partage prévu des données avec les autorités policières. Il existe une tendance documentée à l’abus des données et aux manquements aux règles légales relatives à la confidentialité et la protection des données personnelles par les autorités dans le cadre du SIS, ce qui augmente le risque de fuites et d’abus.  

  • Absence d’étude d’impact et de consultations 

Comme d’autres propositions législatives récentes en matière migratoire, cette proposition de la Commission européenne a été présentée sans étude d’impact préalable de l’incidence sur les droits humains ni consultations formelles, y compris avec les partenaires sociaux, dans un domaine où l’élaboration de politiques fondées sur des preuves est particulièrement cruciale. Cette pratique contrevient à l’Accord interinstitutionnel sur l’amélioration de la qualité de la législation et aux propres Lignes directrices de la Commission pour mieux légiférer lorsqu’une proposition législative a un impact social significatif et quand plusieurs options politiques existent. Une étude d’impact sur les droits humains préalable est essentielle pour garantir le respect de la Charte des droits fondamentaux, le principe de non-refoulement, l’interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants, les libertés individuelles, les droits de l’enfant, le droit au recours effectif, la vie privée et familiale, la confidentialité et la protection des données, et la non-discrimination.  

  • Ignorer les alternatives à un contrôle migratoire punitif 

Cette proposition est le reflet de la fausse hypothèse selon laquelle les expulsions seraient la seule option pour les personnes dont la demande d’asile a été rejetée, ou dont le droit au séjour a expiré ou a été retiré. Afin de diminuer le nombre de personnes piégées dans une situation d’irrégularité, les États de l’UE devrait garantir l’accès aux titres de séjour humanitaires ou fondés sur les droits humains, et élargir les possibilités vers une large gamme de titres de séjour pour permettre aux personnes de faire des projets, exercer un emploi régulier, étudier, et participer pleinement à tous les aspects économiques, sociaux et culturels des sociétés où elles vivent.    

—  

Nous appelons l’UE à cesser de céder au racisme, à la xénophobie et aux intérêts corporatifs, et à inverser le basculement punitif et discriminatoire de sa politique migratoire, pour orienter à la place des ressources vers des politiques fondées sur la sécurité, la protection et l’inclusion, qui renforcent les communautés, préservent la dignité, et garantissent que chacun et chacune peut vivre en sécurité, quel que soit son statut.  

Les institutions de l’UE et les États membres doivent rejeter les mesures d’expulsions basées sur une approche punitive et coercitive, qui réduisent les standards des droits humains, et qui affectent de façon disproportionnée les personnes racisées. A la lumière des préoccupations soulignées ci-dessus, nous appelons la Commission européenne à retirer cette proposition et nous exhortons le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne à la rejeter. 

Consulter la liste des signataires 

Le 15 septembre 2025

 

Press’Troyes, expression politique: le RN se trompe encore de cible



Notre fidèle vigie troyenne, Agnès, n’a pas manqué de lire la prose mensuelle du conseiller municipal RN, Philippe Arbona dans l’organe municipal Press’Troyes. Elle montre une fois encore à quel point le personnage n’hésite pas à développer les contradictions, les approximations et les instrumentalisations qui sont le nerf de la guerre de son parti. Voici ce qu’elle nous écrit.

Philippe ARBONA (pour le RN) use d’un ton bien raisonnable en cette rentrée… et nous parle des élections municipales à venir. Dans ce cadre, il s’appuie sur un baromètre Odoxa*, lequel place la sécurité en tête des préoccupations des électeurs. Belle occasion de mettre en vitrine cette marotte !  Voici quelques détails, qui sont intéressants :  

« … 51% des personnes questionnées au sein de ce panel citent ainsi ce domaine comme l’un de ceux comptant le plus pour leur choix de vote au moment du scrutin. Une tendance accentuée chez les sympathisants de droite… et les plus de 65 ans: Cette question de la sécurité et de la lutte contre la délinquance touche plus ou moins les sondés selon leurs idées politiques. 69% des sympathisants d’extrême-droite et 68% des sympathisants de droite modérée mettent en avant ce sujet, contre seulement 30% de ceux proches de la gauche. De la même manière, les plus de 65 ans citent plus que la moyenne (64%) la sécurité comme l’une des priorités pour ces élections municipales…. »

Bref… les droites et les retraités sont à fond… quelle surprise! Mais attention, lisons bien tout « pour ces élections municipales« . Et pour les autres scrutins à venir?

Eh bien non ! Car (précision importante), le baromètre porte sur le domaine de compétences des maires. Or les Français ont d’autres soucis nettement prioritaires, seulement voilà: pour les résoudre, l’édile peut peu, voire ne peut rien, ils n’entrent pas dans le champ de ses attributions! Vu les sondages HARRIS-INTERACTIVE**, IFOP *** ça donne ceci : Pouvoir d’achat n° 1, avenir du système social n°2, lutte contre le terrorisme n°3. 

Ce qui relativise nettement l’annonce. Mais c’était bien joué! Quant à « notre maire », pas de souci, il fera, même sans qu’on le lui demande! 

Je passe sur les climatiseurs, on sait tous que l’électricité, y en aurait pas pour tout le monde… et que ça contribuerait à « chauffer la rue ». Un non sens, sauf cas particuliers très ciblés (et minoritaires).



