
Partager la publication "Troyes: luttons pour la paix !"

Samedi 14 février, un étudiant âgé de 23 ans, Quentin D., est mort des suites de ses blessures infligées deux jours plus tôt à Lyon. Immédiatement, les responsables politiques se sont emparés du sujet, sans considération aucune pour le temps de deuil des proches.
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L’Iran enregistre 100 exécutions en une semaine et 241 en trois semaines.
Des navires de guerre américains à Port-au-Prince.
Mobilisation internationale au secours de Cuba : “une tentative désespérée d’éviter un génocide”.
Le nombre de tués à Gaza : comment en est-on arrivé là ?
En visite au Venezuela, un ministre de Trump prône une hausse « spectaculaire » de la production de pétrole.
Soudan: crimes de guerre et possibles crimes contre l’humanité lors de la prise d’El-Facher.
Kanaky-Nouvelle-Calédonie : « La puissance coloniale ne voit que des ressources à exploiter ».
Colombie : l’enrôlement d’enfants par des groupes armés a quadruplé en cinq ans.
RD Congo: nouveau cessez-le-feu proposé par l’Angola.
Pérou : 300 organisations s’unissent contre la corruption à l’approche des élections.
Ukraine : les frappes russes plongent la population dans le noir et le froid.
RD
Partager la publication "Contre les guerres, le racisme, l’impérialisme et l’oppression, pour le respect du droit international, luttons pour la Paix !"

Nous suivrons à la mesure de nos moyens cette campagne qui s’engage laborieusement dans notre département, en veillant lors de celle-ci avec la plus grande attention à la défense des droits et libertés fondamentales, de la démocratie et au respect de l’Etat de droit.
Nous commencerons aujourd’hui par la ville de Troyes, chef-lieu du département.
Aux dernières élections municipales de 2020, le taux d’abstention y a battu un record absolu en atteignant 69.36 %. La crise sanitaire du Covid n’en était pas seule responsable. Le fait que François BAROIN [*] soit réélu tous les 6 ans depuis 30 ans n’y est pas étranger, les Troyens ne voyant plus l’intérêt de se déplacer jusqu’à l’isoloir pour au final obtenir toujours le même résultat.
5 listes y étaient représentées.
Pour le 15 mars 2026, au premier tour, 9 listes seraient à ce jour en lice:
Nous avons eu connaissance des programmes de certain(e)s candidat(e)s, à retrouver dans les notes ci-dessous:
[*] François Baroin succède à Robert Galley comme maire de Troyes en 1995, à 30 ans. La même année, il est élu président de l’Association des maires de l’Aube. Il est nommé président de Barclays France en janvier 2022. Il déclare alors qu’il met entre parenthèses son activité d’avocat et ne garde qu’un seul des quatre mandats d’administrateur indépendant qu’il exerçait auparavant tout en restant maire de Troyes et président de l’agglomération.
[1] Pauline Reichling présentera son programme en compagnie de Julien Cynober, tête de liste à La Chapelle Saint-Luc, le dimanche 8 mars à la Salle multi-activités des Vassaules, 13 rue Grégoire-Pierre Herluison, à Troyes.
[2] Charline Briot entend faire émerger un projet en rupture avec les priorités municipales actuelles : « François Baroin a investi près de dix millions pour la sécurité et seulement quatre pour le social, dans une ville où 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui, sa politique ne colle pas avec la réalité sociale de la ville. »
[3] Sarah Fraincart et son colistier avaient invité ce lundi la députée du Val-de-Marne, Clémence Guetté, à une réunion électorale. Notre envoyée spéciale était présente et nous a écrit :
« La salle du « Troyes fois plus » était pleine = je crois que le nombre de 200 participants a été atteint.
Pas de perturbateurs.
Public hétérogène, et bien représentatif, à mon sentiment, de la société française, sauf qu’à Troyes, ville de vieux, on aurait dû voir davantage de cheveux blancs. Y en avait quand même un bon peu. Bref, c’était pas une horde d’écervelés immatures, ni de rouges incendiaires, ni d’antisémites islamisés non plus. Ambiance plutôt bon enfant, beaucoup de convivialité, il est vrai que « tout le monde se connaît » dans notre village tricasse !
Prise de parole des deux têtes de liste. Il s’est agi du local (évidemment), tour d’horizon = le scolaire, la santé, les transports, etc. et accent mis sur le logement. Des idées et propositions concrètes, certaines déjà émises « à gauche », d’autres + novatrices, mais rien qui mette en cause la République !
Puis, allocution bien ficelée de Clémence GUETTE, standing ovation méritée ! S’agissant des « barons » et de leurs réseaux, l’exposé était plutôt bien vu… Coucou, Baroin et sa bande de potes ! Idem, accent sur les discriminations spatiales, entre centres et périphéries de nos villes. Aucune allusion à Mélenchon, ni non plus aux trois I qui font la Une ailleurs. Evidemment = c’est hors sujet pour ce scrutin, il n’y a que les droitards pour penser « sauvons Troyes et ses traditions ». Fin du ban = la Marseillaise, et l’Internationale, en sœurs siamoises, ça a matché !
Et pour clore, tout le monde était fier et content, et c’est vrai que la soirée était réussie. Toujours les mêmes dévoués bénévoles, dont nos habituels camarades de lutte sur d’autres sujets. Bon point = l’organisation, dont contrôles à l’entrée, et service d’ordre citoyen. Ce succès booste les militants, et j’ai trouvé cet optimiste culot plutôt sympathique !
AH
[4] Son programme : l’écoute, la transparence et l’efficacité concrète dans la gestion municipale (santé : accès aux soins et prévention dans les quartiers ; mobilité : déplacements mieux organisés, mobilités douces encouragées ; quartiers : proximité, culture, vie associative et services publics ; sécurité & propreté : présence sur le terrain et espaces publics entretenus).
[5] Voir le site de l’association https://troyesestanous.fr/
[6] L’ex-conseiller départemental revendique une liste sans étiquette et proche des Troyens. L’autre tête de liste Caroline Olivier, elle, est cadre juridique, Troyenne depuis une quinzaine d’années. La grande priorité de « Troyes au cœur » : le quotidien. Sécurité, propreté et engagement sont au premier plan des propositions.
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Depuis pratiquement 2 ans et demi des Palestiniennes et Palestiniens meurent sous les bombes.
En janvier 2026, le ministère de la Santé de Gaza estime qu’au moins 71395 personnes ont perdu la vie dans la bande de Gaza, soit une personne sur 31. Ces chiffres rapportés et sont tenus pour sûrspar les Nations Unies, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et différentes organisations internationales. La grande majorité des victimes sont des civils et comparé à ceux d’autres conflits mondiaux récents, le nombre de décès de journalistes, de travailleurs humanitaires et de santé, ainsi que d’enfants, est parmi les plus élevé. Selon les Nations Unies, la bande de Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, dès décembre 2024. On estime que des milliers d’autres corps restent très probablement ensevelis sous les décombres des bâtiments détruits.
À ces morts viennent s’additionner des dizaines de milliers de victimes de l’insoutenable situation sanitaire et alimentaire de Gaza. Plus de 85 % de la population de Gaza a été victime de déplacements forcés.
Depuis l’accord de cessez-le-feu, signé le 10 octobre entre Israël et le Hamas, le plan Trump se met en marche, les otages israéliens ont été libérés. Mais comme il fallait s’y attendre, le cessez le feu n’est pas effectif. Israël ne cesse de le violer. “Dès que le Hamas aura libéré les otages, la guerre s’arrêtera” nous a-t-on répété inlassablement dans les médias. Aujourd’hui, toute la fausseté de cet argument éclate au grand jour.
Aujourd’hui encore, la propagande israélo-trumpienne ne doit pas nous leurrer. La situation à Gaza reste celle d’un génocide fait de la combinaison du blocus, du refus d’entrée des biens essentiels et d’une malnutrition orchestrée. Nous assistons à un étranglement du peuple palestinien, un génocide organisé froidement et méthodiquement sur fond de l’annonce d’un cessez-le-feu qui n’est en aucune manière effectif.

En seulement 3 mois, le nombre total de morts sous la mitraille s’élève à plus de 529 dont plus de cent enfants selon l’UNICEF. A ces morts directes, il faut additionner tous ces malades, qui ne sont pas soignés, en raison de la destruction des infrastructures de soin ; pas soignés parce qu’Israël empêche leur exfiltration de l’enclave.
Les médicaments ne rentrent toujours pas, laissant à l’abandon, entre autres, des centaines de milliers de malades chroniques. Nous assistons à une politique délibérée d’organisation de la famine : seule une centaine de camions pénètrent dans l’enclave, là où il en faudrait 600 pour respecter le prétendu plan de paix trumpien.
En janvier 2026, l’UNICEF rapportait que le froid hivernal causait des décès par hypothermie chez les enfants déplacés.
Les faits sont là : la « pax americana » n’est que la couverture de la poursuite méthodique, froide et implacable de l’extermination du peuple palestinien et de l’expulsion de ses terres.
Les images de tentes noyées sous la pluie, sous la boue ne cessent de nous parvenir.
Il faut se rendre à l’évidence : le génocide est toujours en cours avec son cortège de souffrances et de morts.
À ce constat sur la situation à Gaza, nous ajoutons la situation en Cisjordanie. C’est par dizaines qu’on compte les Palestinien nes tués sous les raids israéliens et sous les tirs des colons juifs israéliens. Sur la seule journée du 3 février, 30 civils palestiniens ont été interpellés. Ils rejoignent ainsi les plus de 210 000 cas d’arrestations enregistrés depuis octobre 2023. S’y ajoute une politique systématique de destruction des terres agricoles ainsi que des maisons des familles palestiniennes. Les déplacements forcés de la population se poursuivent.
Le plan américain n’attaque en rien la racine du problème : l’expulsion des Palestinien nes de leur terre. Il ne s’attaque en rien à la cause profonde de la violence : le siège, l’occupation et le nettoyage ethnique perpétrés par Israël.
Le plan de Trump, Netanyaou et de leur complices n’a que pour objectif l’accaparement des ressources vitales (eau, terres agricoles) et d’intérêts énergétiques et financiers.
