Elections municipales 2026 dans l’Aube: Bar-sur-Aube

On reprend les mêmes et on recommence.




Sous-préfecture de 5 214 habitants, la ville a connu, sous les comtes de Champagne, une renommée et une prospérité avec les célèbres foires. Au XIIe siècle, elle vit aussi l’essor de l’économie monastique de l’abbaye de Clairvaux. De cet âge d’or médiéval, Bar-sur-Aube a conservé un riche patrimoine qui a traversé les époques.


Bar-sur-Aube compte actuellement 224 établissements d’entreprise actifs et ayant au moins 1 salarié au 31 décembre de l’année écoulée. Ces établissements emploient un nombre total de 2 133 salariés. 


Sur l’ensemble de l’année 2025, un total de 52 nouveaux établissements d’entreprise a été créé à Bar-sur-Aube. Ce nombre de créations englobe les établissements employeurs ainsi que non-employeurs, et tous les types juridiques d’établissements créés, y compris les entreprises individuelles.

Le secteur d’activités le plus important demeure le commerce avec 379 personnes. Ce secteur emploie 17,77 % des salariés de Bar-sur-Aube.

Suivent les autres industries de machines et équipements, avec 267 personnes soit 12,52 % des salariés de Bar-sur-Aube, la santé (234 soit 10,97%), l’enseignement avec (192 soit 9,00 %), l’Administration publique (179 personnes soit 8,39 %), les transports (82 soit 3,84 %, ), les secteurs juridique, comptable et de conseils (77 personnes soit 3,61 %), la banque et de l’assurance (65 soit 3,05 %).

En résumé, 68,6% des emplois sont consacré à l’industrie, l’agriculture, la construction et la fabrication et 31,4% aux Services.



Aux élections municipales de 2020 , la participation y a été de 47.73 % (le taux départemental étant de 45,5% malgré la crise sanitaire covid) pour 3176 inscrits, les votes blancs représentant 0.99 % des suffrages exprimés.

La liste Divers droite de Philippe Borde a obtenu 59.61 % (871 votes) soit 22 élu·e·s.

La liste Divers centre d’Emmanuel Provin 22.86 % (334 votes) soit 3 élu·e·s.

La liste Divers gauche de Raynald Ingelaere 17.52 % (256 votes) soit 2 élu·e·s.


En 2026, 3 listes se présentent aux suffrages des électeurs.



Liste « Bar-sur-Aube, j’y crois, réussir notre ville de demain » 

Philippe Borde sous l’étiquette LR brigue un 3ème mandat en privilégiant la question de la sécurité.



Liste “Aimer Bar-sur-Aube, c’est agir – Emmanuel Provin 2026″

Emmanuel Provin, conseiller municipal sortant se représente sans étiquette tout en étant soutenu par Renaissance et privilégie à valeurs égales la sécurité et les services publics.


Pierre-Frédéric Maître, maire adjoint sortant se présente sans étiquette et privilégie les services publics et la citoyenneté. . Il a fait l’objet de plaintes pour des faits présumés de vols, puis pour injures non publiques, s’est vu retirer ses fonctions d’adjoint à la mairie de Bar-sur-Aube en 2023.

Le 13 février, il lance un appel aux dons pour financer sa campagne qui fait réagir.  Si la démarche est légale, elle soulève des questions sur les règles complexes du financement électoral.


Après une année de chaises vides et une vague de démissions, la liste « Bar-sur-Aube en transition » ne repartira pas en 2026. Douze ans après l’ère Gaudot, la liste de gauche et écologiste s’efface et mise sur les réseaux sociaux pour interpeller les candidats autour de thématiques comme la mobilité ou les transports.


Nous trouvons ici la pure illustration du changement dans la continuité…


RD

Fin de vie : l’Assemblée nationale approuve la proposition de loi instaurant un droit à l’aide à mourir



Les partisans de l’aide à mourir enregistrent une nouvelle victoire. Les opposants connaissent de leur côté une défaite méritée.

N’en déplaise à:

  • Wally Bordas et Agnès Leclair du Figaro,


  • au 38 personnes interpellées lors d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale, en marge des débats,


  • aux organisations très opportunes le Front de gauche [sic] anti-validiste et Les Éligibles, collectif de personnes handicapées, malades et leurs aidants,


  • à Mickaël Cléraux du JDD


  • à l’association Alliance Vita et sa kyrielle d’associations, collectifs, officines et groupements d’opposants qu’on ne peut décemment citer,


hormis le président actuel de la Fondation Jérôme LejeuneJean-Marie Le Méné, considéré comme un proche de l’Opus Dei, qui mérite une mention spéciale,


  • au Think Tank libéral Fondapol,


  • à Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon,


  • et à tant d’autres intégristes…


l’Assemblée Nationale a adopté hier les propositions de loi relative aux soins palliatifs et d’accompagnement et relative à la fin de vie, en deuxième lecture.

Après avoir épluché quelque 2 000 amendements en un peu plus d’une semaine lors de cette deuxième lecture, les députés ont adopté mercredi deux textes : l’un, consensuel, sur le développement des soins palliatifs ; l’autre, plus discuté, sur l’aide à mourir.



Ces adoptions à l’Assemblée mercredi ne signifient pas la fin de parcours législatif des deux textes, dans un calendrier serré : faute d’accord possible avec le Sénat, le gouvernement devra, s’il souhaite une adoption définitive, donner le dernier mot à l’Assemblée nationale. Ce qui supposera, après la deuxième lecture au Sénat, la réunion d’une commission mixte paritaire pour tenter de concilier les points de vue puis, après un probable échec, une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale et au Sénat, et enfin, la lecture définitive.

Pour Elsa Walter, vice-présidente de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), forte des 285607 signatures obtenues suite à l’appel lancé par son association, « Ce que demandent les malades en #FindeVie, c’est pouvoir choisir. » 


Malgré leurs divergences, les 3 associations  l’ADMD, « Ultime Liberté » et « Le Choix-Citoyens pour une mort choisie » voient, dans ces adoptions très consensuelles, une avancée conséquente dans leur combat mais demeurent déterminées à ce que la liberté pour les personnes en fin de vie de mourir dignement, au moment et dans les conditions de leur choix soient respectées.


RD

Face à la violence, démocratie et Etat de droit


Paris, le 23 février 2026

Toute mort due à une agression, et quels qu’en soient les motifs, est un drame humain et une défaite démocratique. Lorsque la violence se déchaîne, lorsqu’elle entend se faire loi, elle humilie l’intelligence collective, piétine le débat, nie la part d’humanité commune sans laquelle la démocratie n’est plus que la caricature mortifère des valeurs qu’elle porte. La mort de Quentin Deranque, quels qu’aient été ses engagements, ne fait pas exception et doit à ce titre être fermement condamnée, moralement, politiquement et juridiquement. Elle doit d’autant plus l’être qu’elle s’inscrit dans un cadre de dégradation démocratique marqué depuis maintenant plusieurs années par un regain des violences. L’appauvrissement du débat public, le recours de plus en plus fréquent, de la part de responsables politiques à des anathèmes, à des rhétoriques vengeresses, un vaste ressentiment social, ont contribué à cette montée en puissance du recours à la violence comme argument ultime. Ils y contribuent hélas, encore et toujours.
L’urgence commune devrait être aujourd’hui à la sérénité des débats, à l’apaisement plutôt qu’à la confrontation, à un retour à une norme démocratique privilégiant la confrontation des idées et non la désignation d’ennemis. Au lieu de cela, les calculs politiciens dominent la scène politique, des médias attisent les flammes de futurs drames et les pouvoirs publics, au lieu d’en appeler au respect de la loi, désignent des coupables à tout-va.
Pire encore : par une sordide aberration, certains s’acharnent à faire du terme antifasciste le contraire même de ce qu’il a porté dans l’histoire et de ce qu’il porte encore. Oui, le fascisme existe aujourd’hui. Il se revendique parfois et trop souvent comme tel. Il lui arrive aussi d’endosser des habits neufs. Cela fait partie de la réalité politique de notre pays et de bien d’autres. C’est une réalité qui mérite d’être nommée et combattue. Mais jamais avec des moyens qui, insidieusement, alignent ce combat sur les valeurs et les méthodes auxquelles il s’oppose.
La lutte antifasciste est née de la défense des libertés publiques et de la démocratie. Elle a, sur ces bases, rassemblé largement, bien au-delà des clivages politiques. La LDH (Ligue des droits de l’Homme), qui s’honore d’avoir pris sa part dans ce combat, quelles que soient les vicissitudes qu’elle a dû affronter, est toujours restée fidèle aux valeurs de cet engagement citoyen, puissant parce que collectif et démocratique. Elle ne laissera pas, pour de basses raisons politiciennes, placer sur un même plan cet engagement humaniste avec ceux qui fédèrent des droites extrêmes racistes, antisémites, xénophobes et haineuses de la diversité de l’humanité.
C’est dans ce cadre de défense des droits fondamentaux que la LDH saisit avec ténacité la justice et se porte en soutien des victimes de l’extrême droite, de celles et ceux que visent ses injures, ses menaces, ses passages à l’acte violents, projets terroristes ou meurtres à caractères raciste et antisémite, homophobe… Autant de motifs malheureusement trop souvent ignorés, minimisés, écartés comme mineurs du débat public.
La LDH n’aura de cesse de rappeler que c’est la justice, indépendante et impartiale, qui doit déterminer les responsabilités des violences, et en assurer la sanction. Ni le gouvernement et son administration, ni les groupes politiques, ni les médias, ni les appels à la vindicte populaire ne sauraient exercer cette fonction. C’est, il faut le rappeler encore et toujours, ce qu’on appelle l’Etat de droit.
La démocratie est aujourd’hui prise à partie par ses ennemis historiques et par d’autres, qui rêvent à sa transformation en régime autoritaire. Il en va de la responsabilité commune de tous les démocrates de faire échec à ce cauchemar. Cela passe par la condamnation ferme et entière des violences commises à Lyon et de l’homicide de Quentin Deranque. Cela passe tout autant par la défense de la primauté de l’Etat de droit, par la mise en échec des instrumentalisations sordides qui visent à affaiblir le débat démocratique dont notre pays a plus que jamais besoin.





Elections municipales 2026 dans l’Aube : Romilly-sur-Seine



Après Troyes, chef-lieu du département puis 2 communes de la périphérie, nous sommes aujourd’hui à Romilly-sur-Seine, 2ème ville du département par sa population.