* https://www.publicsenat.fr/actualites/territoires/sondage-la-securite-enjeu-numero-1-pour-les-francais-lors-des-elections-municipales-2026

[L’IPSOS n’annonçant pas les mêmes chiffres: https://www.ipsos.com/fr-fr/ce-qui-preoccupe-les-francais , nous pouvons supposer que, s’y croyant déja, M. ARBONA s’est plutôt livré à une lecture attentive de l’article publié en 2001 dans la gazette Maire info, organe de l’AMF (Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalité), où l’on constate que les chiffres d’aujourd’hui sont sensiblement identiques à ceux d’il y a 24 ans, et qu’on peut consulter ICI.(NDLR)]

** https://harris-interactive.fr/opinion_polls/les-preoccupations-des-francais/

*** https://www.ifop.com/publication/balise-dopinion-301-letat-desprit-des-francais-a-la-rentree-2025/

AH et RD

La LDH attaque le schéma sur les violences urbaines devant le Conseil d’Etat

COMMUNIQUÉ

Alors que la situation politique et sociale est particulièrement tendue, le ministère de l’Intérieur fait de nouveau le choix du tout répressif en publiant un schéma sur les violences urbaines qui menace la liberté de manifester et la liberté de la presse.

Dans le cadre de manifestations déclarées ou de violences urbaines, ce schéma prévoit la possibilité pour la police d’empêcher la présence de journalistes ou encore l’activation de brigades policières non formées à la gestion des foules protestataires, comme le RAID qui est normalement chargé d’arrêter un périple meurtrier ou des terroristes et a donc une réponse particulièrement violente.

Les journalistes fournissent pourtant un travail démocratique essentiel qui permet de garantir une information indépendante et participe à rendre compte des pratiques des forces de l’ordre. Leur mission est notamment garantie par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui protège la liberté d’expression et de communication. La Cour européenne des droits de l’Homme a précisé que la collecte d’informations est une étape préparatoire essentielle au travail des journalistes, de sorte qu’elle doit faire l’objet d’une protection. Il en est de même des observateurs des pratiques policières.

Dans un moment de crise politique particulièrement forte, alors qu’un mouvement important de contestation sociale s’engage, et face à l’urgence que cette expression collective puisse pleinement s’exercer et se diffuser, la LDH (Ligue des droits de l’Homme), après avoir demandé l’annulation au fond de ces dispositions, porte désormais l’affaire, aux côtés de syndicats de journalistes, en référé liberté devant le Conseil d’Etat pour qu’il se prononce en urgence en suspendant ce schéma national des violences urbaines.

Si, devant cette action commune, le ministre de l’Intérieur a déjà annoncé reculer en retirant les dispositions litigieuses portant sur les journalistes, cela ne doit pas faire oublier que d’autres dispositions de ce schéma sont en cause. La justice se prononcera ce jeudi 11 septembre 2025 à 9h30.

Paris, le 11 septembre 2025

Alors qu’un mouvement social s’engage dans un moment de crise politique, l’Etat de droit, les libertés et les droits fondamentaux doivent être respectés



Qui est à l’origine du mouvement « Bloquons tout » le 10 septembre ?


Né dans l’anonymat d’une chaîne Telegram en mai, l’appel à bloquer la France le 10 septembre s’est diffusé massivement en ligne après l’annonce du plan d’austérité de François Bayrou. Porté par une nébuleuse de groupes aux revendications multiples, le mouvement « Bloquons tout » fédère désormais une mosaïque d’acteurs allant de l’extrême-droite à l’ultragauche, sans structure ni leadership identifié.

Les services de renseignement notent une composition hétérogène et déstructurée : « Une frange plutôt d’extrême-droite, d’autres plus d’extrême-gauche, des anciens Gilets jaunes, et des personnes sans aucune idéologie. »



A cette mobilisation se sont jointes un certain nombre de sections syndicales mais la confusion demeure, au point d’alimenter les discours les plus fantaisistes, voire complotistes, visant, pour certains, à décrédibiliser le mouvement.


Vrai ou faux. Mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre: l’Élysée a-t-il organisé la mobilisation en secret ?


Plusieurs soutiens de la première heure de l’appel à tout bloquer ce mercredi 10 septembre soupçonnent Emmanuel Macron d’avoir lancé le mouvement en secret.



Il n’en demeure pas moins que la réalité nous interpelle et que les motivations de certains des participant(e)s méritent d’être entendues.


« Je suis rincé par le travail, le mal-logement et les inégalités » : cinq Français nous expliquent pourquoi ils vont bloquer la France le 10 septembre


Ils s’appellent Natacha, Jeff, Jacques, Robin, Lucie et ont un objectif : répondre à l’appel à la mobilisation mercredi. Franceinfo a recueilli leurs témoignages.



Mais Retaillau, ministre de l’Intérieur sortant, avait-il besoin de mettre 80 000 policiers et gendarmes sur le terrain face aux 100 000 manifestants estimés ? Il voudrait pousser à l’affrontement qu’il ne s’y prendrait pas mieux, d’autant qu’il dit lui-même ne pas craindre « des mouvements d’ampleur »…



Les journalistes semblent particulièrement visés au point que le SNJ a annoncé ce jeudi avoir mandaté un cabinet d’avocats pour déposer un recours en urgence devant le Conseil d’État. « Nous devons vraiment peser de tout notre poids sur ce qui nous paraît vital, c’est un recul pour notre société démocratique », conclut Soraya Morvan-Smith, , secrétaire générale adjointe du SNJ-CGT, citée par L’Humanité.


Modification du cadre de protection des journalistes en manifestation en France : ni la méthode, ni le contenu ne conviennent

Alors que les appels à manifester en France se multiplient dans un contexte politique instable, le ministère de l’Intérieur et la police nationale se sont accordés, dans le silence de l’été, sur un document qui nie toutes les avancées en matière de protection des journalistes qui couvrent les manifestations. Un recul inquiétant des garanties de leur sécurité dans des contextes parfois violents et une atteinte caractérisée au droit à l’information des citoyens. Reporters sans frontières (RSF) condamne ces nouvelles prérogatives données aux forces de l’ordre et appelle le ministère de l’Intérieur, la police nationale et la Préfecture de police de Paris à réunir d’urgence les parties prenantes pour expliquer la portée de cette doctrine et le cadre garantissant l’exercice du journalisme en situation de “violences urbaines”.