Son plan de mise sous tutelle de la bande de Gaza et de ses habitants, empreint d’une logique coloniale, piétine le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Nous lançons un cri d’alarme : le génocide est toujours en cours. Ce qui est en jeu, c’est l’extermination d’un peuple massacré et expulsé de ses terres. D’ores et déjà, c’est par dizaines de milliers que nous comptons les morts. Le plan Trump ne fait qu’organiser la poursuite du génocide et s’il n’y est pas mis obstacle, c’est en centaines de milliers que le sinistre décompte devra se faire.
Chaque silence, chaque renoncement contribue à l’affaiblissement du droit et ouvre plus grande la porte à la barbarie.
En n’appliquant pas fermement le droit international et en ne sanctionnant pas ses violations, la communauté internationale cède à la loi du plus fort et entérine la barbarie qui s’exerce depuis plus de deux ans à Gaza et dans un certain nombre de pays dans le monde.
Nous affirmons qu’une paix durable ne pourra se réaliser qu’en garantissant le droit au retour des Palestiniens et la reconnaissance effective de leur droit à l’autodétermination.
Nous affirmons que l’avenir des Palestiniens doit être décidé et construit par eux même, que seules l’égalité des droits et la justice apporteront une paix juste et durable.
Nous affirmons que le plan Trump n’ayant qu’une perspective pro-israélienne ne fournit rien d’autre qu’un horizon de guerre permanente à tous les peuples de la région.
Nous affirmons que l’urgence de l’heure est de faire cesser le massacre !
Pour ces raisons, nous appelons à rejeter ce plan et nous exigeons :
Nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :
L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.
L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants utilisés pour le montage d’armes
L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports
L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.
La suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

La LDH de l’Aube tient à préciser qu’elle reste fidèle à ses engagements pour défendre le peuple palestinien au sein du collectif, ainsi qu’à sa volonté de dénoncer toutes les violations des droits humains et des crimes contre l’humanité. La LDH ne tient pas à remettre en cause le collectif. Etant en relation avec des réfugiés d’Iran, elle sait combien ceux-ci ont besoin de soutien. Elle s’associe au MRAP pour déclarer:
Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !Soutenons tous les peuples victimes de la guerre et de l’arbitraire !
Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.
À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.
Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.
Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.
La répression aurait fait plus de 30 000 morts.
Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.
Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.
Les Iraniens et les Iraniennes sont seul-es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.
Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.
Nous exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.
Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté.
Solidarité avec tous les peuples victimes de la guerre, de la tyrannie, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, partout dans le monde.
Nous dénonçons toutes les atteintes aux droits humains et aux violations du droit international.
À bas les dictateurs !
Femmes, vie, liberté vit et vaincra !
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Propos recueillis par Rémy Dufaut

On entend souvent dire qu’il ne faut pas écouter les exilé(e)(e)s iranien(ne)s qui ne sont pas sur place et ont donc une vision de la réalité plutôt faussée, ne vivant pas dans leur chair la répression des mollahs et du fait de l’absence d’informations leur parvenant.
Toutefois, celles et ceux-ci font preuve d’un ressenti où la douleur et l’angoisse sont omniprésents.
Une jeune femme iranienne, que nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer durant nos différentes activités, a accepté de nous confier la réalité de ce qu’elle a vécu, de son adolescence à maintenant, ainsi que l’angoisse qui l’étreint aujourd’hui pour sa famille et ses ami.e.s demeurés en Iran, à la lumière de ce qu’elle sait de leur vie dans un pays dont les dirigeants ont déclaré la guerre à son propre peuple.
Elle tient à garder l’anonymat pour d’évidentes questions de sécurité et pour préserver son fils, grand adolescent qui vit avec elle. Nous l’appellerons Azadeh*.
Elle a obtenu la protection subsidiaire de la France à la fin de l’année 2013, faute d’un statut de réfugiée politique et n’envisage pas le moins du monde de retourner dans son pays. Elle exerce une profession artistique depuis la fin de ses études. Elle a trouvé à Troyes la possibilité de la poursuivre sans entrave.
Nous nous efforçons de restituer la parole d‘Azadeh telle qu’elle nous l’a délivrée. Nous nous abstiendrons d’analyser le discours et d’essayer de l’interpréter. Ses mots se suffisent à eux-mêmes.
***
Azadeh, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis née juste après la révolution islamiste. Je n’ai jamais été faite pour vivre dans cette société. C’étaient des complications, des problèmes liés à mes pensées, mes activités. J’avais interdiction d’exercer mon activité artistique. J’ai donc quitté l’Iran avec mon fils.
Les membres de la famille de mon ex-mari étaient policiers. J’étais en direct là-dedans. C’était très difficile. En Iran, quand on est une fille, on est éduquée pour être soumise, que ce soit à l’école ou dans la famille, on doit écouter tout d’abord le père, le frère, puis le mari. Parfois, certaines, comme moi, sortent du lot et posent la question : pourquoi ? Or en Iran le « pourquoi ? » ne passe pas. On n’a pas le droit de poser des questions, qu’elles soient religieuses ou autres. Les cours de religion sont obligatoires pour pouvoir continuer des études. Poser des questions, c’est aller contre la volonté de Dieu.
C’est-à-dire qu’une adolescente qui commence à découvrir le monde avec mille points d’interrogation, doit enterrer tout. On n’a pas le droit de poser la moindre question.
J’étais déjà une rebelle dès l‘adolescence dans ma famille. Je suis différente de ma mère et mes sœurs. Je suis née comme ça. Le sens du féminisme m’échappait. Je ne connaissais pas la signification du mot. Je ne pouvais donc pas dire que j’étais féministe mais j’étais pour l’égalité femmes-hommes, sans le savoir vraiment, dans cette société. Je suis née juste après la Révolution islamiste, donc fermeture totale du pays. Quand une fille commence à poser des questions : « pourquoi c’est mon père qui doit m’autoriser » et puis « pourquoi c’est mon mari. » Tout ça, ça ne passait pas.
Ma mère me disait : « Toi, je ne sais pas ce que j’ai fait au bon Dieu, tu vas poser beaucoup de problèmes. » Elle était inquiète pour moi. Pour mes pensées. Et comme j’ai été élevée par mes frères, je ne leur demandais jamais l’autorisation, je faisais beaucoup de choses en cachette.
C’est pour ça qu’aujourd’hui, c’est mon devoir de parler. Alors pourquoi pas aujourd’hui dans un pays libre ? Pourquoi je ne m’exprimerais pas ? De quoi aurais-je peur ? Il y beaucoup de pourquoi. Pourquoi je ne profiterais pas de l’occasion. En Iran je ne le pouvais pas mais j’ai toujours voulu faire quelque chose, surtout pour les femmes.
Jusqu’où pouviez-vous aller en Iran dans votre rébellion contre cette situation du statut des femmes ? Quelles étaient les possibilités pour vous de vous exprimer ?
C’est une bonne question. Je ne me la suis jamais posée. De toute façon, je continuerai autant que je peux. Quand je serai sûre que mon fils sera autonome, qu’il pourra se débrouiller seul ça sera différent. Il a 17 ans, j’ai envie de le protéger, il n’a pas demandé tout ça. En Iran beaucoup de jeunes moins âgés que lui ont été tués. Je pourrais crier ma révolte. Mais je suis une mère. Comme toutes les mamans en Iran je veux protéger mon enfant.
Y a-t-il à Troyes une communauté iranienne avec laquelle vous êtes en contact ?
Oui, il y a une communauté mais malheureusement je n’ai pas de contact. Encore une fois, on revient à ma personnalité rebelle, femme libre iranienne qui n’accepte pas cette société iranienne. Mais je ne pense pas qu’ils acceptent cette situation. Quand on quitte l’Iran, c’est nécessairement parce qu’il y a un problème. Je ne sais rien d’eux mais cela reste malgré tout une tradition. Une femme célibataire, moderne, ouverte, c’est mal vu. C’est un peu compliqué. C’est pour ça que je me suis mise à l’écart. C’est pour cela que mon fils et moi avons une vie assez calme, tranquille. Nous pouvons vivre tranquilles, en en liberté. C’est pour cela que je n’ai pas de contacts avec les autres Iraniens mais j’ai quand même beaucoup d’amis français, adorables, qui sont là pour moi. Je n’ai jamais eu besoin de chercher davantage.
Avez-vous encore de la famille, des amis en Iran ?
Oui, j’ai deux frères aînés avec leur famille. J’ai aussi des amis encore là-bas. Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers temps, surtout depuis que l’internet est coupé. Hier soir, pour la première fois, j’ai reçu un appel de ma nièce. L’internet commence à être rétabli dans certaines villes. Pour ma ville natale, ça a été un peu plus tardif. Ma nièce seule a pu m’appeler, personne d’autre. Elle était en pleurs, elle criait. C’est seulement maintenant que l’on sait ce qui s’est passé en Iran. Il s’agit d’un génocide. Mais eux-mêmes ne savaient rien de la réalité. Ils savaient qu’il y avait des tortures, mais rien de la gravité de la situation. Ils ont vécu des moments très compliqués. Elle m’a raconté qu’avec sa sœur, elles étaient sur leur balcon et les policiers leur ont tiré dessus, les ont insultées grossièrement. Il s’agit d’une armée. Ce ne sont plus des policiers, c’est l’armée qui est dans la rue. Ils tirent sur tout le monde. Elles ne se seraient pas jetées à terre, ne sachant pas qui les tirs visaient… Ils tirent sur les immeubles. C’est comme la torture, c’est pour faire peur. Pour eux tout le monde est coupable. Si vous sortez regarder les manifestants, vous êtes coupable. Dans leur immeuble, un des voisins a ouvert la porte aux manifestants pour les abriter. Il a été dénoncé. L’armée est entrée en cassant les portes pour arrêter les gens.
Il n’est pas prudent de rester dans les pièces avec des fenêtres. Ils tirent sur les façades.
Mais ils veulent éliminer leur peuple ? Qu’est-ce qui motive cela ?
Je ne sais pas. Mes deux nièces, avec un enfant de 6 ans se sont serrées l’une contre l’autre en hurlant. Dans la rue, il faut déjà se justifier pour aller faire les courses. Alors, imaginez pour manifester… L’armée a pris les rues. Si vous sortez, vous voyez la guerre. Ça rappelle les images que j’ai vues de la deuxième guerre mondiale. C’est une guerre du gouvernement contre le peuple. Le peuple ne veut pourtant que la liberté. Il ne souhaite qu’une vie paisible comme tout le monde. On ne mérite pas ça.