L’histogramme de la démographie révèle un pic de la population à la fin des années 1970, un déclin lié à la fermeture d’industries (délocalisation de la bonneterie et réduction d’activité de la SNCF) dans les années 2010 puis une remontée timide jusqu’à ce jour.

Traditionnellement ancrée à gauche, du fait de son histoire ouvrière, la ville connaîtra un virage progressif dès les années 1990.

Liste des maires successifs
PériodeIdentitéÉtiquetteQualité
1949septembre 1984Maurice CamusetPCFConseiller général du canton de Romilly-sur-Seine-1 (1964-1970)
octobre 1984mars 1989Georges DidierPCFConseiller général du canton de Romilly-sur-Seine-2 (1973-1998)
mars 1989mars 2008Michel CarteletPSEnseignant, député (1981-1993)
mars 2008en coursÉric Vuillemin
Réélu pour le mandat 2020-2026 
UMPLRNotaire


C’est en mars 2008 que la droite conquiert finalement ce bastion communiste, ce qui représente une petite révolution dans cette ville tenue par le PCF pendant 40 ans et par la gauche depuis la nuit des temps.


Aux dernières élections municipales de 2020, la participation est de 37,94 % (3111 sur 8199 inscrits). Le maire sortant DVD Eric Vuillemin est réélu avec 57,41% des suffrages exprimés. La liste DVG de Fethi Cheikh obtient 28,24%, la liste RN de Jean-Patrick Vernet 14,33%.

En 2026, 5 listes sont en lice:

  • Union de la gauche conduite par Fethi Cheikh (PCF)
  • Sans étiquette de Adam de Mota (DVD)
  • Divers gauche de Mickaël Millet (Génération.s)
  • RN d’Angélique Ranc (RN)
  • DVD d’Eric Vuillemin (DVD)

La gauche et la droite partant divisées, le RN cultive l’espoir de parachever la dégringolade de la ville. Il y a donc urgence à ce que les électeurs clairvoyants, démocrates, progressistes, épris de liberté et de respect des droits humains se rendent aux urnes le 15 mars.

RD

Mort de la diplomate Leïla Shahid, éternel visage de la Palestine en France



En poste en Europe de 1989 à 2015, l’ancienne représentante de la Palestine en France et en Europe avait consacré sa vie à la cause palestinienne. Elle est morte mercredi à 76 ans.

Troyes: luttons pour la paix !



Indépendance de la justice, sérénité de l’enquête pénale, un lointain souvenir



Samedi 14 février, un étudiant âgé de 23 ans, Quentin D., est mort des suites de ses blessures infligées deux jours plus tôt à Lyon. Immédiatement, les responsables politiques se sont emparés du sujet, sans considération aucune pour le temps de deuil des proches.

Pour notre santé mentale, réparons le lien social

Pour une réforme sur la fin de vie respectueuse des droits



Contre les guerres, le racisme, l’impérialisme et l’oppression, pour le respect du droit international, luttons pour la Paix !



L’Iran enregistre 100 exécutions en une semaine et 241 en trois semaines.



Des navires de guerre américains à Port-au-Prince.



Mobilisation internationale au secours de Cuba : “une tentative désespérée d’éviter un génocide”.



Le nombre de tués à Gaza : comment en est-on arrivé là ?



En visite au Venezuela, un ministre de Trump prône une hausse « spectaculaire » de la production de pétrole.



Soudan: crimes de guerre et possibles crimes contre l’humanité lors de la prise d’El-Facher.



Kanaky-Nouvelle-Calédonie : « La puissance coloniale ne voit que des ressources à exploiter ».



Colombie : l’enrôlement d’enfants par des groupes armés a quadruplé en cinq ans.



RD Congo: nouveau cessez-le-feu proposé par l’Angola.



Pérou : 300 organisations s’unissent contre la corruption à l’approche des élections.



Ukraine : les frappes russes plongent la population dans le noir et le froid.




RD

Pour se détendre un peu en fin de semaine (dans la spiritualité, qui plus est)…

L’astronaute le plus qualifié pour diriger l’expédition cosmique



Un physicien pense avoir localisé Dieu: il serait à 439 milliards de milliards de kilomètres de la Terre.

Un ancien chercheur de l’université Harvard prétend pouvoir situer Dieu à l’échelle cosmique. Son argumentaire s’appuie sur une théorie physique remaniée… et plusieurs passages de la Bible.



Nous pensons avoir trouvé l’astronaute le plus qualifié pour diriger l’expédition cosmique…

Elections municipales (suite) : oui à la Protection de la Jeunesse mais… pas chez nous





Le précédent des Noës-près-Troyes, commune de l’agglomération troyenne, dénotait déjà en 2019 de l’ignorance totale par le public des missions des associations de Protection de l’Enfance, qui n’ont qu’un seul but purement humanitaire, en venant en aide à ces gosses en grande souffrance, souvent eux-mêmes issus et victimes de familles en grandes difficultés.

Le lundi 13 mai 2019, près de 150 habitants avec à leur tête le maire, avaient clamé leur refus catégorique de voir s’installer une telle association sur leur territoire.


Lors de cette réunion houleuse à laquelle étaient présents des habitants de la commune et les représentants de l’association Action Jeunesse de l’Aube (AJA), Jean-Pierre ABEL, alors maire de la commune depuis 2001, avait refusé de dévoiler les noms des pétitionnaires (il est question de 50 signataires). Il était le propriétaire de la maison voisine de celle devant accueillir des adolescents de la Protection de l’enfance. Cette maison était occupée par son fils et sa belle/fille qui étaient précisément à l’origine de ladite pétition.  Il avait alors fait l’objet d’accusations relatives à la mise en avant de ses intérêts privés plutôt que de l’intérêt général.


Il a quitté ses fonctions de maire fin février 2024.

A cette réunion du 13 mai 2019, des personnes venues en renfort, n’étant pas habitantes de la commune, n’en hurlaient pas moins: “On est chez nous !”

Le RN flattait déjà les plus bas instincts des Français(e)s et en particulier leur égoïsme et le repli sur soi.




Bis repetita ne déplaît pas toujours…



La commune de Sainte-Maure fait également partie de l’intercommunalité Troyes Champagne Métropole (TCM) [1]. Les mairies respectives de Sainte-Maure et de Troyes sont distantes de 7,4 km.


Le 22 janvier, la Direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse (DTPJJ) [2] présentait son projet d’installation d’une Unité Judiciaire à Priorité Educative (UJPE) au conseil municipal de Sainte-Maure. Elle projetait d’acquérir une propriété de 600 m2, suffisamment spacieuse pour accueillir la structure située actuellement au centre de la ville de Troyes et trop exiguë pour répondre à sa fonction qui consiste à prendre en charge 12 jeunes adolescents en difficulté sociale et plus en danger pour eux-mêmes que dangereux pour les autres.

Aussitôt, les réactions d’opposition à ce projet se faisaient connaître et un collectif était formé dès la semaine suivante, qui lançait une pétition se targuant d’avoir recueilli en quelques jours 1000 signatures pour cette commune rurale mais néanmoins petite-bourgeoise de 1800 habitants (en 2023).



Dans une lettre datée du 2 février 2026 et publiée sur un réseau social le député RN Jordan Guitton interpellait le ministre de la Justice en lui demandant l’annulation de ce projet.

Télescopage de calendrier ou pas, le 5 février, le ministre de la Justice indiquait à la presse locale l’annulation du projet.

Ce n’est pourtant que le 7 février qu’au cours d’une réunion organisée par le collectif d’opposition à l’UJPE et réunissant 150 personnes, dont un certain nombre d’entre elles (une fois de plus) étaient étrangères à la commune, la PJJ annonçait renoncer à l’implantation de l’UJPE à Sainte-Maure alors que le maire assurait qu’un avis défavorable allait être présenté au vote du conseil municipal le 11 février.

Ce vote fut sans appel : 16 présents ; 14 pour l’abandon définitif ; 1 blanc ; 1 pour le projet.

Les Mauraciens (habitants de Sainte-Maure) ont bien précisé qu’ils n’étaient pas opposés à la création de cette UJPR, mais… pas chez eux.


Le projet d’implantation d’une UJPE au sein de la commune de Sainte-Maure n’a pas manqué d’être combattu en première ligne par le RN qui, jouant sur les 2 tableaux (répression de la délinquance des jeunes « mais pas chez nous ») a encore une fois fait son beurre de la peur de l’insécurité, de la recherche d’asphyxie du tissu associatif, du développement des mesures culturellement identitaires et excluantes, des discriminations envers certaines populations, du racisme ambiant, attisant encore une fois la haine de l’autre, le repli sur soi…



On passera sur l’article de Valeurs Actuelles et d’autres qui n’apportent rien de nouveau.

Interviewé par Sud Radio, Adrien Mora, porte-parole du collectif répondait à la question « La commune a-t-elle été informée de ce projet ? 

« Pas du tout, nous avons découvert ce projet via une fuite au conseil des élus. Nous n’avons pas du tout été mis dans la boucle. C’est la PJJ [2], la police de la jeunesse [sic], qui est sur le projet depuis un an. Ils ont vu que cette maison était assez grande, à la campagne, et disponible via une saisie de l’État. Ils y sont allés sans regarder autour. »


S’il est utile de préciser à quel point le RN entretient l’entre-soi et l’égoïsme, il suffira de rappeler que Jordan Bardella s’est opposé au prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine par l’Union européenne.



[1] Composée de 81 communes, la Communauté d’Agglomération Troyes Champagne Métropole compte 168 350 habitants sur une superficie de 889 km².  

[2] La direction de la Protection judiciaire de la jeunesse, dénommée direction de l’Éducation surveillée de sa création le 1ᵉʳ septembre 1945 au 21 février 1990, est l’une des directions du ministère de la Justice français.


RD

La LDH se mobilise pour les élections municipales de 2026




Nous suivrons à la mesure de nos moyens cette campagne qui s’engage laborieusement dans notre département, en veillant lors de celle-ci avec la plus grande attention à la défense des droits et libertés fondamentales, de la démocratie et au respect de l’Etat de droit.

Nous commencerons aujourd’hui par la ville de Troyes, chef-lieu du département.

Aux dernières élections municipales de 2020, le taux d’abstention y a battu un record absolu en atteignant 69.36 %. La crise sanitaire du Covid n’en était pas seule responsable. Le fait que François BAROIN [*] soit réélu tous les 6 ans depuis 30 ans n’y est pas étranger, les Troyens ne voyant plus l’intérêt de se déplacer jusqu’à l’isoloir pour au final obtenir toujours le même résultat.