Dès le 3 septembre, la LDH publiait ce communiqué:

Les mesures annoncées en juillet 2025 en lien avec le projet de loi de finances 2026 emportent des conséquences lourdes pour l’accès à des droits fondamentaux avec de nouveaux reculs dans l’action des services publics, pour l’accès aux soins, des régressions du droit du travail, des droits niés pour les personnes étrangères.

Cette perspective a naturellement conduit à des réactions de rejet par des segments entiers de la population, et l’annonce de mobilisations dès ce mois de septembre 2025. Des appels sur les réseaux sociaux comme par la plupart des syndicats vont se traduire par des mobilisations le 10 et le 18 septembre 2025. Ces appels mettent en avant le refus de politiques d’austérité qui vont aggraver les inégalités et les précarités qui marquent les temps présents.

Le Premier ministre a fait le choix de déposer une motion de confiance pour le 8 septembre 2025 qui devrait se traduire par un vote ouvrant une nouvelle étape de la crise politique, toujours en l’absence de majorité au Parlement.

Cette conjonction de crise sociale et de crise institutionnelle provoquée par les décisions du gouvernement est porteuse de risques majeurs pour les droits et libertés.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’inquiète particulièrement de la réaction des pouvoirs publics contre l’expression d’une contestation sociale qui pourtant s’inscrit pleinement dans les voies constitutionnellement garanties de l’expression collective et sociale des opinions et notamment pour les manifestations, les réunions, l’exercice du droit de grève. La LDH en appelle solennellement aux autorités pour ne pas enclencher une telle fuite en avant.

Elle le fait à la lumière de la brutalisation du maintien de l’ordre, des interdictions et entraves aux manifestations, de la répression judiciaire des manifestantes et manifestants, des dissolutions d’associations et de collectifs qui se sont développés depuis une quinzaine d’années contre les expressions légitimes et salvatrices de protestation, composantes nécessaires à une bonne santé de la démocratie. Elle en appelle à l’ensemble des responsables dans les institutions et les lieux de pouvoir politique pour un respect absolu et scrupuleux de l’Etat de droit, des libertés et des droits fondamentaux.

Anticor fait étape dans l’Aube

A ne pas manquer


Tenant à préciser que Troyes se situe bien dans l’Aube puisque cette ville en est le chef-lieu, nous aurons le plaisir d’accueillir la première halte du Tour de France « Contre la corruption ! « dans notre département au bar associatif L’expression Libre mercredi 10 septembre. Vous y êtes attendu(e)s en nombre, dans la limite des places disponibles.

La deuxième étape du tour de France d’Anticor dans notre département aura lieu au cinéma Utopia le lendemain, jeudi 11 septembre. Nous comptons sur votre nombreuse participation à cette soirée

ANTICOR est une association fondée en juin 2002 par Éric Halphen et Séverine Tessier pour lutter contre la corruption et rétablir l’éthique en politique. Son ambition est de réhabiliter le rapport de confiance qui doit exister entre les citoyens et leurs représentants, politiques et administratifs. L’association regroupe des citoyens et des élus de toutes tendances politiques engagés pour faire respecter les exigences démocratiques non partisanes.

Lors des élections, Anticor invite les candidats à s’engager sur des propositions d’éthique et de probité et à agir dans l’intérêt général. Avec les lanceurs d’alertes, Anticor s’implique dans des affaires judiciaires importantes en signalant au parquet des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale.

Pour agir en toute indépendance, Anticor a choisi de ne bénéficier d’aucune subvention. Son financement est assuré uniquement par des dons et les cotisations de ses adhérents.

A noter que Mardi 5 août, le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision suite au recours intenté par Anticor contre l’État pour demander réparation des préjudices liés à l’agrément illégal délivré en 2021. Le juge des référés a reconnu que la responsabilité de l’État à l’encontre de l’association était engagée, et a condamné les pouvoirs publics à verser à Anticor une provision de 10 800 euros.

Alors que des magistrats instructeurs ont ordonné le renvoi devant le tribunal correctionnel de Rachida Dati et Carlos Ghosn, l’association Anticor annonce sa constitution de partie civile prochaine dans l’affaire portant sur des soupçons de pacte corruptif entre la ministre de la Culture et l’ancien PDG de Renault-Nissan.



Halte aux massacres. Pour une paix juste et durable



Le collectif aubois pour la Paix a organisé un nouveau rassemblement ce samedi matin pour délivrer un message de paix mais aussi d’indignation pour ce conflit qui a provoqué la mort de trop nombreux innocents et innocentes.


Depuis le début de celui-ci, plus de 200 journalistes ont été tués par l’armée israélienne. Les journalistes internationaux risquent leur vie en se rendant dans l’enclave palestinienne. Outre la famine qui sévit à Gaza, il faut signaler aussi qu’au moins 21 000 enfants sont devenus handicapés depuis octobre 2023, à cause de la guerre menée par l’Etat israélien, selon l’O.N.U. Il est plus que temps que ce conflit cesse.


Une centaine de sympathisantes et sympathisants étaient présents, ainsi que les organisateurs : C.G.T., Ligue des Droits de L’Homme, M.R.A.P., Greenpeace, A.G.U.I., Libre Pensée, Collectif Louise Michel, Parti Communiste, Parti Ouvrier Indépendant , La France Insoumise, Génération.s, Solidaires, F.S.U.