On parle aujourd’hui de 12000 morts mais il s’agit en fait de beaucoup plus que ça. On est incapable de donner des chiffres précis. Ça pourrait aller jusqu’à 30000 ou 40000… Un jour, on saura mais pas bientôt. Toutes les communications étaient coupées. Quand tout va revenir on va voir l’ampleur de ces crimes de guerre, de ce génocide, je n’ai pas peur de le dire. Ça n’est pas une surprise. On n’arrête pas de crier à l’aide. Cela fait des années que le peuple iranien appelle de l’aide au niveau international. On savait que ça devait arriver. Mais on ne savait pas jusqu’où ils peuvent aller. Ils sont capables de mettre une bombe dans la rue. L’armée est capable de tout aujourd’hui.
Le peuple iranien appelle les nations à l’aide. Hormis Trump qui avait menacé d’attaquer les mollahs mais s’intéresse maintenant à autre chose, qui peut vous venir en aide ?
Oui, une fois de plus on est déçu. Les Etats Unis avec Obama ont tourné le dos alors qu’il avait les moyens d’intervenir. C’était alors le Mouvement Vert [1]. Il y a 16 ans déjà, on interpelait Obama. Trump a dit : « une personne est morte c’est déjà beaucoup ». Mais as-tu entendu quelque chose ? Il y a des milliers de morts. Qu’attend ce gouvernement qui dit que les limites sont dépassées ? Dans un autre pays, cela se serait-il passé comme ça ? Des intérêts sont en jeu. En Iran les ayatollahs doivent rester encore. Parce que ce sont nos intérêts avant tout. C’est le pétrole, le gaz. Si je change le gouvernement iranien, qu’est-ce que ça change ? Rien du tout. Tout le monde sait ce qui se passe en Iran mais il vaut mieux que les ayatollahs restent. Beaucoup de pays y ont des intérêts, du Moyen-Orient comme les pays occidentaux. C’est pour cela qu’ils ne réagissent pas. Ce n’est pas parce qu’ils les aiment qu’ils tolèrent les ayatollahs. Je ne comprends pas pourquoi les Etats-Unis pourraient intervenir en Irak, en Afghanistan… Mais en Iran, on néglige quand même les peuples qui devraient décider. Je suis désolée, le peuple devrait décider. Mais vous voyez qu’il y a une armée. Le peuple ne peut rien faire, il n’a aucun pouvoir.
Les Etats Unis sont intervenus au Venezuela, pour en réalité récupérer les ressources pétrolières. S’ils intervenaient en Iran, n’y a-t-il pas un risque qu’ils y fassent la même chose ? Récupérer les ressources iraniennes, ce n’est peut-être pas ce que souhaite le peuple.
Vous savez, il faut toujours payer pour avoir quelque chose. Vous savez, si je reviens à moi, pour ma liberté, j’ai payé cher. Vous voyez la vie dure que j’ai vécue. Mais ça le méritait parce que c’était pour ma liberté. Ça n’est que ma petite personne, moi, juste une personne. Aujourd’hui, si on parle d’un pays, d’un peuple, malheureusement, on doit payer, on le sait. Parce que vous croyez qu’aujourd’hui on ne paie rien ? Savez-vous combien de milliers, de milliards nous doivent les Etats-Unis, l’Angleterre ? Le gouvernement iranien leur dit : « OK tu peux le garder mais tu nous protèges. » Savez-vous combien d’armes, à l’époque du Shah, à la fin, ont été achetées par le Shah d’Iran ? Ce qui a constitué aussitôt une révolution ou plutôt un coup d’état et du coup, car les armes n’ont jamais été livrées à l’Iran. Et ça fait 47 ans. On n’a vu ni l’argent ni les armes. Vous voyez tout cet argent qu’on a payé pour juste protéger ce gouvernement. Aujourd’hui, on veut bien payer mais pour être un peu plus libre. Aujourd’hui, on paie pour le Liban pour la Palestine, pour protéger le Hamas, Daech en Irak…
La plupart de l’armée qui contrôle les rues en Iran ce sont des soldats du Hamas, d’Afghanistan, d’Irak… Ce n’est pas vraiment les Iraniens. Un soldat iranien risque la pendaison parce qu’il n’a pas respecté les ordres. Il a refusé de tirer sur ses compatriotes et risque la mort. Ceux qui tirent, ceux d’Irak, d’Afghanistan, sont payés avec cet argent. Si on doit payer pour notre liberté… il faut payer malheureusement.
Il y a un prix à payer mais vous seriez prête à tout donner ? A tout sacrifier ?
Bien sûr, ce ne sera pas à mettre… comment dire ? en charité…non, je ne retrouve plus le mot… C’est juste pour vous dire que oui, on sait que c’est un prix à payer.
Vous voulez parler d’un sacrifice ?
Non, oui, le sacrifice, c’est déjà le cas. Il y a des milliers de morts aujourd’hui. Le peuple se sacrifie.
Que souhaiteriez-vous aujourd’hui pour l’Iran ? que quelque chose se passe ? Qu’un régime démocratique s’installe ?
Mais bien sûr, c’est le rêve de tout le monde.
Il s’agirait alors d’une nouvelle révolution, menée par le peuple ?
Menée par le peuple, oui. Mais contre une dictature, on ne peut pas. Les gens, ça fait des années qu’ils manifestent dans la rue. Mais cette fois-ci ça ne s’était jamais vu. Cette fois-ci ça n’était pas une manifestation, c’était une révolution. C’était vraiment pour renverser le régime. Les autres fois, on se battait pour la liberté, pour l’économie, mais on n’avait jamais vu ça depuis 47 ans.
Le mouvement Femme, Vie, Liberté a été très fort. On en parle encore. Mais cette fois, ce sont les commerçants du bazar qui ont initié le mouvement et qui ont été rejoints par les étudiants et le peuple s’est rallié. Maintenant c’est tout le monde qui lutte. Ce ne sont plus les femmes et ceux qui les soutenaient. Aujourd’hui, le mouvement est très étendu. Il y a donc un espoir en route.
C’est ça. On ne peut plus reculer aujourd’hui. Avec tout le sang versé dans la rue. Même si tous les gens sont rentrés à la maison, parce que dans la rue, maintenant, c’est l’armée. On ne peut plus reculer. Je suis certaine qu’il y aura une autre occasion. Les gens vont sortir.
Mais il y a eu tellement de sacrifices, les gens sont morts pour rien. Cette fois-ci le monde entier a vu qu’il s’agit d’une dictature qui n’a pas de limite pour rester au pouvoir. Ils ont tué un enfant de 3 ans. Ils ne regardent même pas qui ils tuent. C’est tellement facile avec les fusils. Un enfant de 3 ans, une femme de 70 ans. On ne sait pas. Ils ferment les yeux. Tu es là. Même si tu ne fais pas partie de la manifestation, si tu sors d’un magasin, ils tirent sur toi. Tu es mort. Le monde entier a vu la gravité de ce qui s’est passé. On sait que les gens ne peuvent pas seuls, ils ne peuvent pas. Ils ont vraiment besoin d’aide de l’extérieur.
Il faudrait une aide extérieure pour que les mollahs soient chassés.
Il faut qu’ils paient pour ce qu’ils ont fait. Mais comme malheureusement je n’y crois plus. Les Nations Unies, les droits de l’Homme franchement, je n’y crois plus. Les droits de l’Homme, ça existe quand on a envie. Quand on n’a pas envie, on ferme les yeux et ça n’existe pas. On a fermé les yeux et les oreilles sur le peuple iranien.
Mais il existe de nombreuses organisations de défense des droits humains qui s’en préoccupent.
Oui. Mais quand je parle de ça, je veux parler des grands pouvoirs, des Nations Unies… Bien sûr, si aujourd’hui je suis là c’est parce que vous voulez aider, vous voulez faire quelque chose, bien sûr. Mais je vise les grands pouvoirs.
Mes amis français depuis le début sont de mon côté. Ils m’appellent tout le temps, m’envoient des messages de soutien au peuple iranien. Moi je vise les grands pouvoirs. On se sent abandonné.
Une seule petite lueur d’espoir quand même ?
Mais on avait l’espoir. Les gens ont réclamé. Trump a dit : « Écoutez-moi, je suis prêt pour vous aider. » C’était de l’espoir pour nous. Tout le monde à ce moment-là s’est senti protégé cette fois-ci. On savait qu’il y aurait des morts. Mais pas des massacres, un génocide. Il a joué tellement avec le moral des gens. Ça fait 3 semaines. On a oublié l’Iran parce qu’il n’y a plus de manifestations. Les gens ne sont pas dans la rue. Parce qu’il y a l’armée dans la rue. Le service militaire est obligatoire 2 ans en Iran, de 18 à 21 ans. Un soldat mais… Mon fils va voir 18 ans. C’est un gamin ! Il ne peut pas tuer les gens. Donc il risque la mort. S’il refuse de tirer il risque la mort.
On a oublié aujourd’hui. Il n’y a personne dans la rue. On passe à Gaza, on passe en Palestine. Je suis un peu jalouse. On a tellement parlé de Gaza, on en parle toujours. Pourquoi ? Oui, c’est les Juifs contre Gaza. Donc il faut aussi détruire les Juifs en même temps. Vous comprenez ? Alors que l’Iran…
De toute façon, il faut quand même que ça devienne plus stable au Moyen-Orient. C’est l’Iran qui est au centre de cette déstabilisation. Donc, si tout va bien en Iran, s’il est ami avec Israël, ben non, il n’y a plus d’intérêt.
Donc, les pays occidentaux profitent de cette déstabilisation ?
Bien sûr. Regardez les pays occidentaux. Que font les Américains au Qatar ? L’Iran est un pays dangereux, donc on doit rester là pour protéger les pays arabes. Il y a des milliers d’excuses. L’Iran est l’ennemi d’Israël. Donc on doit être là pour les protéger. L’Iran fait ci ou fait ça. Il y a toujours une excuse.
Le droit international interdit de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays. L’ingérence étrangère ne peut s’appliquer à aucun pays, à l’exception d’interventions humanitaires.
Mais on sait aussi qu’existe la loi R2P [2]. L’Iran est une civilisation assez cultivée, on sait qu’un pays ne peut se mêler des affaires d’un autre pays, mais on sait aussi que ce cadre existe. Le peuple iranien est éloigné du gouvernement. La culture perse est toujours là, malgré les efforts du gouvernement pour effacer cette culture pour la remplacer par la culture musulmane, arabe. Mais les gens restent des Perses. Ils essaient d’imposer l’Islam alors que ce n’est pas l’Islam… Au nom de l’Islam on interdit tout.