5 listes y étaient représentées.

  • Celle de François BAROIN, la liste LR- ENSEMBLE POUR TROYES, a obtenu 5 903 voix qui lui ont permis d’occuper dès le premier tout 42 sièges sur 49, avec 66,78 % des suffrages exprimés au conseil municipal et 30 sièges sur 35 au conseil communautaire de Troyes Champagne Métropole.
  • En 2ème position, la liste DVG- TROYES EN COMMUN POUR UNE VILLE ECOLOGIQUE CITOYENNE SOLIDAIRE, avec pour tête de liste Anna ZAJAC, obtient 1 243 voix, soit 14,06 % et obtiendra 3 sièges municipaux et 2 sièges communautaires.
  • Puis vient celle de Jordan GUITTON, RN- RASSEMBLEMENT NATIONAL POUR TROYES, qui obtiendra également 3 sièges municipaux et 2 sièges communautaires avec 11,26 % de voix (995).
  • La liste REM- Troyes En Marche conduite par Loëtitia CAROUGEAT obtient 484 voix, soit 5,48 %, 1 siège municipal et 1 siège communautaire.
  • La liste EXG- Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs de Lionel PAILLARD recueille 214 voix, soit 2,42 % et n’occupera donc aucun siège.


Pour le 15 mars 2026, au premier tour, 9 listes seraient à ce jour en lice:

  • la liste LO de Pauline REICHLING [1]
  • le collectif de gauche, citoyen et écologique Troyes Avec Briot (PCF-PS-LÉ-G·s-ND-PA) de Charline BRIOT [2]
  • la liste LFI de Sarah FRAINCART [3]
  • Il est temps de Loëtitia BEURY [4] (DVC)
  • Troyes est à nous de Pierre PHILIPPE [5] (DVD)
  • Troyes au cœur de Olivier Richard [6] (DVD)
  • Sauvons Troyes de Pierre BROCHET (RN)
  • À la Reconquête de Troyes de Jean-Christophe Letierce (REC)
  • à laquelle il faudra ajouter, bien qu’elle ne daigne apparemment pas trouver un intérêt quelconque à faire campagne, celle du maire sortant François BAROIN (LR).

Nous avons eu connaissance des programmes de certain(e)s candidat(e)s, à retrouver dans les notes ci-dessous:

[*] François Baroin succède à Robert Galley comme maire de Troyes en 1995, à 30 ans. La même année, il est élu président de l’Association des maires de l’Aube. Il est nommé président de Barclays France en janvier 2022. Il déclare alors qu’il met entre parenthèses son activité d’avocat et ne garde qu’un seul des quatre mandats d’administrateur indépendant qu’il exerçait auparavant tout en restant maire de Troyes et président de l’agglomération.

[1] Pauline Reichling présentera son programme en compagnie de Julien Cynober, tête de liste à La Chapelle Saint-Luc, le dimanche 8 mars à la Salle multi-activités des Vassaules, 13 rue Grégoire-Pierre Herluison, à Troyes.

[2] Charline Briot entend faire émerger un projet en rupture avec les priorités municipales actuelles : « François Baroin a investi près de dix millions pour la sécurité et seulement quatre pour le social, dans une ville où 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui, sa politique ne colle pas avec la réalité sociale de la ville. »

[3] Sarah Fraincart et son colistier avaient invité ce lundi la députée du Val-de-Marne, Clémence Guetté, à une réunion électorale. Notre envoyée spéciale était présente et nous a écrit :

« La salle du « Troyes fois plus » était pleine = je crois que le nombre de 200 participants a été atteint.

Pas de perturbateurs. 

Public hétérogène, et bien représentatif, à mon sentiment, de la société française, sauf qu’à Troyes, ville de vieux, on aurait dû voir davantage de cheveux blancs. Y en avait quand même un bon peu. Bref, c’était pas une horde d’écervelés immatures, ni de rouges incendiaires, ni d’antisémites islamisés non plus. Ambiance plutôt bon enfant, beaucoup de convivialité, il est vrai que « tout le monde se connaît » dans notre village tricasse !

Prise de parole des deux têtes de liste. Il s’est agi du local (évidemment), tour d’horizon = le scolaire, la santé, les transports, etc. et accent mis sur le logement. Des idées et propositions concrètes, certaines déjà émises « à gauche », d’autres + novatrices, mais rien qui mette en cause la République ! 

Puis, allocution bien ficelée de Clémence GUETTE, standing ovation méritée ! S’agissant des « barons » et de leurs réseaux, l’exposé était plutôt bien vu… Coucou, Baroin et sa bande de potes ! Idem, accent sur les discriminations spatiales, entre centres et périphéries de nos villes. Aucune allusion à Mélenchon, ni non plus aux trois I qui font la Une ailleurs. Evidemment = c’est hors sujet pour ce scrutin, il n’y a que les droitards pour penser « sauvons Troyes et ses traditions ». Fin du ban = la Marseillaise, et l’Internationale, en sœurs siamoises, ça a matché !

Et pour clore, tout le monde était fier et content, et c’est vrai que la soirée était réussie. Toujours les mêmes dévoués bénévoles, dont nos habituels camarades de lutte sur d’autres sujets. Bon point = l’organisation, dont contrôles à l’entrée, et service d’ordre citoyen. Ce succès booste les militants, et j’ai trouvé cet optimiste culot plutôt sympathique ! 

AH

[4] Son programme : l’écoute, la transparence et l’efficacité concrète dans la gestion municipale (santé : accès aux soins et prévention dans les quartiers ; mobilité : déplacements mieux organisés, mobilités douces encouragées ; quartiers : proximité, culture, vie associative et services publics ; sécurité & propreté : présence sur le terrain et espaces publics entretenus).


[5] Voir le site de l’association https://troyesestanous.fr/


[6] L’ex-conseiller départemental revendique une liste sans étiquette et proche des Troyens. L’autre tête de liste Caroline Olivier, elle, est cadre juridique, Troyenne depuis une quinzaine d’années. La grande priorité de « Troyes au cœur » : le quotidien. Sécurité, propreté et engagement sont au premier plan des propositions. 


La conjuration abjecte des imbéciles

Copie d’écran de la vidéo montage dans laquelle Barack et Michelle Obama sont représentés en singes, publiée avant d’être retirée quelques heures plus tard sur le réseau social de Trump.


La maison Blanche invoque une « erreur ».

Stop au massacre en Palestine !

Manifestation ce matin à Troyes à l’appel du collectif aubois pour la Paix

MBK



Depuis pratiquement 2 ans et demi des Palestiniennes et Palestiniens meurent sous les bombes.

En janvier 2026, le ministère de la Santé de Gaza estime qu’au moins 71395 personnes ont perdu la vie dans la bande de Gaza, soit une personne sur 31. Ces chiffres rapportés et sont tenus pour sûrspar les Nations Unies, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et différentes organisations internationales. La grande majorité des victimes sont des civils et comparé à ceux d’autres conflits mondiaux récents, le nombre de décès de journalistes, de travailleurs humanitaires et de santé, ainsi que d’enfants, est parmi les plus élevé. Selon les Nations Unies, la bande de Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, dès décembre 2024. On estime que des milliers d’autres corps restent très probablement ensevelis sous les décombres des bâtiments détruits.

À ces morts viennent s’additionner des dizaines de milliers de victimes de l’insoutenable situation sanitaire et alimentaire de Gaza. Plus de 85 % de la population de Gaza a été victime de déplacements forcés.

Depuis l’accord de cessez-le-feu, signé le 10 octobre entre Israël et le Hamas, le plan Trump se met en marche, les otages israéliens ont été libérés. Mais comme il fallait s’y attendre, le cessez le feu n’est pas effectif. Israël ne cesse de le violer. “Dès que le Hamas aura libéré les otages, la guerre s’arrêtera” nous a-t-on répété inlassablement dans les médias. Aujourd’hui, toute la fausseté de cet argument éclate au grand jour.

Aujourd’hui encore, la propagande israélo-trumpienne ne doit pas nous leurrer. La situation à Gaza reste celle d’un génocide fait de la combinaison du blocus, du refus d’entrée des biens essentiels et d’une malnutrition orchestrée. Nous assistons à un étranglement du peuple palestinien, un génocide organisé froidement et méthodiquement sur fond de l’annonce d’un cessez-le-feu qui n’est en aucune manière effectif.

MBK



En seulement 3 mois, le nombre total de morts sous la mitraille s’élève à plus de 529 dont plus de cent enfants selon l’UNICEF. A ces morts directes, il faut additionner tous ces malades, qui ne sont pas soignés, en raison de la destruction des infrastructures de soin ; pas soignés parce qu’Israël empêche leur exfiltration de l’enclave.

Les médicaments ne rentrent toujours pas, laissant à l’abandon, entre autres, des centaines de milliers de malades chroniques. Nous assistons à une politique délibérée d’organisation de la famine : seule une centaine de camions pénètrent dans l’enclave, là où il en faudrait 600 pour respecter le prétendu plan de paix trumpien.

En janvier 2026, l’UNICEF rapportait que le froid hivernal causait des décès par hypothermie chez les enfants déplacés.

Les faits sont là : la « pax americana » n’est que la couverture de la poursuite méthodique, froide et implacable de l’extermination du peuple palestinien et de l’expulsion de ses terres.

Les images de tentes noyées sous la pluie, sous la boue ne cessent de nous parvenir.

Il faut se rendre à l’évidence : le génocide est toujours en cours avec son cortège de souffrances et de morts.

À ce constat sur la situation à Gaza, nous ajoutons la situation en Cisjordanie. C’est par dizaines qu’on compte les Palestinien nes tués sous les raids israéliens et sous les tirs des colons juifs israéliens. Sur la seule journée du 3 février, 30 civils palestiniens ont été interpellés. Ils rejoignent ainsi les plus de 210 000 cas d’arrestations enregistrés depuis octobre 2023. S’y ajoute une politique systématique de destruction des terres agricoles ainsi que des maisons des familles palestiniennes. Les déplacements forcés de la population se poursuivent.

Le plan américain n’attaque en rien la racine du problème : l’expulsion des Palestinien nes de leur terre. Il ne s’attaque en rien à la cause profonde de la violence : le siège, l’occupation et le nettoyage ethnique perpétrés par Israël.