Le lendemain, dimanche 7, une journée festive au bénéfice du Secours Islamique était organisée au Parc des Prés de Lyon à La Chapelle Saint-Luc.

Agnès a joué le rôle d' »envoyée spéciale » et nous a adressé un message pour nous faire partager ses impressions. Merci à elle.


« …/… Sous un soleil resplendissant, et à l’ombre des grands arbres, belle ambiance très bon enfant, nombreux stands dont héné, goodies, jeux pour les gosses, boissons, gâteaux, crêpes, pizzas et merguez, un peu de musique aussi. Ribambelle de gamins courant partout, et sourires partagés. C’était presque « Un dimanche à la campagne ». Un chouette moment de convivialité. J’y ai retrouvé une petite brochette de militants (jeunes essentiellement, mais pas que), et quelques isolés aussi, ce qui entretient la camaraderie! 

Rien de particulièrement « religieux », tout était, sur la base du bénévolat de mamans dévouées et de jeunes, au bénéfice du Secours Islamique. Ambiance kermesse, pas du tout « communautaire » sauf le fait que les « racisés » étaient nettement majoritaires. Normal : c’est leur quartier! 

Discuté avec le monsieur qui tenait la cagnotte: ils agissent sur place en partenariat avec la Jordanie, essentiellement pour l’eau potable et les aliments …/… »

Dati et la liberté de la presse : quand une ministre tombe le masque



Le chroniqueur Thomas Legrand suspendu par France Inter pour des propos sur Rachida Dati


La décision a été prise ce vendredi par la station de radio. Le journaliste a été filmé à son insu lors d’une discussion avec des cadres du Parti Socialiste. Il est suspendu à titre conservatoire.



Alors qu’on est encore en plein débat sur la réforme de l’audiovisuel public et que la ministre de la Culture est renvoyée devant le tribunal correctionnel, cette sanction interroge.

Il est intéressant de noter que la source de l’information émane de L’Incorrect, qui est un magazine mensuel français dont le positionnement se situe entre la « droite de la droite » et l’extrême droite, s’affirme comme « conservateur » et prône l’union des droites. Il fut fondé en 2017 par Jacques de Guillebon, Laurent Meeschaert, Benoît Dumoulin et Arthur de Watrigant, tous proches de Marion Maréchal et sont donc peu susceptibles de n’être pas engagés pour l’extrême-droite.

On aurait au moins pu supposer que la direction de France Inter se tournerait vers des sources objectives et désintéressées, animées par le seul souci de l’information.

Thomas Legrand s’en est expliqué ce dimanche :  « Un journal d’extrême-droite a diffusé, ce week-end, des images filmées à mon insu. Si mes propos tronqués et décontextualisés peuvent prêter à confusion, je revendique le droit d’exercer ma fonction d’éditorialiste : libre des opinions que j’affiche dans mes billets, aligné sur rien ni personne. »



Profitons de l’occasion pour tenter un voyage mouvementé dans le temps et comprendre les enjeux de l’audiovisuel de nos jours et du principe de la liberté de la presse qui devrait dominer le débat.

En 1922, en France l’administration des PTT ( Postes-Télégraphe-Téléphone ) exploite la technique de la Télégraphie Sans Fil (TSF). C’est donc au sein de cette institution que la radiodiffusion voit le jour.

Dès 1926, l’administration des PTT crée un Service de Radiodiffusion qui doit s’assurer de l’installation et de l’exploitation technique du réseau d’Etat. L’Etat soumet les postes privés à un régime d’autorisation.

En 1939, la Radiodiffusion devient une administration publique autonome rattachée à la Présidence du Conseil sous le nom de Radiodiffusion Nationale. Elle conservera ce nom durant la guerre sous le gouvernement de Vichy.

En mars 1940 un Commissariat général à l’Information est créé.

Les programmes de la Radiodiffusion Nationale installée à Vichy et à Marseille et ceux de Radio Paris sont les principaux autorisés.



On trouvera ci-dessous un exemple du contenu des programmes de la Radiodiffusion Nationale, ayant pour sigle « RN », ce qui ne s’invente pas.



Cette sombre période de la radio en France a fait l’objet d’une étude très intéressante que nous vous invitons à consulter.



En avril 1944, le Comité français de libération nationale réfléchit à une nouvelle organisation de la radiodiffusion qui s’appellera à la Libération la Radiodiffusion de la Nation Française (RNF). Le ministre de l’Information modifie l’intitulé dès septembre 1944 en Radiodiffusion Française (RDF).

Le 23 mars 1945, une ordonnance est promulguée nationalisant toutes les stations. La Radiodiffusion Nationale Française disparaît. Un établissement public, la Radiodiffusion française (RDF), est créé pour exercer ce monopole d’État sur la radiodiffusion et la télévision.



En 1949, elle deviendra, avec le développement de la télévision, la Radiodiffusion – Télévision Française (RTF) puis l’Office de la Radiodiffusion-Télévision Française (ORTF) le 27 juin1964.



L’ORTF n’a pour raison d’être que le service du pouvoir et, tout particulièrement, celui de Charles de Gaulle, président de la République du 3 juin 1944 au 20 janvier 1946 puis du 8 janvier 1959 au 28 avril 1969.



Ce n’est que le 1er janvier 1975 que Radio France apparaît sous sa forme actuelle.