L’islamisme n’est pas l’Islam…
Non, bien sûr. Donc on sait que dans le cas de l’Iran, les autres pays pouvaient aider le peuple avec cette loi R2P. Malheureusement, ils ne l’ont pas fait. Ils ont laissé faire. Bon, ben tout va bien. Nous étions très inquiets pour les Iraniens mais bon… Aujourd’hui, les Iraniens sont à la maison, parce qu’il y a l’armée dans la rue. Il ne faut pas sortir.
On se trouve dans une espèce d’impasse.
Voilà, c’est ça. On vit dans une situation de guerre. Ma nièce me disait : « tout est limité, pour les courses, on essaie de faire le maximum pour ne pas sortir. » C’est compliqué. Tout le monde est visé. Que l’on soit médecin, femme au foyer, étudiant, il n’y a pas d’exception.
Mais qu’attendent du peuple iranien ces ayatollahs, qu’il meure chez lui d’inanition de faim ? que veulent-ils ?
Ils veulent rester au pouvoir à tout prix. S’il faut massacrer tout le monde, ils massacrent tout le monde. S’il ne reste un jour pas un Iranien, ben tant pis. On va les remplacer par les Arabes. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Si vous allez au sud de l’Iran, vous ne savez pas si vous croisez un Iranien ou un Arabe. Vers la frontière afghane, vous ne savez pas qui est Iranien qui est Afghan. Tous ces gens qui ne sont pas des Iraniens s’en foutent.
Ce n’est pas le peuple, ces gens, qui sont à l’origine de tous ces problèmes. Ce sont les mollahs.
Bien sûr. Ce sont les ayatollahs, c’est le gouvernement.
Je sentais une petite pointe d’animosité quand vous disiez qu’on ne sait pas qui est Iranien et qui est Arabe.
Non, quand je dis ça, les Iraniens, ce sont des Perses, vous voyez ? C’est une culture différente et c’est une race différente aussi. Ce ne sont pas des Arabes. Je ne veux pas dire que les uns sont mieux que les autres. Ce sont deux peuples complètement différents, avec deux cultures totalement différentes. Nous, nous sommes limités par la loi iranienne, mais le peuple est très moderne, très ouvert d’esprit. Alors que quand vous allez dans un pays arabe, la loi leur autorise beaucoup de choses mais dans leur mentalité, c’est fermé. C’est ça la différence. Eux, ils ne sont pas limités par le gouvernement mais c’est leur mentalité. Nous, nous sommes limités mais…
On n’est pas là pour parler des autres pays. C’est pour vous dire que nous sommes un peuple assez ouvert d’esprit et moderne. C’est ça que le gouvernement ne veut pas. C’est ça que j’essaie de vous dire.
C’est vrai qu’il peut y avoir des mélanges, pas des purs Iraniens, beaucoup de mélanges, beaucoup d’étrangers, pour vraiment apporter beaucoup de choses.
Quand un étranger n’est pas content, le gouvernement lui dit : « tu rentres chez toi ». C’est comme ça partout.
C’est pour ça qu’ils ramènent beaucoup d’étrangers. Mais ça n’est pas ça qui nous dérange. Ce qui nous dérange, c’est le régime qu’on ne peut plus supporter. On veut absolument changer. L’espoir, c’est le changement.
Un référendum, la démocratie, avec les ayatollahs, c’est impossible. On a tout essayé.
Aujourd’hui, c’est le changement de régime que nous voulons.
Même si la démocratie est en crise dans le monde entier, il existe des pays où elle encore présente. Il y a des gens qui sont prêts à interpeller leurs gouvernements pour qu’ils interviennent auprès des instances internationales en prenant leurs responsabilités.
Depuis le début je ne suis pas seule. J’ai toujours eu tous mes amis à côté de moi, à me soutenir, ça me réchauffe le cœur. Quand la LDH m’a contactée, j’avais les larmes aux yeux. Il y a des gens qui soutiennent le peuple iranien. Je n’ai pas de pouvoir mais rien que ça, le soutien, un message, une pensée pour le peuple iranien, rien que ça, c’est important. Quand on me demande « Azadeh, qu’est-ce qu’on peut faire pour toi ? ». On ne peut rien faire mais on peut parler. Ne pas laisser les gens dans l’oubli…
Aujourd’hui, les rues sont calmes, mais c’est parce qu’il y a une armée qui, dès que les gens sortent, ils les tuent. C’est notre devoir de ne pas oublier les gens qui sont morts depuis le début.
Dans les médias, on n’en pas parlé comme il fallait. L’interview que j’ai faite avec le journal local, j’ai subi une petite censure. Ce n’est pas grand-chose. Quand on m’a demandé « Pour qui êtes-vous si le régime tombe ? » quand j’ai dit « pour le Prince » [3], ça n’a pas été écrit. Je ne l’ai pas lu. Elle m’a demandé si je pensais qu’il fallait faire la guerre en Iran, comment on peut aider… J’ai répondu que je ne suis pas politicienne, je suis une artiste iranienne, qui a vécu en Iran des choses horribles. Aujourd’hui, c’est mon devoir de parler.
La seule chose que je peux vous dire c’est qu’à l’époque en 1979, comment ont-ils pu aider Khomeini sans faire la guerre ? Ce n’était pas la France ? Dans les médias, parfois, il ne faut pas que les gens sachent un certain nombre de choses.
Vous pensez que ce serait le Prince Reza Pahlavi qui pourrait apporter la solution ?
Oui. Nous n’avons plus confiance dans les gens qui sont au pouvoir aujourd’hui. Il y a un autre parti politique qui s’appelle Moudjahiddines Khalq [4] mais c’est la République islamique qui a gagné la bataille. Aujourd’hui ils sont encore en activité mais personne ne veut d’eux. C’est la même chose que la République islamique. On appelle ça une République. Mais qu’est-ce une république ? On a un guide suprême qu’on ne peut pas changer. N’est-ce pas un roi ? N’est-ce pas l’empire perse ? En fait, seul le nom a été changé en « république ». On a remplacé le Chah d’Iran par le guide suprême.
Vous ne souhaitez pas une république laïque, qui ne soit pas religieuse, comme en France et dans les pays démocratiques ?
Oui, bien sûr. Le Chah n’a pas été renversé par le peuple iranien. Il a été renversé par quelques pays sur un coup d’état. C’était l’Angleterre, les Etats Unis, la France notamment. Quelques gens du peuple aussi, aveuglément, ont suivi Khomeini. Les pouvoirs occidentaux ont mis Khomeini au pouvoir donc forcément… Ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui, quand on voit le nombre de gens qu’il y a eu dans la rue. Comment ont-ils pu renverser un Chah d’Iran qui était fort ? Tous les pays sont venus…
Le peuple était libre sous le Chah ?
De quoi ? Je n’étais pas née à cette époque. Mais c’est quelque chose que les pays occidentaux ont mis dans la tête des Iraniens pour qu’ils manifestent. Je me fie à ce que j’ai vécu en Iran. Quand on parle de dictature à propos du Chah, je mets un point d’interrogation. On a dit qu’il était un dictateur. Et qu’il fallait pour cela le renverser. Mais quand j’y réfléchis, quand je compare avec les filles qui sont nées à l’époque du Chah avec mon époque, il y avait plus de liberté. Les filles ont eu le droit de conduire, le droit de voter. Tous les droits des femmes ont été acquis grâce à lui.
Le Chah a accordé des droits aux femmes parce que le peuple les a demandés.
Le Chah a accepté. Sous son père, Reza Pahlavi, les femmes sortaient comme aujourd’hui les femmes sortent en Afghanistan, avec la burka. C’est lui qui a rendu les femmes libres. Quand j’entends parler de dictature ! son père était un … patriarche, qui ne plaisait pas aux pays occidentaux. Un vrai soldat iranien dont ils ne pouvaient rien obtenir. Il n’est pas capable, on fait des coups d’état. Toi tu dois partir, c’est ton fils qui va prendre ta place.
Il vrai que son fils était un peu dépendant des pays occidentaux par rapport à son père. A la fin il commence à devenir comme son père, en même temps, il devient très fort, il devient comme son père, le pétrole est nationalisé, 70% du pétrole iranien partait en Angleterre. Ah non, ça n’est pas possible que ce soit nationalisé. Le peuple iranien le savait. Les Iraniens ne sont pas des gens bêtes. On connaît la trahison. Une fois que vous avez trahi l’Iran, au moins après 47 ans, vous pouvez penser aux dégâts que vous avez faits.
Parce que ce gouvernement, la guerre des 12 jours l’a renforcé [5]. Aujourd’hui ils n’ont plus peur. Israël aurait pu renverser le régime. Ils ne l’ont pas fait. C’est le ressenti de tous les Iraniens. Ils ont compris qu’Israël a frappé un par un alors qu’il aurait fallu qu’ils finissent le travail. C’est malheureux de vous dire ça. C’était la guerre contre mon pays mais c’était aussi la guerre contre ce gouvernement, pas contre le peuple. Le peuple avait l’espoir qu’Israël change le régime, qu’il y mette fin. Malheureusement les pays occidentaux n’ont rien changé.
Le Prince héritier souhaite revenir, mais pour assurer une transition pour un régime démocratique ?
Il veut organiser un référendum. Il a promis, il guide les gens. Il est le seul à pouvoir le faire. Comme les gens regrettent énormément son père, ils souhaitent qu’il revienne, qu’il soit le Shah, comme son père. Beaucoup de gens le réclament, je ne peux pas vous dire le pourcentage aujourd’hui mais dans la rue, les gens réclament le royaume. Ça pourrait être comme en Angleterre. Les gens le réclament comme roi pas seulement comme un leader. Ils veulent un roi.
***
* Le prénom Azadeh est d’origine persane et possède une riche signification ainsi qu’une histoire. En persan, « Azadeh » signifie littéralement « libre » ou « indépendante ». Ce prénom reflète une idée de liberté et d’autonomie, des valeurs profondément enracinées dans la culture iranienne.