Le plan de Trump, Netanyaou et de leur complices n’a que pour objectif l’accaparement des ressources vitales (eau, terres agricoles) et d’intérêts énergétiques et financiers.

Son plan de mise sous tutelle de la bande de Gaza et de ses habitants, empreint d’une logique coloniale, piétine le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

MBK



Nous lançons un cri d’alarme : le génocide est toujours en cours. Ce qui est en jeu, c’est l’extermination d’un peuple massacré et expulsé de ses terres. D’ores et déjà, c’est par dizaines de milliers que nous comptons les morts. Le plan Trump ne fait qu’organiser la poursuite du génocide et s’il n’y est pas mis obstacle, c’est en centaines de milliers que le sinistre décompte devra se faire.

Chaque silence, chaque renoncement contribue à l’affaiblissement du droit et ouvre plus grande la porte à la barbarie.

En n’appliquant pas fermement le droit international et en ne sanctionnant pas ses violations, la communauté internationale cède à la loi du plus fort et entérine la barbarie qui s’exerce depuis plus de deux ans à Gaza et dans un certain nombre de pays dans le monde.

Nous affirmons qu’une paix durable ne pourra se réaliser qu’en garantissant le droit au retour des Palestiniens et la reconnaissance effective de leur droit à l’autodétermination.

Nous affirmons que l’avenir des Palestiniens doit être décidé et construit par eux même, que seules l’égalité des droits et la justice apporteront une paix juste et durable.

Nous affirmons que le plan Trump n’ayant qu’une perspective pro-israélienne ne fournit rien d’autre qu’un horizon de guerre permanente à tous les peuples de la région.

Nous affirmons que l’urgence de l’heure est de faire cesser le massacre !

Pour ces raisons, nous appelons à rejeter ce plan et nous exigeons :

  • un cessez-le-feu total et définitif et la fin du génocide,
  • l’entrée sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza
  • la reconstruction sous direction palestinienne
  • l’entière auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin
  •  le droit au retour des réfugiés palestiniens et la fin de l’occupation et de l’apartheid, conformément à la résolution de l’ONU.

Nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :

L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.

L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants utilisés pour le montage d’armes

L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports

L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.

La suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.


La LDH de l’Aube tient à préciser qu’elle reste fidèle à ses engagements pour défendre le peuple palestinien au sein du collectif, ainsi qu’à sa volonté de dénoncer toutes les violations des droits humains et des crimes contre l’humanité. La LDH ne tient pas à remettre en cause le collectif. Etant en relation avec des réfugiés d’Iran, elle sait combien ceux-ci ont besoin de soutien. Elle s’associe au MRAP pour déclarer:


Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !

Soutenons tous les peuples victimes de la guerre et de l’arbitraire !

Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.

À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.

Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.

Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.

La répression aurait fait plus de 30 000 morts.

Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.

Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.

Les Iraniens et les Iraniennes sont seul-es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.

Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.

Nous exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.

Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté.

Solidarité avec tous les peuples victimes de la guerre, de la tyrannie, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, partout dans le monde.

Nous dénonçons toutes les atteintes aux droits humains et aux violations du droit international.

À bas les dictateurs !

Femmes, vie, liberté vit et vaincra !



Prochaine manifestation à Troyes pour la Paix partout dans le monde vendredi 20 février.


Immigration et délinquance

Press’Troyes N° 357, p.30



Philippe Arbona, conseiller municipal RN à Troyes, poursuit inlassablement son travail besogneux de désinformation dans la rubrique Expression Libre de l’organe municipal d’information Press’Troyes, dont le directeur de la publication est François Baroin.

Dans le numéro 357 de février 2026, il s’acharne une fois de plus sur « les migrants » et autres indésirés (ceux-là même dont on ignore le nombre) responsables d’un « coût financier », « asphyxie de l’économie locale » et carrément « menace pour les libertés individuelles », comme le relève notre amie observatrice et lanceuse d’alerte Agnès. Et de citer la statistique tronquée commandée au CSA par CNews selon laquelle 72% des Français estimeraient qu’il existe un lien direct entre insécurité et immigration.

Sa haine viscérale de l’étranger ne laisse pas de nous interroger lorsqu’on regarde l’origine du patronyme « Arbona » qui est indéniablement catalane et que l’on apprend que les personnes le portant résident majoritairement en Espagne et en Algérie. On notera également qu’Arbuna est un nom germanique documenté.


Il faut bien à Philippe Arbona l’espace d’un mois pour commettre régulièrement ces quelques lignes de vomissures, reprenant, en les remettant au goût du jour, tous les poncifs exhumés des archives de la Waffen-SS et rappelés à l’histoire par des Bousquet, Gaultier, Duprat et consorts qui donnèrent naissance au FN, devenu RN.

L’absence crasse de réflexion et de documentation de certains élus devient une désespérante tradition en ces temps troublés. Aussi, nous efforcerons-nous à un peu de pédagogie pour leur ressasser quelques vérités. Pour ce faire, il suffira de reprendre ici in extenso le billet de Jérôme Valette publié le 8 décembre dernier par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).

La lettre du CEPII n° 436, « Immigration et délinquance : réalités et perceptions » [avril 2023- NDLR], a été largement relayée. Cependant, elle a parfois été diffusée de manière tronquée et avec des interprétations s’éloignant de son message initial. Ce billet a pour objectif d’apporter des clarifications sur la nature même de la relation entre immigration et délinquance.

Dans l’opinion publique, l’idée qu’il existe un lien entre immigration et délinquance est aujourd’hui profondément ancrée. De fait, les immigrés et les étrangers sont effectivement surreprésentés dans les statistiques de délinquance de nombreux pays d’accueil. En France, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, les étrangers représentent 17 % des personnes mises en cause alors qu’ils ne constituent que 8 % de la population.

Cette surreprésentation est particulièrement marquée pour les atteintes aux biens : 39 % pour les vols dans les véhicules, 37 % pour les cambriolages ou encore 30 % pour les vols violents sans arme ; et, dans une plus faible mesure, pour les atteintes à la personne : 15 % pour les violences physiques hors cadre familial, 13 % pour les violences sexuelles, par exemple.

On observe également que les localités affichant les niveaux de délinquance les plus élevés sont aussi celles où la population immigrée est la plus importante. Il existe donc une corrélation positive entre immigration et délinquance.

Pour autant, ces observations permettent-elles de conclure qu’un afflux d’immigrés conduit systématiquement à un accroissement des taux de délinquance ?

Pour répondre à cette question, il est essentiel de tenir compte des caractéristiques socio-économiques des localités où vivent les immigrés. Par exemple, un taux de délinquance élevé dans une zone donnée pourrait davantage refléter une concentration de difficultés sociales et économiques (taux de pauvreté et de chômage élevé, manque d’infrastructures publiques) que la seule présence immigrée.

Aussi, pour isoler l’effet propre de l’immigration sur la délinquance, il est impératif de comparer les évolutions des taux de délinquance et des taux d’immigration de localités comparables sur le plan socio-économique. Sinon, il n’est pas possible de séparer l’effet de l’immigration de celui des spécificités locales.

Si, à notre connaissance, aucune étude utilisant cette approche n’a été menée spécifiquement sur données françaises, plusieurs travaux l’ont appliquée à des pays voisins comme l’Italie ou le Royaume-Uni, entre autres. Une étude plus récente a élargi le champ de l’analyse à 55 pays de l’OCDE, dont la France, sur la période 1990-2019.

Quels enseignements peut-on tirer de ces travaux sur d’autres pays pour le cas français ?

Tout d’abord, qu’aucune de ces études ne trouve d’effet significatif de l’immigration sur les taux moyens de délinquance, mais que cet effet peut différer selon le type d’infractions, la composition des flux migratoires et les politiques d’intégration en vigueur dans les pays d’accueil.

Ainsi, les vagues migratoires composées d’individus qui rencontrent des difficultés d’accès au marché du travail peuvent se traduire par des hausses des atteintes aux biens. C’est ce qui a été constaté au Royaume-Uni à la fin des années 1990 : l’arrivée de réfugiés privés d’autorisation de travail a eu pour conséquence une augmentation des vols. À l’inverse, après l’élargissement de l’Union européenne de 2004, l’afflux d’immigrés en provenance de pays de l’Est avec un visa de travail a au contraire réduit les taux d’atteintes aux biens dans les régions où ces immigrés se sont installés, leur taux d’emploi étant alors supérieur à celui des natifs.

L’accès des immigrés au marché du travail étant un facteur essentiel, il n’est pas surprenant que plusieurs travaux académiques fassent état d’une réduction marquée de la délinquance d’origine immigrée lorsque l’accès à un emploi stable et légal s’améliore. Cette dynamique a notamment été observée en Italie: la régularisation des étrangers sans titre de séjour a diminué de moitié leur probabilité de commettre une infraction l’année suivante.

L’exemple suisse illustre aussi l’importance de la composition des flux migratoires. Les demandeurs d’asile ayant grandi dans un pays marqué par un conflit présentent une probabilité plus élevée de commettre un crime violent à l’âge adulte que ceux n’ayant pas été exposés à la violence pendant l’enfance. Néanmoins, les auteurs de cette étude soulignent que cet effet peut être réduit grâce à des politiques et dispositifs d’accueil efficaces. En effet, les cantons offrant un accès rapide au marché du travail et proposant des programmes civiques transmettant les normes sociales, l’histoire et les codes civiques du pays d’accueil, parviennent à diminuer le risque d’infraction.

En définitive, même si l’on observe une corrélation positive entre immigration et délinquance, les études ne mettent pas en évidence d’effet causal de l’immigration sur le niveau moyen de délinquance. Cependant, la composition des vagues migratoires et les conditions d’accueil influencent la relation observée. Dans ce contexte, les politiques qui agissent directement sur ces deux facteurs jouent un rôle déterminant dans l’effet que l’immigration peut exercer sur la délinquance.



Le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) est le principal centre français de recherche et d’expertise en économie internationale. Les analyses et études du CEPII sur la macroéconomie et les finances, les politiques commerciale et migratoire contribuent au débat public et à la formulation des politiques économiques. Le CEPII produit des bases de données et renforce le dialogue entre chercheurs, décideurs de la sphère publique ou privée et acteurs de la société civile à travers l’organisation de nombreuses conférences.
Fondé en 1978 et placé auprès du Premier ministre, le CEPII fait partie du réseau coordonné par France Stratégie.