Revenons un peu en arrière pour nous intéresser aux institutions ayant en charge cette usine à gaz qu’est l’ORTF, devenu ensuite Radio-France. C’est le 31/07/1963, soit un peu moins d’un an avant la naissance de l’ORTF, que naît le Service de Liaison Interministérielle pour l’Information (SLII) rattaché au ministère de l’Information, alors dirigé par Alain Peyrefitte. Le SLII coordonne des politiques d’information et assure les relations presse sur l’action gouvernementale. Y succéderont le Comité interministériel pour l’information (CII- 25 décembre 1968), la Délégation générale à l’information (DGI – 12 juin 1974), le Service d’information et de diffusion (SID – 06 décembre 1976), le SID devient le SIG (Service d’information du Gouvernement). Celui-ci reste placé sous l’autorité du Premier ministre (Circulaire du 15 janvier 1996). Le décret du 18 octobre fait évoluer les missions du SIG qui désormais comprennent l’analyse de l’opinion publique et le contenu des médias, la diffusion d’informations sur l’action gouvernementale auprès de divers publics (grand public, médias, élus), la conduite d’actions de communication interministérielles d’intérêt général, tant sur le plan national que local (en lien avec les préfets et les ambassadeurs), l’assistance technique aux administrations et la coordination de leur politique de communication (notamment pour les campagnes d’information et les études d’opinion). Le Service d’information du Gouvernement emménage le 22 novembre au 20, avenue de Ségur (Paris 7e), dans une logique de regroupement géographique des services du Premier ministre. Le 3 mai 2024, paraît le décret n° 2024-410 modifiant celui du 18 octobre 2000 relatif au Service d’information du Gouvernement, chargé de « mettre en cohérence la communication de l’Etat ».



Le ministère de l’Information apparaît pour la première fois sous la IIIe République, en mars 1938, sous le nom de ministère de la Propagande dans le second cabinet Léon Blum. Conservé au sein des gouvernements du régime de Vichy, le ministère continue d’exister sous la Quatrième République sous le nom de ministère de l’Information. En 1958, Charles de Gaulle revient aux affaires et institue la Cinquième République, prescrivant au ministère de l’Information une mission : réformer et organiser la radiotélévision d’État. Tantôt érigé en ministère, tantôt en secrétariat d’État, ce département de l’Information joue le rôle principal – dans les années 1960 – du contrôle des chaînes de télévision. Supprimé en 1968 en tant que ministère puis en 1969 en tant que secrétariat d’État, ce ministère ne sera pas reconduit sous le premier gouvernement de la présidence de Georges Pompidou mais rétabli en avril 1973 lors des trois gouvernements de Pierre Messmer, puis disparaît définitivement en mai 1974.

Il a pour missions d’éduquer, informer et distraire et tentera de garder sous sa coupe durant toute son existence tous les moyens de communication, qu’ils soient d’Etat mais aussi, avec plus ou moins de bonheur, les quelques médias indépendants d’alors.

 

 Radio France est créée le 1er janvier 1975 sous sa forme actuelle et ce, jusqu’à aujourd’hui. Depuis peu, on assiste à une sorte de tentative de reprise en main de la part de certains de nos dirigeants qui n’apprécient pas la liberté de ton de certaines émissions. On a pu déjà assister à la réduction , voire la suppression, du temps d’antenne de certain(e)s journalistes ou chroniqueur(se)s sur des antennes nationales et cela pose un certain nombre de questions.

Du côté du ministère de la Culture, créé le 24/07/1959 et qui chapeaute toutes les antennes nationales, on assiste parfois à un certain tangage, selon la couleur politique du pouvoir en place, et à des réformes qui ne portent pas toujours leur nom.



En 2009, 50 ans après sa création, on a pu assister en guise de jubilé à une modification des attributions de ce ministère régalien, qui prend de plus en plus les tournures d’une officine placée sous la souveraineté du chef de l’Etat et de ses serviteurs. Christine Albanel, ministre de la Culture et désormais de la Communication écrit:  

« Cinquante ans après sa création, le ministère de la Culture et de la Communication, œuvre collective bâtie sous l’autorité de 19 ministres successifs, vit un tournant de son histoire. C’est ce qui rend cette célébration tout à fait singulière.

On célèbre le plus souvent des personnalités disparues, des événements inscrits dans le passé. Le cinquantenaire du ministère de la Culture est un anniversaire actif, tourné vers l’avenir, puisqu’il coïncide avec une réforme profonde, sans précédent, de cette prestigieuse institution. Cela fait des années que les acteurs et les observateurs du milieu culturel attirent l’attention sur la nécessaire modernisation de ce ministère qui a toujours évolué en ajoutant des directions et des établissements les uns aux autres.

Le ministère fêtera donc ses cinquante ans en faisant peau neuve, avec la création de trois grandes directions générales (patrimoines de France, création et diffusion, médias et économie culturelle), d’un secrétariat général renforcé, et d’une fonction d’inspection rénovée. Il fêtera ses cinquante ans avec l’arrivée historique de la direction du développement des médias, qui lui est officiellement rattachée. Il fêtera ses cinquante ans, enfin, avec des directions régionales des affaires culturelles qui comptent désormais parmi les huit grandes directions régionales de l’État. »



15 ans plus tard, Rachida Dati, dont on se demande encore comment elle a bien pu échouer à ce poste, engage l’audiovisuel dans une nouvelle réforme. Et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins.

« Dénonçant l’« obstruction » de la gauche, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a dégainé l’arme constitutionnelle du vote bloqué lors de l’examen de la réforme de l’audiovisuel public au Sénat, vendredi 11 juillet au matin, pour accélérer l’examen du texte avant les congés parlementaires. Cette stratégie a permis d’aboutir à l’adoption du texte en deuxième lecture par la chambre, dans l’après-midi, par 194 voix contre 113. »



Il semble bien que l’on assiste au retour de l’ORTF dont la ministre semble si nostalgique.