L’origine du prénom Azadeh remonte à l’Antiquité perse, où le concept de liberté était particulièrement valorisé. Le terme « Azad » (qui signifie « libre ») était utilisé pour désigner les personnes de haut rang ou celles qui jouissaient d’une grande liberté dans la société. Au fil des siècles, ce terme a évolué pour donner naissance à des prénoms comme Azadeh, qui incarne toujours cette notion de liberté.
En plus de son lien avec la liberté, Azadeh est également associé à la noblesse et à l’élégance. Dans la littérature persane, ce prénom a été utilisé pour décrire des personnages féminins forts et indépendants, symbolisant la résistance et la détermination. Aujourd’hui, Azadeh reste un prénom populaire en Iran et parmi les communautés persanophones, continuant à porter l’héritage de ses racines historiques et culturelles.
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Notes:
[1] Mobilisation sans précédent à la suite de l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, réprimée avec une violence extrême par les milices Basij. Malgré cette répression féroce la jeunesse a continué à crier sa colère dans la rue, coordonnant ses actions grâce à une technologie en plein essor, celle des réseaux sociaux, au point d’être surnommée la « révolution Twitter ».
[2] « Responsabilité de Protéger », norme du droit international public énoncée dans un document en anglais de 178 articles adopté par tous les états-membres de l’Organisation des Nations unies, lors du Sommet mondial de 2005.
[3] Reza Pahlavi, prince héritier de la dernière dynastie royale d’Iran, en exil aux USA depuis la chute de son père le Shah d’Iran en 1979, souhaite initier une démocratie monarchique de transition, sous le nom de Reza II.
[4] Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien, mouvement islamiste chiite d’opposition au Chah, à la tête de l’Armée de Libération Nationale.
[5] Du 13 au 24 juin 2025, Israël et l’Iran se sont livrés à une guerre-éclair d’une intensité inédite, faisant 1054 morts en Iran, 28 en Israël. Loin de déstabiliser l’Iran, cette guerre a consolidé le pouvoir iranien.
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Nous ne pouvons que prendre conscience à travers ces mots que le peuple iranien traverse sans doute actuellement la pire de ses tragédies. Comment peut-il supporter cette situation où règnent la torture, la terreur, la mort et l’absence de lendemain pour soi-même et ses proches.
En Iran aujourd’hui, la violence d’État ne s’arrête pas à la mort. Elle poursuit les vivants, à travers les pratiques de terreur du régime qui entrave la tenue de funérailles, confisque les corps, les mutile ou les fait disparaître.
Le désespoir est tel que les le peuple iranien compte sur le premier qui pourra les sauver, que ce soit Reza Pahlavi, le fils de l’ancien Chah, qui vit aux Etats Unis depuis 47 ans ou Donald Trump qui le leur avait promis et les a oubliés avant d’envoyer ses armadas en espérant s’approprier leur pétrole.
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L’ICE poursuit ses arrestations alors que Trump tente de calmer le jeu.
Les deux agents qui ont tué Alex Pretti à Minneapolis le 25 janvier 2026 ont été suspendus. Une annonce qui arrive alors que le gouvernement Trump voit la désapprobation de sa politique migratoire monter dans les sondages et qu’il semble chercher à désamorcer la situation de ces derniers jours. Mais sur place, plusieurs militants manifestant contre les agents fédéraux de l’immigration (ICE) constatent toujours la présence de ces agents et ne voient aucun changement.
«Profils de hooligans» et formation express: le recrutement des agents de l’ICE pointé du doigt aux États-Unis.
Après l’émotion suscitée par la mort d’Alex Pretti, le 24 janvier 2026, et celle de Renee Good quelques semaines plus tôt, deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux, les interrogations émergent quant au profil des agents de la police de l’immigration (ICE), leur recrutement et leur formation.
Des vidéos montrent des actions violentes en série de l’ICE à Minneapolis depuis la mort de Renee Good.
Suite à la mort de Renee Good, tuée par un agent de l’ICE, les services américains d’immigration ont continué voire amplifié leurs opérations dans le Minnesota, comme en témoignent de nombreuses vidéos diffusées par les médias anglo-saxons.
« Nous ne lâchons rien » : comment Minneapolis se mobilise contre l’ICE.
L’offensive de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis a suscité un flot d’images virales montrant des migrants menottés et embarqués de force. Sur place, des milliers d’habitants ont retourné les caméras contre l’agence, filmant systématiquement les agents masqués afin de montrer au monde les abus de la police aux ordres de Donald Trump.
Ces entreprises qui s’enrichissent grâce à la politique migratoire de Trump.
Palantir, Geogroup, Capgemini… depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s’appuie sur une foule d’entreprises privées pour sa politique migratoire répressive. Nombreuses sont celles qui ont grandement bénéficié de ces contrats passés avec le gouvernement des États-Unis. Plongée au cœur du business américain de la répression.
Où se trouve la sortie pour échapper à toute cette violence étatique aux États-Unis ?
Il est difficile de trouver dans l’histoire des États-Unis un effort comparable à celui qui a présidé à la création d’une agence nationale spécialisée dans la violence à l’échelle de l’ICE. Si ses conséquences politiques et psychologiques immédiates sont évidentes, ses effets durables sur l’avenir restent difficiles à cerner. Par Aziz Huq, professeur de droit à l’université de Chicago.
Mourir sous les balles d’un fonctionnaire fasciste.
Une issue de plus en plus plausible. Si la logique actuellement en cours se poursuit, la création d’une milice équivalente à ICE en France n’est qu’une question de temps, avec ses rafles et ses exécutions sommaires. « Il faut organiser des grandes rafles un peu partout », dixit Arno Klarsfeld : c’est ce qu’ils veulent, ce qu’ils feront.





https://www.cartooningforpeace.org/
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« Où sont-ils ? » Alors que le nombre de morts, victimes de la répression de janvier 2026, est aujourd’hui estimé par certaines ONG à plus de 30 000, de nombreux Iraniens continuent de chercher leurs proches arrêtés et/ou disparus et s’inquiètent de leur sort. Outil de répression de la République islamique, le recours à la disparition forcée, reconnu comme un crime contre l’humanité par l’ONU, rappelle la répression massive des années 1980.
« Nous parlons d’une tuerie de masse sans équivalent » : en Iran, la répression des manifestants aurait fait plus de 30 000 morts, selon certaines ONG.
Malgré la coupure internet imposée par le régime, des témoignages se multiplient sur le nombre de victimes de la répression depuis début janvier.
Internet en grande partie rétabli après près d’un mois de coupure.
Est-ce la fin d’un interminable silence ? Un mois jour pour jour après le début de la contestation en Iran et la coupure générale d’internet imposée depuis le 8 janvier sur fond de répression meurtrière, le black-out pourrait toucher à sa fin. Ce mercredi 28 janvier, la connexion internet semble rétablie dans le pays, alors que le bilan de la répression pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers de morts.
Téhéran a maté le soulèvement, mais le risque de désintégration économique demeure.
Alors que la crise monétaire a atteint son paroxysme fin décembre, la suspension des communications et d’Internet pour mater la révolte de début janvier a porté un coup supplémentaire à une économie iranienne déjà aux abois. Résultat : le pays est quasiment à l’arrêt, tandis que l’inflation poursuit son envolée sans aucune solution à l’horizon, explique cette journaliste dans “Iran International”, un média d’opposition en exil.
L’Iran meilleur ennemi d’Israël.
Longtemps, Téhéran a été le grand allié de Tel-Aviv dans la région. Avec les crises à répétition qui fragilisent le régime d’Ali Khamenei, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou oscille entre « changement de régime » et tentation du chaos, sous l’œil attentif de Washington qui dépêche une armada dans la région. Et il mise – sans trop d’illusions – sur Reza Pahlavi, le fils du dernier Chah.
Washington accroît la pression sur l’Iran en annonçant un exercice militaire au Moyen-Orient.
Les États-Unis ont de nouveau laissé planer mardi la menace d’une action militaire contre l’Iran en affirmant qu’ils allaient mener un exercice aérien de plusieurs jours dans la région. Dans le même temps, les efforts diplomatiques “s’intensifient pour parvenir à un accord qui empêcherait un embrasement régional”, rapporte la presse internationale.
« S’il y a une guerre, ce sera encore pire » : à Téhéran, des Iraniens redoutent les conséquences d’une intervention américaine.
Les États-Unis enchaînent les manœuvres militaires au large de l’Iran, ce qui fait craindre une possible intervention dans les prochains jours ou les prochaines semaines, alors que de nombreux Iraniens déplorent leurs conditions de vie.
La lettre du prisonnier politique iranien Saeed Masouri au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.
Le prisonnier politique iranien Saeed Masouri écrivait dès décembre 2025 à la session actuelle du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève pour dénoncer de nouvelles agressions du régime des mollahs contre les prisonniers politiques en Iran, un message qui fait suite à la publication d’une lettre conjointe de prisonniers politiques insistant pour que le Conseil prolonge la mission de ses enquêteurs sur les violations des droits de l’homme en Iran.
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El Hacen Diarra, 35 ans, est mort après une interpellation policière, dans la nuit du 14 au 15 janvier. Son décès, peu relayé par les politiques et les médias, témoigne une nouvelle fois de l’indifférence française au sujet des violences policières racistes.
Pendant dix mois, le Bondy Blog a recensé les personnes mortes lors d’interventions policières ou à la suite de celles-ci en France métropolitaine et dans les territoires ultra-marins. Notre recensement débute le 27 juin 2023, après la mort de Nahel Merzouk. Décryptage.
Depuis la mort de Zyed et Bouna, au moins 566 personnes sont décédées à la suite d’interventions des forces de l’ordre (octobre 2025).
Vingt ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, le constat est implacable : les violences policières concernent toute la population. Et les jeunes hommes racisés restent les premiers ciblés. En avant-première, un extrait de notre émission spéciale à Bobigny qui sera diffusée mardi 28 octobre. Cette vidéo est un extrait de l’émission spéciale de Mediapart « 2005-2025 : les quartiers, oubliés ? », en partenariat avec Le Bondy Blog, présentée par Mathieu Magnaudeix.
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Face à un sentiment de désespoir politique, il est nécessaire de distinguer la montée de l’illibéralisme de l’installation d’un autoritarisme brutal, et donc de ne pas faciliter par passivité une arrivée au pouvoir dans une prophétie autoréalisatrice.