Jérôme Valette est, outre son engagement au CEPII, Directeur du département Dynamics à l’Institut Convergences Migrations (ICM). Il enseigne par ailleurs l’économie des migrations en Master 1 et 2 à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, à l’École des hautes études en sciences sociales et à l’Université du Caire.

Diplômé du CERDI et de l’Université Clermont Auvergne. Il est actuellement en détachement de son poste de Maître de Conférences à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.


Philippe Arbona

Libération a repéré ce suppléant de la 2e circonscription de l’Aube qui a des fixettes propres à l’extrême-droite. « En mai 2020, il partageait sur son compte Facebook un visuel d’hommage à Sébastien Deyzieu, militant de l’Œuvre française mort en marge d’une manifestation interdite en 1994. Arbona commente la publication avec le slogan des néofascistes français qui commémorent chaque année l’événement : «Sébastien présent.» Le mois suivant, Philippe Arbona poste la photo d’un ancien tract du mouvement néofasciste Ordre nouveau, dissous en 1973 pour sa violence. Il commente : «Aujourd’hui l’anarchie demain l’Ordre nouveau», soit le slogan historique du groupe, raconte Libération.



RD

Palestine : le massacre continue


Israël réitère le scénario du massacre : 52 morts à Gaza.

L’Observatoire des médias de l’OCI sur les crimes israéliens contre les Palestiniens a recensé la mort de 52 Palestiniens dans la bande de Gaza, ainsi que la découverte de trois corps, la confirmation de la mort de 85 autres personnes et l’enregistrement de 136 blessés. L’Observatoire de l’OCI a également fait état de deux morts et de 24 blessés en Cisjordanie. Entre le 27 janvier et le 2 février 2026, on a dénombré 142 morts et 160 blessés. Entre le 7 octobre 2023 et le 2 février 2026, le nombre total de victimes s’élevait à 72 886 morts et 180 981 blessés.



Frappes israéliennes meurtrières à Gaza, le poste frontalier de Rafah entrouvert.

Des bombardements israéliens ont fait 21 morts ce mercredi dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé, dans une nouvelle violation du fragile cessez-le-feu, pendant que le poste frontalier de Rafah avec l’Egypte reste entrouvert sous de très strictes conditions. L’armée israélienne a affirmé avoir riposté avec des « frappes précises » à des tirs qui ont grièvement blessé un officier dans le nord du territoire palestinien.



Avec ou sans cessez-le-feu, Israël continue de prendre pour cible les journalistes de Gaza.

Depuis octobre, nous, journalistes à Gaza, espérions que la déclaration d’un cessez-le-feu nous donnerait enfin le temps de reprendre notre souffle. Nous n’osions pas rêver d’une paix permanente, mais seulement de pouvoir aller travailler sans surveiller chacun de nos pas comme si nous marchions dans un champ de mines, et sans nous dire au revoir chaque matin comme si c’était la dernière fois.



Regavim : Le nouveau point de contrôle frontalier israélien à Rafah véhicule un message codé en faveur de l’annexion.

Le poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte a partiellement rouvert pour quelques Palestinien.nes après une fermeture de 18 mois, accompagnée d’une restriction supplémentaire pour contrôler le mouvement des personnes de retour. L’armée israélienne a installé un point de contrôle appelé Regavim dans une zone sous son contrôle à l’extérieur du poste-frontière pour ceux qui entrent à Gaza depuis l’Égypte.



Dans les ruines de Gaza.

En dialogue avec la poésie du Palestinien Mosab Abu Toha et en se fondant sur le mythe d’Icare, ce texte montre l’anéantissement total, toujours en cours, qui est à l’œuvre dans la bande de Gaza : de l’humain et du non-humain, du matériel et de l’immatériel.



Tribune collective

« Nous demandons à la France de protéger les organisations de la société civile palestinienne du ciblage systématique mené par le gouvernement israélien »



Troyes



Le Collectif aubois pour la paix appelle à un rassemblement pour la paix à Gaza samedi 7 février à 10h30 place Jean-Jaurès.

Une manifestation pour la paix dans le monde entier aura également lieu vendredi 20 février en fin de journée.

Azadeh* l’Iranienne, rebelle et résignée

Propos recueillis par Rémy Dufaut




On entend souvent dire qu’il ne faut pas écouter les exilé(e)(e)s iranien(ne)s qui ne sont pas sur place et ont donc une vision de la réalité plutôt faussée, ne vivant pas dans leur chair la répression des mollahs et du fait de l’absence d’informations leur parvenant.

Toutefois, celles et ceux-ci font preuve d’un ressenti où la douleur et l’angoisse sont omniprésents.

Une jeune femme iranienne, que nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer durant nos différentes activités, a accepté de nous confier la réalité de ce qu’elle a vécu, de son adolescence à maintenant, ainsi que l’angoisse qui l’étreint aujourd’hui pour sa famille et ses ami.e.s demeurés en Iran, à la lumière de ce qu’elle sait de leur vie dans un pays dont les dirigeants ont déclaré la guerre à son propre peuple.

Elle tient à garder l’anonymat pour d’évidentes questions de sécurité et pour préserver son fils, grand adolescent qui vit avec elle. Nous l’appellerons Azadeh*.

Elle a obtenu la protection subsidiaire de la France à la fin de l’année 2013, faute d’un statut de réfugiée politique et n’envisage pas le moins du monde de retourner dans son pays. Elle exerce une profession artistique depuis la fin de ses études. Elle a trouvé à Troyes la possibilité de la poursuivre sans entrave.

Nous nous efforçons de restituer la parole dAzadeh telle qu’elle nous l’a délivrée. Nous nous abstiendrons d’analyser le discours et d’essayer de l’interpréter. Ses mots se suffisent à eux-mêmes.

***

Azadeh, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis née juste après la révolution islamiste. Je n’ai jamais été faite pour vivre dans cette société. C’étaient des complications, des problèmes liés à mes pensées, mes activités. J’avais interdiction d’exercer mon activité artistique. J’ai donc quitté l’Iran avec mon fils.

Les membres de la famille de mon ex-mari étaient policiers. J’étais en direct là-dedans. C’était très difficile. En Iran, quand on est une fille, on est éduquée pour être soumise, que ce soit à l’école ou dans la famille, on doit écouter tout d’abord le père, le frère, puis le mari. Parfois, certaines, comme moi, sortent du lot et posent la question : pourquoi ? Or en Iran le « pourquoi ? » ne passe pas. On n’a pas le droit de poser des questions, qu’elles soient religieuses ou autres. Les cours de religion sont obligatoires pour pouvoir continuer des études. Poser des questions, c’est aller contre la volonté de Dieu.

C’est-à-dire qu’une adolescente qui commence à découvrir le monde avec mille points d’interrogation, doit enterrer tout. On n’a pas le droit de poser la moindre question.

J’étais déjà une rebelle dès l‘adolescence dans ma famille. Je suis différente de ma mère et mes sœurs. Je suis née comme ça. Le sens du féminisme m’échappait. Je ne connaissais pas la signification du mot. Je ne pouvais donc pas dire que j’étais féministe mais j’étais pour l’égalité femmes-hommes, sans le savoir vraiment, dans cette société. Je suis née juste après la Révolution islamiste, donc fermeture totale du pays. Quand une fille commence à poser des questions : « pourquoi c’est mon père qui doit m’autoriser » et puis « pourquoi c’est mon mari. » Tout ça, ça ne passait pas.

Ma mère me disait : « Toi, je ne sais pas ce que j’ai fait au bon Dieu, tu vas poser beaucoup de problèmes. » Elle était inquiète pour moi. Pour mes pensées. Et comme j’ai été élevée par mes frères, je ne leur demandais jamais l’autorisation, je faisais beaucoup de choses en cachette.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, c’est mon devoir de parler. Alors pourquoi pas aujourd’hui dans un pays libre ? Pourquoi je ne m’exprimerais pas ? De quoi aurais-je peur ? Il y beaucoup de pourquoi. Pourquoi je ne profiterais pas de l’occasion. En Iran je ne le pouvais pas mais j’ai toujours voulu faire quelque chose, surtout pour les femmes.

Jusqu’où pouviez-vous aller en Iran dans votre rébellion contre cette situation du statut des femmes ? Quelles étaient les possibilités pour vous de vous exprimer ?

C’est une bonne question. Je ne me la suis jamais posée. De toute façon, je continuerai autant que je peux. Quand je serai sûre que mon fils sera autonome, qu’il pourra se débrouiller seul ça sera différent. Il a 17 ans, j’ai envie de le protéger, il n’a pas demandé tout ça. En Iran beaucoup de jeunes moins âgés que lui ont été tués. Je pourrais crier ma révolte. Mais je suis une mère. Comme toutes les mamans en Iran je veux protéger mon enfant.

Y a-t-il à Troyes une communauté iranienne avec laquelle vous êtes en contact ?

Oui, il y a une communauté mais malheureusement je n’ai pas de contact. Encore une fois, on revient à ma personnalité rebelle, femme libre iranienne qui n’accepte pas cette société iranienne. Mais je ne pense pas qu’ils acceptent cette situation. Quand on quitte l’Iran, c’est nécessairement parce qu’il y a un problème. Je ne sais rien d’eux mais cela reste malgré tout une tradition. Une femme célibataire, moderne, ouverte, c’est mal vu. C’est un peu compliqué. C’est pour ça que je me suis mise à l’écart. C’est pour cela que mon fils et moi avons une vie assez calme, tranquille. Nous pouvons vivre tranquilles, en en liberté. C’est pour cela que je n’ai pas de contacts avec les autres Iraniens mais j’ai quand même beaucoup d’amis français, adorables, qui sont là pour moi. Je n’ai jamais eu besoin de chercher davantage.

Avez-vous encore de la famille, des amis en Iran ?