« Le projet gouvernemental prévoit une holding, qui serait baptisée « France Médias’, comprenant France Télévisions, Radio France et l’Ina (Institut national de l’audiovisuel) en 2025. Cette phase transitoire sera suivie d’une fusion au 1er janvier 2026. Avec pour l’instant une interrogation sur l’intégration de l’audiovisuel extérieur (France 24, RFI, Monte Carlo Doualiya) dans la future société fusionnée. »

Et, si l’on veut, de façon totalement anachronique, ramener le gouvernement dans la salle à manger des Français, “Il y a un problème en France, c’est que l’on n’arrive pas à couper le cordon ombilical qui relie le pouvoir à la radio et à la télévision de service public”, estime de son côté Christian Delporte. “Même avec les instruments que l’on a mis en place, la crainte que l’on peut avoir, c’est qu’en centralisant tout, on contrôle davantage. C’est pourquoi le parallèle est fait avec l’ORTF. Évidemment, ce qui nous arrive ne ressemblera pas à l’ORTF, mais l’esprit de relier la radio ou la télévision de service public directement à l’État, c’est évidemment dangereux dans un pays, dans une démocratie où le pluralisme de l’information, le pluralisme culturel, sont des outils essentiels à la construction des citoyens”.


Rachida Dati, en bonne maîtresse de maison, n’hésite pas à piétiner les règles les plus élémentaires de la démocratie, de la liberté de la presse, de l’indépendance des journalistes et finit par tomber le masque.

« Désormais, ses actes n’ont plus rien d’officieux. Tout comme elle affiche sans détour sa volonté de conquérir la mairie de Paris l’an prochain (elle aurait accepté un ministère contre l’absence de candidat·e LREM à Paris en 2026), Rachida Dati semble revendiquer son mépris pour la liberté de la presse. Alors que les équipes de France TV et Radio France annoncent une grève illimitée dès le 30 juin pour se battre contre la fusion de l’audiovisuel public et que la Macronie se montre inflexible sur le projet, la ministre a baissé son masque. Place à la pratique : en garde. »



Assiste-t-on à une fin de règne, au cours de laquelle des événements plus ou moins attendus semblent prendre forme ? Face à un « vote de confiance » qu’il a lui-même appelé de ses voeux, François Bayrou risque ce lundi 8 septembre de devoir faire ses bagages pour rejoindre Pau où ont été déposées 217 plaintes recensées par le collectif de victimes de Bétharram, dont une centaine porte sur des faits à caractère sexuel. Et même si « aucune infraction relevant de la compétence de la Cour de justice de la République ne paraît susceptible d’être caractérisée à l’encontre de François Bayrou », il est susceptible de ne pas échapper cette fois aux signalements déposés contre lui pour « non-dénonciation de mauvais traitements sur mineurs » et « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit portant atteinte à l’intégrité des personnes » dans le cadre de l’affaire Bétharram et qui ont été classés sans suite.



Par contre, l’action de la justice devrait à présent pouvoir reprendre son cours et notamment pour Rachida Dati. Renvoyée devant le tribunal correctionnel dans l’affaire Ghosn, mardi 22 juillet, la ministre est également visée par une information judiciaire en lien avec la détention au Qatar, en 2020, d’un lobbyiste franco-algérien.

Il va lui devenir difficile d’échapper à ses responsabilités et aura peut-être tout intérêt à respecter un peu plus les journalistes qu’elle aura pris tellement plaisir à maltraiter. Car il ne fait aucun doute qu’ils vont poursuivre leur travail d’information dans le souci d’objectivité qui les a toujours guidés et qui consiste à rapporter les faits, rien que les faits, de façon juste et équitable.



RD

 

Troyes: manifestation pour la Paix

La réalité de Gaza vue du ciel



Des immeubles qui se trouvaient là en 2023, il ne reste que des terrains vagues. Des quartiers entiers ont été rasés dans la ville de Gaza. Au bord de la mer, la population déplacée est installée dans des abris de fortune jusqu’au ras des vagues. Voilà la réalité de Gaza vue du ciel. Ce 1er août 2025, Laurence Defranoux était dans le premier vol français qui a largué de l’aide humanitaire sur l’enclave.

Dans cette vidéo, notre reporter vous explique l’opération logistique complexe que représente le parachutage d’aide humanitaire, pour une quantité dérisoire face à l’ampleur de la famine dans l’enclave.

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Rasssemblement samedi 6 septembre

10h30 Place Jean-Jaurès Troyes

Collectif aubois pour la Paix

“Atteindre l’immortalité” : La conversation lunaire entre Vladimir Poutine, Xi Jinping et Kim Jong-Un



Rester au pouvoir à vie et être immortel, voici peut-être le doux rêve que partagent les dirigeants de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord. C’est en tout cas ce que laisse entendre une conversation au sujet, entre autres, de l’immortalité entre Vladimir Poutine, Xi Jinping et Kim Jong-Un, en marge d’un défilé militaire célébrant la fin de la Seconde Guerre mondiale. 



Effrayant, non? Rassurons-nous, ces trois monstres n’auraient, dans tous les cas, pas la même apparence qu’aujourd’hui. On peut également avoir du mal à se les imaginer à 150 ans. Et, bien que la vieillesse puisse être parfois perçue comme une nouvelle vie, la seule hypothèse pour que cela devienne une réalité ne repose que sur les biotechnologies et l’Intelligence Artificielle. A les voir aujourd’hui tous les trois, on en arrive à se demander si cela ne serait pas déjà un peu amorcé et si les âges officiellement annoncés ne seraient pas un peu revus à la baisse… La chirurgie esthétique fait parfois des miracles, bien que ça ne marche pas à tous les coups…

La « futurologie » apporte des réponses plausibles, tout comme la science-fiction des années passées annoncait en partie ce qui est finalement advenu.