À l’initiative du CADTM international, plus de 230 personnalités issues d’une cinquantaine de pays de tous les continents ont souscrit à un appel international en faveur du renforcement de l’action antifasciste et anti-impérialiste. Cet appel alerte sur la progression mondiale de l’extrême-droite, des forces néofascistes et des agressions impérialistes.
Plusieurs centaines de militants issus de groupuscules d’extrême droite ont défilé samedi 17 janvier dans les rues de Paris, flambeaux à la main, à l’occasion d’un rassemblement présenté comme un « hommage » à Sainte-Geneviève et Louis XVI.
La France a interdit de son territoire dix militants d’extrême-droite britanniques, accusés d’ « actions à caractère violent » contre les migrants sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais. Des médias britanniques décrivent un harcèlement qui s’intensifie contre les exilés ces derniers mois.
Au lendemain des élections législatives de 2024, Jordan Bardella estimait que « quatre ou cinq brebis galeuses », tout au plus, figuraient parmi ses candidats calamiteux, tout en assurant que le ménage avait été fait. Raté, tout est faux. Car ses brebis galeuses siègent désormais en masse à l’Assemblée nationale : ils ne sont pas moins de 83 député·es1 sur les 122 que compte le Rassemblement national (RN) à s’être fait épingler par la presse, et notamment par le média Les Jours.
Et, pour conclure, et bien qu’il n’y ait pas lieu de s’en réjouir, terminons avec une pointe d’humour. Le chanteur Francis Lalanne prévoit de se présenter aux élections municipales 2026 à Lyon, sur une liste d’extrême droite issue du mouvement Spartacus. Pourtant, il est actuellement inéligible et n’habite pas dans la commune.
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La CAF est la première administration a avoir développé un algorithme de notation généralisé de la population. Véritable outil dystopique chargé d’analyser nos comportements en quasi-temps réel à la recherche de « comportements suspects », cet algorithme attribue un « score de suspicion » à chaque allocataire. Lorsque ce score se dégrade trop, un contrôle est alors déclenché.
A ceci s’ajoute le fait que cet algorithme vise délibérément les plus précaires. Être pauvre, bénéficier des minima sociaux, être au chômage ou vivre dans un quartier défavorisé : autant de paramètres dégradant la note d’un·e allocataire et augmentant d’autant la probabilité d’être contrôlé·e. Alertés dès 2022 sur cet algorithme par les collectifs Stop Contrôles et Changer de Cap, nous nous attachons depuis à le dénoncer tout en faisant la lumière sur son fonctionnement inique.
Une quinzaine d’associations ont annoncé, mercredi 16 octobre 2024, saisir le Conseil d’Etat pour lui demander de mettre fin au système mis en place par la CNAF pour orienter ses contrôles.
Ce recours demande que la Caisse nationale des allocations familiales abandonne son système interne de notation des allocataires, jugé « discriminatoire ».
Ce sont désormais 25 organisations et syndicats dont la CGT, Solidaires, le Mouvement des mères isolées, Amnesty International France, la Ligue des droits de l’homme, le collectif Changer de cap ou le Syndicat des avocats de France qui attaquent en justice la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), à l’initiative de la Quadrature du Net, pour demander à la branche familiale du système français de protection sociale de cesser le traitement algorithmique des données des allocataires des CAF en vue de cibler ses contrôles.
Depuis janvier, la caisse d’allocations familiales dispose d’un nouvel algorithme de contrôle des allocataires, le DMDE 2026. Son code est open source et la Cnaf revendique transparence et éthique dans sa conception.
La CAF se justifie en insistant sur l’éthique de sa démarche et publie une charte garantissant l’égalité, la non-discrimination et la transparence en proposant « Des solutions garantes de l’égalité et de la non-discrimination ».
« Le comité d’éthique des usages des données, des algorithmes et de l’intelligence artificielle a été installé en mars 2025. “Il appuie la Cnaf pour identifier les risques éthiques, formuler des points de vigilance et proposer des moyens de les atténuer”, précise-t-elle.
Outre l’ouverture du code source, la Cnaf indique avoir appliqué des “choix concrets” pour réduire les risques, en particulier de biais. Cela commence par l’utilisation de données “fiables” et d’un échantillon de contrôles aléatoires.
L’administration précise aussi avoir écarté certaines variables pour limiter les risques de discrimination directe. C’est le cas, par exemple, de la nationalité, du genre, de l’adresse, et du lieu de résidence. En outre, “la démarche exclut également des données de « comportement » (connexions à l’espace « Mon compte », contacts, échanges de pièces…) ainsi que les informations relatives à des contrôles ou contentieux. »
Bien lui en prit car cela a entraîné le ralliement de 10 nouvelles organisations au recours porté à l’origine par les 15 premières devant le Conseil d’Etat.
« Le recours a été porté devant le Conseil d’Etat au nom du droit de la protection des données personnelles et du principe de non-discrimination. Cet algorithme attribue à chaque allocataire un score de suspicion dont la valeur est utilisée pour sélectionner celles et ceux faisant l’objet d’un contrôle. Chaque mois, l’algorithme analyse les données personnelles de plus de 32 millions de personnes et calcule plus de 13 millions de scores. Parmi les facteurs venant augmenter un score de suspicion on trouve notamment le fait d’avoir de faibles revenus, d’être au chômage, de bénéficier du revenu de solidarité active (RSA) ou de l’allocation adulte handicapé (AAH). »
« Alimenté par les données personnelles de millions de personnes, il cible délibérément les personnes les plus défavorisées. La grave discrimination inhérente à l’algorithme a été confirmée par la Défenseure des droits dans des observations transmises à la justice en octobre dernier. »
« Notre nouvelle coalition élargie rassemble diverses organisations européennes et françaises issues de domaines variés. Cela montre que le Conseil d’État devrait renvoyer l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne afin que celle-ci puisse rendre une décision applicable à l’ensemble de l’Europe », déclare Bastien Le Querrec, juriste à La Quadrature du Net.
RD
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Des mots déchirants répétés inlassablement par Meraj Tehrani d‘une voix emplie de larmes. Cet artiste iranien, rappeur entre autres, a publié sur ses réseaux sociaux, ce mercredi 14 janvier, une vidéo pour raconter l’horreur de ce qu’il a vu.
Internet est coupé depuis une semaine en Iran.
«Il y a exactement une semaine, l’Iran a sombré dans l’obscurité numérique quand ses autorités ont bloqué internet dans tout le pays», a écrit l’ONG Netblocks sur ses réseaux sociaux. Selon les groupes de défense de droits humains, la coupure d’internet vise à cacher l’ampleur réelle de la répression. Malgré ce blocus total, quelques informations filtrent grâce au peu de contacts que réussissent à maintenir les Iraniennes et Iraniens exilé(e)s et surtout aux témoignages de celles et ceux qui ont réussi à fuir par la Turquie, notamment. C’est pourquoi nous nous efforçons de partager tous ces témoignages qui nous parviennent pour que la vérité sorte de l’ombre dans laquelle les mollahs plongent l’Iran depuis 47 ans. Cette vérité est crue mais elle doit être sue. C’est la seule chose que nous puissions faire aujourd’hui.
« Ils tiraient directement dans les yeux des gens » : le récit glaçant d’Iraniens qui fuient les violences du régime des mollahs après les manifestations.
Face à la violente répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979, ils sont nombreux à passer par le poste frontière avec la Turquie.
« J’ai vu les forces de sécurité tirer », raconte un manifestant.
Un manifestant iranien, aujourd’hui réfugié en Europe, livre à France 24 un témoignage exclusif sur la répression à Téhéran et la mort de plusieurs protestataires. Ce ressortissant iranien, qui préfère garder l’anonymat, est arrivé en Europe après avoir participé à des manifestations. Il affirme avoir vu des manifestants se faire tuer par les « forces de sécurité ». Après 24 heures d’attente à l’aéroport de Téhéran, il a pu quitter le pays. Voici l’intégralité de ce témoignage exclusif.
Un rescapé de Téhéran, témoin direct des exactions, brise le silence.
Les voix qui nous parviennent d’Iran aujourd’hui sont très rares. Les autorités privent depuis plusieurs jours la population d’accès à Internet. Les ONG dénoncent un « massacre à huis clos » et dénombrent déjà plusieurs milliers de morts parmi les manifestants, tués par les forces armées. C’est donc un témoignage précieux que nous vous proposons, celui d’un Iranien qui a réussi à fuir le pays avant-hier soir, témoin direct de la répression sanglante du régime.
« Il est au pied de la potence » : en Iran, le manifestant Erfan Soltani échappe (pour l’instant) à l’exécution.
L’Iranien Erfan Soltani, arrêté lors d’une manifestation contre le régime, devait être exécuté mercredi. La mise à mort de cet homme de 26 ans, devenu un symbole de résistance, a finalement été repoussée, mais son sort reste encore incertain.
Partager la publication "« Ils tuent tout le monde, ils sont sans pitié »."

Dès jeudi, 9 millions de Français seront invités à répondre à la campagne annuelle du recensement. Trois nouvelles questions leur seront posées, dont une sur l’origine géographique des parents. Craignant une utilisation politique, des associations et des syndicats appellent à ne pas y répondre.
Le journal de 13 h de France Inter de ce jour était largement consacré au recensement de la population qui va démarrer jeudi prochain dans 8000 communes pour 9 millions de personnes résidant en France. Le formulaire auquel devront répondre les sondé(e)s est obligatoirement nominatif, mais « les données seront supprimées après traitement » comme l’expliquait Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE.
Ce sont les agents des communes et de La Poste, agissant en tant que prestataire, qui seront chargés de distribuer les formulaires et de collecter les réponses, qui devraient majoritairement être faites par internet.
Comme l’explique Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE, un peu mal à l’aise lorsque la question lui est posée, certains usagers ont souhaité que soit demandé dans ce questionnaire le pays de naissance des parents. Il s’agit de l’Ined, mais aussi de la Défenseure des droits, Claire Hédon, qui estimeraient que cette question est nécessaire afin « de mettre en évidence des types de ségrégation ou d’inégalités de situation » liées à l’origine des parents. L’objectif de cet ajout serait donc de « lutter contre les discriminations ».
Pour Jan Robert Suesser, membre du bureau national de la LDH, « La question de l’origine géographique des parents est inutile dans le recensement, car elle n’est pas justifiée par le déploiement d’une politique publique. »
Dès octobre 2023, des agents de l’Insee tenaient à faire connaître leur opposition à cette question qui constitue pour eux un premier pas vers l’officialisation de la catégorie « français de parents nés à l’étranger ».