Oui, j’ai deux frères aînés avec leur famille. J’ai aussi des amis encore là-bas. Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers temps, surtout depuis que l’internet est coupé. Hier soir, pour la première fois, j’ai reçu un appel de ma nièce. L’internet commence à être rétabli dans certaines villes. Pour ma ville natale, ça a été un peu plus tardif. Ma nièce seule a pu m’appeler, personne d’autre. Elle était en pleurs, elle criait. C’est seulement maintenant que l’on sait ce qui s’est passé en Iran. Il s’agit d’un génocide. Mais eux-mêmes ne savaient rien de la réalité. Ils savaient qu’il y avait des tortures, mais rien de la gravité de la situation. Ils ont vécu des moments très compliqués. Elle m’a raconté qu’avec sa sœur, elles étaient sur leur balcon et les policiers leur ont tiré dessus, les ont insultées grossièrement. Il s’agit d’une armée. Ce ne sont plus des policiers, c’est l’armée qui est dans la rue. Ils tirent sur tout le monde. Elles ne se seraient pas jetées à terre, ne sachant pas qui les tirs visaient… Ils tirent sur les immeubles. C’est comme la torture, c’est pour faire peur. Pour eux tout le monde est coupable. Si vous sortez regarder les manifestants, vous êtes coupable. Dans leur immeuble, un des voisins a ouvert la porte aux manifestants pour les abriter. Il a été dénoncé. L’armée est entrée en cassant les portes pour arrêter les gens.

Il n’est pas prudent de rester dans les pièces avec des fenêtres. Ils tirent sur les façades.

Mais ils veulent éliminer leur peuple ? Qu’est-ce qui motive cela ?

Je ne sais pas. Mes deux nièces, avec un enfant de 6 ans se sont serrées l’une contre l’autre en hurlant. Dans la rue, il faut déjà se justifier pour aller faire les courses. Alors, imaginez pour manifester… L’armée a pris les rues. Si vous sortez, vous voyez la guerre. Ça rappelle les images que j’ai vues de la deuxième guerre mondiale. C’est une guerre du gouvernement contre le peuple. Le peuple ne veut pourtant que la liberté. Il ne souhaite qu’une vie paisible comme tout le monde. On ne mérite pas ça.

On parle aujourd’hui de 12000 morts mais il s’agit en fait de beaucoup plus que ça. On est incapable de donner des chiffres précis. Ça pourrait aller jusqu’à 30000 ou 40000… Un jour, on saura mais pas bientôt. Toutes les communications étaient coupées. Quand tout va revenir on va voir l’ampleur de ces crimes de guerre, de ce génocide, je n’ai pas peur de le dire. Ça n’est pas une surprise. On n’arrête pas de crier à l’aide. Cela fait des années que le peuple iranien appelle de l’aide au niveau international. On savait que ça devait arriver. Mais on ne savait pas jusqu’où ils peuvent aller. Ils sont capables de mettre une bombe dans la rue. L’armée est capable de tout aujourd’hui.


Le peuple iranien appelle les nations à l’aide. Hormis Trump qui avait menacé d’attaquer les mollahs mais s’intéresse maintenant à autre chose, qui peut vous venir en aide ?

Oui, une fois de plus on est déçu. Les Etats Unis avec Obama ont tourné le dos alors qu’il avait les moyens d’intervenir. C’était alors le Mouvement Vert [1]. Il y a 16 ans déjà, on interpelait Obama. Trump a dit : « une personne est morte c’est déjà beaucoup ». Mais as-tu entendu quelque chose ? Il y a des milliers de morts. Qu’attend ce gouvernement qui dit que les limites sont dépassées ? Dans un autre pays, cela se serait-il passé comme ça ? Des intérêts sont en jeu. En Iran les ayatollahs doivent rester encore. Parce que ce sont nos intérêts avant tout. C’est le pétrole, le gaz. Si je change le gouvernement iranien, qu’est-ce que ça change ?  Rien du tout. Tout le monde sait ce qui se passe en Iran mais il vaut mieux que les ayatollahs restent. Beaucoup de pays y ont des intérêts, du Moyen-Orient comme les pays occidentaux. C’est pour cela qu’ils ne réagissent pas. Ce n’est pas parce qu’ils les aiment qu’ils tolèrent les ayatollahs. Je ne comprends pas pourquoi les Etats-Unis pourraient intervenir en Irak, en Afghanistan… Mais en Iran, on néglige quand même les peuples qui devraient décider. Je suis désolée, le peuple devrait décider. Mais vous voyez qu’il y a une armée. Le peuple ne peut rien faire, il n’a aucun pouvoir.


Les Etats Unis sont intervenus au Venezuela, pour en réalité récupérer les ressources pétrolières. S’ils intervenaient en Iran, n’y a-t-il pas un risque qu’ils y fassent la même chose ? Récupérer les ressources iraniennes, ce n’est peut-être pas ce que souhaite le peuple.

Vous savez, il faut toujours payer pour avoir quelque chose. Vous savez, si je reviens à moi, pour ma liberté, j’ai payé cher. Vous voyez la vie dure que j’ai vécue. Mais ça le méritait parce que c’était pour ma liberté. Ça n’est que ma petite personne, moi, juste une personne. Aujourd’hui, si on parle d’un pays, d’un peuple, malheureusement, on doit payer, on le sait. Parce que vous croyez qu’aujourd’hui on ne paie rien ? Savez-vous combien de milliers, de milliards nous doivent les Etats-Unis, l’Angleterre ? Le gouvernement iranien leur dit : « OK tu peux le garder mais tu nous protèges. » Savez-vous combien d’armes, à l’époque du Shah, à la fin, ont été achetées par le Shah d’Iran ? Ce qui a constitué aussitôt une révolution ou plutôt un coup d’état et du coup, car les armes n’ont jamais été livrées à l’Iran. Et ça fait 47 ans. On n’a vu ni l’argent ni les armes. Vous voyez tout cet argent qu’on a payé pour juste protéger ce gouvernement. Aujourd’hui, on veut bien payer mais pour être un peu plus libre. Aujourd’hui, on paie pour le Liban pour la Palestine, pour protéger le Hamas, Daech en Irak…

La plupart de l’armée qui contrôle les rues en Iran ce sont des soldats du Hamas, d’Afghanistan, d’Irak… Ce n’est pas vraiment les Iraniens. Un soldat iranien risque la pendaison parce qu’il n’a pas respecté les ordres. Il a refusé de tirer sur ses compatriotes et risque la mort. Ceux qui tirent, ceux d’Irak, d’Afghanistan, sont payés avec cet argent. Si on doit payer pour notre liberté… il faut payer malheureusement.

Il y a un prix à payer mais vous seriez prête à tout donner ? A tout sacrifier ?

Bien sûr, ce ne sera pas à mettre… comment dire ? en charité…non, je ne retrouve plus le mot… C’est juste pour vous dire que oui, on sait que c’est un prix à payer.

Vous voulez parler d’un sacrifice ?

Non, oui, le sacrifice, c’est déjà le cas. Il y a des milliers de morts aujourd’hui. Le peuple se sacrifie.

Que souhaiteriez-vous aujourd’hui pour l’Iran ? que quelque chose se passe ?  Qu’un régime démocratique s’installe ?

Mais bien sûr, c’est le rêve de tout le monde.

Il s’agirait alors d’une nouvelle révolution, menée par le peuple ?

Menée par le peuple, oui. Mais contre une dictature, on ne peut pas. Les gens, ça fait des années qu’ils manifestent dans la rue. Mais cette fois-ci ça ne s’était jamais vu. Cette fois-ci ça n’était pas une manifestation, c’était une révolution. C’était vraiment pour renverser le régime. Les autres fois, on se battait pour la liberté, pour l’économie, mais on n’avait jamais vu ça depuis 47 ans.

Le mouvement Femme, Vie, Liberté a été très fort. On en parle encore. Mais cette fois, ce sont les commerçants du bazar qui ont initié le mouvement et qui ont été rejoints par les étudiants et le peuple s’est rallié. Maintenant c’est tout le monde qui lutte. Ce ne sont plus les femmes et ceux qui les soutenaient. Aujourd’hui, le mouvement est très étendu. Il y a donc un espoir en route.

C’est ça. On ne peut plus reculer aujourd’hui. Avec tout le sang versé dans la rue. Même si tous les gens sont rentrés à la maison, parce que dans la rue, maintenant, c’est l’armée. On ne peut plus reculer. Je suis certaine qu’il y aura une autre occasion. Les gens vont sortir.

Mais il y a eu tellement de sacrifices, les gens sont morts pour rien. Cette fois-ci le monde entier a vu qu’il s’agit d’une dictature qui n’a pas de limite pour rester au pouvoir. Ils ont tué un enfant de 3 ans. Ils ne regardent même pas qui ils tuent. C’est tellement facile avec les fusils. Un enfant de 3 ans, une femme de 70 ans. On ne sait pas. Ils ferment les yeux. Tu es là. Même si tu ne fais pas partie de la manifestation, si tu sors d’un magasin, ils tirent sur toi. Tu es mort. Le monde entier a vu la gravité de ce qui s’est passé. On sait que les gens ne peuvent pas seuls, ils ne peuvent pas. Ils ont vraiment besoin d’aide de l’extérieur.

Il faudrait une aide extérieure pour que les mollahs soient chassés.

Il faut qu’ils paient pour ce qu’ils ont fait. Mais comme malheureusement je n’y crois plus. Les Nations Unies, les droits de l’Homme franchement, je n’y crois plus. Les droits de l’Homme, ça existe quand on a envie. Quand on n’a pas envie, on ferme les yeux et ça n’existe pas. On a fermé les yeux et les oreilles sur le peuple iranien.

Mais il existe de nombreuses organisations de défense des droits humains qui s’en préoccupent.

Oui. Mais quand je parle de ça, je veux parler des grands pouvoirs, des Nations Unies… Bien sûr, si aujourd’hui je suis là c’est parce que vous voulez aider, vous voulez faire quelque chose, bien sûr. Mais je vise les grands pouvoirs.

Mes amis français depuis le début sont de mon côté. Ils m’appellent tout le temps, m’envoient des messages de soutien au peuple iranien. Moi je vise les grands pouvoirs. On se sent abandonné.

Une seule petite lueur d’espoir quand même ?

Mais on avait l’espoir. Les gens ont réclamé. Trump a dit : « Écoutez-moi, je suis prêt pour vous aider. » C’était de l’espoir pour nous. Tout le monde à ce moment-là s’est senti protégé cette fois-ci. On savait qu’il y aurait des morts. Mais pas des massacres, un génocide. Il a joué tellement avec le moral des gens. Ça fait 3 semaines. On a oublié l’Iran parce qu’il n’y a plus de manifestations. Les gens ne sont pas dans la rue. Parce qu’il y a l’armée dans la rue. Le service militaire est obligatoire 2 ans en Iran, de 18 à 21 ans. Un soldat mais… Mon fils va voir 18 ans. C’est un gamin ! Il ne peut pas tuer les gens. Donc il risque la mort. S’il refuse de tirer il risque la mort.