Ce désir d’immortalité n’est pas nouveau. Le projet énoncé par les transhumanistes dans les années 1980 était déjà d’améliorer l’homme jusqu’à lui conférer une durée de vie hors du commun.

Jen-Michel Besnier nous expliquait il y a 10 ans que « la recherche d’immortalité chère aux transhumanistes met à mal la nature humaine. Tout le contraire du désir d’éternité, qui conduit l’homme à une quête spirituelle plutôt qu’à une survie infinie. »

Ces trois lascars-là semblent vraiment à des années-lumière de ces préocccupations.

 » L’éternité est devenue la promesse, en Occident, de cette conversion philosophico-religieuse qui impose de refouler le corps et donc l’animalité en soi-même, aussi bien que de tourner le dos aux affaires trivialement humaines. »

Est-ce bien à cela qu’ils pensent le matin en se rasant ? D’autant que c’est précisement contre cet Occident prometteur qu’ils échafaudent ensemble toutes sortes de projets.



RD

François Bayrou « assume » les décrets sur l’AME



Se déclarant « prêt » à revenir sur la suppression de deux jours fériés
si une solution alternative est trouvée, le futur ex-Premier ministre, déclenchant à juste titre une levée de boucliers,  « assume » les décrets sur l’AME, considérant que les étrangers doivent « être associés » à l’effort demandé aux Français.



L’AME est l’un des dispositifs les plus ciblés par la droite et l’extrême droite. C’est pourquoi, il est naturel pour le Premier ministre de s’en prendre aux immigrés, espérant ainsi éviter la censure et le retour dans ses foyers.


Pourtant, comme le signalent des internautes sur les réseaux sociaux, les migrants ne sont pas les meilleurs clients des centres de balnéothérapie.

Tout ça pour rembourser une dette dont nombre d’économistes affirment qu’il n’y a rien à en craindre et que des moyens existent pour la réduire.

Aveuglé par les dogmes des idéologues, François Bayrou a menti à 3 reprises à propos de la taxe Zucman : contrairement à ce qu’il a affirmé ce 31 août, la taxe Zucman n’est pas « une menace sur les investissements » ; ce n’est pas « une taxe inconstitutionnelle car confiscatoire » ; les riches ne vont pas partir.

 

Car il existe des riches qui veulent payer, telle Marlene Engelhorn, héritière de l’empire chimique BASF, qui a choisi de renoncer à 90 % de son héritage, soit 25 millions d’euros, pour dénoncer les inégalités fiscales et a manifesté à Davos avec une pancarte «Tax the rich».    

 

Il existe également des larbins qui, eux, ne veulent pas faire payer les riches. Pour l’inénarrable Agnès Verdier-Molinié : « Il est mensonger de faire croire que les riches et les grandes entreprises vont tout payer ! »

 

Les sénateurs, de leur côté, excluent de faire payer les riches, une majorité d’entre eux ayant voté contre la proposition de loi Zucman.

 

Pourtant, les économistes rappellent qu’« Un Etat ne rembourse jamais sa dette, il ne paie que la charge de la dette »


Ils se demandent si le problème est le niveau de la dette publique française dans l’absolu ou son mode de gestion.

 

Dans les meilleures écoles d’économie, on enseigne qu’il n’y a rien à craindre de la dette française et que son remboursement total est un objectif irréaliste et probablement non souhaitable.

 

Même Macron, qui le soutient pourtant officiellement, appelant les ministres à l’unité, évoque déjà l’après-Bayrou, avec les chefs du socle commun, avant la chute programmée de son gouvernement lundi prochain.

 

Il est effectivement grand temps que François Bayrou rentre à Pau … de balle et balai de crin*, ajouterons-nous, nous abandonnant, nous aussi, à la facilité, pour évoquer le néant qui correspond à la situation actuelle du personnage, incapable de résister à la droite extrême, aujourd’hui en pleine cacophonie, et à l’extrême-droite, qui n’attend qu’une dissolution « ultra-rapide », espérant encore prendre sa place.

 

(*C’est intentionnellement que nous évitons ici l’usage d’autres expressions plus triviales, qui nous ramèneraient, par un cheminement logique, à d’autres sombres affaires le concernant.)


RD

120 ans de laïcité



Nous célébrerons le 9 décembre prochain les 120 ans de la Loi concernant la séparation des églises et de l’Etat.

A cette occasion le Comité interministériel de la laïcité dote chaque année, depuis 2021, Le Prix de la laïcité de la République française d’un budget destiné à récompenser un projet qui « distingue et encourage des actions de terrain et des projets portant sur la protection et la promotion effectives de la laïcité ». Cette année, une enveloppe exceptionnelle de 100 000 euros récompensera les projets et actions dédiés à la laïcité.



D’après un sondage demandé récemment par le Laboratoire de la République à Ipsos-Cesi École d’ingénieurs, les Français resteraient attachés à la laïcité, qu’ils soient de droite ou de gauche.



Ce qui ne semble pas faire les affaires du pape Léon XIV qui, à l’occasion d’une rencontre avec une quarantaine d’élus du Val-de-Marne,  a tenu, comme son prédécesseur François, des propos critiques vis-à-vis du modèle français de laïcité, considéré comme « ouvrant la voie à une forme d’intolérance« .

Visant « les pressions, les consignes des partis, les colonisations idéologiques » – expression souvent utilisée également par le pape François – auxquelles les hommes politiques sont soumis, il a appelé à « défendre avec conviction » la doctrine sociale de l’Église et à la mettre en œuvre dans la rédaction des lois, affirmant que « ses fondements sont foncièrement en accord avec la nature humaine, la loi naturelle que tous peuvent reconnaître, même les non-chrétiens, même les non-croyants ».