La LDH (Ligue des droits de l’Homme), la Confédération générale du travail (CGT), l’Union syndicale Solidaires, la Fédération syndicale unitaire (FSU), le Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (Mrap) rappellent que la réponse à cette question, ajoutée en 2025, est facultative et appellent donc à ne pas y répondre.
Que 80% des électrices et électeurs de l’extrême-droite aient approuvé la question, dans un sondage d’opinion fait pendant le recensement de 2025, ne nous surprend guère. Nous sommes par contre très étonnés et plutôt inquiets que la Défenseure des droits semble avoir cédé si facilement aux sirènes de l’extrême-droite.

RD
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En Iran, la répression continue face à la mobilisation qui prend de l’ampleur. Plusieurs organisations humanitaires dénoncent un massacre contre le peuple iranien et font état de centaines de morts. Le régime se dit prêt à négocier après les menaces de Donald Trump.
Iran : l’avocate Chirinne Ardakani dénonce des « scènes de massacre » et appelle la communauté internationale à qualifier « les crimes contre l’humanité qui sont en cours ».
Manifestations en Iran : les images d’une morgue débordée par l’afflux de cadavres.
Des vidéos, vérifiées par « Le Monde », montrent des dizaines de corps acheminés dans le centre médico-légal de Kahrizak. Plusieurs témoignages, recueillis par « Le Monde » corroborent ces images.
Diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran.
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères.
L’inévitable transition en Iran.
Malgré la répression, les manifestations s’étendent en Iran. Mais les scénarios de sortie de crise restent incertains et multiples : une intervention militaire étasunienne, le retour du chah souhaité par Israël, l’effondrement interne qui déboucherait sur un chaos ou l’émergence d’un homme fort à l’intérieur du régime.

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En réponse à nos voeux d’hier et à la citation du texte de Martin Niemöller, Agnès nous présente les siens, assaisonnés de sa spontanéité acérée, authentique et sans oeillères avec, en échange, une autre citation commentée et ornementée de considérations auxquelles rien ne résiste.
« La victoire des régimes autoritaires ne se mesure pas seulement en conquêtes territoriales ou en influence diplomatique. Elle se lit dans la capacité à faire plier les démocraties, à les amener à renoncer graduellement à leurs propres principes, par pragmatisme politique ou par peur électorale. » BlastEt là, nous sommes tous concernés… pas forcément tout de suite, mais ça nous pend au nez comme une boule scintillante à la branche du sapin. Ou comme la roupie au bec du sansonnet. Ou comme… liste à compléter, j’ai plein d’images, pas forcément sortables, hi han ! Parce que le régime autoritaire, chez nous aussi… graduellement… suis mon regard chargé d’épices et aromates à l’attention de nos gouvernants.
Une autre mignonne, dénichée sur un forum, il s’agissait de débattre de la montée de ladite « islamophobie », laquelle, curieusement, semble avoir « pris la place » de l’antisémitisme historique, essentiellement à l’ED mais pas seulement : Sleeping Giants – « Les mouches ont changé d’âne ». Souvent varient… bien fol est qui s’y fie… ah les vagabondes fantaisistes !
A quoi j’ajoute ceci, le tout de mon cru : c’est certes rassurant de voir les mouches sur la croupe du voisin, haro sur ce baudet, et tout le monde se joint volontiers au festin. Ciel, mon crottin ! Mais elles volent, comme les oiseaux, de branche en branche, ces goulues… et y a pas de raison qu’elles ne décident demain de venir faire du tourisme sur nos postérieurs proprets. Ce qui boucle avec ta citation. CQFD.
Veuilleurs meuh, ne piquons pas du nez ! Et attention aux batailles de bouse, qui salissent les mains et les tabliers !
Amitiés
Agnès
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Lorsque les nazis sont venus chercher les communistesJe n’ai rien dit
Je n’étais pas communiste.
Lorsqu’ils sont venus chercher les sociaux-démocrates
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas social-démocrate.
Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas syndicaliste.
Lorsqu’ils sont venus chercher les catholiques
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas catholique.
Lorsqu’ils sont venus chercher les Juifs
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas Juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester
Martin Niemöller
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Textes juridiques des douze derniers mois (du plus récent au plus ancien):
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Charlie Hebdo caricature Rokhaya Diallo en Joséphine Baker avec sa ceinture de bananes, l’essayiste dénonce un dessin « raciste ».
« Ce dessin hideux vise à me rappeler ma place dans la hiérarchie raciale et sexiste » et s’inscrit « dans le droit fil de l’imagerie coloniale », a-t-elle dénoncé sur les réseaux sociaux, en vilipendant une caricature « raciste ».
L’hebdomadaire satirique se défend et a fait valoir que ce dessin, signé de son directeur Riss, illustrait un article d’un hors-série « sur les fossoyeurs de la laïcité », intitulé « Rokhaya Diallo, la petite fiancée de l’Amérique ».
La machine est lancée. Les réseaux sociaux résonnent de toutes parts.
« Chacun pourra ainsi lire que nous y dénonçons les positions de l’essayiste contre la loi de 1905, qu’elle a toujours condamnée en lui préférant la culture communautariste américaine. C’est elle qui assigne chacun à son origine ethnique et religieuse, contre l’universalisme républicain. » Charlie Hebdo
« Au lieu de présenter des excuses, Charlie Hebdo noie le poisson et m’incrimine en prétendant que j’ai «toujours condamné » la loi de 1905. Mensonge évidemment. Voici quelques extraits du livre « comment parler de la laïcité aux enfants » que j’ai publié en 2015 avec Jean Baubérot. » Rokhaya Diallo
Sur Instagram, Charlie répond dans la foulée être « un journal anti-raciste, féministe et universaliste – ce que nous reproche Rokhaya Diallo – qui combat l’essentialisation et l’assignation identitaire des personnes en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion. »
Mediapart défend naturellement son éditorialiste : « Que la justice se saisisse de l’outrage raciste de Rokhaya Diallo par Charlie Hebdo ».
« L’histoire nous a tellement habitués à des images outrageantes instrumentalisant des femmes noires pour servir de prétendues guerres idéologiques, qu’on pourrait se dire que finalement rien de nouveau dans l’ignoble caricature que Charlie Hebdo dessinant Rokhaya Diallo sous les traits de Joséphine Baker.«
Pascal Blanchard, pourtant pas en manque d’exposition médiatique, y va de son chapitre sans omettre de faire valoir ses travaux précédents et plus récents…« Un dessin dans Charlie Hebdo qui réduit une femme noire (Rokhaya Diallo) à une série de stéréotypes et au temps des colonies. Violent… terrible… stéréotypé… Sous prétexte de référence à la « grande Joséphine Baker » c’est clairement une manière de la fixer dans les préjugés visuels et colonialistes : danse « sauvage », un rappel à la Revue nègre, accessoires, régime de bananes … réduire une femme à sa corporalité, réduire un individu dans sa pensée en l’associant à la sauvagerie, réduire un personnage noir à un régime de banane donc à une forme d’animalité simiesque… c’est cela les stéréotypes… des images qui vont perpétuer le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes d’exclusion de « l’autre » à travers le temps… »
Les claviers se déchaînent et la question du colonialisme prend toute sa place dans le débat: « Ce que révèle cette affaire, c’est moins un affrontement entre liberté d’expression et antiracisme qu’une incapacité persistante à penser ensemble les deux. La satire ne s’appauvrit pas lorsqu’elle est interrogée ; elle s’appauvrit lorsqu’elle refuse toute réflexivité. »
Le Média y va de sa sentence irrévocable:
« CHARLIE HEBDO FAIT ENCORE SCANDALE APRÈS UNE CARICATURE RACISTE CONTRE ROKHAYA DIALLO »
Facebook n’est pas en reste.
Médiapart se déchaîne et monte au front contre les « relents colonialistes » de Charlie Hebdo.
« Face à la caricature de sa collaboratrice parue dans Charlie Hebdo, la rédaction dénonce une attaque « haineuse ». Rejetant la défense de l’hebdomadaire satirique, le site d’Edwy Plenel rappelle que le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. »
Rokhaya Diallo caricaturée : ce que Charlie Hebdo recycle.
« Ce dessin est le frottement de trop. Il réveille les blessures de l’enfance, de la télé des années 80 au zoo humain de Nantes. L’humour ne peut être une « lessive symbolique » effaçant l’archive coloniale. Je dénonce ici une « paresse graphique » qui réduit la pensée au corps. Pour Rokhaya et pour nous toutes : la mémoire des images ne s’efface pas d’un trait de crayon. »
« Quand Charlie-Hebdo se dévoile en caricaturant Rokhaya Diallo « L’universalisme républicain », voilà le maître mot de l’article accompagnant la caricature et attaquant Rokhaya Diallo. Mais ce dessin constitue précisément l’exemple type de ce racisme se cachant sous le masque de « l’universalisme » et d’une « laïcité » totalement dévoyée. »
Des politiques s’empressent d’apporter leur soutien à l’essayiste, semblant avoir oublié que Rokhaya Diallo et Charlie Hebdo, en la personne de Riss ont ouvert les hostilités il y a déjà fort longtemps.
Dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 novembre 2011, un incendie criminel, provoqué par le jet de cocktails Molotov, ravage les locaux de Charlie Hebdo qui doit publier le mercredi un numéro surtitré « Charia hebdo » avec une caricature de « Mahomet, rédacteur en chef ».
Le 5 novembre, les Indigènes de la République, parmi lesquels Rokhaya Diallo, publient une pétition:
« La liberté d’expression n’est pas à défendre, elle est à conquérir. Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo ! » affirmant » qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman. »
Les 7,8 et 9 janvier 2015, une série d’attentats a lieu à Paris et en périphérie:
Le 7 janvier, 12 morts à Charlie Hebdo, 11 blessés dont 4 grièvement.
Le 8 janvier, une policière abattue à Montrouge.
Le 9 janvier, quatre morts dans l’Hypercacher de la porte de Vincennes.
Les 10 et 11 janvier, quatre millions de personnes dans la rue en France.
Le 8 janvier, sur la radio RTL, Yvan Roufiol, « plus stupide que jamais » selon Politis, demande à Rokhaya Diallo de se désolidariser de l’attentat, en tant que musulmane. Celle-ci fond en larmes.