On a oublié aujourd’hui. Il n’y a personne dans la rue. On passe à Gaza, on passe en Palestine. Je suis un peu jalouse. On a tellement parlé de Gaza, on en parle toujours. Pourquoi ? Oui, c’est les Juifs contre Gaza. Donc il faut aussi détruire les Juifs en même temps. Vous comprenez ? Alors que l’Iran…

De toute façon, il faut quand même que ça devienne plus stable au Moyen-Orient. C’est l’Iran qui est au centre de cette déstabilisation. Donc, si tout va bien en Iran, s’il est ami avec Israël, ben non, il n’y a plus d’intérêt.

Donc, les pays occidentaux profitent de cette déstabilisation ?

Bien sûr. Regardez les pays occidentaux. Que font les Américains au Qatar ? L’Iran est un pays dangereux, donc on doit rester là pour protéger les pays arabes. Il y a des milliers d’excuses. L’Iran est l’ennemi d’Israël. Donc on doit être là pour les protéger. L’Iran fait ci ou fait ça. Il y a toujours une excuse.

Le droit international interdit de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays. L’ingérence étrangère ne peut s’appliquer à aucun pays, à l’exception d’interventions humanitaires.

Mais on sait aussi qu’existe la loi R2P [2]. L’Iran est une civilisation assez cultivée, on sait qu’un pays ne peut se mêler des affaires d’un autre pays, mais on sait aussi que ce cadre existe. Le peuple iranien est éloigné du gouvernement. La culture perse est toujours là, malgré les efforts du gouvernement pour effacer cette culture pour la remplacer par la culture musulmane, arabe. Mais les gens restent des Perses. Ils essaient d’imposer l’Islam alors que ce n’est pas l’Islam… Au nom de l’Islam on interdit tout.

L’islamisme n’est pas l’Islam…

Non, bien sûr. Donc on sait que dans le cas de l’Iran, les autres pays pouvaient aider le peuple avec cette loi R2P. Malheureusement, ils ne l’ont pas fait. Ils ont laissé faire. Bon, ben tout va bien. Nous étions très inquiets pour les Iraniens mais bon… Aujourd’hui, les Iraniens sont à la maison, parce qu’il y a l’armée dans la rue. Il ne faut pas sortir.

On se trouve dans une espèce d’impasse.

Voilà, c’est ça. On vit dans une situation de guerre. Ma nièce me disait : « tout est limité, pour les courses, on essaie de faire le maximum pour ne pas sortir. » C’est compliqué. Tout le monde est visé. Que l’on soit médecin, femme au foyer, étudiant, il n’y a pas d’exception.

Mais qu’attendent du peuple iranien ces ayatollahs, qu’il meure chez lui d’inanition de faim ? que veulent-ils ?

Ils veulent rester au pouvoir à tout prix. S’il faut massacrer tout le monde, ils massacrent tout le monde. S’il ne reste un jour pas un Iranien, ben tant pis. On va les remplacer par les Arabes. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Si vous allez au sud de l’Iran, vous ne savez pas si vous croisez un Iranien ou un Arabe. Vers la frontière afghane, vous ne savez pas qui est Iranien qui est Afghan. Tous ces gens qui ne sont pas des Iraniens s’en foutent.

Ce n’est pas le peuple, ces gens, qui sont à l’origine de tous ces problèmes. Ce sont les mollahs.

Bien sûr. Ce sont les ayatollahs, c’est le gouvernement.

Je sentais une petite pointe d’animosité quand vous disiez qu’on ne sait pas qui est Iranien et qui est Arabe.

Non, quand je dis ça, les Iraniens, ce sont des Perses, vous voyez ? C’est une culture différente et c’est une race différente aussi. Ce ne sont pas des Arabes. Je ne veux pas dire que les uns sont mieux que les autres. Ce sont deux peuples complètement différents, avec deux cultures totalement différentes. Nous, nous sommes limités par la loi iranienne, mais le peuple est très moderne, très ouvert d’esprit. Alors que quand vous allez dans un pays arabe, la loi leur autorise beaucoup de choses mais dans leur mentalité, c’est fermé. C’est ça la différence. Eux, ils ne sont pas limités par le gouvernement mais c’est leur mentalité. Nous, nous sommes limités mais…

On n’est pas là pour parler des autres pays. C’est pour vous dire que nous sommes un peuple assez ouvert d’esprit et moderne. C’est ça que le gouvernement ne veut pas. C’est ça que j’essaie de vous dire.

C’est vrai qu’il peut y avoir des mélanges, pas des purs Iraniens, beaucoup de mélanges, beaucoup d’étrangers, pour vraiment apporter beaucoup de choses.

Quand un étranger n’est pas content, le gouvernement lui dit : « tu rentres chez toi ». C’est comme ça partout.

C’est pour ça qu’ils ramènent beaucoup d’étrangers. Mais ça n’est pas ça qui nous dérange. Ce qui nous dérange, c’est le régime qu’on ne peut plus supporter. On veut absolument changer. L’espoir, c’est le changement.

Un référendum, la démocratie, avec les ayatollahs, c’est impossible. On a tout essayé.

Aujourd’hui, c’est le changement de régime que nous voulons.

Même si la démocratie est en crise dans le monde entier, il existe des pays où elle encore présente. Il y a des gens qui sont prêts à interpeller leurs gouvernements pour qu’ils interviennent auprès des instances internationales en prenant leurs responsabilités.

Depuis le début je ne suis pas seule. J’ai toujours eu tous mes amis à côté de moi, à me soutenir, ça me réchauffe le cœur. Quand la LDH m’a contactée, j’avais les larmes aux yeux. Il y a des gens qui soutiennent le peuple iranien. Je n’ai pas de pouvoir mais rien que ça, le soutien, un message, une pensée pour le peuple iranien, rien que ça, c’est important. Quand on me demande « Azadeh, qu’est-ce qu’on peut faire pour toi ? ». On ne peut rien faire mais on peut parler. Ne pas laisser les gens dans l’oubli…

Aujourd’hui, les rues sont calmes, mais c’est parce qu’il y a une armée qui, dès que les gens sortent, ils les tuent. C’est notre devoir de ne pas oublier les gens qui sont morts depuis le début.

Dans les médias, on n’en pas parlé comme il fallait. L’interview que j’ai faite avec le journal local, j’ai subi une petite censure. Ce n’est pas grand-chose. Quand on m’a demandé « Pour qui êtes-vous si le régime tombe ? » quand j’ai dit « pour le Prince » [3], ça n’a pas été écrit. Je ne l’ai pas lu. Elle m’a demandé si je pensais qu’il fallait faire la guerre en Iran, comment on peut aider… J’ai répondu que je ne suis pas politicienne, je suis une artiste iranienne, qui a vécu en Iran des choses horribles. Aujourd’hui, c’est mon devoir de parler.

La seule chose que je peux vous dire c’est qu’à l’époque en 1979, comment ont-ils pu aider Khomeini sans faire la guerre ? Ce n’était pas la France ? Dans les médias, parfois, il ne faut pas que les gens sachent un certain nombre de choses.

Vous pensez que ce serait le Prince Reza Pahlavi qui pourrait apporter la solution ?

Oui. Nous n’avons plus confiance dans les gens qui sont au pouvoir aujourd’hui. Il y a un autre parti politique qui s’appelle Moudjahiddines Khalq [4] mais c’est la République islamique qui a gagné la bataille. Aujourd’hui ils sont encore en activité mais personne ne veut d’eux. C’est la même chose que la République islamique. On appelle ça une République. Mais qu’est-ce une république ? On a un guide suprême qu’on ne peut pas changer. N’est-ce pas un roi ? N’est-ce pas l’empire perse ? En fait, seul le nom a été changé en « république ». On a remplacé le Chah d’Iran par le guide suprême.

Vous ne souhaitez pas une république laïque, qui ne soit pas religieuse, comme en France et dans les pays démocratiques ?

Oui, bien sûr. Le Chah n’a pas été renversé par le peuple iranien. Il a été renversé par quelques pays sur un coup d’état. C’était l’Angleterre, les Etats Unis, la France notamment. Quelques gens du peuple aussi, aveuglément, ont suivi Khomeini. Les pouvoirs occidentaux ont mis Khomeini au pouvoir donc forcément… Ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui, quand on voit le nombre de gens qu’il y a eu dans la rue. Comment ont-ils pu renverser un Chah d’Iran qui était fort ? Tous les pays sont venus…

Le peuple était libre sous le Chah ?

De quoi ? Je n’étais pas née à cette époque. Mais c’est quelque chose que les pays occidentaux ont mis dans la tête des Iraniens pour qu’ils manifestent. Je me fie à ce que j’ai vécu en Iran. Quand on parle de dictature à propos du Chah, je mets un point d’interrogation. On a dit qu’il était un dictateur. Et qu’il fallait pour cela le renverser. Mais quand j’y réfléchis, quand je compare avec les filles qui sont nées à l’époque du Chah avec mon époque, il y avait plus de liberté. Les filles ont eu le droit de conduire, le droit de voter. Tous les droits des femmes ont été acquis grâce à lui.

Le Chah a accordé des droits aux femmes parce que le peuple les a demandés.

Le Chah a accepté. Sous son père, Reza Pahlavi, les femmes sortaient comme aujourd’hui les femmes sortent en Afghanistan, avec la burka. C’est lui qui a rendu les femmes libres. Quand j’entends parler de dictature ! son père était un … patriarche, qui ne plaisait pas aux pays occidentaux. Un vrai soldat iranien dont ils ne pouvaient rien obtenir. Il n’est pas capable, on fait des coups d’état. Toi tu dois partir, c’est ton fils qui va prendre ta place.

Il vrai que son fils était un peu dépendant des pays occidentaux par rapport à son père. A la fin il commence à devenir comme son père, en même temps, il devient très fort, il devient comme son père, le pétrole est nationalisé, 70% du pétrole iranien partait en Angleterre. Ah non, ça n’est pas possible que ce soit nationalisé. Le peuple iranien le savait. Les Iraniens ne sont pas des gens bêtes. On connaît la trahison. Une fois que vous avez trahi l’Iran, au moins après 47 ans, vous pouvez penser aux dégâts que vous avez faits.  