Invitant les maires et conseillers municipaux locaux à la vertu de charité « sociale et politique » face aux défis de « la violence dans certains quartiers, l’insécurité, la précarité, les réseaux de drogue, le chômage, la disparition de la convivialité », ne se serait-il pas un peu mêlé de ce qui ne le regarde pas ?



Présent à la réunion, Karim Benaïssa, recteur de la mosquée de Créteil et président du Rassemblement des associations musulmanes du Val-de-Marne (RAM94), s’est également uni aux élus pour saluer ce moment « historique ».

Pendant ce temps, certains relayeurs d’opinions se demandaient si une laïcité ouverte et pluraliste est compatible avec le fait islamique et si on peut s’appuyer sur une définition stable et indiscutable de la laïcité ?

Dans son dernier ouvrage, Laïcité et pluralité (CNRS Éditions, 2025), l’historienne Rita Hermon-Belot propose une chronique rigoureuse des problèmes qui se posent aux expressions religieuses et convictionnelles, mais aussi en retour, des problèmes posés par ces dernières à l’idée laïque.



On se demande également si la laïcité ne pourrait pas être facteur d’un nouvel avenir pour Israël et de paix au Moyen-Orient. Elle « permet la coexistence des libertés, et elle est donc capable d’apporter une culture de paix civile en autorisant une conception civique de l’appartenance nationale. » La paix « établie, on peut imaginer que soient levés les obstacles à la transformation d’une nation ethnique juive en nation civique. »



De grands malentendus subsistent sur les relations entre la liberté religieuse et le principe de laïcité, qui sont souvent appréhendés dans une logique d’opposition. La liberté de religion étant une composante de la laïcité, il semble que la meilleure méthode pour traiter sereinement la question des rapports entre liberté religieuse et laïcité en France soit de partir de la loi de 1905. 

Tout comme la signification d’une pratique religieuse ne relève pas du régalien, et encore moins des juges, une revendication religieuse ne peut, de toute évidence, devenir un droit.



En ce jour de rentrée scolaire, il est important de rappeler que la notion de laïcité se construit dans l’esprit des citoyens sur les bancs de l’école.

Delphine Girard est enseignante, professeur agrégée de lettres classiques et membre du Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République. À l’occasion de la publication de « Madame, vous n’avez pas le droit ! » (Ed. JC Lattes), elle revient sur la difficulté à transmettre et expliquer des valeurs laïques à une jeunesse dont une partie ne comprend pas que l’on critique les cultes.



La LDH tient à rappeler son attachement à la laïcité et en fera le thème de sa prochaine université d’automne fin novembre prochain.

Elle souligne qu’on a assisté à partir des années 2000 à un dévoiement de la laïcité et à la trahison de la Loi de 1905, à travers le « rapport Baroin » de mai 2003, notamment, ouvrant le champ au « backlash » d’ordre moral autoritaire, de la droite à l’extrême-droite. Aujourd’hui, des politiciens peuvent à la fois défendre les crèches de Noël dans les mairies, en infraction avec la loi de 1905, et interdire les tenues des femmes musulmanes malgré les décisions juridiques.

2 159 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée scolaire 



Pour la septième année, l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) – en lien avec le Collectif des Associations pour le Logement (CAL) – publient leur baromètre sur les enfants à la rue. Le constat est accablant : à la veille de la rentrée scolaire 2025, au moins 2 159 enfants, dont 503 de moins de 3 ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115.

Ces chiffres sont hélas encore bien en dessous de la réalité : de nombreuses personnes ne recourent pas ou ne parviennent pas à joindre le 115. D’autre part, les mineurs non accompagnés (MNA) sans abri et les familles vivant en squat ou en bidonville ne sont pas comptabilisés.



Apportez votre soutien aux associations qui dénoncent cette terrible réalité:



Dans l’Aube, les organisations CGT Educ’Action, FSU, Solidaires, FCPE, La Cimade, MRAP et LDH de l’Aube, et d’autres sur le point de les rejoindre, sont très inquiètes au sujet de l’avenir des jeunes étrangers scolarisés en France et de leur famille, quand ils ne sont pas isolés.

La loi du 26 janvier 2024 durcit les modalités d’accueil et de séjour des étrangers et la circulaire du 23 janvier 2025 du ministre de l’Intérieur limite encore davantage l’admission exceptionnelle au séjour, aggravant leur parcours déjà très compliqué. Ils risquent de voir leur insertion professionnelle et sociale remise en cause et de se retrouver en situation de grande précarité et privés d’avenir.

Ils rencontrent de plus en plus de difficultés dans leurs démarches : délais de traitement des dossiers par les services préfectoraux, problèmes récurrents pour accéder aux services numériques et modalités d’accueil qui réduisent l’accès au service public. Il en résulte des conséquences dramatiques telles que des blocages des demande de titres de séjour ou de leur renouvellement, ainsi que des ruptures de contrat de travail et des suspensions de droits, les plongeant dans la plus grande précarité.

Ils vont venir gonfler encore le nombre de familles à la rue, les capacités d’accueil en hébergement d’urgence connaissant actuellement une pénurie catastrophique. L’Inspection générale des finances (IGF), l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale de l’administration (IGA) ont réalisé récemment une première revue des dépenses consacrées à l’hébergement d’urgence. Leur rapport note que le nombre de places du parc d’hébergement généraliste est stable depuis 2021 alors que le nombre de demandeurs d’hébergement a augmenté de 49% sur la même période. En moyenne, chaque jour, 61% des demandes d’hébergement ne sont pas satisfaites.



En 2024, 855 personnes (chiffres connus) sont mortes dans la rue, dont 19 enfants de moins de 4 ans.

Ça n’est pas tolérable.