Le vendredi 13 Novembre 2015, une nouvelle série d’attentats à Paris et dans sa périphérie terrifient la France .
Aux abords du Stade de France à Saint-Denis, sur des terrasses de café et de restaurants des 10e et 11e arrondissements, dans la salle de spectacle du Bataclan… ces attaques terroristes provoquent la mort de 130 personnes et font 413 blessés.
Le 21 octobre 2020, sur le plateau de 28 minutes sur Arte, Pascal Bruckner accuse Rokhaya Diallo « d’avoir entraîné la mort des douze de Charlie, d’avoir armé le bras des tueurs ». Personne ne viendra sur le plateau à l’aide de Rokhaya Diallo qui devra se débrouiller seule.
Pascal Boniface, venant à la défense des militants antiracistes sur qui on fait peser des accusations de connivence avec l’islamisme, considère qu’ « Il ne faudrait surtout pas que ce terrorisme physique suscite une autre forme de terrorisme, le terrorisme intellectuel.«
Le 30 novembre 2021, avec l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, Rokhaya Diallo dénonce « les ambiguïtés d’une panthéonisation » : « Admirative de la résistante héroïque, la femme noire que je suis a toujours été embarrassée par l’image de son corps présenté comme exotique. Et ces bananes qui ornaient ses hanches me rappellent celles jetées à la figure des footballeurs ou à celle de Christiane Taubira – tous assignés, à travers ce fruit, à une humanité inexorablement primitive. »
« À mes yeux, la reconnaissance élogieuse de son patriotisme va de pair avec les soupçons qui pèsent aujourd’hui sur tout.e Français.e non blanc.he osant se montrer un tant soit peu critique vis-à-vis de notre sacro-sainte République. » ajoute-t-elle.
On en arrive à se demander qui, de Rokhaya Diallo ou de Riss, prend le plus de plaisir à tendre le bâton pour se faire battre.
La LDH prend naturellement position dans cette guerre pourtant pichrocoline et considère qu’il s’agit ici d’une caricature qui n’illustre que des préjugés coloniaux.
La LDH ne peut pas ne pas prendre position quand le sujet qui défraie l’actualité concerne à la fois la laïcité, le racisme et la liberté de création.
Toutefois, une caricature doit-elle répondre à un impératif de signification ? Une caricature illustre-t-elle quelque chose ?
La caricature n’est prévue par aucun texte général relatif à la protection des droits fondamentaux, bien qu’énoncée dans certaines dispositions législatives (par. ex., CPI, art. L. 122-5 et L. 211-3). Toutefois, lorsque les humoristes s’expriment, le droit veille à les protéger des actions intempestives, des dérives contentieuses qui menacent la démocratie. Tant à l’échelle nationale qu’européenne, la caricature est une liberté qui relève de la liberté d’expression, laquelle comporte une double dimension : la liberté d’opinion et la liberté d’information. Il est commun de considérer que la caricature joue le rôle d’un « bouffon » qui « remplit une fonction sociale éminente et salutaire et participe à sa manière à la défense des libertés » (TGI Paris, 16 févr. 1993).
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH 7 déc. 1976, Handyside c/Royaume Uni), quant à elle, considère que « la liberté journalistique comprend aussi le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire même de provocation ». Une telle conception extensive permet d’envisager que la liberté de caricaturer, même si elle peut déranger voire choquer, soit incluse dans une conception aussi large de la notion de liberté d’expression.
Gardons-nous donc de tomber dans le panneau de la censure.
J’ai personnellement bien du mal à mettre en balance le combat pour la laïcité et celui contre le racisme, tels qu’ils sont ici opposés. Faut-il soutenir le combat contre le racisme avec Rokhaya Diallo ou bien la défense de la laïcité avec Riss ? Faut-il choisir entre l’une et l’autre ?
Bientôt viendra le moment de formuler des vœux. Alors, ne nous privons pas :
Ne gagneraient-elle et il pas, l’une comme l’autre (et nous aussi par la même occasion) à écrire ensemble un livre – ils en ont largement les moyens et la matière – dont les ventes pourraient dépasser les scores de ceux de Bardella (230 000 exemplaire pour « Ce que je cherche »), Sarkozy (92 000 pour « Journal d’un prisonnier »), De Villiers (230 000 pour « Mémoricide »), Zemmour (45 000 pour « La Messe n’est pas dite », 300 000 exemplaires pour « La France n’a pas dit son dernier mot » )... ?

RD
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Un homme sans abri retrouvé mort de froid à Reims durant la nuit de Noël.
Alors que les températures sont descendues sous zéro dans la nuit de Noël, un homme sans abri a perdu la vie à Reims. Âgé de 35 ans et connu des bénévoles, il vivait à la rue depuis deux ans. L’autopsie a confirmé que la victime est morte de froid.
« Des logements pour tous » : alors que les températures baissent, des associations réclament des hébergements dignes.
Alors que la température moyenne nationale est estimée à 3 degrés ce jeudi 25 décembre, une vingtaine de départements ont activé le plan « grand froid ». À Reims une personne sans abri est décédée dans la rue. À Paris plusieurs associations manifestent pour réclamer la réquisition de logements vides.
Hébergements d’urgence, maraudes… face à la chute des températures, le plan « grand froid » est activé dans plusieurs départements.
Les préfectures s’organisent face à la chute soudaine des températures. Ainsi, une vingtaine de départements ont déclenché le plan « grand froid ». Des mesures qui interviennent alors qu’une personne sans-abri est décédée du froid, à Reims, le jour de Noël.
La Charte pour le respect des droits et la dignité des habitant-e-s de lieux de vie informels.
En France, les droits des habitant-e-s de lieux de vie informels – bidonvilles, squats, campements, habitats de fortune ou autres formes d’habitat précaire – continuent d’être largement ignorés, voire bafoués. Ces situations d’habitat, rarement choisies, sont le résultat d’un cumul de précarités économiques, sociales et juridiques, et d’un déficit structurel des politiques publiques d’hébergement, de logement, d’accueil et d’inclusion.
«Je ne veux plus, d’ici à la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. » Emmanuel Macron, 27/07/2017
40 associations attaquent l’Etat en justice pour non-assistance à personnes mal logées.
Depuis des années, les associations du Collectif des associations pour le logement* alertent sur la dégradation des conditions de vie des personnes mal logées. Malgré nos propositions récurrentes, le nombre de personnes laissées à la rue augmente. Le nombre de ménages en attente d’un logement social aussi. Accompagnées par quatre cabinets d’avocats, nos associations ont donc décidé de saisir la justice pour rappeler que l’hébergement et le logement sont des droits fondamentaux et lancent l’affaire Non-assistance à personnes mal logées.





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A la veille de la Journée internationale des migrants, demain jeudi 18 décembre, on constate que le phénomène n’est pas seulement français, comme nous l’avons vu hier dans ces pages : de Madrid à Londres, l’Europe est traversée par une vague d’hostilité envers les immigrés, alimentée par des violences et une rhétorique politique de plus en plus radicale. Comment comprendre cette montée des tensions ? S’agit-il d’un phénomène européen ou de crises nationales qui se répondent ?
Les pays de l’UE approuvent un net durcissement de la politique migratoire.
Sous pression de la droite et de l’extrême droite, les ministres de l’Intérieur des Etats membres de l’Union européenne ont ouvert la voie lundi à l’envoi de migrants dans des centres situés hors de ses frontières.
Immigration : les Vingt-Sept ouvrent la voie aux « hubs de retour » hors des frontières de l’UE.
Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’Union européenne ont donné, lundi, leur feu vert à un nouveau durcissement de la politique migratoire. Ils ont notamment validé la création de centres de retour en dehors des frontières de l’UE pour y envoyer les migrants dont la demande d’asile a été rejetée. Ces mesures doivent encore passer devant le Parlement en mars 2026.
Qui voudra bien des migrants ?
Le 8 décembre, les ministres de l’Intérieur des Etats membres de l’UE ont validé trois textes présentés par la Commission européenne visant à durcir les règles en matière de migration. Création de “hubs de retour”, renvoi des migrants irréguliers dans des pays “sûrs” sans lien avec leur origine, sanctions renforcées pour les personnes refusant de quitter le territoire : le tour de vis européen marque un tournant dans la politique d’accueil du continent.
Au Conseil de l’Europe, plusieurs pays membres réclament une révision de la CEDH pour faciliter les expulsions de migrants.
Plusieurs États membres du Conseil de l’Europe, organe chargé de défendre la démocratie et les droits de l’Homme sur le continent, ont réclamé mercredi une modification de la Convention européenne des droits de l’Homme pour que le texte permette d’expulser plus facilement des migrants.
L’Europe menace de réduire les avantages commerciaux des Etats qui refusent de coopérer en matière d’immigration.
Les pays en développement et les pays les moins avancés pourront se voir imposer des droits de douane plus élevés s’ils refusent de reprendre leurs ressortissants expulsés de l’UE. L’accord, scellé lundi entre le Conseil et le Parlement européens, prévoit cependant des mécanismes d’une telle complexité qu’il a peu de chances d’être appliqué.
Immigration : une géo-histoire de la tentation du repli.
Alors que le Portugal, longtemps perçu comme un modèle d’accueil, restreint à son tour le regroupement familial, des émeutes anti-immigration éclatent ailleurs sur le continent, notamment devant des hôtels abritant des demandeurs d’asile au Royaume-Uni. En toile de fond, la question demeure : que produisent, en France comme ailleurs, ces politiques sur l’expérience concrète des étrangers et sur le climat social ?
Ce sondage qui montre que les Européens ont une vision erronée de l’immigration.
Une enquête européenne révèle un fort décalage entre la perception de l’immigration et la réalité, alimentant une opposition croissante aux flux migratoires sur fond d’inquiétudes identitaires et sociales.
Croissance, démographie : les apports de l’immigration à une Europe vieillissante.
Dans une Europe dont les dirigeants prennent volontiers l’immigration pour bouc émissaire, l’Espagne fait figure d’exception : elle connaît une forte hausse de sa population et de sa croissance économique grâce à l’immigration – en partie celle de travailleurs saisonniers, venus d’Afrique par exemple, mais surtout en raison de l’arrivée de nombreux Latino-américains qui s’installent dans le pays. Reportage à Madrid.
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