Parce que ce gouvernement, la guerre des 12 jours l’a renforcé [5]. Aujourd’hui ils n’ont plus peur.  Israël aurait pu renverser le régime. Ils ne l’ont pas fait. C’est le ressenti de tous les Iraniens. Ils ont compris qu’Israël a frappé un par un alors qu’il aurait fallu qu’ils finissent le travail. C’est malheureux de vous dire ça. C’était la guerre contre mon pays mais c’était aussi la guerre contre ce gouvernement, pas contre le peuple. Le peuple avait l’espoir qu’Israël change le régime, qu’il y mette fin. Malheureusement les pays occidentaux n’ont rien changé.


Le Prince héritier souhaite revenir, mais pour assurer une transition pour un régime démocratique ?

Il veut organiser un référendum. Il a promis, il guide les gens. Il est le seul à pouvoir le faire. Comme les gens regrettent énormément son père, ils souhaitent qu’il revienne, qu’il soit le Shah, comme son père. Beaucoup de gens le réclament, je ne peux pas vous dire le pourcentage aujourd’hui mais dans la rue, les gens réclament le royaume. Ça pourrait être comme en Angleterre. Les gens le réclament comme roi pas seulement comme un leader. Ils veulent un roi.

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* Le prénom Azadeh est d’origine persane et possède une riche signification ainsi qu’une histoire. En persan, « Azadeh » signifie littéralement « libre » ou « indépendante ». Ce prénom reflète une idée de liberté et d’autonomie, des valeurs profondément enracinées dans la culture iranienne.

L’origine du prénom Azadeh remonte à l’Antiquité perse, où le concept de liberté était particulièrement valorisé. Le terme « Azad » (qui signifie « libre ») était utilisé pour désigner les personnes de haut rang ou celles qui jouissaient d’une grande liberté dans la société. Au fil des siècles, ce terme a évolué pour donner naissance à des prénoms comme Azadeh, qui incarne toujours cette notion de liberté.

En plus de son lien avec la liberté, Azadeh est également associé à la noblesse et à l’élégance. Dans la littérature persane, ce prénom a été utilisé pour décrire des personnages féminins forts et indépendants, symbolisant la résistance et la détermination. Aujourd’hui, Azadeh reste un prénom populaire en Iran et parmi les communautés persanophones, continuant à porter l’héritage de ses racines historiques et culturelles.

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Notes:

[1] Mobilisation sans précédent à la suite de l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, réprimée avec une violence extrême par les milices Basij. Malgré cette répression féroce la jeunesse a continué à crier sa colère dans la rue, coordonnant ses actions grâce à une technologie en plein essor, celle des réseaux sociaux, au point d’être surnommée la « révolution Twitter ».

[2] « Responsabilité de Protéger », norme du droit international public énoncée dans un document en anglais de 178 articles adopté par tous les états-membres de l’Organisation des Nations unies, lors du Sommet mondial de 2005.

[3] Reza Pahlavi, prince héritier de la dernière dynastie royale d’Iran, en exil aux USA depuis la chute de son père le Shah d’Iran en 1979, souhaite initier une démocratie monarchique de transition, sous le nom de Reza II.

[4] Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien, mouvement islamiste chiite d’opposition au Chah, à la tête de l’Armée de Libération Nationale.

[5] Du 13 au 24 juin 2025, Israël et l’Iran se sont livrés à une guerre-éclair d’une intensité inédite, faisant 1054 morts en Iran, 28 en Israël. Loin de déstabiliser l’Iran, cette guerre a consolidé le pouvoir iranien.

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Nous ne pouvons que prendre conscience à travers ces mots que le peuple iranien traverse sans doute actuellement la pire de ses tragédies. Comment peut-il supporter cette situation où règnent la torture, la terreur, la mort et l’absence de lendemain pour soi-même et ses proches.

En Iran aujourd’hui, la violence d’État ne s’arrête pas à la mort. Elle poursuit les vivants, à travers les pratiques de terreur du régime qui entrave la tenue de funérailles, confisque les corps, les mutile ou les fait disparaître.


Le désespoir est tel que les le peuple iranien compte sur le premier qui pourra les sauver, que ce soit Reza Pahlavi, le fils de l’ancien Chah, qui vit aux Etats Unis depuis 47 ans ou Donald Trump qui le leur avait promis et les a oubliés avant d’envoyer ses armadas en espérant s’approprier leur pétrole.




On the Streets Of Minneapolis



L’ICE poursuit ses arrestations alors que Trump tente de calmer le jeu.

Les deux agents qui ont tué Alex Pretti à Minneapolis le 25 janvier 2026 ont été suspendus. Une annonce qui arrive alors que le gouvernement Trump voit la désapprobation de sa politique migratoire monter dans les sondages et qu’il semble chercher à désamorcer la situation de ces derniers jours. Mais sur place, plusieurs militants manifestant contre les agents fédéraux de l’immigration (ICE) constatent toujours la présence de ces agents et ne voient aucun changement.



«Profils de hooligans» et formation express: le recrutement des agents de l’ICE pointé du doigt aux États-Unis.

Après l’émotion suscitée par la mort d’Alex Pretti, le 24 janvier 2026, et celle de Renee Good quelques semaines plus tôt, deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux, les interrogations émergent quant au profil des agents de la police de l’immigration (ICE), leur recrutement et leur formation.



Des vidéos montrent des actions violentes en série de l’ICE à Minneapolis depuis la mort de Renee Good.
Suite à la mort de Renee Good, tuée par un agent de l’ICE, les services américains d’immigration ont continué voire amplifié leurs opérations dans le Minnesota, comme en témoignent de nombreuses vidéos diffusées par les médias anglo-saxons.



« Nous ne lâchons rien » : comment Minneapolis se mobilise contre l’ICE.

L’offensive de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis a suscité un flot d’images virales montrant des migrants menottés et embarqués de force. Sur place, des milliers d’habitants ont retourné les caméras contre l’agence, filmant systématiquement les agents masqués afin de montrer au monde les abus de la police aux ordres de Donald Trump.



Ces entreprises qui s’enrichissent grâce à la politique migratoire de Trump.

Palantir, Geogroup, Capgemini… depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s’appuie sur une foule d’entreprises privées pour sa politique migratoire répressive. Nombreuses sont celles qui ont grandement bénéficié de ces contrats passés avec le gouvernement des États-Unis. Plongée au cœur du business américain de la répression.



Où se trouve la sortie pour échapper à toute cette violence étatique aux États-Unis ?

Il est difficile de trouver dans l’histoire des États-Unis un effort comparable à celui qui a présidé à la création d’une agence nationale spécialisée dans la violence à l’échelle de l’ICE. Si ses conséquences politiques et psychologiques immédiates sont évidentes, ses effets durables sur l’avenir restent difficiles à cerner. Par Aziz Huq, professeur de droit à l’université de Chicago.



Mourir sous les balles d’un fonctionnaire fasciste.

Une issue de plus en plus plausible. Si la logique actuellement en cours se poursuit, la création d’une milice équivalente à ICE en France n’est qu’une question de temps, avec ses rafles et ses exécutions sommaires. « Il faut organiser des grandes rafles un peu partout », dixit Arno Klarsfeld : c’est ce qu’ils veulent, ce qu’ils feront.



https://www.cartooningforpeace.org/




Iran: les disparitions forcées, une autre arme redoutable de la République islamique



« Où sont-ils ? » Alors que le nombre de morts, victimes de la répression de janvier 2026, est aujourd’hui estimé par certaines ONG à plus de 30 000, de nombreux Iraniens continuent de chercher leurs proches arrêtés et/ou disparus et s’inquiètent de leur sort. Outil de répression de la République islamique, le recours à la disparition forcée, reconnu comme un crime contre l’humanité par l’ONU, rappelle la répression massive des années 1980.



« Nous parlons d’une tuerie de masse sans équivalent » : en Iran, la répression des manifestants aurait fait plus de 30 000 morts, selon certaines ONG.

Malgré la coupure internet imposée par le régime, des témoignages se multiplient sur le nombre de victimes de la répression depuis début janvier.



Internet en grande partie rétabli après près d’un mois de coupure.

Est-ce la fin d’un interminable silence ? Un mois jour pour jour après le début de la contestation en Iran et la coupure générale d’internet imposée depuis le 8 janvier sur fond de répression meurtrière, le black-out pourrait toucher à sa fin. Ce mercredi 28 janvier, la connexion internet semble rétablie dans le pays, alors que le bilan de la répression pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers de morts.



Téhéran a maté le soulèvement, mais le risque de désintégration économique demeure.

Alors que la crise monétaire a atteint son paroxysme fin décembre, la suspension des communications et d’Internet pour mater la révolte de début janvier a porté un coup supplémentaire à une économie iranienne déjà aux abois. Résultat : le pays est quasiment à l’arrêt, tandis que l’inflation poursuit son envolée sans aucune solution à l’horizon, explique cette journaliste dans “Iran International”, un média d’opposition en exil.



L’Iran meilleur ennemi d’Israël.

Longtemps, Téhéran a été le grand allié de Tel-Aviv dans la région. Avec les crises à répétition qui fragilisent le régime d’Ali Khamenei, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou oscille entre « changement de régime » et tentation du chaos, sous l’œil attentif de Washington qui dépêche une armada dans la région. Et il mise – sans trop d’illusions – sur Reza Pahlavi, le fils du dernier Chah.



Washington accroît la pression sur l’Iran en annonçant un exercice militaire au Moyen-Orient.

Les États-Unis ont de nouveau laissé planer mardi la menace d’une action militaire contre l’Iran en affirmant qu’ils allaient mener un exercice aérien de plusieurs jours dans la région. Dans le même temps, les efforts diplomatiques “s’intensifient pour parvenir à un accord qui empêcherait un embrasement régional”, rapporte la presse internationale.



« S’il y a une guerre, ce sera encore pire » : à Téhéran, des Iraniens redoutent les conséquences d’une intervention américaine.

Les États-Unis enchaînent les manœuvres militaires au large de l’Iran, ce qui fait craindre une possible intervention dans les prochains jours ou les prochaines semaines, alors que de nombreux Iraniens déplorent leurs conditions de vie.


La lettre du prisonnier politique iranien Saeed Masouri au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

Le prisonnier politique iranien Saeed Masouri écrivait dès décembre 2025 à la session actuelle du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève pour dénoncer de nouvelles agressions du régime des mollahs contre les prisonniers politiques en Iran, un message qui fait suite à la publication d’une lettre conjointe de prisonniers politiques insistant pour que le Conseil prolonge la mission de ses enquêteurs sur les violations des droits de l’homme en Iran.